- il y a 11 heures
Malgré les annonces gouvernementales en réponse aux revendications lycéennes, l'intersyndicale continue d'appeler à la mobilisation en fin de semaine. Un débat sur l'avenir de Parcoursup est organisé ce mercredi à l'Assemblée nationale.
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00:00Merci d'être avec nous dans quelques instants. On va poursuivre notre échange avec Jean-Louis Borloo.
00:05Et sans doute avez-vous assisté justement à son échange avec Michel-Edouard Leclerc.
00:09Très constructif, beaucoup beaucoup de retours à l'instant, ça fait du bien.
00:13Monsieur Borloo, ça fait du bien d'abord par rapport à ce que nous vivons en France et par rapport
00:17aux tragédies les plus terribles, les plus désastreuses.
00:20On va prendre la direction de l'Espagne sous le choc et en deuil face à une catastrophe majeure, effroyable,
00:26épouvantable.
00:27C'est l'une d'ailleurs des plus grandes catastrophes ferroviaires en Europe des 30 dernières années.
00:30Au moins 68 morts, des dizaines de blessés après la collision entre deux trains.
00:35Accident tragiquement spectaculaire entre Madrid et l'Andalousie.
00:39Sur place, notre reporter Chloé Giricloé.
00:42On insiste évidemment sur l'émotion abyssale, sur le deuil, sur les questions également qui sont en train de se
00:50poser.
00:50Mais pour l'instant, on va se concentrer ce soir sur ce qui s'est passé.
00:53Il y a eu le muni de silence et les recherches qui se poursuivent.
00:59Oui, tout à fait.
01:00Les opérations sont toujours en cours ici ce soir sur les lieux de l'accident.
01:04Et désormais, elles se concentrent uniquement sur la recherche d'éventuelles autres personnes décédées.
01:12Vous voyez à l'image ces deux grues qui ont été déployées ici depuis plusieurs heures et qui ont pour
01:17objectif de dégager les deux wagons les plus endommagés du train Irio.
01:23Le train Irio étant celui qui a été percuté de plein fouet alors qu'il était à l'arrêt.
01:29Et on s'attend du côté des secouristes, du côté des autorités à ce que le bilan du nombre de
01:36morts évolue encore ces prochaines heures avec le déploiement de ces grues qui va peut-être permettre de dégager des
01:44corps de nouvelles personnes.
01:46En ce qui concerne maintenant les personnes blessées, il n'y en a plus aucune ici présente sur le site
01:52de l'accident à Hurda.
01:54Un certain nombre avait été redirigé aujourd'hui vers le gymnase de la commune.
01:59Là aussi, elles ont été évacuées, dispatchées vers différents hôpitaux à la fois des environs mais aussi du pays.
02:07Et puis, il y a les familles, les proches, notamment de ceux qui sont encore portés disparus,
02:12qui eux sont invités à se rendre dans des centres déployés par la Guardia Civil espagnole,
02:18notamment pour procéder à des identifications.
02:21Il y a des prélèvements ADN notamment qui sont effectués auprès de ces proches pour pouvoir identifier si les membres
02:28de leur famille font partie des victimes.
02:31Voilà pour le temps des recherches qui va se poursuivre encore ici toute la nuit avec ces deux grues que
02:37vous voyez.
02:38Et puis, vous l'évoquiez, il y a aussi le temps du recueillement avec plusieurs personnalités politiques de haut rang
02:45qui se sont rendues ici aujourd'hui.
02:46Notamment Pedro Sanchez, le chef du gouvernement mais aussi le président de la région ou encore le ministre des Transports.
02:55Trois jours de deuil national vont être observés ici en Espagne.
02:58Il y a quelques minutes, à 20h, une minute de silence a été observée dans toutes les mairies du pays.
03:06Merci, Chloé Giraud avec Théo Touché.
03:09Vous évoquez évidemment cette émotion abyssale, ces trois jours de deuil.
03:12Ces questions également qui se posent alors que le pays a connu en l'espace d'un an, imaginez-vous
03:18en l'espace d'un an,
03:19de chocs terribles, de catastrophes ferroviaires sur cette même ligne.
03:24Donc beaucoup de questions.
03:25Et Jean-Louis Borloo, j'entendais tout à l'heure déjà dans le débat politique espagnol des attaques fusées,
03:31bien sûr qu'il y a des questions légitimes, l'unité dans des moments très graves.
03:36Je ne fais pas de comparaison mais en France, nous venons de vivre un attentat raciste attrape.
03:42Comment on maintient encore l'unité quand tout de suite le moment du deuil et de l'émotion volent en
03:47éclats
03:47pour parfois des récupérations politiques dans un contexte électoral ?
03:52D'ailleurs l'Espagne est bientôt en élection et nous également.
03:56Pour tout vous dire, je pense que c'est inutile, ridicule et grotesque.
04:01Et voilà, ça rousse personne.
04:03C'est une double tragédie parce qu'en 10 mois, ça fait quand même 120 personnes ou 130, je ne
04:10sais pas exactement.
04:11C'est incompréhensible.
04:12C'est-à-dire des trains que tout le monde utilise tous les jours.
04:15Donc bon, les polémiques, je ne sais pas, je pense que ça ne rose jamais ceux qui les lancent.
04:24Je veux dire, il y a un temps pour le respect, il y a un temps pour le deuil, il
04:27y a un temps...
04:28Vous savez, tout le monde se reconstruit ou pas au moment des naissances ou au moment des décès.
04:34Une civilisation qui ne sait pas se réconcilier autour d'une naissance ou d'un décès, elle est un peu
04:41perdue.
04:41Alors, on est mal en point quand on a vu le spectacle à l'Assemblée nationale où le Premier ministre
04:47a fini par rappeler tout le monde à la décence et à la dignité.
