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  • il y a 36 minutes
Mathieu Klein, maire de Nancy, invité de Mathieu Barbier sur votre radio ICI Lorraine (Meurthe-et-Moselle et Vosges). Ce lundi, il est question de la mobilisation lycéenne et de la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire social-démocrate.

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Transcription
00:00Mathieu Klein, bonjour.
00:01Bonjour Mathieu Barbier.
00:01Vous demandez ce matin aux lycéennes et lycéens de réintégrer leur salle de classe, la récré est terminée ?
00:05Je ne crois pas qu'on peut qualifier leur mobilisation de récréation.
00:09Je crois qu'il y a un malaise aujourd'hui qui s'exprime dans la jeunesse,
00:14lié notamment aux conditions d'études, aux conditions de travail dans les établissements,
00:19et puis lié aussi à cette incertitude, ce sentiment d'angoisse pour l'avenir,
00:24qui traverse d'ailleurs toute la société,
00:27et qui s'est cristallisé ces dernières semaines.
00:29Et je pense qu'il faut prendre au sérieux cette mobilisation,
00:32il faut prendre au sérieux ce qui se passe.
00:34Et je trouve que pour l'instant les réponses politiques qui ont été apportées par le gouvernement
00:40sont très limitées, pour ne pas dire parfois même indigentes.
00:45Donc je crois qu'il est temps de changer de braquet, d'entamer un véritable dialogue,
00:50et de répondre notamment sur la question par exemple de l'accès à l'enseignement supérieur.
00:56Parcoursup fait partie de ces éléments clés qui aujourd'hui mettent en tension, créent une angoisse.
01:04On va y venir sur les revendications et la plateforme Parcoursup,
01:06mais vous n'avez sans doute pas entendu ma première question, je vous la repose.
01:09Demandez-vous aux lycéennes et les lycéens de retourner en salle de classe ?
01:11Moi je respecte le droit de manifester, dès lors qu'une manifestation revendicative évidemment se passe dans le calme.
01:20Et je ne conteste pas aux lycéens le droit d'exprimer leurs revendications.
01:24Ce que je leur demande, c'est de le faire dans le calme, dans le dialogue et dans le débat
01:28démocratique.
01:28En soutenant ce mouvement, vos revendications multiples, vous le disiez,
01:31n'êtes-vous pas en partie responsable de cette situation qui se cristallise, qui se crante ?
01:36Est-ce que ça décuple la motivation des jeunes ?
01:38Je ne crois pas qu'aujourd'hui les maires soient ceux qui sont à la fois responsables de la sécurité
01:47et de la tranquillité publique.
01:48Et moi je mesure parfaitement les conséquences aujourd'hui du désordre provoqué par l'ensemble de celles et ceux
01:53qui profitent de ce mouvement pour casser, pour mettre en difficulté, pour brûler une porte de lycée,
02:00pour avoir des comportements absolument inadmissibles.
02:02Celle du lycée Loritz ?
02:03Celle du lycée Loritz pour Nancy, mais il y en a eu d'autres en France.
02:07Moi je refuse d'amalgamer à la totalité du mouvement lycéen.
02:11Regardez la grande manifestation de la semaine dernière et j'espère qu'il en sera de même pour celle de
02:15demain.
02:15La manifestation en elle-même se passe bien, c'est tout ce qui se passe autour, c'est ces cortèges
02:20sauvages,
02:20c'est cette course-poursuite avec les forces de police à travers la ville,
02:24de quelques dizaines, quelques centaines parfois d'individus qui ne sont pour beaucoup plus du tout lycéens
02:31et qui ont d'autres objectifs que de porter la parole des lycéens.
02:33Donc il faut être à la fois très très ferme vis-à-vis de ceux qui cassent, vis-à-vis
02:37de ceux qui brûlent, vis-à-vis de ceux qui intimident
02:40et il faut aussi entamer un véritable dialogue avec les lycéens eux-mêmes.
02:44En le dialogue, le ministre de l'éducation dit qu'il l'a entrepris.
02:47Tardivement, très tardivement.
02:48Oui, mais il a dit qu'il l'avait entrepris, il a annoncé l'arrivée de professeurs dans les salles
02:53de classe.
02:53C'est sorti du chapeau, oui, enfin, qui peut croire à ce type de fable ?
02:57Je vous dis juste ce qu'il a dit, moi, je ne suis pas là pour juger, je comprends votre
02:59critique.
02:59J'entends bien, mais regardons la réalité.
03:02Un jour, un matin, le ministre de l'éducation nationale se réveille et dit
03:05« Tiens, j'ai 3000 enseignants dont je ne savais pas quoi faire, ça tombe bien, je vais les mettre
03:08dans les salles de classe. »
03:09Mais qui peut croire à ce type de fable ?
