00:00Bonjour Hélène. Bonjour Rachid.
00:02Aujourd'hui vous recevez un invité, on parle de 7e art, de cinéma fantastique,
00:05même le cinéma fantastique qui s'invite à Rabat pour un tout nouveau festival.
00:10En fait c'est un prologue avant bien évidemment une première édition.
00:15Comme dans les courses cyclistes.
00:16Voilà, le prologue ensuite.
00:18Ben oui, en plus c'est en Belgique donc ça tombe très bien.
00:21On comprend mieux.
00:21Vraiment ça tombe très bien.
00:23Et si nos monstres en disaient long sur nos sociétés, nos peurs et nos imaginaires,
00:27c'est le pari du Boujloud Film Festival dont le prologue se tient du 30 octobre au 1er novembre à
00:34Rabat.
00:34Né d'une initiative belgo-marocaine, ce rendez-vous fait dialoguer cinéma fantastique,
00:39horreur et documentaire avec des œuvres venues de plusieurs continents.
00:43Son nom rend hommage à Boujloud ou Bill Mawoun,
00:46personnage masqué et fascinant des traditions populaires marocaines.
00:50Et pour nous en parler, nous joignons à Bruxelles,
00:53Moustapha Abatane, il est le fondateur du festival.
00:57Moustapha Abatane, bonjour et merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
01:02Bonjour, merci.
01:03Et c'est moi qui vous remercie de m'inviter pour parler un peu de ce projet avec vous.
01:08Alors, une toute première question.
01:10Comment est né ce projet de Boujloud ?
01:13Ben écoutez, on va dire que c'est une longue histoire.
01:16Je vais essayer d'être bref pour la résumer, mais on va dire que moi, j'ai toujours été un
01:20passionné de fantastique au sens large.
01:23Donc, c'est le fantastique qui m'a permis de découvrir l'art, la littérature, la peinture, le cinéma.
01:29C'est par cette fenêtre-là que je me suis intéressé à toutes ces choses-là.
01:32Et donc, dans mon parcours, comme j'habite Bruxelles, j'ai découvert un festival qui s'appelle le BIF,
01:38le Bruxelles International Fantastique Film Festival, que j'ai commencé à fréquenter à l'adolescence déjà.
01:44Et où j'ai découvert un peu tout ce qui était possible de mettre en place pour valoriser ce type
01:50de là.
01:50Parce que quand on dit fantastique, ce type de film, ce type de projet,
01:53et quand on dit fantastique, en fait, c'est un mot de valise dans lequel on peut mettre plein de
01:56choses.
01:57Mais il y a beaucoup, beaucoup de choses différentes qui sont contenues dans ce mot fantastique générique.
02:03Et donc, je me suis dit, tiens, j'aimerais beaucoup qu'il y ait un équivalent de ce festival-là
02:09qui puisse exister dans mon pays d'origine.
02:13Parce que je voyais aussi beaucoup de choses qui se passaient.
02:15Mais je me disais, pourquoi pas créer une place pour ce type de film, ce type de cinéma aussi.
02:20et en l'incarnant avec cette figure, comme vous l'avez dit, fascinante du Bougeloud,
02:26qui était vraiment la mascotte idéale pour ça.
02:29Bien évidemment.
02:29Alors, justement, en lançant ce projet, vous vous êtes un peu, on va dire,
02:33vous avez réuni autour de vous beaucoup de jeunesse,
02:36puisque c'est en partenariat avec l'ISMAC, c'est en partenariat avec le TETMINE,
02:41c'est avec Riba, là où il y a beaucoup de jeunes.
02:43Est-ce que c'était important pour vous de réunir cette jeunesse autour de ce cinéma fantastique ?
02:50Oui, pour moi, ça n'avait pas de sens de le faire sans.
02:54En fait, c'était important de pouvoir en tout cas leur partager cette idée,
02:58cette initiative appuyée par Christelle Schoeller,
03:02qui m'a soutenu en direct de Rabat,
03:05parce que moi j'étais beaucoup plus à Bruxelles.
03:07Mais voilà, de créer cette connexion-là avec la jeunesse, mais pas qu'elle.
03:11Mais en tout cas, c'était quand même, si on peut appeler ça une cible principale,
03:16parce qu'il y avait aussi, derrière cette envie de créer un festival,
03:20c'était aussi un désir de pouvoir un petit peu stimuler un imaginaire
03:26et puis se réapproprier un imaginaire qui n'est peut-être pas suffisamment mis en avant
03:31dans les créations artistiques, cinématographiques, etc.
03:35Donc il y avait un peu ce désir-là de le partager avec cette jeunesse
03:39et de voir comment ça résonne chez elle aussi.
03:42Avant de poursuivre, j'aimerais qu'on regarde ce premier extrait
03:46et de « Qu'importe si les bêtes meurent » de Sophia Alaoui.
03:49«Qu'importe si mes ring чтоб », « j'en ai ai, j'en ai ! »
03:59« J'en ai. »
04:00« J'en ai, j Wanna soul »
04:02« J'en ai, moi, j'en ai ! »
04:05– Sous-titrage ST' 501
04:35– Qu'est-ce que c'est ce prologue pour justement attirer ce public à ce cinéma quand même qui
04:40reste un peu méconnu ?
