- il y a 2 semaines
Cyberattaque des supermarchés : «Il faut sécuriser tout ce qui est connecté», prévient Michel-Edouard Leclerc
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, répond aux questions de Laurence Ferrari.
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:05Et notre invitée ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Michel Édouard
00:09Leclerc.
00:09Bonjour à vous, bienvenue.
00:10Bonjour Laurence.
00:10Merci d'être là, on va parler bien sûr de pouvoir d'achat, c'est ce qui intéresse en priorité
00:14nos téléspectateurs et nos auditeurs.
00:16Mais un mot quand même de ce qui se passe dans nos rues, le mouvement lycéen se poursuit même s
00:19'il a perdu de l'ampleur.
00:21Il y a à la fois des revendications légitimes, il y a un mouvement qui se politise aussi extrêmement fort.
00:26Qu'est-ce que vous y voyez, Michel Édouard Leclerc ? La détresse, la colère d'une génération qui se
00:30dit sacrifiée ?
00:31Ou alors le prélude à une présidentielle de 2027, un chaos organisé en prévision d'une éventuelle élection du RN
00:38à l'Elysée ?
00:39Non, il y a des casseurs qui gâchent la revendication, la lisibilité du mouvement étudiant.
00:45Il y a de la récupération politique ou de l'animation politique.
00:48Mais il y a un vrai souci pour cette jeunesse par rapport à l'emploi.
00:54Déjà, il y a un transfert de l'anxiété des parents sur les enfants, c'est une réalité.
00:58Mais ce ne sont plus des enfants, ce sont des enfants connectés, ce sont des adolescents dans le monde.
01:03Et c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est très angoissant.
01:05Quand on a des enfants, vous en avez.
01:07Moi, je suis à l'âge des petits-enfants.
01:09Mais c'est vrai que pour choisir une école, pour choisir un métier, il y a un vrai sujet.
01:14Ça n'a pas toujours été le cas ?
01:15Non, non.
01:15Ce n'était pas le cas quand vous aviez 20 ans ?
01:18Non, il y a une accélération de l'impact du numérique, de la robotique sur l'évolution des métiers.
01:25On est dans une société de service.
01:27Vous êtes ingénieur, mais il faut faire du commerce.
01:29Vous êtes commerçant, mais il faut connaître les problèmes techniques.
01:32Et donc, il faut être connecté.
01:35Ça, ils le sont ultra connectés, les jeunes, aujourd'hui.
01:37Oui, mais justement, la masse d'informations qui n'est pas serriée, qui n'est pas accompagnée,
01:42avec un système éducatif, probablement qu'il faut réformer, avec aussi des conditions de travail, quelquefois.
01:48On voit bien, le lycée de Créteil, ça fait quand même 5 ans, 10 ans qu'on en parle.
01:51Donc, il y a des choses à faire.
01:54Moi, je trouve simplement que, tactiquement, la récupération n'aide pas à l'écoute de...
01:59On parle de la France insoumise, pour être clair, Michel-Edouard Leclerc ?
02:01Je ne sais pas, parce que...
02:03Il y a les drapeaux de la France insoumise et des députés de la France insoumise.
02:05Oui, mais en même temps, vous voyez, qu'est-ce que ça dit aussi ?
02:07Ça fait peur, et donc, ça a un effet...
02:09Et c'est un réservoir électoral pour la France insoumise aussi ?
02:12Et pour la droite aussi, parce que la sécurité, de l'autre côté, les parents qui ont peur.
02:16Donc, en fait, je ne suis pas sûr que...
02:18En fait, c'est quelque chose qu'on essaye de voler à une jeunesse qui essaye de s'exprimer
02:23et qu'on, finalement, n'étant pas à l'écoute de nos émissions...
02:27Oui, s'informe ailleurs, sur les réseaux sociaux.
02:30Il y a un sondage qui a été fait par l'Observatoire Leclerc des nouvelles consommations,
02:34avec ViaVoche, qui a été publié ce matin,
02:36qui a dit que pour les moins de 35 ans, il y en a 58% qui envisagent de changer
02:40une métier
02:40ou une domaine dans les 12 mois, ce qui est assez surprenant,
02:43et 63% qui pensent que l'IA pourrait remplacer toute ou partie de leur travail.
02:47Donc, c'est une génération qui se dit, un, je ne ferai jamais le même métier toute ma vie,
02:50et deux, demain, l'IA, les robots peuvent me remplacer.