03:12Donc il ment.
03:13Édouard, je ne pense pas qu'il soit une question ici de mensonge.
03:16Je pense que c'est la traduction de l'indigence de la réponse politique.
03:22Il faut aujourd'hui travailler sérieusement, prendre au sérieux ce qui se passe.
03:26Pour répondre aux revendications des élèves lycéens, lycéens,
03:30vous demandez la suppression de Parcoursup aussi,
03:31ce logiciel qui permet de faire la sélection avant l'entrée en fac, en fait, c'est ça ?
03:35Oui, je crois que ça fait plusieurs années que nous sommes un certain nombre à dire
03:38que Parcoursup crée plus d'angoisse et d'incertitude qu'il ne résout de questions.
03:44Ça s'apparente un peu à une loterie.
03:46Beaucoup de lycéens se retrouvent avec des choix,
03:50enfin avec des décisions qui ont été prises qui ne sont pas conformes à leurs choix,
03:52parfois très tardivement.
03:54Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure manière aujourd'hui.
03:56On revient comme avant, à notre époque, où on allait s'inscrire en fac, terminé ?
04:00Je ne pense pas non plus que le retour en arrière soit la bonne solution.
04:03Je crois qu'il faut prendre la situation de chaque élève,
04:06accompagner un parcours d'orientation.
04:08Ça se fait aussi avec une présence humaine, ça se fait dans le dialogue,
04:12ça ne se fait pas qu'à travers un algorithme,
04:14c'est-à-dire un logiciel qui vous fait des propositions conformes ou pas à ce que vous souhaitez.
04:19Il faut remettre un peu d'humanité aujourd'hui dans le parcours de vie des jeunes.
04:22Vous parlez du mouvement de la jeunesse, du mouvement des lycéennes et lycéens.
04:25Vous essentialisez comme toutes celles et ceux qui défendent ce mouvement,
04:28mais on ne parle pas de cette majorité qui est silencieuse,
04:31cette majorité qui a envie d'aller en cours, qui a envie de bosser.
04:33On a ras-le-bol de voir ces salles de classe fermées,
04:36alors qu'ils ont envie d'aller en cours.
04:37Vous leur répondez quoi, ces jeunes-là ?
04:39Vous ne m'avez pas entendu parler de la jeunesse.
04:41Les jeunes sont très divers.
04:42Un jeune en lycée pro, un jeune dans une filière générale,
04:46un jeune qui habite au cœur de Nancy
04:47ou qui habite dans un petit village au fond de la Meurthe-et-Moselle,
04:52n'a pas forcément la même vie.
04:54Mais ce qui est quand même assez frappant dans ce mouvement,
04:57c'est que des jeunes de tout territoire, de toutes origines, dans tout le pays,
05:01je rappelle que le mouvement est né à Besançon.
05:03On parle souvent de Créteil, mais le mouvement est d'abord né à Besançon en France,
05:06c'est-à-dire dans un territoire qui n'est pas toujours sous le feu de l'actualité.
05:09Oui, mais une minorité de jeunes quand même.
05:10Mais une minorité de jeunes qui représente aussi beaucoup de jeunes
05:14qui aujourd'hui veulent que leur voix soit entendue,
05:18ce qui n'est absolument pas incompatible avec le fait d'aller en cours.
05:21Moi, je pense qu'il faut évidemment prendre ces études au sérieux.
05:23Je pense que cette situation ne peut pas durer.
05:25C'est pour ça qu'il faut ouvrir de vraies négociations, de vraies discussions,
05:28apporter de véritables réponses.
05:31Et il faut que le désordre cesse.
05:34Ce désordre-là, aujourd'hui, ne peut pas durer.
05:36Aujourd'hui, y compris dans le centre-ville, les gens ont peur de venir, ne viennent plus.
05:39Les commerçants, ils en ont ras-le-bol, ils ont la crise du courant d'achat.
05:42Les clients ne viennent plus.
05:43Et je partage leur ras-le-bol parce que le centre-ville, aujourd'hui,
05:45il est craint par beaucoup de personnes qui ne veulent plus y aller.
05:47Donc c'est pour ça qu'il faut que ce désordre cesse.
05:49Et ce désordre doit cesser à la fois.
05:51Il faut être très ferme, encore une fois, vis-à-vis des casseurs,
05:54vis-à-vis de ceux qui brûlent, de ceux qui incendient, de ceux qui cassent.
05:56Et il faut dialoguer avec les lycéens.
05:57C'est ça qui rend compliqué aussi le travail des policiers.