04:43– En fait c'est vraiment avec l'aide des partenaires et avec l'enthousiasme parce que c'est vraiment
04:50l'enthousiasme qui a été le moteur,
04:53la réception, la réceptivité des gens à qui j'en parlais et qui était vraiment incline à vouloir se joindre
05:01à cette aventure
05:02parce qu'on a démarré vraiment avec juste une envie tout simplement et il se trouve que cette envie a
05:09eu un retour favorable
05:14et donc tout le monde s'est mobilisé, que ce soit vraiment en donnant du temps,
05:19mais on a mis en place aussi une cagnotte qui nous a permis de récoter aussi des fonds pour pouvoir
05:24quand même mettre les premières briques,
05:26on va dire, donc c'est vraiment presque un mouvement collectif qui s'est mis en place
05:33parce que j'ai l'impression qu'il y avait quand même une attente de pouvoir valoriser ce qu'on
05:38pourrait appeler un autre cinéma.
05:41– Alors justement cet autre cinéma dans cette programmation, donc bien évidemment il y a le Maroc
05:46avec notamment les projections de Sofia Alawi qui incarne bien l'extrait qu'on vient de voir,
05:51il avait remporté quand même le Saint-Denis, le Grand Prix du Jury au Saint-Denis,
05:55mais on voit aussi qu'il y a du cinéma qui vient du monde arabe.
06:00Est-ce que, très brièvement, est-ce que le fantastique a sa place dans le septième art arabe ?
06:07– Moi, vous prêchez un convaincu.
06:11Moi, c'est clair qu'il a clairement sa place,
06:13d'autant plus que le surnaturel, le fantastique,
06:18sans vouloir essentialiser ou généraliser,
06:20mais il fait partie intégrante du quotidien de beaucoup de personnes
06:24issues du Maghreb, d'Afrique ou du monde arabe,
06:28c'est quelque chose avec lequel on vit au quotidien,
06:32donc l'intégrer dans les histoires qu'on veut raconter,
06:34je trouve que c'est presque naturel,
06:36et j'ai même envie de dire que finalement il a peut-être toujours été présent,
06:40parce que quand on regarde même des films marocains,
06:44comme les films d'Ahmad Bouanami,
06:46il y a une poésie qui flirte avec le fantastique.
06:49Le cinéma de Mohamed Sminé avec son film Chervi,
06:52les séquences de trans,
06:53c'est quand même un motif qui revient pas mal dans le cinéma marocain,
06:56et la trans, c'est quand même quelque chose
06:58où on est dans une frontière entre la réalité et une autre réalité,
07:03donc j'ai l'impression que c'est déjà là,
07:05mais qu'il faut continuer à l'assumer,
07:10et il ne faut pas en faire juste un cliché,
07:12mais je pense que c'est un biais par lequel on peut raconter des histoires autrement,
07:16et même, je trouve, renouveler un certain cinéma de genre
07:20qui tourne un peu en rond à l'heure actuelle,
07:22et de ramener des nouvelles figures,
07:24de ramener une autre réalité, un autre imaginaire,
07:27je pense que c'est quelque chose qui peut vraiment l'enrichir
07:30et lui donner presque du sang neuf.
07:33Alors, Mstapha Abatane, vous êtes le fondateur du festival,
07:37donc, pardon, du festival,
07:39donc du Bougelou de Festival,
07:41donc qui se tient à Rabat,
07:43du 30 au 1er octobre ce week-end d'Arabat.
07:45Peut-être une toute dernière question musicale.
07:48Deux chanteurs marocains d'origine belge
07:51sont nommés aux Grammy Awards.
07:52Qu'est-ce que ça vous fait ?
07:55Moi, ça me réjouit et je trouve que ça montre aussi
08:00la diversité des parcours migratoires
08:03et puis la richesse de nos traditions
08:06et la manière dont elles se mixent
08:09avec les influences qu'elles rencontrent sur leur chemin.
08:12Et ça donne des résultats comme celui de Towson,
08:15qui a fait, enfin aussi comme distinct,
08:18qui ont fait une partie de leur parcours,
08:19qui sont passés par Bruxelles, mais pas que.
08:20Mais c'est vrai qu'avec un fort background marocain,
08:25mais qui accueille des influences
08:27qui viennent d'un peu partout,
08:28ça donne des résultats comme celui-là
08:31d'avoir une nomination au Grammy, par exemple.
08:33Je suis ravi pour eux, je suis très content.
08:36Moustapha Abatane, merci beaucoup
08:38d'avoir accepté notre invitation.
08:39Je rappelle que vous êtes le fondateur
08:41du Bougelou de Film Festival,
08:43qui se tient donc du 30 au 1er novembre à Rabat.
08:47C'est donc ce week-end.
08:48Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
08:50Et merci à vous.
08:52Et merci bien sûr à votre invité.
08:54Justement, vous l'évoquiez, de la musique.
08:56On reste en Belgique quasiment.
08:57Et oui, avec deux nominations au Grammy Awards.
09:00La musique marocaine, donc de la diaspora,
09:02c'est entendre sa voix,
09:03puisque dans l'univers des Grammy Awards,
09:05d'un côté distinct,
09:07artiste belgo-marocain est retenu dans la catégorie
09:09Best New Artist et Best Global Music Performance.
09:12Et de l'autre, Towson voit son album,
09:15Choukran et son titre,
09:17This Out, figuré parmi les œuvres,
09:19en liste dans les catégories Global Music Album
09:21et Global Music Performance.
09:23Deux trajectoires portées par des univers
09:25qui mêlent héritage marocain,
09:27influence arabe et sonorité contemporaine.
09:30Je vous laisse savourer ces deux extraits.
09:49Et moi, je vous le dire,
09:49je vous laissez faire des chansons en chambre.
10:06Je vous laissez une chanson de la chine,
10:08l'on fait
10:34Ça donne envie de danser.
10:36Eh oui, on leur souhaite bonne chance, c'est pour le février 2027.
10:39On les soutient.
10:40On est à fond derrière eux.
10:41Merci beaucoup, William Raza.
10:42C'était Les Blancs Culture.