- il y a 16 heures
Quelle place pour le féminisme dans les politiques locales ? Dimanche 8 mars, nous célébrons la journée internationale des droits des femmes. Les dimanches 15 et 22 mars, nous irons voter pour élire ou réélire nos maires.
Aujourd’hui on s'intéresse au bilan de la mairie de Paris sur les questions d’égalité femmes-hommes. Pour en parler avec nous, Hélène Bidard, élue du Parti communiste à la mairie de Paris depuis 2008, adjointe chargée de l’égalité femmes-hommes depuis 2014, candidate sur la liste d’Emmanuel Grégoire, candidat de l’Union de la gauche et des écologistes à la mairie de Paris. Un plateau animé par Clara Martinot et Valentine Létoile
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Aujourd’hui on s'intéresse au bilan de la mairie de Paris sur les questions d’égalité femmes-hommes. Pour en parler avec nous, Hélène Bidard, élue du Parti communiste à la mairie de Paris depuis 2008, adjointe chargée de l’égalité femmes-hommes depuis 2014, candidate sur la liste d’Emmanuel Grégoire, candidat de l’Union de la gauche et des écologistes à la mairie de Paris. Un plateau animé par Clara Martinot et Valentine Létoile
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NewsTranscription
00:01Quelle place pour le féminisme dans les politiques locales ?
00:05Dimanche 8 mars, nous célébrerons la journée internationale des droits des femmes.
00:09Les dimanches 15 et 22 mars, nous irons voter pour élire et réélire nos mères.
00:14C'est pourquoi, aujourd'hui, nous allons nous intéresser au bilan de la mairie de Paris sur les questions d
00:19'égalité femmes-hommes.
00:20Pour en parler avec nous, Hélène Bidard.
00:23Bonjour Hélène.
00:25Merci d'être avec nous.
00:27Vous êtes donc élue du parti communiste à la mairie de Paris depuis 2008.
00:32Vous êtes adjointe chargée de l'égalité femmes-hommes depuis 2014.
00:37Et vous êtes aussi sur la liste d'Emmanuel Grégoire, candidat de l'Union de la gauche et des écologistes
00:42à la mairie de Paris.
00:43Avant de commencer, je voulais rappeler que les droits des femmes et le féminisme sont des luttes structurelles des communistes.
00:51En France, le parti communiste a présenté des femmes à des élections alors même qu'elles n'avaient pas le
00:56droit de vote.
00:56ni d'éligibilité.
00:58Comme un hommage presque du vice à la vertu, votre parti a été sanctionné financièrement car il avait présenté trop
01:06de femmes aux élections législatives de 2024.
01:10Je t'en prie, Valentine.
01:12On commence ?
01:13On commence.
01:14Le 10 février dernier, c'était le dernier conseil de Paris de cette mandature-là.
01:19Vous, vous avez défendu un programme qui concernait la jeunesse et les violences faites aux femmes.
01:27Quelle a été votre plus grande victoire ?
01:29Et quel a été le plus grand recul ?
01:33Ah ouais.
01:36Les plus grandes victoires ?
01:37Alors, ma plus grande victoire, c'est certainement la diffusion du violentomètre.
01:43Je ne sais pas si je le vis vraiment comme une victoire parce que je savais en le faisant que
01:48ça allait marcher.
01:50Je savais que ça allait marcher.
01:52Et pour tout vous dire, j'ai plutôt eu des retours des communicants qui me disaient
01:55« Ah mais non, il ne faut le faire que sur Internet, ça ne sert à rien, ça ne va
01:59pas fonctionner, etc. »
02:00Donc, je l'ai porté beaucoup à bout de bras à la sortie de ce truc avec Ernestine René,
02:05qui était une communiste, qui est une communiste en charge de l'Observatoire, des violences de Seine-Saint-Denis.
02:12Donc, on a porté ça ensemble.
02:14Je disais, c'est une victoire parce que ça nous a dépassés et ça a été porté par plein d
02:18'autres villes.
02:19Il y a plein d'autres communes qui ont repris le violentomètre, qui le diffusent.
02:23Qui est maintenant traduit en 22 langues ?
02:25Oui, qui est traduit en 22 langues et en facile à écrire, à lire, en braille pour les personnes en
02:31situation de handicap
02:32et en effet dans plein de langues différentes.
02:34Donc, ça nous a beaucoup dépassés.
02:36Donc, c'est une victoire et en même temps, ça nous a l'impression d'avoir mené une bataille non
02:42plus.
02:42Mais là où il y a eu une vraie bataille à mener, c'est sur les hébergements pour les femmes
02:47victimes de violences.
02:48Et on en a sorti et ça, pour le coup, victoire.
02:52Le recul, le recul, il est global, idéologique.
02:57Et en fait, on commence à le sentir maintenant très fort.
03:01Le backlash idéologique organisé sur les réseaux sociaux, organisé par tous ceux qui sont des masculinistes
03:11et qui, en fait, avec des dirigeants politiques qui donnent le go pour se lâcher contre les féministes.
03:18On peut parler de Trump, mais en France aussi, on a des dirigeants qui font ça.
03:22Quand Brigitte Macron parle de salope, en fait, elle donne un espèce de signal sur vous pouvez y aller, vous
03:27pouvez leur taper dessus.
03:28C'est ça qui est insupportable.
03:29Et donc, le recul, il est plus insidieux et il est très idéologique.
03:34Et on commence à le voir maintenant et j'ai l'impression que j'ai bien peur que ça continue.
03:39Et comment ? Parce qu'en janvier, il y a le HCE, le Haut Conseil à l'égalité entre les
03:46femmes et les hommes, qui sort son observatoire.
03:48C'est relativement tragique.
03:51En vrac, il y a 10 millions de Français qui adhèrent à ce qu'ils ont appelé le sexisme hostile,
03:56une forme hyper avancée dans laquelle se retrouvent les masculinistes, etc.
04:0084% des femmes qui déclarent avoir déjà vécu au moins une fois une situation sexiste.
04:0575% des jeunes femmes de 15 à 24 ans qui pensent qu'être une femme est désavantageux dans la
04:10société.
