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Deux astronomes américains se disputent la paternité d'un météore qu'ils ont tous deux aperçu. Cette rivalité met à mal le projet de mariage que le fils de l'un et la fille de l'autre ont formé, surtout quand des observations plus approfondies révèlent que le bolide est composé d'or pur...

Distribution
Philippe Avron : Zéphyrin Xirdal
Bernard La Jarrige : Dean Forsyth
= François Maistre : Sydney Hudelson
René Clermont : le juge Proth
Jacques Debary : Lecœur
France Delahalle : Madame Hudelson
Jacques Ciron : Francis
Sybil Saulnier : Jenny
Frédéric de Pasquale : Seth Stanfort
Monique Barbillat : Arcadia Walker
Laurence Badie : Madame Thibault
Clément Michu : Omicron
Jean-Marie Bernicat : Marcel

Réalisation : Roger Iglésis
D'après le roman de Jules Verne, publié en 1908 à titre posthume
= Jules Verne conserva dans ses notes de travail une coupure de presse relatant le passage d'un bolide traversant le nord de la France le soir du 16 août 1901. Il commence la rédaction du roman peu après...

#encoreunbonprogramme
#vosouvenirstélé

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Personnes
Transcription
00:00:00C'est parti !
00:00:48Pardonnez-moi, monsieur. Il est bien 11h58, n'est-ce pas ?
00:00:53Il est 11h58, 20 secondes, oui, très exactement.
00:00:59Merci.
00:01:10S'il n'est pas là à midi, je n'épouse pas.
00:01:27Miss Arcadia Walker, je vous salue.
00:01:30Bonjour, monsieur Stamford.
00:01:32Êtes-vous toujours d'accord, Miss Walker ?
00:01:33Toujours, monsieur Stamford. Nous étions bien convenus de nous marier aujourd'hui même à Weston à midi.
00:01:38Parfaitement, à midi.
00:01:39Eh bien, je crois qu'il est temps. Allons.
00:01:44Monsieur le juge Prats.
00:01:46Oui, lui-même, monsieur.
00:01:48Monsieur le juge Prats. Je suis Mr. Seth Stanford de Boston, Massachusetts.
00:01:53Enchanté, Mr. Stanford.
00:01:55Et moi, je suis Miss Arcadia Walker de Trenton, New Jersey.
00:01:58Très honoré, Miss Walker.
00:02:00Monsieur le juge Prats. Je désire devenir le mari de Miss Walker.
00:02:04Et moi, la femme de Mr. Seth Stanford, monsieur le juge.
00:02:07Je suis à votre disposition. Quand vous conviendrait-il qu'il soit procédé à ce mariage ?
00:02:12Mais dès maintenant, Mr. Prats, si vous êtes libre.
00:02:15Ah oui, oui. Si vous le permettez, je ne vous demanderai qu'un instant. Le temps de vider mon arrosoir.
00:02:23Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer...
00:02:25Est-il vraiment nécessaire, monsieur le juge, de descendre de vélo-cipède ?
00:02:30Ma foi, Miss Walker, je ne connais aucune loi qui l'exige.
00:02:34Voici nos permis, Mr. Prats, rédigés par les grèves de Boston et de Trenton, après acquittement des droits de licence.
00:02:41Oui, mais ces papiers sont parfaitement en règle. Je suis prêt à procéder à la cérémonie.
00:02:49Mr. Seth Stanford, consentez-vous à prendre pour épouse Miss Arcadia Walker ?
00:02:56Oui.
00:02:58Miss Arcadia Walker, consentez-vous à prendre pour mari Miss Seth Stanford ?
00:03:03Oui.
00:03:05Au nom de la loi, Mr. Stanford et Miss Arcadia Walker, je vous déclare unis par le mariage.
00:03:15Et je vous présente toutes mes félicitations.
00:03:20Pour un horaire, Mr. Prats.
00:03:22Merci.
00:03:23Pour les pauvres, monsieur le juge.
00:03:25Merci, Mrs. Stanford. Merci pour eux.
00:03:28Venez, mon cher.
00:03:33Je vais vous présenter à mon cousin Hans.
00:03:45Ce même jour, un second mariage qui devait réunir deux sympathiques amis d'enfance, Francis Forsythe et la ravissante Jenny
00:03:52Hudson, était également sur le point de se conclure.
00:03:56Quelle heure est-il, maman ?
00:03:57Presque midi, déjà.
00:03:58Mais qu'est-ce qu'il peut faire là-haut depuis hier soir ?
00:04:00J'espère qu'il n'a pas oublié.
00:04:01Voilà trois fois que je lui demande de se préparer, mais il ne répond même pas.
00:04:04Francis et Mr. Forsythe vont arriver. Je parie qu'il n'est même pas encore rasé.
00:04:08Ça sûrement pas. Il n'a même pas pris son petit déjeuner.
00:04:10Le jour de mes fiançailles.
00:04:12Je vais dire à Miss de retirer les poulets.
00:04:13On les remettra quand tout le monde sera là.
00:04:17Mon Dieu, on s'en est, ce sont eux.
00:04:21Ah, Francis, mon enfant. Vous êtes seul ?
00:04:23Oui, je suis venu en éclaireur. Mon oncle n'est pas tout à fait prêt.
00:04:26Comment lui non plus ?
00:04:27Il m'a promis de ne pas trop tarder.
00:04:29À vrai dire, je ne sais pas ce qu'il a.
00:04:30Depuis hier soir...
00:04:31Mais il n'est pas malade ?
00:04:32Non. Enfin, j'espère que non. Il n'a pas dîné.
00:04:34Je l'ai entendu marcher toute la nuit.
00:04:36Et ce matin, je n'ai même pas pu le voir.
00:04:37Il s'est barricadé sur la terrasse avec Omicron.
00:04:39Mais pourquoi ?
00:04:40Et bien parce qu'Omicron...
00:04:41Enfin, il n'a rien voulu me dire.
00:04:42Vous le connaissez quand ça marotte, le prince.
00:04:44Enfin, peut-être le docteur Adelson pourra-t-il nous expliquer.
00:04:47Oh, mon pauvre ami.
00:04:48Mon mari est encore pire que votre oncle, si c'est possible.
00:04:51Il est là-haut, enfermé, lui aussi.
00:04:54Enfin, si vous parvenez à le ramener sur Terre, moi, j'y renonce.
00:04:57Là-haut, en plein jour ?
00:04:58C'est étrange, vous ne trouvez pas ?
00:05:01Comme si nos fiançailles n'étaient pas aujourd'hui la seule chose qui compte.
00:05:04Mon amour.
00:05:07Je n'ai pas rêvé, tout de même.
00:05:09Sûrement pas, M. Forzaite.
00:05:10Ou alors, on serait deux à avoir fait le même rêve.
00:05:11C'est rageant.
00:05:12Oui, il finirait bien par reparaître.
00:05:14Si seulement ces maudits nuages pouvaient se dissiper.
00:05:16Ah, je crois que le vent s'éleve, M.
00:05:18D'ailleurs, la cime des arbres ondule.
00:05:19Qu'est-ce qui ondule ?
00:05:20La cime des arbres, M.
00:05:21Depuis 25 ans que j'attends cette découverte et être arrêté par des nuages.
00:05:25Vous ne pouviez tout de même pas prévoir cette apparition, M.
00:05:27Ah, celle-là précisément, non.
00:05:29Mais je savais, Omicron, tu m'entends ?
00:05:30Je savais que quelque chose se produirait dans le ciel
00:05:33et que je serais le premier à l'annoncer à mes idiots de contemporains.
00:05:36Ça, je n'en ai jamais douté un instant.
00:05:37Pas jamais un instant.
00:05:38Et moi non plus, M.
00:05:40Avec tout ça, moi je prends froid, j'ai des frissons.
00:05:41C'est le frisson de Copernic, celui qui précède les grandes découvertes.
00:05:45Le ciel t'entend un micron, mais je crois plutôt que c'est le signe d'un beau rub.
00:05:48Hé !
00:05:49Ah, mon souhait, M.
00:05:49Le ciel se dégire.
00:05:51Ah, vous voyez ?
00:05:52Ma mère, M. disait toujours,
00:05:53s'il y a dans le ciel assez d'azur pour se tailler un mouchoir,
00:05:56il ne tardera pas à y en avoir pour un pantalon.
00:05:58Et même davantage.
00:05:59C'est toi !
00:06:00Oui, monsieur.
00:06:00Vous voyez quelque chose ?
00:06:02Oh !
00:06:05Oh !
00:06:06Oh !
00:06:08Oh !
00:06:08Oh !
00:06:09Quelle heure maintenant, au micron ?
00:06:10Quelle heure ?
00:06:1212h39, 13s, monsieur.
00:06:13Non, non, non, non.
00:06:14Il est là, monsieur ?
00:06:15Oh, ça y est.
00:06:17Je le tiens.
00:06:19Oh, quelle beauté.
00:06:21Quel éclat.
00:06:22Quel splendide.
00:06:23Puisse voir, s'il vous plaît.
00:06:24Ne bouge pas.
00:06:25Oh, je n'ai jamais vu une chose pareille.
00:06:27Ah, non, c'est fantastique.
00:06:30Extraordinaire.
00:06:31Quelle heure ?
00:06:31Quelle heure maintenant ?
00:06:3312h39, 23s.
00:06:34Note, note, note, note.
00:06:35Il faut absolument que j'aille faire part de ma découverte
00:06:37à l'Académie des sciences de Washington.
00:06:39Mais plutôt non, à l'Observatoire de Bichburg.
00:06:41Et en même temps, au délai Washington.
00:06:42Et bien, qu'est-ce que tu attends ?
00:06:43Qui est prêt ?
00:06:43Après, toujours prêt.
00:06:44Sinon, une lettre écrite ?
00:06:45Oui, c'est écrit.
00:06:46Une lettre !
00:06:47Ah, pardon.
00:06:48Alors, à la date de ce jour, monsieur le directeur.
00:06:50Oui, monsieur...
00:06:51J'ai le...
00:06:52Pardon, monsieur, quel directeur ?
00:06:52Celui de l'Observatoire ou celui du journal ?
00:06:54Qu'importe, puisque c'est pareil.
00:06:55Le directeur d'Observatoire, c'est le même que celui du journal.
00:06:58Mais non, imbécile, je veux dire la même lettre.
00:06:59Dépêche-toi.
00:07:00Je me dépêche.
00:07:00Allô ?
00:07:01Monsieur le directeur.
00:07:02J'ai l'honneur de porter à votre connaissance
00:07:05les faits suivants.
00:07:07Ah.
00:07:09À quelle heure, Omicron ?
00:07:10À 17h30 chez Watson.
00:07:12Quoi ?
00:07:13Non, ça, c'est mon rendez-vous avec Betty Bounsette.
00:07:15Mon Omicron !
00:07:16À 12h39, 13s.
