00:00Pour intervenir dans une seconde, la ville d'Orléans sous haute surveillance,
00:03il y en a marre de la bordélisation de ce pays par une minorité de personnes
00:08qui empêchent les autres de vivre, c'est absolument insupportable.
00:11Voyez le sujet de Corentin Alonso et on en parle avec le maire d'Orléans.
00:16Pour son congrès et le lancement de campagne de Marine Le Pen,
00:20le Rassemblement National s'apprête à réunir 5000 personnes ce samedi
00:24et plus de 10 000 le dimanche.
00:26Mais plusieurs associations, partis et syndicats de gauche
00:29ont annoncé leur intention de manifester dans le Loiret
00:33pour contrer la présence du RN.
00:35Il y a effectivement des manifestations qui sont prévues.
00:39Une qui a été déclarée par des partis politiques, des organisations syndicales,
00:43c'est le samedi, et puis une autre le dimanche.
00:47Nous allons encadrer les manifestations qui ont été déclarées
00:50dont on peut penser que pour certaines, et c'est le cas au moins de celles du dimanche,
00:54elles pourraient essayer d'attenter au dit événement.
00:57Parmi les personnalités ayant annoncé leur présence à Orléans,
01:00le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure,
01:04mais également le maire insoumis de Saint-Denis, Bali Bagayoko,
01:08ou encore Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT.
01:12Un rassemblement qui agace vivement Marine Le Pen.
01:16On va s'arrêter de respirer parce que des gauchistes ont décidé de foutre à terre notre démocratie.
01:21On empêche les partis politiques de se réunir, on arrête les meetings, on ferme des médias.
01:26Non, on n'arrêtera rien du tout. C'est eux qui vont s'arrêter.
01:30L'article 4 de la Constitution indique pourtant que les partis politiques concourent à l'expression du suffrage,
01:36se forment et exercent leur activité librement.
01:40De son côté, le maire d'hiver droite d'Orléans, Serge Grouard,
01:43a présidé plusieurs cellules de crise cette semaine afin de prévenir tout débordement.
01:50La bordélisation du pays, ça suffit.
01:52Vraiment, les gens commencent à en avoir ras-le-bol.
01:54On est ce matin avec Serge Grouard et je pense ce matin, monsieur le maire, d'abord je pense à
01:58vous,
01:59je pense aux habitants d'Orléans, je pense aux commerçants d'Orléans,
02:03je pense aux policiers d'Orléans, ça suffit.
02:08C'est exactement cela et donc, pour ce qui me concerne, comme vous l'avez dit,
02:13je réunis depuis plusieurs jours une cellule de crise et nous mettons tout en place
02:17pour empêcher cette bordélisation parce que, comme vous le dites, il y en a ras-le-bol.
02:21Mais oui, mais comment vous allez faire ?
02:23Je sais que le préfet a pris des mesures très importantes,
02:27mais est-ce que, par exemple, les manifestants vont pouvoir,
02:30je ne sais pas où a lieu d'ailleurs ce congrès, j'imagine dans un endroit qui sera sécurisé,
02:35mais comment on peut empêcher ces 40 000 personnes,
02:39et j'ai vu qu'il y avait Olivier Faure, je l'ai dit,
02:42qui sont des irresponsables, ces gens sont irresponsables en fait.
02:45Ils mettent notre démocratie en danger, monsieur Faure,
02:48il devrait dire l'ERN a le droit de parler, l'ERN fait son congrès,
02:53l'ERN s'exprime et c'est la démocratie.
02:55Et tous les éditorialistes de France devraient dire la même chose.
02:58Mais tous ces gens, manifestement, souhaitent aussi la bordélisation du pays, monsieur Grouard.
03:03– Écoutez, moi je prends la situation telle qu'elle est, effectivement,
03:07je considère que dans le moment que nous vivons,
03:10il eût été plus sage et responsable de ne pas faire cette manifestation,
03:14maintenant elle est là, moi je suis maire,
03:16et comme vous l'avez dit, mon objectif c'est de protéger Orléans,
03:20les Orléanais et notamment les commerçants,
03:23qui en ont particulièrement ras-le-bolche,
03:25je les ai réunis hier soir,
03:27et là, effectivement, nous construisons avec le préfet
03:31des mesures extrêmement précises et je le pense efficace.
03:35Et à situation exceptionnelle, moi j'ai demandé un dispositif exceptionnel,
03:39nous l'avons, nous allons le mettre en œuvre,
03:42et je vous le dis, moi je vais faire tout ce que je peux et au-delà
03:47pour qu'il n'y ait pas cette bordélisation, je le dis très clairement.
03:50Voilà, donc le dispositif, il est là,
03:53et on va être à la manœuvre.
03:55Maintenant, en tant que, ça je le dis en tant que maire,
03:58mais en tant que citoyen, j'en ai encore plus ras-le-bol que vous,
04:02et je vois le pays qui sombre dans le chaos et la déliquescence.
04:05C'est aussi pour cela que j'ai appelé le président de la République
04:08à mettre en œuvre le fameux article 16 de la Constitution
04:11pour tout simplement mettre un terme à ce chaos.
04:15J'entends bien, mais le président d'abord, il attend peut-être que ça,
04:18Emmanuel Macron, d'avoir les pleins pouvoirs,
04:20et l'article 16, mais il y a peut-être des étapes avant cet article 16,
04:24simplement, je pense aux commerçants,
04:27parce que les récents événements nous montrent
04:31que la sécurisation n'est jamais assez efficace.
