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À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère et pour la jeunesse, le ministre de la Justice a alerté face au "risque important de commission d’actes violents". Le ministre de l’Intérieur a parlé d’un "risque très élevé de troubles à l’ordre public" et promis la fermeté. 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, tandis que plusieurs villes imposent des restrictions et des couvre-feux. Malgré les annonces du gouvernement, syndicats et étudiants maintiennent la pression. Quel sera l’ampleur du mouvement ? Quelles sont les revendications ? Comment les commerçants se préparent-ils à ce samedi sous haute tension, jour d’Halloween ?
À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère et pour la jeunesse, le ministre de la Justice a alerté face au "risque important de commission d’actes violents". Le ministre de l’Intérieur a parlé d’un "risque très élevé de troubles à l’ordre public" et promis la fermeté. 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, tandis que plusieurs villes imposent des restrictions et des couvre-feux. Malgré les annonces du gouvernement, syndicats et étudiants maintiennent la pression. Quel sera l’ampleur du mouvement ? Quelles sont les revendications ? Comment les commerçants se préparent-ils à ce samedi sous haute tension, jour d’Halloween ?
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00:00:05Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air.
00:00:07Est-ce le week-end de tous les dangers pour le gouvernement ?
00:00:09Une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère est prévue demain.
00:00:13Et cette date coïncide avec la fête d'Halloween.
00:00:16Sur les réseaux sociaux, on peut lire de nombreux appels à se déguiser et à s'en prendre aux policiers.
00:00:21Ça n'a pas échappé au ministre de l'Intérieur.
00:00:23Il dit que le risque de violence urbaine sera très élevé.
00:00:26Il le compare même à la journée du 17 octobre.
00:00:30Et il sert encore une fois la vis avec un dispositif massif.
00:00:33Près de 70 000 forces de l'ordre dans toute la France.
00:00:36Certains parcours déposés par la CGT et les Gilets jaunes sont interdits ce samedi.
00:00:41Et de nombreux couvre-feux sont reconduits.
00:00:44Manif, Halloween, l'alerte du gouvernement.
00:00:46C'est le titre de notre émission ce soir avec Bruno Jeudy.
00:00:50Bonsoir.
00:00:50Bonsoir Aurélie.
00:00:51Vous êtes directeur délégué, éditorialiste à la Tribune dimanche.
00:00:54Je cite votre chronique d'hier dans la newsletter à la Tribune présidentielle.
00:00:58En descendant dans la rue, la gauche a-t-elle déjà intériorisé sa défaite ?
00:01:03Damien Delsenny, bonsoir.
00:01:04Bonsoir.
00:01:04Vous êtes rédacteur en chef adjoint en charge du service Polyjustice au journal Le Parisien.
00:01:08Fanny Guinochet, bonsoir.
00:01:10Bonsoir.
00:01:10Vous êtes éditorialiste économique pour France Info.
00:01:12Et enfin, Cécile Cornudet, bonsoir.
00:01:14Vous êtes éditorialiste politique aux échos.
00:01:16Je cite votre dernier édito, l'histoire inédite d'une présidentielle de rue.
00:01:21On va regarder le genre de vidéos qui circulent en ce moment sur les réseaux sociaux.
00:01:26Vous allez nous aider, Damien Delsenny, à comprendre ce qu'on va voir dans un instant.
00:01:30Et pourquoi surtout ces images font-elles peur au gouvernement ?
00:01:35On les voit dans le grand écran.
00:01:39Oui, les réseaux sociaux, c'est ce qui n'a pas été vu le 17 octobre, ou mal appréhendé avant
00:01:45le 17 octobre.
00:01:46Ça a été beaucoup reproché au service de renseignement de ne pas avoir vu la colère et surtout les violences
00:01:51arrivées par ce vecteur-là.
00:01:53Donc là, forcément, on voit que c'est des images qui sont bien travaillées à l'IA, tout ça est
00:01:57très scénarisé.
00:01:59Et comme on n'a pas bien vu les choses le 17 octobre du côté du ministère de l'Intérieur,
00:02:04on réagit beaucoup plus rapidement et promptement sur ce type d'image,
00:02:08parce qu'on sait aussi que les réseaux sociaux, c'est une forme de catalyseurs de violences, de haine,
00:02:13et qu'on ne veut pas se faire piéger deux fois.
00:02:16Et là, l'entourage de Laurent Nunez, c'est ce que je disais dans l'introduction,
00:02:19dit que des épisodes de violences comparables à ceux du 17 octobre sont attendus tout au long de la journée
00:02:25et à partir de la tombée de la nuit.
00:02:27Il y a un ton qui est volontairement alarmiste.
00:02:29Oui, très alarmiste. Et puis surtout, il y a un cumul, en fait.
00:02:31C'est-à-dire qu'il y a à la fois la manifestation de l'après-midi,
00:02:33qui, comme d'habitude, fera sans doute l'objet de débordements en fin de manif.
00:02:37Alors, on ne peut pas les juger à l'avance, mais on sait qu'il y en aura forcément.
00:02:41Et ce qui leur fait surtout peur, c'est la soirée.
00:02:42C'est plus que l'après-midi, parce que la soirée, ça se maîtrise moins.
00:02:47Ça va peut-être s'éclater sur des sites en banlieue parisienne, dans d'autres villes.
00:02:51Et on ne pourra plus simplement gérer une manifestation sur un parcours précis.
00:02:56Donc, effectivement, il y a un ton qui est extrêmement alarmiste.
00:02:59Il y a une note qui a été envoyée il y a deux jours au préfet, notamment,
00:03:02qui était très, très haut ton, assez grave.
00:03:05Il y a des propos qui sont tenus.
00:03:07Il y aura des clowns tueurs contre des CRS.
00:03:10C'est ce que dit un jeune homme sur TikTok, par exemple.
00:03:12Oui, et même les policiers ont conscience, notamment par leur centrale syndicale,
00:03:17que le week-end va être très compliqué.
00:03:20Donc, il y a un gros dispositif, à peu près similaire à celui de la semaine dernière.
00:03:24Maintenant, encore une fois, c'est le côté imprévisible de certains débordements
00:03:28qui sont problématiques.
00:03:29Une manif, bon, à part celle du 17, pour les raisons qu'on a déjà exposées,
00:03:34ça se gère, ça se travaille.
00:03:36Mais en revanche, des pillages ou des mouvements de type émeute ou violence urbaine,
00:03:41y compris hors de Paris, en proche banlieue ou même dans d'autres villes de France,
00:03:45c'est plus difficile à appréhender et c'est beaucoup plus difficile à gérer, surtout.
00:03:48On a du mal à démêler le vrai du faux.
00:03:50Je ne sais pas si vous connaissez le film American Nightmare, Bruno Jeudy,
00:03:53vous regardez les films d'horreur ou pas ?
00:03:54Non, pas trop, non.
00:03:55On est suffisamment comme ça.
00:03:57Aussi appelé la purge, en gros, pendant 12 heures, tout est permis,
00:04:01toutes les activités criminelles, ce qui permet un déchaînement de violence.
00:04:05Et certains, en effet, prévoient ce déchaînement sur les réseaux sociaux,
00:04:08en tout cas disent, on va tout casser et on sera très violent samedi soir.
00:04:13Il y a une volonté de faire peur, ça ne veut pas dire que ça va vraiment avoir lieu.
00:04:16Oui, il y a les réseaux sociaux, effectivement, il y a une volonté de faire peur,
00:04:20il y a une volonté aussi de, j'allais dire, c'est aussi une forme de mobilisation,
00:04:23c'est une forme de préparation, c'est une forme d'essayer de pousser un peu
00:04:29tous ces ultra-casseurs, on les appellera sous tous les noms.
00:04:35Les services d'ordre, de toute façon, ont entouré ce samedi d'Halloween
00:04:39depuis déjà après le 17, et ils ont tout de suite repéré comme une date sensible.
00:04:46Il y a quatre phénomènes qui vont se combiner quand même demain,
00:04:49d'où le fait que le président de la République lui-même dise,
00:04:53lors de son déplacement à Marseille, qualifie la journée de dangereuse.
00:04:57Il y a la manifestation contre la vie chère, avec les lycéens, les gilets jaunes,
00:05:03ceux qu'on a déjà vus deux semaines de suite, très nombreux, plus de 500 000 selon les chiffres de
00:05:09la police.
00:05:09Il y a l'Halloween, il y a les lycéens, je le disais, et puis il y a le contexte
00:05:16aussi de Trapp,
00:05:18qui effectivement est un élément, sans doute la semaine dernière,
00:05:22qui a donné un surcroît de mobilisation dans cette manifestation,
00:05:27parce qu'il y a beaucoup de colère par rapport à de ressentiments créés,
00:05:32et qui ajoute, j'allais dire, un ciment supplémentaire dans cette mobilisation assez hybride,
00:05:41quand on regarde, parce que finalement ça démarre des lycéens,
00:05:44il y a les gilets jaunes qui avaient inscrit cette date du 17 octobre
00:05:47sans que personne ne la prenne vraiment au sérieux lorsqu'elle apparaît au mois de septembre,
00:05:52et puis entre-temps, finalement, même la casse du 17 octobre,
00:05:59ce n'est pas pour autant que les organisateurs ne veulent pas manifester dans les centres-villes,
00:06:03et le centre de Paris, d'où le bras de fer avec l'exécutif,
00:06:06qui essaie de repousser ces manifestations dans les faubourgs des grandes villes,
00:06:11comme ça a été le cas la semaine dernière à Paris et à Orléans,
00:06:14on ne l'a pas dit assez, mais à Orléans, la manifestation avait été repoussée à l'extérieur
00:06:17pour éviter de la casse dans les centres-villes,
00:06:20centres-villes qui ont déjà partiellement été cassées,
00:06:223 000 commerces le 17 octobre, dont 500 rien qu'à Marseille.
00:06:25Plus ça dure, plus ça devient compliqué pour le gouvernement,
00:06:28il y a plein d'autres dates qui s'ajoutent, il y a ce samedi, certes,
00:06:30il y aura le 5 novembre également, grèves et manifestations,
00:06:34le 19 novembre, les retraités vont se mobiliser, le 4 décembre, les pompiers,
00:06:37on a l'impression que ce calendrier grossit d'heure en heure.
00:06:40Oui, il y a les agriculteurs qui aussi menacent de mobiliser,
00:06:45c'est ça qui est ingérable sur le long terme,
00:06:48comment le dispositif policier peut-il être maintenu sur le long terme,
00:06:53ce n'est pas évident, mais peut-être que du coup,
00:06:55ça va pousser certaines personnes qui voulaient manifester ce week-end
00:07:00à se dire non, finalement sur la bichière, j'attends plutôt le 5 novembre.
00:07:04Donc c'est vrai qu'il y a la grande inconnue de Halloween,
00:07:06mais en même temps, certains éléments sont venus cette semaine,
00:07:10des concessions quand même faites aux lycéens,
00:07:14tout le dispositif quand même de protection des commerçants, etc.,
00:07:19qui peut-être fera que, et puis comme le dit Damien,
00:07:25peut-être même tellement peur de se replanter les renseignements territoriaux
00:07:29qu'ils en feront peut-être beaucoup aussi.
00:07:31Donc il y a une guerre d'images en réalité,
00:07:33là on voit que la semaine dernière, ça a été les images de la force,
00:07:37de l'État, avec les centaures, avec les 70 000 policiers,
00:07:40et là, à la veille de la mobilisation sur les réseaux sociaux,
00:07:43c'est les images que vous nous avez montrées.
00:07:45Donc voilà, chaque camp essaye un petit peu de se faire peur,
00:07:48mais c'est une grande inconnue.
00:07:50En fait, on ne sait pas, ça se trouve, ça va se passer plutôt bien,
00:07:53comme le week-end dernier.
00:07:55Une grande inconnue avec l'ombre, encore une fois,
00:07:56de ce traumatisme du 17 octobre.
00:07:59C'est pour ça que le ministère de l'Intérieur, ce soir,
00:08:01nous prévient en nous disant, on pense que ce sera comparable.
00:08:05Il y a eu un véritable traumatisme du côté, notamment des commerçants,
00:08:10par exemple, si vous vous circuliez aujourd'hui dans Paris,
00:08:14vous avez encore de nouveaux commerçants qui mettent des barricades.
00:08:19Vraiment, vous avez de nombreux, on les a tous vus,
00:08:22de nombreuses boutiques avec des palissades,
00:08:25et marquez un petit panneau, nous sommes ouverts.
