- il y a 4 jours
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AmusantTranscription
00:00:06Je vous connais les amis, ça fait longtemps, je sais ce que vous pensez, je sais ce que vous ressentez.
00:00:11Je sais par exemple ce soir que dans le public, il y en a beaucoup, depuis que je suis rentré
00:00:14sur scène,
00:00:15eux, ils ont bloqué sur mes cheveux.
00:00:26Mais si vous vous demandez ce qui s'est passé exactement, je vais vous le dire avant que vous la
00:00:30preniez par la presse ou par un buzz quelconque.
00:00:32Je préfère ce soir être honnête avec vous et dire à mon public ce qui se passe sur ma vie.
00:00:36Je vous le dis, j'ai vieilli.
00:00:45J'ai vieilli avec vous.
00:00:47Ouais, j'ai vieilli.
00:00:49Comment vous dire, je ne vois plus de près.
00:00:51Le premier rang par exemple là, je vous imagine.
00:00:54Écoute-moi, je...
00:00:58Il n'y a pas longtemps, j'étais chez un ophtalmo, parce que je ne vois plus rien.
00:01:03Et j'ai vraiment réalisé chez lui que j'avais vieilli.
00:01:06J'ai vieilli.
00:01:07Il commence à me faire le test de vue.
00:01:09Et au moment où il commence, tu vois, il passe derrière moi et il se met à me parler en
00:01:13s'éloignant.
00:01:13Et j'entends, monsieur Elmaleh, est-ce qu'on va...
00:01:16Et je réalise en même temps que j'entends moins bien.
00:01:21Écoute-moi.
00:01:23Il m'a dit, ne vous inquiétez pas, je vais vous envoyer chez un confrère.
00:01:27Je lui dis, pas de problème.
00:01:28Il me dit, dites-moi plutôt, depuis quand vous ne voyez plus de près ?
00:01:31C'est arrivé quand ?
00:01:32Je lui dis, je ne sais pas, j'ai oublié.
00:01:33Il m'a dit ça, c'est un autre confrère.
00:01:40Et là, il commence à me faire le test de vue.
00:01:42On connaît tous ce test.
00:01:43Il te montre des lettres, tu les vois, tu lui dis.
00:01:46Tu ne les vois pas, tu lui dis aussi.
00:01:47Comme ça, il adapte, il te prescrit les verres qu'il faut.
00:01:50Mais nous, pour des raisons qui m'échappent, quand on n'arrive pas à voir, on ne lâche pas l
00:01:53'affaire.
00:01:57Au début, ça va, elles sont grandes.
00:01:58Même si tu te la pètes, tu es arrogante.
00:02:00R, allez, P.
00:02:03Et plus ça devient petit, et plus tu passes à la forme interrogative.
00:02:20Il te dit, non, ce n'est pas M.
00:02:21Et là, tu négocies.
00:02:22Qu'est-ce qu'on est con ?
00:02:23M, M, M, M.
00:02:27À un moment donné, je te jure, je ne sais pas, il m'a montré des trucs.
00:02:29Je ne sais pas si c'était un V, un U, un 13, un 7.
00:02:32J'ai regardé, j'ai fait, R.
00:02:36Il m'a dit, comment j'ai dit, R.
00:02:37Il m'a dit, j'entends pas.
00:02:38Je vais dire, allez voir votre confrère.
00:02:47Mais ça va, ça va, tu vieillis, mais ça va.
00:02:48Il y a une ambiance, il y a une énergie.
00:02:50C'est juste les réveils, ce n'est pas la même chose.
00:02:51Les cinquante heures qui sont dans la salle, vous savez de quoi je parle.
00:02:54Après cinquante ans, tu te réveilles.
00:02:56Il y a des surprises, il y a des ambiances.
00:02:59Il y a des événements qui apparaissent sur le visage.
00:03:01Il y a des trucs que tu ne connaissais pas.
00:03:02Putain, après cinquante balais, tu peux te réveiller.
00:03:03Une paupière, elle est sur vibreur.
00:03:05Je ne sais pas pourquoi.
00:03:07Quand tu es jeune, tu sais, tu as mal, tu sais pourquoi.
00:03:10Tu sais, tu as mal, tu t'es donné un coup, tu as un problème, tu es malade.
00:03:12Quand tu es vieux, non.
00:03:13Tu as dormi, tu t'es réveillé, l'épaule, elle est comme ça, et elle est.
00:03:19Mais tu essaies de ne pas faire attention.
00:03:21Tu as mal, tu vas avec au boulot.
00:03:22Sauf que le problème, c'est que le lendemain, il y a la jambe qui s'y met aussi.
00:03:27Fin de semaine, tu as un combo, mon pote, écoute-moi.
00:03:30Tu deviens un homme de Cro-Magnon.
00:03:32Tu croises un pote, il te dit, qu'est-ce qui t'arrive ?
00:03:34Tu dis, il y a 50 ans.
00:03:37Alors, je vois beaucoup les médecins.
00:03:39Récemment, il y en a un qui m'a posé la fameuse question, tu sais, quand tu as mal quelque
00:03:43part,
00:03:44et qu'ils veulent un peu sonder.
00:03:47Sur l'échelle de 1 à 10.
00:03:52Qui arrive à donner une note exacte à sa douleur, bordel ?
00:03:56Sur l'échelle de 1 à 10.
00:04:00J'avais envie de lui dire, donne-moi un coup à 6, comme ça, une référence.
00:04:07Je vois des médecins, j'essaie de m'occuper de moi, j'essaie vraiment d'avoir une vie saine, c
00:04:12'est différent.
00:04:13J'ai arrêté de boire de l'alcool depuis à peu près 3 ans et demi, ça a changé ma
00:04:16vie.
00:04:16Je vais vous raconter pourquoi.
00:04:17Je sais que les gens réagissent différemment à cette information.
00:04:22Les copains, par exemple, quand tu leur dis j'ai arrêté l'alcool, ça les met face à leur propre
00:04:25alcoolisme.
00:04:26Et ils ne savent pas quoi dire, tu vois.
00:04:28Il y a toujours ce truc de, ah bon, tu ne vas plus jamais.
00:04:32Ils sont inquiets pour toi.
00:04:36Pourtant tu ne buvais pas beaucoup, c'est un peu comme nous, le matin, un peu à midi.
00:04:43Non, non, j'ai arrêté l'alcool, ce n'est pas un problème, ça ne me manque pas.
00:04:46Il y a un truc qui me manque, c'est que quand je voyage et je fais des vols un
00:04:48peu longs, tu vois.
00:04:49Moi, j'aimais bien avant mes 2-3 verres de rouge qui me smashaient la gueule.
00:04:53Tu connais, c'est...
00:04:56Du coup, je prends des somnifères, très puissants.
00:04:58Récemment, il m'est arrivé une mésaventure.
00:04:59Je suis arrivé à Roissy pour partir à New York.
00:05:02Mais voilà, Roissy-Charles de Gaulle.
00:05:04Je prends 2 somnifères, super puissants, au moment d'enregistrer mes bagages.
00:05:1220 minutes plus tard, on m'annonce que mon vol est annulé.
00:05:26J'ai dit, madame, le problème, c'est qu'au moins, je suis déjà parti.
00:05:37Je ne sais pas si tu as déjà été défoncé à 10h40 du matos somnifère dans un aéroport,
00:05:42mais c'est un délire, tu ne sais plus où aller, tu tournes en rond, tu es fracasse.
00:05:46Bah, j'ai fait ce qu'on fait dans les aéroports, j'ai été chez Paul.
00:05:54Écoute-moi, j'étais tellement défoncé, je suis arrivé chez Paul, je te jure, j'ai dit...
00:06:03Et je vois un mec d'Air France qui s'agite et qui dit...
00:06:05Venez, venez, venez, alors on va tous vous mettre sur le vol de demain à 11h40.
00:06:09Et pour nous faire pardonner, on vous offre une nuit d'hôtel à Libis de Roissy.
00:06:16Ok, ok, soit, c'est bien, c'est gentil, c'est sympa.
00:06:20J'aurais pu aller dans un autre hôtel, j'aurais pu aller dans un palace, j'en ai les moyens,
00:06:23ou dans mon très bel appartement parisien.
00:06:25Mais je suis aussi un blédard, c'est-à-dire quand on m'offre de dormir gratuit quelque part.
00:06:38Non seulement je dis oui, mais quand j'y suis, j'appelle ma famille qui vit à Paris, ils viennent
00:06:44à l'hôtel.
00:06:46On ne peut pas faire autrement, les amis, quand on a le syndrome du blédard, c'est comme ça.
00:06:49Parfois, je suis dans des palaces au bout du monde, au petit-déj qui est inclus,
00:06:53je prends des mini-viennoiseries dans une serviette à papier, je les monte dans la chambre.
00:06:56Pourquoi je fais ça ? Je ne sais pas.
00:07:01Me voilà donc, les amis, dans ma chambre, à Libis de Roissy.
00:07:04Ils m'ont donné une belle chambre avec vue sur piste.
00:07:09Moi, je suis défoncé, je vois les avions qui atterrissent, les avions qui décollent,
00:07:13je vois un gars avec des bâtons lumineux rouges, j'y fais la circulation,
00:07:17j'ouvre la fenêtre, je commence à lui faire des scènes.
00:07:22Et tu sais quoi ? Je ressens un truc bien, je ressens une forme de calme, de joie, d'apaisement,
00:07:26c'est très étrange.
00:07:27Moi qui avais prévu de traverser l'Atlantique pour me changer un peu les idées,
00:07:31c'est ce qu'on dit, on veut toujours partir ailleurs,
00:07:33me voilà dans un hôtel, dans une chambre bizarre, défoncée au somnifère,
00:07:37et tout simplement bien avec moi-même.
00:07:40Et je me suis interrogé là-dessus, et depuis, je n'arrête pas de penser à ça,
00:07:42je me dis, mais on est tous pareil, on pense qu'ailleurs, ça va être bien,
00:07:46on pense qu'avec quelqu'un d'autre, ça va être mieux.
00:07:48Alors qu'en faisant le travail sur nous, la joie, on la trouve en nous.
00:07:51Mais non, on veut absolument aller ailleurs, on pense que ça va être bien, on pense que ça va être
00:07:55mieux.
00:07:56J'ai un copain récemment, il m'a dit, Gade, je pars en Inde, j'ai besoin de me retrouver.
00:08:00Je lui dis, frérot, s'il y a un endroit où tu ne vas pas te retrouver...
00:08:08Ah ouais, il y a du monde, c'est grand, même nous, on ne va pas te retrouver si tu
00:08:12ne te retrouves pas, c'est chaud quoi.
00:08:15Ce que je te conseille, à la limite, trouve-toi avant de te retrouver, ça tu peux le faire en
00:08:18France, tu te trouves,
00:08:19et une fois que tu t'es trouvé, tu te rejoins en Inde, mais tu ne peux pas le juger.
00:08:24Parce qu'il voulait aller bien, et on veut tous aller bien, les amis.