04:11Quand vous observez ces chiffres concrets et ces politiques qui ne vont pas dans le bon sens,
04:17comment est-ce que vous, en tant qu'élu, communiste, féministe, vous faites face à cette espèce de situation d
04:23'échec ?
04:24En fait, moi, j'ai été élue adjointe en 2014.
04:26À ce moment-là, il y a Ernestine René de la Seine-Saint-Denis qui font des choses sur les
04:31violences.
04:32En vrai, personne ne demande à avoir l'égalité femmes-hommes comme délégation, par exemple.
04:36Je suis la seule à le demander.
04:38Et ce n'est pas un sujet.
04:40Et on me dit « Ah, mais tu ne vas rien faire. »
04:43« Ah, mais... »
04:44Enfin, voilà, c'est limite un poste fictif d'être adjointe à l'égalité femmes-hommes.
04:48Et c'est marrant parce qu'on a dit la même chose à Anne Hidalgo en 2001,
04:50quand elle était en charge de l'égalité femmes-hommes aussi.
04:53Donc ça n'avait pas progressé, en fait, entre 2001 et 2014, idéologiquement.
04:57Et après, moi, j'ai eu la chance d'être en charge de ces questions-là
05:00au moment où il y a MeToo et d'aider le mouvement féministe.
05:05C'est-à-dire que le mouvement féministe progresse.
05:07Tu as le mouvement MeToo qui, dans le monde, idéologiquement, marque des points.
05:11Et moi, concrètement, avec les politiques municipales, je peux dire « Ah, on va les aider. »
05:16On va les aider financièrement parce qu'on va aider les associations
05:19et gagner des budgets pour que les associations soient plus financées.
05:23Et puis on va les aider aussi idéologiquement.
05:25On va les aider avec des moyens.
05:27On va les aider en portant les combats sur le droit à l'IVG,
05:31sur tout ce qui fait les droits des femmes.
05:33Et donc on est un point d'appui vraiment au mouvement social.
05:37Et maintenant, là, ce qu'on voit, c'est donc que sur les réseaux sociaux,
05:42mais de manière plus générale, politiquement, la droite, l'extrême droite
05:45vont détourner les revendications féministes, vont utiliser des femmes pour cela.
05:52L'incarnation par des femmes, contre les droits des femmes, ça, ça fait mal.
05:56Et puis vont essayer de marquer des points contre les féministes.
06:00Et donc il y a à la fois des jeunes femmes qui résistent, beaucoup.
06:04Mais il y a aussi des jeunes hommes qui sont les cibles de ces algorithmes
06:07et qui sont les cibles de ça, portés par Bardella, portés par des algorithmes de Musk.
06:14Et en fait, ça se voit concrètement.
06:15Donc vous avez parlé du rapport du HCE.
06:18On avait 86% des gens qui étaient pour la mise en place de l'éducation à la vie affective
06:24et relationnelle.
06:25Et en un an, on est passé de 86% à 80%.
06:28Ça veut dire qu'on est encore très largement majoritaire,
06:31mais qu'en un an, ils nous ont fait reculer de 6 points cette question-là,
06:35qui est pourtant une question fondamentale pour l'égalité,
06:38à prendre juste l'égalité aux filles et aux garçons dès le plus jeune âge.
06:41C'est un truc qui devrait être...
06:43Voilà, tout le monde devrait être d'accord, mais on n'est plus qu'à 80%.
06:47Alors il faut comprendre que 80%, c'est quand même le genre de sondage
06:50qu'on aimerait bien avoir sur d'autres sujets.
06:53Surtout à l'approche des ministères.
06:54Voilà, oui.
06:55Mais par contre, on voit bien que quand on finance, quand on paye,
06:59quand l'extrême droite s'organise, quand les masculinistes s'organisent,
07:04ça marque des points dans les consciences.
07:06Et c'est ça qui est inquiétant.
07:07Et vous parlez de l'extrême droite qui s'empare de ce sujet.
07:10La figure à Paris, c'est Sarah Knafo,
07:13qui dans sa campagne reprend ce sujet de la lutte contre les violences faites aux femmes,
07:19qui en donne des explications.
07:21Notamment la responsabilité de personnes étrangères ou sous OQTF.
07:25Comment est-ce que vous, en tant qu'élu de gauche,
07:29vous percevez cette espèce de récupération de l'extrême droite, des VSS ?
07:33Ce qui est terrible, je leur dis, c'est qu'on a du mal, nous, à gauche,
07:37à porter des candidatures de femmes.
07:41Et les femmes disparaissent en politique à gauche dans un silence assourdissant.
07:47Donc ça, c'est dur de ne pas avoir qu'à gauche, il n'y ait pas la compréhension que
07:52non seulement on doit se battre pour la parité,
07:55mais en plus pour mettre des femmes féministes à l'incarnation des listes.
08:00Ça, c'est une vraie difficulté qu'il va falloir dépasser.
08:04Parce qu'à droite et à l'extrême droite, ils l'ont compris, Georgia Meloni, Marine Le Pen,
08:09ils ont compris qu'il y avait un enjeu.
08:11Vous avez parlé tout à l'heure du fait que les femmes, nous, les communistes,
08:14on met des femmes candidates en 1925, les femmes n'ont même pas le droit de vote.
08:19Et on met des candidats de femmes.
08:21Là, aujourd'hui, on a le droit de vote, il a fallu attendre la parité pour qu'il y ait
08:25des femmes qui soient élues.
08:26On n'y est toujours pas.
08:27On est toujours à moins de 30% de sénatrices, de députées femmes et de mères femmes.
08:35Donc on n'y est toujours pas.
08:36Il a fallu la parité.
08:37Pour ça, moi, je suis élue parce qu'il y a eu la parité.
08:39Sinon, je n'aurais pas été présentée.
08:41Et je le dis très clairement, et toutes les autres femmes, c'est la même chose.
08:45On est là parce qu'il y a la parité.
08:46Mais ça ne suffit pas.
08:47Il faut mettre des féministes qui se battent pour les droits des femmes.
08:50Donc typiquement, Knafo, elle va voter contre le droit à l'IVG,
08:54mais elle va incarner une parole de femme contre les féministes, mais une parole de femme.
09:02Et alors, juste sur les violences, ce détournement absolu qu'ils peuvent faire,
09:06c'est-à-dire que tous les chiffres le montrent.