04:50D'ailleurs, il a renvoyé dos à dos chacun en disant les morts se valent et il faut ce moment
04:56d'unité.
04:57Que dans notre pays, on n'arrive pas.
04:59Que ce soit après un attentat islamiste et on en a connu.
05:02Que ce soit après des attaques antisémites, on en a connu.
05:06Que ce soit après un attentat raciste et on en connaît.
05:10Comment vous expliquez une telle division ?
05:12Comment vous expliquez que le poison s'instille à ce point dans les veines de la France ?
05:17D'abord, il y a eu l'unité nationale après les attentats, je rappelle, de l'islamiste, du Bataclan, etc.
05:24Donc, ce n'est pas congénital à la France.
05:27Je pense qu'en ce moment, ce pays n'a plus d'avenir dans sa tête.
05:33Il n'a plus de rêve.
05:35Alors, que tu sois jeune, vieux, grand, petit, quand tu es à l'arrêt, tu détestes tout le monde et
05:41c'est de la faute de l'autre.
05:42Mais c'est vrai de toutes les tribus.
05:45Depuis que l'homme est homme, une tribu qui n'a plus d'avenir, plus d'expansion, plus de rêve.
05:51D'abord, elle élimine les plus fragiles de la tribu.
05:56Ceux qui ressemblent le moins aux chefs, ça s'appelle une forme de ségrégation ou de racisme.
06:01Et puis, elle meurt, voilà, elle se noie dans le fleuve.
06:04Eh bien, on est un peu là.
06:06Moi, mon sentiment principal, c'est que si on avait une vraie perspective, une vraie campagne présidentielle
06:12dans laquelle on n'est non pas des programmes, un diagnostic, la raison, nos forces,
06:20comment on se réorganise et quels sont nos cinq ou six grands buts à atteindre,
06:24je vous garantis que ce pays, il se remet en mouvement, il retrouve sa puissance et sa joie de vivre.
06:30Il refait le pape Léon, il refait la Coupe du Monde.
06:34Non, je veux dire, il est capable de tout ça.
06:37Mais en ce moment, il est complètement angoissé parce qu'il a le sentiment
06:40que c'est une campagne qui ne va pas servir.
06:44– Peut-être que je me trompe, madame, mais mon sentiment, c'est que,
06:49bon, en gros, tu vas voter pour un extrême ou l'autre, de toute façon, tu auras les deux à
06:53l'arrivée.
06:54– Comment ça, les deux ?
06:54– Bon, parce que…
06:56– C'est Omarine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, en tout cas.
06:58– Oui, mais tu auras les deux à l'arrivée parce que tu auras une majorité et une opposition
07:02et ce sont deux extrêmes qui s'affronteront après.
07:05– Et moi, je ne porte pas de jugement de valeur, je ne donne aucune leçon.
07:09Tout le monde a parfaitement le droit de candidat.
07:12Simplement, il n'y a pas une troisième hypothèse structurée.
07:17Je ne parle pas de casting, je ne parle pas ni de primaire, ni de pas primaire,
07:21mais laisse-moi la place, passe-moi le sel, ce n'est pas ça.
07:24Une organisation, moi je vous jure, je discute avec des maires, des patrons de clubs,
07:29des syndicats, encore ce matin, je ne donnerai pas le nom,
07:32aux petits d'Est, un très grand syndicaliste français,
07:35je veux dire, les patrons de bois, des grandes, des petites, des moyennes.
07:39– Tous partagent le diagnostic d'une grande inquiétude, d'une grande emploi.
07:42– Non, et puis ça, il faut absolument réorganiser ce pays.
07:46Quand Michel Édouard dit, il faut ramener le brut, oui d'accord,
07:49mais si tu ne réorganises pas et que tu continues à avoir des fuites
07:53entre 80 et 140 milliards, c'est à peu près le chiffre,
07:56par ta totale désorganisation, tu ne vas pas faire le brut à côté du net.
08:00– Je vous donne mon sentiment, M. Parleau, on aime ce pays,
08:04et pour beaucoup, quand on vient d'autres pays,
08:07on l'aime évidemment tout autant que ceux qui sont là depuis longtemps,
08:09mais pourquoi cette impression, peut-être reste la réalité,
08:13mais je prends des précautions, que ça ne fonctionne pas comme ça devrait être,
08:15que rien ne fonctionne, l'éducation, l'hôpital,
08:18pourquoi toutes ces choses aussi importantes dans une société ?
08:21– Oui, madame, parce qu'on a le modèle français d'organisation publique,
08:28voilà, hérité de la monarchie, avec Robespierre qui te dit
08:35« pas une tête qui dépasse », codifié par Napoléon,
08:38avec le temps, il est plus pertinent, voilà.
08:42On t'a fait croire qu'on était un pays centralisé,
08:44un pays centralisé, il a une justice qui fonctionne,
08:46il a une police qui fonctionne, il a des prisons qui fonctionnent,
08:50enfin je veux dire, mais c'est pas vrai, c'est une blague.
08:53Regardez l'histoire de l'éducation, vous avez, il y a trois semaines,
08:56PISA, donc l'académie mondiale te dit qu'on s'effondre,
09:00et les jeunes ils disent « ben oui on s'effondre, ben oui on s'effondre,
09:04mais il nous manque 10% des cours, vous avez vu l'emploi du tout »,
09:07enfin je veux dire, tout ça ne fonctionne pas.
09:10Moi je vous dis ça, pourquoi ça ne fonctionne pas ?
09:13Parce que comme dans toute boîte en faillite,
09:15une boîte en faillite c'est parce que vous n'avez pas les bonnes ressources humaines,
09:18pas la diversité des ressources humaines et pas le bon process.