00:08:27C'est ce qui nous préoccupe aujourd'hui, la raison d'ailleurs pour laquelle vous êtes ici ce soir,
00:08:30c'est pour être bien, pour être dans la joie, pour être dans le bonheur, on est d'accord ?
00:08:36Vous vous êtes dit, on va aller voir Gade, on va rigoler.
00:08:40On va oublier nos soucis.
00:08:42Eh bien, je me suis dit la même chose, je me suis dit, je vais aller les voir, je vais
00:08:45rigoler, je vais oublier mes soucis.
00:08:46Et c'est vrai, on a envie de ça, les amis.
00:08:49Et moi, il n'y a que la scène qui me rend heureux, j'ai tout essayé.
00:08:51J'ai eu des moments difficiles parfois, j'ai tout essayé.
00:08:53Les psychiatres, les psychologues, les psychanalystes, les médicaments, l'alcool à l'époque.
00:08:58Tout, je n'y arrivais pas, tu vois, j'ai tout fait, tout, tout.
00:09:01Les coachs de vie sur Instagram, tu sais, les mecs qui...
00:09:05Ils n'ont plus de travail, ils ont divorcé cette fois, ils te disent comment il faut être heureux, j
00:09:08'ai jamais compris, moi, c'est grave.
00:09:14J'ai essayé les psychologues, les psychiatres, les psychothérapeutes, les psychotropes.
00:09:19La marche dans la montagne, seule.
00:09:21Les bains debout, les douches assises, les séminaires de vomir tous ensemble.
00:09:28Les tisanes dans les supermarchés sur lesquels il y avait marqué joie intense, bonheur infini comme un con.
00:09:34T'as vu ces tisanes avec des propriétés maintenant, on est naïfs, on veut être heureux, je les achète comme
00:09:38un con, putain.
00:09:39Comment on est passé de digestion facile à bonheur intense, on les achète ?
00:09:43Mais le travail, il faut le faire.
00:09:45Et on ne veut pas, parce que ça nous met face à nous-mêmes.
00:09:49Et on ne veut pas aller chercher la joie en nous.
00:09:51On croit que...
00:09:53Et je ne juge pas, hein.
00:09:54Moi, avant, je croyais que quand j'allais être connu...
00:09:56Vous avez marre.
00:10:01Tous mes problèmes allaient disparaître.
00:10:03C'est des conneries.
00:10:05Je pensais même que j'allais arrêter de souffrir.
00:10:07Avant, je pensais même que l'argent allait régler tous mes problèmes.
00:10:10C'est des conneries.
00:10:11L'argent ne fait pas le bonheur.
00:10:13Quoi que t'en dises, tu penses que c'est un dicton.
00:10:14L'argent ne fait pas le bonheur.
00:10:16Alors je sais, il y en a ce soir, ils se disent, ouais, c'est facile de dire ça quand
00:10:19on en a.
00:10:19Ouais.
00:10:21Raison de plus pour m'écouter, je sais de quoi je parle.
00:10:26Attends, attends, attends, attends.
00:10:30C'est un mec qui n'a pas d'argent, on te dit, l'argent ne fait pas le bonheur.
00:10:34Non, ta gueule, t'as aucun retour d'expérience.
00:10:39Je sais que c'est un sujet qui crispe le public, l'argent, la thématique de l'argent.
00:10:43Encore plus en France.
00:10:45Il y a deux thématiques qui crispent le public.
00:10:46C'est l'argent et la religion.
00:10:49Et ce soir, dans ce spectacle, nous aborderons deux thématiques.
00:10:56Dieu et le cash.
00:10:57Non, non, vraiment.
00:11:01On a de la pudeur avec l'argent, c'est normal.
00:11:03On ne sait pas comment en parler.
00:11:05En fonction des générations, de l'éducation, de la culture.
00:11:07Mes parents, par exemple, je ne peux pas leur dire combien je paye les choses.
00:11:10Je ne peux pas.
00:11:11Le pauvre mon père, le jour où il s'est arrêté devant un tableau que j'avais acheté.
00:11:14J'aime bien l'art contemporain.
00:11:17Il le regarde, il dit à ma mère.
00:11:22Ma mère, elle fait...
00:11:26Les Marocains, ils peuvent tout dire avec que des sons.
00:11:29Que des sons.
00:11:45Regarde-moi, je suis là.
00:11:48Qu'est-ce qu'il a acheté ?
00:11:51En plus, il a dû payer ça au moins 1000 euros.
00:12:01Certes, pour la livraison.
00:12:06Mais attention, je parle de ça, je parle d'argent et tout, mais j'ai gardé quand même la valeur
00:12:10de cela.
00:12:11Parce que ce qui est important, c'est la valeur.
00:12:13L'été dernier, par exemple, j'étais dans le sud-ouest de la France, en pleine tournée,
00:12:18et j'avais envie d'un café dans un troquet, modeste, simple, tout seul.
00:12:21J'avais un billet de 50 euros, et là, le poids de l'éducation, des parents, de la culpabilité,
00:12:25je n'ai pas voulu rentrer avec mes 50 euros.
00:12:27J'ai dit, il faut faire de la monnaie, et après, tu reviens et tu payes ton café avec un
00:12:29petit billet ou des pièces.
00:12:30C'est con, je sais.
00:12:31Je me tourne, je vois un marché avec une fromagère qui vend du fromage.
00:12:35Je me dis, je vais acheter du fromage, ok ?
00:12:36Et puis, avec la monnaie, je vais aller acheter mon café.
00:12:38Je n'ai pas besoin de fromage à ce moment-là, c'est des villes, je sais.
00:12:40Mais je vais vers la fromagère.
00:12:43Fromagère artisanale, tu sais, avec le couteau à fromage comme ça, qui dit, vous en voulez combien ?
00:12:49Tu vois ou pas, quand ils conduisent le fromage comme ça, tu sais ?
00:12:51Et moi, en plus, je suis un sale gosse, je lui fais faire des manœuvres.
00:12:53Allez, retour, marche arrière, allez.
00:12:56Bref, elle coupe un gros bout, elle l'emballe, elle le pèse, elle me le donne, elle me regarde,
00:13:00et elle me dit, 49,60.
00:13:09Là, tu ne peux pas faire machine arrière, je pèse, je sors de là, ma situation, elle
00:13:12ne veut plus rien dire, j'ai 40 centimes dans la poche gauche et un énorme fromage
00:13:17sous le bras droit.
00:13:19Mais j'ai envie de ce café.
00:13:20Et je me dis, tu sais quoi, je vais rentrer dans ce café, si ça se trouve, il va me
00:13:23reconnaître,
00:13:23il va me l'offrir.
00:13:24Je sais, c'est pathétique, c'est ringard, je joue sur sa notoriété, mais j'ai que cette
00:13:27carte-là ce jour-là.
00:13:28Je rentre dans le café de manière un peu, genre, regarde-moi, bonjour.
00:13:33Le mec me dit, oh putain, c'est pas du tout, c'est pas du tout, c'est pas du
00:13:38tout, c'est
00:13:38Eveline, Eveline, viens me voir, on aurait dit un jet ski qui avait du mal à redémarrer,
00:13:45je sais pas, je sais pas.
00:13:47Il y a là, le mec, il me dit, petit café.
00:13:50Mais la manière dont il me dit petit café, c'est pas clair, s'il va me l'offrir.
00:13:58Et je peux pas lui dire, gratuit, je peux pas.
00:14:03Je lui dis, petit café, il me sert le café.
00:14:05Moi, j'ai le trac, forcément, je sais que j'ai que 40 centimes.
00:14:08Je suis là, je suis anxieux, je suis angoissé, je prends une gorgée du petit café, je me
00:14:12dis, regarde, tu es en train de vivre au-dessus de tes moyens.
00:14:21Je me dis, mais comment je vais faire ?
00:14:22Je finis mon café, je prends mon courage à deux mains, le cœur battant, je lui dis
00:14:27combien je vous dois.
00:14:28Là, le mec, il me fait, oh, je sais pas vous, mais moi, avec l'éducation de mes parents,
00:14:34ce son-là, oh, c'est ça et ah, ah.
00:14:38Sauf que je sais pas si on a les mêmes codes, j'ai peur qu'il me fasse, ah, je
00:14:41pars, il
00:14:42me fait, ah, je sais pas, c'est bizarre, il me fait, oh, un euro, c'est le même.
00:14:53Je lui dis, c'est le même.
00:14:57Eh ouais, c'est le même, juste même.
00:15:01Mes amis, croyez-le ou non, à cet instant précis opère une intervention divine.
00:15:09Il y a un monsieur au bout du bar, il dit, permettez-moi de vous offrir votre café, vous
00:15:13nous faites tellement rire dans la famille.
00:15:16C'est un bonheur pour moi de vous le payer.
00:15:18Moi, bien éduqué, en première étape de discussion, je dis, non, ça me gêne.
00:15:22Le gars me dit quoi ? Ah, je comprends, autant pour moi, pas de problème.
00:15:29Et là, deuxième intervention divine.
00:15:30Il y a une dame au bout du bar, elle dit, moi, moi, je vous offre le café.
00:15:33Le patron du bar, ce con, il dit, putain, mais les élus, il a quand même les moyens de nous
00:15:36offrir un café.
00:15:36J'ai dit, toi, ta gueule, laisse-les, ils veulent faire des trucs, arrête.
00:15:39La dame, elle est là, elle me paye mon café, je vais l'avoir.
00:15:41Je lui dis, merci beaucoup, madame, c'est génial.
00:15:43Comment puis-je vous remercier ?
00:15:45Elle m'a dit, j'adore le fromage.
00:15:48Je lui donne mon fromage, je sors de là, je marche, et je réalise que j'ai payé mon café
00:15:5649,60 euros.
00:16:06Mes amis, je continue mon chemin ce jour-là, et je croise la route d'un SDF, un sans-abri
00:16:13qui fait la manche.
00:16:14J'ai envie de lui donner de l'argent, j'ai que 40 centimes.
00:16:17Moi, je lui donne ce que j'ai.
00:16:18Je le mets dans sa main et j'entends, merci monsieur.
00:16:20Le gars lève la tête, il me reconnaît.
00:16:23Là, il vérifie le montant.
00:16:28Il refait un aller-retour sur les 40 centimes, sur ma gueule.
00:16:32Il fait ça, six, sept fois, et carrément, il me dit, vous ne faites plus les spectacles.
00:16:47Et moi, je m'embarque dans une explication un peu vaseuse, coupable, genre, non, en fait,
00:16:51je suis sorti de l'hôtel, je n'avais pas mes papiers.
00:16:53Et là, il me dit, vous ne justifiez pas, vous m'avez déjà tellement donné dans ma vie.
00:17:06Je me dis, mais comment, qu'est-ce que, quoi, qui, vous êtes qui ?
00:17:11Il m'a dit, je ne suis personne.
00:17:13Mais il y a eu des moments dans ma vie avec ma fille où ça a été difficile.
00:17:18J'étais dans l'obscurité, puis de vous regarder sur les DVD, ça m'a fait rire.
00:17:23Ça m'a donné de la lumière.
