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  • il y a 2 jours
Colère, pleurs, troubles de la mémoire, bouffées de chaleur… Elsa Wolinski raconte sans détour son expérience de la ménopause.

Pendant longtemps, personne ne lui avait vraiment parlé de cette étape de la vie. Lorsque les premiers symptômes apparaissent, au moment où sa mère est malade, elle peine à comprendre ce qui lui arrive.

Dans cet entretien, Elsa Wolinski revient sur son parcours jusqu'au diagnostic, ses difficultés avec le sommeil et l'humeur, le brouillard cognitif, mais aussi les changements qu'elle a entrepris pour retrouver un équilibre.
Elle évoque également le chagrin lié à la fin de la fertilité, les injonctions faites aux femmes sur les réseaux sociaux et ce que la ménopause lui a apporté : davantage d'assurance et un nouveau « feu sacré ».

Et vous, trouvez-vous que l'on parle suffisamment de la ménopause ?
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Amusant
Transcription
00:00Je vais chez l'ophtalmo et là il me dit, écoutez, je trouve que vous ressemblez un peu à ma
00:04femme en ce moment.
00:05Ma femme est ménopausée.
00:08Je viens vous voir parce que j'ai une conjonctivite, que je vois moins bien,
00:11et vous êtes en train de me parler de ménopause, mais ça va pas, non ?
00:13Mais alors ça, la bouffée de chaleur, j'ai tout de suite dit non.
00:16C'est-à-dire que je suis retournée voir la gynéco, très vite.
00:19Genre 15 jours après, j'ai dit ça, ça passera pas par moi.
00:22Hors de question.
00:27Elle est l'une des premières femmes en France à avoir parlé publiquement de la ménopause.
00:32Avec sincérité et justesse, elle n'a pas eu peur de briser ce tabou.
00:36Cette femme, c'est Elsa Wolinsky, journaliste et écrivaine.
00:41Du jour au lendemain, elle a commencé à avoir une liste de symptômes long comme le bras.
00:45Et comme beaucoup d'entre nous, elle s'est dit, mais enfin c'est quand même fou qu'il y
00:48ait 17 millions de femmes en France qui soient ménopausées.
00:52Et que personne n'en parle.
00:54C'est donc tout naturellement qu'on s'est dit, eh bien tiens, ce serait une riche idée de l
00:58'inviter dans Bouffée de chaleur.
00:59Bonjour Elsa.
01:00Bonjour.
01:01Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation.
01:04J'aimerais, avant de rentrer dans le vif du sujet, qu'on se remémore quelques années auparavant, avant votre pré
01:10-ménopause.
01:10Est-ce que vous saviez des choses sur la pré-ménopause ou la ménopause à cette époque-là ?
01:15Rien de rien.
01:16Du tout.
01:17Votre maman, vous n'avez pas transmis ?
01:19Rien du tout.
01:20Il n'y avait eu aucune transmission, vos soeurs non plus ?
01:23Pas du tout.
01:24Vos amis non plus, pas spécialement ?
01:26Non, rien.
01:26Alors surtout pas mes amis qui ensuite se sont mis à parler.
01:32Mais au départ, quand j'ai commencé à dire, mais je ne comprends pas, j'ai des trucs bizarres, j
01:37'ai des symptômes, je comprends.
01:39J'avais mille symptômes.
01:41Eh bien, personne ne réagissait autour de moi.
01:44Et du coup, dans votre tête, vous imaginez ça comme vous ne l'imaginez peut-être même pas, du coup,
01:48la pré-ménopause et la ménopause ?
01:49Non, pas du tout.
01:50Ça n'existait pas, c'était quelque chose qui était hors...
01:52Non, je pensais que j'étais en dépression permanente.
01:55Non, mais c'est vrai.
01:56C'était quoi, du coup, ces premiers symptômes ?
01:58C'est un peu compliqué, mon histoire, parce que je ne me suis pas rendue compte.
02:03Je pense que ma pré-ménopause, je ne l'ai pas vue, je ne l'ai pas vécue, parce que
02:07pendant ma pré-ménopause, moi, j'avais ma mère qui avait un cancer, qui était à l'hôpital.
02:13Donc, c'est-à-dire que tout ça est arrivé à des moments de vie où j'ai eu des
02:17accidents de vie, en fait.
02:19Donc, j'étais vraiment très proche de ma mère, je m'occupais d'elle.
02:24Du coup, je n'étais pas du tout sur moi.
02:26Du coup, je ne sentais pas mes symptômes.
02:29Mais sûrement, j'en avais, mais je n'ai pas vu que mes règles n'étaient pas régulières.
02:36Je n'ai pas vu tout ça.
02:37J'étais que sur ma mère, en fait.
02:40C'est vraiment quand elle est morte...
02:41Non, mais c'est un peu horrible, parce que je raconte ça un peu triste.
02:44Mais c'est une réalité.
02:45C'est-à-dire que quand elle est morte, que quasiment, mais quasiment dans la même semaine...
02:51Je me suis dit, non, mais que m'arrive-t-il ?
02:54Ce n'est pas que le décès de ma mère.
02:57Je sens bien qu'il y a un truc qui ne va pas...
02:59Oui, c'est-à-dire que vous vous disiez, en fait, c'est tellement grave, cette maladie.
03:03Vous étiez tellement décentrée.
03:05Oui, j'étais décentrée.
03:05Vous étiez incapable de...
03:07D'abord, je mangeais beaucoup.
03:08D'abord, pour supporter le fait de m'occuper de ma mère,
03:11parce que son cancer a duré quand même six ans.
