00:00On sonnait à l'interphone, je sonnais, on appuyait comme ça, 974 AP, et donc on devait aller à l
00:05'interphone,
00:06et quand c'était mon frère au moins, on savait bien, c'était de toute façon avant 19h, avant que
00:09mes parents soient rentrés du taf,
00:10et on disait tout le temps la même chose, allô oui bonjour c'est le bureau de Victor Barrel !
00:14Allô bonjour le bureau de Victor Barrel !
00:16Attends attends, tu vois t'as un accent par ego à décorner les beuls, mais terrible, lourd,
00:19essaie de prendre un accent plus chic, 16ème un peu, tu vois Jean, allô bonjour le bureau de Victor Barrel
00:24!
00:24C'est la crise de Colin Serraud.
00:25Ouais c'est Patrick Timsit dans le rôle de Michou.
00:27Et Patrick Timsit il a joué notre papa à Leïla et moi dans J'irai où tu iras, en grande
00:31partie, à cause de ce film.
00:33Ouais.
00:33Qui joue mon père et qui lui rende hommage comme ça, c'était magnifique pour moi et pour mon père.
00:37Je ne veux pas t'accompagner demain.
00:39Moi je n'y vais pas sans toi papa.
00:40J'ai compris qu'au cinéma on pouvait tout écrire à la virgule près, et que pour autant ça puisse
00:46être la vie, la vraie vie.
00:47J'ai su après, quand j'ai grandi et quand j'ai intégré ce milieu, qu'en plus Colin Serraud
00:51faisait partie de ses directeurs d'acteurs
00:53qui faisaient répéter et répéter et qui avait un nombre incalculable de prises.
00:58Ce qui n'est pas mon cas, mais en tout cas c'est sa façon de travailler.
01:02Et donc parce que j'ai parlé, j'ai par ailleurs, j'ai travaillé avec Patrick Timsit, mais j'ai
01:06travaillé avec Michel Larocque.
01:07Nanou Garcia a joué ma mère dans Tout ce qui brille, mais parce qu'elle a une séquence dans la
01:12crise qui me rendait dingue.
01:14Et du coup j'avais dit à ma directrice de casting, Emmanuelle Préaud, va la chercher.
01:17Mais non mais là pour l'instant, va la chercher.
01:19Et c'est vraiment pour ça qu'elle est dans Tout ce qui brille.
01:23Alors ça a groué ce soir.
01:25Mon père avait bossé à un moment donné chez TDK, donc on avait eu des cassettes VHS gratuites.
01:30Sauf qu'on n'en avait pas eu 10 000 non plus.
01:32Donc du coup c'était mon frère qui avait la gestion d'enregistrer les films à la télé qui passait
01:35et d'écraser ou non le film précédent.
01:38Mais c'était une pression de fou pour lui.
01:40Et la crise, il n'a jamais été écrasé.
01:42C'était comme Rabbi Jacob, tu vois.
01:44Et ça, c'est vraiment constitutif de l'amour que j'ai eu pour les mots au cinéma, quoi.
01:49Et le dialogue.
01:50Là c'est vraiment une master classe.
01:51Que ce soit la tirade de Maria Paco, celle de Zabou Bretman.
01:55Et puis voilà, l'idée de donner à manger comme ça à tous les acteurs
01:58pour qu'ils aient leur moment de bravoure.
02:00Je ne sais pas, ça m'a...
02:01Et puis voilà, avec mon frère, on avait un interphone à Puto.
02:05Pour te quoi.
02:07On sonnait à l'interphone, on appuyait comme ça, 9-7-4-A-P.
02:12Et donc, on devait aller à l'interphone.
02:14Et quand c'était mon frère ou moi, on savait bien.
02:16C'était de toute façon avant 19h, avant que mes parents soient rentrés du taf.
02:18Et on disait tout le temps la même chose.
02:19Allô, oui, bonjour, c'est le bureau de Victor Barrel ?
02:21Et mon frère m'a répondu, oui, c'est de la part de qui ?
02:24Et voilà, c'est tout.
02:25Et ça faisait notre journée, on ne s'en parlait pas après.
02:27Et on a fait ça pendant des années, des années, quoi.
02:29Pour recommencer.
02:30Oui, c'est vrai.
02:31C'est très important.
02:33Écoutez Nova.