09:21– Et peut-être pas les bons patrons ou ceux qui s'estiment patrons,
09:24en tous les cas ceux qui veulent présider la boîte ou à la France,
09:28on apprend à l'instant, vous venez de dire primaire ou pas primaire,
09:31on apprend à l'instant, c'est aux 20h, le TFA,
09:34que Gabriel Attal dit qu'il faut une primaire.
09:36– Oui, très bien, mais ça c'est leur histoire.
09:39– C'est de la petite cuisine, c'est pas…
09:40– Non mais j'ai aucun mépris pour ça, attendez,
09:42je ne suis pas fabriqué comme ça.
09:44Je vous dis, madame, que notre désorganisation ne vient pas du fait
09:48qu'on est un peuple de crétins ni de voyous.
09:50Bon, donc on a un truc qui ne marche pas.
09:51Moi j'ai ouvert le capot de la bagnole plusieurs fois,
09:54il y a 10 ans, il y a 5 ans j'ai écrit l'alarme.
09:57– C'est bien.
09:58– L'alarme, pardon, mais l'alarme, c'était pas un gros mot,
10:04c'était un diagnostic, ça a continué, ça s'est aggravé.
10:08Et comme toute boîte en faillite, ça s'accélère.
10:10Parce que vous savez, au début la faillite, elle ne se voit pas.
10:13Comme l'air du navire, vous savez,
10:15vous avez des moins bons résultats là,
10:17mais on vous fait confiance, le banquier fait confiance,
10:19le client, il vient quand même dans votre resto.
10:21Enfin bon, puis tout d'un coup,
10:24vous vendez les bijoux de famille,
10:25pour mettre, vous vendez le camion qui va bien
10:28pour mettre du fioul dans le camion
10:30qui ne marche pas, qui est toujours en garagement.
10:33Puis à un moment donné, vous êtes à l'os.
10:34Et là, vous avez une accélération.
10:36Nous sommes à l'accélération de ça.
10:38Donc on est face à un moment d'une crise.
10:41Mais il ne faut pas gâcher une crise.
10:43C'est génial qu'il y ait cette crise.
10:44Au sens où, non mais on peut ouvrir les yeux,
10:48on a quelques facilités,
10:49on vit dans un pays qui est le jardin de Dieu.
10:51Un climat tempéré, la mer, des océans, des montagnes, des forêts.
10:54– On va reprendre la phrase de Sylvain Tesson.
10:56Ils ont tous l'impression de vivre alors que…
10:58– Oui, oui, bien sûr.
10:58Mais quand tu vis dans le jardin de Dieu,
11:01mais tu n'as pas besoin de faire des…
11:02Excuse-moi, tu ne t'adaptes pas.
11:04Tu n'as pas besoin de t'adapter.
11:06Donc on ne s'adapte pas.
11:08Donc notre truc, il commence à partir en couille.
11:10C'est ça ce qui s'est passé depuis un certain temps.
11:12Alors l'État, oui, mais tu as 18 autorités administratives indépendantes.
11:16L'État, oui, mais tu as 1200 organismes publics qui viennent.
11:20Tu as le CRMA, le truc.
11:22Le système est complètement dingue.
11:23– Oui, mais on nous a dit… On a élu des gens qui ont pensé…
11:26Enfin, que certains affirmaient qu'ils étaient plus intelligents que la moyenne,
11:29si je puis dire.
11:30D'ailleurs, on nous a dit, laissez-nous faire.
11:31– Oui, oui, mais je suis d'accord.
11:33Mais ça, c'est la fin d'un système.
11:36On ne va pas dans 150 dodos, 200 dodos.
11:43Bon, la question c'est demain.
11:44On va arrêter de parler du passé.
11:47Voilà.
11:47Je vous dis que quand une tribu n'a plus qu'un seul regard,
11:51on n'aurait que des profs de sciences.
11:52Là, on n'a que des inspecteurs des finances, des conseillers de la Cour des comptes.
11:57Eh bien, la tribu meurt.
11:58Donc, si vous ne ramenez pas au pouvoir des maires dans des villes complètes…
12:02Regardez ces maires qui ont été élus dans des conditions incroyables,
12:05dans des villes incroyables, à 70% au premier tour.
12:08Regardez ces champions de sport, de club, des patrons de boîte, des mecs de la tech.
12:14– Redonnez le pouvoir aux maires.
12:15– Aux acteurs.
12:17– Aux acteurs.
12:18– Quelles que soient leurs convictions politiques.
12:19– Mais ça n'a aucune…
12:21– Vous parlez à tout le monde, vous leur parlez à tous.
12:23– Mais attendez, regardez le maire de Montpellier, il est génial.
12:25Regardez Carole Delga, elle est formidable.
12:27Mais Hervé Morin aussi.
12:29Mais il faut bien comprendre, ce qui est agaçant dans cette affaire,
12:32c'est qu'au fond, en vrai, je vous donne ma parole d'honneur,
12:35sur tous mes enfants, et j'en ai un paquet.
12:38Tous mes enfants.
12:39– Tu les préserves, oui.
12:40– Eh bien, écoutez-moi bien.
12:41Que ça soit des syndicalistes, des chefs d'entreprise,
12:45des maires, des éducateurs de rue,
12:49tout le monde est d'accord sur le diagnostic.
12:52Il n'y a qu'un truc, il y a un système qui est totalement fermé.
12:56– Mais il est quasiment, il est bien verrouillé, là.
12:57– Mais mais ma chère, c'est vrai que…
12:59– Mais comment le déverrouiller ?
13:00– Ah ben, c'est les Français qui vont le décider.