00:17:28Ah, j'avais les larmes aux yeux.
00:17:31Je me sentais utile, tu vois.
00:17:33J'ai voulu le prendre dans mes bras, tu vois.
00:17:35Mais bon, franchement...
00:17:48Non, non, je suis honnête, je ne veux pas.
00:17:51Il m'a dit, mon rêve, c'est de venir vous voir un jour en live,
00:17:54mais malheureusement, je n'en ai pas les moyens.
00:17:57Je me dis, ne me dites pas ça.
00:17:59Mardi, je joue ici, dans votre ville, je vous invite avec votre fille, je vous offre les billets.
00:18:02Il me dit, mardi ?
00:18:03Je dis, oui, mardi.
00:18:04Il me dit, merde, j'ai un truc de prévu ce soir.
00:18:09Et je repars.
00:18:11Je n'ai donc plus rien.
00:18:12J'ai donné mes 40 centimes au SDF,
00:18:15et je suis à sec.
00:18:16Et ça me rappelle les moments où je n'ai rien.
00:18:17Et c'est pas mal.
00:18:18Ça me remet dans un mood de l'époque,
00:18:19où quand j'ai démarré, je faisais des jobs un peu bidons.
00:18:23Je faisais même des choses, comment dire,
00:18:25pas très avouables, mais je peux le dire ce soir ici.
00:18:27On est entre nous.
00:18:29J'ai déjà volé.
00:18:30Ouais, j'ai déjà volé.
00:18:31J'ai volé quand j'ai...
00:18:32Ouais, j'étais jeune.
00:18:33Dans un supermarché, j'ai volé un ananas.
00:18:37Écoute-moi bien.
00:18:38C'est le truc le plus difficile à dissimuler.
00:18:42Oh putain, je suis sorti du supermarché.
00:18:53Les gens, ils m'ont pris pour un fou.
00:18:56C'est marrant, c'est assez récent.
00:18:57Depuis que j'ai eu 50 ans,
00:18:59je m'en fous d'être pris pour un fou,
00:19:00je m'en fous d'être jugé.
00:19:02J'ai envie d'être moi-même, tu vois.
00:19:03C'est pour ça d'ailleurs que j'ai appelé ce spectacle lui-même.
00:19:05Parce que je me dis, à un moment donné,
00:19:06si t'es toi-même, les gens vont t'accepter.
00:19:08Je pense que ça, c'est très très important.
00:19:10On n'ose pas être nous-mêmes.
00:19:11Et les fous, bizarrement,
00:19:12ce sont souvent des gens qui m'inspirent.
00:19:14Des gens que j'ai envie de comprendre.
00:19:16Des gens avec qui j'ai envie de parler.
00:19:17Plus que des gens normaux,
00:19:18qui m'ennuient au plus haut point.
00:19:20Putain, j'ai des amis normaux, je peux pas.
00:19:22Je veux voir les fous qu'il y a dans mon quartier.
00:19:24L'autre jour,
00:19:25il y en avait un en bas de chez moi,
00:19:26il s'appelle Victor.
00:19:27Il avait des écouteurs filaires,
00:19:28au bout du fil,
00:19:29il n'y avait rien.
00:19:30Et il dansait sur de la musique.
00:19:36Je lui dis, Victor, il n'y a rien au bout.
00:19:38Il m'a dit, on ne sait même pas où il est debout.
00:19:42Je lui dis, ça va toi ?
00:19:46Il me dit, ouais.
00:19:47Il s'approche de moi, Victor,
00:19:48et il se met à faire la plouf entre lui et moi.
00:19:50Et c'est ça que j'aime, moi, chez les fous.
00:19:52La surprise.
00:19:53Tout peut arriver.
00:19:55Aucune cohérence.
00:19:55Mais en même temps, tout est cohérent.
00:19:57Il dit, regarde, ça sera toi qui vas.
00:20:00Je sais même pas ce qu'il est en train de ploufler.
00:20:01Je sais même pas ce qu'il m'attend, putain.
00:20:02Mais là où ça déteint sur moi,
00:20:03et je m'interroge sur ma propre santé mentale,
00:20:04c'est que pendant qu'il fait ça,
00:20:05je me dis, putain, j'espère que ça va tomber sur moi.
00:20:09Et ça tombe sur moi.
00:20:10Mais Victor, il fait comme les enfants, il dit,
00:20:11mais je veux pas que tu te dis.
00:20:16Hésitez-toi.
00:20:16Et ça tombe sur moi encore.
00:20:17Et là, il me dit,
00:20:18t'as gagné un tour avec moi dans ma voiture.
00:20:21Moi, j'ai pas envie d'aller faire un...
00:20:23Franchement, j'aime bien Victor,
00:20:24mais faire de la voiture avec Victor, non.
00:20:26Tu sais que tu vas terminer à l'hôpital,
00:20:27j'ai pas envie, OK ?
00:20:28Il me dit, tu n'aimes pas ma voiture ?
00:20:29Regarde-la, ma voiture.
00:20:30Et il me montre comme ça, il n'y a rien.
00:20:31Et là, ça me bouleverse.
00:20:33Et là, il monte d'un cran dans la folie,
00:20:35il n'a rien dans la main,
00:20:36et avec la bouche, il fait,
00:20:37oui, oui, comme ça, carrément, devant moi.
00:20:39Et moi, je dis, waouh, ça marche bien.
00:20:42Il ouvre une portière imaginaire.
00:20:44Il se fout dans la bagnole.
00:20:47Il me dit, je te dépose.
00:20:49Je lui dis, ouais.
00:20:50Il me dit, tu vas où ?
00:20:51Je lui dis, je ne sais pas.
00:20:52Il me dit, ça tombe bien, je passe devant.
00:20:55Là, je vois qu'on est sur un level un peu élevé.
00:20:59Je remets une petite dose.
00:21:00Je lui fais croire qu'il y a un chien dans la bagnole.
00:21:01J'abois.
00:21:04Sauf que lui, il me dit,
00:21:05excuse-moi, quand il ne connaît pas bien les gens,
00:21:07il est un peu sauvage.
00:21:16Il me dépose, je descends, je ferme la porte.
00:21:18Il me dit, doucement, la portière, elle est neuve, la bagnole.
00:21:21Je fais deux pas, je m'arrête,
00:21:23je sors un billet de 20 euros,
00:21:24je lui donne parce que j'ai envie de l'aider.
00:21:25Je me dis, mais...
00:21:28Tiens, Victor.
00:21:28Il me dit, c'est quoi, ça ?
00:21:29Je dis, c'est pour toi.
00:21:30Il me dit, tu te fous de ma gueule ou quoi ?
00:21:32Avec la bagnole que j'ai, tu me fous de 20 balles, toi.
00:21:36Je dis, mais c'est pour t'aider.
00:21:37Il me dit, je n'ai pas besoin de ton aide.
00:21:38J'ai un salaire, moi.
00:21:39J'ai des revenus.
00:21:40Je lui dis, ah bon ?
00:21:40Je te vois tout le temps dans la rue.
00:21:41Il me dit, ben ouais, télétravail, mon pote.
00:21:46Je lui dis, tu fais quoi dans la vie, Victor ?
00:21:47Il me dit, ben, moi, je...
00:21:49C'est moi qui ai organisé les Jeux Olympiques.
00:21:54Là, les amis, comment vous dire ?
00:21:56C'est moi qui ai un problème.
00:21:57C'est moi qui devrais vraiment m'interroger sur ma santé mentale.
00:21:59Parce que, comment vous dire ?
00:22:00Moi, j'ai rencontré les gens qui ont vraiment organisé les Jeux Olympiques.
00:22:02Ils m'ont moins intéressé.
00:22:03J'étais moins curieux avec eux qu'avec Victor.
00:22:05C'est là où j'ai un problème.
00:22:07Victor, je veux qu'il me raconte comment lui, il croit qu'il a organisé les Jeux Olympiques.
00:22:11Je lui dis, t'es tout le temps dedans ?
00:22:12Il me dit, ouais, ouais, je suis en train de développer des nouvelles disciplines basées sur des sports existants.
00:22:16Je lui dis, comme quoi ?
00:22:17Il me dit, le javelot ?
00:22:17Je lui dis, ben, ça existe déjà ?
00:22:18Il me dit, non, non, non, réception de javelot.
00:22:30Je lui dis, Victor, c'est incroyable.
00:22:33En tout cas, vraiment, ça m'a fait plaisir de passer du temps avec toi.
00:22:36Je dois partir, désolé, j'ai pas le temps.
00:22:37Il m'a dit, le temps n'existe pas, gars, il faut que tu le saches.
00:22:40C'est pas les heures qui passent.
00:22:41C'est nous qui passons, c'est pas les jours qui passent.
00:22:43C'est nous qui passons, le temps n'existe pas.
00:22:44N'oublie jamais ça.
00:22:45Je lui dis, j'ai pas compris, explique-moi.
00:22:46Il m'a dit, j'ai pas le temps.
00:22:55J'aime les fous.
00:22:58Et les gens normaux, les amis, comment vous dire, ils m'ennuient parfois terriblement.
00:23:01Je vous jure, j'ai des amis que j'aime d'amour.
00:23:03Mais tous, on a des amis qu'on aime.
00:23:05Et on peut plus, on peut plus.
00:23:07On peut plus, ils commencent à nous raconter leurs vacances, on décroche.
00:23:10On a envie de craquer, c'est pas possible.
00:23:11On a tous un pote, on a tous un pote qui laisse.
00:23:14On est partis à l'île Maurice, on est arrivés un mardi.
00:23:18Non, mercredi, chéri.
00:23:21Va réviser, va répéter frérot, arrête, je m'as saoulé.
00:23:24Avec sa femme derrière, qui fait les cœurs toujours.
00:23:27Non, on est partis un mercredi.
00:23:31Je peux pas, j'ai plus de patience.
00:23:32Après 50 ans, c'est fini.
00:23:34Plus de patience.
00:23:36C'est comme les amis qu'on a qui veulent nous raconter les travaux qu'ils ont fait chez eux.
00:23:41S'il y a des gens ici ce soir, les amis, qui ont fait des travaux chez eux,
00:23:44taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous.
00:23:46On veut pas savoir, on veut pas entendre des phrases du genre
00:23:48« C'est que la salle de bain, elle était pas là, elle était de l'autre côté. »
00:23:53Et le salon, il était là, maintenant j'ai mis le salon là-bas, il était là, il était là,
00:23:56il était là, il était là, il était là, il était là, il était là, il était là, il était
00:23:58là, il était là, il était là, il était là, il était là, il était là, il était là.
00:23:58Il y a toujours un mur porteur qui l'a abattu de manière héroïque.
00:24:01Genre c'était impossible d'abattre ce mur porteur.
00:24:06Ce genre de pote qui vient chez toi à la maison, il tape sur les murs, t'as même pas
00:24:08prévu d'abattre des murs et je te dis ça, c'est le porteur, ta gueule, rien à foutre.
