- il y a 9 heures
À l'occasion d'un documentaire réalisé par Isabelle Curet, retour sur une initiative inédite menée à Dijon : un match réunissant joueuses et joueurs professionnels du DFCO. Une rencontre qui interroge la place de la mixité dans le sport, les stéréotypes de genre et les évolutions possibles du football.
Le documentaire entier est dispo ici : https://www.humanite.fr/sports/coupe-du-monde/foot-mixte-le-match-du-xxie-siecle-un-documentaire-disabelle-curet
Avec Mejdaline Mhiri, journaliste à l'Humanité, Isabelle Curet, Mélissa Plaza, footballeuse internationale et essayiste française, et Grégoire Kellin, géographe du genre.
Disponible en podcast https://www.humanite.fr/les-podcasts-de-lhumanite
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NewsTranscription
00:01Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur le Twitch de l'Humanité. Ce matin, on va parler de sport,
00:06de mixité et de champ des possibles autour d'un documentaire que l'Humanité est ravie de vous proposer.
00:11Avec ce documentaire, on va se demander, est-ce qu'un match de football réunissant des femmes et des hommes
00:16qui s'affrontent dans des équipes mixtes, est-ce que c'est possible ?
00:20Si aucun sport collectif ne propose de la mixité à haut niveau, en mai 2025 à Dijon, il y a
00:26eu une initiative d'un match regroupant les deux équipes professionnelles masculines et féminines du DFCO.
00:32Cette opposition a été captée par les caméras de la réalisatrice Isabelle Curé pour un documentaire de 52 minutes produit
00:38par Upside, disponible à la fin de l'émission et puis pour plusieurs semaines sur le site de l'Humanité.
00:44Donc on est ravis d'aborder tous ces sujets ce matin à l'Humanité. Isabelle Curé, bonjour.
00:49Bonjour.
00:50Isabelle Curé, vous êtes réalisatrice et pendant une petite heure, nous allons revenir sur votre documentaire qui s'appelle «
00:56Le match du XXIe siècle »,
00:57revenir sur la capacité à jouer ou non dans des sports collectifs en mixité.
01:02Et pour alimenter cette discussion, j'ai la chance d'avoir un très beau plateau avec deux invités de marque
01:07aujourd'hui à distance, mais tout de même présente avec nous, Mélissa Platza. Bonjour.
01:12Bonjour.
01:13Mélissa, vous êtes une ancienne internationale de football passée notamment par Montpellier et l'Olympique lyonnais.
01:18Vous êtes autrice du livre « Pas pour les filles » sorti en 2019 chez Robert Laffont, où vous parlez
01:23notamment des violences intrafamilielles que vous avez subies,
01:25ainsi que de votre prise de conscience politique, notamment à travers votre thèse sur les stéréotypes sexués explicites et implicites
01:32en contexte sportif.
01:34Aujourd'hui, vous êtes également conférencière et slameuse.
01:37Donc, vous êtes avec nous depuis Rennes. Et puis, sur le plateau, nous avons également Grégoire Kélin, géographe du genre,
01:45chef de projet lutte contre les violences sexistes et sexuelles et les discriminations pour l'association.
01:51Alice Mia, qui lutte globalement pour que le sport au féminin soit davantage reconnu.
01:56Vous aussi, vous êtes doctorant, puisque vous avez travaillé sur la pratique sportive comme facteur de résilience au géotraumatisme de
02:03viol.
02:04Et vous êtes co-rapporteur du rapport « Femme-Homme, bâtir des carrières, conquérir l'égalité » au Haut Conseil
02:09à l'égalité, un rapport qui a été produit en 2025.
02:12Donc, vous voyez, il y a du très, très haut niveau.
02:14Sur ce plateau, Isabelle, on va commencer par vous.
02:18Vous êtes plutôt initialement spécialisée sur les sujets culturels, de voyage, mais aussi de justice, puisque vous avez réalisé deux
02:26documentaires, dont un en immersion dans un cabinet d'avocats pénaliste et un autre sur la justice itinérante sur les
02:32îles en Polynésie.
02:33Et de la justice au football, il n'y a qu'à pas.
02:36Achraf Hakimi en sait quelque chose.
02:38Pourquoi est-ce que vous avez fait ce documentaire sur le football ?
02:42Parce que j'avais vraiment cette interrogation sur les espaces genrés, sur le fait qu'il y a la cour
02:48de récré, bien sûr, mais il y a aussi les skateparks.
02:52Tout est fait pour canaliser les garçons, parce qu'on a un peu peur d'eux, parce qu'il faut
02:55qu'ils se dépensent.
02:56Et les filles, elles traversent l'espace public et voilà, elles ne s'arrêtent pas, elles ne prennent pas l
03:03'espace.
03:05Et je m'étais dit, mais où ça commence ?
03:07Et je suis partie du sport roi, et comme c'est le foot, et comme j'ai toujours, il n
03:11'y a qu'une seule cour de récré.
03:12Donc même s'il y a des clubs de foot où les filles peuvent pratiquer, au moment de la récré,
03:17le moment où on se dépense, où tout le monde se dépense, elles n'ont pas leur place.
03:21Alors il faut préciser tout de suite que ce match, il a été impulsé, ce match en mixité, il a
03:26été impulsé par le tournage de votre documentaire,
03:28qui devait initialement être diffusé sur Canal+.
03:31Pourquoi est-ce que ce n'est pas diffusé sur Canal+.
03:32J'ai envie de dire, autant leur demander.
03:35Je pense que ça a été acheté par quelqu'un qui n'est plus là, et que le service des
03:40sports n'est pas complètement aligné avec cette idée.
03:43Ils ne nous ont pas soutenus quand on a organisé le match.
03:47Ils ne sont pas venus, ils n'en ont pas parlé.
03:50Je pense que ça ne correspondait pas à ce qu'ils avaient envie de promouvoir.
03:53Très bien.
03:54En tout cas, il sera disponible, vous pourrez le voir sur le site de l'Humanité, et pendant quelques semaines,
03:59vraiment, ne ratez pas ce documentaire de 52 minutes,
04:02qui est vraiment extrêmement intéressant.
04:03On va d'ailleurs regarder le tout premier extrait.
04:06Avec mes copines, on était relégués sur le bord de la cour, et on se prenait des ballons sur la
04:11tête.
04:16J'aurais bien aimé jouer dans l'équipe.
04:18Certes, j'étais une enfant empotée, mais un garçon comme moi, il était pris.
04:23Parce que les filles, c'est nul au foot.
04:25C'est connu, c'est scientifique.
04:27Ça a été décrété un jour à la récré de CE1.
04:30Je ne joue pas avec des filles.
04:31Sauf que moi, je regardais le terrain, et je voyais bien que ce n'était pas exactement le niveau de
04:36la Ligue des Champions.
04:40Grégoire, en tant que géographe du genre, une réaction peut-être à tous les éléments qui ont été dits dans
04:46l'extrait.
04:47Il y a notamment cette idée, ces chiffres qui sont donnés, que les garçons occupent 80% de la cour,
04:53qui savent déjà très bien en maternelle que potentiellement, ils sont ultra meilleurs que les filles,
04:59quand bien même, il n'y a pas avant 12 ans de différence physique.
05:03Sur l'occupation de l'espace, qu'est-ce que ça dit, cet extrait-là ?
05:08C'est une vraie priorité, en fait, c'est comment est-ce qu'on crée une différence fondamentale entre les
05:12femmes et les hommes
05:12à partir d'un critère un peu arbitraire.
05:15Oui, il y a des différences, et tant mieux, j'ai envie de dire, sinon tout le monde aurait les
05:18mêmes comportements.
05:19Donc c'est important d'avoir des différences.
05:22La problématique, c'est quand on les hiérarchise, quand on a des différences de valeur,
05:25et c'est ce qu'on crée à partir de la cour de récré.
05:27Ça a l'air de rien du tout, mais effectivement, les hommes peuvent occuper tout l'espace de la cour
05:31de récré,
05:32les côtés, le centre, avec souvent un terrain de foot ou en tout cas de pratiques sportives au milieu.
05:37Et les femmes, les filles en sont exclues.
05:39Donc dès le plus jeune âge, on va apprendre qu'on ne peut pas avoir les mêmes comportements dans la
05:42société,
05:43dans l'espace, qu'on a des normes, et qu'en fonction de son identité, on a le droit ou
05:47pas de jouer.
05:48Et ça crée un régime un peu de passivité, activité aussi, qui va avoir une influence sur le long terme,
05:52parce qu'en fait, on le retrouve dans l'espace public de manière durable,
05:55avec les espaces de street workout, des city-stads, effectivement, où on a 90-95% d'occupation,
06:01et quand on passe dans n'importe quelle ville de France, on retrouve la même problématique.
06:04Uniquement parce que la question du genre, elle n'a pas été pensée quand ces équipements ont été conçus.