03:13Je mangeais beaucoup.
03:14J'avais des troubles alimentaires.
03:16J'ai pris 25 kilos.
03:18Donc, en fait, tous ces effets de la pré-ménopause, je ne les ai pas vus.
03:24Moi, je suis arrivée directement à...
03:27Du jour au lendemain, je n'ai plus mes règles.
03:29Ah oui, d'accord.
03:31Vraiment, il y a eu ça.
03:33C'est arrivé comme ça.
03:35C'est-à-dire dans la...
03:36Quasiment, je me souviens, c'était en décembre, au moment de Noël.
03:39Je me suis mise à pleurer tout le temps.
03:41Donc, j'ai mis ça sur le compte du décès.
03:47Mais, au bout d'un an de pleurs,
03:50mes filles m'ont dit,
03:51« Là, maman, il y a quand même un truc...
03:52Ce n'est pas possible.
03:54Il y a un truc qui ne va pas chez toi, quoi. »
03:57Donc, c'est vraiment mes filles, en fait, qui m'ont alarmé.
03:59Ah oui ?
03:59Oui.
04:00D'abord, parce que je devenais Hulk.
04:02J'étais vraiment...
04:03Je me mettais à crier, alors que je suis hyper gentille.
04:07Je suis une maman super cool.
04:08Je hurlais pour un rien.
04:11J'avais chaud, j'avais mal à la tête, tout m'énervait.
04:16Attendez, vous aviez quel âge ?
04:17C'était en quelle année, ça ?
04:1849 ans.
04:1949 ans.
04:20Ouais, 49.
04:22Et de 49 à 50, là, je pleure.
04:26Donc, je suis née le 14 décembre.
04:28Donc, pour mes 50 ans, je demande à mes enfants,
04:30« Mais qu'est-ce que vous allez m'offrir ? »
04:34Et tout.
04:36Et elles me disent,
04:36« Nous, ce qu'on aimerait bien, maman,
04:38c'est que tu arrêtes de pleurer, en fait. »
04:39Ça serait notre cadeau de Noël
04:41et ça serait ton cadeau d'anniversaire.
04:43Donc là, je me suis dit,
04:43« Ok, vraiment, j'ai un truc qui ne va pas. »
04:45Là, vous vous dites, « Ok, ça ne va pas. »
04:47Mais qu'est-ce que vous faites ?
04:48Vous vous dites que c'est la ménopause ?
04:49Non, toujours pas.
04:51Je suis très lente.
04:52Non, mais je comprends, personne n'en parle.
04:54Et puis, aucune de mes copines, pareil, toujours.
04:56Donc, en fait, pas du tout.
04:58Je vais voir mon psychiatre qui me dit,
05:00« Non, mais vous êtes en dépression,
05:02donc je suis sous... »
05:03Sous antidépresseurs.
05:04Sous antidépresseurs.
05:05Donc, je suis sous antidépresseurs.
05:06Mais ça n'améliore pas ?
05:07Ça n'améliore pas du tout mon état.
05:09Ok.
05:10Et en fait, c'est en allant.
05:13Et c'est une histoire vraie.
05:14C'est en allant chez l'ophtalmo
05:16parce que ma vue avait baissé deux fois de suite.
05:19Je me dis, « Non, mais là, il y a... »
05:20Et j'avais des conjonctivites à répétition.
05:23Je me dis, « C'est pas possible. »
05:24Donc, je vais chez l'ophtalmo.
05:27Je lui explique que je ne vais pas bien.
05:29Je lui raconte un peu ma vie et tout.
05:31Je suis un peu de mauvaise humeur.
05:32Et là, il me dit, « Écoutez, je ne veux pas faire mon rabat-joie,
05:37mais je trouve que vous ressemblez un peu à ma femme en ce moment. »
05:41Je lui dis, « Mais qu'est-ce que ça veut dire ? »
05:42« Je ressemble à votre femme. »
05:43Il me dit, « Mais non, mais moi, ma femme est ménopausée. »
05:47Je lui dis, « Mais comment ça que ça veut dire ? »
05:48« Hein ? »
05:49Je viens vous voir parce que j'ai une conjonctivite,
05:52que je vois moins bien.
05:53Vous êtes en train de me parler de ménopause.
05:54Mais ça ne va pas, non ?
05:55Je suis très jeune.
05:57Je ne comprends pas.
05:58Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez.
05:59Et en fait, il m'a un peu éveillée sur le sujet.
06:03Et ensuite, je l'ai voir, il m'imaginait quoi.
06:05Oui, c'est-à-dire que le psychiatre, vous n'avez pas du tout dit,
06:07« Attention, ça peut être aussi une anin. »
06:09Pas du tout.
06:10C'est mon vieux psychiatre.
06:11Il n'a même pas tilté.
06:13Mais personne n'a tilté.
06:15Et c'est l'ophtalmo qui m'a dit,
06:17« Non, vous ressemblez à ma femme. »
06:19Et d'ailleurs, sur les yeux, c'était des conséquences de la ménopause.
06:21Tout à fait.
06:22Il m'a expliqué que c'est comme tout se drainait de moins en moins vite,
06:28j'avais de plus en plus de conjonctivite.
06:30Parce que j'avais les yeux énormes.
06:34Je ressemblais à un panda.
06:36J'étais pleine d'eau.
06:37C'était horrible.
06:38Et donc là, vous allez voir votre gynéco.
06:41Ma gynéco qui me dit, « Ah ben, vous êtes ménopausée. »
06:44Ah ben, c'est ça.