00:07:18À 12h39, 13s.
00:07:20Et faisons avec le méridien un angle de...
00:07:21Avec le méridien un angle de...
00:07:23Un angle de 39 degrés, 30s exactement que j'ai pu mesurer.
00:07:28J'ai pu observer pendant 20s, très exactement, l'apparition...
00:07:33L'apparition...
00:07:36Une heure moins le quart.
00:07:37Ma sauce va être perdue.
00:07:39C'est affreux.
00:07:40Francis, j'ai peur.
00:07:41Mon père est sûrement devenu fou.
00:07:42Pas en même temps que mon oncle, rassurez-vous.
00:07:44Je vais encore aller voir.
00:07:45Et s'il refuse d'ouvrir cette fois, n'hésitez pas.
00:07:48Enfoncez la porte.
00:07:48J'enfonce la porte.
00:08:01Pipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipipip
00:08:02Non, monsieur, non, nous l'attendons.
00:08:04Oh, tiens, tiens, tiens.
00:08:05Francis est venu en éclaireur.
00:08:07Mr Forsythe le suit.
00:08:08Prenez un verre, papa.
00:08:09Comment ?
00:08:09Prenez un verre, papa.
00:08:11Ah, non, merci, il faut d'abord que je passe à la poste.
00:08:13À la poste, maintenant ?
00:08:14Oui, j'en ai pour un instant le temps d'expédier ces lettres.
00:08:16Mais voyons, si ce n'est, tout est prêt, on va servir.
00:08:18Comment ?
00:08:19On va servir.
00:08:20Vous les porterez après déjeuner.
00:08:21Je peux les poster, si vous le permettez.
00:08:23Non, impossible, c'est extrêmement urgent.
00:08:25Si vous saviez pourquoi, mes enfants, c'est un grand jour que le jour d'aujourd'hui.
00:08:31On ne le dirait pas.
00:08:33Que se passe-t-il ?
00:08:34Bien, si vous alliez chercher votre oncle.
00:08:36Vous avez raison, je ne fais plus prudence, j'y cours.
00:08:38À tout de suite, chérie.
00:08:41Ma chère petite Génie, si tu savais comme je t'en dis.
00:08:44Il n'y a vraiment pas de quoi.
00:08:45Ah, si, toi au moins tu n'épousses pas un astronome.
00:09:16Ces deux lettres, adressées simultanément au Daily Waston,
00:09:20quelles fantastiques nouvelles annonçaient-elles ?
00:09:22Dean Forsythe et Sidney Huddelson avaient aperçu à la même minute et à la même seconde très exactement
00:09:28un nouveau bolide qu'ils s'étaient empressés l'un et l'autre de baptiser de leur nom respectif.
00:09:35Cet astéroïde était assez proche de notre globe et de dimensions assez exceptionnelles
00:09:39pour être visible en plein jour avec une bonne lunette astronomique.
00:09:44En vérité, ce n'était pas un phénomène nouveau.
00:09:48Depuis la plus haute antiquité, les pierres de foudre venues des profondeurs de l'espace
00:09:52et entrées dans le cercle d'attraction de la Terre ont été l'objet de cul.
00:09:57En 1203 à une heure de l'après-midi, la ville normande de L'Aigle fut littéralement bombardée
00:10:02par un gigantesque bolide.
00:10:04Et on en a trouvé un au Mexique qui pesait 19 000 kilos.
00:10:09Patron !
00:10:10Patron !
00:10:14Ce n'est pas un vulgaire bolide comme on le croyait ?
00:10:16Non ?
00:10:17Mais le plus grand corps céleste qu'on ait jamais observé.
00:10:20Quoi ?
00:10:21La Terre compte maintenant un satellite de plus.
00:10:24C'est la gloire pour Vaston !
00:10:26C'est formidable, c'est merveilleux !
00:10:28Tiens, j'ai ouvert celle-ci la première, c'est dans lui l'inventeur.
00:10:32Allez, va !
00:10:32Et en capitale, à la une !
00:11:00Pour Vaston !
00:11:01Pour Vaston !
00:11:11que j'ai relevé ce matin dans votre journal
00:11:13une erreur particulièrement grossière.
00:11:17Votre chroniqueur scientifique
00:11:18a donné le nom de mon météore à un individu sans scrupules
00:11:22qui non seulement prétend l'avoir découvert
00:11:24mais qui se tarde de l'avoir aperçu à la même heure, à la même minute
00:11:27et à la même seconde que moi.
00:11:30Or, la lettre que je vous ai adressée et mes témoins sont là pour confirmer que
00:11:35cette découverte m'appartient.
00:11:38Il n'y a qu'un inventeur de ce météore, et cet inventeur, c'est moi !
00:11:41Mais oui !
00:11:43C'est pourquoi, monsieur le directeur, je vous demande de bien vouloir
00:11:47rectifier cette erreur dans vos prochaines éditions.
00:11:49Faute de quoi, je me verrai contraint à mon grand grec, croyez-le,
00:11:52de recourir au tribunal !
00:11:54Mais en soi, monsieur, au tribunal !
00:12:05Non ! Non ! Non !
00:12:07Non ! Non !
00:12:08Et non !
00:12:09Sidney, après 25 ans de mariage, laissez-moi vous le dire tout net, vous êtes un monstre !
00:12:13Mais enfin, Flora !
00:12:14Il n'y a pas d'enfin ni de Flora !
00:12:16Oh, et toi arrête, donc, j'ai mis, ça n'arrange rien !
00:12:19Faire toute cette histoire pour un météore !
00:12:21Mais voyons, Flora, c'est le couronnement de notre existence !
00:12:25Oh, quel couronnement !
00:12:26Nous jetons en pâture à l'opinion publique, comme des gourgandines !
00:12:28Comme des quoi ?
00:12:29Comme des gourgandines !
00:12:30Non !
00:12:30Ruinez le bonheur de votre fille !
00:12:32Je me refuse à ce qu'elle entre dans la famille d'un voleur !
00:12:35Un voleur d'Inforsight ?
00:12:36Vous ne juriez que par les...
00:12:37Il m'a trahi, ignoblement trahi !
00:12:39Comme me le disait ce matin l'épicier, d'ici que votre caillou nous dégringole sur la tête !
00:12:43Et au dehors, je suis fêté, honoré, tout Waston me glorifie, et voilà, voilà comment on me traite chez moi
00:12:49!
00:12:49Papa !
00:12:50Quand ! Une maison de folles, de folles !
00:12:53Oh, ma pauvre petite génie !
00:12:56Maman !
00:12:57Quand ! Une maison de folles, de folles, de folles, de folles, de folles !
00:13:16Il est le seul, il est le seul, il est le seul, il est le seul, il est le seul,
00:13:24il est le seul !
00:13:39Le premier point que déterminèrent les mathématiciens fut la trajectoire du bolide.
00:13:43Il accomplissait sa révolution autour du globe à la vitesse de 6 967 mètres par seconde,
00:13:51en 1 heure 41 minutes, 41 secondes, 93 centièmes, et à une distance de 400 kilomètres.
00:14:00Dans ces conditions, et les savants s'empressèrent de rassurer l'opinion,
00:14:04la chute du bolide ne devait pas être plus à craindre que celle de la Lune.
00:14:10Ce fut alors qu'une stupéfiante nouvelle parvint de l'Observatoire de Paris.
00:14:16D'après sa hauteur et sa dimension apparente, son diamètre devrait être supérieur à 500 mètres.
00:14:28Selon le Daily Weston, monsieur, l'Observatoire de Cincinnati n'évaluerait pas le noyau à plus de 10 mètres.
00:14:3310 mètres ? 10 mètres, mon météore !
00:14:35Non, mais est-ce qu'on le verrait à 400 kilomètres de distance et en plein jour s'il n
00:14:38'avait que 10 mètres ?
00:14:39Sans compter les cheveux !
00:14:40Quoi les cheveux ?
00:14:41Oui, la chevelure, monsieur.
00:14:42Non, vois-tu, Omicron, tous ces chiffres ne relèvent pas de l'observation scientifique, mais de la jalousie.
00:14:47Oui, c'est de la pure jalousie.
00:14:48On ne pardonne pas à moi, un modeste amateur, d'avoir damé le pion à tous ces collectionneurs de diplômes.
00:14:54Oui, entrez.
00:14:56Votre courrier est arrivé, mon oncle.
00:14:58Je vais savoir un peu ce qu'on dit aujourd'hui de mon météore.
00:15:01Vous savez ce que j'en pense, votre météore ?
00:15:03Oui, oui, je sais, mon garçon, mais tu es le seul.
00:15:05Non.
00:15:06Non, une personne au monde au moins n'a pas perdu la tête, une innocente victime de votre obstination,
00:15:11une malheureuse qu'un pernayant pour tout entrer avec un météore sacrifie sur l'autel de sa vanité.
00:15:16Enfin, je parle dans le vide.
00:15:17Oh !
00:15:17Qu'est-ce qui se passe, bien ?
00:15:19Oh, mon météore !
00:15:21Savez-vous, savez-vous de quoi il est composé ?
00:15:24De sang et de larmes.
00:15:26Non, non, ne sois pas stupide, écoute.
00:15:28L'observatoire de Paris vient d'obtenir des renseignements sur ce météore et d'en déterminer la nature.
00:15:36La nature, vous entendez, mais oui, la nature.
00:15:39Les rayons émanés du bolide ont été soumis à l'analyse spectrale
00:15:43et la disposition de leur raie a permis de reconnaître avec certitude la substance du corps lumineux.
00:15:49Son noyau, qu'entoure une brillante chevelure, n'est pas de nature gazeuse, mais solide.
00:15:54Qu'est-ce que je disais en micro-solide ?
00:15:56Bravo, monsieur !
00:15:57Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ?
00:15:58Attends, tu vas voir.
00:16:00Il n'est formé d'aucun des composés chimiques qui constituent d'ordinaire ses corps errants.
00:16:05Non, ce bolide est en or et en or pur.
00:16:08Vous entendez ? En or !
00:16:10En or !
00:16:11En or !
00:16:12Oui, en or massif !
00:16:15En or !
00:16:16En or !
00:16:18Il ne manquait plus que ça.
00:16:21À Paris, comme dans le reste du monde, cette fantastique nouvelle agitait tous les esprits.
00:16:27Elle ne devait pas laisser indifférent Zéphirin Xyrdal.
00:16:31Qui était Zéphirin Xyrdal ?
00:16:33Un savant aussi génial que méconnu,
00:16:37qui avait une exceptionnelle avance sur la science de son temps.
00:16:42Zéphirin Xyrdal ne vivait que pour la recherche pure.
00:16:48Ayant inopinément appris par la lecture du petit journal la découverte du météore,
00:16:53après quelques vérifications, observations et équations,
00:16:57il lui vint subitement une idée singulière.
00:16:59C'est parti !
00:17:50Oui ?
