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  • il y a 6 jours
«Ce qui n'est pas normal c'est l'école, la justice et l'hôpital ne marchent pas», rappelle Pascal Praud

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur les déclarations d'Emmanuel Macron en déplacement à Marseille sur l'autorité et l'ordre républicain.

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Transcription
00:00Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d
00:03'ébullition.
00:05Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
00:08Donc plus jamais le 17 octobre.
00:10Le 24 octobre est un modèle, on a tenu et c'est ce qu'on continuera de faire.
00:15Donc il y a un travail politique et social qui est mené par le gouvernement pour répondre aux aspirations légitimes,
00:20pour calmer les gens.
00:22Il y a normalement un débat présidentiel qui doit se faire pour qu'on ait des élections.
00:25C'est parce qu'il y a des élections qu'il n'y a pas de violence.
00:27C'est ça une démocratie. Il faut le rappeler aux gens.
00:30Mais on continuera de tenir à la fois samedi, le 5 novembre pour la journée de mobilisation sociale et les
00:39samedis qui suivront.
00:39Alors je retiens évidemment cette phrase, le 24 et c'était un modèle.
00:42Bon, évidemment ce n'est pas vraiment un modèle.
00:44Mais ce que je retiens surtout, c'est ces sept secondes-là.
00:48Écoutez.
00:50Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d
00:53'ébullition.
00:55Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
00:58Ce qui n'est pas normal, monsieur le Président, ce qui n'est pas normal, c'est que l'école
01:02ne marche pas.
01:03Ce qui n'est pas normal, c'est que la justice ne marche pas.
01:05Ce qui n'est pas normal, c'est que l'hôpital ne marche pas.
01:08Ce qui n'est pas normal, c'est qu'on ait tant de dettes que cela.
01:12C'est tout ça qui n'est pas normal.
01:14Donc, en fait, c'est votre action qui, à l'arrivée, en dix ans, a produit.
01:22Vous n'êtes pas évidemment le responsable à 100% de tout.
01:25Bien sûr, d'autres vous ont précédé un certain climat.
01:29Je veux bien entendre cela.
01:30Mais vous avez fait révéler les Français.
01:33Vous avez promis une révolution.
01:35Vous avez promis un changement.
01:37Et ce changement n'est pas à la hauteur de ce que vous aviez promis.
01:40C'est tout.
01:42Juste peut-être sur le thème révolution, c'est peut-être la seule chose qu'il a promise et qui
01:45peut arriver.
01:46Encore.
01:47Il y a une profonde déconnexion du Président de la République et de ses ministres.
01:53Il y a une scène qui a été captée par nos confrères d'envoyé spécial
01:56qui suivait le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, au cours des dernières semaines.
02:00C'était au tout début du mouvement lycéen.
02:02Et on entend le ministre de l'Intérieur.
02:03On lui demande, est-ce que vous êtes inquiet sur ce mouvement ?
02:06Et il dit, non, il n'y a aucun risque que ça déborde.
02:08Franchement, on n'est pas du tout inquiet.
02:10On regarde ça de loin, etc.
02:12Trois semaines plus tard, c'est le 17 octobre.
02:14Alors, ils ne pouvaient évidemment pas s'anticiper.
02:16La France s'ennuie dans le monde de comment ça fait-il.
02:21Mais les gilets jaunes, ils n'ont pas vu venir les gilets jaunes.
02:23Ils n'ont pas vu venir les gilets jaunes.
02:24Ils n'ont pas vu venir les mouvements des agriculteurs.
02:27Les panneaux renversés, c'était déjà annonciateur.
02:28Ils n'ont pas vu venir.
02:29Il y a un problème de lien au terrain aussi.
02:32Pardonnez-moi, mais personne ne voit...
02:36Personne ne voit jamais la guerre arriver,
02:39la révolution arriver, personne.
02:41Quand vous avez une connexion au terrain,
02:42des élus locaux bien implantés dans leur territoire,
02:45généralement, vous avez les gilets jaunes.
02:46Les gens qui sont payés pour ça, quand même.
02:47Écoutez, l'histoire nous montre que personne n'y croit, en tout cas.
02:52Personne n'y croit, je ne peux pas vous dire autre chose.
02:53Personne ne croit jamais au pire.
02:55Les dictateurs, ils restent jusqu'au dernier moment dans leur château.
02:57Je ne sais pas, Pascal, certains ont vu le pire venir.
02:59Les États vivent avec l'idée du pire qui est imminent, quand même.
03:02Ah bon ?
03:03Oui, ils sont dans une grande paranoïa.
03:04C'est même un des problèmes des gens qui exercent.
03:06On ne peut pas dire que personne ne voit le pire venir.
03:08Ça fait 40 ans que certains font le bon diagnostic
03:11sur la facturation de la France,
03:13sur les questions migratoires,
03:15sur les armements de l'autorité de l'État.
03:16Ces gens-là n'ont jamais été écoutés.
03:18On en paye le prix aujourd'hui
03:19parce qu'on s'est refusé à faire le bon diagnostic.
03:20Je salue Pierre Brochon qui nous écoute régulièrement le matin
03:24et qui a fait un papier formidable.

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