13:03Moi, je vais vous…
13:03Non mais attends, il n'y a qu'un acteur,
13:05c'est le peuple français dans l'histoire.
13:07Bon, bien simplement, il faut leur faire une proposition,
13:10une vraie proposition.
13:11Alors moi, j'ai appelé ça les mécanos,
13:13parce que les gens qui ferment leur gueule et qui écoutent,
13:14et le mécano, il s'est réparé.
13:17À l'oreille, il peut vous dire la bielle qui ne va pas bien dans la voiture.
13:19Bon, donc c'est des gens qui sont très attentifs aux autres,
13:23parce que tout est collectif.
13:25La personne qui pense qu'elle va, elle, régler un problème, ça n'existe pas.
13:29– Et ça, ça pourra éviter, ça pourra donner, comment dire…
13:32– Un choix.
13:32– Un choix.
13:33– Un choix.
13:33– Un vrai choix pour le destin de la France.
13:35– Oui, madame.
13:36– Pas ce qui nous est présenté.
13:37– Moi, je pense que pas.
13:39Oui, c'est ce que je pense profondément.
13:43Mais quand je discute avec les uns et les autres,
13:46presque tout le monde est d'accord.
13:47– Monsieur Borloo.
13:47– Michel Édouard.
13:49– Ce n'est pas une mise en scène, ce qu'on a fait ce soir.
13:51– Sur la jeunesse, on nous dit, mais regardez,
13:54on ne va pas dépenser l'argent qu'on n'a pas, madame.
13:57Parce qu'on nous dit, l'argent magique, vous le sortez de vous.
13:59– Mais quel argent ?
14:02Notre désenquête, ce n'est pas moi qui le dis, le CDE.
14:05Moi, je vous le dis, 130 milliards, ça coûte.
14:07Non, mais c'est quand même ça.
14:10Je vous donne un exemple.
14:11Pour qu'il y ait de l'argent, il faut qu'il y ait un peu de production.
14:13D'accord ?
14:14Pour qu'il y ait de la production, il faut qu'il y ait de la liberté.
14:15Je vous donne un exemple.
14:16Si demain matin, le logement et l'urbanisme s'est fait en Bretagne par les Bretons,
14:21en Corse par les Corses, en Savoie par les Savoyards,
14:24je vous promets, madame, on supprime toutes les règles nationales,
14:27je vous promets, madame, que dans 18 mois, il y a des grues partout.
14:31Et dans 18 mois, la construction qui représente 6% du PIB redémarre.
14:36– Donc un parlement, allez, on va dire de province, je n'ai pas le mot territoire.
14:39– Non, non, ce n'est pas le cas, ça s'appelle la province ou la région, comme vous voulez.
14:43Pour les mamans isolées, pour l'apprentissage, il y a un port de commandement.
14:47– Parlement de province et un État central qui enfin s'occuperait des grands enjeux.
14:51– Mais quel est son boulot ?
14:54Pardon, la recherche, l'espace, la justice, la collecte, l'équité territoriale,
14:58la sécurité extérieure.
14:59– Voilà, la collecte qui fait bien son travail.
15:01– Non, non, mais d'ailleurs, ça marche bien, mais c'est son rôle.
15:04Non, mais il faut qu'il y ait un peu d'équité territoriale.
15:05Ça, c'est son job.
15:07Et maintenant, les pains et soins, tout ce qui concerne la vie quotidienne des gens,
15:11qui est le vrai point.
15:12Mais est-ce que vous rendez compte ?
15:13Pour construire une résidence de 50 logements, il faut 42 autorisations.
15:18Mais pour construire une crèche, madame, il faut la CAF,
15:21la MSA si c'est à la campagne, le département, l'État, ALRS.
15:28Mais la ville est à l'eau.
15:29Mais on est dingue.
15:30– Qu'est-ce que vous répondez à certains, avec des œillères,
15:32qui vont me dire, mais regardez, il va y aller avec la fameuse tronçonneuse ?
15:35– Quelle tronçonneuse ?
15:37– Le grand ciseau, si vous préférez, pour tailler.
15:40– Mais attendez, excusez-moi, considérez que quand vous,
15:43vous allez vouloir vous occuper de vos enfants à la crèche,
15:47qu'il y ait un interlocuteur pour les crèches,
15:51là où vous vivez, je ne vois pas en quoi c'est une tronçonneuse,
15:55c'est juste pas avoir cet acteur.
15:57Alors l'un qui vous renvoie.
15:59– Moi, j'ai regardé, vous faites chaque GPT, vous regardez,
16:02les aides, les aides, vous savez combien il y en a en France ?
16:04Alors selon la nature, de 200 à 1 000, voilà.
16:07Mais parce qu'on a des petits guichets partout !
16:11Vous voulez faire la foire à la chaussure à Chalon ?
16:14Vous allez alors mobiliser l'État, la région, le département,
16:19la ville, l'agglo, la chambre de commerce, les fonds européens.
16:22Mais on est dingue, on est juste dingue.
16:24– Donc déverrouiller, ça s'appelle l'État profond, non ?
16:27Vous le définissez comme ça ?
16:29Qu'est-ce qui fait que ça coagule, que ça tient, que c'est si verrouillé ?
16:34– Non, on ne s'est pas rendu…
16:37En fait, de Gaulle en 69, il avait parfaitement compris.
16:41Attends, je rappelle que le général de Gaulle explique,
16:44il fait un discours en 69, il dit
16:46« Il est hors de la province, prête sa vulnéité pour s'occuper
16:50des affaires de la province ! »
16:52– Et il quitte le pouvoir, il part en Irlande.
16:55– Effectivement, oui.