06:00Quand les casseurs se mêlent aux lycéens,
06:01vous avez sans doute vu cette saisine de 28 plaintes individuelles du défenseur des droits.
06:06Il les a rendues publiques hier.
06:07L'IGPN, la police des polices, elle a déclenché 24 enquêtes de mémoire jusque-là.
06:12La Ligue des droits de l'homme, annoncée, vous a sans doute entendu notre sujet à 7h30,
06:16évoque des dérives, je cite, de la police nancée notamment en place Charles 3,
06:20jeudi dernier, avec l'utilisation de gaz lacrymogène.
06:22Parlez-vous, vous aussi, de violences policières ?
06:24Alors que la police, on le rappelle, a le monopole de la violence légitime.
06:26Bien sûr.
06:27Et moi, je...
06:28Vous parlez de violences policières, pas de violences de policiers.
06:31Si vous me laissez répondre à votre question, M. Barbier,
06:33moi, je fais confiance aux forces de l'ordre et à la police.
06:37Moi, je suis républicain, je crois en la justice de mon pays.
06:40Et j'ai été destinateur de témoignages parfois troublants, c'est vrai.
06:45Et c'est pour cette raison que je fais confiance à la justice pour tirer tout cela au clair,
06:48à l'IGPN d'une part, et ensuite à la justice pour tirer tout cela au clair.
06:52Est-ce que la police a parfois été débordée ?
06:54Est-ce que la police a manqué d'organisation dans les premiers jours,
06:57parce que ça a été un mouvement rapide ?
06:58Est-ce que la police a trop gazé, ou en tout cas a utilisé parfois de façon pas suffisamment proportionnée
07:03?
07:03C'est à la justice de le dire.
07:05Et si nous devons reposer une question sur la doctrine du maintien de l'ordre dans notre pays,
07:10ça se fait justement, on a une élection présidentielle qui arrive,
07:12c'est des questions qui peuvent être débattues, notamment vis-à-vis des mouvements de jeunes.
07:16Mais je sais aussi que les policiers, la plupart des policiers et des policières,
07:20l'écrasante majorité d'entre eux, sont respectueux de l'ordre républicain.
07:23Ce sont souvent des parents, pères ou mères de famille,
07:26qui peuvent avoir des enfants qui sont dans la rue aussi.
07:28Et donc, ils sont soucieux d'abord de garantir l'ordre.
07:31Dernière question sur ce sujet.
07:34Demandez-vous à la police, en tant que mère d'enancie,
07:36de ne plus utiliser de gaz lacrymogène pour les manifs qui arrivent cette semaine ?
07:39Oui ou non ?
07:39Moi, ce que je demande à la police,
07:42et ce que je discute tous les jours avec le préfet de Meurthe-et-Moselle,
07:45c'est d'utiliser de façon proportionnée les moyens qui sont à sa disposition.
07:50Mais je ne suis pas préfet, je ne suis pas directeur de la police nationale,
07:55je ne suis pas ministre de l'Intérieur.
07:57Moi, je fais confiance aux autorités pour savoir utiliser de façon proportionnée.
08:01Et il faut rappeler cette proportionnalité indispensable.
08:04Et lorsque des dérives sont constatées,
08:07c'est à la justice, c'est à la justice de les prendre en charge.
08:10Mais on ne peut pas continuer à avoir tant de mineurs en garde à vue dans notre pays
08:14pendant une durée indéterminée.
08:15Donc, il faut aujourd'hui que ce mouvement trouve aussi une réponse politique,
08:20de l'ordre d'un côté, et le dialogue est la réponse politique de l'autre.
08:22Plus de mineurs en garde à vue que lors de la totalité de la crise des Gilets jaunes.
08:26Dernière question plus politique,
08:27votre candidat, ça y est, le stagiaire, il a gagné la primaire Glucksmann-Stagiaire,
08:32c'est ce que disait Ségolène Royal de lui.
08:33Il peut aller au deuxième tour en un mot ?
08:35Mais je crois profondément que le scénario de cette élection présidentielle n'est pas joué.
08:39Je me réjouis que Raphaël Glucksmann l'ait emporté de façon si nette.
08:42Et c'est celui qui peut aujourd'hui déjouer ce scénario écrit catastrophique
08:46d'un second tour Mélenchon-Le Pen.
08:48Merci beaucoup Mathieu Klein d'avoir été en direct ce matin,
08:50l'invité d'ici Lorraine à la veille de l'acte 5 de la mobilisation lycéenne
08:55à laquelle vous serez très attentif en tant que maire de Nancy.
08:57Bonne journée.
08:58Bonne journée.

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