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  • il y a 3 minutes
Ce mardi 13 octobre, des manifestations sont organisées partout en France pour l'"acte V" de la mobilisation des lycéens. Depuis mi-septembre, ils réclament plus de moyens pour leurs établissements et leur enseignement.

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00:00Justement, images festives aussi de l'autre côté de votre écran, vous le voyez, les images en direct de Toulon,
00:04où notre caméra est présente au cœur de la manifestation des lycéens.
00:10Ça se passe de manière plutôt festive, vous le voyez, dans les rues de Toulon, ces manifestations qui se multiplient
00:15un peu partout.
00:16Vous l'entendez, effectivement, des lycéens qui ont décidé de marcher dans les rues de Toulon.
00:23La manif qui s'élance donc à Toulon et dans d'autres villes de France.
00:28Bonjour Sophie Vénétité.
00:29Bonjour.
00:29Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes professeur, professeur de SES, vous êtes aussi porte-parole du syndicat
00:34enseignant SNES-FSU.
00:37D'abord, un mot, il est frappant de voir que ce matin, certes hier, il y a eu des violences.
00:43Le ministre de l'Éducation nationale dit d'ailleurs que la mobilisation s'amenuise, en tout cas que les blocages
00:49s'amenuisent,
00:49mais qu'en revanche, les violences sont en recrudescence.
00:53Est-ce que c'est aussi le constat que font les professeurs avec lesquels vous avez des échanges ?
00:58En tout cas, on constate que depuis le début du mouvement, des personnels de l'Éducation nationale, qu'ils soient
01:03proviseurs, conseillers principaux d'éducation ou professeurs,
01:06sont visés parce qu'ils représentent l'école.
01:08Ça, c'est quand même quelque chose qui se passe pendant ce mouvement, qui nous inquiète, qui nous interroge.
01:13Comment des élèves, des jeunes peuvent se retourner contre ceux qui représentent l'école ?
01:16Il faudra sans doute que collectivement, on trouve une réponse à cette question, mais c'est effectivement un des constats
01:21qu'on peut faire sur cette mobilisation.
01:23Avec une question, une question, c'est où sont les fameux profs qu'on a un peu découvert, j'avoue,
01:31à la fin de la semaine dernière,
01:33quand tout d'un coup, le ministre de l'Éducation nationale nous a dit qu'il y avait 3000 professeurs
01:36qui n'étaient pas devant élèves.
01:38J'avoue, je reprends à chaque fois cette formule, mais puisqu'elle me paraît très, j'allais dire très formelle,
01:43est-ce qu'ils sont ce matin devant élèves ?
01:45Non, et d'ailleurs, le ministre le reconnaît lui-même puisqu'il dit qu'il n'y a que 35
01:48% de ses remplaçants qui ont été affectés ce matin.
01:51Il avait donné trois jours jusqu'à mardi pour affecter l'ensemble de ses 3000 professeurs.
01:56Donc finalement, lui-même reconnaît que c'est un échec.
01:59Et par ailleurs, on se rend compte aussi, au-delà du constat chiffré, que les professeurs qui sont affectés ne
02:03vont pas pouvoir assurer les remplacements
02:05puisque ce ne sont pas des professeurs dans les disciplines qui sont attendues dans les lycées.
02:10Je vais vous donner un exemple très concret.
02:12Dans l'Académie de Versailles, il y a un collège où on attend un remplaçant en français et où c
02:18'est un professeur d'histoire-géographie qui est envoyé.
02:20Donc il ne va pas faire de français parce qu'il n'a pas la qualification pour faire du français.
02:25Donc ce n'est pas du poste pour poste.
02:26Donc il va faire soit de l'histoire-géographie, soit du soutien.
02:29Et pendant ce temps-là, les heures seront toujours perdues.
02:31Et ce n'est pas qu'un exemple isolé.
