00:00La boue a remplacé les couloirs propres, les seringues jongent le sol et les dossiers médicaux sèchent à l'air
00:07libre.
00:07Au centre de santé Philippe Senghor, dans le quartier de Yof à Dakar,
00:11les inondations ont laissé des traces jusque dans les salles de mammographie, de radiologie et de laboratoire.
00:17En l'espace d'une semaine, deux crues ont submergé l'établissement, avec près de 2 mètres d'eau dans
00:23certaines pièces.
00:25Du jamais vu, pour la médecin adjointe en poste depuis 2013.
00:28Ce n'est pas quelque chose d'inhabituel, on a l'habitude malheureusement d'être inondés,
00:34mais quand même que tous les services soient touchés, c'est la première fois.
00:39Moi je suis à Philippe Senghor depuis 2013, et la nuit du lundi, du dimanche au lundi,
00:46ça a été vraiment la première à avoir de l'eau à presque 2 mètres,
00:50noyant tous les services, tout le matériel, ça c'est une première.
00:54Au-delà des dégâts matériels, ce sont aussi les données médicales qui ont été emportées par les eaux,
01:00registres et dossiers de patients, notamment ceux suivis pour la tuberculose.
01:05Impossible pour une grande partie de récupérer ces informations.
01:09Ce qui impacte le plus, c'est les pertes des données, les registres, les dossiers de malades.
01:16Tout est sous l'eau, rien n'est récupérable, et ça, quel que soit le programme,
01:22que ce soit au niveau de la maternité, la pédiatrie, au niveau du PNT,
01:27c'est-à-dire les malades tuberculeux, les malades VIH suivis ici,
01:32les dossiers de la médecine générale, que ce soit le palud ou autre pathologie,
01:37toutes les données ont été perdues.
01:40Parce que les registres sont mouillés, les dossiers sont mouillés,
01:43on a essayé quand même de temps au peu, d'essayer de les faire sécher pour pouvoir les récupérer,
01:49mais pas possible, parce qu'en une semaine, on a eu deux inondations,
01:54une de deux mètres, une autre de deux mètres, c'est très compliqué.
01:59Le centre, qui accueillait près de 400 patients par jour
02:02et assurait environ 600 accouchements par mois, a suspendu ces activités.
02:06Des inondations qui rappellent la vulnérabilité des infrastructures
02:10face à des épisodes de pluie extrême,
02:13dont l'intensification est favorisée par le changement climatique.