00:24:13Il m'a dit « Ici, c'était un mur, tu sais ce que j'ai fait ? »
00:24:15Je lui dis « Ben oui, tu l'as abattu, il m'a dit « Comment tu sais ? »
00:24:17Je lui dis « Il est plus là ! »
00:24:22Mais faut que je me calme, faut que je me calme, j'ai plus de patience.
00:24:25T'as envie de te flinguer avec ces gens.
00:24:26Après, il m'a fait le mur, il m'a dit « Ça, c'était du mur, ça, c'était
00:24:28du mur. »
00:24:28J'ai compris, arrête.
00:24:29Non, il était en mode « Bim, ça, c'était du mur, ça, c'était du mur. »
00:24:32Tout ça, c'était du mur.
00:24:32Là, je te parle, je t'aurais même pas vu s'il y avait encore le mur avec la femme
00:24:35derrière.
00:24:35« Ah non, mais il y a un mur. »
00:24:38« Ah, c'est le mur de Berlin. »
00:24:43« J'ai plus de patience, les amis, je peux plus. »
00:24:45« Je peux plus ! »
00:24:47Parfois, dans la rue, il y a des gens qui me reconnaissent de films dans lesquels je n'ai pas
00:24:49tourné.
00:24:53Avant, je comprenais, je patientais, j'expliquais, j'avais de l'empathie pour l'embarras de la personne.
00:24:57Je les aidais même à trouver avec qui ils m'avaient confondu.
00:25:00Aujourd'hui, rien à foutre.
00:25:03Je m'as vu dans quoi ?
00:25:04« James Bond, ça a fait plaisir. »
00:25:07« Y'en a un autre jour, il m'a dit, regarde, intouchable. »
00:25:19« Ton meilleur film, intouchable. »
00:25:22J'ai dit, merci.
00:25:25Je me suis quand même demandé avec lequel des deux ils m'avaient confondu.
00:25:40Plus de patience, les amis.
00:25:42J'étais à l'hôtel il y a quelques jours, en tournée, puis...
00:25:45J'étais nager un peu à la piscine, je sors de l'eau, je suis tout mouillé, je cherche les
00:25:49serviettes, je les trouve pas au bord de la piscine.
00:25:51Je suis là, ça m'énerve un peu, tu sais, qu'elles soient pas là, je suis contrarié, mais contrarié
00:25:56de mon âge, genre...
00:26:00Quand t'es jeune, tu dis, « Putain, y'a pas de serviettes ! »
00:26:02À mon âge, je fais, « Eh voilà, ils ont pas mis les serviettes. »
00:26:07Je vais sortir mouillé, je vais attraper la crève, je bosse cette semaine, j'ai les parents qui arrivent, mes
00:26:11enfants, ils vont pas aller à l'école, dans la mer...
00:26:20Je sors, je vais dans le couloir de l'hôtel, j'ai l'air d'un fou, mouillé, et je
00:26:24croise quatre personnes, mouillées, maillots de bain, comme moi.
00:26:28Je dis, « Qu'est-ce qu'il se passe ? Ils ont trouvé pas la serviette. »
00:26:31Mais ils sont comme moi, à mon âge à peu près, donc...
00:26:34Je les chauffe un peu, je dis, « Je sais qui a fait ça, c'est les jeunes. »
00:26:39Et ils disent, « Hum, hum, les jeunes ! Hum, et voilà, encore des jeunes ! Hum, voilà ! »
00:26:45J'ai dit, « Allons à la réception. »
00:26:47Là, je me transforme en leader d'un groupe de gens mouillés, c'est parti.
00:26:56Il y a mieux comme cause, mais bon, on y était.
00:26:58Et là, vous allez comprendre mon impatience.
00:27:00J'arrive chez la dame de la réception, je lui dis, « Madame, y'a pas de serviettes au bord
00:27:04de la piscine. »
00:27:04Elle me dit, « Quoi ? » « Je sais. »
00:27:13Je lui dis, « Madame, je suis pas dans l'hôtellerie. »
00:27:16« C'est pas mon métier, mais comme ça, au feeling. »
00:27:18« C'est pas un... »
00:27:19« Si vous les mettez près de la piscine, c'est un peu cartonné. »
00:27:23Elle a dit quoi ? Elle a dit, « Je vais faire remonter l'info. »
00:27:28Je lui dis, « Non, faites redescendre les serviettes. »
00:27:42« Ah, je suis trop gentil. »
00:27:44En fait, avant, j'étais gentil et patient.
00:27:48Maintenant, je suis impatient et gentil et trop gentil parfois.
00:27:52Je suis trop gentil.
00:27:54Il y a quelques jours, j'ai un copain qui est venu m'annoncer la mort de quelqu'un.
00:27:58C'est triste.
00:27:59Mais il pleurait tellement que j'étais incapable de comprendre de qui il s'agissait.
00:28:06C'est-à-dire que là, je vous parle, il y a quelqu'un de mon entourage.
00:28:09Il est mort.
00:28:10Je sais pas qui c'est.
00:28:13Ça fait quatre jours à chaque fois qu'un pote, il m'appelle.
00:28:15Je fais, « Ouf, c'est pas à toi, putain. »
00:28:19Et il y a les obsèques, là.
00:28:21Mardi prochain, à Paris.
00:28:22Je vais y aller.
00:28:22Première fois, je vais à des obsèques surprises.
00:28:27Si ça se trouve, je vais arriver, je vais le voir.
00:28:28Je dis, « Ah, c'est nu et j'aurais dû rester chez moi. »
00:28:35Les amis, j'ai lu une statistique qui va pas vous faire plaisir.
00:28:40Le jour de notre mort, de nos obsèques,
00:28:44s'il pleut, c'est une statistique avérée.
00:28:49S'il pleut, 67% des gens qui devaient venir, ils viennent pas.
00:29:10C'est-à-dire, l'égoïsme, tu vois, il reste, quoi.
00:29:13Oh, déjà, il est mort.
00:29:15En plus, il fait chier, il pleut.
00:29:21Pardon ?
00:29:22J'ai pas entendu.
00:29:25Le Maroc, t'as dit ?
00:29:33Il y a des Marocains, là, ça ?
00:29:51Et là, il y a des Belges qui disent, « Je savais pas qu'il y en avait autant. »
00:29:59J'avais une vague idée de leur présence.
00:30:08Là, ça fait beaucoup...
00:30:12Je vais donc pas traduire M'Broglaïde pour pas...
00:30:16Non, je leur ai souhaité bonne fête, car c'est la fête du mouton aujourd'hui.
00:30:23Je sais pas ce que vous applaudissez, si c'est le mouton ou la fête.
00:30:28Ça porte très mal son nom, parce que le mouton, il lui fait vraiment sa fête.
00:30:31Écoute-moi bien.
00:30:37Ah, il y a des moutons, que dès que ça arrive, ils se sauvent.
00:30:39Il y a des moutons, écoute-moi bien, ils disent, « Je connais cette période, laisse tomber, on se casse.
00:30:45»
00:30:45En plus, c'est des moutons Belges, tu vois.
00:30:49Qu'est-ce qu'ils ont à voir, les pauvres, les moutons Belges ?
00:30:51Ils étaient bichères, tranquilles, moutons Belges.
00:30:56Le gars, mouton, il est à Knoq.
00:30:58Il se balade.
00:31:01Knoq le zoute.
00:31:04Ça va, mouton ?
00:31:05Oui, mouton, on est bien.
00:31:07Oui, on est bien.
00:31:08Et dit, on est quelle date ?
00:31:25Non, on a des Marocains dans la scène, on a des Belges, on a des Français, on a des Tunisiens,
00:31:31des Italiens.
00:31:37Ouais, ouais, les Italiens de Bruxelles, on les connaît, je les connais.
00:31:42Ah ouais, les Italiens qui ont des pizzerias près de la Grand Place,
00:31:46qui t'accueillent.
00:31:47Ciao, comment est-ce que tu es ?
00:31:49Oui, et d'où est-ce que tu es ?
00:31:51J'ai mis la table à Dieu, j'ai n'ai rien.
00:32:00Par l'italien.
00:32:05Ah, il faut faire attention, les amis.
00:32:09Il faut faire attention, quelque part, parce que si on perd patience complètement,
00:32:13on risque de se renfermer un peu sur soi,
00:32:15et de devenir misanthrope.
00:32:18En fait, misanthrope, c'est quelqu'un qui n'aime plus les êtres humains.
00:32:21Mais moi, je n'ai pas envie de devenir comme ça, parce que j'aime les êtres humains.
00:32:23Ça m'inspire, tu vois.
00:32:24J'aime la vie pour ça, parce que si on enlève l'observation, si on enlève tout ça, c'est
00:32:28foutu, quoi.
00:32:29Il faut faire attention aussi de ne pas devenir misanthrope,
00:32:31parce qu'on risque de passer à côté de belles rencontres.
00:32:33Et moi, qui suis à un moment de ma vie, je vous dis la vérité,
00:32:36où je suis prêt, là, en ce moment.
00:32:38Ouais, je vous dis la vérité.
00:32:41Ouais, ça me fait quelque chose.
00:32:47Je suis prêt à rencontrer quelqu'un, je suis prêt à aimer et à être aimé.
00:32:49Ça y est, c'est officiel.
00:32:50Je suis prêt.
00:32:54Je suis prêt.
00:32:57La raison pour laquelle je suis prêt à aimer et à être aimé,
00:32:59c'est que depuis peu de temps, j'ai commencé à m'aimer.
00:33:07Ok, ça paraît bizarre, cette phrase, de dire comme ça, publiquement, je m'aime.
00:33:12Mais si tu ne t'aimes pas, tu ne peux pas aimer.
00:33:15Si tu ne t'aimes pas, tu ne peux pas être aimé.
00:33:17C'est impossible.
00:33:18Alors je m'aime, et ce qui est bien, c'est que c'est résiproque.
00:33:20Là, il y a un truc, tu vois.
00:33:23J'ai envie de rencontrer quelqu'un, ça y est, ça suffit maintenant.
00:33:25C'est vrai parce que, en fait, pendant longtemps, j'ai dit,
00:33:28ouais, c'est bien le célibat, je prônais cette espèce d'égoïsme.
00:33:32C'est des conneries.
00:33:33Avec les arguments de célibataires, genre,
00:33:35moi, j'ai envie de dormir seul, on est toile de mer.
00:33:39Toile de mer, mange du plancton toute la nuit comme un con.
00:33:46Les couples, parce qu'il y a des couples ce soir dans la salle.
00:33:49Il y en a beaucoup.
00:33:52Écoutez-moi bien, les couples.
00:33:55Vous avez de la chance.
00:33:59Vous avez de la chance.
00:34:01Je m'adresse à tous les couples.
00:34:03Parce qu'il y a toutes sortes de couples dans des états différents.
00:34:08Il y a des couples d'occasion, il y a des couples...
00:34:12Des couples fatigués, des couples cabossés, des couples accidentés, des nouveaux couples, des vieux couples, des couples qui repartent, des
00:34:19couples qui vont arrêter.
00:34:20Si vous êtes là, ensemble, ce soir, quel que soit l'état de votre couple, c'est qu'il y
00:34:26a de l'amour.