06:09Et donc ça montre bien qu'il y a un impensé aussi de la mixité,
06:11et qu'aujourd'hui, si, comme tu le dis à la fin du documentaire,
06:15le sport reste la dernière frontière de la mixité,
06:17c'est aussi que le sport ne veut pas s'emparer de cette question-là pour l'instant,
06:20ou même si elle s'en empare, il y a des résistances vraiment importantes et fondamentales.
06:25Mélissa, de votre expérience, la mixité, c'est véritablement un tabou,
06:29dès le plus jeune âge, finalement, dans le sport ?
06:34Disons que, en fait, je vais rebondir sur ce que disait Dérégoire,
06:38en fait, on dit que le sport est un impensé, certes,
06:42mais moi, au sortir du documentaire, ce que j'ai compris et ce que j'ai réalisé,
06:46c'est que les hommes, comme toujours, refusent d'endosser leurs responsabilités
06:51pour que la mixité puisse advenir.
06:54C'est-à-dire que, dans le documentaire, à la fin, il y a un joueur qui dit,
06:57« Ouais, en fait, il faut que les filles, elles osent dans la cour de récréation. »
07:00Mais le problème, c'est jamais ça, en fait.
07:02C'est jamais que les filles n'osent pas, parce qu'elles osent toujours poser la question.
07:05Elles osent parfois même défier les interdits.
07:08Ce qui se passe surtout, c'est que les hommes refusent,
07:11et les garçons, d'ailleurs, dès le plus jeune âge,
07:13refusent de faire de la place aux filles.
07:15Donc, en fait, la question, c'est celle-là.
07:17C'est quand est-ce que les hommes vont endosser leurs responsabilités
07:20pour que la mixité puisse advenir ?
07:22Et je poursuis un petit peu là-dessus.
07:25Mais dans le documentaire, vous avez au tout début,
07:29on peut voir la réaction des femmes et la réaction des hommes.
07:32La réaction des femmes, c'est quoi ?
07:34C'est qu'elles sont inquiètes pour leur intégrité physique,
07:37mais malgré tout, elles ont envie de vivre l'expérience.
07:40Les hommes, ils ne sont pas inquiets pour leur intégrité physique,
07:43ils sont inquiets pour leur jour de vacances qui vient de sauter,
07:46parce qu'ils vont devoir jouer un match de foot avec des femmes.
07:49Donc, vous voyez, là, on a déjà une asymétrie.
07:52Et puis, on perçoit bien dans la réaction de ces messieurs
07:56qui sont pour le moins amusés,
08:00mais bien souvent plutôt dans le mépris de ce match qui va arriver.
08:06Et puis surtout, ils ne voient pas la responsabilité qu'ils ont
08:09pour que ça se passe bien.
08:10C'est-à-dire qu'ils vont dire,
08:12oui, il va falloir que l'arbitre soit vigilant.
08:15Alors qu'en fait, en premier lieu, c'est à eux d'être vigilants,
08:18de savoir quel impact mettre,
08:20quel engagement mettre pour que ça se passe bien.
08:22Et puis, on entend aussi à la fin un entraîneur qui dit,
08:26oui, les filles, elles ne peuvent pas suivre,
08:29il y a de la frustration.
08:30D'accord, elles ne peuvent pas aller aussi vite que les garçons,
08:33mais est-ce que les hommes ne peuvent pas s'adapter ?
08:35Et donc, peut-être mener les actions un peu moins vite
08:38pour que les femmes soient présentes devant le but.
08:40Et moi, je dis ça par expérience,
08:43et on y reviendra tout à l'heure sur l'étude en Suisse
08:46qui a été menée sur le sujet.
08:47Mais en Indoor, moi, je ne vis jamais cette expérience
08:50parce que le terrain est plus petit
08:52et donc il n'y a pas de problème de différence de vitesse.
08:54On arrive à jouer ensemble très bien.
08:56On va revenir sur cette idée-là,
08:57mais avant sur la réaction des joueurs et des joueuses,
08:59parce que c'est dans le tout début du documentaire.
09:02Quand leurs coachs respectifs viennent les voir,
09:04leur dire, bon, il faut qu'on vous dise,
09:06on vous prend par surprise,
09:08mais il va y avoir un match qui va être organisé,
09:10le dernier match de la saison,
09:12dans un match amical où on va mélanger.
09:15Effectivement, la stupeur qui se lit sur les visages
09:18et puis les craintes, Médicel l'a dit,
09:20assez vite concernant les femmes et les garçons
09:23qui restent un petit peu stoïques.
09:26On n'arrive pas bien à comprendre ce qu'ils pensent,
09:28mais effectivement, on décèle rapidement un peu de mépris
09:31ou en tout cas une véritable obligation.
09:35Isabelle, c'est aussi comme ça que vous l'avez senti.
09:37Ça fait partie des passages forts du documentaire.
09:40Comment vous l'avez vécu, ça ?
09:42Moi, j'attendais beaucoup de cette annonce.
09:44Je m'attendais à beaucoup de questions.
09:45Je m'attendais à ce que les joueurs et les joueuses réagissent.
09:51J'étais assez surprise de l'apathie,
09:54j'ai envie de dire, des garçons.
09:56Vraiment, à part des sourires moqueurs
09:58et à la fois, il y avait les caméras,
10:00donc ils n'osaient pas faire grand-chose.
10:04Il y avait un côté, oui, on n'a pas envie de le faire
10:07et surtout, on ne voit pas l'intérêt.
10:10Après, on reparlera de l'évolution, justement.
10:12Et les filles étaient vraiment, oui,
10:14il y a certaines jouées l'euro,
10:15mais finalement, elles sont parties avant le match.
10:19Il y a eu cette peur de la blessure qui était très, très forte.
10:21Donc, elles ont vraiment,
10:23je sais qu'elles ont aussi repoussé l'idée,
10:26mais elles se sont beaucoup plus prises au jeu
10:28et elles étaient quand même plus intéressées par l'idée.
10:30Moi, ce qui m'a vraiment surpris,
10:32c'est que j'ai filmé les deux annonces
10:34vraiment à 50 mètres l'une de l'autre parce qu'elles...
10:36Enfin, on parlera peut-être de l'état des filles de Dijon,
10:40mais elles...
10:42Enfin, voilà, alors, le centre d'entraînement,
10:44il y a deux bâtiments face à face.
10:47Et il n'y a aucun qui était là,
10:48genre, ah oui, je vais appeler machin.
10:50Enfin, ils ne se connaissent pas,
10:51ils ne se fréquentent pas, en fait.
10:53Oui, c'est ce qu'on comprend dans votre documentaire, effectivement.
10:55C'est qu'ils vivent les uns les autres en parallèle,
10:57ils s'entraînent en parallèle,
10:58mais finalement, ils ne se fréquentent jamais.
11:00Et effectivement, la réaction des joueuses et des joueurs
11:03est vraiment différente.
11:05Et ce qui est intéressant,
11:06c'est que vous avez à la fois capté la réaction collective,
11:08quand il y a l'annonce du coach face au groupe,
11:11et puis les questionnements qui sont soulevés
11:14dans les petits groupes.
11:16Et quand on voit les joueuses,
11:19il y a à la fois la peur des contacts,
11:23éviter les duels pour ne pas se blesser, etc.
11:26Mais il y a aussi des confidences qui sont faites à ce moment-là.
11:28Le fait qu'elles, finalement, elles ont déjà joué avec des garçons
11:31dans une position où elles étaient les seules,
11:33ou peut-être qu'il y avait une fille en plus,
11:35mais en tout cas, elles étaient en minorité.
11:37Et parfois, c'était la fille du groupe,
11:40et c'était comme ça qu'on définissait l'équipe.
11:43Et puis, il y en a une qui dit,
11:44les mecs, ils n'ont jamais voulu me faire de passe.
11:46Et ça, ça fait complètement écho à ce que disait Mélissa
11:49sur les garçons, ils font semblant d'ignorer
11:52que c'est eux qui refusent la mixité, en vérité.
11:55Oui, c'est assez touchant quand elle parle de ça.
11:59On a toujours ce prise de,
12:00c'est possible pour les filles d'y aller,
12:03parce qu'il y en a une qui y va.
12:04Et d'ailleurs, il pose la question, le coach, il dit,
12:06mais qui allait jouer dans la cour avec les garçons ?
12:09Toutes les filles qui sont dans l'équipe ont levé la main.
12:12Donc, ça montre qu'il faut une volonté particulière,
12:14il faut vraiment y aller.
12:16Et forcément, elles se sont prises des brimades.
12:17Et à un moment, après, en effet, après 12 ans,
12:19il commence à y avoir des différences physiques.
12:22Mais il y a ce côté chez les garçons de se moquer,
12:25refuser, brimer,
12:27jusqu'à que moralement,
12:29Léna, elle abandonne alors que ça se passait bien.
12:31Mais vous savez, Isabelle,
12:32c'est ce que je vous disais en préparation du match,
12:34quand on pose la question,
12:36qui était la fille qui jouait avec les garçons dans la cour ?
12:40Donc, je suis journaliste sportive depuis 15 ans.
