00:00Émilie, d'abord, qu'est-ce que ça veut dire ce maquillage, venez approcher ?
00:04Alors c'était pour Halloween évidemment, mais c'était surtout pour montrer un petit peu ce qu'il y a
00:08pu se passer le 17,
00:09c'est-à-dire qu'on est venu manifester passivement, et on s'est fait nasser dès 13h30,
00:14on a récupéré de la lacrymo, on s'est fait jeter de l'eau dessus, des bombes anti-émeutes, c
00:19'était assez impressionnant,
00:20et je me suis dit, peut-être que si on était resté au-delà de 16h30, on aurait peut-être
00:23fini dans cet état-là.
00:25Oui, il faut effectivement le 17, vous y étiez, les places de la République, les gaz lacrymogènes sont arrivés très
00:29rapidement,
00:30et notamment avant que le quartet officiel ne démarre, Émilie, vous êtes maire au foyer,
00:35et vous manifestez dans la rue pour la troisième fois, vous étiez là à chaque samedi.
00:39Pourquoi vous revenez encore aujourd'hui ? Expliquez-moi une raison concrète de votre retour dans la rue aujourd'hui.
00:44Parce qu'on n'est pas satisfait de leur réponse, enfin pour moi il n'y a même pas de
00:47réponse carrément.
00:48C'est-à-dire qu'à la première manifestation, on parle de ce qui a été cassé, on parle de
00:52ce qui a été vandalisé,
00:53mais c'est pas réellement comment ça s'est passé non plus.
00:55On a été nassés, on n'a pas pu marcher, ils nous ont enfermés, bloqués, les conditions étaient psychologiques,
01:00psychologiquement très difficiles, on aurait cru que c'était la guerre.
01:02Donc forcément les jeunes, ils ont répondu comme ils pouvaient, parce qu'honnêtement c'était impressionnant.
01:06Après le 24, c'était très serein, au final on nous change de circuit à la dernière minute,
01:11aujourd'hui le 31, on nous fait la même chose, on essaye un peu de nous dire,
01:14bon allez on va vous fatiguer, vous n'allez pas venir, et ça c'est hors de question.
01:17Mais vous, votre priorité c'est quoi aujourd'hui ? Pourquoi vous venez dans la rue, dans votre vie quotidienne
01:21?
01:22Je viens pour deux priorités, la première c'est le pouvoir d'achat, pour moi et mes enfants,
01:26et la seconde surtout c'est pour le lycée en fait, parce que j'ai trois de mes enfants qui
01:29sont au lycée,
01:29des lycées différents, et ils ont des conditions qui sont semblables alors qu'ils n'ont pas dans le même
01:33lycée.
01:33Pas de professeurs, ils sont professionnels, ils n'ont pas de matériaux pour faire les travaux pratiques,
01:38et donc c'est pas possible. Pas de porte dans les toilettes, un plafond qui s'écroule sur un élève,
01:42non.
01:43Vous avez combien d'enfants ?
01:44Cinq.
01:44Vous avez cinq enfants ?
01:45Donc votre quotidien j'imagine est difficile, c'est ça votre pouvoir d'achat ? Est limité ?
01:50Oui, il est très limité. Alors ils sont grands, enfin grands, la plus grande elle a 21 ans et la
01:55plus petite elle a 12 ans,
01:56donc ça fait déjà quelques temps que je suis maman de cinq enfants, il y a dix ans c'était
01:59pas comme ça.
02:00Là aujourd'hui on est obligé de faire attention à tout, on se prive de tout, on fait rien, et
02:03même comme ça c'est pas suffisant.
02:04Comme les vacances, comme certains produits au supermarché ?
02:07Surtout ça, surtout ça. Vraiment les produits au supermarché, et puis l'essence, mais l'alimentation c'est terrible.
02:14C'est terrible, ça fait qu'augmenter, et puis voilà on arrive à bord de Noël, donc ça va encore
02:17augmenter, et ça c'est plus possible.
02:20Voilà, avoir un budget pour pouvoir manger à 7 pour Noël à 350 euros, sans les cadeaux on va où
02:25?
02:25C'est impossible en fait, et on mange pas du foie gras et on mange pas du caver.
02:29Jusqu'où vous êtes prête à aller, Emilie, aujourd'hui ? Vous êtes prête à manifester jusqu'à l'élection
02:32présidentielle, jusqu'au premier tour en avril ?
02:34Oui, déjà nous on sera là jeudi, si samedi il y a, on sera là samedi également, et à chaque
02:39fois on sera là.
02:43Merci.
02:44Merci.