00:34:27C'est tout.
00:34:29C'est tout.
00:34:30C'est tout.
00:34:31C'est tout.
00:34:36Ouais, mais on est restés ensemble pour les enfants.
00:34:39C'est de l'amour.
00:34:42Ouais, mais on est restés ensemble parce qu'ils payent la maison.
00:34:51C'est de l'amour bancaire, ça.
00:34:55Aujourd'hui, tout le monde, tout le monde pense qu'être en couple, c'est une évidence.
00:35:00Ils le prennent pour acquis.
00:35:01C'est un miracle.
00:35:02C'est un miracle.
00:35:03Ces deux personnes qui ne se connaissaient pas, ils vivent ensemble, ils font des enfants.
00:35:07C'est un miracle.
00:35:07Les enfants sont des miracles.
00:35:09Et tout le monde est là en mode, c'est ma femme.
00:35:11Non, non, non, c'est un miracle, frérot, c'est un miracle.
00:35:14Non, mon mari, j'ai quatre enfants.
00:35:16C'est quatre miracles.
00:35:18Je me demande toujours comment les gens ont fait pour se rencontrer.
00:35:20C'est des histoires folles à chaque fois.
00:35:21Là, je vois, il y a des couples ce soir ici devant moi.
00:35:23J'ai envie de comprendre, j'ai envie de les questionner.
00:35:25J'ai envie de savoir comment ils ont fait pour se rencontrer.
00:35:27Vous êtes un couple, par exemple ?
00:35:28Vous êtes un couple ?
00:35:29Comment vous vous êtes rencontrés la première fois ?
00:35:33Pardon ?
00:35:34Il ne se rappelle pas du tout, le gars.
00:35:39Il va passer une soirée, lui, tout à l'heure.
00:35:43Non, vous vous êtes rencontrés comment ?
00:35:46Tu as fait du business.
00:35:48Avec elle.
00:35:54Ah, je connais.
00:35:58Et alors, il vous a vendu quoi ?
00:36:00Une cuisine.
00:36:09Ça, ce n'est pas un miracle, ça ?
00:36:17Vous vous êtes rencontrés, monsieur, madame ?
00:36:21En allant à l'école.
00:36:26En allant à l'école.
00:36:27Et c'était il y a longtemps, mais vous ne les voyez pas.
00:36:32Quelle classe ?
00:36:35À l'humanité.
00:36:37Pardon ?
00:36:37À l'humanité.
00:36:38À l'humanité ?
00:36:54C'est-à-dire ?
00:36:57À l'humanité.
00:37:01Et vous, à la fraternité.
00:37:07Non, l'humanité, j'imagine, c'est quoi ?
00:37:09C'est l'école ?
00:37:11C'est ?
00:37:12C'est l'humanité.
00:37:13OK, c'est primaire et secondaire.
00:37:14Voilà, c'est l'humanité.
00:37:16Voilà.
00:37:17La prétention des belles.
00:37:19C'est-à-dire qu'ils pensent
00:37:21que primaire et secondaire, chez eux, c'est l'humanité.
00:37:33T'habites où ?
00:37:34La planète.
00:37:37Alors, moi, je fais des rencontres.
00:37:41Ça m'arrive.
00:37:42Là, il y a quelques semaines, en pleine tournée, dans un TGV,
00:37:44j'ai fait une rencontre assez belle.
00:37:46J'étais assis.
00:37:48Et puis, juste là, côté de moi, il y avait une femme assise
00:37:51qui était en train de faire un texto.
00:37:53Elle écrivait, comme ça, bon, moi, je fais ce que je fais d'habitude
00:37:55quand quelqu'un écrit un texto dans l'avion ou dans le train, je lis.
00:38:01Et elle est en train d'écrire,
00:38:02devine à côté de qui je suis assise ?
00:38:06Moi, j'avais la réponse.
00:38:10La personne à qui elle parle lui envoie des points d'interrogation
00:38:12et elle, elle répond, elle écrit Gad Elmaleh,
00:38:14mais avec une orthographe.
00:38:17Ah non, mais elle m'a rendu turc dans le texto.
00:38:22Du tréma, du circonflexe, de l'apostrophe à l'intérieur du haut,
00:38:25c'était un délire, quoi.
00:38:26Mais on parle, on connecte.
00:38:28Il se passe un truc.
00:38:29On échange.
00:38:30On parle de la vie, de la mort, des enfants, de la scolarité,
00:38:32du privé, du public, du futur, du passé.
00:38:34On parle de tout.
00:38:35Elle s'appelle Manon.
00:38:36Et Manon, direct, j'aime bien le prénom.
00:38:38C'est français, c'est romantique, c'est érotique, c'est champêtre.
00:38:40Tu vois ce que je veux dire ?
00:38:41Manon, il y a tout de suite un truc,
00:38:42tu sens que tu ne vas pas avoir de problème.
00:38:43Manon, tu la vois courir dans la forêt
00:38:45avec une robe à fleurs, un panier, avec des pommes, voilà.
00:38:48Ce n'est pas Valérie.
00:38:50Tu vois ce que je veux dire ?
00:38:55Valérie, tu sais, tu sais que tu dois ramener un plat de lasagne
00:38:58chez sa mère, vide, des conneries, laisse tomber.
00:39:02Valérie, sa mère, elle a perdu les clés de chez elle.
00:39:04Je sais, je sais.
00:39:06Non, non, Manon, elle est incroyable.
00:39:08Et on est là, on connecte, on parle.
00:39:11À tel point qu'à la fin du trajet,
00:39:12on arrive à la gare de Lyon, elle me dit
00:39:14écoute, on ne se connaît pas,
00:39:15mais sache qu'il se passe un truc là tout de suite,
00:39:19je ne sais pas, j'ai connecté avec toi.
00:39:21Et voilà, je fais un dîner à la maison avec des amis
00:39:23et tu vas trouver ça bizarre, on ne se connaît pas,
00:39:26mais j'aimerais t'inviter.
00:39:28Wow.
00:39:29Elle me dit, sache enfin que ce n'est pas l'homme public que j'invite,
00:39:31mais l'humain avec qui j'ai partagé un moment de vie.
00:39:35D'accord, oui, oui, voilà, j'ai vu comme ça.
00:39:37Oui, oui, oui, moi aussi, moi aussi.
00:39:38J'ai dit, mais moi aussi.
00:39:41Déjà, elle me voit comme deux personnes,
00:39:42un humain et un homme public.
00:39:43J'ai dit, nous allons venir.
00:39:48Ah, j'étais chaud, j'étais super excité, enthousiaste,
00:39:50je suis passé à la maison,
00:39:51je me suis pris une douche en mode,
00:39:53on ne sait jamais, tu sais, ces douches.
00:39:59Je suis sorti de la douche,
00:40:00je me suis mis du parfum dans des zones totalement inattendues.
00:40:04Je ne m'étais jamais parfumé le mollet, je ne sais pas,
00:40:06j'étais quand même fou.
00:40:07J'ai attrapé une bouteille de champagne qu'on m'avait déjà offerte,
00:40:10on l'a tous fait ça, arrêtez, hein.
00:40:12Oui, c'est un truc de blédard, oui, mais je l'ai fait.
00:40:15Manque de bol, je n'avais pas vu,
00:40:16il y avait un mot dans la bouteille
00:40:19des gens qui me l'avaient offert.
00:40:21Donc quand je lui ai donné, elle a ouvert,
00:40:22elle a lu le mot devant tout le monde.
00:40:25Toute l'équipe de Libis,
00:40:26Roissy vous souhaite la bienvenue.
00:40:36Je rentre là-dedans,
00:40:37et puis c'est une ambiance un petit peu snob,
00:40:39un peu parisienne, un peu bobo, tu vois.
00:40:41Avec des mecs qui ont tout lu, tout vu, tout entendu,
00:40:43qui écoutent des podcasts,
00:40:46qui pensent qu'en écoutant simplement France Inter,
00:40:48ils maîtrisent la globalité de la culture française.
00:40:49D'ailleurs, ils ne l'appellent même plus France Inter,
00:40:51ils disent Inter.
00:40:51Oui, j'ai entendu sur Inter.
00:40:53Oui, j'ai entendu sur Inter.
00:40:56Ça m'énerve tellement qu'à la fin du repas,
00:40:58j'invente un livre que j'aurais lu soi-disant.
00:41:01J'ai envie de les piéger, je m'en fous.
00:41:02Je suis un sale gosse.
00:41:05Je dis, qui ici parmi vous a lu
00:41:06« Il pleut sur mon vélo » de Bastien Valvez ?
00:41:10Il y en a un, c'est enfoiré, il dit « Forbidables ».
00:41:19Et il se met à me raconter le livre.
00:41:23Il le raconte tellement bien,
00:41:25il me donne envie de le lire.
00:41:32Moi, comme j'ai inventé, je veux le piéger.
00:41:34Je lui dis « T'as vu à la fin quand ils arrivent au Vietnam ? »
00:41:37Il me dit « Non, au Cambodge, tu comprends. »
00:41:40« Ah, l'enfoiré, il me corrige sur un truc que j'invente. »
00:41:43Et moi, je lui dis « Quoi ? Autant pour moi.
00:41:45Je m'excuse d'avoir fait une erreur sur un truc que j'ai inventé.
00:41:48Ça va loin. »
00:41:50Manon, elle voit ça, elle se lève,
00:41:51elle vient et elle me susurre à l'oreille.
00:41:54Et elle me dit « Si tu veux,
00:41:56quand ils s'en vont tous,
00:41:58on ne peut rester que tous les deux et boire un verre ensemble. »
00:42:00« Oh ! »
00:42:02Ouais, exactement.
00:42:04J'ai eu immédiatement une arrière-pensée.
00:42:06Immédiatement.
00:42:08« Oui, j'assume, j'ai eu une arrière-pensée. »
00:42:10« C'est quoi une arrière-pensée ? »
00:42:11« On sait tout ce que c'est. »
00:42:12« C'est une pensée. »
00:42:13Elle se met là.
00:42:17Et elle attend de...
00:42:22Et en effet, ils sont tous partis.
00:42:23Nous voilà assis, Manon et moi,
00:42:26sur le canapé du salon.
00:42:28On papote, on discute,
00:42:29je bois une tisane, elle boit du champagne.
00:42:31Et à un moment donné, elle me dit
00:42:32« Est-ce que tu veux qu'on aille dans ma chambre ? »
00:42:34Elle a l'arrière-pensée.
00:42:36« Écoute-moi, écoute-moi bien. »
00:42:39Elle est passée en lampe frontale.
00:42:47J'arrive dans la chambre,
00:42:48je suis un peu embarrassé,
00:42:49je ne sais pas comment, tu vois.
00:42:50Je suis un peu timide en vrai dans la vie, tu vois.
00:42:52Je fais le malin et tout, c'est mon métier.
00:42:53Mais dans la vie, je suis réservé, quoi.
00:42:56Elle est là, elle sort une bougie
00:42:58pour créer une atmosphère.