12:41J'étais l'une de ces filles qui jouait avec les garçons.
12:44Et je pense qu'on était toutes dans ce cas-là.
12:46Je crois que les filles, les femmes,
12:48qui sont aujourd'hui dans le milieu de sport,
12:50correspondent quasiment toutes à ça,
12:52parce qu'on a toutes dû sortir de nous-mêmes
12:55pour réussir à s'imposer dans ce milieu.
12:57Mais ça dit en creux,
12:58à quel point est-ce que ce milieu,
12:59il se refuse littéralement à celles
13:03qui n'ont pas la tête un peu dure,
13:04et un peu tête brûlée,
13:06et qui vont se dire,
13:06non, mais j'en ai rien à foutre,
13:07cet espace, je l'ai investi,
13:08et qui ont déjà, à 4-5 ans,
13:10une forme de, soit de confiance en elles,
13:13soit des parents qui les ont mis au sport,
13:15et donc, du coup, elles ont pris confiance.
13:18Le milieu du sport se ferme
13:20à tous les types de profils, Mélissa.
13:22J'imagine que vous avez envie de réagir.
13:24Oui, et puis surtout le talent, en fait.
13:27On s'aperçoit que celles qui finissent
13:29par se faire une place,
13:31c'est celles qui font montre d'un grand talent, en fait.
13:36On refuse,
13:36et c'est ce que tu dis dans le documentaire, Isabelle.
13:40Quand tu dis, en fait,
13:40un garçon comme moi aurait eu sa place,
13:42c'est ça.
13:43C'est-à-dire qu'une fille
13:44qui n'est pas extrêmement talentueuse
13:46ne pourra pas prétendre
13:48à jouer dans la cour de récré avec les garçons
13:50et ne pourra pas prétendre
13:51à intégrer une équipe de garçons
13:52et trouver une place sur le terrain.
13:55C'est sûr.
13:55Et en même temps, il y a cette idée
13:57d'effectivement, l'un des joueurs
13:58qui réagit et qui dit
14:00« Nous, moi, je n'ai jamais proposé à une fille
14:02de jouer au foot.
14:03Quand je veux jouer au foot,
14:04je prends la balle
14:05et puis peut-être que les filles,
14:06elles ne veulent pas.
14:07C'est pour ça qu'elles ne viennent pas avec nous. »
14:08Donc, il n'y a jamais la prise de conscience
14:12que c'est bien une construction sociale
14:14qui s'établit dès le plus jeune âge.
14:15Il dit quand même juste après
14:17« En même temps, je ne sais pas
14:18si elles vont vraiment oser. »
14:19Et en fait, ça crée vraiment
14:20ce régime d'inégalité.
14:21C'est-à-dire, si je n'ai pas la capacité de rester.
14:24Sonia Bonbastor l'expliquait aussi très bien
14:26dans son livre.
14:26Elle dit « Moi, j'ai eu le courage
14:28de continuer, donc je me suis imposé,
14:30je me suis fait ma place.
14:31À côté, j'avais une copine,
14:32elle a arrêté. »
14:33Aujourd'hui, on se retrouve avec cette réalité
14:35qu'effectivement, potentiellement,
14:36oser le premier pas, on le fait
14:37quand on est une femme.
14:38Par contre, il y a tellement de barrières derrière
14:40que ça explique le différentiel qu'on a.
14:42Et on parle beaucoup de l'adolescence
14:43parce qu'il y a une grosse étude
14:44qui a été faite en début d'année.
14:45Mais en fait, le différentiel,
14:46il se crée déjà avant.
14:47C'est-à-dire que le premier pas
14:48pour franchir le club,
14:49c'est déjà une étape,
14:50souvent qui est faite.
14:51Mais derrière, c'est quoi
14:52les conditions pour rester
14:53et dans quelle mesure
14:54on a la possibilité de jouer.
14:55Et donc, c'est exponentiel après
14:57sur du haut niveau
14:57où effectivement,
14:58les conditions de pratique,
14:59et on peut reparler du DFCO
15:01qui est un bon exemple,
15:02ne sont pas du tout les mêmes
15:03entre les femmes et les hommes.
15:04Et donc, ce différentiel-là dure.
15:06C'est-à-dire que ça part d'un rien.
15:08Et puis, en fait,
15:09on se rend compte
15:09qu'au fur et à mesure,
15:10ça se construit.
15:11C'est un peu inconscient
15:12du côté des garçons,
15:16ils ne veulent pas.
15:17Et ça justifie aussi
15:18le fait de dire
15:18qu'il y a moins de femmes
15:19dans le monde du sport.
15:20La réalité aussi,
15:21c'est que dans le documentaire,
15:22il y a quatre coachs,
15:24pardon, c'est quatre hommes.
15:25C'est aussi un frein existant.
15:27Et il y a ce même argument
15:28de dire que les femmes
15:29sont peut-être moins intéressées
15:30par le monde du sport.
15:31En réalité,
15:32quand on fait des études d'opinion,
15:33le sport est bien présent.
15:34Donc, c'est comment est-ce
15:35qu'on construit une différence
15:36et on la renforce surtout
15:37par des habitudes.
15:38Oui, et puis,
15:40il y a un autre moment fort
15:41de votre documentaire.
15:42Il me semble,
15:44c'est cette expérience
15:45qui est faite aussi
15:47dans deux classes de maternelle
15:48sur des enfants
15:50à qui on demande
15:51de fermer les yeux
15:52et de s'imaginer
15:54en garçons pour les filles
15:55et en filles pour les garçons.
15:58Qu'est-ce qu'ils pourraient
15:59ou pas faire ?
16:01Pareil, Isabelle,
16:02ce moment,
16:03comment vous avez réussi
16:03à le capter
16:04et comment vous le voyez ?
16:05Alors, ce moment
16:07n'a pas été capté par moi.
16:08Comme je dis dans le film,
16:09c'est un extrait
16:10d'un documentaire dynamique
16:11qui s'appelle Ludivine Tomasi
16:13et qui a fait un film
16:14sur l'éducation à l'égalité
16:15et c'était vraiment
16:16le moment fort du film
16:17et cette séquence
16:18nous a un peu donné
16:19avec la production
16:20l'idée de faire ce match
16:22parce que justement,
16:23ils font cette séance.
16:25Je t'explique rapidement.
16:27En gros,
16:28ils demandent aux filles
16:29qu'est-ce qu'elles pourraient faire
16:30ou ne pourraient pas faire
16:31si elles étaient un garçon
16:32et elles demandent aux garçons
16:33la même chose
16:34mais si c'était des filles.
16:35Et ce qui est très frappant,
16:38c'est que tout de suite,
16:39les garçons disent
16:40qu'on ne pourra plus jouer au foot
16:42et les filles disent
16:42qu'on pourrait jouer au foot
16:43et la question n'est pas sur le sport.
16:45C'est vraiment...
16:46C'est ce qui leur vient instinctivement.
16:47On ne court pas vite et tout
16:48alors qu'à cet âge-là,
16:49il n'y a aucune différence
16:50et c'est assez effrayant.
16:52Ah oui,
16:53c'est complètement effrayant
16:54parce qu'on voit
16:55à quel point
16:55est-ce que c'est complètement intégré
16:58et que derrière,
16:59c'est ce que vous disiez Grégoire
17:00sur le rapport aussi à l'espace,
17:03du coup,
17:03ça crée tout ce qu'on constate plus tard,
17:07notamment que les femmes
17:08vont d'un point A à un point B
17:09quand elles sociabilisent plus tard
17:12en tant qu'adultes,
17:13là où les hommes s'attardent
17:14dans l'espace public.
17:15Oui, c'est ça.
17:16C'est aussi une façon
17:16de détourner le problème,
17:17par exemple,
17:18sur l'annonce.
17:18Les joueurs, pour rigoler,
17:20disent
17:20comment on va faire sur les douches ?
17:21Sur le terrain,
17:22à la limite,
17:22on peut s'arranger,
17:23sur les douches,
17:23on ne peut pas.
17:23Donc, on voit aussi
17:24comment on crée ces différences,
17:26cette imaginaire sociale
17:27qui est à la fois sexiste
17:29mais aussi hétérosexiste.
17:30C'est-à-dire que voilà,
17:31on crée cette différence
17:32et on la renforce
17:33avec l'idée que
17:35femmes et hommes
17:35ne peuvent pas être ensemble,
17:36ne doivent pas se voir ensemble
17:37plutôt que de réfléchir
17:39sur un régime de
17:40chaque personne a des différences
17:42et au sein même
17:42de la classe genre
17:44homme ou femme,
17:45on a des différences
17:46hyper importantes
17:46et on ne peut pas réduire
17:48à l'un ou à l'autre.
17:50Donc, on voit à quel point
17:51c'est imprégné
17:52et à quel point c'est difficile
17:53aussi de le remettre en question.
17:55C'est cette idée
17:55que c'est posé,
17:57voilà, c'est scientifique,
17:58les filles sont nulles.