06:44Mais attendez, parce que là, vous n'aviez déjà plus vos règles depuis un certain temps, c'est ça ?
06:47C'est fou, quand même, cette histoire.
06:49C'est-à-dire qu'au bout d'un an, plus de règles du tout.
06:53J'entends que c'était très difficile de se concentrer sur vos symptômes pendant l'après-ménopause
06:56parce qu'il y avait l'accompagnement de votre maman.
06:59Oui, j'étais dente.
06:59Mais est-ce qu'il y avait des symptômes ?
07:01J'avais tous les symptômes, en fait.
07:03J'avais chaud, je mangeais beaucoup, j'étais de mauvaise humeur, j'étais triste.
07:08Je pense que j'avais tous les symptômes,
07:10mais je mettais ça sur le compte de « Ma mère va mourir et je suis triste, en fait. »
07:16C'est ça qui est souvent compliqué, c'est de démêler le vrai du faux.
07:20Oui, de faire le tri.
07:21Donc, une fois que la gynéco dit « ça y est, c'est la ménopause »,
07:25qu'est-ce qui se passe ? Elle vous propose des solutions ?
07:28Alors là, il se passe tout, c'est-à-dire que là, c'est comme si tout d'un coup,
07:31le popcorn, je suis un espèce de pop, pop, pop, ça sort dans tous les seins,
07:35c'est-à-dire les symptômes.
07:37Là, je prends conscience de mon état.
07:40Donc, je sors de chez la gynéco, je rentre chez moi
07:43et là, je suis devant mon code, devant ma porte
07:47et je ne connais plus mon code.
07:49Et là, je vais pour prendre mon téléphone
07:52et je ne connais plus mon code de téléphone.
07:55Et là, je me dis « bon, attends, là, t'as un problème,
07:58donc vas-y, essaye de te souvenir au moins de la date de naissance de tes enfants,
08:02je ne me souviens plus de la date de naissance de mes enfants. »
08:05Donc, je me dis « ok, là, il y a vraiment un état en plein dans... »
08:10Parce que là, la gynéco m'avait commencé à m'expliquer quand même
08:14les symptômes que j'allais ressentir et tout.
08:17Donc, je suis en plein brouillard cognitif.
08:19Là, tout explose, réellement.
08:23Mais je ne pleure plus.
08:24Au moins, j'ai ça.
08:26Et les bouffées de chaleur, tout y passe, quoi.
08:29Bouffées de chaleur...
08:30Mais alors ça, la bouffée de chaleur, j'ai tout de suite dit « non »,
08:32c'est-à-dire que je suis retournée voir la gynéco,
08:35très vite.
08:36Genre 15 jours après, j'ai dit « ça, ça ne passera pas par moi. »
08:38Hors de question.
08:39Bouffées de chaleur, trempez, des gouttes d'eau, le lit trempé.
08:43Alors bon, je n'ai pas de mec, j'ai trois chats.
08:45Mais hors de question d'être avec mon lit avec les trois chats.
08:49Non, ce n'était pas possible.
08:51Et du coup, quoi ?
08:52Traite-moi hormonale.
08:53Je hurle « traite-moi hormonale ».
08:54Comme quand j'ai accouché en disant « péridurale »,
08:57j'ai dit « traite-moi hormonale », tout de suite.
08:59Et elle vous l'a donné.
09:00Oui.
09:01Et très rapidement, ça va mieux ou quoi ?
09:02Oui, très rapidement, ça va mieux.
09:04Et très rapidement, je comprends aussi, en fait, une chose,
09:09que mon état vacille, et ça l'est encore.
09:14Donc là, j'ai 52 ans aujourd'hui.
09:17Et j'ai encore ça, c'est-à-dire, mon état vacille
09:22en fonction de comment je mange, comment je dors.
09:27Mais un rien peut me faire basculer.
09:31Avant, je pouvais ne pas dormir du tout.
09:33Moi, je suis une grosse fêtarde.
09:35Donc, je pouvais aller en boîte de nuit et aller travailler.
09:37Je n'avais aucun souci.
09:38J'adore les boîtes de nuit.
09:39J'adore danser, même à mon âge.
09:42Enfin, je n'ai jamais vraiment eu besoin de beaucoup de sommeil.
09:45Aujourd'hui, si je n'ai pas 8 heures de sommeil,
09:47je ne comprends même pas comment je m'appelle.
09:48Enfin, je ne sais même plus comment je m'appelle.
09:49Mais vous arrivez à dormir, c'est déjà pas mal.
09:50Alors, j'arrive à dormir maintenant.
09:53OK.
09:53Mais pendant...
09:54Et avec...
09:55Non, mais j'arrive à dormir avec des plantes,
09:57avec des trucs de pharmacie.
09:58Sinon, je ne leurre pas.
10:01Je ne peux pas citer de marque,
10:03mais j'ai essayé de tester tout ce qui existe en pharmacie.
10:07Et vous avez trouvé votre truc.
10:08Et j'ai trouvé mon truc, oui.
10:09Et juste sur l'annonce,
10:11est-ce que ça vous a donné du chagrin ou de la peine ?
10:14Alors, ce qui m'a vraiment fait de la peine,
10:18c'est chez la gynéco,
10:20quand elle m'a auscultée,
10:21qu'elle a mis le gel
10:22et qu'elle a regardé mon ventre
10:25et que j'ai regardé sur la petite télé.
10:27Elle m'a dit, vous voyez, tout va bien,
10:30à l'intérieur, tout va bien.
