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Des dizaines de jeunes, interpellés lors des pillages et autres violences du 17 octobre à Paris, ont été présentés depuis lundi en comparution immédiate au tribunal judiciaire de Paris. Pour beaucoup, il s’agissait de leur première rencontre avec la justice.

#17octobre #violences #pillages #paris

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Transcription
00:00Quatre salles d'audience, des files de curieux, un sentiment de chaos et beaucoup de primo condamnés.
00:05Des peines de prison ferme, des mandats de dépôt décernés.
00:08Pour des primo délinquants, c'est vrai que c'est assez rare.
00:11On le sent d'ailleurs dans leur attitude, quand ils se retrouvent dans la salle,
00:14ils regardent, mains qui tremblent, il y en a qui versent quelques larmes.
00:17On est plutôt sur le profil de personnes qui, malheureusement, se sont dit que l'occasion faisait de la ronde.
00:24Depuis lundi, des dizaines de prévenus aux profils très variés
00:27sont présentés en comparution immédiate au tribunal de grande instance de Paris
00:31après les pillages et les violences du 17 octobre en marge de la manifestation contre la vie chère.
00:39Partout en France, près de 3000 commerces ont été endommagés ou pillés durant le week-end.
00:44Je vous ré-soui, l'extrême fermeté de la justice ces derniers jours.
00:47Une consigne qui a été passée, appliquée systématiquement par les procureurs,
00:51c'est à partir du moment où vous avez un prévenu qui est en lien
00:55avec les événements du 17 octobre, on demande son placement en détention.
01:00Des gens qui n'ont aucun casier judiciaire qui se retrouve en prison,
01:03je pense que vous qui suivez ces choses-là voient que c'est extrêmement rare.
01:07À Paris, ce sont 557 personnes qui ont été placées en garde à vue,
01:11dont 443 majeurs, surtout pour des groupements en vue de commettre des dégradations ou des violences
01:16et pour des atteintes au bien.
01:18Ce n'est pas des gens qui sont des émeutiers aguerris.
01:22Il n'y a aucun profil politique, radical, etc.
01:24Les premiers prévenus ont commencé à être présentés en comparution immédiate lundi.
01:28Il s'agit d'individus arrêtés samedi en fin de matinée,
01:32avant même le début de la manifestation.
01:34Notre journaliste était à l'audience d'un jeune homme de tour d'une vingtaine d'années
01:38venu à Paris pour fêter son anniversaire.
01:40Le problème, c'est que dans son sac, il y avait une sorte de panoplie du cocktail Molotov.
01:45Plusieurs torchons, il avait de l'acétone, des restes de bouteilles de vodka.
01:48Il n'a jamais reconnu les faits.
01:50Il a toujours expliqué que c'était un peu un hasard, en disant que la veille, il était un barbecue.
01:54Ce jeune homme, qui était absolument inconnu de la justice, il est parti en prison le soir même.
01:59En fait, ils l'ont condamné à huit mois de prison, dont deux mois fermes.
02:04Très rare, voire jamais vu une telle sévérité sur des prévenus qui n'ont pas participé aux violences,
02:13avaient potentiellement un projet.
02:15Mardi, ce sont les prévenus interpellés samedi plus tard dans la journée, à la suite de la manifestation et des
02:21pillages qui sont présentés.
02:23Face au nombre inédit de déferments, le parquet de Paris a doublé ses audiences de comparution, passant de deux à
02:29quatre salles.
02:29Tout ce que j'ai à dire, c'est que ces comparutions immédiates sont massives.
02:32Elles sont effectuées dans des conditions absolument indignes.
02:35Les profils étaient très variés.
02:37On avait un profil assez atypique, un homme d'une trentaine d'années qui passait par là, au milieu un
02:42peu du tumulte, samedi, fin d'après-midi,
02:45qui était ivre et qui a jeté, par exemple, des mannequins prêts à porter sur les forces de l'ordre.
02:50Le profil de personnes qui, malheureusement, se sont dit que l'occasion faisait de la ronde,
02:56qui avaient des marchandises à récupérer suite à des pillages,
02:59et qui ont fait, pour certaines, la bêtise de se servir.
03:02Les cinq personnes que je défends aujourd'hui, aucune n'a été connue de la justice, ni de la police.
03:08Ce profil de personnes très dangereuses, déterminées à s'en prendre aux institutions, anarchistes,
03:17il n'y a pas non plus de revendications vraiment politiques.
03:20On a eu par exemple le jeune Anis, il avait des vêtements sur lui, il a été arrêté directement en
03:26flagrant délit.
03:27C'est un étudiant en maths appliquée, qui s'occupe de son frère qui est handicapé.
03:31Ma maman était, je crois, internée en hôpital psychiatrique.
03:35Un jeune homme aussi qui était inconnu de la justice.
03:37Il a demandé un délai pour préparer sa défense.
03:40Il a pu ressortir libre.
03:41Parmi les prévenus, il y a aussi le cas de Hamza, tout juste 18 ans, casier judiciaire vierge.
03:46Il est accusé d'avoir jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre et d'avoir mis le
03:50feu à un Vélib.
03:51Mais lui se dit totalement innocent.
03:53Il a été condamné à sept mois de prison avec sursis, loin des 15 mois fermes requis par le procureur.
03:58Des réquisitions qui suivent les directives du garde des Sceaux qui a passé des consignes de fermeté.
04:03Je constate que des gens qui portent des masques sur eux, dans une manifestation, ont sept mois de prison ferme
04:09avec mandat de dépôt.
04:10Donc la justice est extrêmement ferme.
04:12De quoi ulcérer des avocats de la défense que nous avons croisés au tribunal.
04:16Puisque bien évidemment qu'on ne peut pas rester muet lorsque le garde des Sceaux décide de venir mettre la
04:20pression.
04:21Il demande au parquetier de requérir de la détention provisoire pour toutes ces personnes.
04:26Et c'est scandaleux.
04:27On a déjà eu ça pendant les émeutes Naël.
04:30Et on a également eu ça au moment du mouvement des Gilets jaunes.
04:34Et donc c'est toujours la même solution qui est apportée par le gouvernement.
04:38C'est la solution de la matraque.
04:40Ce n'est pas comme ça qu'on règle les problèmes sociaux.
04:43Sur les 53 prévenus présentés depuis le début de la semaine en comparution immédiate,
04:4826 ont été jugés.
04:5021 ont été condamnés à des peines d'emprisonnement,
04:53dont 8 personnes pour de la prison ferme,
04:555 personnes ont été relaxées
04:57et 18 sont renvoyées pour être jugées à une autre date.
05:01Les comparutions immédiates à Paris doivent durer jusqu'à la fin de la semaine.

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