00:08:27Il y a vraiment une inquiétude forte de la part des commerçants,
00:08:32des centres-villes,
00:08:33et c'est vrai que ces images,
00:08:35et c'est la société médiatique dans laquelle nous vivons,
00:08:38elles ont choqué profondément les Français le 17 octobre.
00:08:43Pour certains, d'ailleurs, ça joue en termes de peur.
00:08:45Vous avez des organisations, notamment syndicales,
00:08:48qui vous disent, on a des gens qui craignent de venir manifester aujourd'hui
00:08:51parce qu'il y a eu tellement de violence que ça peut empêcher.
00:08:55En plus, il y a une loi, casseur-payeur,
00:08:58qui est en train d'être discutée.
00:09:00C'est vrai que c'est une inconnue
00:09:01parce qu'il n'y a pas de convergence des luttes à proprement parler,
00:09:05mais vous avez plusieurs catégories sociales qui se mobilisent.
00:09:11Vous lisiez très justement,
00:09:13ne serait-ce que demain,
00:09:14vous allez avoir la manifestation encadrée
00:09:19qui a été acceptée dans un certain nombre de villes l'après-midi,
00:09:23et puis vous risquez d'avoir des débordements
00:09:26beaucoup plus diffus le soir.
00:09:27Et les forces de l'ordre, eh bien, les gendarmes
00:09:32ou ceux qui maintiennent l'ordre depuis le matin,
00:09:36vous leur demandez de rester.
00:09:38Ça devient, il y a aussi une fatigue de ce côté-là.
00:09:40Donc, il y a ce trauma,
00:09:42et par ailleurs, dans un environnement
00:09:44où le gouvernement ne sait pas comment répondre
00:09:46parce qu'il y a un certain nombre de revendications,
00:09:49et on le dit, je suis désolée,
00:09:50c'est toujours des mauvaises nouvelles en ce moment,
00:09:52mais en plus, dans un contexte économique,
00:09:54on a encore eu des chiffres ce matin qui peuvent,
00:09:57bon, peut-être rien dire,
00:09:59mais quand même, une hausse de prix très importante,
00:10:01une croissance à l'arrêt.
00:10:03Un ministre de l'économie, Roland Lescure,
00:10:05qui dit tout à l'heure, la France est à l'arrêt.
00:10:07Donc, on voit qu'en plus, là où avant,
00:10:08on gérait des manifestations, des revendications,
00:10:12où le pouvoir, quel qu'il soit,
00:10:13disait, bon, on va donner des chèques,
00:10:15on va aider tel et tel...
00:10:17Les Gilets jaunes, c'était 10 milliards d'euros.
00:10:2117 même.
00:10:22Même 17 après, mais les premières annonces,
00:10:24on était tous là à 10 milliards d'euros.
00:10:26Aujourd'hui, le gouvernement ne peut absolument pas faire ça,
00:10:30étant donné la situation économique catastrophique
00:10:32dans laquelle il se trouve.
00:10:33Le ministère de l'Intérieur alerte donc
00:10:35sur le risque très élevé de violences urbaines demain,
00:10:38parce que ça coïncidera avec Halloween.
00:10:40En raison des déguisements,
00:10:41les casseurs seront peut-être aussi plus difficiles à repérer.
00:10:44Quant à la bataille du tracé des manifestations,
00:10:46le bras de fer continue entre les organisations lycéennes,
00:10:49les Gilets jaunes, les syndicats et le gouvernement.
00:10:52Anne Mackignon, Christophe Roquet.
00:10:57À quoi ressemblera la journée de demain ?
00:11:00Ces appels à la nuit des ténèbres.
00:11:03Relayés sur les réseaux sociaux,
00:11:05référence aux manifestations et à Halloween.
00:11:08Le gouvernement redoute de nouvelles scènes de violence.
00:11:11L'inquiétude des commerçants,
00:11:12renforcée par cette date d'Halloween
00:11:14et ces masques que pourraient adopter les casseurs.
00:11:18À la veille du 31 octobre, le pays s'interroge.
00:11:21Combien seront-ils dans les rues ?
00:11:22À quoi vont ressembler les cortèges ?
00:11:24Le ministre de l'Intérieur s'inquiète.
00:11:27La journée du 31 octobre est une journée
00:11:30qui est à risque très élevé de troubles à l'ordre public.
00:11:34Laurent Nunez, largement critiqué
00:11:36après le week-end du 17 octobre.
00:11:38En fait-il trop ou pas assez ?
00:11:40Pression de l'opposition.
00:11:43Il faut en arrêter avec les armes de guerre,
00:11:45l'utilisation des armes de guerre,
00:11:46la répression des mobilisations de cette façon-là.
00:11:48Il faut justement un État qui soit très très très ferme,
00:11:51qui ne tolère rien.
00:11:53Premier point de crispation,
00:11:55le parcours du cortège parisien.
00:11:56Les itinéraires de la CGT,
00:11:58des gilets jaunes officiellement interdits ce matin.
00:12:01Les organisations syndicales étudiantes dénoncent
00:12:04une répression administrative.
00:12:06On trouve que ces manœuvres sont absolument inadmissibles
00:12:10et par ailleurs, elles prouvent bien aussi
00:12:15que la préfecture veut finalement museler la parole de la jeunesse.
00:12:21Emmanuel Macron l'a demandé.
00:12:23Pas de cortège dans les centres-villes.
00:12:25La préfecture de police impose un parcours alternatif.
00:12:29La liberté constitutionnelle de manifester
00:12:32ne doit pas aller à l'encontre de la liberté du commerce.
00:12:36Et de la liberté d'aller et venir.
00:12:3770 000 policiers et gendarmes mobilisés partout en France.
00:12:42Des forces mobiles et des services spécialisés.
00:12:45BRI, RAID, GIGN, brigades équestres et synophiles.
00:12:49Ainsi que des lanceurs d'eau, hélicoptères, drones
00:12:52et les 26 véhicules blindés de la gendarmerie.
00:12:55On ne tolérera aucun débordement.
00:12:59Demain, les Gilets jaunes annoncent un acte 3 contre la vie chère.
00:13:03Plus de 570 mobilisations déjà recensées et préludes dès ce soir
00:13:08avec des casseroldes devant les permanences de parlementaires et les mairies.
00:13:13L'acte 3, c'est une journée pour pouvoir faire un point d'appui,
00:13:17un point d'appui sur la question des libertés publiques.
00:13:19Une mobilisation à un 31 octobre, jour d'Halloween.
00:13:23J'annonce le plus grand Halloween all time.
00:13:27Samedi 31, je veux tout le monde avec un déguisement, d'accord ?
00:13:30Ça va être la purge, d'où ?
00:13:32Certains appellent même à poursuivre dans la soirée
00:13:34avec des rassemblements sur toutes les places de France, à 20h.
00:13:38Ce n'est pas une grève, ce n'est pas une révolte.
00:13:40On dirait que c'est la révolution.
00:13:42Faites-la, faites-la, non ?
00:13:43Surtout, faites-la, révolution.
00:13:46Des messages qui appellent à faire la révolution,
00:13:49à mettre en place l'insurrection.
00:13:50J'en ai quelques-uns sous les yeux.
00:13:52Et donc, on est très loin de messages revendicatifs
00:13:55ou à caractère festif,
00:13:57mais bien sûr des messages qui incitent très clairement
00:14:00à la commission de troubles graves à l'ordre public.
00:14:03Maintenir le calme, en laissant s'exprimer les revendications.
00:14:07À six mois de l'élection présidentielle,
00:14:10chaque camp politique veut être le porte-voix
00:14:12de la colère des Français.
00:14:13Que les Français en aient ras-le-bol,
00:14:15on peut le comprendre, ras-le-bol des taxes,
00:14:16ras-le-bol des impôts, ras-le-bol d'aller travailler
00:14:19pour finalement ne plus gagner beaucoup d'argent,
00:14:21ras-le-bol de voir ceux qui restent chez eux
00:14:23gagner autant que ceux qui triment.
00:14:24On peut l'entendre, c'est dix ans de macronisme
00:14:27et c'est une fin de règne terrible.
00:14:28On a aujourd'hui deux Frances.
00:14:30On a une France d'en haut qui se gave
00:14:31et on a une France d'en bas qui est rationnée.
00:14:35Il y a comme méthode de gouvernement
00:14:36le choix du pourrissement.
00:14:38Et en pensant qu'en laissant pourrir,
00:14:42oui, le pouvoir y gagne dans l'instant.
00:14:45Mais la démocratie et le pays y perdent dans la durée.
00:14:49Les lycéens appellent déjà à reprendre leur mouvement à la rentrée lundi.
00:14:53Selon un dernier sondage, plus de 6 Français sur 10 estiment que leur mobilisation doit cesser,
00:14:58considérant qu'ils ont déjà obtenu gain de cause.
00:15:02Frédéric, dans le Vaucluse, les alertes du gouvernement sur les risques de violence sont-elles crédibles
00:15:07ou est-ce un moyen de limiter le nombre de manifestants ?
00:15:10Les deux.
00:15:10Elles sont crédibles parce qu'il y a eu le 17.
00:15:13Elles sont crédibles parce qu'on note depuis, ça ne date pas que du 17,
00:15:16depuis plusieurs mois, depuis plusieurs années,
00:15:18des violences récurrentes sur les manifestations,
00:15:21y compris sur des événements festifs,
00:15:23victoire du PSG, etc.
00:15:24Tout ça se transforme quand même très régulièrement en affrontements avec la police.
00:15:27Donc, c'est crédible.
00:15:28C'est d'autant plus crédible qu'il y a toute cette campagne sur les réseaux sociaux qui est faite.
00:15:32Après, est-ce que c'est un message qu'on envoie ?
00:15:34Évidemment, on ne peut pas exclure que ce soit une façon d'impressionner ou de faire peur,
00:15:38notamment à des parents qui vont peut-être dire à leurs enfants demain
00:15:40« Bon, là, aujourd'hui, si on peut s'abstenir de sortir, c'est peut-être pas plus mal. »
00:15:44Mais ce n'est pas un mauvais signal à envoyer non plus.
00:15:48C'est-à-dire que oui, il y a peut-être une dramatisation de ce qui va se passer.
00:15:50Mais encore une fois, posons la question aux forces de l'ordre
00:15:54et nous, c'est ce qu'on fait, le climat, il n'est pas bon du tout.
00:15:56C'est-à-dire que les forces de l'ordre qui sont au contact quand même de ces gens-là
00:15:59depuis quelques semaines,
00:16:01ce qu'ils constatent, et pourtant c'est leur métier, ils sont habitués, ils font ça depuis des années,
00:16:04c'est que la violence, elle est encore montée d'un cran,
00:16:07qu'il y a une volonté de blessés, il y a une volonté même de tuer.
00:16:11Il faut appeler les choses comme elles sont.
00:16:13Donc, tout ça quand même...
00:16:14Oui, il y a des appels aux meurtres en ce moment.
00:16:16Oui, la dramatisation, elle n'est pas exagérée dans la mesure où il y a des messages,
00:16:19mais il y a aussi des actes.
00:16:20Et il y a déjà plus de policiers blessés, plus de 2000, je crois, que sur tout l'épisode gilet
00:16:24jaune,
00:16:24qui était déjà, en termes de violence, quelque chose d'assez élevé quand même.
00:16:27Et est-ce que les renseignements de leur côté ont fait des progrès ?
00:16:29Parce que vous disiez, en effet, le 17 octobre, ils ont sous-estimé la mobilisation.
00:16:34Là, on voit qu'il y a des applications comme Bitchat.
00:16:38Vous connaissez Bitchat ?
00:16:39Ça se passe d'Internet, c'est une messagerie,
00:16:42on n'a pas besoin de passer par Internet pour communiquer.
00:16:45Ça va compliquer aussi leur travail, ça.
00:16:46Je vous avoue qu'heureusement que je ne suis pas au renseignement,
00:16:48parce que moi-même, il y a la moitié de ces choses que je ne connais pas, que je ne
00:16:50maîtrise pas.
00:16:50C'est tout le problème de ces outils, en réalité.
00:16:53Ce sont des outils très modernes, sur lesquels les jeunes sont très agiles.
00:16:57Les personnes qui ont mon âge, un peu moins, voire beaucoup moins.