00:17:53Monsieur Xyrdal vous demande, monsieur.
00:17:55Qui l'autre ?
00:17:57Ça ne vous dérange pas ?
00:17:58Pas trop, non ?
00:18:00Bonjour, tonton.
00:18:01Bonjour, bonjour.
00:18:03Assieds-toi.
00:18:04Combien veux-tu ?
00:18:06Reconnaissez que je ne vous ai pas vu depuis plusieurs mois.
00:18:08C'est exact.
00:18:09Je suis sensible à ta discrétion.
00:18:11Autant qu'à l'affection que tu me portes.
00:18:13Il est difficile d'être à la fois affectueux et discret.
00:18:16Alors, 200 francs, comme d'habitude ?
00:18:18Non, cette fois j'ai besoin d'un peu plus.
00:18:20Non mais si c'est pas malheureux.
00:18:22Avec tes diplômes et tes connaissances, vivre de cette façon...
00:18:24Non mais regarde-toi, mon pauvre garçon.
00:18:26Tu as une mine de déterré, une mise de clochard.
00:18:28Moi ?
00:18:29J'en parlais il y a encore avec le directeur des Assyri du Nord.
00:18:31Il est prêt à te prendre, dès demain, sur ma recommandation.
00:18:34Et sais-tu à combien ?
00:18:35Non, combien ?
00:18:35Eh bien, t'as-toi bien, Zéphirin.
00:18:37À 600 francs par mois.
00:18:38Tu te rends compte ?
00:18:39600 francs.
00:18:41C'est théorie.
00:18:43Mais c'est la soldat générale.
00:18:45Tanton, j'ai mieux à vous proposer si du moins vous voulez devenir mon associé.
00:18:48Ton associé ?
00:18:49Oui.
00:18:50Encore une des inventions.
00:18:51Ce n'est pas une invention, tout juste une petite application d'un principe naturel.
00:18:54Oui bon, allons-en faire.
00:18:55Qu'est-ce qu'il te faut ?
00:18:5610 000 francs et un terrain.
00:18:5710 000.
00:18:58Mais que veux-tu faire d'un terrain ?
00:19:00Y faire pousser de l'or.
00:19:02Ah !
00:19:03Rien que ça.
00:19:05Et quel genre de terrain convient d'après toi à cette culture ?
00:19:10Un terrain riche, je suppose.
00:19:12Non, ça m'est égal pourvu qu'il ait 2 ou 3 km².
00:19:14Ah, 3 fois rien en somme.
00:19:15Et où ça ?
00:19:17Boulevard des Italiens.
00:19:18Où vous voulez, au Groenland par exemple.
00:19:21Ah, quelle qualité le terrain au Groenland a-t-il de plus qu'ailleurs ?
00:19:24Ah, ça a une qualité primordiale.
00:19:26À vos yeux du moins, je pense, il est moins cher.
00:19:30Ah, ah.
00:19:31Bon, voilà un argument qui vous touche, tonton.
00:19:34Oui, en effet.
00:19:37Et peut-on savoir combien cette affaire nous rapportera ?
00:19:425 à 6 000 milliards de francs.
00:19:46Ah, mon petit effirant, je t'aime beaucoup, tu le sais.
00:19:49Oui.
00:19:49Et j'apprécie également la plaisanterie.
00:19:52Mais je ne dispose malheureusement pas de tes loisirs pour m'y livrer.
00:19:56Oui, mais je vous assure que je suis très sérieux.
00:19:58Oui.
00:19:59Mais si tu travaillais à la banque avec moi, comme je te l'ai même fois proposé,
00:20:01tu saurais qu'il n'y a pas assez d'or sur toute la Terre pour faire au cours d
00:20:05'aujourd'hui
00:20:06la centième partie de cette somme.
00:20:09Sur Terre peut-être, mais dans les airs.
00:20:12Comment ?
00:20:13Le bolide ?
00:20:14Oui, le bolide.
00:20:16Une sphère de 57 mètres de diamètre, d'après les dernières estimations de l'observatoire de Greenwich,
00:20:21et par conséquent d'un volume de 93 000 mètres cubes,
00:20:24nous donne un poids de 1 867 000 tonnes,
00:20:27ce qui fait très exactement, au cours actuel de l'or,
00:20:305 788 milliards de francs.
00:20:34Tu veux exploiter le bolide ?
00:20:37Alors, pourquoi pas ?
00:20:38Qu'il y aurait-il d'extraordinaire à cela ?
00:20:40Oh, rien.
00:20:42Sinon, que ta mine d'or se trouve à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes,
00:20:48tu n'as pas la prétention, je suppose, de t'élever jusque-là.
00:20:53Il y a quoi bon, si je la fais tomber ?
00:20:56Enfin, par quel moyen ?
00:20:59Mais je l'ai, ça suffit.
00:21:00Tu l'as, tu l'as, tu l'as.
00:21:02Mais comment pourras-tu agir sur un corps aussi lointain ?
00:21:04Où prendras-tu ton poids d'appui ?
00:21:07Quelle force mettra-tu en jeu ?
00:21:09Ce serait trop long à vous expliquer,
00:21:10et d'ailleurs, inutile, tonton, vous ne comprendriez pas.
00:21:12Ah, ben, trop aimable.
00:21:16Et où tombera-t-il, ton bolide ?
00:21:19Mais ben, voyons, sur notre terrain.
00:21:26Ah, tu le sais, Zéphirin,
00:21:30j'ai la plus grande confiance dans tes aptitudes.
00:21:34Mais tu avoueras qu'avant d'acheter un terrain au Groenland
00:21:38et de se lancer dans une pareille aventure...
00:21:44Oui.
00:21:46Il convient d'obtenir certaines garanties.
00:21:50Je vous comprends parfaitement.
00:21:52C'est pourquoi je vais vous faire une proposition.
00:21:54Rien ?
00:21:55Vous m'avancez les mille francs nécessaires à l'achat du premier matériel.
00:21:58Oui.
00:21:58Et si dans une semaine, le bolide ne s'est pas rapproché de cinquante bons kilomètres,
00:22:02je consens à travailler gratuitement dans votre banque malsaine
00:22:07jusqu'à la fin de mes jours.
00:22:13Alors ?
00:22:15Eh bien, c'est d'accord.
00:22:17Bravo, tonton !
00:22:18Après tout, on verra bien !
00:22:20Mais oui, on verra bien !
00:22:40Retrêt.
00:22:43Jésus-Christ, je vous ai apporté votre pain et votre lait pour demain matin.
00:22:46Je parie que vous n'y auriez pas songé.
00:22:47En effet, madame Thibault, merci.
00:22:51Madame Thibault !
00:22:51Qu'est-ce qu'il y a ?
00:22:52Combien de fois vous sache répéter de ne pas toucher à mes affaires ?
00:22:54J'allais tout de même pas poser de pas par terre, non ?
00:22:57Vous avez toujours une raison.
00:22:58Bien entendu, comment voulez-vous que je fasse le ménage avec toutes ces paperasses-là ?
00:23:01Notez pas la poussière, madame Thibault, vous la déplacez.
00:23:04Alors qu'elle se réfugie honnêtement là où elle ne saurait me gêner,
00:23:06sous la table ou sous le lit, vous allez la chercher,
00:23:08vous donnez vos coups de balai et de plumeaux à droite et à gauche,
00:23:10vous la soulevez, vous la faites voler et où retombe-t-elle partout ?
00:23:13Vous n'avez pas honte de dire des choses pareilles ?
00:23:15Tout ce que je vous demande, madame Thibault, c'est de ne toucher à rien.
00:23:18Vous m'entendez ? À rien.
00:23:20Très bien.
00:23:22Très bien.
00:23:26Qu'est-ce que c'est que ça ? Un phonographe ?
00:23:31Ça, madame Thibault, c'est un accélérateur.
00:23:34Oh, c'est pour accélérer quoi ?
00:23:36Un accélérateur d'énergie.
00:23:39Oh, va-y, alors ?
00:23:41Hors de l'attraction terrestre, il ne faut plus, vous le savez, madame Thibault,
00:23:44qu'une très faible quantité d'énergie pour faire mouvoir un corps,
00:23:47même s'il pèse plus d'un million de tonnes.
00:23:50Mais cette énergie, me direz-vous, comment la véhiculer ?
00:23:54Oui, comment ?
00:23:55C'est très simple.
00:23:57Venez.
00:24:01Il suffit de faire passer à travers ce cristal un rayon lumineux
00:24:05et de le diriger vers une cible pour obtenir un courant neutre hélicoïdal
00:24:11qui aura la propriété, puisqu'il est neutre, de repousser tous les corps,
00:24:14sans exception qu'ils soient positifs ou négatifs.
00:24:17Vous avez compris ?
00:24:19Ben oui, quoi, c'est un repossoir ?
00:24:21Oui.
00:24:23Si donc, nous inversons le courant...
00:24:26Oh ! Oh !
00:24:27Oh, je suis attiré !
00:24:28Oh !
00:24:29Il va pas, madame Thibault !
00:24:30C'est rien, c'est mon appareil !
00:24:31Oh ! Oh !
00:24:32Ah, ça, ça, c'est pas honnête !
00:24:35Peut-être que ça marche !
00:24:36Ça marche !
00:24:37Ça marche !
00:24:38Oh, pardon, je te dérange.
00:24:39Mais non, pas du tout, entre, entre, Marcel.
00:24:43Bonjour, mademoiselle.
00:24:44Madame !
00:24:45Excusez-moi.
00:24:46Je suis heureux de te voir, Marcel.
00:24:48Tu as affaire dans le quartier ?
00:24:49Dans le quartier ?
00:24:50Non mais, tu ne m'as pas demandé de venir avec toi à Dieppe
00:24:52pour étudier le mécanisme des marées ?
00:24:54Oh, c'est vrai, j'avais complètement oublié.
00:24:57Mais quand partons-nous ?
00:24:58Ben, je venais de chercher, nous avons un train dans 40 minutes.
00:25:01Je vois que tu es occupé.
00:25:03Non, non, j'ai pratiquement terminé.
00:25:04Ben oui, mais tu n'es pas prêt, mon vieux.
00:25:06Mais il suffit d'un instant, assieds-toi, Marcel, mets-toi à ton aise.
00:25:09Asseyez-vous là, allez, je vous ai fait une place, c'est tout ce courbis.
00:25:12À propos des marées, je me suis toujours demandé quelque chose.
00:25:16Attention-les, monsieur Sefirin !
00:25:18Attends, laisse, je vais t'aider.
00:25:19Je me suis toujours demandé si la Lune exerce vraiment l'attraction qu'on dit.
00:25:23On attribue beaucoup trop de choses à la Lune
00:25:25et la relation de la Lune et des hommes a toujours semblé plus mythique que scientifique.
00:25:29Qu'est-ce que t'en penses, Marcel ?
00:25:31Ah oui, mais tu as raison.