17:59Non, ce n'est pas prouvé
18:00mais on a l'impression
18:01que ça allait
18:01parce que c'est des arguments
18:02qui sont revenus régulièrement
18:03dans le monde du sport.
18:04On l'a eu sur le saut en longueur
18:05à l'époque d'Alice Mia,
18:06on l'a eu sur le saut à ski
18:07dans les années 2000
18:08et systématiquement,
18:09on va trouver des arguments
18:11pseudo-scientifiques
18:12pour dire
18:12que les femmes risquent
18:14de se blesser,
18:15risquent de,
18:16si elles pratiquent du sport
18:17et en fait,
18:18c'est un moyen
18:18de les exclure tout simplement
18:20sur des bases
18:21qui n'ont jamais été prouvées.
18:23Mélissa introduisait tout à l'heure
18:23la question d'adapter,
18:25effectivement,
18:25c'est comment est-ce
18:26qu'on adapte le football
18:27mais ça veut dire
18:29s'interroger
18:30sur plein de questions,
18:31c'est-à-dire comment est-ce
18:32qu'il a été conçu de base,
18:33qu'est-ce qui fait
18:34qu'historiquement,
18:35on a un différentiel
18:35de performances
18:37ou de conditions socio-culturelles
18:38au-delà du biologique
18:39qui va influencer ça
18:40et toutes ces questions-là
18:41aujourd'hui,
18:42elles ne sont pas forcément
18:42prises en compte
18:43à leur juste valeur.
18:44Oui, sur la question
18:45de l'adaptation,
18:47effectivement,
18:48à la fin du match,
18:49il est beaucoup question
18:51de l'accélération.
18:53Quand les garçons,
18:54ils accélèrent
18:55durant le match,
18:57les filles peuvent
18:58moins les suivre.
18:59Ils ont été impressionnés
19:00et pareil,
19:01Isabelle,
19:02vous parliez
19:02de l'évolution
19:04qu'il y a eu
19:04entre les garçons réticents
19:05au début
19:05et donc je suppose
19:06qu'il était bien moins
19:08à la fin.
19:09Il y a cette idée
19:10de finalement,
19:11les filles,
19:11elles nous ont surpris
19:12par leur capacité technique,
19:14leur capacité
19:15à enchaîner
19:15les tâches.
19:18C'est vraiment dit
19:19plusieurs fois
19:20et en même temps,
19:21cette question
19:21de est-ce qu'il ne faudrait
19:23pas adapter les terrains
19:25pour faire en sorte
19:27que pour les gardiennes
19:28ce soit un petit peu
19:29moins difficile
19:29et que les accélérations
19:31mettent moins
19:32les filles en difficulté
19:33puisque de toute façon
19:34elles seraient moins nombreuses
19:35ou en tout cas
19:36plus courtes.
19:37Mais c'est aussi
19:37une manière
19:38de se demander
19:39à quel point
19:39est-ce que ce n'est pas
19:40une construction sociale
19:41qu'en permanence
19:44on réduise les terrains
19:45pour les filles,
19:46etc.
19:46Mélissa,
19:47qu'est-ce que vous pensez
19:48de tous ces enjeux-là ?
19:51Alors,
19:51plusieurs choses.
19:52En fait,
19:53déjà sur la cour de récré,
19:55oui,
19:55il y a une partie
19:56qui est évidemment
19:57construite socialement
19:58puisque quand on ne laisse
19:59pas la place aux filles
19:59pour jouer
20:00et pour développer
20:01leur habileté technique
20:03motrice,
20:04de fait,
20:04ça a des conséquences
20:05au long terme
20:06sur leur capacité motrice.
20:10Voilà.
20:11Et puis évidemment,
20:12au-delà de ça,
20:13sur la hiérarchisation
20:15et puis sur le fait
20:16d'occuper les espaces
20:17parce que dans la cour de récré,
20:19elles se cantonnent
20:19aux extrémités
20:20mais elles ont intégré aussi
20:21qu'elles ne peuvent pas
20:22traverser la cour,
20:23soit parce que c'est dangereux,
20:24et Isabelle le montre
20:25très bien dans le documentaire,
20:26soit parce qu'elles ont intégré
20:27qu'elles n'ont pas le droit
20:28et qu'elles doivent contourner
20:30tout l'espace des garçons
20:31pour pouvoir aller
20:32de l'autre côté.
20:32Donc ça,
20:33c'est la première chose,
20:35évidemment.
20:36Maintenant,
20:36sur la question
20:37des différences physiques,
20:39oui,
20:40elles sont existantes,
20:41peut-être qu'elles sont
20:44surestimées
20:45de par la socialisation
20:47différenciée
20:47des filles
20:48et des garçons,
20:48mais ça,
20:49encore une fois,
20:49c'est très difficile
20:50à évaluer.
20:52Une chose est sûre,
20:54c'est que cette différence
20:56biologique
20:56n'a jamais été prise en compte
20:59dans la pratique du football,
21:01c'est-à-dire qu'on a pensé
21:03un terrain de foot
21:04pour les garçons,
21:05avec un ballon de foot
21:06pour les garçons,
21:07avec une taille de but
21:08pour les garçons.
21:09Et d'ailleurs,
21:09il y a une étude suisse
21:10qui s'est inspirée
21:11d'une étude norvégienne
21:13de l'université de Trondheim
21:15et qui a mis les garçons
21:17dans les mêmes conditions
21:19dans lesquelles
21:20exercent les femmes
21:22le football.
21:23Ils ont gonflé,
21:24enfin,
21:25ils ont mis un ballon
21:25plus lourd de 200 grammes,
21:27ils ont agrandi les dut
21:28de 28 cm en hauteur,
21:30de 109 cm en largeur,
21:32et ils ont mis le terrain
21:3320 % plus grand,
21:35donc en proportion
21:36des différences biologiques
21:37qui existent
21:37entre les femmes
21:38et les hommes,
21:38et ils ont demandé
21:39à ces hommes
21:40comment ça se passait
21:41le foot
21:41dans ces conditions.
21:43Et ce qui est assez drôle,
21:44c'est qu'ils ont,
21:44évidemment,
21:44ils étaient tous
21:45super fatigués,
21:46ils n'étaient plus du tout
21:47du cible,
21:48donc c'était beaucoup
21:48moins fluide dans le jeu,
21:49et puis surtout,
21:50les gardiens,
21:50cette fois-ci,
21:51étaient vraiment mis à balle.
21:52Et donc,
21:53on s'est rendu compte
21:54que,
21:54en effet,
21:55c'est difficile
21:56de jouer dans des conditions
21:57qui ne sont pas adaptées
21:58à notre morphologie,
22:00et je le disais tout à l'heure,
22:01mais l'égalité femmes-hommes,
22:03elle ne se fait pas
22:04en niant les différences biologiques,
22:05mais bien en les prenant
22:07en considération
22:08pour bâtir
22:09des espaces
22:10et des terrains de jeu
22:11qui permettent à toutes
22:12et tous d'avoir
22:13les mêmes chances
22:14de réussite.
22:15Et je crois que c'est important,
22:17notamment,
22:17c'est ce que dit
22:18ce joueur à la fois du match,
22:19qui dit,
22:20on s'est rendu compte
22:21qu'à l'entraînement,
22:22dans les petits espaces,
22:23ils n'étaient pas du tout,
22:24il n'y avait pas de différence,
22:25ça marchait bien,
22:27et effectivement,
22:27sur grand terrain,
22:28on s'aperçoit
22:29que oui,
22:29ça peut poser problème.
22:30Et en fait,
22:32c'est vrai,
22:32quand on joue
22:33dans les petits espaces,
22:34les garçons le disent,
22:36il n'y a pas de problème
22:36au niveau technique,
22:38les femmes,
22:38elles sont aussi techniques
22:39que les garçons,
22:40c'est quand on est
22:41dans les grands espaces
22:42que là,
22:42les différences peuvent se faire.
22:43Donc,
22:44c'est comment repenser ça
22:45pour que la mixité
22:46puisse advenir.
22:46Avant de prendre
22:47les réactions en plateau,
22:48juste pour vous pousser
22:50à pousser encore plus loin
22:51justement les arguments,
22:53parce qu'on pourrait considérer
22:55que c'est des combats féministes,
22:58ou en tout cas,
22:58pour l'égalité femmes-hommes
22:59dans le sport,
23:00que de réussir à faire en sorte
23:01que les femmes jouent
23:03en 3-7 gagnant,
23:04à minima,
23:05dans les grands chelèmes,
23:06en tennis, etc.
23:07Ce que je veux dire,
23:08c'est qu'à chaque fois
23:09qu'on a réduit pour les femmes,
23:12est-ce qu'il n'y a pas l'idée
23:13que c'est un sous-sport
23:14ou une version moins intéressante ?
23:16Quand même,
23:17c'est du décathlon pour les hommes,
23:20c'est de l'heptathlon
23:20pour les femmes aux Jeux Olympiques.
23:22Il y a cette idée
23:23qu'elles sont moins fortes
23:24aussi physiquement,
23:26qui à la fois est une réalité physique,
23:29mais qui à la fois peut enfermer.