00:17:01Même quand on est un policier des renseignements,
00:17:02ce n'est pas des supports sur lesquels ils ont l'habitude de travailler.
00:17:05Ils ont toujours travaillé autrement.
00:17:06Ils apprennent, évidemment, aujourd'hui, à travailler sur ces supports-là.
00:17:09Mais par définition, les réseaux sociaux, le numérique, ça bouge tout le temps.
00:17:13Si vous coupez de main de réseau, ils feront autrement.
00:17:16Ils sont très agiles.
00:17:18On l'a vu même, le 17, ce qui a été très marquant,
00:17:20c'est à la fois l'utilisation des réseaux sociaux,
00:17:22l'utilisation de ce qu'on appelle les circulations douces,
00:17:25c'est-à-dire les vélos et les trottinettes pour repérer les endroits
00:17:27où on pouvait se déplacer facilement, où il y avait moins de force de l'ordre.
00:17:30Le principe de ces gens-là, c'est qu'ils sont habitués.
00:17:32C'est un exercice pour eux, c'est-à-dire l'affrontement, le désordre, le chaos.
00:17:36Tout ça, c'est des choses dans lesquelles ils sont presque professionnels.
00:17:38Donc, ils s'adaptent en permanence.
00:17:39Et en quoi le paramètre Halloween, ça peut changer la donne ?
00:17:43Il y a la crainte de plus de consommation d'alcool aussi.
00:17:47On le sait, quand on se déguise, on n'est pas forcément le même.
00:17:50Il y a une sorte de défouloir possible par le fait de se déguiser.
00:17:53C'est ce que craignent les forces de l'ordre.
00:17:56Ça permet de se noyer un peu dans la foule de gens qui se griment
00:17:59ou qui se déguisent pour faire la fête.
00:18:01C'est sûr que si vous vous pointez comme ça un jour où ce n'est pas Halloween,
00:18:03c'est tout de suite beaucoup plus suspect.
00:18:04En revanche, demain soir, il y aura plein de gens, des adolescents,
00:18:07qui seront aviés comme ça et qui n'auront pas forcément envie de tout casser.
00:18:11Mais de toute façon, Halloween, ça fait quelques années déjà
00:18:13que les nuits d'Halloween sont compliquées, notamment au banlieue.
00:18:16C'est devenu, même plus que le 31 décembre ou plus que le 14 juillet,
00:18:20des soirées où il y a pas mal d'incidents.
00:18:22Jusqu'à maintenant, pas tellement dans les centres-villes,
00:18:24mais dans les périphéries des villes.
00:18:26Donc, c'est déjà une date qui est cochée tous les ans comme une date à problème.
00:18:29Là, aujourd'hui, elle vient en plus de tout le reste,
00:18:32qui crée cette inquiétude.
00:18:33Donc, en plus, dans un climat de colère.
00:18:35Je vous voyais acquiescer, Cécile.
00:18:36C'est-à-dire que quand la colère est là,
00:18:38et qu'en plus, elle a un prétexte pour s'exprimer...
00:18:41Et il y a une dimension de jeu, on le voit bien.
00:18:44C'est pas seulement être plus fort parce qu'on est déguisé,
00:18:48c'est aussi être dans la jouissance, de ne plus être dans la réalité.
00:18:53Et donc, c'est un soir où tout est permis.
00:18:55C'est une transgression absolue.
00:18:57Et on l'a vu le 17 octobre déjà,
00:18:59que dans les pillages et les cassages, il y avait beaucoup de ça.
00:19:03Les gens se cachaient à peine, étaient contents de se mettre en scène,
00:19:06de faire des challenges sur TikTok.
00:19:09Moi, j'ai réussi à faire ça.
00:19:11Donc, c'est une sorte d'énorme...
00:19:13C'est vu par eux, par beaucoup d'entre eux, comme un énorme jeu.
00:19:18Et plus, effectivement, les forces de police gonflent des muscles,
00:19:22plus ils se disent que ça va vraiment être très, très challenging, ce jeu.
00:19:27Donc, c'est ça qui est difficile à appréhender, je pense, pour les forces de police.
00:19:31Et c'est générationnel, c'est ce qu'on voyait dans le reportage.
00:19:33C'est la jeunesse aussi qui se mobilise et qui s'amuse avec cette menace d'Halloween.
00:19:36Je pense qu'il y a aussi la volonté de faire peur et la volonté, sans doute, de s'amuser.
00:19:40C'est le biais aussi parfait pour exprimer sa colère.
00:19:42Est-ce que vous y voyez même une vengeance de cette génération Covid
00:19:46qui a été mise sous cloche et qui en a souffert ?
00:19:51Je ne sais pas si c'est le premier motif, mais c'est vrai que tout ça a fait boule
00:19:55de neige.
00:19:55Parce qu'au départ, c'est vrai que le gouvernement a totalement sous-estimé cette colère
00:19:59qui est partie de quelques lycées de banlieue et un peu de lèche, je crois, du côté de Besançon.
00:20:05Et ils ont traité ça d'abord comme quasiment des violences urbaines.
00:20:10Et puis finalement, le mouvement a pris, la colère a fait tâche d'huile
00:20:15et on est rapidement arrivé avec la solidarité des lycées de Centroville.
00:20:19C'est là où il y a quelque chose aussi peut-être de générationnel.
00:20:21C'est-à-dire que c'est aussi une génération qui a vécu le Covid, l'enfermement,
00:20:27qui est beaucoup plus biberonée aux réseaux sociaux, aux téléphones.
00:20:33Il y a aussi ça qui rentre dans la compréhension de cette explosion de colère chez les jeunes.
00:20:41Le gouvernement, c'est vrai, qui a eu retard à l'allumage
00:20:43et qui finalement laisse ce mouvement faire boule de neige avec la colère sociale
00:20:50qui, elle, est déjà là parce qu'en septembre, il y a eu une intersyndicale
00:20:56qui passait un peu sous les radars, une journée de manifestation, plutôt classique.
00:21:00C'était fin septembre.
00:21:01Évidemment, ils se retrouvent tous le 5 novembre, un peu plus de 5 semaines plus tard,
00:21:06où là, il va y avoir des lycéens, on ne sait pas combien.
00:21:09Il y aura le cortège de l'intersyndicale.
00:21:12Ce sera très nombreux, public et peut-être privé.
00:21:16Et puis, avec le risque de débordement,
00:21:20parce que toutes les manifestations en plus débordent,
00:21:22c'est quasi systématique.
00:21:23Depuis 2016, on peut dater vraiment les vrais débordements
00:21:28systématiquement de toutes les manifestations.
00:21:30Depuis 2016 jusqu'à celle du 17 octobre, ça se passe mal.
00:21:35Même avant le 17 octobre,
00:21:40dans le débrief des forces de police,
00:21:42la manifestation du 13 novembre à Place de Vauban
00:21:46a énormément dégénéré, a donné lieu à des violences très importantes.
00:21:50Et rétrospectivement, les forces de sécurité estiment
00:21:53que c'est là où ils ont sous-estimé qu'ils auraient dû se dire
00:21:56que le 17, ce serait puissance 10.
00:21:59Et c'est ce qui s'est passé.
00:22:00Je reçois encore une question sur Halloween.
00:22:01Je vous la transmets dans un instant, Damien.
00:22:03Mais Fanny Guinochet, il y a aussi l'autre dimension.
00:22:05C'est la mobilisation contre la vie chère.
00:22:08Les syndicats, les gilets jaunes, les lycéens qui ne sont pas satisfaits
00:22:11des annonces qui ont été faites en début de semaine.
00:22:13Et ce bras de fer, sur le tracé des manifestations à Bordeaux, à Lyon,
00:22:19ce sera possible de se mobiliser dans le centre-ville, mais pas à Paris.
00:22:23Pourquoi ?
00:22:23À Paris, c'est simple.
00:22:25Il y a eu une pression de la part des milieux économiques en disant
00:22:29déjà c'est la crise de trop, avec, on l'a rappelé tout à l'heure,
00:22:33plus de 3 000 commerces qui ont été touchés, un certain nombre de commerçants à Paris
00:22:38qui, aujourd'hui, ne peuvent pas rouvrir, tout simplement, parce qu'ils ont perdu leur stock,
00:22:43parce qu'il y a cette ambiance-là.
00:22:46Donc, c'est vrai que, face au risque d'avoir de nouveau des pillages, des casses,
00:22:53le gouvernement fait le choix de mettre à l'extérieur les mobilisations.
00:22:58Au moment de la loi travail, en 2016, il y avait eu aussi des discussions à n'en plus finir
00:23:03sur les tracés des mobilisations.
00:23:04Et d'ailleurs, c'est vrai que 2016, ça avait été, donc ce sont les lois El Khomri,
00:23:08ça avait été le début des mobilisations vraiment violentes.
00:23:12Je ne sais pas si vous vous souvenez, l'hôpital Necker pour enfants à Paris avait été vandalisé.
00:23:18C'est vrai que depuis, le tracé des mobilisations, des manifestations, fait souvent discussion.
00:23:24Donc là, clairement, le gouvernement veut éviter de, de nouveau, se retrouver avec une succession de pillages et de saccages.
00:23:33Est-ce que ça ne pose pas problème ?
00:23:35Est-ce qu'on n'est pas en train de s'habituer à avoir des tracés de manifestations modifiés ?
00:23:40Ce qui énerve les syndicats, c'est que ce sont à des endroits, entre Porte de Bagnolet, par exemple,
00:23:45jusqu'à Porte de Charenton, où peut-être moins de gens vont avoir envie d'aller.
00:23:49C'est ça, c'est pas compris. C'est fait pour protéger les commerçants, Fanny le dit bien.
00:23:55Et c'est vécu par les manifestants eux-mêmes comme on nous baïonne, on nous empêche de nous exprimer.
00:24:02Et donc, ça surmobilise, d'ailleurs. On l'a vu la semaine dernière, voilà,
00:24:07où tout était fait pour montrer la force et décourager les gens d'aller dans la rue.
00:24:10Et ils ont été encore très, très nombreux.
00:24:12Donc, c'est toute la difficulté pour le gouvernement.
00:24:15Dès qu'il essaye de maîtriser quelque chose, c'est mal compris.
00:24:21Et il y a les couvre-feux aussi, qui sont aussi prolongés.
00:24:25Est-ce qu'on est en train, petit à petit, d'être mis sous cloche ?
00:24:27Et ça peut aller jusqu'où, cette histoire ?
00:24:29C'est peut-être jusqu'à l'état d'urgence.
00:24:32Emmanuel Macron a laissé entendre que si ça continue à se dégrader, il pourrait monter jusque-là.
00:24:38Et ça explique peut-être politiquement que les images de violence, ça a l'air de doper Marine Le Pen
00:24:45dans les sondages.
00:24:46Mais ça favorise aussi Jean-Luc Mélenchon.
00:24:49Parce qu'il y a toute cette thématique des libertés publiques qui est en train de s'installer.
00:24:53On bride la jeunesse, on ne veut pas les écouter.
00:24:55C'est comme ça que c'est vécu par les manifestants, par beaucoup de manifestants.
00:24:59Si l'état d'urgence est décidé, décréter demain, ça changera quoi ?
00:25:03Ça ne rendra plus possible, Damien, la possibilité de décider des couvre-feux et de bloquer des manifestations ?
00:25:09L'état d'urgence, c'est quand même la dernière balle dans le chargeur.
00:25:12Parce qu'après, il n'y a plus grand-chose au-dessus de l'état d'urgence.
00:25:15C'est pour ça que c'est la dernière limite.
00:25:16On attend toujours que la situation soit vraiment critique pour sortir l'état d'urgence.
00:25:22Là, c'est vraiment des restrictions qui sont très fortes en termes de liberté publique, pour tout le monde.
00:25:26D'ailleurs, là, on n'est plus seulement sur des gens qui manifestent l'état d'urgence, c'est pour
00:25:28tout le monde.
00:25:29Donc, c'est vraiment la dernière, dernière, dernière possibilité.
00:25:32Il faut le dire que demain, il y a encore de nombreux couvre-feux.
00:25:35Oui, il y a des zones de couvre-feu, République, Châtelet, Marseille, il y a beaucoup de villes aussi.
00:25:39Mais ça peut durer longtemps, c'était ça ma question ?
00:25:41C'est-à-dire que là, on voit bien que le ministre de l'Intérieur ne s'interdit rien jusqu
00:25:44'à temps que...