09:09Les violences, malheureusement, c'est partagé dans tous les milieux sociaux,
09:13quelles que soient les origines, quelles que soient les religions.
09:16C'est faux de vouloir stigmatiser une partie de la population à des fins racistes, xénophobes,
09:23en utilisant les violences faites aux femmes.
09:25C'est extrêmement pervers et complètement faux.
09:27Il ne faut pas nier qu'il y a des violences,
09:30qu'une personne étrangère, d'origine étrangère,
09:34quelle que soit sa religion,
09:35quel que soit son statut administratif, au QTF ou pas,
09:38peut être un agresseur.
09:39Oui.
09:40OK.
09:41Un sénateur aussi, figurez-vous.
09:43C'est ça, la réalité.
09:45C'est qu'au Sénat, aussi, il y a des violences faites aux femmes.
09:48Au Sénat, aussi, il y a des viols sur d'autres sénatrices.
09:52Et vous voyez à quelle affaire je fais référence.
09:56Donc, dire que l'origine ou la religion, réelle ou supposée, serait un facteur, c'est faux.
10:01Malheureusement, les violences sont partout.
10:03Et c'est nier le système patriarcal.
10:05Mais malheureusement, la droite et l'extrême droite utilisent des femmes contre les féministes
10:10et contre les droits des femmes.
10:12Ça, il faut qu'on le dénonce très fortement.
10:14On sera le 8 mars en manifestation.
10:16On refuse que Mané Mésis soit là.
10:19Voilà, typiquement, là, dans l'actualité, moi, j'ai écrit au préfet,
10:23on veut non seulement qu'il y ait une dissolution,
10:24mais on refuse qu'elles soient là en manifestation.
10:28Elles n'ont rien à faire dans un mouvement féminin.
10:30Si je peux préciser, pour les personnes qui ne connaîtraient pas,
10:33Mésis, c'est un groupe de femmes qui se dit féministes et d'extrême droite.
10:38Et qui sont... dont on a récemment beaucoup parlé sur l'humanité,
10:43puisque notre journaliste Thomas Le Mailleux a sorti pas mal de révélations.
10:46Donc, je vous invite à aller le lire sur notre site.
10:49Merci beaucoup pour cette réponse.
10:51On a en effet l'image de Sarah Knafo qui incarne les femmes
10:55et la peur que peuvent ressentir les femmes dans l'espace public.
10:58Et je vous propose de regarder un petit clip vidéo, comme disent les boomers.
11:03Il faut mettre le casque pour regarder.
11:09Donc, on remet du début.
11:13Peur de sortir le soir, aujourd'hui, en plein cœur de Paris.
11:19Ce n'est pas une fiction.
11:21C'est la réalité que vivent des milliers de Parisiennes chaque soir dans notre ville.
11:26Alors, j'ai imaginé une solution.
11:28Équiper les réverbères de Paris de capteurs dotés d'intelligence artificielle,
11:32entraînés des millions de fois pour reconnaître les bruits d'une agression,
11:36le cri d'une femme ou le bruit d'un verre sur une voiture.
11:39Dès qu'un de ces sons est détecté, la lumière du réverbère est soudain projetée vers l'agresseur.
11:44Des études le prouvent, la lumière est ce qui fait le plus fuir les agresseurs.
11:49Au même instant, la patrouille la plus proche est alertée.
11:54Avec moi, la ville lumière vous protège.
12:00Voilà, donc c'est bien connu.
12:01Les agresseurs sont des inconnus dans des ruelles.
12:04C'est ce que les chiffres montrent.
12:08Vous parlez de cette affaire du sénateur,
12:11qui est un autre exemple de la soumission chimique.
12:15Il y a d'autres exemples, malheureusement, y compris à la mairie de Paris,
12:19où il y a eu en 2020 deux démissions après des accusations de viol et d'agression sexuelle,
12:25Christophe Girard et Pierre Edenbaum.
12:28Comment est-ce que ces affaires ont été gérées à l'époque ?
12:31On est en post-MeToo.
12:33Et quelles leçons est-ce que la mairie a tiré de ces affaires ?
12:38Pour moi, on est encore dans MeToo.
12:41Je ne dirais pas qu'on est en post-MeToo,
12:42parce que pour moi, c'est un mouvement social qui dure,
12:45et j'espère qu'il va encore durer.
12:48C'est-à-dire qu'y compris, là, il y a le procès Ramadan qui est reporté,
12:56mais il y a Gisèle Pellicot.
12:59Pour moi, c'est un mouvement qui continue à s'appuyer.
13:02La justice est peut-être longue, mais c'est un mouvement social qui continue.
13:07Comment ça a été géré ?
13:08Ça a été géré mal, mal et difficilement.
13:11Tout simplement parce que, déjà, il n'y a jamais de situation de violence sexiste et sexuelle heureuse et qui
13:21se gère bien.
13:22Ça n'existe pas.
13:23On est en train de parler de viol, de violence.
13:26Donc ça n'existe pas, des situations où ça se gère bien avec des victimes heureuses.
13:31Ça n'est pas vrai.
13:33Et d'ailleurs, c'est une preuve qu'il y a violence.
13:37Et puis, en réalité, c'est très compliqué parce que, quand on est avec des politiques,
13:44on n'est pas avec des gens qui ont des contrats de travail.
13:48Quand on est dans le cadre du droit du travail, c'est-à-dire au sein de la ville de
13:51Paris,
13:52on a pu mettre en place, par exemple, une cellule pour les agentes et les agents.
13:57On est dans le cadre du droit du travail.
13:59Il y a des responsabilités dans le cadre du droit du travail pour les employeurs.
14:02On doit des protections aux salariés.
14:05On peut mettre en place des cellules d'écoute.
14:08On peut déplacer aussi les agresseurs.
14:12Ils peuvent ne plus venir au travail.
14:16On fait en sorte qu'ils ne soient plus en contact avec les victimes.
14:19Quand vous êtes avec des politiques, on n'est pas sur ce genre de statut-là.
14:24Et quand vous avez un mandat, c'est beaucoup plus compliqué.
14:27Aujourd'hui, en réalité, on ne sait pas faire.
14:29Dans les partis politiques, vous avez dû suivre aussi au sein du PCF,
14:34chez les écologistes, chez les socialistes.