10:32Et moi, je me dis,
10:33ben non, tout ne va pas bien, c'est vide.
10:35Et elle m'a dit, mais comment ça, c'est vide ?
10:38Je me dis, ben oui,
10:39parce qu'en général,
10:40quand on ausculte les femmes
10:42et qu'on leur met le gel
10:43et qu'on met, je ne sais pas,
10:44cette machine, comment elle s'appelle ?
10:46Oui, une sonde échographique.
10:47La sonde, c'est parce qu'on a un bébé.
10:50Oui, tout à fait.
10:51Et là, quand j'ai pris conscience
10:52que je ne pourrais plus avoir d'enfant,
10:54moi, ça a été terrible.
10:56Je suis séparée.
10:57J'ai une maman solo de deux enfants
10:59et j'étais persuadée
11:01que j'allais refaire ma vie,
11:02que j'allais avoir des enfants.
11:04Donc là, tout d'un coup,
11:06mon rêve de grande famille recomposée
11:10et de, je vais retomber enceinte
11:12parce que j'ai adoré être enceinte,
11:15moi, c'était mort.
11:17Et ça, ça a été très dur.
11:19Et là, je me suis tapée
11:20beaucoup de...
11:21Évidemment, c'est le moment
11:22où on ne voit que ça,
11:23c'est-à-dire qu'on ne voit
11:24que des femmes enceintes.
11:25C'est terrible, ça.
11:26On ne se tape que des dimanches
11:27en regardant les jeunes couples
11:29avec plein d'enfants,
11:30plein de bébés.
11:31On se dit, moi, c'est mort,
11:32c'est fini.
11:33C'est horrible.
11:35Ça a été un peu dur.
11:36Je regardais les poussettes et tout.
11:38C'était vraiment un peu dur.
11:40Et je n'avais que des copines
11:41en plus autour de moi
11:42qui me disaient,
11:42mais non, mais arrête.
11:44C'est super.
11:45On n'a plus nos règles.
11:46On ne va plus avoir de bébé.
11:48On peut coucher tranquille.
11:50Mais pas du tout.
11:51Moi, j'étais hyper triste.
11:52Oui.
11:53Je n'étais pas du tout
11:54dans l'idée de coucher tranquille.
11:55Je ne voyais même pas le truc.
11:56Oui, il n'y avait rien de...
11:57Vous n'y voyiez rien de positif.
11:59Rien de positif.
12:00Rien ?
12:01Non.
12:02Vous n'avez rien aimé ?
12:03Vous n'avez pas dit un truc
12:04« Ah, c'est cool pour... »
12:06Aussi, de plus avoir mes règles.
12:07Bon, voilà.
12:08OK, super.
12:09Plus de tampons.
12:10De toute façon,
12:11c'est qu'en sérigène,
12:12maintenant, on le sait.
12:13Alors que nous,
12:13on était à une époque
12:14où on nous disait
12:15qu'il faut mettre des tampons.
12:16Non, plus de tout ça.
12:17Plus de serviettes hygiéniques.
12:19Bon, très bien.
12:22Mais plus de bébés.
12:24Et aujourd'hui, du coup,
12:25ça va comment ?
12:26C'est-à-dire que là,
12:27vous sentez que c'est plus tranquille ?
12:30C'est fragile.
12:30Non, fragile.
12:31C'est toujours très fragile.
12:33En fait, j'ai eu un moment,
12:34j'ai eu une épiphanie,
12:35je dois dire,
12:39où quand même,
12:40la ménopause...
12:41Il y a eu un moment
12:42où je n'ai vu
12:43que des trucs relous,
12:45que des trucs horribles.
12:46D'abord, j'étais vraiment...
12:49J'allais dire,
12:50j'étais énorme.
12:51Non, mais parce qu'on s'en fout
12:52des tailles.
12:53Mais c'est vrai que
12:53quand j'ai commencé
12:54à dépasser la taille 44, 46,
12:57bien que vraiment,
12:58je m'en fiche complètement.
13:00Honnêtement d'être ronde, moi.
13:02Mais je me sentais quand même...
13:04Ce qui me posait problème,
13:05c'était que je respirais mal
13:06quand je montais les escaliers.
13:08Enfin, j'avais vraiment
13:09beaucoup grossi.
13:10Et très vite,
13:11alors il y avait eu...
13:12J'avais beaucoup mangé
13:13pendant le décès de ma mère,
13:14mais j'ai bien vu
13:15qu'aussi,
13:16il y avait une rétention d'eau
13:17spectaculaire
13:18au moment de la ménopause.
13:20Donc, j'ai vraiment
13:21pris beaucoup de poids.
13:22Ça, ça a été compliqué.
13:24parce que je ne rentrais plus
13:25dans mes fringues.
13:26Donc ça, ça me faisait chier.
13:28Vraiment.
13:28Que je respirais mal,
13:30que je me sentais moche.
13:35Ça, c'était...
13:36Puis j'étais triste, en fait.
13:38J'étais vraiment triste.
13:40J'ai eu un moment
13:41de profonde tristesse.
13:44Je trouvais que c'était
13:46profondément injuste.
13:48Je me sentais vieille.
13:50Je me sentais comme
13:51une vieille chaussette, quoi.
13:53Qu'on met sur le côté,
13:55tu vois, la vieille chaussette
13:56qu'on a perdue,
13:57il n'y a plus l'autre.
13:58Alors, on va l'acheter, quoi.
14:00Je me disais,
14:00mais où est-ce qu'on va me mettre ?
14:02J'avais vraiment ce truc-là.