00:25:34Ben moi, monsieur Sefirin, je ne suis pas tout à fait de votre avis pour la Lune.
00:25:39Madame Thibault.
00:25:40Bon, allez, en route.
00:25:41Au revoir.
00:25:42Au revoir, madame Thibault.
00:25:43Ah, ben, et votre appareil, monsieur Sefirin ?
00:25:46Oh, catastrophe, j'allais l'oublier.
00:25:47Encore un petit instant, le temps de le mettre en marche.
00:25:50Mais dis donc, qu'est-ce que tu comptes faire avec ça ?
00:25:52Oui.
00:25:53Ça, c'est une petite expérience qui, je l'espère, sera assez amusante.
00:26:00Je t'expliquerai en route.
00:26:02Vous n'allez pas le laisser en marche ?
00:26:04Mais c'est pour ça qu'il est conçu, madame Thibault.
00:26:06Tout ce que je vous demande, c'est de rester en dehors du faisceau.
00:26:10En dehors du faisceau ?
00:26:11Ça va être commode.
00:26:12Il va faire ce bruit-là tout le temps ?
00:26:14Oui.
00:26:16Et n'y toucher sous aucun prétexte, vous m'entendez ?
00:26:18Je ne suis pas folle, monsieur Sefirin.
00:26:19Je l'espère bien.
00:26:20Vous ne déplacez pas non plus la table.
00:26:22Tout doit rester en place jusqu'à mon retour.
00:26:23Vous ne fermerez pas la fenêtre.
00:26:24Et s'il pleut ?
00:26:25Même s'il pleut.
00:26:27Et vous partez pour combien de temps ?
00:26:28Je ne peux pas vous dire, madame Thibault.
00:26:29Cela dépendra des marées.
00:26:32Cela dépendra des marées.
00:26:35Au revoir, madame Thibault.
00:26:36Au revoir, monsieur Sefirin.
00:26:38Au revoir, madame.
00:26:39Au revoir, monsieur.
00:26:41Madame Thibault.
00:26:41Oui.
00:26:43N'oubliez pas ce que je vous ai dit.
00:26:45Sous aucun prétexte.
00:26:47Vous pouvez compter sur moi, monsieur Sefirin.
00:26:58Oh !
00:26:59Monsieur Sefirin.
00:27:01Monsieur Sefirin.
00:27:03Votre valise.
00:27:04La valise.
00:27:07La valise.
00:27:07Oh !
00:27:10Oh !
00:27:13Oh !
00:27:42C'est curieux.
00:27:44Nous montre retarderait-elle ?
00:27:45J'ai vérifié l'horloge ce matin, comme d'habitude, monsieur.
00:27:48Elle allait parfaitement.
00:27:49Il devrait pourtant être là.
00:27:51Il a disparu ?
00:27:52À moins qu'eux.
00:27:59Alors, voilà.
00:28:01Ça, alors, mais...
00:28:02Mais ça, je ne me trompe point.
00:28:04Mais que se passe-t-il, monsieur ?
00:28:06Ça, c'est bizarre.
00:28:08D'ordinaire, il suive une orbite nord-sud.
00:28:12Et là, attends, je vais vérifier.
00:28:14Ah oui ?
00:28:16Cette orbite est légèrement obliquée.
00:28:18Ah bon ? Quel sens, monsieur ?
00:28:19Nord-est-sud-ouest.
00:28:20Nord-est ?
00:28:21Nord-est-sud-ouest.
00:28:23Oh !
00:28:24Omicron !
00:28:24Oui, que se passe-t-il, monsieur ?
00:28:25Mon micro, il a grossi.
00:28:26Ah oui, qui, ça ?
00:28:27Mais mon météor...
00:28:28C'est pas possible, monsieur.
00:28:29Je te dis qu'il a grossi, hein ?
00:28:30Impersiblement, mais il a grossi.
00:28:32Je le vérifierai à son prochain passage, mais il a grossi.
00:28:35Mais alors, s'il grossit ?
00:28:36C'est qu'il sera proche de la Terre.
00:28:38S'il sera proche de la Terre, ben, un jour, il sera pris par l'attraction terrestre.
00:28:42Et puis, il tombera.
00:28:435 788 milliards d'or qui m'appartiennent, puisque c'est mon météor.
00:28:49Puis, je vais le faire savoir.
00:28:50Météor Forsyth.
00:28:52Forsyth, météor.
00:28:53Forsyth, météor.
00:28:54C'est son météor.
00:28:55Oh, putain, c'est un roule.
00:28:58Allô, allô.
00:28:59Allô, ne coupez pas, voyons.
00:29:00Oui.
00:29:02Commen ?
00:29:02Oui, c'est ça.
00:29:03Je vous disais donc de vous porter acquéreur en mon nom d'un terrain.
00:29:06Oui, au nord du Groenland.
00:29:08Oui, oui, je dis bien du Groenland.
00:29:10Oui.
00:29:11Bon.
00:29:12Huit ou neuf kilomètres carrés.
00:29:15Oui, oui.
00:29:16Oui, mais c'est très sérieux, je vous assure.
00:29:19Bon.
00:29:20Communiquez-moi d'urgence et coordonnées géographiques.
00:29:22Longitude et latitude exacte.
00:29:24C'est ça, je compte sur vous.
00:29:25Merci.
00:29:28Allô, le 1882, s'il vous plaît.
00:29:31Allô, le 1882.
00:29:33Allô, passez-moi commis.
00:29:35Non.
00:29:35Passez-moi Clément.
00:29:37Clément.
00:29:39Allô, Clément.
00:29:40Ah, Clément.
00:29:41Bon.
00:29:41C'est ça.
00:29:42Vendez immédiatement à terme toutes les mines d'or.
00:29:45Oui.
00:29:45Oui, tout ce que vous pouvez ramasser.
00:29:47C'est ça.
00:29:49Mais, mais faites ce que je vous dis, ne discutez pas, j'ai mes raisons.
00:29:53Oui, oui, oui.
00:29:54Dès maintenant.
00:29:55Vendez, vendez, vendez, vendez, vendez, vendez, vendez, vendez.
00:29:59Et oui, effectivement, le bolide se rapprochait de la Terre.
00:30:05Et les astronomes du monde entier, les astronomes du monde entier calculaient dans la fièvre, la date et l'emplacement
00:30:09de sa chute, sur lesquelles ils étaient loin d'être d'accord.
00:30:13Les uns assuraient avec Dean Forsythe qu'elle se produirait le 28 mars, à l'extrémité sud du Japon.
00:30:20Les autres affirmaient avec le docteur Udelson qu'elle n'aurait lieu que le 7 avril, en un point encore
00:30:26indéterminé de l'Amazonie.
00:30:28Et tandis que le banquier Lecoeur jouait avec une belle longueur d'avance, la baisse des mines d'or, le
00:30:34bouleversement économique qu'un si prodigieux afflux de métal précieux allait provoquer, faisait le sujet de toutes les conversations.
00:30:42Un vent de panique soufflait sur la bourse et une conférence internationale se réunit en hâte à la haie afin
00:30:49de discuter les modalités d'un éventuel partage du bolide.
00:30:53Vendez, vendez, vendez.
00:30:56Cependant, à Udelson, où Francis et Jenny jouaient tristement les Roméo et Juliette, le ton des passions montait de plus
00:31:02en plus dangereusement, en dépit de la sérénité du juge prog.
00:31:06Chanson ! Chanson ! Chanson ! Chanson ! Chanson ! Chanson ! Chanson ! Chanson ! Chanson !
00:31:15Vous voulez savoir à qui revient la découverte du bolide ?
00:31:18À moi !
00:31:30Silence ! Silence ! Silence ! Ou je refuse de rendre ma sentence.
00:31:34Oh !
00:31:39Considérant que Mr. Dean Forsythe déclare avoir découvert un bolide.
00:31:44Un bolide qui traversait l'atmosphère au-dessus de Waston à 12h39min13s, considérant d'autre part que le Dr. Sidney
00:31:55Udelson déclare avoir aperçu le même bolide.
00:32:08Le même bolide, le même jour, à la même heure, à la même minute et à la même seconde.
00:32:16Mais, attendu qu'il n'existe pas d'article de loi applicable à la priorité d'une découverte astronomique, par
00:32:24ces motifs, nous déclarons incompétents.
00:32:28Oh !
00:32:44Bien que je n'ai point à revenir sur ma sentence, je vous accorde volontiers la parole, messieurs, à condition
00:32:51que vous consentiez à ne la prendre que l'un après l'autre.
00:32:54Oh !
00:32:58Il ne s'agit pas d'une question astronomique, monsieur le juge.
00:33:01C'est une question de justice !
00:33:02C'est une légitime revendication de propriété.
00:33:05Lorsque le bolide tombera !
00:33:07Qui en sera propriétaire, monsieur le juge ?
00:33:08Mais moi !
00:33:22Si le bolide vient à tomber, et je souhaite que ce ne soit pas sur mes fleurs,
00:33:26Oh !
00:33:28Je me permets de vous donner un conseil, puisqu'il apparaît-il une valeur de 5 788 milliards,
00:33:36eh bien, je vous conseille de le partager entre vous.
00:33:40T'en fais !
00:33:55À mon grand regret, toute conciliation étant impossible,
00:34:01et, attendu que les allégations ont même valeur de part et d'autre,
00:34:05attendu que de la découverte d'un météore ne découle pas nécessairement sur le dit un droit de propriété,
00:34:10que la loi est muette à cet égard et qu'à défaut de la loi, il n'existe rien d
00:34:15'analogue dans la jurisprudence,
00:34:19attendu enfin que l'instance engagée a trait à un événement hypothétique
00:34:23qui peut fort bien ne pas se réaliser ou que le météore peut tomber au sein des mers qui recouvrent
00:34:31les trois quarts du globe
00:34:32et qu'auquel cas l'affaire devrait être rayée du rôle par suite de la disparition de toute matière litigieuse,
00:34:39par ces motifs, remet à statuer, après la chute effective et dûment constatée, du bolide contesté.
00:34:58Sous-titrage Société Radio-Canada
00:35:35Monsieur le juge Prats, je vous salue.
00:35:38Monsieur le juge.
00:35:38Bonjour, Mrs. Stanford.
00:35:40À quel bon vent, j'ose le dire, Mr. Stanford,
00:35:43devons-nous le plaisir de vous revoir par minutes ?
00:35:46Quand nous vous avons rencontré pour la première fois, M. le juge, c'était pour nous marier.
00:35:49Certes, et je me félicite d'avoir fait votre connaissance en cette heureuse occasion.
00:35:55Mrs. Stanford, M. le juge, a de très grandes qualités.
00:35:58Et croyez bien, M. le juge, que j'apprécie à leur juste valeur, celle de mon mari.
00:36:02Cela me semble parfait.
00:36:03Cependant, M. le juge, on peut s'estimer et ne pas se plaire.
