00:00J'ai une pensée pour tous les Limougeaux qui ont vu partir hier une bonne partie de la maison commune.
00:07Heureusement, le bâtiment administratif à l'arrière a été sauvé grâce au magnifique travail des pompiers.
00:13Mais j'ai une pensée pour tous les amoureux du patrimoine de cette ville aussi,
00:16parce que c'est un bâtiment qui était doublement séculaire qui s'en va.
00:20Et j'ai mal pour Limoges, j'ai mal pour mon pays,
00:23parce que je vois ce qui s'est passé ailleurs,
00:25en préfecture de région à Bordeaux, à Toulouse, à Marseille.
00:30Je suis à la fois très triste et très en colère,
00:34parce que dans le cas présent à Limoges, ce drame aurait pu être évité,
00:40puisque lorsqu'on discute avec les forces de l'ordre,
00:43avec les renseignements territoriaux et avec la préfecture elle-même,
00:46on se rend compte qu'hier après-midi, à partir de 15h30,
00:51alors qu'une partie des casseurs les plus virulents,
00:55une partie des Black Blocks de l'ultra-gauche qui avait été contenue sur les boulevards,
01:02n'a pas pu être contenue plus longtemps, faute de munitions.
01:05C'est très grave ce que je vous dis, et ce ne sont pas mes propos,
01:08ce sont les propos de la police nationale et des policiers
01:11qui ont eu affaire aux feux nourris des Black Blocks et des casseurs qu'ils avaient en face d'eux.
01:18Un feu nourri qui les a obligés à reculer parce qu'ils n'avaient plus de munitions de désencerclement.
01:24Et s'il y avait eu des munitions en nombre suffisant,
01:28jamais ce cortège ne serait arrivé jusqu'à l'hôtel de ville,
01:32parce que l'hôtel de ville était initialement protégé sur le tracé de la Manille.
01:35Et c'est parce que le cortège s'est fait enfoncer que l'hôtel de ville a été en proie
01:44à ces dégradations et à cet incendie.
01:47Ce que vous nous dites, c'est qu'au-delà de ces délinquants, de ces barbares qui ont incendié votre
01:53hôtel de ville,
01:54vous dégagez d'ores et déjà d'autres responsabilités ?
01:58– Attendez, j'ai les pompiers qui passent, j'ai les pompiers qui passent.
02:06– Je vais répéter, est-ce que vous m'entendez mieux ?
02:09Est-ce qu'au-delà des délinquants que vous dénoncez,
02:12de ces gens qui ont ravagé votre hôtel de ville,
02:15vous pointez du doigt d'ores et déjà d'autres responsabilités, monsieur le maire ?
02:18– Évidemment.
02:20Vous savez, moi, quand les policiers nationaux me disent,
02:22« Monsieur le maire, il est 15h10, dans 20 minutes, on n'a plus de munitions »,
02:26il y a bien quelqu'un qui les distribue, les munitions,
02:28il y a bien une chaîne hiérarchique derrière tout ça.
02:30Donc, hier, la police nationale, la police républicaine de ce pays,
02:33à Limoges, dans la deuxième ville du Grand Sud-Ouest,
02:35aurait eu les moyens de lutter contre la progression des Black Blocks,
02:38jamais l'hôtel de ville n'aurait été incendié, jamais.
02:40Et donc, oui, j'en veux évidemment aux autorités hiérarchiques
02:45qui n'ont pas su donner les moyens à notre police républicaine,
02:49les moyens de lutter contre des gens extrêmement déterminés,
02:52parce qu'à l'intérieur de ce mouvement, il faut bien comprendre,
02:54il y a des gens qui manifestent pour des causes qui peuvent être considérées
02:58comme légitimes pour certains, qui ont manifesté pacifiquement
03:00tout au début de la manifestation.
03:02Vous avez des jeunes en cherche, en mâle de sensations fortes,
03:05qui viennent dégrader, casser, parce que c'est une forme d'amusement,
03:09et là, on est dans la bêtise humaine la plus crasse.
03:11Et puis, vous avez un troisième groupe,
03:15qui est cet ultra-gauche clairement préparé,
03:18clairement habillé pour aller faire la guerre aux flics
03:21lorsqu'ils sont rentrés dans l'hôtel de ville.
03:24Ils ont interpellé un agent de la loge
03:27qui gagne 1 500 euros par mois à peu près, vous voyez.
