00:00Le flou qui se mêle, parce que les revendications de ces jeunes...
00:03Parce que ceux qui sont censés nous protéger sont dans le flou, c'est bien ça le problème.
00:07Qu'est-ce que tu rajoutes ? Bien évidemment, la violence ordinaire que l'on connaît,
00:12toujours les mêmes depuis une dizaine d'années.
00:14Mais pour qu'il y ait ce qu'on appelle une convergence des luttes,
00:20encore faut-il relier des cadrages qui sont différents dans un récit commun.
00:25Et plus le récit est vaste, plus les explications sont vastes,
00:29plus ça devient abstrait.
00:32Pour les Gilets jaunes, il y avait un problème qui était soulevé,
00:37qui enlevait du fiscal, un problème fiscal,
00:39mais c'était surtout un problème existentiel.
00:42C'était un peu la France périphérique, dont parle Christophe Gulli,
00:47qui se manifestait.
00:48Il devrait être un problème aussi les Gilets jaunes.
00:50Oui, alors eux, les Gilets jaunes ne réclamaient pas d'intermédiaires,
00:54ils faisaient valoir leur liberté.
00:57Ils demandaient tout simplement à ce qu'ils soient écoutés.
01:01Les jeunes, eux, demandent davantage d'État.
01:04Ce n'est pas moins d'État, c'est davantage d'État.
01:07Ils sont jeunes, scolarisés, urbains et mineurs.
01:11Mais plus leurs demandes sont larges,
01:14moins ils seront écoutés.
01:15250 000 places dans des établissements.
01:21Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible.
01:24Donc, en définitive, le flou et la violence,
01:28c'est tout simplement une atteinte contre l'État.
01:30Bruno Bartosetti, concrètement,
01:32les forces de l'ordre ont-elles réellement les moyens de faire face demain ?
01:36Alors, les moyens, on va se les donner,
01:38mais en respectant, bien sûr, les ordres et la légalité.
01:41J'aimerais rebondir sur, puisqu'on parle des Gilets jaunes,
01:46rappelons-nous du premier mouvement des Gilets jaunes.
01:49On est au 17 novembre 2018.
01:52Le mouvement, il est pacifique au départ.
01:54Et d'ailleurs, la police n'intervient pas.
01:57Les gendarmes sont présents dans les ronds-points,
02:00mais ça reste un bon enfant.
02:02Et tout doucement, ça glissait dans la violence.
02:04Et il faut se rappeler qu'on était dans le maintien du désordre à ce moment-là.
02:07Pourquoi ?
02:08Parce que vous avez dix familles qui ont été touchées,
02:12endeuillées par des débordements dans les ronds-points.
02:16Des accidents ont forcé les barrages.
02:18C'était l'anarchie complète.
02:20Et la police et la gendarmerie ont dû intervenir,
02:24justement, pour maintenir l'ordre.
02:27Et le mot « maintien de l'ordre » ne doit pas être un sujet tabou.
02:30Alors, bien sûr que l'on craint les débordements.
02:32Mais si nous n'étions pas présents, ce serait une catastrophe.
02:37Une catastrophe parce que, même si le mouvement des Gilets jaunes au départ,
02:41ou le mouvement des lycéens, ou d'autres mouvements,
02:44des rassemblements autour des organisations syndicales,
02:46restent des mouvements nobles,
02:48on sait malheureusement qu'il y a un fil conducteur en interne
02:51qui est celui de la violence,
02:53qui est celui de frapper, de blesser, de tuer.
02:56Et c'est pour cette raison qu'on a beaucoup de craintes demain.
02:59Et notre rôle policier sur le terrain,
03:01ça va être justement de désencercler,
03:03comme on le voit avec les images,
03:05certainement pas pour blesser.
03:06On a nos enfants en face de nous.
03:08On n'est pas là pour blesser.
03:09On est là pour désencercler parce que le pire peut arriver
03:12si les policiers et les gendarmes ne sont pas présents sur le terrain d'eux-mêmes.
03:16Et vous avez raison de parler de cause noble, évidemment,
03:18lorsque vous parlez aussi des Gilets jaunes,
03:20qui appellent également à manifester demain avec la question du pouvoir d'achat,
03:24qui est clairement un vrai sujet, c'est même le sujet du moment.
03:28J'aimerais que vous regardiez ce sondage CSA pour CNews Europe 1 et le JDD,
03:32parmi les thématiques suivantes,
03:33quelle devrait être la priorité pour le prochain président de la République ?
03:37Et c'est incontestable,
03:38le pouvoir d'achat arrive loin devant tous les autres,
03:41avec 24% suivi par le déficit public qui inquiète également particulièrement,
03:4615%, l'immigration arrive en troisième position à 10%.
03:50Olivier Benkemoul, il y a une vraie inquiétude légitime autour du pouvoir d'achat
03:54avec des Français, disons l'autre, de plus en plus en difficulté,
03:57qui ont de plus en plus de mal après les fins de mois,
03:59qui se sentent aujourd'hui complètement abandonnés.
04:02Moi, je vois que surtout l'école est loin derrière, à 5%.
04:06Donc les lycées, les collèges qui passent à l'intérêt,
04:08qui est prioritaire pour une partie,
04:14nous dit-on...
04:15Mais c'est ce que disait hier Bruno Retailleau,
04:16lorsqu'il disait que l'école, ce n'était pas un problème de moyens,
04:19que l'école, c'était un problème idéologique,
04:22qu'aujourd'hui, c'est le premier poste de dépense de l'État.
04:25Jusqu'à combien il va falloir mettre d'argent pour que ça fonctionne ?
04:28Un milliard d'eux dans le prochain budget,
04:30c'est comme ça que c'est budgétisé.
04:32Et je rappelle aussi que c'est 96% des lycées qui n'étaient pas en grève.
04:37Mais c'est vrai que le pouvoir d'achat, c'est le numéro un.
04:40C'est-à-dire que la classe moyenne est déclassée aujourd'hui.
04:43La classe moyenne s'est paupérisée.
04:45La classe moyenne n'a plus les moyens de remplir son frigo au 15 du mois,
04:48et même pas le 15 du mois,
04:50et ne remplit plus totalement son réservoir d'essence.
04:53Donc effectivement, le pouvoir d'achat,
04:56est-ce que ça veut dire...
04:57Et de toute façon, toutes ces luttes,
04:59toutes ces questions qui sont essentielles,
05:01est-ce que ça mérite de foutre le feu à la rue,
05:05de tout casser ? C'est ça le problème.
05:07Demain, parce qu'on parle de convergence des luttes,
05:09moi j'ai l'impression que c'est surtout la convergence
05:11de la haine contre la police.
05:12C'est sûr.
05:13La haine contre la police, et c'est à ça,
05:15et c'est une sorte de petit jeu.
05:16Vous vous souvenez, parce qu'on parlait des gilets jaunes,
05:18les gilets jaunes avaient commencé,
05:20petit à petit, c'était devenu le rendez-vous.
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