14:37Dans tous les partis, on a cherché à s'organiser aussi.
14:40C'est toujours compliqué parce qu'on a chacun, chacune, essayé de faire
14:46avec les associations qui avaient leur expertise,
14:49le collectif Fémistes contre le viol qui a beaucoup aidé les partis.
14:52Mais on a fait ça avec les partis de gauche.
14:55J'ai envie de dire, c'est presque du bricolage.
14:58Ce n'est pas quelque chose où on a pu avoir une aide de la part,
15:03par exemple, du gouvernement qui avait décrété une grande cause,
15:07mais qui n'a jamais voulu se pencher sur ça.
15:09Et aujourd'hui encore, il y a des candidats agresseurs.
15:14Vous prenez l'ensemble des listes statistiquement.
15:16Non, c'est obligé.
15:18C'est obligé.
15:19Et il y en a dans tous les partis.
15:21Et la droite n'a jamais voulu faire son agent diamento.
15:24Je me suis lancée dans un mot difficile.
15:26Mais la droite n'a jamais voulu regarder ce qui se passait aussi dans leur parti.
15:32Marlène Schiappa, par exemple, n'a jamais voulu regarder en réalité
15:34ce qui se passait chez LREM.
15:37Tout ça a été mis sous le tapis.
15:39Voilà.
15:39Donc tout ça est extrêmement dur.
15:41Je ne parle même pas de l'extrême droite.
15:44Donc tout ça est extrêmement compliqué,
15:46parce qu'on est sur ce statut-là particulier des partis politiques,
15:50de l'engagement politique, du mandat électoral.
15:52Mais surtout parce qu'il n'y a pas eu une volonté politique commune,
15:56portée au plus haut niveau,
15:58de pouvoir avoir un cadre commun à l'ensemble des partis
16:03et à l'ensemble des élus,
16:04d'avoir un statut qui protège les élus femmes aussi.
16:08et de pouvoir avoir une justice qui déclare non éligible des agresseurs.
16:14Et on a cette question-là sur le racisme, sur l'antisémitisme,
16:18et la question de déclarer inéligible des agresseurs
16:22de violences sexistes et sexuelles,
16:24de violences faites aux femmes sur leurs conjointes aussi.
16:27Aujourd'hui, la justice ne veut pas se mêler de ça.
16:29Elle prononce très très peu d'inéligibilité.
16:32Et en fait, on a besoin que cette question-là,
16:35tout ce cap-là qui soit passé dans toute la société.
16:37Vous parliez de l'aide du gouvernement.
16:40On rappelle que les violences faites aux femmes
16:41étaient une des grandes causes du quinquennat d'Emmanuel Macron,
16:44qui a vraisemblablement failli à sa tâche.
16:49Vous, étant une élue locale,
16:51vous avez en plus cette difficulté du budget
16:54qui est allouée aux communes.
16:56On en a beaucoup parlé en janvier
16:58avec le laborieux passage du budget 2026.
17:01Est-ce qu'il y a une espèce de sentiment d'abandon ?
17:06Beaucoup.
17:07Ça va être très compliqué.
17:09L'enjeu des municipales va être vraiment important
17:11justement pour les associations féministes.
17:13Parce qu'on a eu, avec MeToo,
17:16plusieurs années d'affilée.
17:17Tous les ans, il y avait 30% de plaintes en plus.
17:20Et 30% de plaintes en plus.
17:22Et 30% de...
17:22Donc, il se cumulait.
17:24Oui, on n'est pas sur une augmentation
17:26des violences faites aux femmes.
17:27On est sur une libération de la parole qui mène...
17:29Et donc, des femmes qui vont saisir les associations,
17:32qui sont les mieux à même de les accompagner.
17:34Ces associations, nous, on a augmenté
17:36avec la ville de Paris de 90%
17:38le budget sur les violences faites aux femmes.
17:39En 3-4 ans.
17:41Mais on était les seuls.
17:42La région Île-de-France ne l'a pas fait.
17:44L'État ne l'a pas fait.
17:45Vous parliez tout à l'heure de la grande cause.
17:47Moi, je peux vous dire, il y avait un fonds, Catherine,
17:49annoncé par la Marlène Schiappa.
17:51Dans tous les médias, tous les médias l'ont redit,
17:53le fonds Catherine pour la ville de Paris,
17:55ça a consisté à une augmentation de 12 500 euros.
17:5912 500 euros pour toute la ville de Paris.
18:01On a 17 000 victimes qu'on accompagne.
18:03Ce n'est même pas un euro par victime.
18:06C'est ridicule.
18:07Il y a eu plus d'argent dans la communication
18:08que d'argent donné pour les associations.
18:10Sauf que les associations, elles sont saisies toujours plus.
18:13Aujourd'hui, il y a 70% des associations
18:15qui vont mettre la clé sous la porte
18:17s'il ne se passe pas quelque chose.
18:19Et donc, on a vraiment besoin d'un soutien.
18:22Je dis on, les associations féministes ont besoin de ce soutien.
18:26Les villes peuvent le faire un peu à la hauteur de leur budget.
18:30Mais la réalité, c'est qu'aujourd'hui,
18:31les budgets votés par le gouvernement
18:34sabrent aussi les budgets des collectivités.
18:37Et donc, les collectivités qui, aujourd'hui,
18:38peuvent faire résistance, peuvent faire barrière,
18:41sont elles-mêmes menacées.
18:42Donc, on est dans cette grande difficulté budgétaire
18:45d'un budget d'austérité
18:47qui va complètement à l'encontre des droits des femmes
18:50alors que les besoins ont augmenté à juste titre
18:53et qu'on a besoin des associations
18:56et de services publics aussi
18:58qui peuvent accompagner concrètement les victimes.
19:01Et en tant qu'élu,
19:02est-ce qu'il n'y a pas une espèce de frustration
19:04d'être au niveau local et d'être aussi brimée ?
19:08Honnêtement, moi, je m'éclate.
19:10J'adore ce que je fais.
19:12Il faut se battre.
19:12Il faut se battre tous les jours.
19:14Mais en tant qu'élu,
19:15on a des moyens d'action.
19:17Et localement, on fait.
19:19On n'est pas en train de dire...