16:56– Il part en Irlande parce qu'il sait
16:58que si on ne réorganise pas les pouvoirs publics,
17:01il réintroduit les syndicats dans les corps intermédiaires au Sénat,
17:05souvenez-vous, une réorganisation complète.
17:07– Qu'est-ce qui reste des corps intermédiaires ?
17:09Et d'ailleurs, c'est peut-être pour ça que nous avons des manifestations
17:11qui terminent toujours dans des…
17:13– Mais évidemment, alors en même temps, ça gère 800 milliards.
17:18On est quand même dans un truc très étonnant,
17:20avec des gens parfaitement dévoués.
17:23Moi, je dis juste, les fonctionnaires, quels qu'ils soient,
17:28ce sont des héros de la République
17:30si vous leur donnez la mission de s'occuper des gens
17:33avec des missions parfaitement claires.
17:35– Donc si j'ai bien compris, ces fonctionnaires,
17:37ce grand syndicaliste dont vous avez parlé sans citer le nom,
17:40ces jeunes que vous voyez, ces présidents de région,
17:42ces maires, ils sont tous autour de vous,
17:45ils sont en train de vous dire non,
17:46on ne peut pas accepter ce qui va se passer dans six mois,
17:49on veut y aller.
17:50– Oui, et en même temps…
17:51– Quelle est la feuille de route ?
17:52On signe tous à la fin, voilà, chacun met…
17:54Et on y va.
17:55– Alors, si je suis complètement honnête,
18:00enfin non, je suis complètement honnête,
18:03en même temps, ils sont passionnés par ce qu'ils font.
18:07Non mais il faut bien comprendre.
18:08Je vous donne l'exemple,
18:09il ne m'en voudra pas le maire de Montpellier,
18:11qui est un mec génial, formidable.
18:13Mais en même temps, il est à Montpellier,
18:16il n'a pas envie de faire autre chose que Montpellier.
18:18Alors il dit, mais tu peux dire que je suis un mécano.
18:20Bon, d'accord.
18:21Mais donc, il peut aider à la réflexion.
18:24Ils ne vont pas tous être opérateurs,
18:26c'est ça ce que je veux vous dire.
18:27Mais tout le monde a chouillé après.
18:30Allez, à 80%, Mme Mabrouk,
18:33les six très grands chantiers de notre pays,
18:36pour le redresser,
18:37et à 80%,
18:39alors il y aura toujours à la marge d'une discussion,
18:41on prend un peu plus sur la fiscalité,
18:43un peu moins.
18:44Il y a ceux qui vont dire,
18:45bon, il faut que même si tu travailles à New York,
18:47tu paies quand même tes impôts en France,
18:49moins ce que tu payes à New York.
18:50Il peut y avoir des, j'allais dire,
18:51presque des détails.
18:54C'est des modalités.
18:55Mais au fond du fond,
18:57le plan jeunesse,
18:58la réorganisation de la justice,
18:59de la sécurité,
19:01du contrôle du peuplement,
19:02voilà,
19:02et l'énergie,
19:05les très grands,
19:06et donc,
19:08la souveraineté industrielle et de production.
19:11la souveraineté industrielle,
19:13d'aller de type très à droite,
19:15à Montebourg,
19:16en passant par tous les maires
19:18et les points de région,
19:19à peu près.
19:20Moi, j'étais à Pontivy l'autre jour,
19:21avec,
19:22formidable,
19:23le président de la région,
19:24il est génial,
19:25chez les Girard,
19:26le RIC,
19:26un type...
19:27Oui, alors oui.
19:28On est quand même très loin,
19:30et de...
19:31Je vous ai dit ce qui s'est dit ce soir,
19:33ça c'est Gabriel Attal,
19:34voici le...
19:35Il dit un second tour,
19:36Jean-Luc Mélenchon,
19:37Marine Le Pen est quasi inéluctable,
19:38il est temps d'être tous responsables,
19:40et d'organiser
19:41une grande primaire des démocrates
19:43pour redonner,
19:44etc.
19:45Mais moi,
19:46vous dites tout ça...
19:47Non, non, mais très bien,
19:48à condition d'abord
19:49qu'il y ait la feuille de route
19:51du redressement du pays.
19:52Ça n'existe pas,
19:53s'il n'y a pas le manque d'emploi.
19:55Tous se pensent être l'homme
19:57ou la femme de la situation.
19:58Tous se pensent être l'homme
20:00ou la femme providentielle.
20:01Ce que je vous dis,
20:02madame,
20:02c'est que le redressement du pays
20:04passera par 67 millions de personnes.
20:06Et si vous n'avez pas 60...
20:07Une grande majorité,
20:09chacun a son pôle de commandement,
20:11les maires avec des réunions pour les...
20:14Moi, je pense qu'il faut, par exemple,
20:16que toutes les organisations françaises,
20:18villes, départements, régions,
20:20syndicats,
20:20chambres de commerce d'Aguelure,
20:22tous les ans,
20:23tu as un débat obligatoire
20:24sur la jeunesse.
20:26Les indicateurs,
20:26où est-ce qu'on en est ?
20:27Comment vous expliquez
20:28qu'on n'ait pas vu arriver
20:29cette crise lycéenne,
20:31le pli large d'ailleurs,
20:32et studentine,
20:33et de la jeunesse ?
20:34Comment vous expliquez ?
20:35On a vu arriver
20:36la crise de la machine judiciaire,
20:38on a vu arriver
20:39la crise pénitentiaire,
20:40on a vu arriver
20:41la crise de l'agriculture
20:42et de l'élevage,
20:43où on est un portateur net
20:44pour la première fin
20:45de notre histoire.
20:46Vous avez vu
20:47comment on s'est désindustrialisé ?
20:48Parce que le système,
20:51il est complètement fermé
20:53et consanguin.