02:52Oui, moi, je suis président d'une école de commerce, Néoma, Reims, Rouen, Paris.
02:58Je peux vous dire que tous ces jeunes étudiants qui viennent en France,
03:02mais qui sont des Français, mais aussi beaucoup d'étrangers, des Chinois, des Indiens, des Africains,
03:07qui sont dans les écoles de commerce françaises,
03:10leur idée, c'est de dire, je fais 4 ans par entreprise pour pouvoir grandir dans mon travail.
03:14Rien à voir avec nous qui disions, en fait, toute notre vie dans la même entreprise ?
03:17Exactement, chez Leclerc, chez L'Oréal, chez Danone, c'est une génération,
03:21mais peut-être aussi que c'est le système de rémunération qui veut ça,
03:24c'est l'incertitude aussi sur l'avenir de l'emploi,
03:28puis c'est la robotique, c'est le numérique, j'insiste là-dessus,
03:31ça déqualifie énormément de métiers anciens,
03:34et par contre, ça va en créer d'autres, mais lesquels ?
03:37Bien sûr. Il y a aussi, vous avez déclaré comprendre que les jeunes soient inquiets,
03:40car pour la première fois, dites-vous, une génération se demande s'ils toucheront une retraite.
03:43Je ne suis pas sûre que c'est ce qui revendique sur les barricades.
03:45Néanmoins, on a appris aussi aujourd'hui qu'un tiers du budget de l'éducation nationale,
03:50Michel-Edouard et Leclerc, est consacré au financement des retraites des fonctionnaires,
03:54nous annonce Bercy.
03:55Un tiers du budget de l'éducation nationale, qui ne cesse d'augmenter ce budget.
03:59C'est normal ?
04:00Je peux vous dire, dans le salaire du privé, le vôtre,
04:04ceux que des salariés descendent Leclerc, de Carrefour,
04:06ou peu importe, de Dassault, de Thalès,
04:09c'est aussi une grande partie du salaire qui est censé être un salaire différé
04:14pour pouvoir toucher les retraites,
04:15et c'est pourtant aujourd'hui qu'on dit aux retraités,
04:17on va grignoter votre retraite, quand bien même ils l'ont construite.
04:21Donc c'est aussi, vous voyez, la jeunesse, elle anticipe,
04:24mais aussi ce qu'elle voit qui se passe dans leur famille, chez leurs parents.
04:27Donc on n'est pas très cohérent dans l'expression publique.
04:31Il y a un déficit de plan,
04:34il y a un déficit de visibilité de l'action publique.
04:36Et aujourd'hui, on peut revendiquer qu'en cassant tout, en bloquant tout ?
04:39Non, non, non, non.
04:40C'est dommage que les casseurs gasent.
04:43C'est tout le temps comme ça, maintenant.
04:46Et il faut s'y résigner ?
04:47Les gouvernements sont absolument impuissibles ?
04:49Non, non, non, mais vous voyez bien.
04:50Dès qu'on met un flic, dès qu'on met un gendarme,
04:53c'est aussi des polémiques.
04:56Ah ben c'est lui qui est accusé, oui, de toute façon.
04:58Voilà, c'est le principe.
04:59C'est le principe.
05:00Et c'est pas admissible.
05:01Mais ça n'aide pas à la résoudre.
05:03Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui,
05:05cette jeunesse n'a pas d'interlocuteur dans le débat budgétaire aujourd'hui.
05:09C'est assez clair.
05:10Il n'y a pas de réponse aux demandes pour refaire des lycées et tout ça,
05:14parce qu'on est à un moment où il n'y a plus d'argent dans les caisses,
05:17où on nous dit qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses.
05:18Et donc peut-être, l'opportunité, ce sont les élections présidentielles,
05:22mais les discours sur l'éducation, les discours sur la scolarité,
05:26on ne les en parle pas beaucoup.
05:26Vous faites un droit de vote à 16 ans, comme le propose Jean-Luc Mélenchon ?
05:28Puisqu'il n'a pas le droit de voter, a priori, les lycées.
05:30Oui, mais vous voyez, on peut le dire,
05:33parce qu'on a des enfants intelligents et tout ça, donc pourquoi pas.
05:36Et puis ils vont nous écouter, ils vont dire, ça y est,
05:38nos parents ont confiance en nous.