19:21J'ai malheureusement vu beaucoup de parlementaires
19:25parler beaucoup des violences faites aux femmes,
19:27ne pas regarder les décrets d'application
19:30et, en réalité, voter des lois
19:32qui étaient inapplicables, sans intérêt.
19:35Honnêtement, j'adore, moi,
19:37cette position d'élu local
19:39parce qu'on est au contact des gens,
19:41qu'on peut faire des choses.
19:44Tout à l'heure, je parlais du Jean-Thomé,
19:45des hébergements pour les femmes victimes de violences.
19:47Le contact avec les associations,
19:49on peut se battre avec elles.
19:50On a ouvert la cité audacieuse aussi
19:51avec la Fondation des femmes,
19:53il y a 10 ans maintenant,
19:55qui récolte de l'argent aussi pour les associations.
19:58On est utile.
20:00Et donc, moi, j'invite toutes les femmes
20:02et toutes les féministes à demander la délégation
20:05à l'égalité femmes-hommes.
20:06On peut faire des choses.
20:07Je veux vraiment leur donner ce message-là.
20:09Oui, c'est dur.
20:11C'est des batailles.
20:13Mais il ne faut pas baisser les bras.
20:14Il faut, au contraire, avoir conscience
20:16à quel point on peut être utile,
20:17être le relais des luttes dans les institutions.
20:20C'est une place qui est très, très gratifiante,
20:24en réalité.
20:26Dans votre bilan,
20:28vous avez en effet le violentomètre
20:30dont on a déjà parlé.
20:33Vous avez...
20:34Ah non, ce n'était pas la bonne...
20:36On prépare l'essai de...
20:40En direct.
20:41Alors, ça arrive.
20:43Pardon.
20:44C'était celle juste à gauche.
20:46Voilà.
20:48Vous avez fait un petit visuel
20:49avec le violentomètre,
20:51avec les associations des droits des femmes,
20:54avec l'ouverture de trois maisons des femmes
20:57avec la PHP,
20:58aux ouvertures de logements
21:00pour des jeunes femmes victimes de violences.
21:02Et vous avez un dernier point,
21:03enfin, un énième point que j'aimerais aborder
21:06sur l'aménagement du territoire.
21:08Oui.
21:09Avant ça, j'aimerais vous montrer
21:10un extrait d'un documentaire
21:11qui a été réalisé par des étudiantes de la Sorbonne,
21:13qui avaient eu le prix du festival
21:15du court-métrage de la Sorbonne,
21:17qui partent des étudiantes
21:19qui parlent entre elles
21:20de leur expérience à Paris,
21:21de leur expérience de la rue,
21:23qui sont en étude de géographie pour la plupart,
21:25et donc qui ont cette espèce de réflexion
21:27sur la place de leur corps à elles
21:29dans la ville de Paris.
21:30Donc je vous propose un petit extrait
21:31et ensuite je vous pose une question.
21:32OK.
21:51Souvent quand on a un déplacement à faire,
21:53et souvent le soir, voire la nuit,
21:56on est obligé de développer des stratagèmes
22:00farfelus pour éviter des obstacles.
22:04Il n'y a pas très longtemps,
22:05j'étais en soirée.
22:07J'étais avec une amie,
22:08on devait rentrer,
22:08on prenait par chance le même Noctilien.
22:11Et on arrive à l'arrêt de Noctilien,
22:13et déjà de loin,
22:15je vois deux mecs qui nous voient arriver,
22:17qui nous regardent.
22:18J'ai vu que le panneau d'informations
22:20était cassé,
22:21et que du coup on avait zéro information
22:23sur le temps qui nous restait à attendre.
22:26Les deux mecs qui étaient là
22:28et qui nous avaient vu arriver,
22:30ont sauté sur l'occasion pour nous parler.
22:34Et en fait, sur le trajet qu'on a fait ensuite,
22:37on a été abordé tellement de fois,
22:39et c'était toujours par des groupes de mecs
22:41qui attendaient à l'extérieur.
22:43Et il y a eu pas mal de fois
22:45où on a été obligés carrément
22:46de se déporter sur la route.
22:48Vraiment, on faisait des écarts hyper importants
22:50juste pour éviter des mecs
22:51qui se penchaient vers nous,
22:53pour nous toucher le bras,
22:54pour nous parler, etc.
22:56Et du coup, je me suis rendu compte
22:57à ce moment-là qu'en fait,
22:59même quand t'es dans un super état d'esprit,
23:02que tu sors de soirée,
23:04que t'as l'impression que...
23:05qu'il y a aucun souci,
23:07il y a toujours à un moment donné un truc
23:08pour te rappeler que,
23:09bah non, en fait, t'es une meuf
23:10et que donc tu vas galérer.
23:15Donc le documentaire s'appelle
23:16Corps à Corps.
23:17Il est disponible sur YouTube,
23:18d'ailleurs, si vous voulez le voir en intégralité.
23:21Dans votre bilan,
23:22vous parlez d'un aménagement de la ville
23:23qui est féministe.
23:26En quoi...
23:26Enfin, est-ce qu'une ville féministe,
23:28c'est une ville où on a moins peur ?
23:30Et à quoi est-ce qu'elle ressemble ?
23:32Moi, je parle d'organiser
23:34la transition féministe de la ville.
23:35En effet, c'est une ville
23:37où on doit pouvoir circuler
23:39en tout lieu et à toute heure
23:41sans aucune pression
23:44et en se sentant pleinement libre,
23:46sans avoir besoin de stratégies
23:48dont elle parle,
23:49des stratégies d'habillement,
23:51des stratégies d'accompagnement.
23:53C'est ça, pour moi,
23:54d'évitement, en effet.
23:56Et ça, il faut qu'on le construise.
23:58Mais on est...
24:00Quand on a commencé à travailler
24:01sur genre à l'espace public,
24:03j'en ai le souvenir très fort
24:06parce que des filles
24:09qui étaient étudiantes
24:09en même temps que moi,
24:10à la Sorbonne,
24:12ont monté le collectif
24:14Stop harcèlement de rue en 2015.
24:17Et moi, je suis élue en 2014
24:18sur l'égalité femmes-hommes.
24:19Et j'ai très envie d'aller dans la rue
24:21rejoindre leur mouvement.