00:43:02Elle dit « Je vais tamiser. »
00:43:05Je suis un peu timide.
00:43:07Elle allume la bougie,
00:43:08je regarde la bougie, la flamme.
00:43:09Elle est là, elle me regarde.
00:43:34Manon, elle ouvre la fenêtre
00:43:35et la flamme, elle se prend un coup devant, tu vois.
00:43:39Je me retourne
00:43:42et elle me dit « Pourquoi tu te retournes ? »
00:43:44Je lui dis « Parce que tu as commencé à te déshabiller. »
00:43:46Moi, je suis gêné, je suis pudique.
00:43:48J'aime bien, j'aime, j'aime l'activité.
00:43:49Enfin, j'aime, je ne sais pas, j'aime l'activité.
00:43:52Non.
00:43:53Donc, Manon, elle commence à se déshabiller.
00:43:55Je me retourne, elle va sous la couette.
00:43:56Elle ne déshabille pas complètement.
00:43:58Mais elle est mi-pijama, mi-dormir, mi-pêt-être.
00:44:06Mais je n'ai pas eu la confirmation.
00:44:08Je n'ai pas, je suis...
00:44:09Mais je respecte, voilà, je suis là,
00:44:10je n'ai pas la confirmation,
00:44:11donc je suis là, je souris.
00:44:13Elle sourit, elle me dit « Viens sous la couette. »
00:44:15Moi, j'ai envie, mais j'ai peur, tu vois.
00:44:16C'est-à-dire, on est dans une période aussi,
00:44:18il y a eu des histoires dans le show business, tout ça.
00:44:20Il faut faire attention, tu vois.
00:44:21Alors certes, il y a des histoires
00:44:22où les mecs, ils ont déconné,
00:44:23et bien oui, ils vont payer pour ça.
00:44:25Mais il y a eu des histoires aussi,
00:44:26où parfois, bon...
00:44:27Et donc, elle m'a dit « Viens. »
00:44:28Je lui ai dit « Est-ce que tu veux ? »
00:44:29Elle m'a dit « Oui. »
00:44:29Je lui ai dit « Dis-le trois fois. »
00:44:33Elle m'a dit « Je veux, je veux, je veux. »
00:44:35Je lui ai dit « Où ça ? »
00:44:35Elle m'a dit « Sous la couette, sous la couette, sous la couette. »
00:44:40Là, je prends mon téléphone,
00:44:41je vais sur « Note » et je dis « Kt. »
00:44:4521 septembre 2022,
00:44:47Manon, demeurant en 71 rue du Cardinal,
00:44:49le moine à Paris dans le 7e,
00:44:50me demande de venir sous la couette
00:44:52dans le but de pratiquer l'activité.
00:44:54Manon, est-ce que tu es d'accord ?
00:44:55Oui, t'es sûr.
00:44:56Oui, peux-tu me redonner ton numéro de sécurité sociale ?
00:45:00Vas-y.
00:45:02Elle me donne toutes les infos,
00:45:03je décris à peu près toutes les positions
00:45:05et l'activité qui va être menée
00:45:06pendant les quelques minutes, quelques heures.
00:45:09Enfin, je ne sais pas, je mets plusieurs options,
00:45:10sans obligation de résultat, bien sûr.
00:45:15Là, je lui demande s'il y a un email.
00:45:16Elle me dit « Oui ».
00:45:17Je lui envoie un DocuSign.
00:45:21Pour être plus sûr,
00:45:22je fais imprimer les documents,
00:45:24j'en tire deux exemplaires pour elle,
00:45:26deux pour moi.
00:45:27Je paraphe, elle paraphe,
00:45:28je signe, elle signe,
00:45:29je contre-signe, elle contre-signe,
00:45:30je range les papiers.
00:45:32Je ne te cache pas qu'après tout l'administratif,
00:45:34j'avais moins envie.
00:45:34Là, c'est tombé.
00:45:42Mais Manon, elle est là,
00:45:44elle se glisse sous la couette
00:45:45et elle me fait un bisou sur la jambe.
00:45:46Je n'ai jamais vu ça.
00:45:47Elle commence par la jambe.
00:45:49Elle s'arrête, elle dit
00:45:49« Ouah, comment tu sens trop bon des genoux ! »
00:45:56Elle remonte,
00:45:59elle me susurre un peu à l'oreille,
00:46:00elle m'embrasse le front
00:46:02et elle me dit
00:46:03« Bonne nuit, petit ange.
00:46:07L'arrière-pensée, elle fait des années-retours,
00:46:09c'est un délire. »
00:46:12Mais je me dis,
00:46:12je vais être honnête avec elle.
00:46:13Je lui dis « Manon, je vais te dire un truc.
00:46:15Je pensais qu'en venant avec toi dans ta chambre,
00:46:16il allait se passer quelque chose.
00:46:17Je lui cache, je suis en la foutre. »
00:46:18Je lui dis « Mais il est en train de se passer quelque chose.
00:46:20C'est peut-être pas exactement la chose que tu voulais qui se passe,
00:46:22mais il se passe quelque chose. »
00:46:25Je lui dis « Oui, moi je te dis,
00:46:26c'est pas ça que je voulais qui se passe. »
00:46:28C'est juste qu'on n'est pas pareil.
00:46:30Elle avait raison, Manon.
00:46:31Les hommes et les femmes,
00:46:31on n'est pas fait pareil.
00:46:33Nous, on est dans un lit avec une femme
00:46:34et tout de suite, on va « Hum, hum, hum, hum. »
00:46:38D'ailleurs, quand elle m'a dit
00:46:39« Après, bien sûr qu'on peut faire l'amour.
00:46:40On peut, c'est facile. »
00:46:41Je lui dis « Mais voilà ! »
00:46:51On se met à discuter.
00:46:53Elle souffle sur la bougie.
00:46:55La bougie.
00:46:58Et là, dans le noir, je lui dis
00:47:01« Est-ce que je peux te poser une question ? »
00:47:03Elle me dit « Bien sûr que tu peux me poser une question.
00:47:04Tu peux poser toutes les questions que tu dis. »
00:47:07Je lui dis « Manon, est-ce que tu crois en l'amour ? »
00:47:12Elle me dit « Bien sûr que je crois en l'amour. »
00:47:15Je lui dis « Alors, ça y est, j'ai compris. »
00:47:17Elle me dit « Qu'est-ce que t'as compris ? »
00:47:20« Que t'es croyante, mais pas pratiquante. »
00:47:37« Croyante, mais pas pratiquante. »
00:47:39Ça arrive, il y a des gens qui sont croyants,
00:47:40qui sont pas pratiquants.
00:47:41J'avais dit que la religion, ça stressait un peu le public,
00:47:45mais non, non.
00:47:46D'ailleurs, je trouve ça assez admirable, les amis.
00:47:47Je voudrais le mentionner,
00:47:48parce que j'ai beaucoup de gratitude pour ça.
00:47:50Ce soir, ici, nous sommes dans une salle avec des gens
00:47:52qui ont chacun leurs histoires, chacun leurs origines,
00:47:56chacun leur chemin, chacun leur religion, chacun leur foi.
00:47:58Et on est tous ensemble.
00:47:59Et on rit ensemble.
00:48:01Je voulais vous dire merci pour ça.
00:48:10Il y a de tout à Bruxelles.
00:48:12Tout.
00:48:13Est-ce qu'il y a des musulmans dans la salle ?
00:48:15Oui.
00:48:17Oui, oui, oui.
00:48:18Il y a des juifs dans la salle ?
00:48:22Waouh !
00:48:22En plus, c'est Shabbat.
00:48:27Est-ce qu'il y a des chrétiens ?
00:48:29Oui.
00:48:38Ah ouais, les catholiques,
00:48:40pendant des années, vous n'osiez pas.
00:48:44Oui, longtemps, oui, longtemps.
00:48:45Le catholique, il ne voulait pas dire
00:48:47que...
00:48:47Oui, mais voilà, on est catholiques,
00:48:49il ne me montre pas la main.
00:48:53Est-ce qu'il y a des protestants ?
00:48:56Waouh, c'est rare, beaucoup d'enthousiasme,
00:48:58j'ai des protestants comme ça, sûr.
00:49:00C'est important pour moi d'envoyer un message de paix,
00:49:03de mélanger tout le monde.
00:49:05Mais j'ai constaté que c'était difficile.
00:49:07Et surtout en ce moment,
00:49:08plus tu vas vers un message de paix,
00:49:10et plus tu te prends les fous de tous les côtés.
00:49:13Si tu es là avec ta propre communauté,
00:49:15tu défends ta communauté,
00:49:17tu es là, fermé,
00:49:18tu dis que tout est de la faute des autres,
00:49:20tu reçois des soutiens galvanisants,
00:49:21mais les autres t'attaquent.
00:49:22Mais si tu es pour la paix,
00:49:23tout le monde t'attaque,
00:49:24tous les fous de partout t'attaquent.
00:49:26Moi, mes amis ne me comprennent même pas quelques fois.
00:49:28Et je veux envoyer ce message de paix.
00:49:30Moi, j'ai des amis qui me disent
00:49:31« Ouais, je ne comprends pas,
00:49:32tu es né au Maroc, dans un pays musulman,
00:49:33tu as été éduqué dans une famille juive,
00:49:35il paraît que tu vas dans les églises,
00:49:36on ne sait plus sur quel pied danser. »
00:49:37Ne danse pas.
00:49:38Déjà, ne danse pas, il n'y a pas à danser.
00:49:40Ils me posent des questions débiles,
00:49:42j'en profite, je les rends fous.
00:49:43J'aime, je suis vraiment un sale gosse.
00:49:44Je suis un sale gosse.
00:49:46Il y en a un autre qui m'a dit
00:49:46« Je ne comprends pas, ton fils,
00:49:48il est baptisé ou il est circoncis. »
00:49:50Alors là, je me suis régalé.
00:49:51J'ai dit « Alors, je t'explique,
00:49:52on a été dans une synagogue avec un imam. »
00:49:54Ouais.
00:49:55Et là,
00:49:57on a ramené le curé,
00:49:58il a coupé et il a dit
00:50:00« Alhamdoulilah. »
00:50:09Même ma propre famille,
00:50:12même ma mère,
00:50:13ma mère,
00:50:14quand elle a appris que j'allais dans les églises,
00:50:15elle était assez intolérante.
00:50:17« Ne va pas là-bas, c'est pas... »
00:50:21« Haram, c'est pas... »
00:50:24« Attention, je n'ai rien contre eux. »
00:50:27« Ah non. »
00:50:29« On les aime beaucoup,
00:50:31mais il n'y a pas la peine de rentrer là-là.
00:50:34J'ai des sons encore.
00:50:36Elle fait l'église avec des sons.
00:50:47Elle m'a dit
00:50:48« Tu sais, un jour,
00:50:49tu vas rentrer là-bas et vont te... »
00:50:52Ce geste,
00:50:52je ne l'ai jamais compris.
00:50:55Ils vont me quoi, maman ?
00:50:56Ils vont me farcir ?