00:25:48La formule du président de la République, c'est qu'on s'emploie à réduire les colères d'un côté
00:25:52et de l'autre côté, à assurer les biens et les protections des personnes.
00:25:58Donc, c'est aussi permettre aux commerçants de préserver leur outil de travail
00:26:03et puis, quelque part aussi, leur permettre peut-être de pouvoir travailler le samedi
00:26:07s'ils ne sont pas dans les zones de manifestation.
00:26:10Et là où c'est extrêmement compliqué de répondre à cette colère, c'est qu'il n'y a pas
00:26:14un motif précis.
00:26:15Vous avez d'un côté la suppression de parcours sup', par exemple, on a vu que ça n'avait pas
00:26:19non plus satisfait
00:26:21les organisations lycéennes qui disent « oui, c'est des effets d'annonce, ça va pas faire ».
00:26:27Autre annonce, le prêt de 4 milliards pour rénover le bâti scolaire ?
00:26:31C'est pareil. Vous voyez, la difficulté, c'est que par exemple, par rapport à une réforme des retraites
00:26:36où vous aviez un mouvement avec une demande très précise,
00:26:41là, vous avez des demandes qui concernent le carburant, vous avez des demandes qui concernent une hausse des salaires,
00:26:47vous avez des demandes... Donc, ça, c'est du point de vue des revendications.
00:26:52Et d'autre part, c'était très important, c'est quand même l'échange qu'il y a,
00:26:55c'est-à-dire la communication qui a été calamiteuse, là, avec effectivement un retard à l'allumage
00:27:01de prendre en compte ces mouvements.
00:27:02Le fait qu'on envoie des ministres qui sont assez techniques, le ministre de l'Éducation qui n'est pas
00:27:10un politique
00:27:10et qui ne savait pas trop comment répondre à cette colère,
00:27:14tout ça a contribué aussi à rajouter de la colère dans le mouvement
00:27:18et à nourrir un petit peu la boule de neige dont on est en train de parler.
00:27:24Et c'est la question que vous posez dans les échos.
00:27:25Pourquoi la colère se tourne-t-elle vers le pouvoir finissant et non vers les candidats à la présidentielle ?
00:27:29Et certains anticipent déjà que le résultat de la présidentielle ne leur conviendra pas ?
00:27:34Oui, il y a ça. Il y a le fait... Emmanuel Macron a beaucoup dit dans son allocution
00:27:39qu'il faudrait qu'on ait une belle campagne présidentielle.
00:27:42C'est là que doivent se nouer toutes les controverses et pas dans la rue à six mois d'une
00:27:48présidentielle.
00:27:49Et en fait, quand il a reçu les lycéens il y a 15 jours, il a un peu compris.
00:27:54Ils lui ont dit, ben oui, mais si c'est le Rassemblement national, nous, on préfère maintenant.
00:27:59Parce qu'ils intègrent le fait que la gauche ne pourra rien obtenir derrière
00:28:04et qu'il vaut mieux être aujourd'hui revendicatif pour obtenir des choses.
00:28:10C'est là qu'on dit que ça va vraiment durer.
00:28:11Ça peut durer jusqu'à la présidentielle et même ça peut continuer le soir du résultat du second tour.
00:28:17C'est un peu l'analyse que fait l'exécutif. Emmanuel Macron traite.
00:28:22Cécile a raison. Il a été très surpris de la tonalité des interpellations de certains lycéens.
00:28:28En gros, leur disant même, ben vous n'avez pas perdu. Il y a une campagne.
00:28:33Mais lui, au fond, il s'attend maintenant à ce que peut-être, non pas, peut-être que ça dure,
00:28:37en tous les cas, qu'il y ait une cascade de revendications qui arrive.
00:28:41C'est-à-dire, là, on voit bien, il y a un mouvement hybride.
00:28:44Peut-être qu'en novembre, quand les semis seront finis, les agriculteurs ont aussi le climat de colère.
00:28:53Et puis, rien ne dit que dans les transports publics, ça ne viendra pas en décembre.
00:28:58En fait, ils peuvent se retrouver, ce qui n'arrive jamais avant une présidentielle, exactement l'inverse.
00:29:02C'est-à-dire que les principales corporations viennent voir l'exécutif pour réclamer des choses
00:29:07en anticipant, quelque part, l'arrivée de Marine Le Pen au pouvoir.
00:29:13Parce qu'il y a une forme de résignation, y compris, et c'est l'analyse qui est faite par
00:29:17l'exécutif,
00:29:19qui se dit que la gauche est dans la rue, que Jean-Luc Mélenchon voit aussi que ça lui profite
00:29:24d'être dans la rue,
00:29:25et qu'il a peut-être intérêt, est-ce que ça dure le plus longtemps possible d'accompagner, comme ça,
00:29:29ces mouvements ?
00:29:30Vous savez, les Gilets jaunes, ça a duré quasiment 5 mois, la rue, les Gilets jaunes, pendant 5 mois.
00:29:34Tous les samedis, il y avait eu, alors, avec plus ou moins d'intensité, mais pendant 5 mois.
00:29:38Donc là, c'est le 3e samedi, et espérons que ça ne dure pas très longtemps pour tous ceux qui
00:29:43vont être pénalisés.
00:29:44Mais quand même, c'est quelque chose qui revient, je ne sais plus dans quel reportage, sur un marché,
00:29:48il y avait une dame, elle n'était pas la seule, qui disait, il faut que ce gouvernement dégage,
00:29:53et en fait, on comprenait qu'attendre 6 mois, c'était trop long.
00:29:55Est-ce que, je dis dégage, c'est son expression, je me permets de la reprendre,
00:29:59mais est-ce que l'hypothèse d'une présidentielle anticipée, d'une démission d'Emmanuel Macron, c'est possible aujourd
00:30:04'hui ?
00:30:05Quelques-uns la demandent, mais finalement très peu, et notamment le Rassemblement National,
00:30:10alors que dans le passé, elle l'a fait, qui fait le calcul qu'elle, elle a plutôt intérêt à
00:30:15attendre,
00:30:16parce que, chaque jour, ces images de violence, finalement, la servent,
00:30:20et une présidentielle anticipée, c'est une campagne très courte.
00:30:25Et elle, Marine Le Pen, est en train de se dire, même pour moi, ce sera difficile de gouverner,
00:30:30il me faut une longue campagne pour avoir de la légitimité derrière.
00:30:34La Constitution, à partir de la démission du président, si elle devait arriver,
00:30:37et ce n'est pas du tout d'actualité aujourd'hui, derrière, c'est entre 20 et 35 jours.
00:30:42Oui, ou très peu de temps.
00:30:43Donc, c'est très rapide.
00:30:44La question de Ray dans le Gard, je suis désolée, j'avais promis de vous la poser, ça fait un
00:30:48quart d'heure,
00:30:48la célébration d'Halloween ne va-t-elle pas compliquer l'identification des casseurs et des pilleurs masqués ?
00:30:53Je suis devenu un spécialiste d'Halloween, ce soir.
00:30:56Si, ça complique, alors, il y a quand même une chose qui a été rappelée, d'ailleurs, aujourd'hui,
00:30:59je crois, par les autorités, c'est que, hors Halloween, on n'a pas le droit de se masquer le
00:31:03visage
00:31:04quand on va à une manifestation, c'est 150 euros d'amende.
00:31:07Alors, c'est vrai que ça surprend, parce que ça fait quelques semaines qu'on voit des manifestants
00:31:11qui arrivent avec des masques de ski.
00:31:13Il y a plus de masques de ski à Paris que dans les Alpes, en ce moment,
00:31:16est régulièrement cagoulé ou masqué. Bon, voilà, normalement, c'est interdit.
00:31:20Donc, demain, il y aura cette excuse, entre guillemets, d'Halloween.
00:31:22Mais alors, moi, la question que je me pose, c'est si on vient déguiser à la manifestation l'après
00:31:26-midi,
00:31:27est-ce que c'est répréhensible ? Est-ce que, comme c'est Halloween, on a le droit ?
00:31:29Le soir, comment on fait entre distinguer celui qui se déguise et celui qui se déguise pour casser ou piller
00:31:34?
00:31:34Ça ne va pas être évident, quand même.
00:31:35Mais évidemment que ça rajoute, en plus à l'image, on le voit bien,
00:31:38comme effectivement, ils se mettent en scène en permanence,
00:31:42ça fait un peu plus de mousse encore et d'écume autour de ça.
00:31:45Mais oui, c'est plus compliqué, sachant qu'encore une fois,
00:31:47les casseurs n'ont pas attendu Halloween pour se déguiser, pour se masquer,
00:31:51pour se mettre des cagoules, des capuches, des masques de ski,
00:31:54et être parfaitement des gants, tout ce qu'il faut pour ne pas être identifié, le cas échéant.
00:31:58Et si demain, je veux manifester en me déguisant,
00:32:01je prends un risque si je me masque le visage,
00:32:03alors que pourtant, la loi considère qu'il y a une exception dans le cadre festif.
00:32:08Oui, dans le cadre festif.
00:32:09Mais demain, ce sera différent.
00:32:09C'est toute la difficulté.
00:32:10Après, j'ai presque envie de dire que ça dépend quel masque vous avez.
00:32:14Oui, là, on a Spiderman derrière.
00:32:16Spiderman, c'est OK ?
00:32:18Peut-être que c'est OK.
00:32:19Par contre, le masque de ski, la cagoule,
00:32:21je ne suis pas sûr que ce soit tellement en lien avec un déguisement d'Halloween.
00:32:23Mais après, je suis incapable de vous dire ce qui est répréhensible, ce qui n'est pas.
00:32:27Normalement, on ne vient pas à une manifestation avec le visage masqué.
00:32:31C'est ça, la règle.
00:32:32Oui.
00:32:33Bon, on verra comment ça se passe demain,
00:32:34mais on anticipe déjà un petit casse-tête judiciaire.
00:32:37Beaucoup de commerçants angoissent déjà à l'idée que leur boutique soit saccagée.
00:32:41C'est le parcours du combattant, par exemple, pour Vanessa à Lyon,
00:32:43dont le commerce a été vandalisé le 17 octobre dernier.
00:32:47Elle a ouvert une cagnotte en ligne pour se relancer assez vite.
00:32:51C'est ce qu'elle espère, mais elle est encore traumatisée.
00:32:53Reportage de Julie Rico et Oan Nenguyen.
00:33:02Deux semaines ont passé, mais Vanessa Rivas peine encore à contenir son émotion.
00:33:09Que ça soit la bienveillance des gens, je prends tout ce qu'il y a à prendre.
00:33:14Il n'y a que ça qui me donne du bon mot cœur aujourd'hui.
00:33:17Le matin du 18 octobre, la commerçante découvre sa boutique entièrement saccagée.
00:33:23Aujourd'hui, malheureusement, il ne reste plus grand-chose de la boutique.
00:33:26Je ne peux pas rouvrir à cause de ça,
00:33:28parce que justement, ils ont abîmé les vitrines à l'extérieur.
00:33:32Voilà ce qui reste de ma dernière collection qui était sortie deux jours avant,
00:33:36puisque je suis créatrice de rêve de jette.
00:33:37C'est moi qui fais tous les bijoux.
00:33:38C'était mon bébé, j'ai mis 20 ans à construire ça.
00:33:41J'ai économisé pour avoir ce que j'ai aujourd'hui.
00:33:45L'image que j'ai quand j'ai découvert cette boutique le 18 octobre...
00:33:55Sur cette vidéo filmée par sa fille, Vanessa découvre l'ampleur des dégâts.
00:34:01Quelques heures plus tôt dans la nuit,
00:34:04des dizaines de casseurs parviennent à entrer dans le magasin.
00:34:07Quel monde enfoiré !
00:34:08Vous voyez bien qu'en fait, ils font leur shopping.
00:34:10Ils ne courent pas, ils ne sont pas stressés.
00:34:13La commerçante avait pourtant appelé les forces de l'ordre dès 15h.
00:34:17Et jusqu'à 4h du matin, personne n'est venu intervenir.
00:34:20Aujourd'hui, Vanessa se bat pour rouvrir son commerce.
00:34:24100 000 euros de dégâts estimés,
00:34:26un chiffre bien supérieur aux 20 000 euros d'aides promis par son assurance et l'État.
00:34:31Alors la commerçante n'a pas eu d'autre choix que d'ouvrir une cagnotte en ligne.
00:34:36Chacun se renvoie la balle.