03:30On va te crever.
03:31Il y a eu des menaces de mort à l'encontre des élus qui étaient présents.
03:34Vous allez tous cramer.
03:36Donc, oui, et ce qu'on est en train d'essayer de déterminer,
03:39si vous voulez, c'est s'il y a eu préméditation ou pas,
03:41parce que la façon dont ils sont rentrés pour allumer le feu,
03:44on ne découvre pas le soupirail juste en arrivant sur site le premier jour.
03:47Ils avaient des moyens avec eux qu'on ne trimballe pas dans un sac à dos.
03:51Un bélier de 200 kilos, des parpaings, des projectiles jetés en masse,
03:55toutes les vitres que vous voyez sur les images ont été cassées en moins de 10 minutes.
03:59Donc, il y avait une préméditation quasi certaine de cette opération
04:03et il y a eu beaucoup de violence et beaucoup, beaucoup, beaucoup de préparation
04:08sur cette opération-là, de la part de groupuscules clairement identifiées.
04:12Et vous savez, les renseignements territoriaux n'ont pas le droit de parler,
04:14parce que leur devoir de réserve les en empêche.
04:17Mais moi, ils me le disent, on connaît une partie des visages.
04:20Voilà, donc moi, aujourd'hui, j'attends de l'État qui change de doctrine
04:23face à ces Black Blocs, parce que ce qu'on a vécu là, à Limoges,
04:25je ne veux pas être un oiseau de mauvaise augure et faire des prophéties,
04:29mais ce qu'on a vécu hier, à Limoges, c'est pour demain,
04:32dans beaucoup d'autres endroits, si on ne change pas de doctrine
04:34vis-à-vis de ces classeurs et vis-à-vis de ces Black Blocs.
04:37Et puis, il y a un deuxième sujet, là, qui me concerne moi en tant que maire,
04:40c'est que moi, j'ai besoin d'un plan particulier pour Limoges.
04:44Voilà, ce n'est pas les Galeries Lafayette, comme vous voulez,
04:46ce n'est pas la FNAC, c'est l'hôtel de ville de tous les Limoges.
04:48Les plus impactés vont être les plus fragiles d'entre nous.
04:51Vous voyez, on a un service de pompe funèbre qui assume les obsèques
04:54pour les gens qui ont le moins de moyens à financer,
04:56qui ne peuvent pas aller dans le privé.
04:57Là, pendant huit jours, notre service, il ne marche plus.
04:59Donc, ce sont les plus précaires d'entre nous qui vont être pénalisés
05:02dans les jours et peut-être même les semaines qui viennent.
05:05On va essayer d'avoir une continuité de service public le plus vite possible.
05:08Mais moi, j'ai besoin d'un plan particulier pour Limoges
05:11et d'un engagement financier massif du gouvernement
05:13pour reconstruire cet hôtel de ville et pour nous aider à fonctionner.
05:17Parce que je n'ai pas les moyens tout seul,
05:18avec le budget de la ville ou le budget de la métropole,
05:20de réactiver les services de la mairie.
05:22Et donc, je le dis très clairement et très solennellement.
05:24Je l'ai dit au service du Premier ministre hier.
05:26Je l'ai dit aux ministres concernés.
05:28Si mardi, je n'ai pas un plan clairement édicté,
05:31clairement écrit, avec les millions qui vont avec,
05:34écrit, pas des propos, si je n'ai pas ça,
05:38alors ma majorité remettra sa démission.
05:41Et je serai le premier maire de France d'une ville de plus de 100 000 habitants
05:44à démissionner parce que l'État a failli.
05:47Donc, j'attends du gouvernement une réponse et une présence à nos côtés indéfectibles.
05:51J'attends.
05:53On a des échanges.
05:54S'ils ne sont pas à la hauteur de l'enjeu, je démissionnerai.
05:57Je suis maire de la deuxième ville du Sud-Ouest,
05:59dans une région de 6 millions d'habitants.
06:00C'est très important ce que vous êtes en train de nous dire, Guillaume Guerin.
06:04Et cet appel solennel, il est encore une fois très marquant,
06:09vous, maire et l'air de Limoges, ce que vous nous dites.
06:12C'est qu'aujourd'hui, vous êtes prêts à déposer les armes,
06:17à abandonner, à porter votre démission
06:19parce que vous n'êtes plus en capacité de faire fonctionner votre ville en l'État actuel.