00:50:57Ils vont faire quoi ?
00:50:58Ils vont me...
00:51:02Mais ma mère,
00:51:03elle m'a vraiment, vraiment...
00:51:04À la fois fait rire
00:51:06et à la fois bouleversé.
00:51:07Il y a quelques semaines,
00:51:08j'étais rendre visite à mes parents
00:51:10et c'est mon papa qui m'ouvre la porte.
00:51:12Mes parents,
00:51:13ils vieillissent forcément
00:51:14et j'ai besoin de leur montrer
00:51:17que je suis là pour eux.
00:51:18J'embrasse mon père
00:51:19et je lui dis
00:51:19« Maman, elle est là ? »
00:51:20Il me dit
00:51:20« Oui, va la voir,
00:51:21elle est triste. »
00:51:22« Ah, pourquoi ? »
00:51:24« Va la voir. »
00:51:25Et là, je vais dans sa chambre.
00:51:26Elle est assise devant la télé.
00:51:28Elle a carrément une larme
00:51:29qui coule sur la joue.
00:51:31Et je vais la voir,
00:51:32je la serre fort dans mes bras.
00:51:33Je dis
00:51:33« Qu'est-ce qu'il y a, maman ?
00:51:34T'es triste ? »
00:51:34Elle me dit
00:51:35« Oui, je suis triste. »
00:51:37Je dis
00:51:37« Pourquoi ? »
00:51:38Et là,
00:51:39elle me dit
00:51:41en regardant la télé
00:51:43« Musquine le pape. »
00:51:58Je dis
00:51:59« Maman ? »
00:52:09J'ai rencontré
00:52:11le pape François.
00:52:12Paix à son âme.
00:52:13Qu'on soit croyant,
00:52:13pas croyant,
00:52:14catho, juif, musulman,
00:52:15c'était un homme de paix
00:52:15que j'ai respecté
00:52:16avec qui j'ai eu un échange.
00:52:17Cette phrase est assez folle.
00:52:19J'ai rencontré le pape.
00:52:21Parce que moi,
00:52:21j'ai grandi
00:52:22comme beaucoup d'entre vous
00:52:23avec une famille
00:52:24où le mot,
00:52:25l'expression
00:52:26le pape,
00:52:27elle était dite
00:52:28dans des contextes
00:52:29absolument pas
00:52:30religieux
00:52:31ni spirituels.
00:52:32C'était des trucs délirants
00:52:33du genre
00:52:33« Et ça,
00:52:34qui va ranger ?
00:52:34C'est le pape ? »
00:52:38Un jour,
00:52:39mon père,
00:52:39il a dit à ma sœur
00:52:40« Où tu vas toi
00:52:40habillé comme ça ?
00:52:41Voir le pape ? »
00:52:44Je ne te cache pas
00:52:45que le jour
00:52:45où je partais au Vatican,
00:52:46j'ai mis un costard cravate.
00:52:47Je devais passer
00:52:48prendre des trucs
00:52:48chez mes parents.
00:52:49Mon père,
00:52:49il m'a dit
00:52:50« Tu vas où habillé comme ça ? »
00:52:51Je n'ai pas osé
00:52:51lui répondre.
00:52:55Et j'ai été voir le pape.
00:52:57J'ai atterri à Rome.
00:52:58On vient me chercher
00:52:58à l'aéroport.
00:52:59C'est un cardinal,
00:53:00chef du protocole
00:53:01du Saint-Siège.
00:53:02Un italien
00:53:03qui parle en français.
00:53:04C'est ce qu'on m'avait annoncé.
00:53:27C'est ce qu'on m'avait annoncé.
00:53:44Et le gars
00:53:46me conduit
00:53:47vers le Vatican.
00:53:48Ce n'est pas très loin.
00:53:49Et il parle
00:53:50et il me raconte
00:53:50l'histoire des papes
00:53:51et puis deux
00:53:52et puis trois
00:53:52et puis quatre
00:53:53et puis six
00:53:54et puis nous
00:53:54et puis vous
00:53:55et puis les autres
00:53:55et Jean-Paul
00:53:56et Paul
00:53:56et Paul II
00:53:58et Paul VI
00:53:58et Benoît
00:53:59et Jean-Paul
00:54:00et Christophe
00:54:01et Saint-Pin
00:54:01et Mathieu
00:54:02et les autres
00:54:03et nous
00:54:03et vous.
00:54:04J'en peux plus,
00:54:05le gars,
00:54:05je vais craquer.
00:54:06On arrive au Vatican,
00:54:07les amis.
00:54:07Alors,
00:54:07je ne sais pas
00:54:08si vous avez déjà été
00:54:08au Vatican.
00:54:10Comment vous dire,
00:54:11je ne veux pas rentrer
00:54:11dans un débat
00:54:11avec les cathos,
00:54:12mais toutes les valeurs
00:54:13du christianisme
00:54:14dont on parle
00:54:14du catholicisme,
00:54:15c'est-à-dire,
00:54:16bon,
00:54:17le dénuement,
00:54:18la pauvreté,
00:54:18la simplicité.
00:54:29T'arrives là-bas,
00:54:30on dirait,
00:54:30c'est Coco,
00:54:31il a fait la décoration.
00:54:33Sur la tête de ma mère,
00:54:34il y a du marbre,
00:54:35il y a de l'or.
00:54:36Les gardes suisses,
00:54:37ils sont habillés
00:54:38aux couleurs de Lidl.
00:54:43Les cardinaux
00:54:44ont des kippas.
00:54:47Et on rentre
00:54:47dans un couloir
00:54:48et on se dirige
00:54:48pour aller voir
00:54:49pour le pape.
00:54:49À ce moment-là,
00:54:50je me dis,
00:54:50mais d'où je viens ?
00:54:51Qui suis-je ?
00:54:52Et me voilà
00:54:52en train de me diriger
00:54:53vers le Saint-Père
00:54:54pour le rencontrer
00:54:54et parler de la paix
00:54:55et du dialogue interreligieux.
00:54:56C'est beau,
00:54:57la mission est belle,
00:54:58mais j'ai le trac,
00:54:59j'ai le complexe du blédard.
00:55:00Je me dis,
00:55:01il ne faut pas que je sorte
00:55:02un truc,
00:55:03il ne faut pas que je...
00:55:05Tu vois que je...
00:55:06Tu sais comment on est,
00:55:07on a l'impression
00:55:08qu'on va bégayer,
00:55:11qu'on va avoir...
00:55:13Et j'arrive dans le couloir
00:55:15et l'autre qui continue.
00:55:15Et par la suite,
00:55:16il faut beaucoup le voir.
00:55:19Il faut poser le restaurant
00:55:20et manger pour les cadeaux
00:55:22avec les médias
00:55:22pour faire la photo.
00:55:24Mais après,
00:55:24il faut prendre...
00:55:25Je dis,
00:55:25OK, ça va, ça y est.
00:55:26Il commence à m'énerver.
00:55:27Je suis là,
00:55:27tu vois,
00:55:28on marche,
00:55:28il faut prendre,
00:55:29faire la voiture
00:55:30et partir dans l'avion.
00:55:32Après,
00:55:32je n'ai pas envie de dire,
00:55:33c'est ça ton travail ?
00:55:34Toi,
00:55:34toute la journée,
00:55:34tu n'as pas pris...
00:55:38Et j'arrive devant le pape
00:55:39et là,
00:55:40il m'arrive un truc.
00:55:41Les amis,
00:55:42il m'arrive un truc là.
00:55:46Je suis un maître du pape,
00:55:47je m'apprête à le saluer
00:55:48et je suis envahi,
00:55:50les amis,
00:55:50envahi de la tête aux pieds
00:55:52par une voix.
00:55:57Et je n'arrive pas
00:55:58à la dégâcher de mon cerveau.
00:56:17Pourquoi maintenant ?
00:56:18Putain,
00:56:19qu'est-ce qui se passe ?
00:56:20Et plus j'essaie
00:56:20de la dégager
00:56:21et plus elle s'amplifie.
00:56:23Artigiane de la qualitat !
00:56:26J'ai l'impression
00:56:27que je vais aller vers le pape,
00:56:28il va me dire lui-même
00:56:29et voilà !
00:56:44On a eu un entretien
00:56:46très très très enrichissant
00:56:48et il m'a offert
00:56:49deux cadeaux
00:56:50pour mes enfants
00:56:51et il a prié pour moi.
00:56:54Moi,
00:56:54quand on prie pour moi,
00:56:55quelle que soit la religion,
00:56:56je prends la prière.
00:56:57Je n'ai pas besoin
00:56:58que tu sois
00:56:59de la même religion
00:57:00que moi
00:57:00pour prier.
00:57:01J'ai juste besoin
00:57:02que ta prière
00:57:02elle soit sincère
00:57:04et il a prié pour moi
00:57:06et j'étais content.
00:57:06J'arrive à Paris
00:57:07avec les deux cadeaux
00:57:08pour mes enfants.
00:57:09J'ai donc deux garçons,
00:57:1124 ans et 11 ans.
00:57:12C'est un écart assez important
00:57:13donc forcément
00:57:14quand on est en vacances ensemble
00:57:15ce n'est pas
00:57:15les mêmes centres d'intérêt,
00:57:16les mêmes activités,
00:57:17la même énergie forcément
00:57:18que tu déploies.
00:57:21Ben oui,
00:57:2124 ans et 11 ans,
00:57:22il y en a un
00:57:22il est toujours en train
00:57:23de dire des conneries,
00:57:24de sauter à l'eau,
00:57:25de rire sans raison,
00:57:26de pleurer.
00:57:26Il veut voir
00:57:27des dessins animés la nuit,
00:57:28bouffer des bonbons le matin,
00:57:29enfin c'est...
00:57:31Et l'autre,
00:57:32il a 11 ans.
00:57:45Il est très intelligent,
00:57:46pas plus intelligent
00:57:47que les autres
00:57:47mais quand même
00:57:47assez intelligent,
00:57:48assez éveillé,
00:57:49ça n'arrête pas
00:57:49de tourner dans sa tête.
00:57:50Alors à l'école
00:57:51parfois il fait
00:57:51des petites bêtises.
00:57:53Récemment
00:57:54on a été convoqué
00:57:54sa mère et moi
00:57:55par la directrice
00:57:58et on y a été ensemble
00:57:59parce que je m'entends
00:57:59très bien avec sa maman.
00:58:01On a une relation
00:58:01tous les deux
00:58:02qui fait que basé
00:58:03sur des valeurs communes
00:58:04nous lui transmettons
00:58:05un projet éducatif
00:58:05qui vise...
00:58:08Dans un premier temps
00:58:08je suis désolé
00:58:09c'est mon avocat
00:58:10il veut que je dise ça
00:58:10tous les soirs.
00:58:16Et on a été voir
00:58:17la directrice
00:58:18de l'établissement
00:58:19qui nous a accueillis
00:58:20avec sa gestuelle
00:58:20caractéristique
00:58:21des membres
00:58:22de l'éducation nationale
00:58:23en France.
