00:00C'est une crainte, mais c'est certainement pas un souhait et encore moins un conseil.
00:03C'est l'un des risques anticipent désormais certains experts après les violences de samedi.
00:07Une remise en cause du consentement à l'impôt, c'est l'un des fondements de notre modèle social et
00:12économique.
00:13Le raisonnement serait le suivant, si l'État ne me protège plus, pourquoi continuerais-je à payer des impôts ?
00:18Et aussi cher, une forme de grève de l'impôt pourrait émerger.
00:21Il y a deux scénarios qui sont possibles.
00:23D'abord, la jacquerie fiscale, c'est un mot qui vient des révoltes du Moyen-Âge.
00:26Ce sont des contribuables qui s'organisent collectivement pour refuser de payer.
00:30Ils contestent la légitimité de l'État à les prélever.
00:32On a déjà connu ce type de mouvement dans les années 50 autour de Poujade.
00:36Ça s'appelait vraiment la grève de l'impôt.
00:38Et puis plus récemment, les bonnets rouges, en 2013, ils se sont mobilisés contre l'écotaxe et ils ont obtenu
00:43son abandon.
00:44Et puis il y a l'évitement fiscal plus discret, potentiellement plus profond.
00:47C'est des contribuables qui adaptent leur comportement pour payer moins, travailler moins, renoncer à développer son entreprise, freiner les
00:53embauches.
00:54Pour certains, ce phénomène, il existe déjà.
00:56Mais est-ce que ce ne sont pas des mouvements très marginaux ? Pourquoi c'est aussi important ?
01:01C'est important parce que la capacité de la France à lever l'impôt, c'est une de nos grandes
01:04forces.
01:05Les agences de notation le rappellent régulièrement.
01:07Malgré des prélèvements très élevés, notre administration fiscale fonctionne très bien.
01:11Et c'est un élément essentiel de notre crédibilité.
01:14C'est particulièrement important car notre taux d'emprunt hier s'est rapproché très fort.
01:18Des 5%, Moody's doit se prononcer sur la note de la France vendredi.
01:22Notre pays doit continuer à emprunter massivement.
01:25La révolte fiscale, elle va rarement au bout.
01:27Mais le risque existe.
01:28La France a déjà un problème de dette.
01:30Si demain, elle avait un problème de consentement à l'impôt,
01:33ça serait une toute autre crise et certainement beaucoup plus grave.