24:23En fait, elles sont à Bastille,
24:25qui n'est pas un quartier populaire
24:27comme Sarah Knafo essaye de stigmatiser.
24:30C'est un quartier extrêmement mixte
24:31où il y a tout le monde à Bastille.
24:33Et sur l'espace public,
24:35sur le sol,
24:35elles mettent du scotch
24:36et des limites,
24:37des zones anti-relous.
24:38Et moi, j'ai juste envie
24:39d'aller à ce moment-là
24:41jouer les Femen.
24:42Et d'avoir des zones anti-relous,
24:44s'il vous plaît.
24:45Mais je suis adjointe.
24:46Donc voilà.
24:47Et donc, je les reçois
24:48et on discute de cette question
24:51du harcèlement de rue.
24:51En partant de là,
24:52on s'est dit qu'on a commencé
24:54à étudier le sujet.
24:55Quels étaient les lieux
24:57qui dysfonctionnent ?
24:57Parce qu'en fait,
24:58on a toutes découvert,
25:00on a toutes à la fois
25:01ces stratégies
25:02et en même temps,
25:03on découvrait l'ampleur
25:04du phénomène.
25:05Et en réalité,
25:06Haussmann a construit la ville
25:07par et pour les hommes.
25:09Il n'est pas le seul.
25:10Mais pendant des centaines d'années,
25:11on a construit la ville
25:12par et pour les hommes
25:13comme si les femmes n'existaient pas.
25:14Et même plus que ça,
25:16quand vous regardez
25:16l'emplacement des bancs à Paris,
25:18ils sont tous épassés
25:19de plus de 3 mètres,
25:20jamais en face à face.
25:22Ça, ça a été fait
25:23pour que les femmes sur les bancs,
25:24quand elles gardent les enfants,
25:25ne parlent pas entre elles.
25:27Donc c'est au-delà de
25:28on fait comme si les femmes n'existaient pas.
25:29Ça a été fait réfléchi
25:30pour cantonner les femmes
25:32à certains espaces
25:33et pas à d'autres,
25:35pour qu'elles passent
25:35dans l'espace public
25:36mais qu'elles rentrent à la maison.
25:37On doit maintenant organiser
25:39toute autre chose.
25:39Et pourquoi juste c'est très important ?
25:42Parce qu'en fait,
25:43l'espace public,
25:44c'est l'espace politique.
25:46Regardez en Afghanistan.
25:47Ils ont bien compris les islamistes.
25:49On enlève les femmes
25:50de l'espace public.
25:51On les cache de l'espace public.
25:52Donc elles disparaissent
25:53de l'espace politique.
25:55Ils ont bien compris le lien.
25:57Les intégristes
25:57ont bien compris ce lien-là.
25:59Et nous,
25:59on doit au contraire
26:00prendre tout l'espace public
26:02parce qu'on prend
26:03l'espace politique.
26:04Et ce message-là,
26:06des Parisiennes,
26:07il dépasse la question
26:09des Parisiennes.
26:09C'est un message envoyé au monde.
26:11L'accès à la ville,
26:12c'est un accès public,
26:15politique,
26:16fondamental pour la démocratie,
26:18fondamental pour les républiques,
26:20fondamental pour les droits
26:21des femmes dans le monde.
26:22Donc on doit réfléchir.
26:23Alors ça va de la question
26:25de la lumière,
26:26de la question de l'espace,
26:28du trottoir,
26:28de la question de la sécurité.
26:29Mais il n'y a pas
26:30que la sécurité.
26:31Ce qui est sûr,
26:32c'est que ce qui font
26:34fonctionne le mieux,
26:35c'est la présence humaine
26:35des autres femmes,
26:37notamment.
26:38C'est-à-dire que,
26:39en fait,
26:40souvent,
26:41on se disait,
26:42quand il y a des terrasses
26:43à Paris
26:45et qu'il y a des gens
26:46qui sont formés,
26:47qu'on est formés
26:48à la lutte contre
26:49le harcèlement de rue,
26:50que les gens réfléchissent
26:52à ce qui se passe,
26:53ou aussi une éducation
26:54par rapport à ça,
26:55et vont s'autoréguler,
26:57en fait.
26:57Les mecs vont dire
26:58aux autres mecs,
26:58tu t'arrêtes,
26:59tu déconnes.
27:00C'est ça aussi
27:01qu'il faut travailler.
27:02C'est aussi cette question-là
27:03de l'éducation.
27:05J'en reviens
27:06à tout l'importance
27:07de l'éducation,
27:07la vie affective
27:08et relationnelle,
27:09parce qu'en fait,
27:10c'est aussi une éducation
27:11sur plusieurs générations.
27:12On a besoin de travailler
27:14l'urbanisme,
27:15l'aménagement.
27:15Il y a des solutions
27:17concrètes
27:17qu'on teste,
27:18qu'on essaye de faire
27:20dans les grands aménagements
27:21des places de la ville,
27:22mais il y a aussi
27:23cette question-là
27:24de l'éducation
27:25qui est fondamentale.
27:26Et donc,
27:27on a vraiment
27:28beaucoup,
27:28beaucoup de choses
27:29encore à faire
27:29sur ce sujet.
27:30Et une question d'éducation
27:32qui éviterait
27:33la solution sécuritaire ?
27:37La solution sécuritaire,
27:38elle ne peut pas fonctionner.
27:39Marlène Schiappa,
27:39rappelez-vous,
27:40elle a mis en œuvre
27:41l'outrage sexiste.
27:42Ça veut dire
27:43qu'il faut qu'il y ait
27:43des gens avec des carnets
27:44à souche,
27:45des flics avec des carnets
27:46à souche,
27:47qu'une femme qui est victime
27:48d'un outrage sexiste
27:48aille signaler...
27:50Voilà.
27:51Je comprends
27:52qu'il y ait une volonté...
27:53Juste pour rappeler rapidement,
27:55Marlène Schiappa
27:55avait donc proposé
27:57un délit
28:00d'insultes sexistes,
28:01etc.,
28:01qui était puni
28:02de 90 euros
28:03d'amende,
28:03de mémoire.
28:04Et donc, oui,
28:05il fallait en effet
28:06apporter une espèce
28:06de preuve
28:07ou de flagrant délit.