14:03Et puis après,
14:05il y a eu un moment
14:07où je me suis dit,
14:09OK, bon,
14:10on ne va pas venir me sauver.
14:11J'attendais le sauveur.
14:12J'attendais le médecin
14:13qui allait me dire,
14:14voilà,
14:15je vais...
14:15La gynéco
14:16qui allait tout m'arranger.
14:19Le médecin,
14:19le généraliste,
14:20qui allait me dire,
14:21tout va bien se passer.
14:22Non, il n'y a pas eu de sauveur,
14:23en fait.
14:24Je n'ai pas rencontré d'amoureux.
14:26Je n'ai pas...
14:27Bon, j'ai eu mon traitement hormonal,
14:29mais je n'allais pas.
14:29Ça allait mieux
14:30parce que je n'avais plus
14:31de bouffée de chaleur,
14:32mais j'étais tout le temps triste
14:33quand même.
14:35Donc,
14:35ce qui m'a sauvée,
14:36je me suis dit,
14:37je vais me sauver moi-même,
14:38en fait,
14:39puisque personne ne va le faire.
14:40Et ce qui m'a vraiment aidée,
14:42c'était...
14:44L'épiphanie,
14:45ça a été que j'ai arrêté
14:47de manger du sucre,
14:49quand même.
14:49Je me suis un peu calmée
14:50niveau bouffe.
14:51Je me suis dit,
14:51OK, Elsa,
14:52tu vas te calmer un peu.
14:53Oui,
14:53quand vous parlez d'alimentation,
14:54c'est quoi, par exemple ?
14:55Il ne faut pas...
14:56Qu'est-ce qui vous fait du mal ?
14:58C'est le sucre.
14:59Beaucoup, beaucoup.
15:00Quand on parle de sucre,
15:00évidemment,
15:01on parle de sucre rapide.
15:04Pain au chocolat,
15:05pâtisserie,
15:06je ne sais pas,
15:07cookies,
15:08pain au chocolat.
15:09Pas une question de féculents.
15:10Je ne mangeais pas un pain au chocolat,
15:11j'en mangeais quatre.
15:12Ouais, ouais.
15:13Non, je mangeais beaucoup,
15:14beaucoup, beaucoup.
15:16Et là,
15:17je me suis dit,
15:17OK,
15:18et pour arrêter de manger du sucre,
15:21j'ai fait du sport.
15:23Je me suis mise au sport.
15:25Et ça vous a fait du bien ?
15:26Et ouais.
15:27Tout de suite ?
15:27Non,
15:28c'est pas tout de suite.
15:29En vrai,
15:29si.
15:30Si ?
15:30Ouais.
15:31Et qu'est-ce que vous avez fait comme sport ?
15:32J'ai un tempérament un peu addictif.
15:34Moi.
15:35Donc en fait,
15:35c'est aussi...
15:36Donc j'ai compris tout de suite.
15:38Alors d'abord,
15:39bon,
15:39ça ne se dit pas,
15:39mais je le dis quand même,
15:40j'aimais bien aller dans les salles de sport,
15:42parce qu'il y avait plein de mecs.
15:45Déjà.
15:46Donc en fait,
15:47je me disais,
15:47bon,
15:47comme ça,
15:48je mate des mecs,
15:48parce que sinon,
15:49je n'en voyais pas.
15:50Dans ma vie,
15:51tous les jours,
15:52je n'étais pas beaucoup entourée d'hommes.
15:54Donc,
15:55j'aimais bien.
15:56Ça sentait l'homme.
15:58Je trouvais ça pas mal.
16:00Attendez,
16:01qu'est-ce que vous faisiez de la muscu ?
16:02Ouais,
16:02la muscu très vite.
16:03Alors,
16:03j'ai commencé à me mettre à la course.
16:05Je me suis dit,
16:06mais comment on peut courir ?
16:07Mais comment c'est un truc,
16:08c'est de la torture.
16:10C'est horrible.
16:11J'ai commencé par,
16:12je courais deux minutes.
16:14Après,
16:14j'ai réussi à faire cinq minutes.
16:16Non,
16:16mais je partais de très,
16:17très bas.
16:19Et jusqu'à,
16:20je n'ai jamais pu courir plus de 28 minutes.
16:22OK.
16:22Voilà.
16:23Mais j'ai quand même fait juste,
16:24j'ai fait deux minutes,
16:25cinq minutes.
16:26Mais j'ai trouvé ça horrible.
16:28Horrible.
16:29Non,
16:30mais...
16:30Alors que la musculation,
16:31honnêtement,
16:31moi qui vous suis sur les réseaux sociaux,
16:33j'ai l'impression que vous avez fait
16:34des progrès spectaculaires.
16:35Ouais,
16:36la muscu,
16:36j'adore.
16:37mais en vrai.
16:37Non,
16:37mais en vrai,
16:38j'adore ça.
16:38Ça donne quand même de l'espoir,
16:40c'est-à-dire qu'on peut vraiment progresser.
16:41Non,
16:41après,
16:41je n'ai pas que ça,
16:42j'ai besoin de cardio.
16:43Alors,
16:44c'est ça,
16:44après,
16:44on rentre dans des trucs
16:46d'injonctions horribles,
16:48qui sont vachement liées
16:49aux réseaux sociaux aussi.
16:50c'est-à-dire parce qu'on nous dit,
16:53après,
16:54je ne sais pas si c'est vrai,
16:54est-ce que c'est vous
16:55qui êtes quand même pro là-dessus,
16:57Anna ?