05:39Mais déjà, cette jeunesse ne vote pas beaucoup.
05:43C'est ça.
05:43Elle ne vote pas.
05:44Donc il n'y a pas besoin du droit de vote pour vous, à 16 ans.
05:46Moi, je suis pour la liberté.
05:47Moi, ça me donne 16 ans, aujourd'hui, je serai pour le droit de vote.
05:52Oui, je trouve que c'est une bonne idée.
05:53Mais il faut préparer aussi.
05:56Le système éducatif doit préparer à la responsabilité.
05:59Déjà qu'ils leur apprennent à lire et récréer compter,
06:01ça serait pas mal, Michel-Édouard Leclerc.
06:03On va parler de pouvoir d'achat,
06:04parce que c'est évidemment le cœur des préoccupations des Français.
06:07Les carburants, le gasoil, vous le savez,
06:08va baisser de 12 à 18 centimes par litre en novembre.
06:11Ça permettrait, selon l'État,
06:14une économie de 8 à 10 euros en moyenne sur un plein,
06:16grâce à la libération des stocks stratégiques.
06:18Ok, super pour le mode de vente,
06:20mais après, qu'est-ce qui se passe après ?
06:21On ne va pas pouvoir éternellement libérer les stocks stratégiques.
06:25Sinon, on va être un tout petit peu démuni.
06:26Première chose, moi, j'étais assez contre cette politique du ciblage
06:31menée par M. Lecornu et le gouvernement.
06:34En fait, quand j'ai vu, effectivement,
06:36que même ceux qui en avaient le droit
06:37ne venaient pas chercher la manne qu'on leur réservait,
06:40je comprends, du coup, qu'il avait raison
06:42de ne pas ouvrir le robinet, déjà, à toute revendication.
06:44Mais là, c'est bien qu'ils lâchent du lest,
06:47parce qu'il n'y a pas que ceux qui en ont besoin,
06:49il y a aussi ceux qui veulent consommer plus,
06:52qui veulent se déplacer.
06:53Il y a des vacances scolaires, là.
06:55Alors, c'est compliqué ce que le gouvernement a proposé,
06:59parce qu'il va donc allouer une partie des stocks
07:02qui vont être noyés, pas cher,
07:03mais noyés dans du stock plus cher.
07:07Mais je pense qu'on sortira après le 1er novembre,
07:10selon le prix de référence et du marché,
07:11entre 10 et 18 centimes de rabais.
07:14Bon, c'est toujours ça de prix.
07:15Chez vous, notamment chez Leclerc.
07:16Oui, oui, mais je pense dans toute la distribution,
07:18parce que les volumes vont être répartis
07:20en fonction de la part de marché.
07:22Après, vous savez, on dit 10 à 18.
07:25Pourquoi c'est aussi large ?
07:26C'est que vous voyez bien que,
07:28quand le G7 fait des déclarations
07:29de lâchage, de largage des stocks,
07:31le marché ne bouge pas.
07:32Quand Trump annonce qu'il va se faire livrer,
07:36il est gonflé d'ailleurs par les Russes,
07:39donc passant par-dessus le régime des sanctions,
07:41y compris soutenu par l'OTAN,
07:42et lui, la mérite dans l'OTAN,
07:44vous voyez, ça ne fait pas bouger le marché non plus.
07:46Donc, ça nous échappe.
07:47Et c'est la raison pour laquelle,
07:48non seulement, il faut bien sûr,
07:50et Leclerc s'y engage,
07:51répercuter l'euro près,
07:53au centime d'euro près.
07:54Dès le 1er novembre, ça baisse chez le fern.
07:55Non, dès qu'on achète moins cher,
07:57on répercute,
07:58on n'a pas le droit de vendre à perte,
07:59donc on répercutera cette baisse,
08:02je m'y engage,
08:03les centres Leclerc répercuteront la baisse
08:05dès que ce prix d'achat sera baissé,
08:09et puis, on répercutera entièrement.
08:12Après, vous voyez,
08:13cette situation dans laquelle on est là,
08:15et sur cette chaîne,
08:16vous parlez souvent de souveraineté,
08:18il faut qu'on sorte des carburants fossiles,
08:20parce qu'on est tout seul là-dedans.
08:22Vous savez, toute l'Europe du Nord,
08:23ils se font du fric,
08:24dans le forage de la mer du Nord,
08:28de la Baltique,
08:29sur le gaz,
08:30sur le pétrole.