02:32Vous avez par exemple dans l'Académie de Créteil, c'est la politique qui est assumée par le rectorat d
02:37'affecter tous les professeurs remplaçants dans les lycées
02:40qui sont, selon Édouard Jeffrey, rouges, c'est-à-dire ceux où il y a beaucoup de problèmes de remplacement,
02:45peu importe la discipline.
02:47Et ça veut dire que finalement les heures sont toujours fermes.
02:50J'ai découvert, je n'en avais absolument pas idée, qu'en Allemagne, les professeurs ont une double discipline.
02:56C'est-à-dire que vous avez une double discipline précisément pour avoir cette souplesse.
03:00Donc quand vous êtes professeur de français, vous êtes professeur de français et d'anglais ou professeur de français et
03:04de maths.
03:04Vous devez choisir et vous avez une double formation.
03:07Qu'on ne fait pas ça en France ?
03:08Ça donnerait beaucoup plus de souplesse ?
03:09Alors il se trouve que ça existe déjà en lycée professionnel en France.
03:12Vous avez des professeurs de lettres anglais ou d'histoire géolettres.
03:16C'est propre au lycée professionnel au regard de l'organisation des enseignements.
03:20Est-ce qu'il n'est pas temps de changer ces organisations ?
03:21Parce que là, on se retrouve quand même avec des élèves qui disent leur désarroi et leur désespoir de ne
03:26pas avoir de prof.
03:27Si vous aviez, vous, vous êtes professeur de SES, est-ce que vous pourriez être prof de français en même
03:31temps ?
03:31Alors c'est une autre formation, mais j'imagine qu'à un moment il faut peut-être faire cet effort.
03:34C'est une autre formation, mais alors là, dans l'immédiat, il faut quand même que ces élèves...
03:38Ça prendra le temps, évidemment, mais est-ce qu'il ne faut pas à partir de maintenant...
03:42Déjà, c'est effectivement un système qui serait complètement à repenser, qui deviendrait aussi...
03:47Ça voudrait dire qu'on changerait aussi la façon dont on... ce qu'on enseigne aux élèves.
03:51Alors même qu'aujourd'hui, au collège et au lycée, on enseigne des disciplines qui leur permettent quand même d
03:55'avoir une certaine culture générale.
03:57Les Allemands ont pas l'air plus de mauvais crues, d'ailleurs, si c'est pas aussi ils en sont
03:59en termes de visa.
03:59Mais les Allemands, les professeurs allemands sont payés 30 à 40 cents de plus que les professeurs à faire.
04:06La formation continue des professeurs en France, elle est notoirement insuffisante, légère.
04:11C'est ce qu'on dit aussi. Alors pour le coup, c'est pas de ma faute, d'autant plus
04:14qu'on le dit aussi...
04:15Et d'ailleurs, il y a une corrélation de la même...
04:17Non, mais je dis rien de votre faute.
04:18Quand on a mieux formé les enseignants en Grande-Bretagne ou en Espagne, les scores dans PISA sont remontés.
04:23Enfin, je veux dire, le niveau de formation des enseignants...
04:26Si je peux me permettre, on va pas tout mélanger.
04:28Aujourd'hui, on a quand même des élèves qui, depuis le début de l'année et qui, les années précédentes,
04:32ont perdu des dizaines d'heures de cours
04:34parce qu'il n'y a pas suffisamment de professeurs remplaçants.
04:36Je rappelle quand même quelque chose d'assez basique, mais que tout le monde semble avoir oublié, à commencer par
04:40le ministre,
04:41c'est que pour pouvoir faire des remplacements, il faut des professeurs remplaçants.
04:44Or, il se trouve que ces professeurs-là, les postes de ces professeurs-là ont souvent été supprimés.
04:49Et aujourd'hui, on est quand même dans une situation assez surréaliste.
04:52C'est-à-dire qu'il y a des professeurs qui enseignent une discipline et à qui on va aller
04:57dire
04:57« Bon, en fait, tu vas aller te mettre devant les élèves, tu vas faire un peu de soutien... »
05:01Mais donc ces 3 000 centres, depuis le début, ils n'existent pas, en fait ?