04:35La violence de ces manifestants, de ces éléments-là,
04:41fait qu'elle est quasiment ingérable sur le terrain,
04:46d'autant qu'il y aura beaucoup de policiers qui seront déjà à Paris.
04:49Est-ce que, par exemple, l'armée sera déployée à Orléans comme elle l'est ?
04:55J'ai vu qu'elle était déployée sur certains sites parisiens.
04:59Non, l'armée ne peut pas être déployée,
05:01parce que si vous mettez l'armée, qu'est-ce que vous faites ?
05:04Vous tirez.
05:05Donc, ce n'est pas de propos.
05:08Il y a d'autres moyens pour empêcher que la rue ne prenne le pouvoir.
05:13Voilà.
05:13Et moi, j'attends que l'on mette en œuvre ces moyens.
05:16Je vous l'ai dit, on les a.
05:17Maintenant, il y a une question aussi de doctrine d'emploi des forces.
05:21Et nous n'allons pas faire ce qui s'est passé,
05:23notamment à Paris ou ailleurs, la semaine dernière.
05:26Voilà.
05:27C'est très clair.
05:27Maintenant, je ne vais pas, vous le comprenez bien, en dire plus,
05:30parce que je n'ai pas l'intention de dévoiler le dispositif
05:34que nous mettons en place avec le préfet.
05:36Je vous ai posé plusieurs fois quels sont les moyens que vous préconisez,
05:40mais j'ai compris à travers vos réponses que vous ne souhaitiez pas en dire davantage.
05:45Effectivement, j'en suis désolé.
05:46Mais vous comprenez bien que si nous en disons davantage,
05:49on se crée également des faiblesses.
05:52Donc, il n'en est pas question.
05:53Mais je le dis encore une fois,
05:54il est temps d'arrêter ce pouvoir violent de la rue.
05:59Il y en a ras-le-bol et on peut le faire.
06:01J'entendais Robert Monard à juste titre tout à l'heure qui disait
06:03« Vous imaginez si des militants du Rassemblement National
06:07empêchaient le Parti communiste, la fête de l'humanité ? »
06:10Effectivement, ça serait un tollé dans tout l'espace médiatique.
06:13Vous n'êtes pas surpris que personne dans l'espace médiatique,
06:17aucun éditorialiste, aucun artiste, aucun intellectuel,
06:20tous ces gens participent à la bordélisation du pays en se taisant.
06:24Ils se taisent, ce sont des lâches.
06:27Ce sont des lâches.
06:28Tous ces gens participent à la bordélisation du pays par leur silence.
06:33Moi, je vous assure, c'est extravagant ce qui se passe dans ce pays.
06:36C'est une minorité de gens et ceux qui ont un pouvoir médiatique,
06:42personnalité, je le répète, éditorialiste, intellectuel, écrivain, artiste,
06:46qui va vouloir dire « mais arrêtez, laissez le Rassemblement National faire son congrès tranquillement
06:51et puis allez voter si vous voulez pour eux ou pas ? »
06:55Mais il va falloir, Pascal, à un moment, que cette majorité silencieuse,
07:00elle puisse s'exprimer et qu'elle dise effectivement ce ras-le-bol.
07:04Voilà.
07:05Rappelez-vous, je vais revenir longtemps dans l'histoire, en 68,
07:10que s'est-il passé ?
07:11Il y a eu une manif en faveur du général de Gaulle
07:14qui a réuni plus d'un million de personnes.
07:18Et 68, ça a été terminé.
07:20Je suis d'accord avec vous, mais moi, la peur que j'ai aujourd'hui,
07:22c'est que cette manif, souvent je cite cette manif du 30 mai 68,
07:25je trouve que les Français, ils acceptent beaucoup de choses, pour tout vous dire.
07:28Ils acceptent tout.
07:29Ils ont accepté le Covid, ils ont accepté les masques, ils acceptent tout.
07:32Et ils se révoltent assez peu.
07:34Et ils devraient se révolter beaucoup plus après ce qui s'est passé ce samedi.
07:36Et je pense qu'en face, les gens l'ont compris qu'ils se révoltent assez peu,
07:40qu'ils bougent assez peu.
07:41Donc ils acceptent, ils acceptent, ils acceptent.
07:43Mais moi, j'entends ce que vous dites.
07:45Mais je vous assure, la manif du 30 mai 68, c'est comme la manif après Charlie.
07:50J'aimerais qu'on puisse encore la faire aujourd'hui.
07:52Je n'en suis pas forcément certain.
07:53En revanche, notre temps de parole est terminé, M. Grouard.
07:57Parce que ce qu'il a fallu aussi...
07:58J'en suis désolé.
07:59Vous n'imaginez pas ce qu'il a fallu aujourd'hui
08:01pour vous faire parler pendant cinq minutes.
08:04Parce que, comme vous êtes d'hiver droite, que le temps de parole est compté,
08:08sur un événement aussi important, on doit faire des calculs
08:11pour simplement donner la parole à Serge Grouard.
08:14Ce pays est fou.
08:15Dans tout, n'importe quelle part, ce pays est fou.
08:18Donc, qu'est-ce que vous voulez que je dise ?
08:19Vous savez, la technostructure est au pouvoir.
08:22Et c'est ça, le fond du problème.
08:23Bon, merci en tout cas.
08:25Et bon courage à vous.
08:26Bon courage à cette merveilleuse ville d'Orléans.
08:28Bon courage aux commerçants, aux citoyens, etc.
08:30Et peut-être quelques réactions.
08:32Merci Serge Grouard.
08:33Merci beaucoup.
08:33Ce qu'on peut dire quand même, c'est qu'à la fois, on a Serge Grouard...