23:32Je suis assez d'accord.
23:34La question,
23:34c'est qu'il y a aussi
23:35selon les sports,
23:36il faut adapter.
23:36Parce qu'on se rend compte,
23:38par exemple,
23:38que sur l'ultradistance,
23:40en trail ou en cyclisme,
23:42par exemple,
23:43les femmes vont surpasser les hommes.
23:47Donc, il y a aussi la question
23:49de, OK,
23:50quelles sont véritablement
23:51les différences biologiques
23:52qui existent entre les femmes
23:53et les hommes
23:53et quels sont leurs effets
23:54sur les différentes performances ?
23:56Moi, concernant le foot,
23:58je vois plutôt ça
23:59un peu comme le basket.
24:00C'est-à-dire qu'au basket,
24:01on a adapté le ballon
24:02et on a adapté
24:03la hauteur de panier.
24:04Et vous voyez,
24:05en fait,
24:06ce qui se passe
24:06dans le football,
24:07notamment pratiqué
24:08par les femmes,
24:09c'est qu'au-delà
24:10du fait que c'est mal filmé
24:12et que souvent,
24:12il y a une caméra
24:13à 50 mètres
24:14qui accentue
24:14l'impression de lenteur
24:15dans le jeu,
24:16il y a aussi le fait
24:17que, par exemple,
24:18les gardiennes
24:18sont la risée
24:20du monde du foot,
24:21alors qu'en fait,
24:22il faut voir
24:23qu'elles sont placées
24:23dans des buts
24:24qui sont beaucoup trop grands
24:25pour elles.
24:25Une gardienne,
24:26en moyenne,
24:27elle fait quoi ?
24:271m75.
24:29Donc,
24:29vous ne pouvez pas mettre
24:30une gardienne
24:31qui fait 1m75 en moyenne
24:32dans les mêmes conditions
24:33qu'un homme
24:33qui fait 1m85
24:34voire 1m90.
24:36En fait,
24:36c'est aussi du bon sens.
24:38Donc,
24:38pour moi,
24:39là,
24:39l'adaptation du terrain de foot,
24:40c'est plus comme une adaptation
24:41qu'on a faite au basket,
24:43c'est-à-dire d'adapter
24:44pour que ça corresponde
24:45aux morphologies
24:46en moyenne des femmes.
24:48Ça ne veut pas dire
24:49qu'il n'y a pas
24:49des très grandes femmes
24:50et des petits hommes,
24:51mais en moyenne,
24:52les femmes font plutôt
24:53cette taille-là
24:54et les hommes font plutôt
24:55cette taille-là.
24:56Grégoire,
24:56Isabelle,
24:57des réactions ?
24:59Oui,
25:00oui,
25:01je pense en effet
25:02que la question aussi,
25:03c'est justement,
25:04on parlait d'une seule caméra
25:05très loin
25:06qui accentue tout ça
25:07et qui n'est pas très bien filmée.
25:08La question de réduire le terrain
25:10et de rendre aussi,
25:12peut-être,
25:12et des mi-temps plus courtes,
25:13c'est ce qu'ils disent à la fin,
25:14c'est peut-être aussi
25:14pour rendre le match
25:15plus télévisuel,
25:17c'est-à-dire
25:18comment on rend ça
25:19plus attractif ?
25:20Il y a eu,
25:21par exemple,
25:22le football,
25:23pardon,
25:23le tennis mixte
25:24à l'US Open
25:25cette année,
25:26ils ont fait un très gros événement
25:27qui a rendu
25:29l'événement très attractif,
25:31c'est que ça s'est joué
25:31en une journée
25:33le tournoi
25:34de tennis mixte
25:35à l'US Open
25:36avec que des stars,
25:37que les top 2,
25:39top 3,
25:39top 4 mondiales
25:40qui ont joué
25:41avec leur équivalent féminine
25:43et tout le monde
25:43a voulu venir
25:43et finalement,
25:45ça a été remporté
25:46par les seuls joueurs,
25:47vrais joueurs
25:48de double mixte
25:48qui ont participé
25:50au tournoi
25:50et ça le rend plus attractif,
25:52plutôt visuel,
25:53donc l'idée,
25:54c'est aussi
25:54comment on rend ça
25:55pour que les gens
25:57aient envie de regarder
25:58et donc la question
25:59se pose en effet
26:00d'adapter.
26:01Mais je voulais aussi
26:01revenir sur quelque chose
26:03sur le documentaire,
26:04on parle beaucoup
26:04des filles,
26:05mais je pense
26:06qu'il faut aussi
26:06parler des garçons
26:07dans le sens
26:07pas seulement
26:08qui refusent
26:09de s'adapter,
26:10mais on voit
26:10avec le film
26:11que quelle société
26:12on veut
26:13et le fait
26:13de séparer en effet
26:14que en prenant
26:16le genre
26:16avant les différences physiques
26:18et même
26:18quand elles commencent
26:18à apparaître,
26:19elles ne sont pas encore
26:20si importantes
26:20à 13, 14, 15 ans,
26:22même si elles commencent
26:23là à être vraiment
26:24importantes.
26:26Quelle société
26:27on veut
26:27dans cette culture
26:28de vestiaire ?
26:29Les garçons,
26:30on voit à la fin,
26:30ils sont beaucoup plus détendus,
26:32ils sont beaucoup moins
26:32dans la représentation,
26:33ils arrivent à s'ouvrir.
26:35Actuellement,
26:36on a cette idée
26:38qu'il n'y a aucun joueur
26:39professionnel
26:40en activité de football
26:41qui est ouvertement gay,
26:43ce qui semble
26:44absolument impossible
26:45et je crois que c'est
26:46pareil au rugby.
26:47Il y en a qui font
26:48leur coming out
26:49mais après
26:50ou à la fin
26:51de leur carrière sportive.
26:53Donc,
26:54oui,
26:55c'est comment
26:56les hommes
26:58ont aussi à gagner
26:58et la société
26:59en tant que telle
27:00a à gagner.
27:01Surtout avec ce mouvement
27:02actuel des incels
27:03et des gym bros
27:04qui justement
27:05refusent que les femmes
27:07arrivent
27:08sur les plateaux
27:09de muscu
27:09en disant
27:10qu'elles sont là
27:10pour faire les belles,
27:12qu'elles ne sont pas
27:12assez fortes.
27:16Juste,
27:16je voudrais qu'on regarde
27:18un deuxième extrait
27:19du documentaire
27:19parce que ce qui est intéressant,
27:21on parle beaucoup
27:21de football
27:22et de ce match-là,
27:25mais vous avez eu
27:26la volonté
27:27de faire une comparaison
27:29avec un autre sport
27:31où du coup,
27:32la mixité a été imposée
27:33en raison des Jeux Olympiques.
27:36On regarde
27:36cet échange-là.
27:39On a beaucoup répété
27:41avec nous trois,
27:42c'était
27:43« Prenez soin
27:44de vos filles ».
27:45Il y en a certains,
27:46ils n'ont pas pris
27:46tellement soin
27:47de leur coéquipière
27:48ou de leur barreuse.
27:48Ils ont arrêté,
27:49ils sont piétons aujourd'hui.
27:50Il ne faut pas aussi dire
27:51qu'il y a quand même
27:52moins dans la voile
27:53que de nous.
27:54Parce que dire
27:55qu'il faut prendre soin
27:56des filles,
27:56c'est un peu cliché.
27:59C'est un peu comme
28:00le bleu et le rose.
28:01T'as raison Lucie,
28:02dans le sens où
28:03la pratique féminine
28:04est quand même
28:05moins importante
28:06parce qu'aujourd'hui,
28:07la difficulté
28:07pour monter un équipage,
28:08c'est plutôt
28:08de trouver une féminine
28:09plutôt que de trouver
28:10un garçon.
28:11Et que demain,
28:11si tu dois, Pierrot,
28:13retrouver une barreuse
28:14de la qualité de Manon,
28:17ce n'est pas demain.
28:18Parce qu'une sportive
28:20qui s'implique
28:20dans le haut niveau
28:21comme ça,
28:21il n'y en a pas 5000.
28:23Tu prends soin de Manon,
28:24ou Pierrot ?
28:25Extrêmement beaucoup.
28:26Je pense que chouchouter,
28:27ce n'est pas le bon mot
28:28non plus.
28:29Je pense que
28:31en plus,
28:31vous n'attendez pas
28:32forcément ça.
28:33Pas du tout.
28:33En tout cas,
28:34je parle pour moi,
28:34mais que si moi,
28:35je n'avais pas
28:36des ambitions
28:37et des projets communs
28:38avec Matisse
28:39et que ça n'allait pas
28:40dans le bon sens,
28:41je suis sûre
28:42que j'aurais arrêté
28:42plus tôt.
28:43Isabelle,
28:44pourquoi est-ce que
28:44déjà vous avez voulu
28:45comparer ces deux disciplines-là,
28:48le football
28:48et puis la voile ?