05:02Alors, ils existent, mais pas dans les disciplines.
05:04Alors, il y a des endroits où ça a fonctionné.
05:06Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin, Sophie Vénétité, s'il y a des endroits où ça a
05:10fonctionné,
05:11où les professeurs, effectivement, ont pu trouver des élèves en demande ?
05:17Est-ce que vous avez des académies où ça a fonctionné ?
05:19Et est-ce que vous avez, vous nous avez parlé de Versailles, est-ce qu'il y en a d
05:21'autres où ça n'a pas fonctionné ?
05:22Alors, évidemment, localement, il y a des endroits où, effectivement, il y a le professeur
05:25qui correspond à la bonne discipline qui a été affectée.
05:29Mais on voit bien qu'au-delà de l'Académie de Versailles, dans l'Académie de Créteil,
05:31mais aussi dans l'Académie de Bordeaux, il y a cette politique qui consiste à, finalement,
05:36afficher le fait que des professeurs arrivent par ordre entière, comme l'a dit le ministre de l'Éducation nationale,
05:42dans les établissements scolaires, pour être face aux élèves, mais pas pour faire des heures de remplaçant.
05:47Donc, c'est le cas quoi, à Bordeaux ?
05:48C'est le cas, en tout cas, tel que ça nous a été dit dans des réunions.
05:51C'est le cas dans l'Académie de Versailles, c'est le cas dans l'Académie de Créteil,
05:54c'est le cas dans l'Académie de Bordeaux.
05:56Et en plus, en affectant ces professeurs maintenant, on ampute le vivier de remplaçants pour les prochaines semaines.
06:02Par exemple, à Créteil, il y a actuellement cinq professeurs remplaçants en sciences économiques et sociales,
06:06et certains avaient été prépositionnés sur des congés maternités,
06:09sur des remplacements de congés maternités dans quelques semaines.
06:12Et bien là, ils ont été mis dans les établissements scolaires,
06:14donc ils ne vont pas pouvoir remplacer les congés maternités qu'ils devaient remplacer dans quelques semaines.
06:18Est-ce qu'il y a des endroits où ça marche ?
06:20Localement, vous allez trouver des endroits où ça marche,
06:23mais par rapport aux annonces du ministre, on est quand même sur une forme de surprise.
06:26On est sur une question qui est importante.
06:31La Cour des comptes a montré que les deux tiers des absences courtes
06:35étaient liées à des problèmes d'organisation interne aux établissements,
06:38notamment de formations qui sont systématiquement mises sur le temps scolaire.
06:42Est-ce que vous, les enseignants, vous seriez prêts à ce que ces formations aient lieu pendant les vacances
06:48pour éviter justement ces absences qu'on pourrait facilement résorber avec une organisation différente ?
06:54Alors, je crois que le rapport de la Cour des comptes doit dater un peu,
06:57puisque cette réforme de la formation sur le temps de service ou hors du temps de service
07:04a déjà été mise en place par Gabriel Attal.
07:06Il a placé l'essentiel de nos formations en dehors du temps de service,
07:10ce qui veut dire le mercredi après-midi, le soir et parfois même en visio.
07:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a des formations sur lesquelles nous,
07:18on cherche finalement à se former pour progresser auprès de nos élèves,
07:22qui se trouvent en visio, en début de soirée ou le mercredi après-midi.
07:26Ce n'est quand même pas la meilleure manière de se former.
07:29Moi, je sais que les formations que j'ai pu faire, ce qui était très intéressant,
07:32c'est de pouvoir échanger avec d'autres collègues.
07:34Par exemple, comment tu fais le chapitre sur la mondialisation et le commerce international ?
07:38Et d'échanger des pratiques.
07:40Quand vous êtes en visio à 250 collègues, le soir, etc.
07:44Et on peut le faire ensemble sur le temps des vacances,
07:46comme le font les autres pays d'Europe.
07:48Mais juste pour dire que tout ça a déjà été essayé et n'a pas fonctionné.