08:32Les pays du Nord de l'Europe
08:33ne nous accompagnent pas
08:34dans nos demandes auprès de l'Irak,
08:36auprès de la Syrie,
08:37pour pouvoir acheter moins cher le pétrole.
08:40Et puis, l'Allemagne,
08:41elle continue à acheter 25% de son gaz aux Russes.
08:44Donc, vous voyez,
08:45il y a quand même une sorte de double discours.
08:47Il fait que nous, on a intérêt,
08:48et c'est pour ça que Leclerc engage avec Lidl,
08:51notamment, une bataille sur le prix de la recharge.
08:53Je crois que, vraiment, nous, on part sur l'électrique.
08:56On part sur l'électrique dans nos magasins.
08:58On part sur l'électrique pour la voiture,
09:00pour les locations de voitures.
09:01Et on part sur l'électrique,
09:02la recharge la moins chère,
09:03à 0,17,
09:05la recharge usuelle.
09:07Donc, c'est parti, quoi.
09:08C'est la bataille de l'automobile.
09:21Il s'adapte.
09:22Et si on veut qu'il y ait des voitures françaises électriques pas chères,
09:26il faut qu'il y ait un marché.
09:27Il faut pouvoir les amortir très vite.
09:29Alors, il faut y aller.
09:29Michel-Édouard Leclerc,
09:30vous êtes notre invité sur CNews et sur Europe 1.
09:32L'inflation, vous nous avez prédit
09:34qu'elle pourrait frôler les 4% d'ici la fin de l'année.
09:37Vous maintenez cette perspective qui est pas très réjouissante.
09:40Début de l'année prochaine, quoi.
09:41Début de l'année prochaine.
09:42Parce que les négociations ont lieu,
09:44justement, en fin d'année.
09:46Début de l'année prochaine.
09:46Parce que, de toute façon,
09:47nos industriels nous ont prévenus.
09:48Ils ont des coûts de transport,
09:49ils ont des coûts d'énergie
09:50qui ont beaucoup augmenté.
09:53Même, par exemple,
09:54l'actalis qui nous vend du lait,
09:56que ce soit en briques
09:57ou que ce soit en PET,
09:59en plastique,
10:00le prix de tout ça,
10:01de la plasturgie,
10:02a augmenté de 20%.
10:04Donc, il va y avoir des demandes.
10:05Et nous, ce qu'on va faire,
10:06c'est qu'on va négocier quand même
10:07assez durement avec les multinationales.
10:08On ne va pas négocier les prix agricoles
10:11parce que la loi les protège,
10:12parce qu'on devra...
10:13Mais les fournisseurs,
10:14il faudra qu'ils soient transparents
10:15sur le prix d'achat
10:16des produits agricoles.
10:17Mais par contre,
10:18les multinationales,
10:18on va leur demander
10:19de nous aider
10:21à étaler dans le temps
10:22ces hausses
10:22pour que les consommateurs français
10:24ne soient pas lésés.
10:26Et là, eux,
10:27ils ont déjà anticipé.
10:28Ils nous demandent plus que 4%.
10:29Vous pouvez demander
10:29à Thierry Cotillard,
10:30d'Intermarché
10:31ou à Systemu,
10:33à Coopérative U.
10:35Non, non.
10:36On est déjà en mode combat.
10:37Mais est-ce que ça a déjà
10:38un impact sur la consommation
10:39dans les magasins ?
10:40Vous voyez les comportements
10:40qui changent,
10:41M. Édouard Leclerc ?
10:42Comment ?
10:42D'abord,
10:43il y a des arbitrages très longs
10:44pour acheter des équipements
10:46un peu plus lourds,
10:47d'électroménager,
10:48des équipements pour la cuisine,
10:49pour la maison,
10:50la vaisselle.
10:51Et puis même aujourd'hui,
10:52si l'alimentaire sert
10:54un petit peu de compensation,
10:57de variable,
10:58le textile plonge énormément.
11:00Leclerc, Carrefour,
11:01Quiabie,
11:01on est les plus gros vendeurs
11:02de textiles.
11:02On parle toujours
11:04du textile sur le web.
11:06Mais c'est quand même
11:08un très gros secteur
11:08dans les dépenses des ménages.
