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  • il y a 23 heures
C’est ici, à Cabris, au-dessus de Grasse (06) que Sarah, Pauline et Pierre ont posé leurs valises pendant cinq semaines. Pour décrocher de l’alcool, mettre derrière eux une addiction qui a dévoré leur vie, dévasté leur famille, ils ont choisi de suivre la cure de désintoxication proposée par la clinique Le Calme. Un sevrage qui mise sur le soin par la parole.

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Transcription
00:00Je ne faisais que boire du matin au soir.
00:02Je ne pouvais plus rien faire du tout.
00:03J'étais chez mon père et il s'occupait de moi comme si j'avais 5 ans.
00:06C'est très utile, les outils qu'ils nous ont donnés.
00:10Ce qui m'a le plus aidée, ça a été les ateliers de psychothérapie en groupe.
00:16Ici, on est à la clinique Le Calme, à Cabris.
00:18C'est un SMR spécialisé en addictologie.
00:21On accueille 45 patients en cure complète de 5 semaines.
00:25La spécificité de cet établissement, on a 3 piliers pour la prise en charge.
00:30On a les groupes de psychothérapie, animés par un seul psychologue tout au long de la cure.
00:35On a les séances de SOMA, ce sont des séances de relaxation,
00:38pendant lesquelles les patients feront des exercices de respiration.
00:41Et on a les séances d'information, ce sont des séances d'éducation thérapeutique,
00:45qui sont animées par les infirmières, les médecins ou la pharmacienne,
00:48et qui proposent aux patients de s'informer sur une addiction,
00:52qu'est-ce que c'est, pourquoi, comment je reprends une vie normale après l'arrêt des produits.
00:59Ici, on essaie de proposer un environnement presque familial,
01:03c'est-à-dire que nous, on ne porte pas de blouse, on se tutoie, on s'appelle par nos
01:08prénoms.
01:08Et ça, le pari qu'on fait, c'est que ça va leur permettre, peut-être, de libérer la parole,
01:14chose qu'ils n'ont pas l'habitude de faire.
01:16Le fait d'être en groupe, c'est encore plus intéressant,
01:18parce que parfois, de la parole de l'autre, va surgir quelque chose de notre propre histoire.
01:25C'est-à-dire, il y a ce qu'on appelle, un petit peu ici, l'effet miroir.
01:28En écoutant les autres, finalement, on commence la réflexion sur soi-même.
01:32On invite les patients à parler de leurs symptômes,
01:35à en faire quelque chose, pour petit à petit, sans décaler.
01:40Donc, on met un point d'honneur à éviter les distracteurs,
01:42c'est-à-dire qu'il n'y a pas de télé dans les chambres.
01:45Le but étant de les confronter à eux-mêmes, finalement,
01:48et un petit peu au vide, qui est inévitable,
01:53quand on se sépare d'une addiction, finalement.
01:57Ça fait deux ans que je suis tombée vraiment dans l'alcoolisme.
02:00Je ne pouvais plus rien faire du tout.
02:02J'étais chez mon père et il s'occupait de moi comme si j'avais cinq ans.
02:05Je ne faisais que boire du matin au soir.
02:06Et le déclic, ça a été quand j'ai vu mon père avoir un malaise cardiaque
02:11et aussi la perte de confiance de mon fils,
02:14qui ne voulait plus venir chez moi.
02:16Si tu veux, physiquement, je n'arrivais plus à lire, par exemple,
02:20même avec mes lunettes.
02:21Et au bout de la troisième semaine, pouf, j'ai recommencé à voir.
02:25Vraiment.
02:26Et c'est le cas aussi sur ma vie, etc.
02:30C'est un vrai retour à la vie, enfin à la vue.
02:35Et ce qui m'a beaucoup fait, qui m'a le plus aidée,
02:38ça a été les ateliers de psychothérapie en groupe.
02:42Sans se connaître, on s'ouvre.
02:43Et donc, en fait, on a justement les échos.
02:45Il y a des effets miroirs avec certains d'entre nous.
02:48On réfléchit, on se conseille, on pleure, on rit ensemble,
02:51mais on ne s'ennuie pas.
02:53Et en même temps, ce qu'on peut qualifier d'ennui,
02:57ce n'est pas de l'ennui, c'est du travail sur soi.
02:59Je dirais que le sevrage plus dur, il est psychologique.
03:04Ça sera à la sortie.
03:06Donc, ça va être la volonté, les outils qu'on m'a donnés
03:10et l'amour des miens qui se sont inquiétés pour moi
03:12et que je n'ai plus envie d'inquiéter.

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