16:57Moi,
16:58j'entendais,
16:58bon,
16:59il faut faire absolument
17:00de la musculation
17:01parce qu'au moment de la ménopause,
17:03pour les os,
17:04pour le muscle,
17:06donc je me suis mise
17:06à faire la musculation.
17:08Mais après,
17:09j'ai très vite vu
17:11que je perdais en souplesse.
17:13Donc,
17:13je regardais sur les réseaux
17:15et on disait,
17:16ah bah oui,
17:17alors,
17:17à partir de 50 ans,
17:19il faut aussi absolument
17:21faire du pilate.
17:22Donc,
17:23alors,
17:23je me suis mise à faire
17:23la musculation et du pilate.
17:25Puis après,
17:26on m'a dit,
17:27maintenant,
17:27mais j'ai vu qu'il y avait
17:28la mode du lagri.
17:29Non,
17:30mais là,
17:30on m'a perdu là.
17:31C'est quoi le lagri ?
17:31C'est un truc de torture.
17:33C'est parce qu'ils se sont dit,
17:34le pilate,
17:34c'est pas assez.
17:35Le pilate,
17:36non,
17:37c'est pas assez.
17:37On va être encore plus méchant.
17:40Non,
17:43c'est horrible en fait.
17:45Je ne fais pas pareil
17:45pour genre soin du visage,
17:47tout ça,
17:47ce n'est pas mon truc.
17:48Mais pour le sport,
17:49alors pour rien au monde,
17:50je suis capable
17:51de me lever très tôt
17:52pour aller faire du sport.
17:53Oui,
17:54quand même,
17:54bravo.
17:55Oui.
17:55C'est génial.
17:56Oui,
17:56mais parce que c'est
17:56une santé mentale.
17:58Sinon,
18:00je pète un câble.
18:01Ce que j'ai trouvé
18:02très bien
18:03dans la ménopause,
18:05en fait,
18:05très cool,
18:06c'est que moi
18:07qui me suis toujours sentie
18:08comme du caca,
18:10moi qui me suis
18:10toujours sentie
18:11comme une femme
18:12un peu fragile,
18:13vulnérable,
18:14qui n'ose pas dire non,
18:17c'est vrai que je suis mal
18:19dans ma peau,
18:19c'est vrai que je suis
18:20pleine de doutes,
18:22pleine de complexes.
18:24Et bien,
18:25en fait,
18:25la ménopause,
18:26ça m'a apporté
18:27une certaine assurance
18:28parce qu'en fait,
18:29je n'avais pas le choix.
18:30C'est-à-dire,
18:31comme je ne me sentais
18:31vraiment pas bien,
18:33il fallait quand même
18:34que je fasse attention à moi.
18:37Donc,
18:37j'ai acquis
18:39une force,
18:41un truc qui est venu
18:42de je ne sais pas où
18:43et qui m'a fait
18:44dire non.
18:46Dire non à des gens
18:46qui me faisaient du mal,
18:48qui m'a fait changer
18:49de métier,
18:50qui m'a fait
18:51prendre confiance en moi.
18:52Beaucoup de femmes
18:53disent ça.
18:54C'est un sentiment
18:55de dire intérieurement,
18:57on ressent quoi ?
18:57On se dit,
18:58mais maintenant,
18:58stop, quoi.
18:59Il y a une gynécologue
19:02anglaise
19:03qui a beaucoup travaillé
19:04sur la ménopause
19:05et qui dit ça,
19:06qui dit justement
19:08qu'il n'y a rien
19:09de plus puissant
19:11qu'une femme ménopausée
19:12parce que c'est comme
19:13si on avait un feu sacré,
19:14tu vois,
19:15une espèce de truc
19:16qui se réveille en toi
19:17et qui dit non,
19:18mais maintenant,
19:18ça suffit
19:19qu'on marche dessus.
19:21Ça, c'est quand même
19:21super positif, non ?
19:22Et ça, c'est très positif.
19:24Alors, il y a eu quand même,
19:25ça veut dire
19:26tu t'engueules, quoi.
19:27Tu vois, ça veut dire
19:27je me suis engueulée
19:28avec des copines,
19:30ça veut dire
19:31tu ne te laisses plus faire.
19:33Mais c'était une période
19:34de renouveau.
19:36Il faut être hyper vigilante.
19:37Ce que je trouve difficile
19:39pour nous, les femmes,
19:41passer la cinquantaine,
19:43c'est qu'il y a cette vigilance
19:44qu'on doit avoir.
19:45C'est-à-dire,
19:46moi, je ne bois pas d'alcool,
19:48mais si tu dis,
19:49je suis gourmande.
19:51Donc, dès que je mange
19:52un peu trop,
19:53le lendemain,
19:53je me réveille,
19:54je suis un panda.
19:55Je suis totalement gonflée.
19:57Donc, quand tu fais
19:58de la radio qui est filmée
19:59ou quand tu fais de la télé,
20:00tu te dis,
20:01merde, zut,
20:03j'aurais pas dû manger
20:04des pâtes
20:05ou du chocolat
20:06à minuit.
20:06Bon, voilà.
20:08Il faut bien dormir.
20:10En vigilance
20:11d'une santé mentale
20:13et d'un bien-être
20:14en permanence.
20:15Alors que parfois,
20:16tu as envie de dire merde.
20:18Du coup,
20:19je voudrais revenir sur...
20:20Parce qu'en fait,
20:21quand même,
20:21vous avez été la première
20:23ou sinon l'une des premières
20:25à parler publiquement
20:26de la ménopause.
20:28Et je trouve ça exceptionnel.