11:10Et puis aujourd'hui,
11:11le prix du logement,
11:12le prix du transport,
11:13que je trouve,
11:14ne reflète pas
11:15l'indicateur de l'INSEE suffisamment.
11:17Les dépenses contraintes
11:18ont énormément augmenté
11:20pour les Français,
11:21ce qui explique aussi
11:22l'anxiété des Français,
11:25des salaires
11:25qui n'augmentent pas beaucoup
11:27et une inflation
11:28qui quand même
11:29leur paraît
11:30beaucoup plus élevée.
11:31Et vous vous engagez,
11:31est-ce qu'il n'y a pas
11:31de hausse de prix
11:32dans les magasins
11:32d'ici la fin de l'année ?
11:33Non, il y a des hausses de prix,
11:35il y a des secteurs
11:36qui augmentent
11:36mais on est les moins chers.
11:37D'accord.
11:38Sur quels produits ?
11:42Les professionnels
11:42sont abonnés
11:43à des comparateurs
11:44qui ne sont pas publics
11:46et je pense qu'on fait
11:46la pige un petit peu
11:47à tout le monde
11:47même s'il y a une recomposition
11:48derrière nous
11:49du paysage
11:50entre Intermarché,
11:51Systému
11:51et Carrefour franchisés.
11:53Ils ont encore,
11:54je sens leur souffle
11:55mais on a le maillot à poids,
11:57on est devant.
11:58On a le budget des Français,
11:59on vient d'en parler,
12:00il y a le budget
12:01de la France
12:01et là les discussions
12:02sont compliquées,
12:04elles ont démarré hier
12:04à l'Assemblée Nationale.
12:06Est-ce qu'on est au bord
12:07d'une crise financière majeure ?
12:08La patronne du FMI
12:09ce matin encore a dit
12:10Paris a perdu
12:11la confiance des marchés,
12:12elle nous appelle
12:13évidemment
12:14à être un peu plus ferme
12:15sur le désendettement,
12:18il y a l'envolée
12:18des taux de la dette.
12:19Qu'est-ce que
12:20vous prévoyez-vous ?
12:21La crise financière
12:23elle est devant nous ?
12:23Elle est là ?
12:24On va le prendre le mur ?
12:25La crise financière
12:26ça ne dit pas
12:26l'avenir de la France.
12:27C'est-à-dire que
12:28ce n'est pas parce qu'on a
12:29des mauvaises finances
12:30mal réparties
12:31avec des dettes
12:32qui n'ont pas d'actifs
12:34de l'autre côté,
12:34ce n'est pas parce que
12:35ça a été le foutoir
12:37depuis 20 ans
12:37et qu'on a mal géré
12:38le budget collectif
12:39que la France
12:40est au bord de la crise.
12:41On a du patrimoine
12:42qui est d'ailleurs
12:43mal estimé,
12:44même dans l'éducation nationale.
12:45L'éducation nationale
12:46il y a du foncier,
12:47il y a de l'immobilier,
12:48peut-être qu'il faut
12:49s'en séparer
12:50à l'heure où
12:50la démographie descend.
12:52Vous voyez,
12:52il y a des choses
12:53à réformer,
12:54les présidentielles,
12:54on va voir
12:54ce qu'il y aura
12:55dans les programmes.
12:56Mais moi je pense surtout
12:57que ce n'est pas
12:58les comptables
12:59qui font la croissance
12:59et donc autant
13:00ils ont un rôle important
13:01d'alerter et tout ça,
13:02autant il faut relancer
13:03la croissance en France.
13:04C'est quand même,
13:05on en a sous le pied,
13:07on a des belles boîtes.
13:08L'Oréal,
13:08c'est champion du monde
13:10du secteur de la beauté,
13:11des produits.
13:12On a des boîtes
13:13comme Danone
13:13qui font la pige à Nestlé.
13:15On a des secteurs
13:16dans l'armement,
13:18Naval Group,
13:18Dassault,
13:19Thalès.
13:20On a un pays
13:21qui est endetté
13:22jusqu'aux oreilles,
13:23mais si vous faites de la croissance,
13:24on ne s'en sortira pas
13:25si on ne se sert pas
13:26la ceinture,
13:27si l'État ne se sert pas
13:28la ceinture.
13:28Moi, ce n'est pas mon avis.
13:29Parce que là,
13:29l'effort va porter
13:30sur les entreprises,
13:31vous le savez parfaitement.