07:53Mais pourquoi ? Ça marche partout ailleurs sauf en France.
07:55J'ai du mal à comprendre ça.
07:57Tout ce qui marche ailleurs en France, on dit toujours que ça ne marche pas,
07:59ce n'est pas possible. Pourquoi ?
08:01Parce qu'il y a un moment, si on veut essayer de se former correctement pour les élèves,
08:05c'est quand même un peu le but de la formation continue,
08:08c'est-à-dire un moment de se dire qu'on va être meilleur face aux élèves.
08:10Par exemple, on va actualiser nos connaissances.
08:12Moi, je suis en sciences économiques et sociales.
08:14Bien évidemment qu'il y a besoin de se former tous les ans,
08:16vu l'actualité économique et sociale.
08:19À un moment, si cette formation, elle se trouve en dehors du temps de service,
08:23alors qu'on fait déjà quand même, je le rappelle,
08:25ce n'est pas moi qui le dis, c'est le ministère de l'Éducation nationale,
08:2841 heures par semaine.
08:30C'est le ministère de l'Éducation nationale qui dit que le temps de travail des enseignants,
08:33c'est 41 heures par semaine.
08:34Si vous rajoutez de la formation, est-ce que ça se fait dans de bonnes conditions ?
08:38Non, mais sur le temps des vacances scolaires, encore une fois, pas dans la semaine.
08:42Première semaine de juillet, par exemple ?
08:43Je vais vous rappeler, alors il se trouve qu'on s'est encore passé le baccalauréat.
08:46Moi, je suis de baccalauréat depuis plusieurs années.
08:48Je finis aux alentours du 10-12 juillet.
08:50Non, mais je...
08:51Mais ceux qui ne sont pas prêtres, en tout cas, on a bien compris.
08:54Mais est-ce que vous vous rendez compte de la crise que traverse l'école ?
08:58Et des pseudo-solutions que vous nous assénez ?
09:02Je suis en train de vous dire que cette solution-là, elle n'est bonne ni pour les élèves,
09:07ni pour les professeurs.
09:08Elle a l'air d'être...
09:10Elle a l'air d'être...
09:10Je voudrais qu'on aille sur le terrain.
09:11Non, mais attendez.
09:12Mais la crise est particulière.
09:14Ça n'a pas fonctionné.
09:15On va poursuivre dans un instant, mais le blocus devant l'université d'Assas
09:19est en train d'être levé.
09:21Vous nous confirmez ?
09:25Exactement, un blocus qui est en train d'être levé.
09:27On voit des étudiants qui sont en train d'enlever les vélos, d'enlever les poubelles,
09:30d'enlever les barricades, puisque la fac est officiellement fermée pour aujourd'hui.
09:35Donc pas besoin de continuer de bloquer.
09:37On a toujours plusieurs dizaines, je dirais, une petite centaine d'étudiants
09:42qui sont toujours présents sur place ce matin.
09:45Mais on sait que cet après-midi, ils vont rejoindre la manifestation.
09:49Ça a été voté en Assemblée Générale il y a quelques minutes.
09:53Les étudiants étaient assis au sol.
09:54Ils ont fait ce vote à main levée.
09:56Situation donc plutôt calme.
09:58Mais je vous le disais il y a un instant, la situation était tout autre,
10:02aux alentours de 7h, 7h30.
10:04On a eu des affrontements entre l'ultra droite et des étudiants qui étaient mobilisés ce matin sur place.
10:12Ce que nous ont expliqué les étudiants, c'est qu'a priori des membres du GUD,
10:16ce gros puscule d'extrême droite qui avait pourtant été dissous en 2024,
10:20étaient présents ce matin et qu'ils ont pris à partie les étudiants qui bloquaient,
10:25en leur jetant notamment des bouteilles en verre.
10:28On sait qu'un étudiant a été blessé au niveau de l'arcade sourcilière.
10:31Il a été pris en charge par les pompiers.