28:50Ce n'est pas exactement
28:50une comparaison non plus.
28:53J'ai entendu parler
28:54du fait que
28:55la voile
28:56était devenue mixte.
28:58Au départ,
28:58je pensais aussi
28:59m'intéresser
28:59à l'Ultimate Frisbee,
29:00qui est un sport
29:01qui est conçu
29:02comme mixte
29:03et qui a plusieurs compétitions
29:04et qui est aussi
29:04très intéressant.
29:06Mais je trouvais ça
29:08intéressant aussi,
29:08cette bascule.
29:09On n'était pas mixte,
29:10c'est le CEO
29:12qui les oblige
29:13à devenir mixte
29:14parce qu'ils réduisent
29:15le nombre d'athlètes
29:16et le nombre de compétitions
29:18et du jour au lendemain,
29:19ils le deviennent.
29:20Et comment ils réagissent ?
29:21Alors,
29:22spoiler,
29:23ils réagissent très mal
29:24en tout cas,
29:26mais comme c'est une épreuve
29:27à JO,
29:28ils sont obligés
29:28de le faire.
29:29Et j'avais envie
29:30de voir comment les...
29:31Donc,
29:32ils disent d'ailleurs,
29:32ceux qui sont là,
29:33ils sont très ouverts
29:34et ils ont envie
29:35et ils sont surtout
29:36très performants.
29:37Mais il y en a
29:38qui ont juste dit
29:39« Ah non,
29:39moi, je ne naviguerai pas
29:40avec une fille,
29:41je ne vais pas régresser. »
29:42De toute façon,
29:43c'est ce que...
29:43Enfin,
29:44il y en a.
29:44En fait,
29:44à chaque fois,
29:45c'est des hommes.
29:45Parce que dans le match de foot,
29:48il y a aussi un homme
29:49qui refuse d'y prendre part.
29:52Mais on sent
29:53que c'est celles et ceux
29:55qui sont volontaires
29:56qui sont là.
29:58Et donc,
29:58il y a ce mode
29:59de l'encadrant
30:00qu'on sent à la fois
30:02très bienveillant
30:02avec le groupe
30:03et attaché
30:05à ce que les équipes
30:06performent
30:07et qui,
30:09finalement,
30:10reproduit aussi
30:10des comportements
30:11qui ne vont pas
30:12parce que le « prenez soin
30:14des filles »,
30:15tout de suite,
30:15ça fait effectivement
30:17tiquer ces jeunes femmes,
30:18Grégoire.
30:18Oui,
30:19c'est un peu la logique
30:19de sexisme bienveillant
30:21versus sexisme hostile
30:22qui a été mis en avant
30:24dans le dernier rapport
30:24du Conseil à l'égalité
30:25avec cette idée
30:26qu'en fait,
30:27justement,
30:27il y a plein de manières
30:27de le diffuser
30:28et de le rendre
30:30cette idée
30:31que les femmes,
30:32de toute façon,
30:32sont un petit peu moins fortes
30:33donc de toute façon,
30:34on va plus les accompagner
30:35dans le monde du sport.
30:35Et ça rejoint un peu
30:36la question de l'adapter,
30:37encore une fois,
30:38c'est prendre en compte
30:39les différences
30:40et les réalités physiologiques
30:41sans oublier
30:42qu'il y a aussi
30:42une vraie construction
30:44socio-culturelle derrière
30:45et qui va renforcer ça.
30:47Aujourd'hui,
30:47si le football,
30:48par exemple,
30:49ne prend pas du tout
30:49en compte le modèle féminin
30:51en termes de taille ou autre,
30:52c'est aussi une réalité scientifique.
30:54Il n'y a que 6% des études
30:55dans le champ du sport
30:56qui sont dédiées aux femmes.
30:58Ça explique pourquoi
30:59la question des,
31:00par exemple,
31:01protection hygiénique
31:02ou plus largement
31:03la prise en compte
31:04du cycle menstruel
31:05dans les performances,
31:06c'est une question récente
31:07parce qu'on l'avait mise de côté.
31:09Tout ce qui va concerner
31:09les femmes est mis de côté
31:11et à côté de ça,
31:12la mixité n'est pas pensée
31:13ou encore une fois,
31:14soit elle est rendue obligatoire
31:16et parfois,
31:17on revient dessus
31:17parce qu'on a aussi
31:18des exemples contraires
31:19aux Jeux Olympiques.
31:20Le tir sportif
31:21était mis jusqu'en 92,
31:22c'est une femme
31:23qui remporte l'épreuve
31:23et bim,
31:24l'année d'après,
31:25l'édition d'après,
31:26les femmes n'ont plus
31:27le droit de participer.
31:28Donc, ça montre aussi
31:28à quel point justement
31:29ça remet en question
31:30quand on a des effets importants.
31:34Et puis,
31:34l'autre aspect,
31:34ce qu'on n'a encore
31:35pas abordé directement,
31:36c'est l'homosociabilité
31:38et ses conséquences.
31:38Ça veut dire quoi ?
31:39Ça veut dire que le fait
31:40de ne pas être en mixité du tout,
31:42qui est un peu témoigné
31:43par cette non-volonté
31:45de jouer ensemble,
31:46ça crée aussi
31:46des comportements
31:47plus violents
31:48dans la société.
31:49Et là aussi,
31:50il y a des études,
31:50notamment,
31:50qui ont été faites
31:51sur les universités américaines,
31:52dans les sports collectifs
31:53où les hommes
31:54ne jouent qu'entre eux
31:55et qu'il n'y a pas du tout
31:56de diversité de pratiques.
31:57En fait,
31:57ça va renforcer
31:58la culture du viol,
31:59ça va renforcer
31:59les attitudes
32:00d'agression sexuelle
32:01ou autre
32:01auprès des étudiants athlètes
32:03et donc cet effet
32:04de groupe
32:04uniquement masculin
32:06a aussi des conséquences
32:07derrière sur la société
32:08et va renforcer
32:09finalement cette exclusion
32:10et non seulement
32:12le différentialisme
32:12mais des attitudes discriminatoires
32:14voire violentes
32:14envers les femmes.
32:15Mélissa,
32:16sur ce parallèle
32:17entre la voile
32:18et le football,
32:19vous qui êtes une ancienne
32:21footballeuse
32:21avec un sport
32:21que vous connaissez bien
32:22et puis peut-être la voile,
32:23je ne veux pas préjuger
32:24de vos parcours sportifs
32:25mais peut-être un sport
32:26a priori
32:26que vous connaissez moins,
32:28qu'est-ce que ça
32:29vous a inspiré
32:31ce parallèle-là
32:32entre les deux disciplines ?
