00:00Je n'ai jamais entendu un ministre s'exprimer comme ça.
00:03Le dispositif est en place, donc on attend fermement ceux qui voudraient en découdre ce soir.
00:07Que les choses soient claires, on les attend fermement, avec beaucoup d'autorité.
00:09On les attend fermement, mais non, vous êtes censé attendre personne, vous êtes censé appeler au calme,
00:15appeler à la responsabilité, appeler à ce qu'il n'y ait pas de débordement,
00:18vous n'êtes pas censé appeler à la confrontation.
00:21Dans un autre registre et dans un autre langage, vous avez le type qui, à la fin du collège,
00:26donne rendez-vous au mec d'en face pour lui régler son compte.
00:30Et là, dans d'autres proportions et avec un autre langage peut-être un peu plus fleuri,
00:34c'est exactement la même chose.
00:36C'est absolument choquant.
00:36Moi, je n'ai jamais entendu un ministre de l'Intérieur s'exprimer ainsi.
00:40Jamais.
00:40Il a dit quelque chose qui, moi, m'a beaucoup choqué, qui m'a beaucoup heurté
00:44et qui, à mon sens, n'est pas tout à fait digne d'un ministre d'État et ministre de
00:48l'Intérieur.
00:48Et là où on peut s'entendre à une parole un peu pacifique,
00:51à une parole d'appel à la responsabilité, à la responsabilisation,
00:55M. Laurent Nines, ministre d'État, ministre de l'Intérieur, dit
00:58« On les attend. Nous sommes en place à Châtelet. On les attend. Qu'ils viennent. »
01:03Et donc, je trouve que c'est une phrase éminemment irresponsable.
01:07En réalité, vous avez une polarisation.
01:10On explique que, de l'autre côté, il y a l'ultra-gauche ou l'extrême-gauche ou la gauche
01:14extrême.
01:14Mais en réalité, ce ministre, on voit qu'il s'enorgueillit presque de cette confrontation.
01:22Il attend cette confrontation physique.
01:24Il serait ravi, vraisemblablement, de chiffres qu'il exposerait demain,
01:30du nombre de gardes à vue, du nombre d'interpellations, du nombre de déferments.
01:34Puisqu'aujourd'hui, on a le sentiment, en tout cas, nous, du côté des avocats,
01:37qu'il y a quelque chose d'absolument malsain avec ces chiffres,
01:40à expliquer qu'il y a des interpellations, des gardes à vue, des déferments et des records.