10:34Et puis ensuite les forces de l'ordre sont intervenues pour s'interposer finalement entre les deux groupes et les
10:40membres du GUD.
10:41C'est ce que nous disaient les étudiants sont ensuite partis.
10:44Voilà donc un blocage qui est en train d'être levé devant Assas.
10:48Et on sait que les étudiants vont rejoindre la manifestation de cet après-midi à Paris.
10:52Merci beaucoup des manifestations effectivement dans toute la France.
10:55Certaines ont eu lieu dès ce matin.
10:56C'est le cas par exemple à Toulon où les jeunes sont déjà dans la rue.
11:00D'autres à Paris ce sera effectivement plutôt cet après-midi.
11:03Sophie Viennettité, c'est quoi la solution ?
11:04C'est-à-dire que là effectivement nous on est néophytes, je veux dire nous ne sommes pas professeurs,
11:08mais on a depuis deux semaines, on se dit il y a des problèmes, tout le monde commence à regarder,
11:12comment ça se passe ailleurs, pourquoi est-ce qu'il y a des endroits où ça se passe mieux,
11:14d'autres d'ailleurs où ça se passe moins bien,
11:16mais il y a quand même un certain nombre de choses qui fonctionnent ailleurs.
11:19Et il y a eu notamment cette question aussi de l'étalement du calendrier.
11:23J'ai l'impression que ça fait dix ans que tout le monde en parle,
11:25est-ce qu'il faut réduire les vacances, est-ce qu'il faut effectivement peut-être faire des formations sur
11:29les vacances ?
11:31Pourquoi est-ce que ce genre de réflexion, finalement il faut toujours des crises aussi violentes,
11:36aussi vives, des inquiétudes aussi profondes des étudiants,
11:40pour qu'enfin peut-être on les mette sur la table ?
11:42Oui c'est vrai que c'est un problème de poser ces questions-là uniquement.
11:45Elles sont toujours dans l'urgence ?
11:46Elles sont dans l'urgence, et par exemple sur la question des vacances,
11:49je me permets juste de préciser que la même enquête que je vous citais
11:53expliquait que les professeurs travaillent aussi pendant les vacances,
11:57et ce n'est pas moi qui le dis, c'est le ministère de l'éducation nationale.
11:59Sur la question du temps scolaire, sans doute qu'il y a un sujet qu'il faut pouvoir aborder,
12:04je dirais collectivement, sans la pression des lobbies du tourisme,
12:07parce qu'il faut quand même se dire les choses, sur la question des vacances ces dernières années,
12:11il y a eu des pressions de la population.
12:19Dans le cadre du Conseil supérieur de l'éducation, qui est un peu le Parlement de l'éducation nationale,
12:28alors ça va peut-être étonner tout le monde,
12:29mais nous avons réussi à travailler toutes les organisations syndicales et les parents d'élèves
12:34à se dire, voilà quelles seraient les règles du calendrier scolaire,
12:39avec par exemple l'alternance vacances-petites semaines,
12:43ce que pourraient être les vacances d'été,
12:44et alors ça, ça a fait l'unanimité, c'était au moment,
12:47alors comme il y a eu beaucoup de ministres, on finit par s'y perdre,
12:49mais le rapport avait été remis à un des derniers ministres de l'éducation nationale,
12:53donc sans doute que sur la question du temps scolaire,
12:55il faut déjà sortir de l'influence des lobbies du tourisme,
12:58ensuite il faut pouvoir, et on l'a montré au CSE, au Conseil supérieur de l'éducation,
13:02travailler ensemble avec sans doute une boussole,
13:04qui est que l'évolution du temps scolaire, l'évolution des vacances,
13:09ne doit pas accroître les inégalités,
13:11parce que derrière la question des vacances,
13:13vous avez par exemple ceux qui partent, ceux qui ne le partent pas, etc.,
13:16et il ne faudrait pas que quand on bouge cette question des vacances en amont du temps scolaire...
13:20Au nom de cette lutte contre l'inégalité,
13:21on a mis beaucoup d'heures de cours dans la journée,
13:24et que le niveau global s'est effondré.
