00:00Mais cette question forcément se pose. Le dispositif policier prévu par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunes était-il
00:07à la hauteur ?
00:07Que s'est-il passé au plus haut sommet de l'État ? Comment les autorités n'ont pas pu,
00:11pas su anticiper de telles scènes de violences ?
00:14Les services de renseignement avaient pourtant identifié des troubles à l'ordre public, mais pas de cette ampleur Jean-Baptiste
00:20Marty.
00:20Jusque vendredi veille de manifestation, le renseignement avait du mal à connaître l'ampleur de la mobilisation.
00:26Il anticipait des heures dans certaines villes avec les traditionnels black blocs, mais très loin d'imaginer ces scènes de
00:32guérilla.
00:33Pour Jean-Christophe Couvy, policier et secrétaire national du syndicat Unité, la venue de jeunes de banlieue a été sous
00:39-estimée.
00:39L'inconnu, c'était les cités et les quartiers. Est-ce qu'ils allaient venir ou pas ? C'est
00:43très difficile de prévoir.
00:45Il y avait un risque que le renseignement ne pouvait pas évaluer.
00:48Conséquence, le renseignement territorial anticipait jusqu'à 170 000 manifestants partout en France,
00:53trois fois moins que le nombre de participants final. Conséquence aussi pas assez de forces de l'ordre mobilisées,
00:59des policiers mal équipés. Certains n'avaient pas assez de boucliers, d'autres ont manqué de munitions pour se protéger.
01:04On en veut à notre hiérarchie de ne pas prévoir justement cette logistique.
01:07Dans certains services, ils ont fait des rappels sur des policiers qui étaient en congé ou en repos,
01:11qui ont refusé de venir. C'est bien la première fois que je vois ça.
01:14Après ce fiasco sécuritaire, certains policiers se sentent abandonnés,
01:17d'autres réclament à voix basse la démission du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
01:21Jean-Baptiste Marti du service police, justice d'Europe 1.