13:32C'est pour ça qu'il ne faut pas
13:33tenir qu'un discours
13:34à la Churchill,
13:35des larmes et des sangs.
13:36D'abord,
13:36personne n'adhèrera à ça
13:37et ensuite,
13:38ce n'est pas parce que
13:38vous coupez une entreprise.
13:39Il ne faut pas être démagogique
13:40non plus.
13:40Non, mais justement,
13:41pourquoi est-ce qu'on ne parle
13:43pas de croissance ?
13:44Pourquoi ?
13:44Aujourd'hui,
13:45il manque 2,5 millions
13:47de logements.
13:48C'est de l'actif.
13:49Il n'y a pas de problème
13:50de dette,
13:51si c'est bien géré,
13:52à créer des actifs.
13:532,5 millions de logements.
13:55Les salaires supportent
13:56trop de charges.
13:57Nos salariés,
13:58aujourd'hui,
13:58on leur dit justement
13:59que c'est du salaire différé,
14:02qu'ils toucheront
14:03leur retraite avec.
14:04Ils voient bien
14:04que ce n'est pas vrai,
14:05qu'on va remettre ça en cause.
14:07Donc, il faut que le travail
14:08paye.
14:08Il faut que le travail
14:09paye plus.
14:10Il ne faut pas laisser ça
14:11à les filles.
14:12Les entrepreneurs
14:13doivent dire aujourd'hui
14:14que ce qu'ils construisent
14:15va participer
14:17de la cohésion sociale,
14:18du bien-être social.
14:19Nous sommes dans la cité,
14:20nous sommes dans la société.
14:21Bien sûr,
14:22mais les Français
14:22ont compris aussi
14:23ce que veut dire la dette.
14:24C'était très abstrait
14:25jusqu'à présent.
14:26Maintenant,
14:26ils ont compris
14:26que ça pesait sur leur tête,
14:27la tête de leurs enfants
14:28et de leurs petits-enfants.
14:30Et là,
14:30on ne leur donne pas de solution.
14:32On ne leur dit pas
14:33la vérité en réalité.
14:34Il ne faudrait pas
14:34que cette dette
14:35ne soit que le prétexte
14:38à justement
14:39ne pas remettre
14:40de la gomme.
14:41Moi,
14:43vous aimez
14:43Punchline.
14:44Oui,
14:45c'est le titre
14:45de mon émission.
14:46Oui,
14:47je sais,
14:47c'est pour ça
14:47que je vous le dis.
14:48Et donc,
14:49vous aimez cette expression,
14:50il manque du Punch
14:51dans la société politique française.
14:53Nous n'avons pas
14:54beaucoup de professionnels
14:54de l'économie.
14:56Et donc,
14:57autant les financiers,
14:58il faut les écouter.
14:59Mais pour absorber
15:00une dette,
15:01vous voyez,
15:02il faut créer
15:02du chiffre d'affaires.
15:03Un commerçant
15:04peut vous dire ça.
15:05Un commerçant
15:05qui marche mal,
15:07il ne commence pas
15:07par couper son oeuf.
15:08Il va chercher
15:09de la promo,
15:10il va aller chercher
15:11des clients.
15:11Il faut que la France
15:12aille chercher des clients
15:13à l'extérieur.
15:14On a du pétrole vert,
15:15on a une agriculture.
15:16On s'est fait faire la pige
15:16avec les Italiens,
15:17avec leurs pâtes.
15:18Ils ont dépassé
15:20l'image de top chef
15:21de la France.
15:21Donc,
15:21vous voyez,
15:22on en a sous le pied.
15:23On est numéro un mondial
15:25sur le tourisme.
15:26D'accord.
15:27On a des atouts
15:28et on est un très beau pays.
15:29Soit.
15:302027,
15:30comment est-ce que ça s'annonce ?
15:31Selon vous,
15:32vous avez regardé
15:32les programmes économiques
15:33des uns et des autres ?
15:34Vous êtes penché
15:34sur ce qu'a proposé
15:36Marine Le Pen.
15:36Je crois que vous avez été
15:37très content
15:38de l'élection
15:38de Raphaël Glucksmann
15:39à la primaire
15:40social-démocrate.
15:41C'est le premier
15:42qui sort
15:43de la discussion budgétaire
15:46pour...
