00:00Benyamin Netanyahou pourrait-il bientôt perdre son poste de Premier ministre d'Israël
00:04après 18 années cumulées au pouvoir ?
00:07C'est ce que doivent déterminer les élections législatives du 27 octobre.
00:10C'est la première élection depuis le 7 octobre 2023,
00:14donc depuis qu'Israël a connu un traumatisme sans équivalent dans son histoire depuis 1948.
00:19On est donc dans une situation qui est historique, inédite et cruciale à plusieurs titres.
00:23Pour rester Premier ministre et gouverner le pays,
00:26il faut que le parti de Benyamin Netanyahou, le Likoud,
00:29remporte la majorité des sièges du Parlement israélien, la Knesset, composée de 120 sièges.
00:35Mais c'est un scrutin à la proportionnelle.
00:37Et en général, le parti qui arrive en tête n'atteint pas la majorité et doit former des alliances.
00:42C'est ce qu'a fait le Premier ministre aux dernières élections, en 2022,
00:45en formant une coalition avec des partis d'extrême droite radicaux.
00:49Alors, dans cette élection, deux principales forces s'affrontent.
00:52La coalition gouvernementale de Benyamin Netanyahou, donc.
00:55Une coalition qui était déjà la coalition la plus radicale dans l'histoire d'Israël
01:01et qui, en période de campagne, est encore plus radicalisée.
01:03Et une coalition d'opposition formée de partis très variés qui vont de la gauche à l'extrême droite
01:09avec une figure centrale, un ancien chef d'état-major de l'armée, Gadi Eisenkot.
01:14Le point commun, c'est vraiment l'anti-Netanyahou qui fait que ces partis s'entendent pour tout faire
01:20afin que Netanyahou ne soit pas reconduit comme Premier ministre après cette élection.
01:24Dans les derniers sondages, qui sont à prendre avec précaution,
01:27le camp gouvernemental est au coude à coude avec la coalition d'opposition.
01:31Mais une troisième force pourrait faire basculer l'élection.
01:34Deux listes de partis arabes qui pourraient potentiellement s'allier avec la coalition d'opposition.
01:38La stratégie du Likoud est d'associer au maximum l'opposition au parti arabe
01:44en considérant qu'aux yeux d'une partie de la population qui est largement raciste aujourd'hui,
01:50et c'est vraiment exprimé clairement, les partis arabes représentent une menace, un risque.
01:55Le principal slogan de Netanyahou, c'est de dire que c'est soit le Likoud, soit la Palestine.
02:00Parce que cela lui permet de laisser penser à son électorat que si son parti politique ne l'emporte pas,
02:07l'opposition laissera se créer un État palestinien en Cisjordanie et en Gaza.
02:12Dans cette campagne, Benyamin Netanyahou, tout comme les autres candidats,
02:16n'hésite pas à inonder les réseaux sociaux de contenus générés par IA.
02:19L'intelligence artificielle lui permet de façon très caricaturale, mais efficace pour son électorat,
02:26de faire des raccourcis, d'assumer des parts de manipulation qui sont parfois assez dingues en réalité.
02:33Et donc il va associer le maire de New York, qui est largement rejeté par une partie des Israéliens de
02:40droite,
02:40il va associer Ramenei, l'ancien dirigeant d'Iran, des dirigeants de partis arabes,
02:45comme si au fond, toutes ces personnalités avaient un point commun, ce qui n'est absolument pas le cas.
02:51Mais au sein même du camp de Benyamin Netanyahou, des divisions sont apparues.
02:55Itamar Bengvir, ministre de la Sécurité nationale issue de l'extrême droite suprémaciste
03:00et du camp gouvernemental du Premier ministre, a multiplié les messages de défiance à l'égard de Benyamin Netanyahou
03:06et les contenus provocateurs en moquant par exemple les prisonniers palestiniens, vidéo IA à l'appui.
03:11Cette concurrence aujourd'hui, elle est très vive entre Netanyahou d'un côté, Bengvir de l'autre
03:17parce que Bengvir se sent porté par une partie de la population
03:20qui se rêve en réalité comme étant un successeur potentiel de Netanyahou pour diriger la droite et l'extrême droite.
03:26Pourtant, sur le fond, il y a peu de différence entre les deux coalitions,
03:29notamment sur les questions de sécurité qui ont dominé le débat.
03:32Pour le reste, par exemple sur le rapport avec un éventuel État palestinien, sur la situation à Gaza,
03:38il y a aujourd'hui très peu de différences sur les questions d'éducation par exemple
03:42qui sont très importantes en Israël, d'économie, sur la question des libertés publiques,
03:46sur la question d'environnement totalement absente du débat.
03:49On voit que le fond a très peu émergé dans les discussions politiques en Israël ces derniers mois.