13:26Moi je suis quand même étonné qu'en fait il n'y a que des réflexions autour de la logistique,
13:30les vacances, etc.,
13:31mais sur les méthodes pédagogiques,
13:33sur qu'est-ce qu'on apprend aux enfants, sur le nombre d'options, etc.
13:36Moi j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de choses qui ont été testées dans les méthodes pédagogiques,
13:39j'ai l'impression que chaque année on nous sort de sa peau une nouvelle méthode pédagogique.
13:40Oui, mais jamais des trucs qui marchent apparemment...
13:42Non mais là, moi je pense aussi que si on veut complètement repenser l'école,
13:46et on voit bien ce que nous disent les élèves aujourd'hui,
13:48et ce qu'on dit, c'est-à-dire qu'aujourd'hui l'école elle est à bout de souffle,
13:51elle ne tient pas ses promesses,
13:52et elle ne satisfait pas non plus ni les parents, ni les personnels de l'éducation nationale.
13:56On devrait réfléchir par exemple à ce qu'on enseigne dans l'école du XXIe siècle.
13:59En attendant, ce sont les manifestations et les blocages.
14:01Merci beaucoup Sophie Bénétité d'être venue répondre à nos questions.
14:04Je le précise, vous êtes porte-parole du syndicat enseignant SNES-FSU.
14:09Les lycéens sont écoutés, voilà ce que dit le ministre de l'Éducation nationale.
14:14Est-ce le cas ?
14:15Bonjour Marius Menil, vous êtes co-secrétaire générale de l'Union syndicale lycéenne, l'USL,
14:20et Sabrine Carbache, bonjour, vous, vous êtes porte-parole de l'Union étudiante.
14:26Lorsque vous entendez le ministre ce matin qui dit, écoutez, franchement, on les a écoutés,
14:30et par ailleurs les profs arrivent devant les élèves,
14:32alors ça on a eu la précision et les chiffres exacts que nous donnait la responsable du SNES,
14:36c'est à peine 30% de ces 3000 profs qui étaient censés être devant les élèves qui y sont
14:40véritablement.
14:42Êtes-vous écouté Marius Menil ?
14:43Non, non, pas du tout.
14:44C'est pour ça que la mobilisation continue, c'est-à-dire que nous on est partis deux fois voir
14:48le ministre,
14:48et à chaque fois il nous a pas écoutés sur nos revendications qui sont pourtant très claires.
14:51D'ailleurs je vous invite à les retrouver sur dimesures.fr,
14:53par exemple on veut abroger Parcoursup, on veut effectivement un professeur devant chaque classe,
14:57pour l'instant c'est rien du tout ce qu'il nous a donné,
14:59et comme vous l'avez dit, il n'y a qu'un tiers des professeurs qui sont effectivement allés devant
15:03des classes,
15:03et parfois c'est même pas les bons professeurs,
15:05c'est-à-dire qu'on a des témoignages des professeurs d'anglais qui sont allés devant une classe...
15:07C'est ce que nous disait, ce que j'avais dit tout à l'heure justement,
15:11que des profs d'histoire-géo sont envoyés pour remplacer des profs de français absents.
15:15Voilà, exactement, et puis on veut aussi par exemple un plan d'urgence pour rénover le bâti scolaire.
15:18Aujourd'hui il y a des gens qui ont beaucoup trop chaud l'été,
15:20beaucoup trop froid l'hiver, et puis il y a aussi des plafonds qui tombent, des rats dans les lycées,
15:22donc on n'est toujours pas écoutés sur nos revendications,
15:24et c'est pour ça qu'on dit aujourd'hui à tous les lycéens et lycéennes,
15:27de se joindre aux manifestations, mais aussi aux parents, aux travailleurs, aux étudiants,
15:30plus on est nombreux, plus on a de chances d'être écoutés.
15:32Sabrie Carbach ?
