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Mustapha Kemal, surnommé Atatürk (le père des Turcs), a réussi à faire plier l'Empire Ottoman là où les états européens ont échoué. Il a mené un combat à contre-courant de l'histoire du pays tant il a bouleversé les fondamentaux d'une société régie par la religion et le califat. Son but était de moderniser la Turquie, de lui faire adopter un modèle plus occidental, plus laïque. Mais n'était-il pas également ce que certains ont appelé : "un bon dictateur" ?
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00:18Tous les 10 novembre à 9h05 du matin, un pays s'arrête.
00:24A cette heure précise en 1938, mourait le bâtisseur de la Turquie moderne,
00:30un homme né Mustapha sous l'Empire Ottoman est mort Atatürk, premier président de la République de Turquie.
00:42Le grand mystère de l'histoire contemporaine turque, c'est la République.
00:48Personne dans l'Empire Ottoman, avant 1914, ne pensait que l'Empire pourrait devenir une République.
00:56Le seul homme, semble-t-il, dans tout l'Empire Ottoman, qui réellement veut une République,
01:04ou pense à une République, c'est Mustapha Kemal Pachat.
01:07Le projet de Mustapha Kemal, c'est un projet de reconstitution, de régénération,
01:14de ce qu'il a connu comme la dernière forme d'Etat, c'est-à-dire l'Empire Ottoman,
01:22mais selon les règles et l'ère du temps, c'est-à-dire un Etat-nation moderne.
01:29Con la caduta dell'Empire Ottoman, nasce una repubblica, di fatto, non di diritto, dittatoriale.
02:25Après avoir dominé la plus grande partie du monde méditerranéen pendant plus de 600 ans,
02:30l'Empire Ottoman est au XIXe siècle l'homme malade de l'Europe.
02:34C'est dans ces temps troublés que naît le faux soyeur du sultanat,
02:38un moderniste et visionnaire qui incarnera un des destins politiques les plus extraordinaires du XXe siècle.
03:04Muore molto presto e lui rischia di essere fagocitato in un ambiente tradizionalista e conservatore,
03:14ma ha avuto già occasione di vedere dei militari vestiti con le belle uniformi militari
03:20e evidentemente qualche cosa è arrivato nella sua mente per cui sono belle quelle uniformi
03:29e non è bello l'habito tradizionale turco.
03:32Quindi dobbiamo veramente ripensare a questo bambino che dice
03:38io voglio essere questo e non quello.
03:46Il va suivre un cursus militare in realtà.
03:51C'est très important cette formation militaire car dès son jeune âge,
03:54en réalité, dès qu'il est adolescent, il est plongé dans l'armée,
03:58il est plongé dans le métier militaire.
04:00D'abord ces écoles étaient probablement les meilleures,
04:04là où on recevait la meilleure formation dans l'Empire.
04:07C'est-à-dire, les idées nouvelles circulaient,
04:09des idées de libertà, de patrie,
04:12mais aussi de matérialisme,
04:15ce qui était très important.
04:17Et donc, à travers ces écoles,
04:20c'est un peu une vision, c'est quelque chose d'un peu à part,
04:23ces écoles, où les élèves, les officiers ensuite,
04:28avaient le sentiment qu'ils étaient en quelque sorte l'avant-garde de l'Empire.
04:35Si jamais j'obtenais autorité et pouvoir,
04:38je pense que je réaliserais d'un seul coup
04:40les transformations dont notre société a besoin.
04:43Après avoir passé tant d'années à acquérir une éducation supérieure,
04:47après avoir fait tant de recherches sur la société civilisée,
04:51après avoir pris goût à la liberté,
04:53pourquoi devrais-je m'abaisser au niveau du commun des mortels ?
04:58Je devrais plutôt les élever à mon niveau.
05:00Ils doivent devenir comme moi,
05:02pas le contraire.
05:11Moussa Fakémal, comme tous les jeunes officiers de sa génération,
05:16est bien sûr séduit par la modernité,
05:23le jacobinisme,
05:25la Révolution française comme une sorte de référence universelle.
05:30Donc il a beaucoup en commun avec les jeunes turcs.
05:33dont la Fondation remonte à 1889.
05:42C'est un mouvement de contestation.