32:34J'ai trouvé ça
32:36assez chouette
32:36en vérité
32:37de voir,
32:38alors évidemment
32:38le prendre soin
32:40en fait pour moi
32:40c'est de se faire
32:41prendre soin
32:42de toutes et tous
32:43en fait,
32:44c'est-à-dire que
32:45quand ils naviguent
32:45en forme
32:46ils devraient aussi
32:47apprendre à prendre soin
32:48des uns et des autres
32:49et on souffrirait moins
32:51de la virilité
32:53et des conséquences
32:54du coup de la virilité
32:56préventionnée
32:57à plein d'égards
32:58Lucille Pétavin
33:00mais c'est surtout
33:01qu'on se rend compte
33:02que, ok,
33:03ça a été une obligation
33:04ils ont dû s'y adapter
33:05ils étaient réticents
33:06au départ
33:06mais on sent
33:07qu'ils ont compris
33:09à la fois
33:10sur le plan
33:10peut-être physiologique
33:12et sur le plan sociologique
33:14que ça avait un intérêt
33:16c'est-à-dire
33:17qu'ils ont été obligés
33:18de repenser
33:20un peu leur manière
33:21de pratiquer la voile
33:22de ce que j'ai compris
33:22je ne suis pas une spécialiste
33:23comme vous l'avez dit
33:24mais je l'ai dit
33:25ils ont été obligés
33:26un petit peu
33:26de repenser
33:28leur rapport
33:28à la voile
33:29et en fait
33:30ils se sont rendus compte
33:30qu'en repensant
33:31leur rapport à la voile
33:32c'est-à-dire
33:32être dans un rapport
33:33peut-être
33:35moins sur le physique
33:37ils ont réussi
33:38à mieux performer
33:39et d'ailleurs
33:39ils le disent
33:40à un moment
33:40il me semble
33:41ils disent
33:41en fait
33:42il n'y a qu'en mixte
33:43qu'on a gagné
33:44des médailles
33:44aux Jeux Olympiques
33:45donc en fait
33:46ils ont d'un coup
33:47saisi l'intérêt
33:49parce qu'on a des femmes
33:50qui ont des qualités physiques
33:53qui sont différentes
33:54qui ont été socialisées
33:55différemment
33:56et qui leur amènent
33:57un autre éclairage
33:58un autre regard
33:59sur la pratique
34:00en leur disant
34:00regarde
34:01j'ai peut-être
34:02moins de force que toi
34:02mais regarde
34:03comment je fais
34:04et c'est tout aussi efficace
34:06voire peut-être même plus
34:07et je trouve
34:08quand ça
34:08c'était chouette
34:10c'était révélateur
34:11et ça permettait aussi
34:12de prendre conscience
34:13et d'ailleurs
34:13pour revenir sur le match
34:14de foot qui a eu lieu
34:16on se rend bien compte
34:17qu'en tribune
34:18les gens disent
34:19ah bah c'est mieux
34:20que d'habitude
34:20il y a plus de passes
34:21c'est-à-dire que
34:23ça s'est fait
34:24assez naturellement
34:25les hommes
34:26ont moins joué
34:27sur le physique
34:27et on est arrivé
34:28sur quelque chose
34:29de plus collectif
34:30plus construit
34:31et donc plus plaisant
34:32pour les spectateurs
34:33et je pense que ça
34:34ça doit être une leçon
34:35si on doit mettre en place
34:36la mixité
34:37il faut être dans cette dynamique-là
34:39de se dire
34:40ok
34:40on va être
34:42dans un engagement
34:43qui est réfléchi
34:46pour permettre aussi
34:47la sécurité
34:49parce qu'il ne faut pas
34:49qu'on mette les femmes en danger
34:50elles peuvent être réellement
34:51en danger
34:52et pour permettre aussi
34:53un jeu agréable
34:54à regarder
34:55et à pratiquer
34:57Isabelle
34:57comment vous expliquez
34:58que ce match
34:58il ait eu si peu
35:00de résonance
35:00finalement
35:01parce que
35:01en travaillant sur
35:02le documentaire
35:04j'ai vu que ça avait été
35:04pas mal repris
35:05dans les médias locaux
35:08aux biens publics
35:10etc
35:10et dans d'autres
35:11médias de ce genre-là
35:13mais finalement
35:14ça n'a pas eu
35:14une résonance
35:16nationale
35:17pourquoi
35:18votre avis
35:19alors qu'il y avait
35:20effectivement
35:20du monde
35:21et des spectateurs
35:21contents
35:22alors que c'était
35:23une première
35:24et que ça faisait référence
35:26puisque le titre
35:27c'est le match
35:28du 21e siècle
35:29et que ça fait
35:29clairement référence
35:30à l'affrontement
35:32qu'il y avait eu
35:33en tennis
35:34en 1973
35:35entre
35:36Billie Jean King
35:37et Bobby Riggs
35:38sur ce match
35:40du siècle
35:40qui avait eu lieu
35:41il y a une cinquantaine
35:42d'années
35:42pourquoi est-ce que celui-ci
35:44il a fait si peu de bruit
35:45et ben
35:46alors
35:48techniquement déjà
35:48parce que
35:49on n'était pas sûr
35:50que ce match
35:51allait avoir lieu
35:52jusqu'à
35:53parce que
35:53les filles
35:55avaient fini leur saison
35:56et étaient encore sous contrat
35:57et le DFCO
35:59ne savait pas
36:00s'il allait finir
36:013ème ou 4ème
36:02pour pouvoir passer
36:03les barrages
36:05pour pouvoir passer
36:05en Ligue 2
36:06oui sur les masculins
36:07qui étaient en nationale
36:08et sauf qu'ils ont fini
36:094ème
36:10et donc ils n'ont pas
36:10passé les barrages
36:11et donc ils ont pu jouer
36:13le match
36:13mais si jamais
36:14comme ça s'est joué
36:15un match avant la fin
36:16s'ils avaient gagné
36:18et ben
36:18on n'aurait pas
36:20d'accord
36:20donc il y a une raison
36:21de calendrier
36:22il y a une raison de calendrier
36:23et il y a aussi une raison
36:24qu'on
36:24alors
36:25on a essayé de contacter
36:27les gens
36:27on n'avait pas d'attaché
36:28de presse non plus
36:28mais
36:28on a vraiment reçu
36:31enfin voilà
36:32on a contacté
36:33le monde
36:34l'équipe
36:35surtout
36:35Saufoot
36:35enfin tous les
36:38les médias sportifs
36:39et vraiment
36:40on n'a eu
36:41aucune réponse
36:42après je pense
36:42qu'on aurait pu
36:43contacter peut-être
36:43plus de monde
36:44on est tombé
36:45en plein Cannes
36:45on a prévenu
36:46une semaine avant
36:46c'était à Dijon
36:47pas à Paris
36:50pourtant
36:50et Canal Plus
36:51ne nous a de toute façon
36:52pas soutenus
36:53puisqu'on avait mis
36:54le match plus tôt
36:55pour qu'ils puissent
36:56faire l'aller-retour
36:57et aucun d'entre eux
36:58n'a voulu venir
36:59et du côté fédéral
37:00parce qu'on sait
37:01aujourd'hui qu'il y a
37:01un championnat en mixité
37:02mais du côté de la FSGT
37:04donc qui a organisé ça
37:05par contre le refus de mixité
37:06il est accepté au niveau
37:07de la FFF
37:08donc est-ce qu'il y a eu
37:09un positionnement en tout cas
37:10par rapport à ce match-là
37:10ou pas du tout ?
37:11Ah sur la FFF
37:12je crois qu'on ne les a pas
37:14contactés
37:14parce que je crois
37:15que c'est théoriquement interdit
37:18donc on n'a pas spécialement
37:20ici de leur parler
37:23Grégoire je crois que vous
37:24vouliez réagir justement
37:25à ce qui avait été dit
37:26Oui c'était sur ce que disait
37:28Mélissa
37:28où il y avait un autre enjeu
37:30c'est le côté communication
37:31et bien-être en fait
37:31on se rend compte que
37:32ne serait-ce que
37:33le fait d'être avec des femmes
37:35va ouvrir une nouvelle vision
37:36il y a un des jeunes hommes
37:37à la voile qui dit
37:38en fait on se rend compte
37:39que quand on est entre hommes
37:41chacun va faire ce qu'il veut
37:42impose son idée
37:43et on n'a pas la possibilité
37:44de discuter sur le meilleur choix
37:45en fait à faire
37:46donc il y a cette aussi
37:47possibilité d'ouverture
37:49qui se crée
37:49et qui va amener
37:50des possibilités
37:51de meilleure performance
37:52au final
37:52de meilleure collaboration
37:55entre eux aussi
37:56et à l'inverse
37:57dans les tribunes
37:58côté foot
38:00la petite fille
38:00qui dit
38:01moi j'aime pas le foot
38:02mais quand les filles
38:03et les garçons
38:03sont mélangés
38:04bah j'aime bien
38:05c'est assez révélateur aussi
38:06de se dire
38:07ça peut ouvrir le champ
38:07des possibles
38:08ça peut inspirer
38:09et créer des nouvelles conditions
38:10de pratique ensemble
38:11qui sont juste plus justes
38:12et plus sympathiques
38:13pour tout le monde
38:14oui clairement
38:14il y a un vrai impact
38:15et depuis qu'on a commencé
38:17notre live
38:17il y a quand même
38:19un éléphant dans la pièce
38:20puisque
38:21on en a parlé
38:23rapidement
38:23on l'a évoqué
38:24très rapidement
38:24mais donc les filles
38:25de Dijon
38:26et ça fait partie
38:28des sections
38:28qui sont largement
38:29en danger
38:30on ne sait pas encore
38:31exactement
38:31j'ai passé quelques coups de fil
38:33hier auprès de journalistes
38:35pour savoir
38:35où est-ce que ça en était
38:36et en fait
38:37de ce que j'ai compris
38:38tous les clubs
38:39sont en train de passer
38:40devant la direction
38:41de contrôle
38:42qui vérifie que
38:44les clubs
38:45sont à l'équilibre
38:46mais que
38:46en raison
38:47alors c'est à chaque fois
38:48ce qui est dit
38:49de la baisse
38:50des revenus
38:51de la médiatisation
38:52concernant les masculins
38:53du coup
38:54une série de clubs