00:34:37Donc ce n'est pas l'assurance, c'est l'État qui est responsable.
00:34:40L'État, aujourd'hui, il faut que je porte plainte contre l'État.
00:34:43Mais vous pensez que, déjà, est-ce que je peux gagner ? Peut-être.
00:34:47Mais dans combien de temps ?
00:34:48Donc si j'attends vraiment que l'assurance et l'État reconnaissent leur responsabilité,
00:34:53je rouvrirai dans quelques années.
00:34:56Comme elle, 200 commerces dans le centre-ville de Lyon
00:34:59ont été touchés par les émeutes du 17 octobre.
00:35:01Les vitrines ont été remplacées par des panneaux de bois,
00:35:05alors pour contrer la sinistrose, cette commerçante invite les passants
00:35:08à y écrire des mots bienveillants.
00:35:11C'est un jeune garçon, samedi soir, qui s'est posé pendant plus de 20 minutes
00:35:15pour dessiner à partir d'un modèle.
00:35:17C'est ça qui est sympa avec le mur aussi, c'est de voir les gens s'arrêter
00:35:21et réfléchir à ce qu'ils vont écrire et puis discuter avec des anonymes.
00:35:24Il n'y a pas les réseaux sociaux au milieu, il n'y a pas d'écran pour pouvoir
00:35:27s'en envoyer plein la tête.
00:35:29Ils sont obligés d'être polis, d'écouter et de répondre, mais sans s'énerver.
00:35:33Un soutien indispensable pour la gérante de cette papeterie,
00:35:36à l'approche des faits de cette nouvelle crise, est un coup dur supplémentaire.
00:35:40C'est gentil, merci.
00:35:41Je me dis qu'en 10 ans de vie dans la boutique, il n'y a pas une année
00:35:45où ça a été parfaitement lisse.
00:35:47On a affronté des crises successives et je ne sais pas comment a été le commerce avant,
00:35:52mais j'en conclue qu'être commerçant, c'est être résilient.
00:35:56Des fois, je ne cache pas qu'il y en a assez d'être juste résilient,
00:35:59on aimerait que tout se passe bien.
00:36:01À quelques rues de là, l'inquiétude gagne aussi cette commerçante.
00:36:06Aujourd'hui, on ressent évidemment les conséquences du 17 octobre
00:36:12dans les plus petites rues, les rues qui n'ont pas été impactées
00:36:15directement sur cette journée du samedi,
00:36:18mais qui, depuis samedi, ont une perte et une baisse de fréquentation.
00:36:23Pour elle, c'est un peu la double peine.
00:36:26Et elle en est persuadée, c'est toute la société qui va payer.
00:36:31Il est évident, ne soyons pas naïfs,
00:36:34que l'ensemble des aides aujourd'hui apportées par l'État aux commerçants,
00:36:39ce sera collectivement qu'il faudra endosser ces dépenses.
00:36:44Malgré de nouvelles manifestations annoncées ce samedi,
00:36:48Johanna a décidé d'ouvrir sa boutique, comme d'habitude.
00:36:52Qu'est-ce qui vous marque, Fanny Guinochet, dans ces témoignages ?
00:36:56Déjà, l'inquiétude, le ras-le-bol, c'est vraiment la crise de trop
00:37:00pour les commerçants, pour les milieux économiques.
00:37:03L'inquiétude que ça dure, et puis le sentiment de ne plus être protégée.
00:37:08Ça, c'est un peu nouveau.
00:37:09Jusqu'à présent, certes, c'était un peu apparu au moment des Gilets jaunes,
00:37:14mais là, c'est de finalement se protéger soi-même,
00:37:17puisque on l'a très bien, par exemple, entendu avec cette commerçante qui fait des bijoux.
00:37:22Elle a appelé et puis ils ne sont pas venus.
00:37:24Et c'est vrai qu'en coulisses, vous avez un certain nombre de représentants des forces de l'ordre
00:37:29qui incitent même, qui encouragent les commerçants à se barricader
00:37:33en disant que ça nous laissera un peu plus le temps,
00:37:34mais on ne pourra pas être partout si on est débordé.
00:37:37À Paris aussi, le préfet de police la semaine dernière,
00:37:40qui leur disait « Prenez des agents privés, ce sera mieux ».
00:37:43C'est vraiment nouveau et c'est un peu compliqué parce que ça veut dire que,
00:37:49souvent, on entend, c'est une ritournelle depuis des années,
00:37:53on paye trop de charges, on paye trop de cotisations.
00:37:55C'est vraiment la ritournelle patronale, notamment des petits patrons,
00:37:58petits commerçants.
00:38:01Là, c'est le sentiment, on paye de l'impôt, on paye des cotisations,
00:38:04on paye des charges et en plus, on n'est pas protégé.
00:38:08Et ça, ça fait déjà le lit d'un certain nombre, notamment du Rassemblement national,
00:38:15de dire même sur des fonctions régaliennes d'autorité, on n'est pas protégé.
00:38:20Et alors, quand en plus, derrière, vous avez la paperasse entre,
00:38:24on le voyait là aussi très bien, des promesses d'annonce d'aide
00:38:28qui ne viennent pas, des experts d'assurance qui se renvoient à la balle,
00:38:34c'est qu'il y a trop de bureaucratie, ça ne fonctionne pas,
00:38:37il n'y a pas assez de simplification.
00:38:39Donc, là aussi, ça fait le nid d'un certain nombre de partis politiques,
00:38:43notamment d'extrêmes.
00:38:44Donc, ça, c'est vraiment un souci sur comment on aborde ces journées.
00:38:50Et puis, comme je vous le disais ensuite,
00:38:53eh bien, ce n'est pas pareil d'avoir des journées de mobilisation
00:38:57à deux mois de Noël que de les avoir en plein mois.
00:39:01C'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de commerçants qui ont perdu leur stock.
00:39:03Ils avaient acheté du stock, ils ont leur stock de Noël
00:39:06ou le stock du Black Friday.
00:39:07Et vous avez Black Friday, donc, qui arrive à la fin du mois,
00:39:11qui est une période de solde, de promotion.
00:39:13Donc, certains vous disent, bon, en fait, tout se fait sur les réseaux sociaux,
00:39:18on va maintenant faire du commerce en ligne,
00:39:21puisque finalement, c'est ce qui marche
00:39:22et on ne s'exposera pas de la même façon à ce genre de nuisances.
00:39:27Est-ce que ça, vous l'entendez de plus en plus,
00:39:29ces commerçants inquiets qui se sont sentis abandonnés
00:39:32par les autorités ?
00:39:34Ils ne se sont pas sentis abandonnés.
00:39:35L'abandon, il est factuel et il est très documenté par les images.
00:39:39C'est ça qui a été terrible, en fait.
00:39:40C'est les images de tous ces pilleurs qui ont pris leur temps.
00:39:43C'est ce qu'elle dit, d'ailleurs, cette dame,
00:39:44en disant qu'ils sont rentrés tranquillement.
00:39:46On a vu tous ces images de pilleurs
00:39:48qui mettaient même leurs affaires dans des petits sacs
00:39:50qu'ils allaient chercher sous la caisse
00:39:51pour ranger leurs pantalons et leurs chemises.
00:39:53Parce qu'ils savaient qu'à ce moment-là,
00:39:55il n'y avait aucun risque d'intervention de police.
00:39:58Après, on peut discuter des heures
00:39:59de pourquoi la police n'est pas intervenue.
00:40:00Mais en tout cas, ce qui a frappé tout le monde,
00:40:03les commerçants, mais tout le monde,
00:40:04c'est la facilité, la tranquillité
00:40:06avec laquelle ces pillages ont été...
00:40:08Des rues entières qui ont été mises à sac.
00:40:10Marseille, il y a une rue entière
00:40:11où il n'y a pas un commerce qui tient debout.
00:40:13Donc ça, c'est forcément cette image-là
00:40:16que tout le monde a retenue.
00:40:17Et ce qui se passe aujourd'hui,
00:40:18c'est-à-dire de dire effectivement,
00:40:19« Mettez du contreplaqué,
00:40:21ça va faire des chouettes vitrines de Noël,
00:40:23ça dit en passant, mais mettez du contreplaqué. »
00:40:26Et puis prenez des vigiles, pardon.
00:40:28Deux vigiles contre 40 pilleurs.
00:40:29Qu'est-ce que ça donne ?
00:40:30Il y a deux solutions.
00:40:31Soit ça donne un truc très grave,
00:40:33c'est-à-dire qu'il y a quelqu'un
00:40:33qui va rester sur le carreau d'un côté ou de l'autre.
00:40:35Soit les deux vigiles, ils s'écartent,
00:40:37ils laissent passer les pilleurs
00:40:37et ça ne change pas grand-chose.
00:40:39Alors effectivement,
00:40:40les façades en contreplaqué,
00:40:41c'est comme la porte blindée chez vous,
00:40:43c'est-à-dire que ça permet de gagner du temps
00:40:44mais on finit toujours par rentrer à un moment donné.
00:40:46Mais effectivement,
00:40:46les policiers ont peut-être 10 minutes de plus pour arriver.
00:40:49Mais moi, on a posé la question
00:40:51pourquoi les policiers ne sont pas intervenus
00:40:52sur les pillages, notamment à Paris.
00:40:53Pour une raison très simple.
00:40:55Quand vous intervenez sur un pillage,
00:40:57admettons que vous avez 2-3 équipages
00:40:58de brigades anticriminalités,
00:40:59des BAC qui interviennent.
00:41:00Ils sont à les 10 policiers.
00:41:01On a tous vu les images à Paris,
00:41:03c'est 40-50 pillards par magasin.
00:41:05Qu'est-ce qui se passe
00:41:06quand 10 policiers arrivent sur 40 ou 50 pillards ?
00:41:09Voilà.
00:41:10À un moment, je pense que le choix
00:41:11qui ne sera jamais avoué,
00:41:12le choix qui a été fait,
00:41:13c'est de dire qu'il vaut mieux ça
00:41:15que quelqu'un qui reste sur le carreau
00:41:16d'un côté ou de l'autre.
00:41:17C'est-à-dire soit un policier
00:41:18qui se fait lyncher par un pillard,
00:41:21soit un pillard qui menace un policier,
00:41:23un policier qui sort son arme de service
00:41:24et qui lui tire dessus.
00:41:25On l'accepte parce qu'à ce moment-là,
00:41:27il n'y avait pas d'autres solutions viables,
00:41:30à mon sens,
00:41:31mais personne ne trouvera le document
00:41:34qui a dit ça.
00:41:34Mais tous les policiers nous ont dit
00:41:36que ce jour-là,
00:41:37les ordres étaient plutôt
00:41:38de rester en statique
00:41:39sur un certain nombre de points à Paris,
00:41:40notamment l'Elysée,
00:41:42des points sensibles
00:41:42qui étaient très menacés ce jour-là.
00:41:44Et on leur a dit
00:41:44« Vous ne bougez pas,
00:41:45vous tenez ces points-là,
00:41:46le reste, tant pis ».
00:41:47Aujourd'hui, à Rouen,
00:41:48le ministre de l'Intérieur ce soir
00:41:49vient de s'exprimer.
00:41:50Il dit qu'il faut aller à l'impact
00:41:51et au contact.
00:41:52Est-ce que ça veut dire
00:41:53que la consigne est en train de changer
00:41:54et que ce sera différent ce week-end ?
00:41:56Oui, alors les consignes,
00:41:57elles changent.
00:41:58Simplement, quand on dit ça,
00:41:59encore une fois,
00:42:00on monte le curseur d'un cran encore
00:42:01parce qu'en matière de maintien de l'ordre,
00:42:04on a toujours dit
00:42:04« Le contact, c'est ce qu'il y a de plus risqué ».
00:42:06Parce que le contact,
00:42:06on maîtrise plus ce qui se passe après,
00:42:07des deux côtés.
00:42:09Et moi, je pense que si demain
00:42:11ou dans les jours qui viennent,
00:42:12il y a soit un policier,
00:42:14soit un manifestant
00:42:15qui reste sur le carreau,
00:42:17je ne sais pas ce qui peut se passer.
00:42:18Les policiers,
00:42:19ils peuvent se trouver un policier
00:42:20qui meurt de la manif.
00:42:21Quand il dit
00:42:21« Il faut aller à l'impact et au contact »,
00:42:24c'est un risque qui est maintenant
00:42:25assumé dans la bouche du ministre de l'Intérieur.