00:36:07L'estime n'est pas l'amour.
00:36:08Ah, et c'est heureux.
00:36:09Sinon, imaginez ce que deviendrait le monde.
00:36:14Je vous l'accorde, M. le juge, et nous venons, M. Stanford et moi, d'en faire l'expérience.
00:36:18Nous pensions avoir les mêmes goûts, nous aimons tous deux les voyages.
00:36:21Mais nous n'avons jamais pu nous mettre d'accord sur la direction à prendre.
00:36:24Eh oui, quand je désirais aller vers le sud, votre désir était d'aller au nord.
00:36:28Et quand je vous allais à l'ouest, vous allez à l'est.
00:36:30Cette affaire du bolide n'a malheureusement rien arrangé, M. le juge.
00:36:34Car vous êtes toujours décidé à vous rendre au Japon où vous croyez qu'il tombera.
00:36:37Absolument décidé.
00:36:38Et comme je suis non moins décidé, M. le juge, à partir tout à l'heure pour le Brésil, il
00:36:42n'y a plus qu'une chose à faire.
00:36:44Divorcer.
00:36:46Je ne me félicite pas moins de cette occasion qui me vaut de vous retrouver.
00:36:50Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer.
00:36:52Est-ce vraiment nécessaire, M. le juge ?
00:36:55Ah non, absolument pas, M. le juge.
00:36:58Avez-vous les documents en règle ?
00:37:01Voici mes papiers.
00:37:02Et les miens, M. le juge.
00:37:03Merci.
00:37:04Merci.
00:37:06Ah, mais je vois que vous avez déjà signé.
00:37:10Il ne me reste donc plus qu'à prendre acte de votre séparation.
00:37:15Avec tous mes voeux.
00:37:17Parfait.
00:37:19Pour honoraire, M. le juge.
00:37:20Pour les pauvres, M. le juge.
00:37:22Oh, merci pour eux.
00:37:23Adieu, M. le juge.
00:37:24Au revoir, M. le juge.
00:37:26Bon voyage, M. Arcadia.
00:37:28Dieu vous garde, M. Stanford.
00:37:31Et saluez pour moi votre cousin Harold.
00:37:32Oh, je n'y manquerai pas.
00:37:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:38:05A la conférence internationale de l'AE, comme dans le reste du monde,
00:38:09le désordre causé par le bolide n'était pas moins grand qu'à Waston.
00:38:13Comment le partager ?
00:38:14Selon la superficie de chaque état ou selon la densité de sa population ?
00:38:19La conférence était évidemment dans l'impasse.
00:38:23Soudain éclata comme une bombe une nouvelle qui bouleversait les principes même de la science.
00:38:28Après s'être approchée de la terre, le bolide s'en les noyait de nouveau.
00:38:33A la bourse, les cours de l'or qui s'étaient effondrés remontèrent vertigineusement.
00:38:38Et le banquier Lecoeur, affolé, chercha vainement à joindre son neveu,
00:38:42afin d'obtenir l'explication du phénomène sur lequel s'interrogeaient les savants du monde entier.
00:38:51Si les météores ont un sexe, celui-ci était sûrement féminin.
00:38:56En effet, quelques jours plus tard, comme s'ils étaient ravisés,
00:38:59voilà le bolide qui fonce de nouveau vers la terre.
00:39:02Ce fut dès lors un balai incompréhensible.
00:39:05L'astéroïde, pris de folie, venait, repartait, virevoltait.
00:39:10Mais ici-bas, quelles conséquences ?
00:39:13Panique à l'assemblée, panique à la bourse,
00:39:15Les fortunes s'écroulent et s'édifient selon la fantaisie du bolide
00:39:19et telle qu'Idine milliardaire se réveille ruinée.
00:39:29Zéphirin Xyrdal ne s'était pas trompé dans ses prévisions.
00:39:33Il avait simplement négligé un facteur pourtant décisif,
00:39:36la conscience professionnelle de Madame Thibault.
00:39:41Elle était payée pour faire le ménage ?
00:39:43Eh bien, elle faisait le ménage.
00:39:46Certes, Madame Thibault prenait-elle grand soin de remettre en place l'appareil.
00:39:51Mais un écart de quelques degrés sur terre avait dans les cieux des conséquences incalculables.
00:39:56Le monde se trouvait ainsi entre les mains de cette brave femme,
00:39:59qui ne s'en doutait guère,
00:40:01et qui d'un coup de balai faisait et défaisait les fortunes,
00:40:03bouleversait les alliances,
00:40:05et donnait ou retirait l'espoir à deux jeunes amoureux,
00:40:09à des milliers de kilomètres de là.
00:40:21Cette fois-ci, il s'éloigne.
00:40:23Dans deux jours, nous en aurons terminé avec ce bolide de malheur.
00:40:25Qui vous a dit qu'il s'éloignait ? Votre oncle ?
00:40:27Non, je l'ai lu.
00:40:28C'était en toutes lettres dans le journal de ce matin.
00:40:29Tout va s'arranger, Jenny.
00:40:30Nous allons pouvoir nous marier.
00:40:32Mais mon père a reçu, il y a moins d'une heure,
00:40:33un télégramme de l'observateur de Cincinnati.
00:40:35Cincinnati, le bolide n'a jamais été aussi près.
00:40:37Pas possible.
00:40:38Hélas.
00:40:38Enfin, le ciel serait-il devenu fou ?
00:40:39Oh, s'il n'y avait que lui.
00:40:41Oh, Jenny, Jenny.
00:40:42Attention.
00:40:45Bonjour, Mr. Haddleston.
00:40:48Eh bien, mon père, vous ne répondez pas au salut de Francis.
00:40:52Mon père, qu'avez-vous ?
00:40:54Vous êtes souffrant ?
00:40:55Non.
00:40:56Oh, non, je ne suis pas souffrant.
00:40:58Avez-vous besoin de quelque chose, Mr. Haddleston ?
00:41:00Non.
00:41:01Non, je n'ai besoin de rien.
00:41:02Si ce n'est de calme et de silence,
00:41:04et je demande comme un véritable service
00:41:06qu'on ne trouble pas à ma solitude.
00:41:10C'est pourquoi, jeune homme,
00:41:12j'aimerais ne plus vous voir dans ces murs.
00:41:13Vous n'avez que faire,
00:41:14sinon à rappeler le triste souvenir
00:41:16d'un abominable individu.
00:41:19Mr. Haddleston, je...
00:41:25Mon amour !
00:41:28Eh oui, mon cher président, mais...
00:41:29Mais non, mon cher président, mais...
00:41:31Mais j'ai...
00:41:32Mais si, mais...
00:41:33Mon cher président, mais...
00:41:35Mais voyons, mais...
00:41:36Mais je vous comprends parfaitement, mais...
00:41:39Mais accordez-moi seulement huit jours.
00:41:42Rien que huit jours et...
00:41:44Et je...
00:41:47Ah...
00:41:47Bon, ça, vous...
00:41:49Vous me retirez votre confiance.
00:41:52Ah, bon.
00:41:54Bien.
00:41:55Très bien, mon cher président.
00:41:56Attendez.
00:41:57C'est très bien.
00:42:00Je sais ce qu'il me reste à faire.
00:42:04Adieu.
00:42:18Oui ?
00:42:21Monsieur Zephirac Sirbal.
00:42:23Zephirac.
00:42:24Bonjour, tonton.
00:42:25Attends-moi, là, enfin.
00:42:26Où te cachais-tu ?
00:42:27Je ne me cachais pas, j'étais à Dieppe.
00:42:29Adieu ?
00:42:30Oui, avec un ami.
00:42:31Alors, vous êtes convaincu, maintenant ?
00:42:33Mais tu te moques de moi ?
00:42:33Comment ?
00:42:34On n'a pas remarqué un changement dans la marche du bolide ?
00:42:36Un changement ?
00:42:37Dis-moi, as-tu lu les journaux, ces temps-ci ?
00:42:39Non, pourquoi ?
00:42:40J'en étais sûr.
00:42:42Tiens !
00:42:42Lui, regarde.
00:42:44Ah, il est joli, ton météore.
00:42:45Hier, à 120 km, aujourd'hui, à 700, demain, à 1000, à 10 000.
00:42:48Disparu, peut-être ?
00:42:49Je suis ruiné.
00:42:51Complètement ruiné.
00:42:52Par ta faute.
00:42:53Non, c'est tout de même pas pour les 1000 francs que vous m'avez prêté.
00:42:54Mais je me moque bien de tes 1000 francs.
00:42:56J'ai joué en bourse, à la baisse.
00:42:58Et nous sommes à deux jours de la liquidation.
00:43:03Mais les mines d'or, pardis, il est évident que si le bolide tombait, les mines d'or allaient baisser.
00:43:06Je ne vois pas quelle influence le bolide peut avoir sur le niveau d'une mine.
00:43:09Mais sur son rendement, aucune, naturellement.
00:43:11Mais sur celui de ses actions.
00:43:12Eh bien, vendez-les, vos mines d'or, puisque de toute façon, elles ne vaudront plus rien.
00:43:15Mais pour les vendre, ces firages, je dois d'abord les acheter.
00:43:17Et au plus haut court, tu comprends ?
00:43:19Au plus haut court.
00:43:20Ah, parce que vos mines d'or, vous ne les avez pas ?
00:43:21Mais bien sûr que non, je ne les ai pas.
00:43:22J'ai joué un terme, évidemment.
00:43:24Tu comprends, maintenant ?
00:43:25Non, pas du tout.
00:43:25Mais permettez-moi de vous faire remarquer que ce n'est pas de ma faute si vous avez spéculé.
00:43:29Je te faisais confiance, moi.
00:43:31J'ai eu la satise à mon âge.
00:43:33Nous croire à tes histoires de bolide.
00:43:39Je suis désolé, tonton.
00:43:40Oui, et bien, attends.
00:43:44C'est pas possible.
00:43:50Je parie que c'est encore un coup de la mère Thibault.
00:43:53De qui ?
00:43:54Dites-moi, cette liquidation, quand a-t-elle lieu ?
00:43:57Vendredi, dans deux jours.
00:43:58C'est parfait, n'ayez plus de soucis.
00:43:59Dans deux jours, le bolide sera revenu.
00:44:01Ah, tu crois ?
00:44:02Je vous promets, ce n'est qu'un incident.
00:44:03Un incident, non.
00:44:04Non, mais tu deviens fou !
00:44:05Et s'il change d'avis, ton bolide, il repart !
00:44:07Ça, il ne repartira plus.
00:44:09Vous avez le terrain ?
00:44:10Le terrain, quel terrain ?
00:44:11Au Groenland.
00:44:13Ah !
00:44:13Bien sûr que j'ai le terrain.
00:44:16Neuf kilomètres carrés de glaçons, qui m'ont coûté plus de six mille francs.
00:44:19C'est ce qu'il nous faut.