05:47Ce sont des jeunes officiers,
05:48c'est-à-dire des produits de la modernité
05:50qui viennent d'origine très modeste,
05:54mais qui, par l'éducation militaire notamment,
05:57sont de plus en plus exposés à de nouvelles idées, etc.
06:00Et eux, ils ont une idée en tête,
06:03c'est celle de renverser l'autocratie d'Abdul Hamid
06:06et de la remplacer par un système parlementaire libéral.
06:10Ça se passe justement en 1905-1906.
06:12Et à ce moment-là, il y a un vrai parti qui s'organise,
06:16le Comité Union et Progrès,
06:19qui se donne les moyens de prendre le pouvoir,
06:22c'est-à-dire à travers l'armée.
06:23Et Moustapha Kemal est dans ce mouvement
06:27et donc va soutenir, disons, les entreprises des jeunes turcs
06:32pour obliger le sultan à rétablir la Constitution en 1908.
06:40Dès son plus jeune âge,
06:42Moustapha Kemal affirme son caractère insoumis.
06:45Il ne tarde pas à s'opposer à la hiérarchie des jeunes turcs
06:49et en particulier à Enver Pacha, un de ses leaders.
06:53C'est sous ses ordres qu'il fait ses premières armes en Libye en 1912.
06:58Il y affirme sa détermination en traversant la frontière égyptienne,
07:03déguisée en fellah pour rejoindre ses troupes
07:05et commence ainsi à écrire son mythe.
07:12La guerre de Tripolitaine est une défaite pour l'Empire ottoman.
07:16Elle s'inscrit dans la continuité d'autres des routes militaires dans les Balkans
07:20et annonce le désastre de la Première Guerre mondiale.
07:25Moustapha Kemal n'est pas quelqu'un de connu
07:27au moment où se déclenche la Première Guerre mondiale.
07:31C'est un officier, c'est un colonel qui a une certaine position,
07:34mais ce n'est pas un personnage qui a encore trouvé son destin.
07:38D'un autre côté, c'est un militaire
07:41et il souhaiterait avoir un commandement dans l'armée ottomane,
07:45un commandement opérationnel.
07:48Et quand la guerre éclate,
07:51quand l'Empire ottoman entre en guerre en octobre 1914,
07:57Moustapha Kemal obtient le commandement d'une division au Dardanelle.
08:08« Je ne vous ordonne pas de combattre, je vous ordonne de mourir.
08:13Le temps que prendra notre mort permettra à d'autres soldats et à d'autres commandants
08:17d'avancer et de venir prendre notre place. »
08:23La victoire des Dardanelles, elle est surprenante parce que, d'abord, elle n'était pas garantie,
08:29mais c'est aussi un magnifique, un éclatant tour de force face à ce qu'il y a de plus
08:37puissant de l'impérialisme occidental,
08:40toute la machine de guerre, etc.
08:42Donc, pour le moral de l'Empire ottoman, c'est excessivement important.
08:49Pour les Turcs, en quelque sorte, c'est déjà une sorte de guerre de libération, justement, de cette emprise de
08:55l'Europe.
08:56Et, par conséquent, Moustapha Kemal profite de tout cela, si vous voulez,
09:01profite de ce succès relativement exceptionnel pendant la Première Guerre mondiale.
09:08«Nessuno ne peut seriamente negare que Moustapha Kemal l'est révélée comme un capace, serio, coraggioso comandante. »
09:30Les Dardanelles, c'est bien sûr le premier signe de la constitution d'un mythe du héros autour de Moustapha
09:41Kemal.
09:42Mais c'est encore très modeste.
09:43C'est-à-dire que ce qui nous trompe, en général, c'est que notre vision des Dardanelles
09:48est une vision qui a été reconstruite après les années 1920 par le Kemalisme lui-même, etc.
09:55Et, par conséquent, dans son propre contexte, il serait faux de dire que Moustapha Kemal
10:02tout d'un coup est devenu l'étoile, la star du front ottoman. Non, pas du tout.
10:16Avec la défaite de 1918, l'Empire est officiellement mort.
10:22Donc il reste à l'Empire, une sorte de peau de chagrin, l'Anatolie.