00:42:26En tout cas, s'il le dit,
00:42:27c'est qu'effectivement,
00:42:28il l'assume et il envoie un message
00:42:29assez clair à ses équipes,
00:42:31à ses forces.
00:42:31Parce que vous savez,
00:42:32les policiers,
00:42:32c'est des fonctionnaires.
00:42:33Ils font ce qu'on leur dit de faire.
00:42:34Quand on leur dit
00:42:35de rester statique et d'attendre,
00:42:36même si la rue d'à côté,
00:42:37elle est pillée,
00:42:37on leur a dit d'attendre,
00:42:38ils attendent.
00:42:38C'est comme ça.
00:42:39Si demain,
00:42:40on leur dit
00:42:40« Non, cette fois-ci,
00:42:41on bouge,
00:42:41on est agile
00:42:42et on va au contact
00:42:43et on empêche des pillages physiquement »,
00:42:45ils vont le faire.
00:42:46Mais encore une fois,
00:42:47le contact,
00:42:48c'est extrêmement risqué en la matière.
00:42:50Et comment vous interprétez cette consigne ?
00:42:51Parce que c'est très risqué aussi
00:42:53de prendre le risque
00:42:54d'avoir un nouveau 17 octobre.
00:42:56C'est totalement délétère pour le pays.
00:42:59Ces images de commerçants,
00:43:00c'est le cœur des villes.
00:43:03Évidemment, à l'étranger,
00:43:05c'est absolument terrible.
00:43:08C'est des gens qui parlent à tout le monde,
00:43:10les commerçants.
00:43:11Vous venez les voir trois fois,
00:43:12quatre fois dans la journée.
00:43:13Si à chaque fois,
00:43:14vous sortez de la boutique
00:43:16avec le sentiment
00:43:17que l'État n'est plus là,
00:43:18etc.,
00:43:19ça se propage très, très vite.
00:43:20Donc, c'est des gens à choyer.
00:43:22Et c'est un peu ça
00:43:26ce qui est tenté.
00:43:28Effectivement, avec des risques,
00:43:29mais je pense que politiquement,
00:43:32le gouvernement, l'exécutif,
00:43:33ne peut pas se permettre
00:43:34d'avoir un nouveau 17 octobre.
00:43:36Mais si ça devient des drames,
00:43:38parce que le risque,
00:43:39c'est aussi ça derrière.
00:43:40Est-ce que ça ne peut pas être
00:43:41encore pire que le 17 octobre
00:43:42dans ce cas-là ?
00:43:43La peste ou le choléra.
00:43:44Mais oui, c'est sûr
00:43:46que s'il y a un mort,
00:43:47ce sera pire.
00:43:47Parce que s'il y a un mort
00:43:48côté police,
00:43:50ils arrêteront
00:43:50de faire le maintien de l'ordre.
00:43:52Ils sont déjà à bout
00:43:53pour beaucoup.
00:43:54Et s'il y a un jeune
00:43:55qui est tué,
00:43:56c'est dramatique politiquement aussi.
00:43:57Mais vous ne pouvez pas
00:43:59continuer à laisser
00:44:01les boutiques ouvertes comme ça
00:44:02et bien qui veut se servir,
00:44:05c'est toute une société
00:44:06qui s'effondre,
00:44:06c'est des valeurs
00:44:07qui s'effondrent,
00:44:09il n'y a plus de règles,
00:44:10on vient,
00:44:11on se sert,
00:44:12c'est absolument terrible.
00:44:13Quelle est la hiérarchie
00:44:14justement des priorités ?
00:44:15À quoi faut-il répondre
00:44:16en premier,
00:44:17Bruno Jeudy ?
00:44:18Cécile Cornunet nous dit
00:44:19qu'en gros,
00:44:20le choix,
00:44:20c'est la paix
00:44:20sous le choléra.
00:44:22La difficulté,
00:44:23c'est de concilier
00:44:24deux libertés,
00:44:25la liberté de manifester
00:44:26qui est indiscutable,
00:44:28qui est dans la Constitution.
00:44:30Ça, c'est plus de la manifestation.
00:44:31Et la liberté,
00:44:33enfin,
00:44:34le droit à la protection
00:44:35des biens et des personnes
00:44:36que l'État doit assurer.
00:44:38Alors,
00:44:38c'est vrai que
00:44:39pour le gouvernement,
00:44:41d'abord,
00:44:41ça a commencé
00:44:41par le changement de parcours.
00:44:44Samedi dernier,
00:44:45c'est ce qui s'est passé.
00:44:45Samedi dernier,
00:44:46pour que ça se passe mieux,
00:44:47au dernier moment,
00:44:49sur décision du président
00:44:50de la République,
00:44:50qui l'a assumé,
00:44:51ils ont changé le parcours
00:44:52et se sont retrouvés
00:44:53sur les boulevards extérieurs.
00:44:54Je remarque,
00:44:55au passage,
00:44:55que la manifestation
00:44:56s'est bien passée,
00:44:57qu'il y avait même
00:44:57beaucoup de monde
00:44:58et qu'à mon avis,
00:44:59on a tous vu les photos,
00:45:01c'était plutôt
00:45:01assez spectaculaire en photo,
00:45:02plus peut-être
00:45:03que les manifestations
00:45:05habituelles
00:45:06entre Bastille et...
00:45:06C'était une mobilisation
00:45:07très très suivie.
00:45:08Et très photogénique
00:45:10par ailleurs,
00:45:10puisque là,
00:45:10on a vu à quel point
00:45:11il y avait du monde
00:45:12et il n'y a pas eu
00:45:13de contestation d'ailleurs
00:45:14sur les chiffres.
00:45:16Et surtout,
00:45:16c'était un moyen
00:45:17de protéger les commerçants,
00:45:19encore une fois,
00:45:19parce que c'est vrai
00:45:20que c'est difficile
00:45:21et le gouvernement
00:45:22sait bien qu'interdire
00:45:23une manifestation,
00:45:24c'est compliqué
00:45:25dans notre pays,
00:45:26parce qu'ils ont le droit
00:45:27de manifester,
00:45:28parce qu'il y a
00:45:28des vrais problèmes
00:45:29et le gouvernement
00:45:30doit s'employer
00:45:30à une réponse politique
00:45:31pour réduire
00:45:32la colère sociale
00:45:33avec le peu de moyens
00:45:35qui lui restent.
00:45:35Fanny le disait
00:45:36à juste raison.
00:45:37Et en même temps,
00:45:38il y a cette pression
00:45:38des commerçants,
00:45:39il y a cette pression
00:45:40de la société,
00:45:40cette pression
00:45:41des milieux économiques
00:45:41qui disent
00:45:42mais si on détruit
00:45:44notre outil de travail,
00:45:45on fait comment ?
00:45:46Et si le mouvement
00:45:48doit durer
00:45:48et personne ne sait
00:45:49s'il durera,
00:45:51ça deviendra
00:45:51rapidement impossible.
00:45:52Et c'est ce jour-ci,
00:45:53en effet,
00:45:53vous le disiez tout à l'heure
00:45:54que le ministre
00:45:55de l'économie dit
00:45:56l'économie française
00:45:57est à l'arrêt
00:45:57et ira dans le mur
00:45:58si elle ne redresse pas
00:45:59ses comptes.
00:46:00Le mur,
00:46:00il est à combien de mètres ?
00:46:01Il n'est pas très loin,
00:46:02je vous confirme.
00:46:04En tout cas,
00:46:04quand on regarde
00:46:05les indicateurs économiques,
00:46:07on se dit
00:46:07qu'on est au pied du mur,
00:46:09vraiment,
00:46:09parce que la France
00:46:11a une croissance
00:46:12en berne,
00:46:13donc ça veut dire
00:46:14qu'on ne fait pas
00:46:15assez d'activités,
00:46:16tout simplement,
00:46:16bien plus bas
00:46:17que ce qu'on avait imaginé,
00:46:20que ce soit l'INSEE
00:46:21ou même les prévisions
00:46:23du gouvernement.
00:46:24Et puis,
00:46:25l'économie,
00:46:26c'est de la confiance,
00:46:27on le dit souvent
00:46:27sur ce plateau,
00:46:28mais vous allez
00:46:30faire vos courses
00:46:31le samedi,
00:46:31il fait beau,
00:46:32vous êtes heureux,
00:46:33vous vous faites plaisir,
00:46:34bon ben là,
00:46:36on voit bien
00:46:36qu'on n'est plus du tout
00:46:37dans cet esprit-là.
00:46:39À deux doigts de Noël,
00:46:40comme vous le disiez.
00:46:41À deux doigts de Noël,
00:46:42dans un environnement
00:46:43en plus géopolitique
00:46:46extrêmement instable,
00:46:48aujourd'hui,
00:46:48la hausse des prix,
00:46:49elle vient essentiellement
00:46:50des prix de l'énergie,
00:46:52pétrole et gaz,
00:46:53et ça vient du problème
00:46:54qui se passe entre l'Iran,
00:46:56vous avez fait suffisamment
00:46:57d'émission là-dessus,
00:46:58ça ne vient pas
00:46:59d'un problème interne,
00:47:00mais c'est vrai
00:47:00qu'on rajoute en France
00:47:02ce problème-là
00:47:02dans un environnement
00:47:03où on est très,
00:47:04très endetté,
00:47:05où on voit
00:47:06que nos voisins européens
00:47:08n'ont pas spécialement envie
00:47:10de continuer
00:47:11à ce que on...
00:47:13Voilà.
00:47:14Et juste pour terminer,
00:47:15vraiment,
00:47:16cette situation de crise,
00:47:18c'est ce qui alimente
00:47:19l'inquiétude des marchés,
00:47:21c'est ce qui alimente
00:47:21l'inquiétude
00:47:22de ceux
00:47:23qui nous prêtent
00:47:24de l'argent actuellement.
00:47:25Quand ils voient ces images,
00:47:26vous imaginez bien
00:47:27qu'ils se disent
00:47:27que ce n'est pas vraiment
00:47:28en France
00:47:28à qui on va prêter,
00:47:31ce n'est pas forcément
00:47:32l'endroit le plus sûr.
00:47:34En plus,
00:47:35politiquement,
00:47:37on se dit
00:47:38qu'il y a encore
00:47:38six mois à tenir,
00:47:39que si c'est comme ça
00:47:40jusqu'à l'élection,
00:47:41et ce que vous disiez
00:47:42tout à l'heure,
00:47:43c'est qu'en plus,
00:47:43on ne sait pas
00:47:44quelle sera
00:47:45la situation sociale
00:47:47du pays
00:47:47après le résultat
00:47:48le 2 mai au soir.
00:47:49C'est vrai qu'on en a à dire
00:47:50que six mois,
00:47:51c'est long.
00:47:51Dans ce contexte,
00:47:52la campagne présidentielle
00:47:53semble impossible,
00:47:54surtout pour le centre
00:47:55qui n'arrive pas
00:47:56à se faire entendre.
00:47:57La proposition
00:47:58de Gabriel Attal
00:47:59de faire une primaire
00:48:00ne suscite pas vraiment
00:48:02d'engouement,
00:48:03que ce soit
00:48:03sa candidature
00:48:04ou celle
00:48:05de l'ancien Premier ministre
00:48:06Édouard Philippe,
00:48:07elle patine.
00:48:08Nicolas Fleury,
00:48:09Michel Bouilly.
00:48:13Entre violences urbaines
00:48:15et mouvements sociaux
00:48:16d'ampleur,
00:48:17une fin de règne
00:48:18sous haute tension
00:48:19pour Emmanuel Macron.
00:48:21Dans les cortèges,
00:48:22le président
00:48:23concentre toutes les critiques.
00:48:25Nous,
00:48:25on en chie tous les jours,
00:48:26tous les mois,
00:48:27et on en a marre
00:48:28de tout ça,
00:48:28et de sous-gouvernement.
00:48:29On en a marre
00:48:30de Macron
00:48:30qui veut ce qu'il veut,
00:48:32qui ne s'occupe pas
00:48:32de nous ?
00:48:34C'est complètement
00:48:35hors-sol,
00:48:36ce pauvre type,
00:48:37il est perdu.
00:48:38Moi,
00:48:38je pense vraiment
00:48:39que c'est un phénomène
00:48:40de la pathétique.