00:44:20J'en prends les coordonnées.
00:44:21Et dès demain, je vous dis pour quelle date exactement, vous pourrez retenir nos billets.
00:44:24Nos billets ?
00:44:25On part, tonton !
00:44:26On part !
00:44:40Un, deux, trois, quatre, cinq, un voyage.
00:44:45Un, deux, trois, quatre, cinq, une nouvelle.
00:44:50Francis !
00:44:50Vous êtes seul ?
00:44:51Mon père est toujours là-haut dans son perchoir.
00:44:53Et ma mère prépare ses mâles.
00:44:54Pourquoi ? Elle le quitte ?
00:44:55Non, c'est lui qui part.
00:44:56Où ça ?
00:44:57Eh bien, au Groenland, puisque paraît-il, c'est là-bas que doit tomber son caillou.
00:45:00Mon oncle s'apprête également à y aller, c'est pourquoi je suis venu vous dire adieu, Jenny.
00:45:03Vous allez au Groenland, vous aussi ?
00:45:05Il faut bien, mon oncle perd complètement la tête.
00:45:07Je n'ai pas pu l'empêcher d'adresser une lettre d'injure au représentant américain à la conférence internationale,
00:45:11parce qu'il refusait de défendre son droit de propriété.
00:45:13Mon père aussi lui a écrit.
00:45:14On ne peut pas les laisser seuls, Jenny, il risque les pires polides.
00:45:16Non, je dois partir.
00:45:18Mais c'est dangereux.
00:45:19Non, tout le monde part.
00:45:20Les navires se tiendront au large tant que le bolide ne sera pas tombé.
00:45:27Mon père y a retenu une cabine.
00:45:29Jenny, qui sait seulement si nous nous reverrons ?
00:45:32Pourquoi ? Vous croyez que le bolide va provoquer une catastrophe ?
00:45:36Directement, non, je ne pense pas, mais nous sommes à la veille d'une guerre, Jenny, d'une guerre mondiale.
00:45:40Vous savez que la conférence n'est parvenue à aucune solution.
00:45:42On annonce ce matin que les fêtes françaises, anglaises et russes vont se rendre sur les lieux.
00:45:46Mais il suffira d'un coup de canon pour provoquer la refraction.
00:45:48La quoi ?
00:45:49La conférence, enfin la guerre.
00:45:51La guerre ? Francis, ne partez pas.
00:45:53Mais il le faut, ma chérie.
00:45:54Je vous en supplie.
00:45:55Mais il m'est impossible d'agir autrement.
00:45:56Vous partez ? Alors moi aussi.
00:45:58Mon amour.
00:46:01france sticks, ne partez pas.
00:46:04Je salue.
00:46:08Mais ma chérie.
00:46:16J'ai laician.
00:46:16Je salue.
00:46:17Je salue.
00:46:20Je salue.
00:46:24Je salue.
00:46:33Comment allez-vous, M. Arcadia Walker ?
00:46:35Mais le mieux du monde, M. Stalford. Et vous-même ?
00:46:39Parfaitement bien. Je vous remercie. Vous permettez ?
00:46:41Je vous en prie.
00:46:43Vous avez donc renoncé à votre voyage au Brésil ?
00:46:46Et vous, à vous rendre au Japon ?
00:46:47Eh oui. D'une part, mon cousin Harold venait chasser l'ours du fleur par ici.
00:46:51D'autre part, le bolide a finalement choisi le Groenland.
00:46:54Ce qui, pour un bolide, n'est pas un choix très original.
00:46:58Je me souviens avoir vu, au musée de Stockholm,
00:47:01trois blocs de fer tombés dans l'île de Disco, dépesant chacun 24 tonnes.
00:47:06Une avant-garde, en somme.
00:47:08Il faut reconnaître qu'avec plus de 2 millions de kilomètres carrés,
00:47:10le Groenland avait quelque chance, bien qu'il ne prend guère plus de 10 000 habitants.
00:47:14Ce sera donc bientôt la patrie des millionnaires.
00:47:17À condition que les grandes puissances renoncent à ce qu'elles considèrent comme leur droit.
00:47:21Car je ne pense pas que ce soit la seule fin d'assister à la chute du bolide
00:47:24qu'elles envoient leur flotte sur les lieux.
00:47:28Croyez-vous à la guerre, Mr. Stanford ?
00:47:31Il semble qu'elle soit inévitable.
00:47:33Mon Dieu !
00:47:34Ne serait-il pas plus simple de partager à l'amiable tout cet or ?
00:47:37Certes, mais comment ?
00:47:38Par exemple, en le donnant aux pauvres.
00:47:41Ça ne ferait pas l'affaire des riches.
00:47:42Et je suppose qu'il s'en suivrait, comme après la découverte des Amériques,
00:47:46une telle inflation qu'en définitive, personne n'y trouverait son compte.
00:47:50En ce cas, ne pourrait-on le partager entre tous les habitants du globe ?
00:47:53Ce système aurait l'avantage de rendre les pauvres un peu plus heureux
00:47:57sans pour autant soutrimer les classes sociales.
00:48:00En admettant que la Terre ait 1500 millions d'habitants,
00:48:03cela ferait 3859 francs, 27 centimes par tête.
00:48:07Pas davantage ?
00:48:08Pas davantage.
00:48:10En somme, je ne vois pas pourquoi ce bolide fait tant de bruit avant d'être tombé.
00:48:15Permettez-moi pour une fois, ma chère Erkédia,
00:48:17de partager sans restriction votre opinion.
00:48:19Et l'on fête une guerre pour 3859 francs par tête ?
00:48:22On l'a fait en général pour bien moins.
00:48:24Ne pensez-vous pas, Mr. Stanford,
00:48:27que notre monde manque parfois de logique ?
00:48:30Je le crains, Miss Erkédia.
00:48:32Je regrette déjà de m'être dérangée pour voir ce bolide.
00:48:35Il m'a rend au moins venu le plaisir de vous retrouver, Miss Erkédia.
00:48:37Et jusqu'à preuve du contraire, je m'en félicite,
00:48:40comme dirait notre cher juge Prats.
00:48:41Jusqu'à preuve du contraire, Mr. Stanford,
00:48:45je crois que je m'en félicite également.
00:48:53Voilà. L'air vous fera du bien.
00:48:57L'air vous fera du bien.
00:48:58Oh, je ne sais pas, je ne sais plus.
00:49:01Je crois que je préférais encore le tangage d'hier à ce calme abominable.
00:49:06Détendez-vous, ça va passer.
00:49:08Oh, je crois que ça ne passera pas.
00:49:10Avant que j'aie remis bien d'air, si je suis encore vivant à l'arrivée, et...
00:49:13Respirez, respirez, respirez à fond.
00:49:18Tu es un ange pour moi, ma petite génie.
00:49:20Je suis si malheureux.
00:49:22Plus personne ne respecte ton vieux père.
00:49:24Tu as vu ce matin, le général Smith, il m'a tourné le dos.
00:49:26Mais non !
00:49:27Il ne vous avait pas reconnu, tout simplement.
00:49:29Comment ?
00:49:30Il ne vous avait pas reconnu.
00:49:31Je te dis qu'il m'a tourné le dos.
00:49:34Tout se dévolait.
00:49:35Et maintenant, une bande d'esquimaux va s'emparer de notre moline, de ta fortune, ma petite génie.
00:49:42Calmez-vous, papa.
00:49:44Calmez-vous.
00:49:49Tu vois juste ce qu'on nous mène la science, mon bon Francis.
00:49:53Non, non, restez là, restez assis.
00:49:56Non, non, mais vous allez voir comme vous serez bien en grand air.
00:49:59Oh, Francis, heureusement que tu es là, toi.
00:50:01C'est bien naturel.
00:50:02Je ne t'oublierai pas, tu auras ta part du bolide, si seulement c'est bon, dis...
00:50:06Vous deux ne parlez pas, vous vous fatiguez.
00:50:09Je vous sers.
00:50:11Qui me parle, Francis ?
00:50:12Non, mon oncle, non, reposez-vous.
00:50:13Qu'est-ce que tu dis, ma petite génie ?
00:50:15Rien, rien.
00:50:16Vous devriez dormir.
00:50:17C'est le meilleur remède.
00:50:18Ah oui, je vais dormir un petit peu.
00:50:22Encore huit jours.
00:50:23Si seulement cette saleté de bolide tombait dans la mer, les fonds ont pari si plus de 2000 mètres.
00:50:27Au point où nous en sommes, je crois que nos pauvres parents préféraient le voir au fond de l'océan.
00:50:31Oh, j'ai bien peur que mon père ne résiste pas à l'épreuve qu'il attend.
00:50:34Mon oncle a juré de se faire tuer sur place plutôt que de céder sans bolide.
00:50:37Il en est malheureusement bien capable.
00:50:38Que pouvons-nous faire ?
00:50:39Oh, rien de plus que maintenant, ne pas les quitter un instant, les surveiller comme des enfants.
00:50:43C'est encore une chance qu'il ne supporte pas le voyage.
00:50:45Mais sinon, on se serait déjà entretenu.
00:50:47Trois mois plus tard, la mer aurait été gelée, le bolide inaccessible.
00:50:50Mais s'il le fallait, mon père serait venu entrer, non.
00:50:52Vu qu'on ne sera pas obligé de passer l'hiver là-bas, il lui fait nuit toute la journée.
00:50:56Une seule, une longue nuit.
00:50:58Mon amour !
00:51:00Oh !
00:51:02Oh !
00:51:07Dès que la chute du bolide était apparue comme certaine, les cours de l'or s'effondrèrent définitivement.
00:51:13Et Robert Lecoeur réussit le coup de bourse le plus extraordinaire de toute l'histoire du marché financier.
00:51:19Il acheta un yacht de 600 tonneaux, l'Atlantique, avec lequel Zéphirin et lui se rendirent en moins de 12
00:51:25jours dans leur nouvelle propriété du Groenland.
00:51:29Ils y avaient fait édifier un abri qui, pour être provisoire, n'en jouissait pas moins des plus agréables avantages
00:51:35de la civilisation.
00:51:36Bonjour !
00:51:42Alors, mon plus-déphirin, tout va bien ?
00:51:46Oh, oh, oh, oui !
00:51:47Il tombera à 6 heures 57 minutes 39 secondes.
00:51:51Parfait !
00:51:51J'ai vérifié une dernière fois mes calculs et ils sont exacts. Malheureusement.
00:51:56Pourquoi malheureusement ?
00:51:57Parce qu'il y a 50 chances sur 100 pour que notre bolide tombe dans la mer.
00:52:00C'est pas possible !
00:52:00C'est très probable.
00:52:01Mais, puisque tu me dis que tu n'étais pas trompé, et tu as pris une marge de 1500 mètres.