28:08Vous êtes victime
28:08du trage sexiste,
28:09il faut qu'il y ait
28:09un policier à côté,
28:11que vous lui expliquiez,
28:12que vous ayez une preuve.
28:14Ça prouve.
28:15Je comprends
28:16qu'on veuille législifier,
28:18justement,
28:18c'est ce dont je vous parlais
28:19tout à l'heure.
28:20Les parlementaires,
28:21les ministres
28:21se disent
28:22qu'il faut faire quelque chose.
28:23OK, il faut faire quelque chose.
28:24Dans les faits,
28:25il y a combien d'amendes
28:26pour outrage sexiste
28:27mises en oeuvre à Paris ?
28:28Honnêtement,
28:29je n'ai même pas le chiffre
28:30et c'est absolument ridicule.
28:31Alors, c'est toujours ça de prix.
28:33C'est-à-dire que la fille
28:34qui arrive à faire condamner
28:35le mec avec une amende,
28:36c'est toujours ça de prix.
28:37Mais honnêtement,
28:38ce n'est pas ça
28:38qui va régler
28:39le problème systémique
28:41et structurel.
28:42Ça, c'est une solution
28:45court-termiste
28:45de communication,
28:47mais ça ne règle pas
28:48le problème systémique
28:49et culturel
28:50qui est beaucoup plus large
28:51et sur lequel
28:52il faut beaucoup plus
28:53de travail et du concret.
28:57Vous étiez,
28:58avec l'humanité,
29:00aux côtés des coiffeuses
29:01de Saint-Denis
29:01qui ont occupé leur salon
29:03et qui accusent
29:04leur patron de raquettes.
29:06On regarde un court extrait
29:06de notre vidéo
29:07et on réagit.
29:15Il manque le son, pardon.
29:17On l'ajoute.
29:18Oh là !
29:19C'est moi qui ai la souris,
29:21donc c'est ça.
29:22mon patron qui m'a déclaré
29:24deux heures,
29:25mais il m'a fait bosser
29:25de 10 heures à 20 heures.
29:26Un salaire de 300 poussières
29:28et souvent,
29:29quand je me plains,
29:30il me donne un peu
29:31en espèces.
29:31raquettés 250 euros
29:33en échange de leurs fiches de paye,
29:34les coiffeuses du 65 boulevard de Strasbourg
29:37à Paris se mobilisent.
29:39Elles occupent leur salon
29:40pour protester contre la raquette
29:41dont elles sont victimes.
29:43Ils prenaient chaque fin du mois
29:44les 250 pour,
29:46avant de nous donner
29:47les fiches de paye.
29:48Et quand moi,
29:48je lui demande,
29:49mais pourquoi tu prends
29:50250,
29:50les autres entreprises,
29:52c'est pas comme ça.
29:53Il dit non,
29:54que c'est obligé.
29:55Quand il n'est pas
29:55titre de séjour,
29:56il faut payer les 250.
29:57Quand le salaire vient,
29:58on retire,
29:59on lui donne en liquide.
30:00Dès qu'il est attenti
30:01de chez vous,
30:01il arrête.
30:02On n'a pas le congé payé,
30:03on n'a pas le jour de repos,
30:04c'est que le dimanche.
30:05Oui !
30:07Je suis payée
30:09379 euros,
30:10comme quoi deux...
30:12Donc vous étiez
30:13aux côtés de ces femmes
30:14il y a deux jours.
30:15Qu'est-ce qu'une politique
30:17municipale féministe
30:18peut faire concrètement
30:19pour s'attaquer
30:20à des inégalités
30:21qui sont là,
30:22dans ce cas-là,
30:22systémiques ?
30:24Alors là,
30:25pour le coup,
30:25c'est compliqué
30:26pour la ville
30:27d'intervenir,
30:28mais ce qu'on peut faire
30:29très concrètement,
30:29c'est soutenir leur lutte
30:30avant tout.
30:32En fait,
30:33dans ce quartier-là,
30:34à Château d'eau,
30:35mais on pourrait parler
30:36d'autres quartiers
30:37avec d'autres mono-activités
30:40salariées.
30:41Dans ce quartier-là,
30:42c'est des coiffeuses,
30:43ce sont des femmes.
30:44Et il y a 10 ans,
30:45il y a eu une grande lutte,
30:47celle du 57 boulevard
30:48de Strasbourg.
30:49J'étais là aussi,
30:51j'ai accompagné cette lutte
30:52et je suis allée jusqu'à témoigner
30:53dans le procès
30:54aux côtés de Bernard Thibault
30:56et de Rémi Féraud,
30:57le maire du 10e à l'époque.
30:59Je suis allée jusqu'à témoigner
31:00dans le procès.
31:01On a obtenu la condamnation
31:03d'auteurs
31:04qui sont allées en prison
31:07pour traite des êtres humains
31:09à des fins d'acception
31:11par le travail.
31:12C'était la première fois
31:13en France
31:14qu'on obtenait
31:15une telle condamnation.
31:17Donc c'était très important.
31:18Moi, j'ai pu accompagner
31:20leur lutte,
31:20interpeller les ministres
31:22à l'époque
31:23et on s'est beaucoup battus
31:25pour qu'il y ait une enquête
31:26sur traite des êtres humains.
31:27Ce qu'on a découvert
31:28à l'époque,
31:29malheureusement,
31:30il n'y a pas eu
31:31la vraie enquête,
31:32c'est qu'on parlait
31:33d'une centaine
31:34de salons
31:36de coiffure
31:37à Château d'Eau.
31:38On ne sait pas.
31:40On peut peut-être
31:41se dire qu'il n'y a pas
31:42100 salons
31:43où il y a de la traite
31:43des êtres humains.
31:44On peut espérer ça.
31:45Mais ça veut dire
31:46qu'il y a quand même
31:48potentiellement
31:49d'autres salons
31:50où il y a de la traite,
31:51donc d'autres victimes.
31:53Or, le parquet,
31:54à l'époque,
31:54n'a pas voulu enquêter sur ça.
31:55Le ministère de l'Intérieur
31:57n'a pas voulu
31:57aussi regarder
31:58ce qui se passait.
