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  • il y a 4 minutes
Un samedi de mobilisation pour réunir différentes "colères": anciens gilets jaunes, lycéens, étudiants, militants du climat et même agriculteurs se donnent rendez-vous pour une journée protéiforme contre la "vie chère" avec des blocages et manifestations dont l'ampleur est difficile à prévoir.

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Transcription
00:00Oui, vous le constatez sur ces images, il y a ici le début de la vitrine qui a été pris
00:05pour cible par des projectiles.
00:06Et en fait, juste à côté, la vitrine s'est complètement effontrée.
00:09On est à côté de Clément, vous avez dans la main un des pavés qui a été envoyé sur votre
00:13vitrine, qui a complètement été explosé.
00:15Vous étiez présente à ce moment-là. Racontez-nous ce qui s'est passé tout à l'heure.
00:18On était dedans en fait, et ils sont rentrés de tous les côtés, ils ont frappé.
00:23Et on a beau dire qu'on n'est que fleuriste, malheureusement, ils s'en foutent.
00:26On s'est juste fait prendre pour cible par l'intérieur de l'hôtel et par l'extérieur.
00:29Donc nous, on était dedans et on n'avait nulle part où aller, donc on a eu juste super peur.
00:33Voilà, et en fait, on s'est trouvés désœuvrés.
00:35On a appelé la police qui, malheureusement, n'a pas pu venir.
00:37Et on a juste eu peur qu'ils s'en prennent à nous, quoi.
00:39Que vous ont dit les policiers, justement, au téléphone ?
00:41Les policiers m'ont dit « Ok, on arrive », trois fois.
00:43Et ils nous ont dit de nous fermer dedans.
00:45Sauf que les vitres, elles sont toutes cassées, donc on ne va pas se fermer dedans.
00:48Donc voilà. La police n'est pas venue, on a appelé quatre fois exactement.
00:51Ils ne vous ont pas dit qu'ils étaient débordés, qu'ils avaient trop de choses à faire ?
00:53On arrive et il y en a un qui m'a dit « Bah, c'est le Sofitel ».
00:56Non, il y en a un qui m'a dit « Bah, c'est le Sofitel ».
00:58Donc du coup, je ne sais pas quoi répondre.
01:00Moi, après, j'avais juste peur, on s'est juste cachés.
01:01Donc dans la panique, on raccroche, on continue et on attend.
01:06Certains commerçants avaient pris les devants en sachant qu'il y avait cette manifestation.
01:08Vous, vous ne pensiez pas que vous seriez une cible ?
01:10Pas autant, franchement, pas autant.
01:11On ne pensait pas autant.
01:12Ce matin, c'était encore un peu.
01:14Et c'est juste que je pense que ce matin, il y avait juste des manifestants un petit peu qui
01:18ont brûlé,
01:19qui ont brûlé les sacs de gravats.
01:21Et là, on ne pensait pas.
01:23On a déjà été cassés pendant les gilets jaunes.
01:24On sait que les gilets jaunes, ça a été très compliqué pour nous.
01:27Et là, maintenant, on n'est plus que deux au lieu de cinq le samedi.
01:31Et aujourd'hui, on était nombreux.
01:32On devait travailler, mais sauf qu'on ne pouvait pas travailler.
01:36Vous êtes écœurés ce soir ?
01:37On est franchement écœurés.
01:39Franchement, on est écœurés.
01:39Moi, je ne sais pas, j'ai grandi ici.
01:41J'ai toujours vu ma mère travailler, ma grand-mère travailler.
01:43Et là, je ne sais pas, on est juste fleuristes.
01:45On est juste là pour refaire plaisir aux gens.
01:48Donc, aucune violence.
01:49Et je pense qu'il y en a qui ont compris.
01:50Mais ils disaient, attends, ils sont fleuristes, ça ne sert à rien.
01:53Mais c'est juste que moi, franchement, j'aime mon pays et je n'ai pas envie de ça.
01:57Je suis honnête.
01:58Je ne comprends pas.
01:58Franchement, je ne comprends pas.
02:00Tiens, ils sont en train de revenir, je pense.
02:01Donc, en fait, on a juste peur de se faire recasser.
02:03On est obligés de faire venir des gens pour se mettre devant avec des bouts de bois.
02:07Mais moi, la violence, ce n'est pas mon truc.
02:09Je déteste la violence.
02:10Donc, je ne comprends pas.
02:11On est tous écœurés.
02:12Merci beaucoup, Clément, pour votre témoignage.
02:14On souhaite bon courage dans les prochains jours.
02:16Merci.
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