15:33Oui, on a l'impression que ça rentre d'une oreille, ça sort de l'autre,
15:36parce qu'à part nous écouter et nous dire, oui oui, on vous entend, on vous entend,
15:39quelles sont les mesures concrètes ?
15:40Qu'est-ce qu'il y a de concret de matériel ?
15:42Rien, absolument rien.
15:43Ils se contentent de nous dire, oui on va faire une plateforme, on va vous écouter,
15:47on se souvient de la plateforme qui a été faite pour les Gilets jaunes,
15:50elle est aujourd'hui six pieds sous terre.
15:51Donc nous ce qu'on dit, c'est que c'est simple, vous ne savez pas quoi faire.
15:54Il y a eu quand même 86 000 participations, en tout cas c'est le chiffre que donne le ministère
15:57de l'éducation et lycéens,
15:58c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de lycéens qui ont été sur cette plateforme.
16:01C'est pas des lycéens ?
16:02Bah non, moi j'y suis allé et j'ai donné la vie.
16:04Ah bon bah c'est vous alors !
16:05Bah Laurent enfin !
16:07Non non non, vous n'avez pas besoin d'être lycéen pour aller sur cette plateforme.
16:11Voilà intéressant, mais en tout cas il y en a les 10 mesures, il les connaît, il sait très bien
16:15ce qu'on veut,
16:15c'est pas faute de l'avoir dit et au ministre de l'enseignement supérieur et au ministre de l
16:18'éducation.
16:18Qui vous ont reçu la semaine dernière ?
16:20Qui nous ont reçu la semaine dernière et qui pareil nous disent sur la question de parcours sup,
16:23oui on va rendre ça plus transparent, on va mieux expliquer,
16:27désolé c'est hyper infantilisant, nous on sait comment on se fait sélectionner,
16:30on n'a pas besoin de nous apprendre la vie, donc maintenant on dit,
16:33voilà il y a 10 mesures sur lesquelles on ne déroge pas et tout ça coûte 10 milliards.
16:36Je voudrais qu'on aille sur le terrain, il y a le lycée Turgot notamment à Paris dans le 3ème
16:40arrondissement
16:41qui est bloqué ce matin et là encore ça se passe de manière à peu près apaisée.
16:45Vous nous confirmez ? Je joins notre équipe sur place.
16:50Oui, ambiance tout à fait calme depuis ce matin, ce lycée est bloqué depuis environ 7 heures
16:55et donc cela fait 2h30 que ces lycéens sont toujours présents devant leur établissement,
16:59l'entrée est complètement bloquée.
17:01En revanche, ces jeunes laissent passer les élèves de classe prépa qui sont un peu plus âgés,
17:06qui ont des concours à passer à la fin de l'année et donc ils ne veulent pas perturber le
17:09fonctionnement de leurs cours.
17:10En revanche, les cours des lycéens, des 700 lycéens sont assurés seulement en pointillé depuis deux semaines maintenant.
17:17On a croisé tout à l'heure un membre du personnel de l'établissement qui était un peu dépité justement
17:21parce que ces cours ne sont pas assurés. Il y a certains profs qui soutiennent, en revanche, les lycéens.
17:28Et puis on a discuté avec ces jeunes qui sont présents parfois depuis deux semaines.
17:32Ils nous parlent de la fatigue qui s'installe parce qu'ils se lèvent très tôt pour pouvoir bloquer leur
17:37lycée.
17:38Tout à l'heure, une jeune fille nous a expliqué avoir la crainte que ce mouvement ne mène à rien
17:43de concret
17:44si le gouvernement, dit-elle, continue de ne pas les écouter.
17:47Ils ont l'impression pour l'instant que le gouvernement ne prend pas la mesure de ce mouvement.
17:53Et pour l'instant, aucune annonce faite, notamment par le ministre de l'Éducation, ne les a convaincus.
17:58C'est aussi pour ça que ces lycéens nous expliquent vouloir continuer le mouvement
18:01et vouloir tout à l'heure se rendre à la manifestation à partir de 14 heures.