20:54Et d'une certaine manière,
20:56pardon,
20:57nous tous,
20:59vous aussi,
21:00enfin, je veux dire,
21:00le système,
21:04au fond,
21:05ça ne va pas si mal.
21:06L'école,
21:07elle ne va pas si mal
21:08quand c'est des gosses
21:09qu'on peut mettre ailleurs.
21:10Et puis,
21:11le sport,
21:11moi, je souhaite
21:12que tous les gars,
21:13on peut avoir comme objectif
21:14hyper simple,
21:15on dit, voilà,
21:16d'ici trois ans,
21:17le serment des mécanos,
21:19d'ici trois ans,
21:20tout jeune de France
21:21entre 5 et 14 ans
21:23aura trouvé son talent,
21:25en dehors de la scolarité.
21:27alors que tu as tous les clubs,
21:29extraordinaire club de sport,
21:30mais tu as les clubs de musique,
21:31tu as les ateliers numériques,
21:33mais bon sang de bonsoir,
21:35il n'y a pas que l'intelligence scolaire.
21:36Vous partez de la métaphore sportive,
21:38c'est-à-dire le dépassement,
21:40les règles,
21:41l'arbitre aussi,
21:42le respect de l'autre,
21:45la gestion de la frustration,
21:46la compétition saine,
21:47la gestion de l'excitation,
21:49de la surexcitation de la victoire,
21:51comment se contrôler.
21:52Mais putain,
21:53mais c'est ça,
21:53éduquer.
21:55C'est ça, éduquer.
21:56On est une société,
21:57avant,
21:57c'était simple,
21:58le prof,
21:59il avait des jeunes homogènes,
22:02linguistiquement,
22:03culturellement,
22:03culturellement,
22:05les gamins,
22:05ils rentraient à 4h30,
22:075h,
22:07il y avait une maman qui les attendait,
22:08mais on s'était comme ça,
22:09il y a 50 ans.
22:10Et puis,
22:10quand tu débordais du coloriage,
22:12tu avais la colo coco,
22:13la colo cato,
22:14c'est-à-dire qu'on te prenait,
22:15en plus en main,
22:16le week-end,
22:16etc.
22:17Tout ça,
22:18ça a disparu,
22:18les enfants.
22:19Donc maintenant,
22:19il faut,
22:20qu'est-ce qu'on a comme capacité éducative,
22:23immédiate ?
22:24Vous avez les mamans,
22:26et pour ça que moi,
22:26je tiens à ce qu'on rétablisse
22:28les mamans relais,
22:29partout dans les immeubles,
22:34ils peuvent régler.
22:34Il n'y a que les mamans.
22:36Dites-vous bien.
22:37Je ne vais pas vous contredire.
22:38Mais si,
22:38mais parce que,
22:40jamais,
22:41bon,
22:42donc,
22:43on a un problème
22:43d'encadrement éducatif
22:45absolument majeur.
22:46Il faut qu'on accepte
22:47que,
22:48quand tu es une société multiculturelle,
22:51elle est comme ça aujourd'hui,
22:52je ne l'ai ni souhaité,
22:53ni pas souhaité,
22:54elle est comme ça,
22:55eh bien,
22:55tu as des formes de talent,
22:57des formes d'intelligence,
22:58on doit avoir des concours
22:59extraordinaires
23:00sur des critères de talent,
23:02le leadership,
23:03le respect de l'autre.
23:04Mais concours,
23:05donc,
23:05il y a le mot sélection
23:06qui n'est pas tabou.
23:07Vous entendez une partie
23:08de la jeunesse aujourd'hui
23:09qui dit non mais...
23:09Mais le problème,
23:10c'est qu'on ne lui a pas donné
23:12toutes les autres hypothèses
23:13du bonheur.
23:14Mais alors,
23:14je veux dire,
23:15mais tu fais de la musique,
23:16tu fais du sport de haut niveau,
23:17tu fais des ateliers numériques,
23:19je prends cet exemple.
23:20Mais le monde va sourire,
23:21tu vas peut-être aimer
23:22les bénisteries,
23:24les mathématiques,
23:25je n'en sais rien.
23:26Mais est-ce qu'on a besoin
23:27juste d'être bon,
23:28d'être bon en latin
23:30et en maths
23:31pour être leader ?
23:33Voyez bien,
23:34une fois sur deux,
23:35un chef de vente,
23:36c'est quoi ?
23:37C'est un leader
23:37qui ne sait pas accomplir autrement.
23:40Je n'excuse pas.
23:41Je n'excuse pas.
23:42J'explique.
23:43Ce n'est pas pareil.
23:44Donc,
23:44il faut un mécano à l'Elysée.
23:46Il faut des mécano
23:47qui rédigent la feuille de route.
23:49Il y en a un seul
23:49qui va arriver à la fin.
23:50Oui,
23:51mais d'accord,
23:51mais les mécano,
23:52ils se démerderont.
23:53Et ça peut être
23:54des gens du système.
23:55Vous voulez organiser ça
23:56et ensuite,
23:58le faire émerger
23:59et laisser les Français décider.
24:00l'orgueil de la Bible
24:01avec le calendrier,
24:03c'est comment on fait ?
24:04Si j'ai bien compris,
24:05tout est déjà en place en fait.
24:07La feuille de route
24:07a l'air assez clair.
24:08vous avez ça.
24:09Ah,
24:09fin novembre.
24:10Ah oui,
24:10fin novembre,
24:11vous avez.
24:11Le 15 décembre,
24:12vous avez l'équipe.
24:14Donc forcément,
24:15parce que vous n'allez pas arriver
24:18sans être ultra préparé.
24:20C'est quoi cette histoire ?
