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  • il y a 2 heures
Claude Moniquet, spécialiste terrorisme et renseignements, évoque les risques de la mobilisation du 24 octobre : «L'ultragauche est là pour attiser le feu et bordéliser le pays à l'approche des élections».

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Transcription
00:00Bonjour Romain.
00:01Merci beaucoup d'être là, spécialiste des questions de sécurité et de renseignement.
00:07Est-ce qu'on peut d'ores et déjà avoir une idée plus ou moins précise de ce qui peut
00:11se passer demain ?
00:13Comment peut-on savoir à l'avance s'il y aura beaucoup de casseurs ?
00:15Et comment travaillent les services de renseignement ? Expliquez-nous.
00:19C'est très difficile d'avoir une estimation précise, bien entendu Romain.
00:23Tout le monde se rappelle de l'échec de l'évaluation du nombre de participants la semaine dernière.
00:29En fait, les services de renseignement travaillent selon des méthodes qui sont éprouvées,
00:33mais qui s'adressent essentiellement à des groupes structurés.
00:36Par exemple, on peut se renseigner sur le nombre de bus qui ont été loués par un syndicat,
00:41par une organisation, pour ramener des gens sur le lieu de la manifestation,
00:45si elle a lieu dans une ville un peu distante.
00:47On peut évaluer le nombre d'impressions, donc de vues d'un poste de mobilisation,
00:52de réponses et l'enthousiasme que ça suscite ou non.
00:56Mais ça, c'est essentiellement pour des groupes constitués.
00:59Quand on a affaire à un mouvement qui est en partie spontané, comme celui qui nous occupe,
01:03ça devient beaucoup plus difficile, parce que ce sont des mécanismes beaucoup plus personnels.
01:08Et puis, il y a deux complications qui s'ajoutent pour le week-end qui vient.
01:13Premièrement, il y a des villes où il y a des interdictions de manifester.
01:16Alors, quel effet ça va avoir ?
01:18Est-ce qu'il y aura quand même des manifestations qui seront probablement d'élabores plus violentes ?
01:23Ou est-ce que les gens se reporteront sur d'autres manifestations dans d'autres villes ou resteront chez eux
01:28?
01:28Et puis, samedi et dimanche, il y a deux événements.
01:31D'une part, les manifestations sociales et lycéennes attendues.
01:34Et d'autre part, le congrès du RN.
01:37Alors là, on sait que le congrès du RN Orléans va amener à peu près entre 15 000 et 30
01:42000 ou 20 000 protestataires,
01:45dont 3 000 sont estimés extrêmement violents.
01:47Alors, peut-être que ça mobilisera l'ensemble des casseurs.
01:51On voit que l'extrême-gauche violente et les racailles sont dans le même bateau,
01:55avec des objectifs différents.
01:57L'extrême-gauche a des objectifs politiques, alors que les voyous ne cherchent qu'à voler.
02:01Mais comment est-ce que vous analysez ça ?
02:03Qu'est-ce que vous dites en voyant ça ?
02:05En fait, c'est un mouvement qui s'est structuré au départ, le mouvement lycéen depuis la base.
02:09C'est un mouvement qui a été très fortement spontané et local.
02:13Puis, très vite, il y a eu un amalgame qui s'est fait.
02:16L'extrême-gauche et les filles, entre autres, a attisé le feu.
02:20L'ultra-gauche s'est greffé sur le mouvement et on a eu des violences dès le départ du mouvement.
02:26Et puis, il y a une troisième strade qui s'est rajoutée, entre autres, le week-end dernier,
02:30qui était celle des casseurs-pieurs opportunistes.
02:32Ce sont des mouvements, ce sont des tendances qui sont différentes,
02:36qui compliquent l'analyse et qui ont des objectifs différents, effectivement.
02:41Il y a d'une part des revendications qui peuvent être jugées légitimes
02:44ou qui sont en tout cas discutables.
02:46Il y a l'ultra-gauche qui est là pour attiser le feu et, effectivement,
02:50pour bordéliser le pays dans l'approche des élections.
02:53Et puis, il y a les casseurs opportunistes qui sont des pieurs
02:57et qui sont indépendants de tous ces mouvements et dont les actions sont peu prévisibles.
03:02Claude, ce sera ma dernière question, mais des commerçants et des citoyens français s'arment avec des armes autorisées,
03:10évidemment, mais parce qu'ils ne veulent pas être les dindons de la farce et se faire piller une deuxième
03:16fois,
03:17se faire attaquer une deuxième fois.
03:18Comment est-ce que vous estimez le risque de dérapage, voire de guerre civile, même si on n'y est
03:26pas ?
03:28Ce risque est de plus en plus élevé, vous le dites, il y a des gens qui ont été attaqués
03:33une fois ou deux fois.
03:34En fait, il y a certains commerçants qui ont vu depuis des années leur commerce cassé
03:37ou d'ailleurs volé à d'autres occasions trois ou quatre ou cinq fois.
03:40Il y a un ras-le-bol, il y a une déception totale de la part de la population par
03:45rapport aux autorités
03:46et puis un sentiment d'abandon et c'est ça le plus dangereux.
03:49Quand on a vu effectivement que dans certains cas, à cause de la doctrine d'engagement des forces,
03:54les forces de l'ordre laissaient faire des pillages, des incendies volontaires de magasins,
03:58parfois à 50 mètres de leur position, les gens ne comprennent pas.
04:01Et effectivement, là, il y a un risque, ça peut déraper à tout moment.
04:05On n'en est pas clairement à la guerre civile, mais on en est à une situation extrêmement conflictuelle
04:10qui a des côtés insurrectionnels et qui donc effectivement peut basculer
04:14dans une violence incontrôlée à n'importe quel moment.
04:18Par exemple, on pourrait imaginer qu'il y ait un drame,
04:20qu'un casseur soit tué dans une riposte d'autodéfense
04:26et là, ça pourrait dégénérer à une vitesse,
04:29rappelons-nous ce qui s'est passé avec la mort de Maël
04:31et dans d'autres incidents du même type, ça peut aller très très vite.
04:34Merci beaucoup Claude.
04:40Sous-titrage Société Radio-Canada

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