10:29Et même Istanbul, on ne sait pas ce qui va en advenir.
10:36Je dois avouer que je n'ai jamais compris pourquoi l'Etat ottoman a voulu participer à la guerre.
10:42Les forces vives d'une nation doivent être utilisées pour défendre sa propre existence.
10:49C'est une faute grave d'oublier ce principe et de mettre ces mêmes forces au service d'objectifs étrangers.
10:56Ceux qui ont mené la guerre se sont mis au service des Allemands.
11:01Finalement, il y a eu d'innombrables erreurs dans la gestion de cette guerre,
11:04dont la responsabilité incombe entièrement à un verbe achat.
11:11Il nazionalisme di Mustafa Kemal sera un nazionalisme centripeto,
11:16quindi questo nazionalismo anatolico.
11:19Questo nazionalismo che serve a dire che la fine dell'Impero non è stata una disgrazia,
11:26è ciò che permette finalmente alla nazione turca di riconoscersi, di compattarsi e di riscattarsi.
11:41Le sultan l'envoie Anatoly en mai 1919 pour inspecter les armées ottomanes
11:51qui sont en voie de démobilisation, puisque la guerre est finie,
11:55mais qui risquent de créer des problèmes et qu'il faut donc essayer de démobiliser d'une manière pacifique.
12:03Il débarque à Samsun le 19 mai 1919, donc venant d'Istanbul,
12:08et là commence ce qu'on pourrait appeler une sorte de longue marche
12:11à travers l'est de l'Anatolie.
12:28Et tout d'un coup, il y a un revirement.
12:31Ce revirement est dû à plusieurs facteurs.
12:34D'abord, le fait que les grandes puissances sont éreintées,
12:38sont extrêmement fatiguées politiquement, moralement, militairement,
12:44et que par conséquent, plutôt que de gérer elles-mêmes l'occupation du territoire ottoman,
12:52elles vont déléguer cette mission à des puissances mineures.
12:58La Grèce et l'Italie.
13:00Et la Grèce, c'est l'erreur du siècle,
13:03puisque c'est ce qui va galvaniser le nationalisme musulman et turc,
13:08jusqu'à un certain point, dans la résistance contre l'envahisseur.
13:12Au moment où Moustapha Kemal débarque en Anatolie,
13:16sur le littoral de la mer Noire,
13:18beaucoup plus au sud, s'est produit un événement important,
13:20quasiment concopitabant.
13:22Un petit corps expéditionnaire grec a débarqué à Izmir,
13:27à l'époque on disait Smyrne,
13:28et a pris le contrôle de la ville.
13:30Moustapha Kemal, pacha ottoman,
13:35arrive à fédérer des groupuscules de résistances nationalistes,
13:40mais dans un sens islamiste souvent, même ottomanistes.
13:45Je veux dire, on se bat encore pour le calife.
13:47Au début de son combat, Moustapha Kemal va le présenter,
13:51non pas comme un combat contre le sultan calife d'Istanbul,
13:57mais au contraire pour le délivrer.
14:06Moustapha Kemal anime le combat contre le corps expéditionnaire grec,
14:10et laisse entendre à tous ceux qui l'approchent,
14:13qui sont souvent des notables anatoliens,
14:16extrêmement respectueux de la personne sacrée du sultan calife,
14:20qu'en fait il agit avec l'accord secret de ce dernier.
14:25Or c'est évidemment faux.
14:29Il fallait à tout prix s'insurger contre le gouvernement ottoman,
14:33contre le sultan calife,
14:35et inciter à la révolte l'armée et la nation tout entière.
15:02Le 10 août 1920, le sultan Mehmet VI,
15:06contraint, enterrine le traité de Sèvres qui signe la fin de l'empire ottoman.
15:12Mais sur le terrain, la résistance nationale ne se résigne pas à ce qu'elle considère être une trahison.
15:18Menée par Moustapha Kemal, les combats se poursuivent en Anatolie.
15:22A Ankara, il réorganise le pouvoir et inaugure une nouvelle assemblée nationale.
15:28Le mouvement vers l'indépendance est lancé.
15:33A partir de maintenant, Istanbul ne sera plus la souveraine, mais la sujette de l'Anatolie.