15:46Alors,
15:46Retailleau essaye
15:47de le faire aussi
15:48sur le travail.
15:49Mais c'est très,
15:50très dur.
15:50D'ailleurs,
15:51parce que aussi,
15:52la société médiatique
15:53et pas simplement
15:54les réseaux sociaux
15:55sont beaucoup
15:55sur le budget,
15:56sur la dette.
15:57Donc,
15:57c'est très,
15:57très dur
15:57de se présenter
15:58avec l'idée
15:59d'un programme
16:00sur 4 ans,
16:01sur 5 ans.
16:02Vous voyez,
16:02c'est compliqué
16:03pour un homme politique
16:04aujourd'hui.
16:04Il y a des belles personnes
16:05en France.
16:07Mais aujourd'hui,
16:08l'expression
16:09d'un projet présidentiel
16:11n'a pas encore eu lieu
16:12pour moi.
16:13Et donc,
16:13justement,
16:14en se déchargeant
16:14de la primaire,
16:15Glucksmann,
16:15il ouvre cette possibilité.
16:18Mais aujourd'hui,
16:18il faut que,
16:19justement,
16:20la droite sociale,
16:23les...
16:23Enfin,
16:24je ne sais pas,
16:24il y a un projet
16:26pour la France
16:26qui n'émerge pas
16:27à cause de ce sujet
16:28de la dette,
16:28justement.
16:28Oui,
16:29mais ce sujet de la dette,
16:29il obscurcit l'horizon
16:31et les nuages
16:31sont très,
16:32très noirs.
16:32Vous dites à vos enfants,
16:33vous passez toutes
16:34les soirées
16:36à dire,
16:37mes enfants,
16:39on est limités...
16:40Pas vous ?
16:40Non,
16:41c'est mes enfants
16:42qui ont des projets
16:43et je les encourage.
16:44D'accord.
16:45Mais dans le cas,
16:46il ne faut pas occulter
16:46les problèmes
16:47qui sont là.
16:48Michel-Edouard Leclerc,
16:49un mot de ces cyberattaques
16:50qui ont touché
16:51de nombreuses
16:52grandes surfaces.
16:53Système U,
16:54Intermarché,
16:54évidemment Leclerc,
16:55Monoprix.
16:56C'était une prise
16:58de contrôle à distance
16:59par des pirates,
17:00des cyberpirates,
17:01des installations
17:03frigorifiques.
17:03Ça a généré,
17:04j'imagine,
17:05une perte importante
17:06dans vos magasins.
17:08Un,
17:08combien ?
17:09Deux,
17:09est-ce que ça peut
17:10se reproduire
17:10et à quel niveau ?
17:12Quelle ampleur ?
17:12Parce que là,
17:12on parle de frigo,
17:13c'est grave,
17:14mais si on parle
17:15de main d'avion,
17:15d'aiguillage de train,
17:17de système central nucléaire,
17:19là,
17:19c'est autre chose.
17:20C'est la raison
17:21pour laquelle vous avez raison.
17:22Il ne faut pas
17:22laisser passer ça.
17:23D'abord,
17:24je remercie
17:24toutes les personnes
17:26qui ont fait
17:27ce qu'il faut
17:27en contrôle de qualité
17:28pour dégager
17:29la marchandise
17:30à varier
17:31ou possiblement
17:32à varier
17:33parce que ça a été
17:34très très vite
17:35et dans tous nos métiers,
17:36dans les centres Leclerc,
17:37pour moi,
17:37je remercie
17:37tous les collaborateurs
17:38mais aussi
17:39chez mes collègues,
17:40on a fait très vite
17:41parce qu'aujourd'hui,
17:42c'est reparti.
17:44Les chambres froides,
17:45les rayons frais
17:46et tout ça sont...
17:47C'est vrai que c'était
17:47des logiciels
17:48qui n'avaient pas été mis à jour,
17:49qui ont été attaqués ?
17:51C'est des gens
17:52qui ont attaqué
17:53des logiciels.
17:54C'est le fait
17:54d'être connecté.
17:55Donc,
17:56quand vous êtes connecté,
17:57alors,
17:57on travaille beaucoup
17:58sur la sécurité
17:59des fichiers clients,
18:00de la relation client,
18:01des comptes bancaires et tout,
18:02mais vous voyez,
18:02c'est quelque chose de nouveau.