00:52:05Eh oui ! De 1500 mètres autour d'un point que vous m'aviez indiqué situé par 72 degrés 51
00:52:09minutes 30 secondes de latitude nord,
00:52:11et 55 degrés 35 minutes 18 secondes de longitude ouest.
00:52:14Et alors ?
00:52:15Et alors ?
00:52:15Ce point est situé en pleine mer.
00:52:17En pleine mer ?
00:52:17Oui.
00:52:18La carte était fausse ?
00:52:20Pas du tout.
00:52:21Nous avons seulement oublié que la côte n'est pas rectiligne.
00:52:23Nous avons là deux capes magnifiques, et au beau milieu une baie non moins splendide qui nous appartient également,
00:52:28et qui est toute prête à recevoir le bolide.
00:52:32Tu ne peux pas me le dire plus tôt ?
00:52:33Je ne pensais pas qu'un homme d'affaires comme vous allait se laisser rouler par son agent immobilier.
00:52:37Mais enfin, c'est une erreur, une simple erreur !
00:52:39Oui, une erreur de 5000 milliards et des broutilles.
00:52:43Tout compte fait, c'est assez drôle, non ?
00:52:46Et l'océan, à cet endroit, n'était pas très profond.
00:52:48Pour une mesure que 1800 mètres ?
00:52:51Je croyais que le plateau continental était...
00:52:53J'ai demandé au commandant de l'Atlantique de faire un relevé des fonds.
00:52:56Ils sont presque verticaux.
00:52:58C'est épouvantable.
00:53:00Nous n'y pouvons rien.
00:53:01Enfin, je ne comprends pas.
00:53:02Si tu as été capable d'aller chercher ce bolide en plein ciel,
00:53:04tu dois bien pouvoir le faire maintenant dévier de quelques centaines de mètres.
00:53:07Ah, vous croyez ça, vous ?
00:53:09Mais c'était beaucoup plus facile lorsqu'il était à 400 kilomètres.
00:53:11À cette distance, il me suffisait d'une énergie relativement faible pour provoquer une rupture d'équilibre.
00:53:16Mais ne me demandez pas de lutter contre l'attraction terrestre.
00:53:19D'autre part, si la vitesse absolue du bolide a diminué, sa vitesse angulaire a terriblement augmenté.
00:53:25Vous comprenez ?
00:53:26Non.
00:53:28Mais...
00:53:29Au point où nous en sommes.
00:53:31C'est pourtant simple.
00:53:32Maintenant qu'il tourne au-dessus de nos têtes,
00:53:34sa vitesse relative est beaucoup plus importante.
00:53:36Il passe très vite, si vous voulez.
00:53:38Comme du gibier qui nous filerait sous le nez.
00:53:42Et moi, je ne dispose plus du temps nécessaire pour agir sur lui.
00:53:46Enfin, vous avez compris maintenant.
00:53:48Oui.
00:53:50Du gibier.
00:53:51Du gibier.
00:53:54Et je suis si prédubi.
00:54:00Tu ne peux vraiment plus rien.
00:54:05Ne pas dis ça.
00:54:07Zéphirin, tu crois pouvoir y arriver ?
00:54:08Je vais essayer, mais je ne vous promets rien.
00:54:11Ah, mon petit Zéphirin.
00:54:12Courage, tonton.
00:54:30Vous devriez mettre ces verres fumés, cher ami.
00:54:32Car même à bonne distance, l'éclat du bolide en fusion sera difficile à supporter.
00:54:37Merci.
00:54:38Mais nous avons encore le temps, je crois.
00:54:4120 minutes, exactement.
00:54:42Et vous espérez déjà l'apercevoir ?
00:54:45Non, ce n'est pas lui que je regarde, mais l'escadre anglaise qui m'a tout l'air de
00:54:48manœuvrer,
00:54:49de connivence avec les Russes pour empêcher les Français de débarquer.
00:54:53Nous vivons des minutes historiques.
00:54:56Ce sont les plus dangereuses.
00:54:58Et malgré tout le plaisir que j'éprouve en votre compagnie,
00:55:01j'aimerais mieux vous savoir au Japon, Aircédia.
00:55:03Ne regrettez rien, mon cher Cesse.
00:55:05Mon Cousa Harold pense que nous nous ressemblons, vous et moi.
00:55:08Peut-être même un peu trop.
00:55:10Jusqu'ici, le monde nous ennuyait.
00:55:12Il commence enfin à nous intéresser.
00:55:22Oh, si je meurs, je vous demanderai de défendre nos droits d'autres six voleurs internationaux.
00:55:29Oh, mon pauvre ami, je crains bien de ne pouvoir vous survivre.
00:55:33Et ce sera à nos enfants, à nos enfants,
00:55:37de te rappeler notre découverte à ce monde ingrat que je quitterai avec joie.
00:55:43Francis !
00:55:43Mon oncle !
00:55:44As-tu retenu des places sur le canot ?
00:55:47Oui, mon oncle, quatre places.
00:55:48Combien ?
00:55:49Quatre.
00:55:50Je voudrais tellement le voir, mais une seule fois de près avant de mourir.
00:55:55Il vous faudra faire une dizaine de kilomètres à pied.
00:55:57Je le ferai.
00:55:58Et nous les ferons.
00:55:59Vous n'en aurez jamais la force, mon père.
00:56:01Le Seigneur nous aidera, mon enfant.
00:56:03Nous avons le droit pour nous.
00:56:04Et il faudra que ces charognards nous passent sur le corps
00:56:08s'ils veulent s'emparer de notre boline.
00:56:11Oh !
00:56:13Oh !
00:56:14Mon amour !
00:56:16Plus que deux minutes.
00:56:19Pourvu qu'il tombe bien sur terre.
00:56:20Ça, je ne garantis rien, je vous l'ai dit.
00:56:22Il ne va pas nous tomber dessus.
00:56:25Il n'y a pas un risque sur un million.
00:56:27Non, mais tu en es sûr ?
00:56:27Certain.
00:56:29Je ne vis plus, moi.
00:56:30Vous avez encore le temps de prendre un whisky. Profitez-en, tonton.
00:56:32Tu as envie ?
00:56:33Non, merci. Je ne vois jamais. Vous le savez bien.
00:56:35Je me demande comment tu peux rester calme.
00:56:38Il suffit de ne pas s'agiter.
00:56:39Ah !
00:56:40Facile à dire.
00:56:42Dans moins de deux minutes, tu pourras te reposer.
00:56:45Mais pour moi, ça ne fait que commencer.
00:56:47Mais qu'est-ce que vous allez faire de tout cet or ?
00:56:50Non, voilà une question.
00:56:52Je vais commencer par le mettre en cave.
00:56:55Quel intérêt.
00:56:57Actuellement, notre or ne vaut pas plus cher que du cuivre.
00:57:00Il va falloir faire remonter les cours.
00:57:02Et si j'ai un conseil à te donner, c'est d'en faire autant avec ta part.
00:57:06Moi, mais je n'en veux pas.
00:57:06Comment tu n'en veux pas ? Que vas-tu en faire ?
00:57:08Vous la donnez si ça vous amuse.
00:57:09Enfin, tu n'y songes pas.
00:57:11C'est tout de même pas pour mes beaux yeux que tu allais chercher ce bolide.
00:57:14Non, bien sûr.
00:57:14Mais alors, pourquoi ?
00:57:16Pour le plaisir, simplement.
00:57:18Eh bien, pour une fois, ton travail te rapportera.
00:57:21Que tu me demandes de gérer ta fortune, soit.
00:57:24Mais je me refuse à prendre ce qui te revient.
00:57:27Et d'ailleurs, tu auras également ta part des bénéfices que j'ai réalisés sur la baisse des mines d
00:57:31'or.
00:57:31Tu as voulu que tu sois associé.
00:57:33Je plaisantais.
00:57:34Mais si vous le permettez, nous reprendrons cette conversation plus tard.
00:57:37Car dans neuf secondes, nous serons fixés.
00:57:39Oh mon Dieu.
00:57:40Deux, six, cinq, quatre, trois, deux, un, zélo.
00:57:48Cette fois, ça y est.
00:57:51C'est bien ce que je pensais.
00:57:52Où est-il tombé ?
00:57:53Sur terre, rassurez-vous.
00:57:54C'est merveilleux.
00:57:55Il doit être à l'extrémité du cap.
00:57:56Nous l'avons échappé belle quelques mètres de plus et il plongeait dans l'océan.
00:57:59Mais t'allons-y.
00:58:00Oh, vous ne pourrez pas s'approcher.
00:58:01Il fait une chaleur de tous les diables.
00:58:03À moins de 500 mètres, le rayonnement, vous cuirez en quelques secondes.
00:58:05C'est vrai qu'il fait chaud.
00:58:06Je croyais que c'était l'émotion.
00:58:07Il ne doit pas faire loin de 40 degrés au dehors.
00:58:09Mais combien lui faudra-t-il de temps pour refroidir ?
00:58:11Oh, deux à trois mois.
00:58:13Même dans la glace.
00:58:14Plaignez-vous.
00:58:15Vous allez passer au Groenland d'un hiver plus agréable que sur la côte d'Azur.
00:58:18Vous pourrez prendre des bains de soleil.
00:58:20Je monte sur le toit pour le regarder.
00:58:22N'oubliez pas vos lunettes.
00:58:24Tu es un génie, Zéphirin.
00:58:27Ingénie.
00:58:28Quand les rochis t'apprendront la vérité.
00:58:39Sacré Tenton.
00:58:55Privat Eichendom.
00:58:58Proposité.
00:58:59Prevets.
00:59:00Que font-ils d'entrée ?
00:59:01Comment va-t-on se passe-t-il ?
00:59:04Croyez-vous même, monsieur, l'ébolite est tombé sur un terrain privé.
00:59:07Vous ne trouvez pas qu'il fait chaud, Trompon ?
00:59:09Mais oui, c'est mon météore.
00:59:10Privaté privé, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:59:12Ça pose une question de droit.
00:59:13Nous n'allons pas nous laisser arrêter par le tel synopsis.
00:59:16Il me semble aussi que le circonstant nous autorise à continuer.
00:59:20Mais ces pancartes ne veulent rien dire.
00:59:22Rien, rien, rien du tout.
00:59:24Personne n'a le droit de nous empêcher d'entrer.
00:59:26Alors allons, déjeuner.
00:59:30Oh, là, là.
00:59:38Ne croyez-vous pas, cher ami, que nous ferions mieux d'aller dîner ?
00:59:41J'allais vous le proposer.
00:59:42Connaissez-vous le filet de reine ?
00:59:44Mon cousin Rod m'en a beaucoup parlé.
00:59:46Je ne demande qu'à en goûter.
00:59:48Ça me changera un peu des menus du port.
00:59:50Eh bien, allons, ma chère.
01:00:04On ne voit pas grand-chose, hein ?
01:00:06On dirait un volcan.
01:00:08Oh, il a dû s'enfoncer profondément dans le sol.
