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  • il y a 3 heures

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Transcription
00:00Genre là, t'as fait pleurer ta mère, t'assumes tes choix.
00:02J'étais en prison à Strasbourg, comme dans d'autres villes, elle venait quand même se déplacer.
00:07Toutes les excuses du monde que je devrais sortir, ce serait pour ma mère.
00:10La question du pardon, elle est tellement importante que dans toutes les spiritualités, elle est centrale.
00:14Genre en islam, la porte du pardon, elle est toujours ouverte.
00:17Et dans une société avec beaucoup de contradictions, de tentations, tout ça, c'est important de se pardonner les uns
00:22les autres.
00:22Sauf que j'ai remarqué qu'il y a des frères, des sœurs à moi qui n'arrivent pas à
00:25se pardonner,
00:26qui n'arrivent pas à se pardonner eux-mêmes et qui n'arrivent pas à demander pardon.
00:28Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, Hotman, il vient montrer l'exemple.
00:31Sans exemple paternel, vu que j'étais l'aîné de ma famille, c'était à moi de tout endosser, on
00:35va dire un peu.
00:36Du coup, j'ai fait du trafic, j'ai fait des allers-retours en prison.
00:39J'aimerais m'excuser énormément pour toutes ces soirées de stress qu'elle a eues.
00:43Là, on capte qu'il y a plusieurs réalités qui habitent en même temps.
00:46Genre, il y a une réalité, c'est bien sûr qu'on n'est pas là pour applaudir les comportements
00:50mauvais.
00:51Genre là, t'as fait pleurer ta mère, t'assumes tes choix.
00:53Sauf que deuxième réalité qui existe aussi, c'est est-ce que c'est vraiment ton choix ?
00:57C'est facile d'être rempli de bons choix, de bons soupçons, de principes.
00:59Mais le principe, c'est toujours un peu le reflet des privilèges.
01:02Et la vérité, c'est que si toi, à 13 ans, t'avais pas besoin de nourrir ta mère, c
01:05'est facile de faire des bons choix.
01:06T'as besoin d'argent, t'es là, tout le monde autour de toi vend de la cam.
01:09C'est logique que toi, bah tu vendes de la cam.
01:10J'ai appris la langue du silence, j'ai côtoyé des visages sans avenir.
01:13J'ai vu des rêves mourir dans des cellules de 9 mètres carrés.
01:16Et aujourd'hui, je suis là devant vous, libre.
01:19Troisième réalité qui existe aussi, c'est qu'on peut pas tout dire.
01:22Si je dis qu'en France, le cannabis est surcriminalisé pour justifier une guerre sociale.
01:26Si je dis qu'un environnement crapuleux amène à devenir une crapule.
01:29Si je dis qu'une société qui contrôle 20 fois plus les noirs et les arabes,
01:32bah retire une partie de leur innocence inévitablement.
01:35Et bah là, on va me regarder en bizarre, on va me dire,
01:37mais Féris, t'essaies de trouver des excuses.
01:39Alors qu'en vrai, excuser et pardonner, ça a aucun rapport.
01:41On peut très bien expliquer sans excuser.
01:51Quand j'entends ça, moi je pense à tous ceux qui n'ont pas eu la chance,
01:54comme Utmen, de changer.
01:55Parce que pour changer, il faut se pardonner.
01:57Et pour se pardonner, bah il faut s'aimer un peu.
01:59Et s'aimer quand le monde ne te voit qu'en criminel, c'est une galère.
02:02Par contre, quand la communauté te voit en modèle, là ça va mieux.
02:04Parce que moi je le vois en Utmen, dans toutes les cités de France,
02:06ça devient un modèle de fou, ça devient un grand frère dans toutes les cités où on passe.
02:09Je vois à quel point il fait attention à des mamans qui ont leur fils au star,
02:12et il est toujours là pour elles.
02:13Donc c'est que comme ça qu'on va vraiment changer la mentale.
02:16C'est que comme ça qu'on sera là les uns pour les autres,
02:18et qu'on va ramener un peu d'espoir.
02:20Parce que aussi crapuleux sois-tu, on va tendre la main.
02:23Et c'est comme ça qu'on va finalement garder les portes du pardon ouvertes,
02:27les uns avec les autres.
02:28Et on est fiers de toi, bref.
02:29Je m'excuse auprès de ma mère pour avoir voulu être l'homme qui manquait à la maison,
02:33alors que j'aurais dû être simplement son fils.

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