24:21Tout d'un coup,
24:21tu es ministre de la santé,
24:23tu viens de,
24:23je ne sais pas où,
24:24tu en as eu ça
24:25avant toi en 6 ans
24:26ou 7 ans.
24:26Et puis tu deviens ministre
24:27d'autre chose
24:28de semaine après ?
24:28Mais attends,
24:29est-ce que tu comprends
24:30à quel point c'est compliqué
24:31entre les infirmières libérales,
24:32les kinésithérapeutes,
24:33les cliniques privées,
24:34les cliniques publiques ?
24:35Mais enfin,
24:35on est dingue !
24:37Mais comment ?
24:38On peut,
24:38c'est comme si
24:39tu peux être stagiaire
24:41et piloter un Airbus.
24:42Enfin,
24:42ça ne rime à rien.
24:45Et ils sont courageux
24:46de le faire et d'y aller.
24:48C'est vachement dur.
24:49Fin novembre,
24:49la feuille de route,
24:51l'équipe d'ici 15 décembre.
24:54En gros,
24:54pour Noël,
24:55c'est bien,
24:55pour les fêtes.
24:56Et puis après,
24:56il y aura le débat.
24:58Il y aura le débat.
24:59Donc il y a une nouvelle offre
25:00qui va venir dans le système.
25:01Oui, alors,
25:03le vieux système,
25:04il peut se greffer,
25:05il peut l'utiliser,
25:06le prendre,
25:07mais alors,
25:07ou alors rejeter,
25:08ou alors au contraire.
25:09Mais écoutez,
25:10c'est leur vie.
25:11Moi, je sais qu'ils sont
25:12Et qu'est-ce que vous répondez
25:12à ceux qui disent,
25:13M. Borloo ?
25:14Vous êtes contre le système ?
25:15Mais je ne suis pas contre
25:17le système.
25:18Mais en gros,
25:18je suis pour que le système marche.
25:20J'ai bien compris.
25:21Mais il y a deux parties
25:22anti-systèmes
25:23qui sont presque
25:24aux portes du pouvoir.
25:25Oui,
25:27mais attendez,
25:27ils ont parfaitement le droit.
25:28Ils sont vraiment anti-systèmes ?
25:30Non,
25:32je ne crois pas.
25:33Non,
25:33il y a...
25:34Non,
25:34non.
25:35Non,
25:35mais je pense
25:37qu'ils ne partent pas
25:38du diagnostic
25:41des forces
25:42et des faiblesses
25:42du modèle français.
25:43On a des forces
25:45extraordinaires
25:45des faiblesses
25:46terrifiantes
25:47de désorganisation.
25:48Mais la guerre,
25:49tu la perds
25:49dans ta désorganisation.
25:51Si l'aviation,
25:52elle n'arrive pas
25:52au bon moment,
25:53tu fais quoi ?
25:54Avec ta ligne Magino,
25:55là,
25:55tu es installé
25:56avec les 15 salles de cinéma
25:57sur 150 kilomètres.
25:59on a l'armée,
25:59on a les munitions,
26:01on a les hommes,
26:01on a les femmes.
26:02Et on a le talent.
26:03Et on n'a juste pas su
26:04assembler tout cela
26:05depuis 30-40 ans.
26:06On a un problème
26:06de ressources humaines.
26:07On s'est asséché
26:08sur un système
26:10pardon
26:10de quelques grands corps.
26:11C'est une forme de mépris
26:12par rapport
26:15en ayant toutes ces chances-là,
26:17toutes ces forces,
26:17ne pas avoir su
26:18assembler ça
26:19pour répondre
26:20aux attentes des Français.
26:21Et aujourd'hui,
26:22ça se transforme
26:22en colère,
26:23et certains disent,
26:24certains disent en haine aussi.
26:26En haine.
26:27Est-ce qu'on peut
26:29transformer ?
26:29Je veux dire,
26:31avec le degré
26:33de...
26:34Attends,
26:34il y a plein de trucs
26:35qui vont bien.
26:36Mais le degré,
26:36en gros,
26:36de dégradation quand même
26:37à peu près de tout,
26:39je trouve
26:40que c'est un peuple
26:42assez tranquille.
26:44franchement,
26:44il y a de quoi
26:45être très en colère.
26:46Attendez,
26:47vous trouvez
26:47que les Français
26:48sont très...
26:50Je déteste
26:50les violences,
26:51les trucs,
26:51les sacreurs.
26:52Je ne parle pas de ça.
26:53Je parle de la France.
26:55Et on est très...
26:56Moi-même,
26:57je n'ai rien dit
26:58pendant neuf ans.
26:59J'ai fermé ma gueule
27:00pendant neuf ans.
27:01Pourquoi ?
27:02Parce que je laissais
27:03sa chance au produit.
27:04Parce que je sais
27:05que c'est difficile
27:05de diriger.
27:06Parce que je pense
27:07toujours que le système
27:09va se réveiller.
27:09Les téléspectateurs
27:10ont en tête
27:11ce qui s'était passé
27:11pour le plan Borloo.
27:12Oui,
27:14mais...
27:15Honnêtement,
27:16vous n'avez jamais
27:17vraiment revenu
27:18sur ce moment-là.
27:19C'était quand même
27:20une forme de...
27:21Oui,
27:22moi,
27:22je ne vois pas
27:22d'autres mots
27:23que le mépris
27:23par rapport
27:24à votre travail
27:24et à votre expérience.
27:25moi,
27:25je ne l'ai pas pris
27:25comme ça.
27:26Comment vous l'avez pris ?
27:27Non,
27:27mais je vais vous dire
27:27d'abord,
27:28cette fameuse phrase,
27:31le mardi suivant,
27:32je dîne avec Gérard Collomb.