38:55qui ont à la fois
38:56une section féminine
38:57et à la fois
38:57une section masculine
38:59et bien
39:00et bien
39:00investissent
39:01beaucoup moins
39:02et donc
39:02comme Reims
39:03comme Nice
39:04et comme une série
39:05de clubs
39:06la section féminine
39:07de Dijon
39:07n'est pas du tout
39:08sûre de repartir
39:09en première division
39:11quand bien même
39:12elles sont
39:13sixièmes
39:14il y a une incertitude
39:15totale
39:16et on le sent
39:16un petit peu
39:17à la fin du film
39:18puisque
39:19celles qui sont filmées
39:20elles disent
39:20de toute façon
39:21moi je ne suis pas là
39:22l'année prochaine
39:23et donc
39:23je trouve qu'il y avait
39:24quelque chose d'intéressant
39:25aussi de ce club
39:25qu'on pourrait croire
39:27à l'avant-garde
39:28potentiellement
39:29sur les questions
39:31féminines etc
39:31et on voit bien
39:33que quelques mois plus tard
39:34le foot féminin
39:35est dans un tel état
39:36qu'elles vont peut-être
39:38sauter
39:39j'imagine que
39:40cette incertitude là
39:41et cette ambiance
39:43de travail là
39:43Mélissa
39:44ne vous est pas étrangère
39:46telle surprise
39:48non non
39:48rien de neuf
39:49sous le soleil
39:49la misogynie
39:51le femme washing
39:53les femmes sont
39:54comme d'habitude
39:54en période de crise
39:56la variable d'ajustement
39:58il n'y a rien de nouveau
39:59et d'ailleurs
40:02vous disiez
40:03section féminine
40:04et moi
40:04je n'aime pas
40:05le terme féminine
40:06parce que pour moi
40:07ça fait référence
40:08à la féminité
40:08et au stéréotype
40:10de genre
40:10en fait
40:11et pas aux femmes
40:13d'ailleurs
40:13à ce titre
40:14j'en profite
40:15pour vous dire
40:16que j'ai
40:17un titre
40:17qui sort
40:18aujourd'hui
40:19au sein de l'album
40:19140 BPM
40:20qui s'appelle
40:21football féminin
40:21je vous invite
40:22à l'écouter
40:22parce que
40:23je pense que
40:24ça va être
40:24une bonne manière
40:25pour beaucoup
40:26d'apprendre
40:26à parler
40:27du football
40:28pratiqué par les femmes
40:29différemment
40:30mais non
40:31c'est sûr
40:31que c'est déplorable
40:32et on s'aperçoit
40:35enfin moi
40:35la leçon
40:36que j'en tire
40:37c'est que finalement
40:37ce film
40:39c'était
40:40un coup de com'
40:41c'était du
40:42famewashing
40:43parce que
40:43quand on est
40:44dans une
40:45dans une situation
40:46difficile
40:47on s'aperçoit
40:48que les premières
40:49qui sautent
40:49ce sont les femmes
40:50donc c'est triste
40:52à dire
40:52mais en même temps
40:53c'est vraiment
40:53le reflet
40:54de ce qui se passe
40:55dans le football
40:56parce que le football
40:57pour moi
40:57est quand même
40:58le dernier grand bastion
41:00le dernier grand bastion
41:02de la misogynie
41:02c'est à dire
41:03qu'il y a le sport
41:04bien sûr
41:04mais le football
41:05en particulier
41:07est un sport
41:09particulièrement
41:10imperméable
41:10à ce qui se passe
41:11dans la société
41:12je trouve
41:13Isabelle
41:13le film
41:14il a été tourné
41:15il y a un an
41:15en mai 2025
41:17là donc on est
41:18à l'été
41:19de 2026
41:21mais il y avait déjà
41:21cette incertitude
41:23qui planait
41:23sur l'avenir
41:25des joueuses
41:27oui
41:27il y avait une incertitude
41:30il y a des choses
41:31qui étaient sorties
41:31dans la presse
41:33qui avaient été niées
41:33par le club
41:34comme quoi
41:34ils allaient se séparer
41:35de leur section féminine
41:37et ça
41:38l'année dernière
41:38elles ont fait
41:39top 4
41:40elles ont joué
41:41les playoffs
41:41donc elles avaient
41:43une bonne équipe
41:44donc elles ont aussi
41:46été repérées
41:46par d'autres clubs
41:47ce qui fait que
41:48beaucoup sont partis
41:49oui les meilleurs
41:50entre les étrangères
41:52et donc il y a eu
41:54un gros renouvellement
41:55de l'équipe
41:55elles ont quand même
41:56fait 6ème
41:58notamment Océane
41:59qui est au PFC
42:00maintenant
42:00et qui a fait
42:02une très belle saison
42:05oui et donc
42:05il y a eu
42:06cette incertitude
42:07et je pense
42:07que le repreneur
42:08du club
42:08était déçu
42:11par le fait
42:11que malgré
42:12leur bonne saison
42:12et malgré
42:13le fait
42:14que parfois
42:14il y avait
42:14des gros clubs
42:15qui venaient
42:15les gens
42:16ne venaient pas
42:17mais je pense
42:18qu'elles n'avaient
42:18aussi pas les moyens
42:19d'y arriver
42:20dans le sens
42:20où elles n'ont pas
42:20d'équipe dédiée
42:21il n'y a personne
42:22qui communique
42:23que pour elles
42:23et elles ont besoin
42:25pour faire venir
42:26du monde au stade
42:28de pouvoir communiquer
42:29et de pouvoir donner envie
42:30oui c'est ça
42:31effectivement
42:31il y a un repreneur
42:32on se demande
42:33si définitivement
42:35il va y avoir
42:35un repreneur
42:36qui va reprendre la section
42:37alors d'après le club
42:39il y en a un
42:39la question c'est que
42:40je crois qu'il faut faire
42:41les documents très vite
42:42et je crois qu'ils sont
42:43en retard
42:44donc je crois que
42:45l'avenir est très incertain
42:47et visiblement
42:48beaucoup de filles
42:49sont déjà parties
42:50c'est assez révélateur
42:51aussi de
42:53pardon vas-y
42:53non non
42:55j'allais te dire
42:55ils peuvent pas
42:56ils ont à quoi poney
42:56c'est ça
42:59en fait c'est assez révélateur
43:00des dynamiques qu'on a
43:01sur la place des femmes
43:02dans le sport
43:03avec deux visions
43:03c'est à dire d'un côté
43:04on a les audiences
43:05qui augmentent
43:06et l'affluence dans les stades
43:0741% sur la saison
43:09une convention collective
43:10qui est enfin
43:11dans les tuyaux
43:12au niveau du football
43:13pour protéger les droits
43:14que l'on attendait
43:14depuis trois ans
43:15exactement
43:16et une proposition de loi
43:17en ce moment à l'Assemblée
43:18aussi qui va potentiellement
43:20rajouter le côté
43:21principe de solidarité
43:22entre les équipes
43:23féminines et masculines
43:23la création de ligues pro
43:25féminines aussi
43:26entièrement
43:26et d'un autre côté
43:27cette reconnaissance
43:28qui est totalement différente
43:30qui est exprimé aussi
43:31par le fait que les instances
43:32de Dijon explique
43:33de toute façon
43:33il y aura toujours du football
43:34féminin à Dijon
43:36mais en fait
43:36c'est quoi les conditions derrière
43:37et cette égalité de conditions
43:38aujourd'hui elle n'est pas posée
43:39on parlait d'égalité
43:40dans la différence
43:41et ça on peut reconnaître
43:42le fait qu'on a une équipe
43:43féminine et masculine
43:43par contre
43:44à quel moment il y a des égalités
43:46de conditions de pratique
43:48et cette reconnaissance
43:49où en fait
43:49oui on a le match
43:50sur la mixité
43:51et puis à côté
43:51on a les joueuses de Dijon
43:52qui sortent un communiqué
43:53en disant
43:53ben en fait
43:54on est indésirable
43:55depuis le premier jour
43:55on n'a jamais vraiment voulu
43:57nous entièrement
43:58on est là
43:59on fait office
43:59de belles figures
44:01parce qu'effectivement
44:01quatrième, cinquième
44:02il y a du positionnement
44:03au niveau de l'AD1
44:04pourtant
44:04les conditions ne sont pas là
44:06et ça c'est vraiment représentatif
44:07de l'ensemble du mouvement sportif
44:08malheureusement
44:10très bien
44:10et bien merci
44:11beaucoup
44:11de belles vitrines
44:12oui
44:13parce que
44:14oui allez-y
44:15mais on sait que
44:17souvent en plus
44:18les femmes sont la vitrine
44:19des clubs
44:20c'est-à-dire qu'en plus
44:21elles leur servent
44:23elles servent
44:23aller chercher des partenariats
44:25qui ne nous reviennent jamais
44:27en fait
44:29merci à tous les trois
44:31d'avoir participé
44:32à cet échange
44:32peut-être le dernier mot
44:33de la fin pour Isabelle
44:34puisque c'est votre documentaire
44:36est-ce que vous
44:37voilà
44:37il y a une dernière idée
44:38que vous avez envie
44:39de partager
44:40non moi je pense que c'est un
44:41si vous pouvez regarder
44:43le documentaire
44:43c'est super
44:44et surtout
44:44c'est un moyen d'ouvrir le débat
44:46ça pose plein d'interrogations
44:48et il n'y a aucune réponse définitive
44:51mais je pense qu'on ne se pose
44:52jamais la question
44:53de la mixité
44:54dans le sport
44:55et ce que ça implique
44:56sur notre société
44:57donc voilà
44:59regarder le documentaire
45:00et débatter avec
45:01avec tout le monde
45:02en fait
45:02très bien
45:03merci beaucoup Isabelle
45:04merci beaucoup Grégoire
45:05Mélissa
45:06à distance
45:06merci de votre participation
45:08et puis à très bientôt
45:09sur le Twitch de l'UMA
45:11merci d'avoir regardé cette vidéo
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