Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 minutes
Avec François Pierrard, Fondateur et directeur de l'Observatoire Hexagone

—

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75...
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOffi...
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradiooff...
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos du Grand Matin Week-End : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDSoOQuH74IIXMno3AffxfUT

##A_LA_UNE_WK-2026-10-25##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour et bienvenue à vous François Pierard, vous êtes fondateur et directeur de l'Observatoire Hexagone.
00:10Vous publiez une note assez passionnante, je dois le dire, aujourd'hui, concernant la fiscalité.
00:20Je rappelle le contexte, un nouvel épisode de mobilisation contre la vie chère, parfois marqué par des violences.
00:25D'un mot, qu'est-ce que vous dites de cette colère qui s'exprime ?
00:29Et on va parler de ce que vous avancez sur le rendement de nos impôts qui sont sans cesse en
00:35augmentation.
00:35Qu'est-ce que vous dites de cette mobilisation à répétition ?
00:38Alors ces mobilisations à répétition s'inscrivent dans un contexte qui est celui de soulèvements populaires
00:45qui parfois ont des revendications confuses, qui agglomèrent différents sujets, différents courants politiques.
00:50Il y a eu la mobilisation lycéenne et aujourd'hui on a une mobilisation plus large qui prend le relais
00:55aux revendications composites
00:57et pas mal orientée à gauche d'après ce que je comprends.
01:00Vous êtes d'accord pour reconnaître que dans les demandes qui sont faites, nous sommes à six mois d'une
01:05élection majeure,
01:06celle de la présidence de la République, il y a forcément des lignes de crédit à produire additionnelles.
01:13Il y a un budget qui est en construction.
01:15Est-ce qu'au fond le gouvernement est en mesure aujourd'hui de pouvoir satisfaire telle ou telle demande ?
01:20Non, il semblerait qu'il y ait quand même un décalage entre le calendrier des mobilisations sociales
01:27et le calendrier politique et notamment électoral.
01:30À six mois d'une élection présidentielle, on ne peut pas présenter un budget de rupture.
01:35De même qu'à six mois d'une élection présidentielle, ça me semble compliqué de mener une grande réforme de
01:41parcours sup.
01:41Donc je crois qu'aujourd'hui, ces soulèvements sociaux risquent d'être déçus dans l'immédiat
01:46par l'écoute de leurs revendications, car c'est probablement quelque chose qui peut survenir qu'après,
01:51une fois qu'une nouvelle majorité parlementaire a été constituée, donc probablement pas avant l'été.
01:56Parce que certaines réformes demandent de la concertation du temps et parce que les caisses sont vides, François Pierard.
02:02Votre observatoire publie, Hexagone, une note que nous révélons ce matin sur Sud Radio.
02:07Vous y démontrez qu'augmenter les impôts ne garantit absolument pas de faire entrer davantage d'argent dans les caisses
02:16de l'État.
02:16C'est assez surprenant. Expliquez-nous.
02:18Alors, on peut effectivement penser qu'en créant de nouveaux impôts, en augmentant leur taux,
02:25on va récolter des recettes absolument mirobolantes.
02:29Or, ce n'est pas le cas. Effectivement, créer de nouveaux impôts peut apporter de nouvelles recettes,
02:33mais souvent dans des proportions très décevantes.
02:36Et on a trois exemples récents.
02:37Trois exemples majeurs, là, oui.
02:39Alors, certains sont un peu anecdotiques et cocasses, mais peut-être qu'on peut commencer par ça.
02:44La taxe sur les yachts.
02:45Elle avait été décidée par le gouvernement d'Edouard Philippe en 2017.
02:49Elle était symbolique pour montrer que le gouvernement s'attaquait aux riches aussi.
02:53Cette taxe devait rapporter 10 millions d'euros par an, ce qui n'est pas énorme.
02:57Mais finalement, elle a rapporté en 2024 60 000 euros.