20:29Enfin, moi,
20:29j'ai écouté votre podcast
20:31très assidûment
20:32à l'égeuse.
20:33J'imagine que les épisodes
20:33sont toujours disponibles
20:34et vraiment,
20:35je vous invite
20:35à aller les écouter.
20:36Ça s'est fait en même temps
20:37que la phase de transition ?
20:39Oui, c'est ça.
20:40En fait,
20:42ça s'est fait vraiment
20:43parce que c'était
20:44pendant l'émission.
20:45Je travaillais à la télé
20:46à ce moment-là.
20:47J'étais sur Belle et Bien
20:48et en fait,
20:49c'est la productrice
20:50de Belle et Bien,
20:51Nathalie Côté,
20:53qui voyait bien
20:54que j'étais...
20:55Enfin,
20:55à qui je...
20:57qui voyait que je râlais
20:58tout le temps
20:58parce que je disais
20:59putain,
20:59je suis en ménopause,
21:00c'est l'horreur,
21:01j'en peux plus,
21:02on a plein de symptômes,
21:03personne n'en parle.
21:04et qui m'a dit
21:05mais oui,
21:06c'est vrai
21:06et on devrait
21:07faire un podcast
21:08et écrire un podcast ensemble.
21:10Et en fait,
21:11l'idée est venue comme ça
21:12mais l'idée est vraiment venue
21:14parce que
21:14personne n'en parlait
21:16autour de moi
21:16et même quand j'ai commencé
21:17à dire
21:19à mes copines
21:20je vais faire un podcast
21:21sur la ménopause,
21:23même celles qui étaient
21:24ménopausées
21:24ne me disaient rien.
21:25Donc je me suis dit
21:26mais c'est pas possible,
21:27je suis la seule autour de vous
21:28et j'ai une bande
21:29de 25 copines
21:30depuis 20 ans.
21:31Je me disais
21:32mais vous avez rien,
21:33vous ?
21:33Elles me disaient
21:33non,
21:34pas du tout
21:34et c'est quand le podcast
21:35s'est sorti
21:36qu'elles m'ont dit
21:36bah si en fait
21:37on a tout ce que tu racontes
21:38mais c'est dingue !
21:39Oui, oui.
21:40Et en fait,
21:42les femmes ne veulent pas parler.
21:44Ça nous met tout d'un coup
21:45dans une posture
21:48de cette femme
21:49qui ne peut plus faire d'enfant
21:51et qui a...
21:51Oui, mais parce que
21:52la ménopause est mal vue.
21:53Oui, c'est ça.
21:54Alors que...
21:54Mais alors qu'en fait,
21:56il suffit de changer
21:57le regard de la société.
21:59Et c'est ce que
21:59t'as voulu faire.
22:01Je me suis pas...
22:02C'était du militantisme
22:03tu penses ?
22:04Bah, de toute façon,
22:05chez moi,
22:05tout est un peu militant.
22:06Sans vraiment
22:07que je me rende compte
22:08mais c'est vrai
22:08que j'ai un engagement
22:10qui est inné chez moi.
22:12Il était hors de question
22:12qu'on me mette sur le côté.
22:14On peut pas se dire
22:14qu'à 50 ans,
22:16on est à jeter quoi.
22:17Mais dans le podcast,
22:18c'est pas moi qui parle,
22:19c'est surtout les femmes.
22:20J'ai eu surtout de la chance
22:21d'avoir des femmes
22:22qui ont osé parler
22:23de leur intimité
22:24et parler de ce qu'elles ont vécu.
22:26Et est-ce que vous avez reçu
22:27des messages de femmes
22:29qui vous disaient
22:29« Ah, enfin, merci
22:30de parler de ce sujet, etc. »
22:31J'imagine.
22:32Énormément.
22:32Oui, j'imagine.
22:32J'ai jamais autant été
22:34arrêtée dans la rue.
22:36En fait.
22:37Je m'en rendais...
22:38Enfin, j'étais très étonnée.
22:40J'ai eu...
22:41J'ai été arrêtée dans le métro,
22:42dans le train,
22:43enfin, partout,
22:44dans la rue,
22:44de femmes qui me disaient
22:45« Mais merci, merci,
22:47parce que grâce à vous,
22:48je comprends. »
22:49Je me souviens,
22:50j'étais arrêtée un jour,
22:51je me baladais,
22:52je marchais dans le parc,
22:54pardon,
22:55dans les parcs des Butch-Aumont
22:56et j'étais arrêtée
22:57par une femme
22:58qui m'a dit
22:58« J'étais sûre
22:59que j'allais vous croiser aujourd'hui.
23:01Je suis partie de chez moi,
23:02je n'allais pas bien du tout.
23:03J'étais avec mes enfants,
23:04mon mari
23:05et j'ai pensé à vous
23:06parce que vous vous dites
23:07qu'il faut,
23:08quand ça ne va pas,
23:09il faut aller marcher.
23:10Et du coup,
23:10je suis allée marcher
23:11et je me suis dit
23:11« J'espère que je vais la croiser
23:12et je vous croise. »
23:14Et donc,
23:14on a fait un bout de chemin ensemble
23:15et elle me racontait
23:16qu'elle était triste
23:18parce qu'elle se sentait perdue.
23:21Mais je comprends,
23:22c'est vrai qu'on a un sentiment
23:24de solitude.