00:48:41Ciblé de toutes parts,
00:48:43Emmanuel Macron
00:48:43s'adresse directement
00:48:45aux jeunes
00:48:45dans une interview
00:48:46sur YouTube,
00:48:47plus d'un mois
00:48:48après le début
00:48:49du mouvement lycéen.
00:48:52Notre responsabilité,
00:48:53c'est que cette grande
00:48:53inquiétude
00:48:54ne soit pas
00:48:54le grand désordre permanent,
00:48:55parce que ce n'est pas
00:48:56comme ça
00:48:56qu'on la réglera.
00:48:57Le grand ressentiment
00:48:59ou le grand chaos,
00:49:00c'est que ce soit
00:49:01d'abord le respect,
00:49:02le travail
00:49:03et de réparer
00:49:05ce qu'on doit réparer
00:49:06là à court terme.
00:49:07Et pour moi,
00:49:08d'ailleurs,
00:49:08dans cette campagne
00:49:09qui est devant nous
00:49:10présidentielle
00:49:11et ce débat
00:49:11qui est très important
00:49:12et qui est un débat
00:49:13démocratique
00:49:14extrêmement important
00:49:15pour le printemps
00:49:162027,
00:49:17c'est de se dire
00:49:18comment on va apporter
00:49:19des réponses à cela.
00:49:20Un président
00:49:20plus impopulaire
00:49:22que jamais,
00:49:23avec 16%
00:49:24d'opinions favorables.
00:49:27le macronisme
00:49:27vit-il ces derniers jours ?
00:49:29Depuis longtemps,
00:49:30ses héritiers
00:49:31font tout
00:49:31pour s'en détacher,
00:49:33jusqu'à appeler
00:49:33Emmanuel Macron
00:49:34à la démission
00:49:35dès l'an dernier.
00:49:39La décision
00:49:40à la hauteur
00:49:40de sa fonction,
00:49:41c'est de garantir
00:49:44la continuité
00:49:44des institutions
00:49:45en partant
00:49:46de façon ordonnée.
00:49:47Son étiquette
00:49:48d'ancien Premier ministre,
00:49:50Edouard Philippe
00:49:51croyait pouvoir
00:49:51en faire un atout
00:49:52pour devenir
00:49:53le candidat naturel.
00:49:55En février,
00:49:55en janvier,
00:49:56le moment venu,
00:49:57je ne saurais pas
00:49:57vous dire quand,
00:49:58le moment venu,
00:49:59chacun des responsables
00:49:59politiques dans cet espace-là
00:50:01devra prendre
00:50:02ses responsabilités.
00:50:03Moi,
00:50:03comptez sur moi
00:50:04pour prendre les miennes
00:50:04et je suis certain
00:50:05que dans l'espace central
00:50:07de M. Retailleau
00:50:08jusqu'à M. Attal,
00:50:10tout le monde
00:50:10saura prendre
00:50:11ses responsabilités.
00:50:12Mais dans les sondages,
00:50:13le voilà à la peine.
00:50:15Tout comme un autre
00:50:16ex-premier ministre
00:50:17macroniste,
00:50:18Gabriel Attal,
00:50:19qui propose donc
00:50:21de se regrouper
00:50:21derrière un unique candidat
00:50:23en organisant
00:50:24une primaire.
00:50:26Je considère
00:50:26qu'in fine,
00:50:27pour gagner cette élection
00:50:28présidentielle
00:50:28et ensuite pour pouvoir
00:50:29gouverner le pays,
00:50:30j'ai déjà eu l'occasion
00:50:31de le dire,
00:50:32il faudra une coalition
00:50:32et un rassemblement
00:50:33très large
00:50:33qui associe des électeurs
00:50:35qui viennent de la
00:50:36social-démocratie
00:50:37jusqu'à la droite républicaine.
00:50:38Maintenant,
00:50:38je suis un pragmatique.
00:50:40Si cette étape de primaire
00:50:42passe d'abord
00:50:43par des candidats
00:50:44du centre
00:50:44et de la droite,
00:50:45ça sera une étape
00:50:46supplémentaire
00:50:46du rassemblement
00:50:47qui sera nécessaire.
00:50:48Qui pourrait
00:50:49s'y présenter ?
00:50:50Au centre,
00:50:51à droite,
00:50:52les ambitions
00:50:52présidentielles
00:50:53sont nombreuses.
00:50:55Certains refusent
00:50:56d'emblée
00:50:56cette primaire
00:50:57comme Dominique
00:50:57de Villepin,
00:50:58mais aussi
00:50:59Raphaël Glucksmann
00:51:00à gauche.
00:51:02À droite,
00:51:04le maire de Cannes,
00:51:04David Lysnard,
00:51:05défend l'idée
00:51:06de longue date.
00:51:07Il proposait même
00:51:08de l'ouvrir
00:51:08à Sarah Knafo.
00:51:10Il ne faudra pas
00:51:11les mêmes
00:51:11qui refusent la primaire
00:51:12qu'ils viennent
00:51:13pleurnicher
00:51:13face à la division,
00:51:15à l'éparpillement
00:51:15des candidatures
00:51:16avant l'élection.
00:51:17Qu'en pense
00:51:18Édouard Philippe ?
00:51:19Son parti a rejeté
00:51:20l'idée d'une primaire
00:51:21par la voix
00:51:22de son président
00:51:23de groupe
00:51:23à l'Assemblée.
00:51:25Ce n'est pas
00:51:26ce en même temps
00:51:27aussi cafouilleux
00:51:28casardeux
00:51:28qui permettra
00:51:29d'éviter
00:51:29un second tour
00:51:30mortifère
00:51:31entre Marine Le Pen
00:51:31et Jean-Luc Mélenchon.
00:51:35Or,
00:51:35sans Édouard Philippe,
00:51:37une primaire
00:51:37n'aurait pas de sens,
00:51:38estime Bruno Retailleau.
00:51:40Le candidat
00:51:40des Républicains
00:51:41entendait jusqu'à présent
00:51:43jouer sur ses divergences
00:51:44avec les macronistes.
00:51:45Les candidats sortants
00:51:46sont ceux
00:51:47qui ont été
00:51:47premiers ministres
00:51:48de M. Macron.
00:51:50Et il n'a pas échappé
00:51:51aux Français
00:51:51que les deux quinquennats
00:51:53de M. Macron
00:51:53vont se terminer
00:51:54dans le désastre,
00:51:56dans l'échec.
00:51:57Donc moi,
00:51:58je ne suis pas
00:51:59dans le bloc central.
00:52:00Moi, je suis de droite
00:52:02et je veux
00:52:03assumer une rupture.
00:52:05Pendant ce temps,
00:52:05Marine Le Pen
00:52:06continue de faire
00:52:07la course en tête,
00:52:08quels que soient
00:52:09les candidats
00:52:10de la droite
00:52:10et du centre.
00:52:11Selon les sondages,
00:52:12c'était
00:52:12les Jean-Luc Mélenchon
00:52:13qui atteindraient
00:52:14le second tour.
00:52:16Régis en Côte d'Or,
00:52:18ne serait-il pas souhaitable
00:52:19compte tenu
00:52:19de l'état chaotique
00:52:20de la France
00:52:21qu'il y ait
00:52:21une autorité morale
00:52:22qui vienne apaiser
00:52:23les querelles ?
00:52:24On ne sait pas
00:52:25de quelle autorité morale
00:52:27la qu'elle pense
00:52:28notre téléspectateur.
00:52:29Mais je ne la vois pas.
00:52:31Je ne la vois pas
00:52:32ni de près
00:52:32ni de loin.
00:52:33En tous les cas,
00:52:34la proposition de primaire
00:52:35de Gabriel Attal
00:52:36fait plutôt un flop
00:52:37puisqu'on a vu
00:52:38votre reportage
00:52:40jusqu'à Bruno Retailleau
00:52:41qui veut se tenir
00:52:42à distance
00:52:42de tout ça
00:52:43et qualifie,
00:52:44je ne l'avais pas entendu,
00:52:45les premiers ministres
00:52:46d'Emmanuel Macron
00:52:46de sortant
00:52:47au passage.
00:52:48Et on voit bien
00:52:50que Raphaël Glucksmann
00:52:51puisque Gabriel Attal
00:52:52voulait aller jusqu'au
00:52:53sociodémocrate
00:52:54a rendu les choses
00:52:54un peu impossibles.
00:52:56Qu'on ne voit plus
00:52:56d'ailleurs,
00:52:57Raphaël Glucksmann
00:52:58depuis qu'il a gagné
00:52:59la primaire.
00:53:01Son problème
00:53:01c'est qu'il est empêché
00:53:02de sortir.
00:53:03Raphaël Glucksmann
00:53:04c'est très difficile.
00:53:05Il est un peu harcelé
00:53:06par les militants
00:53:07ou les insoumis
00:53:09et du coup
00:53:10ces sorties
00:53:10ne se passent pas
00:53:11très très bien.
00:53:11Il y en a une
00:53:11qui s'est déroulée
00:53:12en ce moment
00:53:13pour l'hommage à Trappes
00:53:16où il devrait
00:53:18ou peut-être
00:53:19croiser Jean-Luc Mélenchon.
00:53:20On verra
00:53:21comment ça se passe.
00:53:22En début de semaine
00:53:22il s'est rendu
00:53:23dans un quartier de Paris
00:53:24dans le 19ème arrondissement
00:53:25où ça a duré
00:53:27très peu de temps.
00:53:27Ça a duré très peu de temps
00:53:28et surtout Emmanuel Grégoire
00:53:29a lui-même été
00:53:30conspé par une partie du public.
00:53:32On voit qu'à gauche
00:53:32c'est vraiment très tendu
00:53:34entre les deux branches
00:53:36de la gauche
00:53:36la gauche radicale
00:53:37et la gauche sociale-démocrate
00:53:39modérée
00:53:40on l'appellera comme on veut.
00:53:41Mais de l'autre côté
00:53:41moi je crois
00:53:42que cette primaire
00:53:43me semble morte ornée.
00:53:45C'est une vraie question.
00:53:46Comme on voit
00:53:47qu'il n'y a aucune candidature
00:53:48au centre
00:53:49en tout cas
00:53:49qui décolle.
00:53:50Est-ce qu'il pourrait y avoir
00:53:51une autre figure
00:53:53qui arriverait par surprise
00:53:54et dans ce cas-là
00:53:55qui ?
00:53:55Est-ce que certains y pensent ?
00:53:57Oui bien sûr
00:53:58il y en a certains
00:53:59qui y pensent.
00:54:00Vous nous donneriez des noms ?
00:54:01Oui mais ils sont connus
00:54:02François Hollande
00:54:03ne pense qu'à ça.
00:54:05D'ailleurs
00:54:05il a fait sa rentrée
00:54:08au début de l'automne
00:54:09en faisant une interview
00:54:10au point où il s'était
00:54:11complètement recentré
00:54:12donc il pourrait être
00:54:12un candidat du Bloc central
00:54:14lui sans aucun problème.
00:54:16Xavier Bertrand
00:54:17qui va se déclarer candidat
00:54:20avec toute une équipe
00:54:22Je crois qu'il avait déjà fait
00:54:23non il avait fait
00:54:23une fausse annonce.
00:54:24C'était une fausse
00:54:25mais la vraie arrive
00:54:26en novembre
00:54:27normalement
00:54:28lui il pense que
00:54:30que voilà
00:54:30que dès que vous avez
00:54:31gouverné
00:54:32avec Emmanuel Macron
00:54:33et Bruno Retailleau
00:54:35cible les anciens
00:54:37premiers ministres
00:54:37mais lui-même
00:54:38est ancien ministre
00:54:39de l'intérieur
00:54:40quand même d'Emmanuel Macron
00:54:41et est embarqué là-dedans
00:54:42donc on voit bien
00:54:43surtout depuis le 17 octobre
00:54:44ce fiasco sécuritaire
00:54:46ça a plombé tout le monde
00:54:48ça a tué le centre ?
00:54:50En tout cas
00:54:51aujourd'hui
00:54:51être macroniste
00:54:52c'est plus possible
00:54:53parce que
00:54:54c'est une telle défaite
00:54:55que dans l'esprit des gens
00:54:58c'est toute cette classe politique là
00:55:00qui emmène le pays dans le mur.