03:01Donc là, elle a rapporté 99% de moins que ce que...
03:05Comment est-ce que vous l'expliquez ?
03:07Alors, tout simplement, il y a des taxes qu'on crée parfois pour des effets de communication.
03:12Ce qui était le cas de cet impôt.
03:15Et en face, vous n'avez aucune garantie de l'efficacité pratique de la mesure.
03:20En l'occurrence, cette taxe s'appliquait aux bateaux battants pavillons français ou avec des propriétaires résidents fiscaux en France.
03:29Eh bien, vous voyez que ce sont des choses qu'on peut facilement changer.
03:32Les bateaux ont simplement changé de pavillon, voire les propriétaires ont changé de résidence fiscale.
03:37La taxe a été évitée.
03:39Et c'est ainsi qu'on n'a eu que 60 000 euros dans les caisses.
03:42À peine de quoi acheter un minibus de police en 2024.
03:46Flop de cette taxe symbolique sur les yachts.
03:51Quel autre exemple vous avez en magasin ?
03:53Eh bien, je pense que cet échec aurait quand même dû être retenu.
03:57On aurait dû en tirer les conclusions.
03:59Notamment pour des taxes plus importantes.
04:01Et là, on a quand même un exemple assez majeur.
04:04C'est la contribution...
04:05Sur les hauts revenus.
04:05Voilà, la contribution différentielle sur les hauts revenus.
04:08C'était quand même une taxe qui était censée rapporter 2 milliards d'euros.
04:11Donc, 2 milliards d'euros, on n'est plus dans l'épaisseur du trait.
04:13C'est une mesure majeure dans le budget.
04:15Et finalement, elle a rapporté un peu moins de 400 millions d'euros.
04:18On passe de 2 milliards prévisionnels à 400 millions dans les caisses.
04:22Une taxe qui rapporte 80% de moins que prévu.
04:26Parce qu'évidemment, quand on crée une nouvelle taxe dans un pays qui, rappelons-le,
04:29la France est le pays le plus taxé de la zone euro, l'un des pays les plus taxés au
04:33monde,
04:34on a atteint un point qui est un point critique où, dès que vous créez une nouvelle taxe,
04:39vous avez des effets d'évitement qui sont massifs.
04:41Et c'est ce qu'on a eu sur cette contribution différentielle sur les hauts revenus.
04:44Et donc, d'un côté, vous avez...
04:46Comment expliquer ce faible rendement ?
04:48En l'occurrence, c'était sur des dividendes.
04:51Afin de baisser leurs revenus pendant la phase taxée, en quelque sorte,
04:56vous avez des contribuables qui ont retiré des dividendes avant que la taxe entre en vigueur
05:00et qui, aujourd'hui, gardent leurs dividendes bien au chaud
05:03et attendent que cette contribution, qui est censée être exceptionnelle,
05:06mais vous savez, des impôts exceptionnels, il y en a quand même quelques-uns,
05:09attendent que cette contribution exceptionnelle passe pour retirer leurs dividendes.
05:16Et, en fait, au travers de ces exemples, ce qu'on voit, c'est qu'on a quasiment de l
05:20'idéologie
05:21du côté de Bercy, dans des prévisions économiques, où parfois, on est dans le déni.
05:26Parfois, on s'imagine qu'on augmente le taux de taxation,
05:31les recettes vont suivre dans la même proportion.
05:33En fait, non, ce n'est pas le cas.
05:35Et là-dessus, pour le coup, l'exemple le plus choc, c'est le tabac.
05:38Le tabac, allez-y.
05:40Alors, le tabac, le principe du tabac...
05:42Logiquement, on dit toujours que le tabac remplit les caisses de l'État,
05:44ce qui est le paradoxe en termes de santé publique.
05:45Ça rapporte environ 14 milliards d'euros par an.
05:4814 milliards.
05:4813, 14 milliards, ça dépend des années.