23:26Et je me souviens aussi,
23:27et ça,
23:28ça m'avait beaucoup choquée,
23:29j'avais croisé une femme
23:31qui m'avait dit
23:32« Je me sens triste
23:34parce que mon mari m'a dit
23:36« Mais enfin,
23:36je ne comprends pas,
23:37regarde-toi,
23:39toi tu vieillis,
23:39mais regarde les femmes
23:40à la télé
23:42et les comédiennes,
23:43les actrices de cinéma,
23:44elles ont ton âge
23:46et elles sont toujours belles. »
23:48Et en fait,
23:49cette femme,
23:50je m'étais assise,
23:51je m'étais dit
23:51« Attends,
23:52je ne peux pas la quitter. »
23:52Donc du coup,
23:53j'avais pris un thé avec elle
23:54et je ne lui avais pas dit
23:56« Il faut quitter ton mec »
23:57parce que je le pensais très fort.
24:01Mais je me rends compte
24:03que ça peut être très violent
24:06parce que c'est vrai
24:07que c'est très dur
24:09le regard de l'autre.
24:10Moi,
24:11je ne m'étais pas rendu compte
24:13de ça.
24:14Comme moi,
24:15je suis solo,
24:15je ne me rendais pas compte
24:16qu'il y a aussi
24:17ce regard-là
24:18de quand on est en couple,
24:19on a le regard
24:20de l'homme
24:21qui est à côté
24:22et on n'ose pas.
24:24Je me suis rendu compte
24:25que les femmes
24:25n'osaient pas
24:26parler à leur mari
24:27de leur mal-être.
24:29Oui,
24:29parce qu'encore une fois,
24:30c'est connoté négativement
24:31et c'est pour ça
24:32que c'est important
24:33de faire changer le regard.
24:34Et à côté de ça,
24:35j'ai eu aussi des hommes
24:36qui m'ont remerciée,
24:37qui m'ont dit
24:38« Mais grâce à vous,
24:38je comprends mieux
24:39que ce qu'a ma femme. »
24:41Et du coup,
24:41je suis à son écoute.
24:43Ça,
24:43c'était joli.
24:44Il y a quand même
24:44un nouveau truc aussi,
24:45c'est que les femmes
24:46qui disent
24:47« Attends,
24:47c'est génial,
24:48Elsa,
24:49on n'a plus nos règles,
24:52on a une sexualité libre. »
24:56Et en fait,
24:57il y a un nouveau truc
24:58qui arrive,
24:59c'est que du coup,
25:00ces femmes ne se protègent pas.
25:01Il y a un truc,
25:02c'est vrai,
25:02qui est que les femmes
25:04de plus de 50 ans,
25:05un,
25:05ne peuvent pas attraper
25:06d'infections sexuellement
25:07transmissibles,
25:08deux,
25:09qu'elles ne peuvent pas
25:09avoir de mycoses
25:10et trois,
25:11qu'elles ne peuvent pas
25:11être victimes de violences
25:12sexuelles.
25:13Et ces trois choses-là
25:14sont archi fausses
25:15et hyper dangereuses.
25:16Elles sont vraiment
25:17victimes de violences sexuelles
25:18et violences autres.
25:20Elles sont sujettes
25:21aux mycoses
25:21et elles ont des infections
25:23sexuellement transmissibles.
25:24Mais bien sûr,
25:24il y a une hausse
25:25des infections sexuellement transmissibles.
25:26Absolument.
25:27J'ai essayé de lire
25:29plein de livres
25:30sur la ménopause
25:32écrits par des femmes.
25:33Enfin,
25:33tout ce qui sortait
25:34sur la ménopause
25:35ou la pré-ménopause,
25:36je lisais
25:37pour comprendre
25:38un peu
25:39ce qui m'arrivait.
25:40Mais je trouve
25:40qu'il manque
25:41un vrai récit
25:43intime,
25:43enfin un récit
25:44d'une femme
25:45de sa ménopause.
25:46Moi,
25:47je suis en train
25:47de l'écrire.
25:48Ah,
25:48c'est génial !
25:49Voilà une bonne nouvelle.
25:50J'essaye.
25:51En fait,
25:51je trouve qu'il n'y a pas
25:52assez d'oeuvres
25:53littéraires sur ce sujet.
25:54Réelles,
25:55authentiques.
25:56Oui.
25:56Vous voulez dire ?
25:57Oui.
25:58Oui.
25:59J'essaye de l'écrire.
26:01Ah,
26:01c'est génial !
26:01Pour l'instant,
26:03j'ai que écrit
26:03The Door is Open.
26:05C'est à mon début ?
26:07C'est à mon début,
26:07voilà.
26:08La porte est ouverte !
26:10Ce n'est pas très bien
26:11ce que ça veut dire,
26:12mais voilà.
26:14Bon,
26:15merci beaucoup,
26:16Elsa Volins,
26:16d'être venue.
26:17C'était trop chouette.
26:18Et à bientôt.
26:19À bientôt.
26:20J'espère que cet épisode
26:22vous aura permis
26:23de trouver des réponses
26:24et de vous sentir
26:25moins seule.
26:26S'il vous a plu,
26:27vous pouvez nous suivre
26:28ou vous abonner.
26:29Je vous donne rendez-vous
26:30très bientôt.
26:31Bouffée de chaleur,
26:32c'est deux épisodes par mois
26:33à retrouver sur l'application
26:35Radio France,
26:36ainsi que sur votre plateforme
26:37d'écoute préférée,
26:38et maintenant,
26:39en vidéo sur YouTube.
26:40Plus que jamais,
26:41prenez soin de vous.
26:42Je vous dis à très bientôt
26:43et je vous embrasse.
26:44Sous-titrage Société Radio France,

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