01:00:10Tu ne crois pas qu'il risque de couler dans la mer ?
01:00:13Ici, on a l'impression qu'il est en équilibre, juste au-dessus.
01:00:16Les roches qu'il soutienne devraient pouvoir tenir.
01:00:19Devraient, mais on a vraiment l'impression que ça ne t'intéresse plus.
01:00:21Oh, maintenant qu'il est tombé.
01:00:24Eh bien, ne vous gênez pas.
01:00:27Vous êtes bronzé ?
01:00:29Oui, bronzé.
01:00:30Oh, excusez-moi.
01:00:32Nous pensions qu'il n'y avait personne.
01:00:34Eh bien, ce n'est pas une raison.
01:00:35Il nous a paru qu'en deux circonstances, aussi exceptionnelles, il était permis d'enfreindre
01:00:41les règles de la courtoisie.
01:00:43Vous êtes journaliste ?
01:00:44Oh, pardon.
01:00:47Je ne me suis pas présenté.
01:00:51Christian Deschnac, de l'Oguet de l'Etat grand-ouenlandais.
01:00:56Enchanté, monsieur.
01:00:57Robert Lecoeur, banquier parisien.
01:00:58Et voici mon neveu, Zéphirac Sirdal.
01:01:00Eh, monsieur ?
01:01:02Je suppose, monsieur de Schnack, que vous venez prendre des nouvelles de notre bolide.
01:01:09Non, je viens prendre possession, monsieur.
01:01:13Mais comment, monsieur ? Mais il nous appartient.
01:01:15Oh, vous plaisantez, monsieur.
01:01:17Mais pas le moins du monde, monsieur.
01:01:18Il est tombé sur un terrain qui nous appartient.
01:01:20Il est donc à nous.
01:01:21Mais votre terrain, monsieur, est situé sur le territoire grand-ouenlandais.
01:01:25Les bolides reviennent par conséquent à l'Etat coucheuré-pensante.
01:01:29Non, mais ce terrain, monsieur, c'est votre État qui me l'a vendu.
01:01:33Il s'agit d'une propriété privée dont je détiens ici les titres.
01:01:37Oh, dans un pareil cas des forces, ma chère, il ne saurait être question de propriété privée.
01:01:44Vous devriez le comprendre.
01:01:45Mais à ma connaissance, la chute d'un bolide ne constitue pas un cas de forces majères.
01:01:48Non, il est en or, monsieur.
01:01:51Mais cela ne change rien aux lois.
01:01:53Vous n'avez aucun droit.
01:01:54Oh, les profs, monsieur, d'adresser votre requête aux organismes compotents.
01:01:58En ce qui me concerne, je suis mandaté pour prendre officiellement possession du bolide
01:02:03dont l'armée va assurer le garde.
01:02:05Permettez, monsieur.
01:02:06Je vous en prie.
01:02:07Vous êtes-vous seulement demandé pourquoi le bolide était tombé sur notre terrain.
01:02:10Je n'ai pas à m'interroger, monsieur, sur le caprice du hasard.
01:02:13Ce n'est pas un hasard, monsieur.
01:02:14Le bolide est ici parce que c'est moi qui l'ai fait tomber.
01:02:20Vous ?
01:02:21Oui, monsieur.
01:02:22Sur moi, cet or gravitrait encore à 400 kilomètres dans l'espace.
01:02:26Je n'ai pas l'intention de discuter avec de fous.
01:02:29Et puisque vous m'y contagnez, monsieur, je vous place sous la surveillance de la force publique.
01:02:35Je vous interdis désormais de cuter cette pièce.
01:02:38C'est un abus de pouvoir qui vous coûtera cher.
01:02:41Bonsoir, messieurs.
01:02:42J'espère que votre conduite ne m'obligera pas à prendre de sanctions plus graves.
01:02:49Vous avez de curieuses façons de vous conduire avec les étrangers.
01:02:51Il est idiot, complètement idiot.
01:02:53C'est répugnant.
01:02:54Ne t'inquiète pas, je plaiderai.
01:02:56Et ce procès, nous le gagnons, je te le jure.
01:02:58Vous allez y passer des années.
01:02:59Je n'ai pas l'intention de me laisser dépouiller sans protester.
01:03:01Vous allez vous ruiner.
01:03:02Tant pis.
01:03:03Mais ce bolide finira bien par nous appartenir.
01:03:05Et pour commencer, ce n'est pas cette espèce de pingouin qui m'empêchera de sortir si j'en ai
01:03:08envie.
01:03:15Qu'est-ce que c'est que ce fanfare ?
01:03:18C'est l'îme de Groenlandais ?
01:03:19Non, c'est un détachement des fusillés marins américains.
01:03:22Ils viennent nous délivrer !
01:03:24Ils m'ont plutôt l'air de s'intéresser aux bolides.
01:03:26Mais quelles prétentions les Américains pourraient-ils faire valoir ?
01:03:28Ah, ce sont deux de leurs astronomes qui ont aperçu le météore pour la première fois.
01:03:31Et alors ? Quel droit ça leur donne-t-il ?
01:03:33Bon, je finis par me demander qui a droit à quoi.
01:03:37En voilà d'autres.
01:03:39Cette fois, ce sont les Japonais.
01:03:41Mais ils vont transformer notre propriété en champ de bataille.
01:03:43Eh bien, si j'avais su...
01:03:45Ah non, Zéphira, non !
01:03:47Tu dois être fier de ta réussite.
01:03:48C'est tout de même pas de notre faute si ces imbéciles viennent ici pour s'entretuer.
01:03:52Je n'ai pas encore dit mon dernier mot.
01:03:53Mais que comptes-tu faire ?
01:03:54Les mettre tous d'accord.
01:03:55Mais comment ?
01:03:56En rejetant le bolide à la mer.
01:03:59Tu ne feras pas ça !
01:04:00Non, je vais me gêner peut-être.
01:04:01Mais enfin, après l'avoir amené jusqu'ici...
01:04:03Raison de plus.
01:04:03Mais Zéphira, c'est insensé !
01:04:05C'est la solution la plus raisonnable.
01:04:06Réfléchissez.
01:04:07Nous sauvons la paix et peut-être notre vie.
01:04:09Vous vous vengez de ce monsieur du schnac...
01:04:10De schnac...
01:04:11De schnac...
01:04:12Mais l'or, Zéphira, l'or !
01:04:14Mais je m'en moque de l'or.
01:04:16Et n'en avez-vous pas gagné suffisamment par toutes vos spéculations ?
01:04:20Tu me donnes une idée.
01:04:22Si le bolide disparaît, la côte des mines d'or va remonter ?
01:04:30Tonton !
01:04:31Combien de temps te faudra-t-il ?
01:04:32Il me faudra bien une quinzaine de jours.
01:04:34Non, mais pas moins, tu es sûr ?
01:04:35Ce n'est pas si facile.
01:04:36Tant mieux ! C'est aussi le temps qu'il me faut.
01:04:40Hein ? Voilà les Français !
01:04:42Mais comment comptes-tu faire ?
01:04:44Tu ne pouvais déjà plus agir sur le bolide au moment de sa chute.
01:04:46Il suffit de provoquer ce qui vous faisait si peur, la rupture des roches qui actuellement empêche le bolide de
01:04:50tomber dans l'océan.
01:04:51Mais on ne te laissera pas faire.
01:04:52Supposer que tu puisses t'approcher d'assez près malgré son rayonnement.
01:04:56Et comment vas-tu te procurer des explosifs ?
01:04:57Ce n'est pas l'intention de sortir d'ici.
01:04:59Je dispose d'une source d'énergie bien supérieure à tous vos explosifs.
01:05:01Mais quelle énergie ?
01:05:02Mais celle du bolide, évidemment !
01:05:05Il faut tout de même bien qu'il serve à quelque chose.
01:05:08Ah, vous entendez, cette fois ce sont les Écossais.
01:05:11Attention Zéphira, c'est sérieux, hein ?
01:05:13Je peux voter sur toi ?
01:05:14Mais oui, tonton !
01:05:15Le bolide, c'est mon affaire !
01:05:43Ainsi fini le bolide.
01:05:45Dean Forsythe et Sidney Udelson se réconcilièrent comme les nations.
01:05:52Quant au juge prof,
01:05:55il eut la joie de célébrer deux mariages.
01:05:58Celui de Francis et Jenny, bien sûr.
01:06:01Je vous déclare unis par le mariage.
01:06:15Mais aussi celui de Seth Stanford et d'Arcadia Walker,
01:06:20qui cette fois se marient à papier comme tout le monde.
01:06:22Ah, bonjour, Miss Walker et Mr. Stump.
01:06:25Bonjour, Monsieur le juge.
01:06:28Alors, cette fois, êtes-vous bien d'accord ?
01:06:31Oui.
01:06:33Eh bien, je vous déclare unis par le mariage.
01:06:43Bon horaire, Monsieur le juge.
01:06:45Merci.
01:06:45Pour les pauvres, Monsieur le juge.
01:06:47Merci pour eux.
01:06:48Et je vous souhaite beaucoup de bonheur.
01:06:50Adieu, Monsieur le juge.
01:06:53Adieu, mes amis.
01:06:56J'aurais peut-être mieux fait de leur dire au revoir.
01:07:12Grâce à son hiac et au télégraphe,
01:07:14le cœur avait pu donner l'ordre de racheter à bas prix
01:07:16toutes les mines d'or,
01:07:17bien avant que ne fût connue la disparition du bolide.
01:07:20Cela lui valut son surnom d'empereur de l'or.
01:07:26Quant à Zéphirin,
01:07:27il passa à d'autres sujets de réflexion
01:07:29dont la plupart se sont malheureusement égarés.
01:07:32Oui ?
01:07:36Monsieur Zéphirin,
01:07:37je vous ai apporté votre pain et votre lait.
01:07:39Merci, Madame Thibault.
01:07:40Merci.
01:07:45Mais direz-vous,
01:07:47ne serait-il pas possible de le récupérer un jour, ce bolide ?
01:07:50Quel bolide ?
01:07:52Ah !
01:07:54Le bolide !
01:07:55Eh bien, si vous êtes allé au bord de la mer,
01:07:57il est très probable que vous en avez tenu une infime parcelle entre vos mains.
01:08:02En effet, le métal en fusion explosa au contact de l'eau glacée
01:08:05et les 1,867,000 tonnes de cette gigantesque pomme de discorde
01:08:11s'ajoutèrent tout simplement aux 10 milliards de tonnes d'or
01:08:14qui, je vous l'apprends peut-être, se trouvent déjà dans les océans.
01:08:19Si vous trouvez un moyen économique de les en retirer,
01:08:22votre fortune est faite
01:08:23et vous deviendrez la femme ou l'homme le plus riche du monde.
01:08:27Je vous souhaite bonne chance.
01:08:29Mais comme on dit,
01:08:31ne tirez pas trop de plans sur la comète.

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