06:26Ce n'est pas déposer les armes, ça n'a rien à voir.
06:28C'est envoyer un signal, justement, extrêmement offensif au gouvernement de France,
06:33en leur disant, voilà, vous avez un maire de 39 ans,
06:35moi, j'ai une activité professionnelle à côté,
06:37je n'aurai pas de mal à retrouver du travail.
06:38Je veux leur dire que nous sommes au service des Limougeaux avec beaucoup d'indégation.
06:42Moi, les trois quarts de mes élus sont des gens qui ont une activité professionnelle à côté.
06:46On donne beaucoup de temps aux autres et en particulier aux plus fragiles.
06:49J'ai neuf quartiers prioritaires de la politique de la ville dans ma cité.
06:52Nous sommes la deuxième maire urbaine du Sud-Ouest.
06:54Si le gouvernement n'est pas à la hauteur du rendez-vous,
06:57n'est pas à la hauteur des enjeux
06:58et n'est pas au rendez-vous de ce qu'il vient de nous arriver
07:01en termes d'accompagnement financier pour la deuxième ville du Grand Sud-Ouest,
07:05alors j'en tirerai les conclusions.
07:07Ce n'est pas un dépôt des armes, c'est une prise de conscience.
07:09Et je peux vous dire que ça va se secouer dans beaucoup d'associations d'élus.
07:12Parce qu'au bout d'un moment, on ne peut pas faire comme si c'était un énième fait d
07:15'hiver.
07:15Ce n'est pas un énième fait d'hiver.
07:17C'est la maison de tous les Limougeaux.
07:19C'est la capitale du Limousin qui a brûlé.
07:21Cette ville, c'est la ville de la création de la CGT.
07:24C'est la ville du berceau de la porcelaine.
07:27C'est la ville du CSP, premier club champion d'Europe d'un sport collectif.
07:32Ce n'est pas une ville moyenne d'une banlieue d'une grande métropole.
07:36C'est une capitale de région qui a brûlé hier.
07:38Et donc, j'attends du gouvernement français un minimum de considération.
07:42Et quand je vois qu'on est capable d'envoyer des milliards à l'est de l'Europe ou sur
07:48d'autres continents pour porter des politiques publiques,
07:51je ne conteste pas le bien-fondé de certaines d'ailleurs.
07:53Mais j'aimerais bien qu'on donne des moyens à la police pour avoir des grenades de désencerclement
07:57et qu'elle ne soit pas obligée de faire ses poches lorsque les poches sont vides.
07:59Et moi, j'attends de l'État qu'il soit au rendez-vous de la reconstruction de cet hôtel de
08:03ville et au rendez-vous financier pour Limogne.
08:05Et cette colère, on l'entend, elle est parfaitement saine et compréhensible.
08:09Monsieur le maire, si vous avez encore deux minutes, je voudrais vous montrer une image.
08:13Je pense que sur votre dispositif, pour être en direct avec nous, vous voyez l'antenne.
08:17Je voudrais qu'on voit cette séquence relayée par nos confrères de frontières,
08:22justement dans votre ville hier, pour qu'on comprenne la violence qui a été déployée par ces émeutiers.
09:00En fait, c'est la prise de l'hôtel de ville de Limoges.
09:02Voilà à quoi on assistait hier, la prise de l'hôtel de ville de Limoges, M. Guérin.
09:07Entre le moment où le cortège est arrivé et le cortège dans lequel figuraient les Black Blocs,
09:12c'est un certain nombre d'abrutis.
09:14Lorsque le cortège est arrivé et le moment où la police nationale est arrivée, il s'est écoulé une heure.
09:20Seulement les policiers municipaux ont été là pour protéger l'hôtel de ville avec les équipements des policiers municipaux.
09:28Voilà, on n'a pas les capacités, quand on est policier municipal, quand bien même on est 15, on est
09:3220,
09:33pour lutter contre 500 à 550 hystériques, dont 200 Black Blocs prêts à vous tuer.
09:41Parce que lorsqu'ils sont rentrés dans l'hôtel de ville, il a été proféré des menaces de mort.
09:44Moi, j'ai un jeune policier municipal qui a eu, je crois, le sentiment que sa vie a été en
09:52danger, réellement.
09:53Moi, il m'a dit, monsieur le maire, je me suis vu mourir.
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