00:55:02Il y a une vraie réflexion
00:55:03autour d'Edouard Philippe
00:55:04sur cette question
00:55:05puisqu'il a perdu
00:55:06beaucoup de points
00:55:06depuis la rentrée
00:55:08et singulièrement
00:55:09depuis le 17 octobre
00:55:11il a perdu
00:55:13potentiellement
00:55:13la deuxième place
00:55:15au bénéfice
00:55:15de Jean-Luc Mélenchon
00:55:16qui maintenant apparaît
00:55:17comme le finaliste
00:55:19potentiel
00:55:20face à Marine Leclerc
00:55:21Vous nous dites
00:55:21qu'il lui-même
00:55:22se pose la question
00:55:22de se retirer ?
00:55:23Non il ne pose pas du tout
00:55:24cette question
00:55:24la question qu'il se pose
00:55:25c'est plutôt
00:55:26la question stratégique
00:55:27c'est-à-dire
00:55:27est-ce qu'il doit
00:55:28cliver encore un peu plus
00:55:30avec le président
00:55:30de la République
00:55:32mettre le curseur
00:55:33un peu plus à droite
00:55:34qu'il ne l'a fait
00:55:34jusqu'à présent
00:55:35même s'il a commencé
00:55:36largement à le faire
00:55:37pendant l'été
00:55:37avec ses tribunes
00:55:39sur l'immigration
00:55:41sa rentrée politique
00:55:42plus sur la droite
00:55:43peut-être le faire
00:55:45encore un peu plus
00:55:46même si dans la perte
00:55:48de points
00:55:48qui apparaît
00:55:49il n'y a pas seulement
00:55:49le 17 octobre
00:55:50il y a aussi
00:55:50Raphaël Duxman
00:55:51qui reste quand même
00:55:52assez haut
00:55:53même si on ne le voit
00:55:53pas beaucoup
00:55:54qui a pris aussi
00:55:55des points
00:55:55et David Lissnard
00:55:56qui est une figure neuve
00:55:58et ça c'est un peu
00:55:58la preuve
00:55:59que le petit phénomène
00:56:01c'est pas un énorme phénomène
00:56:02c'est le charme
00:56:02de la nouveauté
00:56:03c'est ce que vous dites
00:56:04en tout cas ça montre
00:56:05que l'électorat
00:56:06est insatisfait
00:56:07de l'offre politique
00:56:08qui est actuellement
00:56:10là
00:56:11quand on voit
00:56:12Jean-Louis Borloo
00:56:12faire des interviews
00:56:13quand on voit
00:56:14Bruno Le Maire
00:56:14en faire
00:56:15est-ce qu'eux aussi
00:56:15sont en train de tester
00:56:16ils ont ça en tête
00:56:18après
00:56:19est-ce qu'ils iront
00:56:20on verra
00:56:21le nom de Jean Castex
00:56:23revient un petit peu
00:56:24là depuis quelques jours
00:56:26à nouveau
00:56:27oui
00:56:28mais
00:56:29voilà
00:56:29ça fait suffisamment longtemps
00:56:30qu'il n'est pas là
00:56:31mais c'est vrai
00:56:32il n'y a pas de nouveau nom
00:56:33en tout cas
00:56:33non mais par exemple
00:56:35hier on a appris
00:56:36que Christine Lagarde
00:56:38patronne de la Banque Centrale Européenne
00:56:41démissionnait
00:56:41vous avez eu quand même
00:56:42une petite musique
00:56:44en disant
00:56:44ah bah elle démissionne
00:56:45de façon anticipée
00:56:46ah elle démissionne maintenant
00:56:48peut-être que
00:56:49on pourrait imaginer
00:56:51qu'elle y aille
00:56:52elle
00:56:52elle a démenti
00:56:54on est peut-être pas
00:56:54au bout de nos surprises
00:56:55mais vous voyez
00:56:56c'est aussi
00:56:57il y a une recherche
00:56:59ça nourrit
00:56:59c'est exactement
00:57:00ce que disait
00:57:00Cécile Cornudet
00:57:01ça nourrit
00:57:02cette envie
00:57:02de voir de nouvelles figures
00:57:03un peu qui pourraient émerger
00:57:04tout desserrer les taux
00:57:05des extrêmes
00:57:06en fait c'est ça
00:57:07il faut qu'on aille
00:57:08aux questions SMS
00:57:08on y va ?
00:57:09allez c'est tout de suite
00:57:14TikTok n'est-il pas
00:57:15une poudrière
00:57:16pour demain samedi
00:57:17avec des appels
00:57:18à se déguiser
00:57:18pour commettre
00:57:19des exactions
00:57:21je vais y arriver
00:57:21sous couvert d'Halloween
00:57:22c'est pour vous
00:57:23Daniel Delzé
00:57:23alors si avec TikTok
00:57:25ça irait
00:57:25le problème c'est
00:57:26qu'il n'y a pas que TikTok
00:57:27il y a une multitude
00:57:29de canaux nouveaux
00:57:31qu'on découvre
00:57:32presque à chaque fois
00:57:33donc bien sûr
00:57:34que les réseaux sociaux
00:57:35sont
00:57:35alors on leur prête
00:57:37beaucoup de choses
00:57:37ces temps-ci
00:57:38je sais bien
00:57:39mais c'est quand même
00:57:40un vecteur
00:57:40d'hystérisation
00:57:42des foules
00:57:43et comme les foules
00:57:44sont déjà bien
00:57:45bien hystérisées
00:57:45en ce moment
00:57:46effectivement
00:57:47ça n'aide pas
00:57:48clairement
00:57:48le renvoi
00:57:49le gouvernement a agi
00:57:51sur ce point-là
00:57:51parce que la semaine dernière
00:57:52ils ont reconvoqué
00:57:54le groupe Contact
00:57:55qui avait été formé
00:57:58au moment
00:57:59donc qui réunit
00:57:59les patrons
00:58:00des plateformes
00:58:01pendant l'affaire Naël
00:58:02justement
00:58:02ça avait été utile
00:58:04puisque TikTok
00:58:05avait ralenti
00:58:06justement
00:58:06la mise en ligne
00:58:08de vidéos
00:58:09ce sera le cas
00:58:09ce week-end
00:58:10ça a été le cas
00:58:10avant le 24
00:58:11tous les spécialistes
00:58:12ont constaté
00:58:13beaucoup moins
00:58:13de contenu d'appel à la haine
00:58:14il y en a au moins
00:58:15plusieurs centaines
00:58:16qui ont été retirés
00:58:18ce qui fait que
00:58:19le 24
00:58:20sur les différents réseaux
00:58:21on a eu un peu moins
00:58:22d'appel
00:58:24avec des contenus à la haine
00:58:25et évidemment
00:58:26ce week-end
00:58:26puisque là maintenant
00:58:27il y a vraiment
00:58:27un travail
00:58:28qui est fait
00:58:29mais c'est pas dit
00:58:29officiellement
00:58:30ce que vous nous dites
00:58:30non ils veulent pas
00:58:31on verra demain
00:58:32si c'est le cas
00:58:33ça a été le cas
00:58:34samedi 24
00:58:35le renvoi des parcours
00:58:36en périphérie
00:58:37ne risque-t-il pas
00:58:38de radicaliser la colère
00:58:39au lieu de calmer le jeu
00:58:40et j'ajoute cette information
00:58:41on vient de l'apprendre
00:58:42le tribunal administratif
00:58:43autorise le parcours
00:58:45de la CGT à Paris
00:58:46entre Bastille et Nation
00:58:47Fanny Guinochet
00:58:48et bien je pense que
00:58:50oui bien sûr
00:58:51ça participe
00:58:52le fait de modifier
00:58:54au dernier moment
00:58:55le parcours
00:58:55du sentiment
00:58:57de
00:58:57on n'est pas respecté
00:58:58c'est aussi beaucoup
00:58:59ce que l'on a entendu
00:59:00du côté d'organisations
00:59:02syndicales
00:59:02depuis longtemps
00:59:03elles disent
00:59:04aujourd'hui
00:59:05c'est aussi
00:59:06puisqu'on fait le bilan
00:59:07d'Emmanuel Macron
00:59:08la place des organisations
00:59:10syndicales
00:59:11a été
00:59:12sensiblement diminuée
00:59:14avec le sentiment
00:59:15qu'on n'a pas respecté
00:59:17ses corps intermédiaires
00:59:19et bien là
00:59:20c'est un moteur puissant
00:59:22quand même
00:59:22ce ressentiment
00:59:24il y a le sentiment
00:59:24de déclassement
00:59:25les revendications
00:59:26qui sont là
00:59:27mais il y a aussi
00:59:27le sentiment
00:59:28de
00:59:28ce ressentiment
00:59:30de ne pas avoir été reconnu
00:59:32d'avoir été pris de haut
00:59:33de ne pas être entendu
00:59:35il est extrêmement fort
00:59:36là le bras de fer
00:59:37quand même
00:59:37est remporté
00:59:38par les syndicats
00:59:39puisqu'il y aura bien
00:59:40ce parcours Bastille Nation
00:59:41j'ajoute que tout à l'heure
00:59:42vous posiez la question
00:59:42de savoir jusqu'à quand
00:59:43les couvre-feu
00:59:44jusqu'à quand
00:59:44les manifs déplacés
00:59:46jusqu'à ce que la justice
00:59:46s'en décide autrement
00:59:47et dans un pays
00:59:48qui est souvent présenté
00:59:49ces temps-ci
00:59:49comme une affreuse dictature
00:59:51il y a quand même
00:59:52encore une justice
00:59:53qui décide
00:59:53parce qu'elle est saisie
00:59:54et elle est régulièrement saisie
00:59:55par les avocats
00:59:56les couvre-feu sont régulièrement
00:59:58attaqués aussi
00:59:58devant les tribunaux administratifs
00:59:59et bien sans doute
01:00:00que des couvre-feu
01:00:01dans une semaine
01:00:02ou dans deux semaines
01:00:02seront peut-être aussi annulés
01:00:03par la justice
01:00:04qui décidera
01:00:04qu'à partir d'un moment
01:00:05ça a assez duré
01:00:05et qu'il faut l'élever
01:00:06après maintenant
01:00:08on verra ce qui se passe demain
01:00:09entre Bastille et Nation
01:00:10C'est dans l'air
01:00:11on regardera ça très près
01:00:12je n'irai pas manifester
01:00:13par peur des mouvements de foule
01:00:14des gaz lacrymogènes
01:00:16et de la violence ambiante
01:00:17suis-je un cas isolé ?
01:00:18Non, sans doute que non
01:00:19on verra demain
01:00:21jusqu'à quand
01:00:22et c'est un peu le pari
01:00:23du gouvernement
01:00:23quand même
01:00:24que des gens
01:00:25se disent
01:00:26c'est pas possible
01:00:26c'est aussi pour ça
01:00:27qu'il y a tant de publicités
01:00:28faites sur les notes
01:00:30des renseignements territoriaux
01:00:31attention
01:00:32ça va être horrible
01:00:33c'est un peu pour décourager les gens
01:00:34Est-il raisonnable
01:00:35de laisser sortir les enfants
01:00:37durant cette fête d'Halloween ?
01:00:39Vous aimez bien répondre
01:00:40aux questions Halloween
01:00:40donc je vous la transmets Damien
01:00:41Pour leur santé buccodentaire
01:00:43non
01:00:44à cause des bonbons
01:00:45après
01:00:45non mais je
01:00:47oui ça va forcément
01:00:48être un Halloween
01:00:49quand même assez curieux
01:00:49parce que
01:00:50d'abord il y aura
01:00:51une grosse présence policière
01:00:52pour faire la fête
01:00:53c'est quand même pas
01:00:53toujours ce qu'il y a de mieux
01:00:54et il y a un risque
01:00:55et les forces de l'ordre
01:00:57craignent-elles d'être débordées ?
01:00:59Elles ne le diront jamais
01:01:00comme ça
01:01:00Elles ont été débordées
01:01:01le 17h
01:01:02elles l'ont été
01:01:04pendant quelques heures
01:01:05Là elles seront plus nombreuses
01:01:06C'est un dispositif conséquent
01:01:07comme le samedi dernier
01:01:0860 millions de forces de l'ordre
01:01:10Merci beaucoup
01:01:11d'avoir été nos invités ce soir
01:01:12Merci à tous les quatre
01:01:13Cette émission est disponible
01:01:14en replay et en podcast
01:01:15Très bonne soirée
01:01:16Tout de suite le best-of de C'est à vous
01:01:18et moi je vous dis à demain
01:01:1917h25 pour l'invité
01:01:20Bonne soirée
01:01:25Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:26Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:26Sous-titrage Société Radio-Canada