00:58:30Alors,
00:58:31bon,
00:58:36ce qui s'est passé
00:58:36il y a deux jours
00:58:37c'est que votre enfant
00:58:39s'est déchaussé
00:58:40carrément
00:58:41et il s'est servi
00:58:42de sa chaussure
00:58:43comme d'un téléphone portable
00:58:45et
00:58:46quand
00:58:47le surveillant
00:58:48a été le voir
00:58:49pour lui dire de cesser
00:58:50il lui aurait dit
00:58:51alors je cite
00:58:51il lui aurait dit
00:58:53oui
00:58:54mais vous voyez bien
00:58:55que je suis en ligne.
00:59:01J'étais fier.
00:59:14sa maman
00:59:15elle avait envie
00:59:15de péter un câble
00:59:17moi
00:59:17j'aurais vécu d'une chose
00:59:18c'est dire à la directrice
00:59:19bougez pas
00:59:20je vais appeler le petit
00:59:21tout de suite
00:59:29puis elle a continué
00:59:30et quand par la suite
00:59:31et bien je
00:59:33je suis descendu
00:59:34moi-même
00:59:34pour
00:59:35pour lui
00:59:36lui dire de cesser
00:59:37puis de se rechausser
00:59:39et bien
00:59:39il a commencé
00:59:40à courir
00:59:41de partout
00:59:42et
00:59:43il a
00:59:45commencé à parler
00:59:45à son interlocuteur
00:59:48imaginaire
00:59:50enfin
00:59:50je suppose
00:59:51qu'il était imaginaire
00:59:54quand elle a dit
00:59:54je suppose
00:59:55qu'il était imaginaire
00:59:58à cet instant
00:59:59j'ai perdu la foi
00:59:59la confiance
01:00:00en tout
01:00:00le système
01:00:01de l'éducation nationale
01:00:03français
01:00:04je me suis dit
01:00:05si la directrice
01:00:06elle-même
01:00:06n'est pas capable
01:00:07d'être formelle
01:00:08sur le fait
01:00:08qu'il n'y a personne
01:00:09dans la godasse
01:00:09de mon fils de 11 ans
01:00:13j'avais envie
01:00:14de lui dire
01:00:14madame
01:00:14j'ai un ami
01:00:15il a une voiture
01:00:16il peut passer
01:00:16vous prendre
01:00:24le petit
01:00:25il a vu ce spectacle
01:00:26et forcément
01:00:26il y a découvert
01:00:27cet extrait
01:00:29et un
01:00:31après le spectacle
01:00:32j'étais dans la loge
01:00:32il m'attendait
01:00:33assis
01:00:35et
01:00:35il a 11 ans
01:00:36c'est un pré-adolescent
01:00:37et
01:00:37il s'exprime
01:00:38avec peu de mots
01:00:39comme tous les
01:00:40pré-ado
01:00:41je lui dis
01:00:41ça va
01:00:41ça t'a plu le spectacle
01:00:42il m'a dit
01:00:43j'avoue
01:00:53je lui dis
01:00:54mais tu t'as aimé
01:00:55il m'a dit
01:00:56tu gères
01:01:02mais je lui dis
01:01:03mais t'es sûr
01:01:03il m'a dit
01:01:03t'inquiète
01:01:06sauf que moi
01:01:07j'avoue
01:01:07je gère pas
01:01:08et ça m'inquiète
01:01:20je voulais juste
01:01:21je voulais juste te dire
01:01:21papa
01:01:22en fait
01:01:23j'ai beaucoup aimé
01:01:25le spectacle
01:01:26et je te trouve
01:01:27vraiment trop
01:01:28trop marrant
01:01:29et en fait
01:01:31la seule chose
01:01:32que je voulais te dire
01:01:33c'est à un moment donné
01:01:35dans le spectacle
01:01:35t'as parlé de moi
01:01:38mais oui mon fils
01:01:38mais c'était pour faire rire
01:01:39et ça va
01:01:40ça t'a pas plu
01:01:41oui non
01:01:41ça m'a beaucoup plu
01:01:42ils ont trop trop ri
01:01:45donc c'est bien non
01:01:46ouais c'est bien
01:01:47mais
01:01:48mais en fait
01:01:49c'est mon histoire
01:01:51et
01:01:52et quoi
01:01:53et ben
01:01:54toi
01:01:55tu fais payer
01:01:56les places
01:02:09qu'est-ce que tu veux dire
01:02:10que
01:02:11enfin
01:02:11qu'est-ce que tu veux dire
01:02:12par là
01:02:12ben en fait
01:02:13comme c'est mon histoire
01:02:17ben pour moi
01:02:18c'est un peu du plagiat
01:02:22ah non tu vas pas
01:02:22t'y mettre toi aussi
01:02:25pour ceux qui ont pas
01:02:26la ref
01:02:27en 2017
01:02:28j'ai été accusé
01:02:29par des comiques francophones
01:02:30ainsi que par
01:02:31beaucoup de journalistes
01:02:32d'avoir
01:02:33volé des blagues
01:02:34à des comiques canadiens
01:02:35et de les avoir mises
01:02:36dans mon spectacle français
01:02:37ce qui est totalement faux
01:02:38car ces comiques
01:02:39étaient américains
01:02:47ça m'est suivi
01:02:48un bad buzz terrible
01:02:50ah là là
01:02:51c'était chaud
01:02:52les amis
01:02:52ah ouais
01:02:53j'avais ma gueule
01:02:54en couverture
01:02:55de tous les magazines
01:02:57en mode
01:02:58ennemi public
01:02:59numéro 1
01:03:00les gros titres
01:03:01qui disaient
01:03:02a-t-il volé
01:03:04moi j'avais peur
01:03:05je croyais
01:03:06qu'il savait
01:03:07pour l'ananas
01:03:15ah ça a fait un drame
01:03:16dans ma famille
01:03:17ma mère
01:03:17la pauvre
01:03:18ma mère
01:03:19mskina
01:03:19à longueur de journée
01:03:20qui disait
01:03:20à toute la famille
01:03:21notre fils
01:03:22n'est pas un plagiste
01:03:27mon père
01:03:28le pauvre
01:03:28il voulait faire
01:03:29l'attaché de presse
01:03:30il voulait défendre
01:03:31mon image
01:03:32il s'était improvisé
01:03:33en conseiller
01:03:34de communication
01:03:35de crise
01:03:36il faut
01:03:40il faut
01:03:40que tu fais
01:03:41une vidéo
01:03:42dans Youtube
01:03:48dans laquelle
01:03:49on te voit
01:03:49que
01:03:51tu sauves
01:03:52la vie
01:03:52d'un petit chat
01:04:01je me dis
01:04:02je veux pas
01:04:02qu'est-ce que tu racontes
01:04:03on a même pas de chat
01:04:04j'organise
01:04:08je lui jette
01:04:09dans l'eau
01:04:09à mâto
01:04:09tu plonges
01:04:10tu sors le chat
01:04:12tout le monde
01:04:13les français
01:04:13il dit
01:04:13oh là là
01:04:14ça y est
01:04:15les gentils
01:04:15tu vois
01:04:18ça
01:04:18ou alors
01:04:19tu trouves
01:04:19des handicapés
01:04:20tu fais
01:04:21tes amis
01:04:22des photos
01:04:22la rigolade
01:04:25mais enfin
01:04:26papa c'est malhonnête
01:04:26on peut pas faire ça
01:04:27on peut pas utiliser
01:04:29les gens
01:04:29pour notre image
01:04:30si
01:04:30il faut redorer
01:04:32ton blouson
01:04:35un jour
01:04:35un journaliste
01:04:36m'a dit
01:04:36mais alors
01:04:37vous leur en voulez pas
01:04:37à tous ces gens
01:04:38qui vous ont abandonné
01:04:39sur le bord du chemin
01:04:40j'ai dit non
01:04:40ça n'est pas parce qu'ils m'ont perdu
01:04:42comme ami
01:04:43qu'ils m'ont gagné
01:04:44comme ennemi
01:04:47alors n'applaudissez pas
01:04:49s'il vous plaît
01:04:49cette phrase
01:04:50n'est pas de moi
01:04:54on va retomber
01:04:55dans les problèmes
01:04:56encore
01:04:58elle est de tout
01:04:59pas
01:05:07la raison pour laquelle
01:05:08ce spectacle
01:05:09s'appelle lui-même
01:05:09c'est parce que
01:05:10j'étais en quête
01:05:10et en crise existentielle
01:05:12pour me rapprocher
01:05:13de ce que je suis
01:05:13j'ai voulu savoir
01:05:15d'où je venais
01:05:16pas au sens identitaire
01:05:18je sais où je suis né
01:05:18je suis né au Maroc
01:05:19justement
01:05:20je sais où j'ai vécu
01:05:21je connais
01:05:21mais j'avais envie
01:05:22d'aller plus loin
01:05:23et alors
01:05:24j'ai fait un truc
01:05:25je sais pas s'il y en a
01:05:25qui ont essayé ça
01:05:26j'ai fait un test ADN
01:05:29il y en a qui ont essayé ?
01:05:30alors le test ADN
01:05:31pour ceux qui connaissent pas
01:05:32c'est très simple
01:05:33le principe
01:05:33c'est des organismes
01:05:34à qui tu envoies
01:05:35un échantillon de salive
01:05:36dans un petit tube
01:05:37en plastique
01:05:38qu'on te fournit
01:05:38tu remplis un formulaire
01:05:41et tu l'envoies
01:05:42et eux ils te donnent
01:05:43le résultat de ton
01:05:45patrimoine génétique
01:05:45ils te disent également
01:05:46si t'as des frères
01:05:47et sœurs
01:05:48dans le monde
01:05:48que tu ne connaissais pas
01:05:55raison pour laquelle
01:05:55j'ai fait ce test
01:05:56sous un pseudonyme
01:05:57je me suis fait appeler
01:05:59Joseph Goodman
01:06:01vivant au Colorado
01:06:02je m'en fous
01:06:02j'ai envoyé ça
01:06:03Joseph Goodman
01:06:04c'est parti
01:06:04j'ai reçu les résultats
01:06:05rien de choquant
01:06:06rien de surprenant
01:06:07rien de...
01:06:07mais le plus intéressant
01:06:08là-dedans
01:06:09c'est que quelques semaines
01:06:09plus tard
01:06:10ma sœur m'appelle
01:06:10elle me dit
01:06:11regarde il faut que je te parle
01:06:12je dis qu'est-ce qui se passe
01:06:16elle me dit
01:06:17j'ai fait un test ADN
01:06:18je lui dis alors
01:06:20elle me dit
01:06:20j'ai reçu les résultats
01:06:21je lui dis alors
01:06:22elle me dit
01:06:22tu vas pas le croire
01:06:23je dis qu'est-ce qui se passe
01:06:24elle me dit
01:06:24on a un frère
01:06:25il s'appelle
01:06:27Joseph Goodman
01:06:29merci
01:06:30vous avez été incroyable
01:06:31merci beaucoup
01:06:32bonne soirée
01:06:33à bientôt
01:06:34à bientôt
01:07:36...