31:59On se retrouve
31:5910 ans après
32:00avec des femmes.
32:02Il y aura enquête,
32:03j'espère régularisation.
32:05Il va se passer des choses.
32:07Mais ce dont elle parle,
32:08le chantage au salaire,
32:10le chantage sur les droits,
32:12le chantage sur la régularisation,
32:15ce dont elle parle,
32:15là, il y a quand même
32:16beaucoup de choses
32:17sur lesquelles on retrouve
32:18des choses qui sont similaires
32:20à ce qu'on a pu dénoncer
32:22il y a 10 ans
32:22avec le 57 boulevard
32:24de Strasbourg.
32:25Donc nous,
32:25on peut saisir la directe,
32:28saisir les autorités nationales,
32:30accompagner les luttes.
32:32Et ça, c'est très important.
32:33Ça change quand même
32:34les choses
32:34d'avoir des élus municipaux,
32:37des maires,
32:37des adjoints
32:38qui se battent
32:39aux côtés des travailleuses.
32:40Ça change les choses
32:41par rapport à des villes
32:42où on ne va pas être là,
32:44où on ne va pas accompagner
32:46les luttes des salariés.
32:49Et ça change,
32:49y compris pour ces femmes salariées,
32:51de se sentir si tenues
32:52par des élus en écharpe,
32:54c'est aussi important pour elles
32:55parce que c'est elles
32:56qui se mettent en danger,
32:59c'est elles qui n'ont plus de salaire,
33:00c'est elles qui...
33:01Voilà, c'est pas facile,
33:02elles ne mettent pas...
33:03Donc personne ne mène
33:04de lutte,
33:04de gaieté de cœur.
33:05Et donc ce soutien politique,
33:07il est aussi important pour ça.
33:08En tant qu'élue locale,
33:11vous avez une présence sur le terrain
33:13qui est capitale,
33:15c'est ce dont vous venez de parler
33:16avec l'exemple de ces salons de coiffure.
33:19Vous avez aussi une espèce de responsabilité
33:22d'une politique locale globale
33:24pour les femmes,
33:25qui inclut également le logement,
33:27qui inclut également la garde des enfants
33:29pour les familles monoparentales, etc.
33:31Comment est-ce que vous réussissez
33:35ou non à vous distinguer
33:37des espèces de promesses électorales nationales ?
33:44C'est très compliqué
33:45de ne pas créer le désespoir
33:48des promesses électorales
33:49qui ne sont pas tenues,
33:50des discours qui vont toujours plus loin
33:53dans l'extrême
33:54et qui après ne sont jamais tenus.
33:56Moi, ce que j'essaye de faire,
34:00c'est de ne pas participer
34:02aux violences verbales,
34:04aux joutes verbales agressives
34:07sur les réseaux sociaux,
34:09dans les médias,
34:10avec les gens qui sont des républicains.
34:12J'essaye de tenir ça,
34:14c'est important pour moi
34:14parce qu'en fait,
34:17quand on est élu
34:18et qu'on est féministe,
34:20qu'on a cette conscience,
34:21je disais tout à l'heure
34:22que c'est grâce à la parité aussi,
34:24c'est pas pour être des hommes politiques
34:26toujours plus violents
34:27et qui participent
34:28au côté masculiniste
34:29du débat politique
34:32parce que les fake news,
34:34la violence aujourd'hui
34:35qui se diffuse partout,
34:37y compris dans les prises
34:38d'opposition des politiques
34:39dans les médias,
34:41ça influe sur le reste de la société.
34:43Les discours ont des conséquences
34:44et surtout quand on a
34:45des prises de parole publiques.
34:47Et donc, en tant que féministe,
34:48on a aussi cette responsabilité,
34:50en tant qu'élu féministe,
34:51on a cette responsabilité.
34:52Et là, moi, j'essaye d'être...
34:54Quand on a des programmes,
34:56de ne pas aller trop loin
34:57dans les campagnes.
34:58On voit les trucs dérivés
34:59où il y a plein d'annonces
35:00qui sont faites
35:01alors qu'on voit
35:01que ce n'est pas forcément faisable.
35:03Donc ça, non.
35:04De prendre, tout de suite
35:06après avoir été élu,
35:07de prendre la feuille de route,
35:08la liste de ce qui a été annoncé
35:10et de cocher point par point
35:11d'ici à la fin du mandat
35:13tout ce qui doit être réalisé.
35:15Je vous le dis, moi, par exemple,
35:17entre 2020 et 2026,
35:19l'intégralité des promesses
35:20qui a été faites en 2020
35:21ont été tenues,
35:22sauf une qui était
35:24le doublement du budget
35:25de l'égalité femme-homme
35:26pour la ville de Paris
35:27qui n'a pas été tenue.
35:28On a été très impactés.
35:31Tout à l'heure,
35:32on a parlé du budget de l'État
35:34par des budgets d'austérité
35:36qui ont descendu systématiquement
35:38le budget de la ville de Paris.
35:40Et du coup,
35:41la seule promesse électorale
35:42qui n'a pas été tenue,
35:43c'est celle-là.
35:44Et là, on a annoncé
35:45qu'on allait augmenter
35:47ce budget encore,
35:48même si on a eu des augmentations,
35:50mais il n'a pas été doublé.
35:51On va continuer à se battre
35:52pour que ce budget
35:53à l'égalité femme-homme
35:54puisse augmenter
35:55les associations nationalement
35:57sur les violences.
35:58Juste sur les violences,
35:58elles demandent 2,6 milliards.
36:01Moi, je souhaite qu'à Paris,
36:02on arrive à un budget
36:03à l'égalité femme-homme
36:04de 2,6 millions.
36:06C'est l'objectif
36:08que je souhaite obtenir.
36:10Il faudra se battre pour ça.
36:13Là, on est à 1,7 million.
36:16Vous voyez,
36:16je vise le 2,6
36:18juste en référence
36:19aussi à celui de l'État.
36:21Mais je pense
36:22qu'il faut qu'on obtienne
36:23ces budgets-là
36:24justement pour soutenir
36:25toutes ces associations
36:27qui ont besoin
36:28que la ville de Paris
36:29soit un rempart.
36:30Merci beaucoup,
36:31Hélène Vidal,
36:32d'avoir été avec nous.