15:41La position de Moustapha Kemal au lendemain de Sèvres est encore renforcée.
15:47De toute évidence, c'est lui qui a raison.
15:50Depuis 1919, c'est lui qui, en levant le drapeau de la révolte contre les Alliés,
15:58a anticipé ce qui allait arriver, et non pas le sultan de Constantinople.
16:03Il a le vent en poupe, il est aussi soutenu par la nouvelle puissance régionale qu'est la Russie bolchevique.
16:13Et tout ce qu'il lui faut, c'est d'avoir assez de force pour résister et pour rejeter les
16:22forces d'occupation grecques.
16:24Et ça, en trois ans, il y arrive de manière absolument magistrale.
16:39La guerre, finalement, sera gagnée au cours de l'été 1922, où les Grecs sont bousculés.
16:46Et finalement, Izmir est reprise le 8 septembre 1922, et les troupes turcs entrent dans la ville,
16:53qui est d'ailleurs incendiée par la suite, comme un symbole de l'effacement de la multiculturalité de l'Empire,
17:00qui est justement ce dont on ne veut plus.
17:07Messieurs, ce n'est pas par des discussions académiques qu'on acquiert le droit de régner et de gouverner.
17:13La souveraineté s'acquiert par la force et la violence.
17:17A présent, la nation s'est rebellée et a résolu de reprendre elle-même l'exercice de sa souveraineté.
17:25Il serait opportun que chacun des membres de cette assemblée se rallie à ce point de vue,
17:30basé sur le droit naturel.
17:33Dans le cas contraire, on pourrait voir tomber des têtes.
17:38Avec ce discours emprunt d'autorité, Mustafa Kemal, héros de la guerre d'indépendance, affirme son hégémonie.
17:46Et le 1er novembre 1922, il met fin à six siècles de sultanat.
17:52Mehmet VI quitte son palais et s'exile.
17:55Désormais, l'avènement de la République turque est inexorable.
17:59L'affaire de Smyrne, c'est la fin du drame anatolien, c'est la fin de la guerre d'indépendance.
18:06C'est la conclusion d'une guerre, une sorte de guerre civile entre chrétiens anatoliens et musulmans anatoliens.
18:16Guerre civile qui se conclut sur la défaite des grecs.
18:20Ça transforme complètement le jeu et de Sèvres, on passe à Lausanne.
18:27Le Sèvres, en 1920, c'est un traité imposé à un empire agonisant par des puissances victorieuses.
18:361923, Lausanne, c'est un traité presque imposé par les Kemalistes,
18:43c'est-à-dire par des vaincus qui sont devenus vainqueurs par la force des armes,
18:47à des puissances qui n'ont plus les moyens de leur politique.
18:51Et par conséquent, 1923, c'est en quelque sorte la reconnaissance internationale, à Lausanne,
18:59de ce que la Turquie est un État national souverain.
19:08Le 29 octobre 1923, la République turque est proclamée.
19:14Mustafa Kemal a 42 ans, il est nommé président et chef suprême de l'armée.
19:20Détenteur de tous les pouvoirs, il est animé d'une volonté de réformer en profondeur le pays.
19:25Le grandes riformes sont actuelles d'autorité,
19:30et avec grande détermination,
19:33et dans un projet bien précis,
19:38c'est de transporte cette nouvelle nation
19:45dans la civilité occidentale.
19:55Le motto civilisationnel de la République, c'est
19:59atteindre le niveau des civilisations contemporaines.
20:03Puisque le modèle civilisationnel, il n'est pas chez eux,
20:07il n'est plus chez eux, il n'est pas en Orient, il est en Occident.
20:17Le règne coranique
20:17Il y a eu des riformes de tous les codes.
20:21Il y a eu complètement éliminé la loi coranique,
20:24et il y a eu des petites varies,
20:30les codes civils, pénales,
20:34de cette ou quelle nazione européenne.
20:38Les réformes de Moustapha Kemal ont pour objectif
20:41de faire de la jeune république turque
20:43une économie indépendante et moderne.
20:47L'agriculture et l'industrie sont les fers de lance
20:49de cette transformation,
20:51mais le président se confronte à de vive résistance.
