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Pierre Vermeren, historien et professeur explique les raisons des débordements du 17 octobre.

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Transcription
00:00Effectivement, si on n'exerce pas l'autorité quand on est au pouvoir, ça donne une situation de déréliction telle
00:05qu'on la voit actuellement.
00:07Mais cette crise, on la voit dans la rue parce qu'elle est spectaculaire, qu'elle est offerte au public
00:12et à tous.
00:12Et d'une certaine manière, on assure le spectacle pour toute l'Union Européenne.
00:16Il y a toujours en France une forme d'hystérie collective.
00:19Et si vous regardez des pays très ennuyeux comme l'Allemagne, la Suisse, il ne s'y passe pas grand
00:24-chose, ou la Pologne.
00:25Et en France, il y a toujours des événements.
00:27Et malheureusement, ils deviennent dramatiques.
00:28En Italie aussi.
00:29En Italie aussi.
00:30Mais nous, on va cumuler en plus la crise financière qui se profile et qui, là, fait rentrer les choses
00:35dans une autre dimension parce que ça devient très grave.
00:38Donc, vous avez la crise politique, vous avez la crise de l'ordre public, vous avez la crise financière et
00:41donc économique, une croissance à zéro.
00:44Et c'est vrai que dans ce contexte-là, l'autorité de l'État, toujours en France, on compte sur
00:49elle, on a besoin d'elle.
00:51Et si elle ne s'exerce pas, il y a une espèce de vide collectif.
00:54Et là, malheureusement, on est dedans.
00:55Il y a une forme de course à l'abîme très difficile à comprendre.
00:58Pourquoi est-ce que tout est fait de la part d'un président de la République qui voulait tout faire,
01:03a-t-il dit, pour faire baisser le Front National ou le Rassemblement National ?
01:06Pourquoi fait-il tout, apparemment, pour le faire monter depuis longtemps et actuellement dans une sorte de mano à mano
01:14avec LFI ?
01:16Il y a là vraiment un mystère politique et intellectuel extrêmement étrange parce que le résultat, c'est ça.
01:24Est-ce que, face à l'incapacité à contrôler la situation, à la reprendre en main, notamment économiquement et politiquement,
01:33jouer la crise pour, peut-être par refus de ce qui va arriver, de ce qui va advenir, et du
01:39coup, on précipite les événements ?
01:41Je rappelle que le président de la République a dit qu'il était un joueur, mais là, on se demande
01:44à quoi il joue.
01:45Pour un cas très particulier, on sait que dans ces manifestations, vous avez eu des casseurs de toute l'Europe
01:50qui sont venus.
01:51Il y a eu des Allemands, il y a eu des Suisses, il y a eu peut-être des Suédois,
01:55des Britanniques,
01:55parce qu'ils viennent jouer sur ce terrain de jeu français qui est ouvert, qui est possible, et on n
02:01'en parle pas.
02:01On n'en parle pas parce que ces black blocs, si vous voulez, certes, il y a tous les ingrédients
02:05en France pour avoir des émeutes extrêmement violentes,
02:08mais on rajoute donc des casseurs qui viennent du reste de l'Union Européenne,
02:12parce qu'ils ne peuvent pas s'exercer ni en Angleterre ni en France ou aux Pays-Bas, et on
02:16ne fait rien, on n'en parle pas.
02:17Les frontières ne seront pas fermées samedi, peut-être que ça se fait dans le secret des conférences interministérielles,
02:23mais il n'y a pas de parole.
02:24Et quand vous dites jouer la crise, c'est assez grave, c'est-à-dire que vous suspectez le président
02:28de la République
02:29d'avoir un cynisme et de pourrir la situation, pourquoi pas, pour déclencher l'article 16,
02:35et d'avoir à la fin tous les pouvoirs ?
02:38– On n'a aucun élément d'information là-dessus, bien évidemment, mais si on réfléchit,
02:43on se dit pourquoi, pourquoi ce qui advient, advient ?
02:46Parce qu'il y a quand même des moyens, la France est un État puissant,
02:50elle a les moyens d'interdire ce qui est quasiment des mouvements insurrectionnels dans la rue,
02:55ce n'est pas moi qui ai employé le terme, pourquoi ça n'est pas fait ?
02:58– On peut considérer qu'il a peur, tout simplement, on peut considérer qu'il a peur…
03:01– Soit c'est de l'incompétence ?
03:02– Non, qu'il a peur.
03:03– Ou c'est de la peur, évidemment.
03:04– Il a peur, il a peur, il a peur d'un Malik Ousekine, il a peur…
03:09– Mais sauf que c'est jouer avec une boîte d'allumettes auprès d'un tas de foin,
03:13parce que la France est très inflammable.
03:14– Sous-titrage ST' 501

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