05:51Le principe, quand même, que tout le monde peut comprendre,
05:54c'est que quand on augmente les taxes sur le tabac,
05:56c'est pour faire baisser la consommation.
05:58Et donc, au bout d'un moment, si la consommation baisse,
06:01les recettes vont aussi baisser.
06:03Or, on a un ministère de l'économie qui, parfois, est dans le déni.
06:09Donc, de 2020 à 2024, ce qui s'est passé,
06:12c'est qu'on a eu une sous-anticipation très forte des recettes du tabac.
06:152 milliards d'euros au total sur la période.
06:19En 2023, on a Bercy qui prévoit une augmentation des recettes.
06:24Bon, non, les recettes baissent parce que la consommation baisse.
06:27Et elle baisse davantage que la hausse des taxes.
06:302024, au lieu de se remettre en question,
06:33on a une administration qui, rebelote, prévoit de nouveau
06:36une augmentation des recettes fiscales au tabac,
06:39alors que l'année précédente, ça n'avait pas été le cas.
06:42Et donc, à la fin, on a un écart qui se creuse.
06:44Et donc, par exemple, en 2024,
06:45les taxes sur le tabac rapportent quasiment 1 milliard de moins que prévu.
06:49Ce qui est un manque à gagner important dans un budget.
06:51Donc, et le temps tourne, malheureusement, François Pierre-Arc,
06:54ce budget qui arrive quand on nous dit qu'il faut trouver 50 milliards,
06:57je vous le fais à la louche,
06:58en réalité, on n'y arrivera jamais ?
07:04Tout dépend de la manière dont est voté, décidé ce budget.
07:08Ça peut passer en force.
07:10Ça peut passer à la fin sur un consensus in extremis
07:14où des partis disent qu'il vaut mieux voter un budget maintenant
07:17plutôt que risquer une censure et une instabilité politique
07:20à quelques mois des élections.
07:22Mais le budget tel qu'il est, de toute manière,
07:25entendons-nous là-dessus,
07:26est un budget qui maintient une situation budgétaire très compliquée
07:29parce que viser 5% de déficit,
07:31c'est viser d'être le deuxième pire déficit public de la zone euro sur 21 pays.
07:35Ce qui veut dire que si le pire pays a 0 sur 20,
07:38là, on est en train de viser 1 sur 20
07:39et on se dit que ça va être compliqué.
07:41Et donc, en conclusion, François Pirard,
07:43il faut rappeler le titre de votre note publiée par l'Institut Hexagone.
07:48Je vais vous laisser faire.
07:49Trop de taxes, tu les taxes.
07:51Trop de taxes, tu les taxes.
07:52En conclusion, il va falloir que les candidats à l'élection présidentielle
07:57révisent leur copie
07:58et nous proposent une vision plus réaliste
08:02sur ce qu'est la fiscalité dans ce pays.
08:05Est-ce qu'on a l'impression qu'on reste gratis ?
08:06La réalité qui est mise en lumière par cette analyse,
08:09c'est qu'on a atteint un point critique sur la taxation
08:12et donc, si on veut rétablir l'équilibre de nos finances,
08:15il vaut mieux attaquer le volet dépenses
08:17en regardant point par point quelles dépenses on garde vraiment,
08:20quelles dépenses on supprime.
08:21Trop d'impôts, tu l'impôt.
08:23C'est donc le titre de cette note
08:24publiée par l'Observatoire Hexagone.
08:28Merci François Pierrard.
08:30Merci.
08:30Observatoire dont vous êtes le fondateur et directeur.
08:33Merci d'avoir détaillé cette mécanique infernale,
08:37celle de la fiscalité dans ce pays.
08:39Plutôt baisser les dépenses qu'augmenter les taxes.
08:43Les candidats à l'élection présidentielle,
08:45nous sommes d'accord, François Pierrard,
08:46devraient s'en inspirer.
08:48Merci à vous.

Recommandations