18:03À la fois,
18:04les jeunes,
18:04eux,
18:05sont connectés
18:06mais dans la responsabilité
18:08entrepreneuriale,
18:09vous voyez,
18:09la gestion des frigos,
18:10ça ne nous semblait pas,
18:11je le dis tout simplement,
18:12la gestion des éclairages aussi,
18:14elle est déléguée.
18:15Donc,
18:15aujourd'hui,
18:16on s'aperçoit
18:16que la société civile
18:18peut être déstabilisée,
18:20déstructurée,
18:20que tout ce qui est flux
18:23délégué à des gestionnaires
18:24de flux,
18:25eh bien,
18:25tout ce qui est connecté,
18:26qu'on peut rentrer
18:26par les deux bouts
18:27dans ces connexions,
18:28eh bien,
18:28il faut les sécuriser
18:29encore plus
18:30et on n'avait pas
18:31cette culture de la sécurité.
18:32C'est inédit,
18:33évidemment,
18:33comme le dit Dominique Schell.
18:34C'est historique et grave.
18:35Pour nous,
18:36pour nos distributeurs,
18:37c'est inédit,
18:37mais vous avez vu
18:37que tous ces salopards,
18:39les hackers,
18:39dont on ne sait pas
18:40s'ils interviennent
18:41pour eux-mêmes,
18:42pour racketter
18:43ou pour des puissances étrangères,
18:44mais toujours est-il
18:45que ces racketteurs
18:47s'en sont pris aussi
18:53et on les a attaqués aussi.
18:54Il y a énormément
18:55de cyberattaques
18:57et donc,
18:57à nous d'intégrer
18:58dans cette société
18:59hyper connectée,
19:00ce n'est pas l'IA
19:00qui va arranger ça,
19:02il faut qu'on se sécurise
19:04et qu'on sécurise
19:05à la fois nos collaborateurs,
19:06les données de nos clients,
19:08mais aussi tous les systèmes
19:09parce qu'une société
19:10ne tient aujourd'hui
19:11que justement
19:12par ses flux.
19:13L'approvisionnement,
19:14on l'a vu pendant le Covid.
19:15Bien sûr.
19:16Que voyez-vous
19:16de positif à l'horizon,
19:18Michel-Edouard Leclerc ?
19:19Notre énergie.
19:20Ok.
19:20Je vous ai vu au concert
19:21de Céline Dion.
19:22J'ai entendu Céline Dion.
19:23Oui.
19:24Vous aussi,
19:24vous l'avez entendu,
19:25qui a dit
19:26je suis vivante,
19:27je vais y aller.
19:28Moi, ça m'a donné du souffle,
19:29même si tout ça
19:30est très hollywoodien
19:31ou lasbégasien.
19:33J'ai trouvé que
19:34ça me donne envie,
19:35vous voyez,
19:35de défendre la France.
19:37Ça me donne envie,
19:38oui,
19:38plus vous mettez
19:39la barrière haute
19:40et plus j'ai envie
19:40de sauter par-dessus.
19:41Je sais d'où je viens.
19:42Je n'ai pas oublié
19:43l'épicerie de Landerneau,
19:44l'épicerie de mes parents.
19:45Aujourd'hui,
19:45Amazon,
19:46même pas peur.
19:47Nous,
19:47les anciens épiciers,
19:49aujourd'hui,
19:50on tient notre rang.
19:50On est premier distributeur français
19:52et donc,
19:53dans notre contribution
19:54à la société française,
19:55l'emploi,
19:56Leclerc,
19:57c'est 180 000 emplois
19:58et c'est 3 000 emplois nouveaux
19:59cette année,
20:00malgré l'IA,
20:01avec l'IA,
20:01c'est quand même
20:03une dynamique de croissance
20:04qui fait qu'aujourd'hui,
20:05les consommateurs,
20:06la consommation,
20:07tire la croissance encore.
20:08Allez,
20:09vive les consommateurs
20:10et vive Céline Dion.
20:10Merci Michel-Édouard Leclerc
20:11d'être venu ce matin
20:12sur CNews et sur Europe 1.
20:13Merci Michel-Édouard Leclerc
20:15et merci Laurence Ferrari.
20:17Restez avec nous dans un instant
20:18la suite d'Europe 1 matin
20:19avec Dimitri Pavlenko
20:21et le Club Culture,
20:22cinéma et littérature
20:23ce mercredi en programme.