27:34Et je lui dis,
27:35on dit non.
27:36Ce qu'il me dit,
27:36Jean-Louis,
27:37qu'est-ce qui s'est passé ?
27:38Je lui dis,
27:38c'était toi qui es au gouvernement,
27:39ce n'est pas moi.
27:39Comment est-ce que je t'explique,
27:41moi ?
27:41Le président,
27:42il m'appelle la veille,
27:42en me disant,
27:43sois bien à l'heure.
27:46Tout ça,
27:46les plans...
27:47Vous arrivez,
27:48et cette phrase,
27:49ce sont deux hommes blancs ?
27:51Oui,
27:51le temps,
27:52ou un mal blanc,
27:53enfin bref.
27:55Mais tout ça,
27:55c'était pas...
27:56Tout ça avait été validé,
27:58chiffré,
27:59à la virgule près,
28:00avec tous les syndicats,
28:01toutes les régions,
28:02tous les départements.
28:02Il n'y a aucune découverte.
28:04Qu'est-ce qui s'est passé ?
28:05Je ne sais pas.
28:06Mais ce n'est pas important.
28:08Et à Gérard,
28:09je lui dis,
28:10cette phrase qui reprend d'ailleurs,
28:12quand il quitte l'intérieur.
28:14Je lui dis,
28:14c'est Gérard,
28:15je peux te dire que là,
28:15si on ne fait pas ça,
28:17on vive...
28:17Côte à côte,
28:18on va vivre face à face.
28:19C'est vous ?
28:19Oui.
28:20C'est moi qui le dis à Gérard,
28:21le soir.
28:22C'est incroyable.
28:22Le soir.
28:23Attendez, pardonnez-moi,
28:24mais cette prophétie
28:26qu'on n'a pas envie de voir se réaliser,
28:27c'était...
28:27Et vous regarderez,
28:30vous demanderez à vos équipes,
28:31c'est à partir de là
28:33qu'il commence le matin,
28:34il avait parlé de l'hubrisme.
28:35Mais exactement,
28:36je me souviens parfaitement.
28:37Et bien c'est juste après ça.
28:39Gérard, il n'a jamais...
28:40Il nous a révélé une partie
28:41de l'histoire politique
28:42assez importante.
28:43Parce que cette phrase a marqué
28:45vivre face à face
28:47et non plus côte à côte.
28:49Malheureusement,
28:50c'est ce qui est en train
28:51de se matérialiser,
28:52c'est ce qu'on veut éviter.
28:53Et c'est ce qu'on va éviter,
28:54madame.
28:55Parce qu'on va refaire France.
28:58On ne peut pas
28:59ne pas refaire France.
29:01Mais comment on fait sinon ?
29:02Expliquez-moi comment on fait.
29:04Pour tout le monde.
29:05Impossible.
29:06Alors, bon,
29:08refaire France,
29:09c'est aussi
29:10faire des trucs bien organisés.
29:11C'est pas la fête du slip,
29:13refaire France.
29:14Non, mais je veux dire,
29:16mais chacun a sa place.
29:18Et nos objectifs,
29:19et puis on les évalue,
29:20on les regarde.
29:21Donc, il n'y a rien de plus beau
29:22que dans ce pic
29:23de refaire France.
29:25C'est enthousiasmant.
29:27Vous excluez cette hypothèse,
29:29mais si on n'y arrive pas,
29:30quel est le risque ?
29:33Le risque, madame,
29:34c'est qu'on est
29:38la première communauté
29:39arabo-musulmane d'Europe.
29:41On est la première communauté
29:43chinoise d'Europe,
29:43on est la première communauté
29:44juive d'Europe,
29:45et on a des départements
29:46d'outre-mer extrêmement importants
29:48qui ont leurs caractéristiques.
29:50Je pense qu'une récession
29:52plus une crise budgétaire,
29:54plus une crise financière,
29:57eh bien, j'ai peur
29:58de l'affrontement.
29:59Voilà ce que je veux dire.
30:02Seul un projet
30:04incluant tout le monde
30:07et nous permet
30:09de retrouver la croissance,
30:10une épopée,
30:11des rêves en commun
30:12et franchement,
30:15moi, je sens,
30:16je sens que c'est possible.
30:18De toute façon,
30:19vous savez quoi ?
30:20Il n'y a zéro choix.
30:22C'est ça
30:22ou ça ne va pas être très bien.
30:24Pour ne pas vivre en face-à-face,
30:26mais côte-à-côte.
30:26Exactement.
30:27Comme l'avait dit
30:27qu'il y a un peu salué
30:28sa mémoire.
30:28Et ensemble.
30:29Et ensemble.
30:31Et moi, je ne donne pas
30:32de leçons sur les extrêmes.
30:34Je veux dire,
30:35chacun a le droit
30:36absolument d'exprimer
30:37sa vision de la société
30:39et du monde.
30:39Je n'ai pas de problème.
30:40Aucun problème avec ça.
30:42On n'existe pas
30:43en excluant
30:44des groupes extrêmes.
30:45Ça n'existe pas.
30:47Voilà.
30:47On fédère une majorité
30:49de Français
30:49avec un vrai mandat clair.
30:50Pas de cordon sanitaire.
30:51Mais avec un vrai mandat clair.
30:53Est-ce qu'on est d'accord
30:54pour dire que dans les trois ans,
30:55on remet la jeunesse de France
30:57sur le toit du monde ?
30:58Merci Jean-Louis Borloo.
30:59Je crois que tout le monde
31:00sera d'accord pour dire
31:01que c'était revivifiant,
31:03revigorant.
31:03Vous êtes d'accord,
31:04cher Maxime ?