18:05A noter que certains jeunes nous ont expliqué aussi que leurs parents leur donnent des conseils
18:09sur comment se comporter en mobilisation, comment éviter de se retrouver au milieu des heures aussi
18:13puisque ce sont des mineurs et ils sont très jeunes. Et pour la plupart de ces jeunes à qui on
18:17parle depuis ce matin,
18:18c'est aussi leur premier mouvement social.
18:22Ce sont donc ces images en direct du lycée Turgot à Paris dans le 3e.
18:26Je voudrais vous montrer une autre image, elle est très symbolique.
18:28C'est la présence de Greta Thunberg.
18:30Greta Thunberg, la militante, militante écologiste, qui est devenue militante pro-palestinienne,
18:36qui est devant le lycée Paul-Éluard, qui est un des lycées qui a été vraiment l'épicentre aussi de
18:43la mobilisation en Seine-Saint-Denis.
18:46Greta Thunberg qui est donc présente. Vous appréciez qu'elle soit arrivée pour vous soutenir ?
18:51Ou vous vous dites que ça n'a rien à voir avec le schmilblick, Marius Ménil et Sandrine Carbach ?
18:55Oui, bien sûr. Nous, on apprécie tous les soutiens qui sont tous les bienvenus.
18:58Et puis ça montre aussi qu'il y a une résonance internationale à ce mouvement.
19:00Nous, on est contacté par de nombreux médias internationaux qui, à la fois, sont impressionnés par l'ampleur de la
19:04mobilisation
19:05et par la légitimité de nos revendications, mais aussi par l'ampleur de la répression policière totalement sans précédent et
19:11disproportionnée.
19:12Et on a beaucoup de gens qui nous disent comment c'est possible que dans le pays des droits de
19:14l'homme,
19:15il y ait des gens qui, alors qu'ils revendiquent tout simplement des meilleures conditions d'études,
19:18perdent leurs mains, perdent leurs oeils, soient étranglés sur plusieurs mètres.
19:20Donc ça, c'est une répression policière qu'il faut absolument cesser.
19:22Ça fait partie de nos revendications et on espère qu'aujourd'hui, il y aura beaucoup moins de répression policière.
19:26Mais parce que vous n'avez pas fait que revendiquer, c'est ça le problème ?
19:28C'est-à-dire ?
19:29Il y a quand même des policiers, encore une fois, qui ont été agressés avec un niveau de violence qui
19:33ne s'était jamais vu.
19:34Donc je ne justifie pas le...
19:36C'est bon, vous ne pouvez pas tout mélanger non plus.
19:39On a compris, on brûle des poubelles, il y a des professeurs qui sont...
19:42Nous, on vous l'a déjà dit, notre stratégie, ce n'est pas la violence.
19:46On ne veut pas de la violence, nous ne sommes pas violents.
19:48Nous sommes organisés, nous organisons des manifestations, nous organisons des blocus et nous avons des revendications.
19:53Et nous nous réjouissons que Greta Thunberg se joigne à ces mobilisations puisque les systèmes de domination ne s'arrêtent
19:59pas.
19:59Et en l'occurrence, et c'est très intéressant de le voir et de le dire, on avait notamment la
20:05procureure de Paris hier matin qui donnait les premiers chiffres.
20:08Mais ce que donnent aussi les proviseurs, c'est qu'ils disent que souvent ceux qui les visent ne sont
20:12pas leurs propres étudiants, leurs propres lycéens et leurs propres élèves.
20:17Avec quand même une question importante, on y viendra d'ailleurs aussi tout à l'heure, c'est qu'on
20:19a enquêté aussi sur la circulation de ces mortiers d'artifice.
20:23Alors encore une fois, j'entends bien que vous vous regrettez ces violences, mais ces mortiers d'artifice qui sont
20:27officiellement interdits et à la vente et à l'achat,
20:29ils circulent énormément et ils servent parfois à viser directement les forces de l'ordre.
20:34Alors...
20:34Merci.
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