20:55Les campagnes n'ont pas beaucoup changé,
20:57parce que les projets de réformes agraires
20:58se sont heurtés en réalité à des résistances
21:01de la part de ceux qu'on appelait les agas,
21:03c'est-à-dire les grands propriétaires fonciers.
21:06Il y a eu des projets de réformes agraires,
21:09mais qui n'ont pas véritablement abouti.
21:27Atatürk a littéralement transformé la société dans laquelle il vivait,
21:34d'abord en faisant une chose,
21:37qui, même si un jour son héritage devait être rejeté,
21:42demeurera, malgré tout,
21:44c'est la réformes de langue,
21:45de l'alphabet, du vocabulaire.
21:52La Réformes de l'alphabet
21:53fut éliminé
21:55très rapidement l'alphabet
21:57avec caractéristique
21:58et d'introduit
21:59un nouveau,
22:01simple,
22:02fonctionnel,
22:03en caractéristique
22:05en caractéristique.
22:05La finalité pratique de cette réforme est évidente, mais c'est autrement évidente la finalité culturale,
22:13qui était celle de stacquer le plus possible la Turchie d'une tradition culturelle arabe et persienne.
22:35C'est une réforme importante sur le plan de l'enseignement, par exemple, qui devient un enseignement d'État, qui
22:41est unifié d'ailleurs.
22:43Et par la suite vont venir très vite l'interdiction des confréries, la suppression des médressés, c'est-à-dire
22:49des écoles théologiques.
22:50Donc tout ceci se produit en un moment très court, d'un ou deux ans en fait.
23:00En 1934, celui qui se fait désormais appeler Atatürk, le père des Turcs,
23:06devance tous les pays musulmans et nombre de pays occidentaux en accordant le droit de vote aux femmes au niveau
23:12national.
23:13Il encourage ainsi leur émancipation.
23:16Pour lui, la femme turque doit être le symbole d'un État moderne et civilisé.
23:24Le fait que l'on voit des femmes habillées à la mode, modernes, qui occupent des fonctions, etc.,
23:31c'est très important pour l'image que projette le pays.
23:34Donc la femme est aussi un peu utilisée, si on peut dire, instrumentalisée, si vous voulez,
23:39pour leur projeter une image moderne du pays.
23:42Le féminisme kémaliste, c'est typique des années 30, des années 20, des années 30, en Europe aussi,
23:50ont choisi, avec des pincettes, une femme médecin, une femme pilote, une femme...
23:56Et après, on dit qu'on a émancipé les femmes.
23:59Mais en fait, ça n'est pas vrai.
24:01C'est simplement qu'on a des exemples.
24:05On crée des exemples de femmes qui démontrent que l'État est moderne.
24:10C'est quand même une ouverture.
24:12C'est quand même une émancipation.
24:14Mais c'est une émancipation par l'eau.
24:30Les changements de la période kémaliste ne sont absolument pas démocratiques.
24:36Ils ne sont pas démocratiques et d'ailleurs, ils ne prétendent pas l'être.
24:39La démocratie ne fait pas partie du jargon utilisé à cette époque-là.
24:51Il y a une historienne turque qui a publié un livre il n'y a pas très longtemps
24:55qui s'appelle Le Bon Dictateur.
24:57Le Bon Dictateur, c'est la façon dont Moustapha Kemal était vu par l'Europe et par l'Amérique,
25:03si vous voulez.
25:04On avait conscience d'un régime assez autoritaire,
25:09mais en même temps qui allait dans le bon sens.
25:11donc on lui pardonnait pas mal de choses.
25:15Si le régime kémaliste n'est pas démocratique,
25:20ça ne veut pas dire non plus qu'il n'a pas effectué des changements
25:25qui eux-mêmes sont à long terme porteurs de changements démocratiques.
25:42A sa mort en 1938, les turcs défilent durant trois jours et trois nuits
25:47pour rendre hommage au père de la république.
25:50Décédé prématurément à 57 ans, Moustapha Kemal a néanmoins construit son mythe,
25:56celui du sauveur de la nation, du bâtisseur d'une société moderne tournée vers l'Occident.
26:03Mais Atatürk laisse aussi derrière lui le spectre d'une dictature,
26:07un lègue qui, un siècle plus tard, pèse toujours sur la république turque.
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