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  • il y a 11 heures

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00:02On écoute toujours ce qui rythme votre entrée, déjà c'est surprenant, déjà c'est surprenant et
00:12là on parle d'un artiste qui repousse les frontières de la musique. Effectivement, le son c'est un peu
00:16surprenant donc il expérimente et tout ce qui l'entoure pour lui c'est un son, cette table,
00:21cette tasse et papier pour lui c'est du son et c'est ce qu'il essaie de faire et
00:25il s'appelle
00:25Tareq Atoui donc qui est libanais et pour lui la musique ne se limite pas aux instruments
00:31traditionnels ni aux partitions. Né à Beyrouth en 1980, l'artiste et compositeur électro-acoustique
00:38développe une démarche à la croisée de la musique expérimentale, des arts visuels et
00:43des nouvelles technologies. Sans parcours le conduit à explorer les possibilités du son,
00:48ses vibrations et ses effets sur notre perception. Progressivement la composition devient pour lui un
00:54champ d'expérimentation où les objets, les matières et les espaces peuvent aussi participer
01:00à la création musicale. Dans mon cas en fait tout a commencé par la musique. Je suis musicien à la
01:08base
01:09et de formation et puis les choses se sont déployées par rapport à une frustration, celle d'un quotidien de
01:15musicien qui consistait beaucoup à être en tournée, à être en studio, à enregistrer. Moi j'avais plus envie
01:21d'être dehors dans l'espace public avec des gens pendant de longues périodes et de voyager et de découvrir
01:27des choses. Mon glissement de la musique vers le monde de l'art a commencé à se faire il y
01:32a à peu près
01:32une quinzaine d'années et me voilà aujourd'hui entre deux univers, conjuguant les deux.
01:37C'est parti, c'est parti.
02:17Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est expérimental.
02:20Je le disais, j'attendais.
02:22Je vois du vase et de l'assiette, qui l'eut cru que ça ferait de la musique comme ça.
02:29En fait, cet artiste, il ne se contente pas d'un son qui peut être entendu.
02:34Lui, il dit le son, ça se touche, ça se transforme.
02:37Ça s'expérimente.
02:38On l'a bien vu, d'ailleurs.
02:40Oui, mais c'est ça.
02:41Quand il faut toucher un objet, ça crée un son.
02:43Et c'est ça ce qu'il est en train de rechercher.
02:45Vraiment, il pousse à l'extrême.
02:46Ça ne fait pas un album, soyez sérieux.
02:48Ça fait des performances.
02:50Cela s'appelle des performances.
02:52Dans l'univers de Tarekatu, les instruments ne sont pas de simples outils au service d'une partition.
02:57Ils sont conçus comme des œuvres à part entière, en collaboration avec des artisans, des ingénieurs et des spécialistes du
03:02son.
03:03Bois, métal, verre ou dispositif électronique deviennent les matériaux d'une création qui explore de nouvelles possibilités acoustiques.
03:11Mais cette démarche ne s'arrête pas à la fabrication.
03:14Elle interroge aussi notre rapport à l'écoute.
03:16Le son peut se percevoir par des vibrations, le mouvement et le contact avec la matière.
03:21En invitant chacun à expérimenter, l'artiste ouvre ainsi la musique à des sensibilités et à des expériences différentes.
03:29La notion d'instrument m'a beaucoup aidé dans cette approche-là, de sculpter le son.
03:34C'est-à-dire cette idée d'un objet qui produit du son, qui se joue, qui peut se morfer
03:40le son.
03:41Dès le départ, je me suis penché sur la lutterie, qu'elle soit digitale, analogue, nouvelle, traditionnelle, et penser des
03:48instruments qui étaient destinés pour la performance.
03:52Et petit à petit, de l'instrument, je dirais que je me suis glissé vers une notion d'objet sonore,
03:59dans le sens vraiment classique de la musique électro-acoustique,
04:04mais aussi dans un sens très quotidien et très simple, de l'objet de tous les jours, de l'objet
04:08qui n'est peut-être pas destiné à être musical ou utilisé comme tel.
04:12Et maintenant, mon travail conjugue ces instruments et ces objets sonores, dont les origines sont très diverses.
04:37...
04:53Oui, donc tout fait un son, en fait.
04:55Là, parce que j'ai compris, voilà, il y a... tout est son.
04:59Non, mais il y a énormément de créations derrière.
05:01Ah ben, sans problème, je devais croire qu'il y a de la création. Est-ce qu'il y a
05:06des partitions ? Après, je ne suis pas certain, par contre.
05:08Non, il n'y a pas de partitions.
05:09Voilà, c'est ça. Alors, cette recherche, elle invite aussi le public à entrer dans les créations.
05:16Et c'est ça aussi qui est intéressant, c'est-à-dire que le public peut créer ses propres sons,
05:20avec lui.
05:21Et avec lui, puisque justement, à partir de cette semaine, il est à la Tate Moderne, donc, de Londres,
05:26et justement, il va faire participer les spectateurs à ses créations et participer donc à la création de nouveaux sons.
05:32Et ça sera pour ses performances.
05:34À la Tate Moderne, donc, Tareq Aitoué investit l'un des espaces emblématiques de l'art contemporain
05:39pour prolonger cette recherche autour de sons et de la participation.
05:43Dans cette architecture monumentale, les installations et les instruments invitent les visiteurs à ne plus être de simples spectateurs,
05:51mais à prendre part à une expérience collective.
05:54Chacun peut explorer les sons, découvrir les propriétés des objets et expérimenter une autre relation à la musique.
06:00Le lieu devient alors un espace de rencontre entre création artistique, perception sensorielle et interaction humaine,
06:07une démarche qui pose une question essentielle.
06:09Et s'y écouter de la musique, c'était aussi apprendre à la produire, à la ressentir et à la
06:13partager autrement.
06:16Dans le sens où ces instruments se jouent entre eux, se jouent les uns les autres.
06:21Il y a beaucoup de pensées sur la transformation du son.
06:25Comment le son, qui est avant tout une matière vibratoire perçue par les oreilles,
06:31passe dans les solides, dans la matière,
06:33mais comment aussi le son peut se transformer de vibration en électricité
06:36et donc mettre des choses en mouvement mécanique.
06:39Donc le son qui devient kinétique.
06:41Et dans un deuxième temps, c'est cette notion de performance, comme je disais.
07:26Écoutez, merci beaucoup, Elambrada.
07:27Non, mais j'étais en train de me dire que, voilà, le son, c'est le son,
07:31quel qu'il soit et d'où qu'il vienne.
07:32Mais par contre, il y en a certains qu'on a entendus.
07:35J'imagine la jeune femme qui est l'ingénieure du son de la matinale,
07:38qui a dû faire des yeux, mais comme ça, en se disant, mais qu'est-ce que c'est que
07:41ça ?
07:41Alors que c'est une spécialiste du son et qu'on en salue, bien entendu.
07:45Merci beaucoup.
07:46En tout cas, c'était Le Quoi Culture.

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