00:00Nous sommes dans cette matinée du 2 octobre en attente des nouvelles de la Global Summit FETIA.
00:05Je suis avec Fabien Gué, directeur du journal L'Humanité et sénateur PCF,
00:09et avec Maud Verniel, co-directrice de la rédaction du journal L'Humanité.
00:14Maud, quelles sont les informations que nous avons à ce stade ?
00:17Bonjour Raph et bonjour à tous.
00:20La première des choses, c'est qu'il faut rester encore extrêmement prudent sur les informations qu'on a.
00:28Nous, ce qu'on peut vous dire, on avait évidemment une source directe,
00:32puisque notre journaliste Émilien Urbach faisait partie de la flottille,
00:36fait partie de la flottille, était présent à bord du bateau qui s'appelle le Mia Mia.
00:41Donc on a eu son témoignage direct jusqu'à à peu près 3 heures du matin.
00:47Les faits dont nous sommes absolument certains, c'est qu'en effet, à partir de 21 heures à peu près
00:53hier soir,
00:54l'armée israélienne, après cette livrée, on l'a expliqué dans nos colonnes,
00:59à des tentatives d'intimidation, s'est approchée des bateaux déjà les nuits précédentes, les heures précédentes,
01:05serait donc intervenue à partir de 21 heures en arrêt sonnant deux premiers bateaux.
01:12À l'heure où on vous parle, nous n'avons plus de contact avec Émilien depuis à peu près 3
01:19heures du matin.
01:20Il semblerait que son bateau, donc le Mia Mia, qui était un des derniers à ne pas avoir été arrêté,
01:28soit en cours d'arraisonnement également.
01:33Dorénavant, nous avons les informations, donc non plus d'Émilien,
01:36puisque de toute manière, comme vous le savez, les communications sont brouillées.
01:40On en a eu une autre du bateau qui a dû avoir du réseau à un moment à 5 heures
01:46du matin,
01:47en tout état de cause. A priori, au moment où on se parle, le bateau doit être arraisonné,
01:54ou dans les minutes qui viennent. On aura la confirmation, peut-être d'ailleurs maintenant, pendant l'émission.
01:59D'accord, donc pour résumer, on a des bateaux qui ont été déjà arraisonnés, des bateaux qui sont encore...
02:04Une très grande partie, on a à peu près 90% des bateaux de la flottie qui semblent avoir été
02:09d'ores et déjà arraisonnés.
02:10D'accord, donc on a quelques bateaux quand même qui continuent leur chemin vers Gaza.
02:16C'est très difficile à ce stade d'avoir des communications, elles se coupent petit à petit.
02:21Fabien Gué, est-ce que, de ton côté, tu as des nouvelles du Quai d'Orsay ?
02:26Est-ce que tu as d'autres nouvelles pour compléter ce qu'a dit Maud ?
02:30Non, nous n'avons pas plus de nouvelles fraîches.
02:33Nous sommes en lien avec le Quai d'Orsay, mais qu'il n'y a pas l'air d'avoir
02:36des nouvelles plus fraîches que nous,
02:39puisque, il y a quelques minutes, il nous disait que le premier bateau était aux alentours de 100 km des
02:48côtes de Gaza.
02:50Lorsque nous, nous savons qu'à 7 heures, un des bateaux était aux environs de 15 km de Gaza.
02:57Potentiellement, c'était un des bateaux qui s'approchait le plus et qui, à l'heure où on se parle,
03:04devrait être arraisonné,
03:05mais évidemment, nous mettons toutes les précautions.
03:07Donc, il n'y a pas plus de nouvelles fraîches.
03:09Mais nous, nous l'avons dit dès hier soir, d'abord, nous condamnons les arraisonnements dans les eaux internationales.
03:16Je rappelle que c'est contraire aux droits maritimes et aux droits internationaux.
03:20Ce n'est pas la première fois.
03:21Il y a déjà eu deux flottilles.
03:23On se rappelle aussi de 2010, une intervention qui avait coûté la vie à 9 militants et militantes de la
03:30paix.
03:31Donc, là, la France doit parler d'une voix claire.
03:35Le gouvernement israélien intervient dans les eaux internationales, contrairement aux droits internationaux.
03:41Et on ne sent pas que la condamnation soit à la hauteur des faits extrêmement graves qui sont en cours.
03:47Et la deuxième chose que nous demandons, c'est évidemment la protection consulaire au plus vite pour l'ensemble des
03:52ressortissants.
03:53Je rappelle qu'il y a des députés, des humanitaires, des médecins, des syndicalistes, notamment de la CGT, et Émilie
03:59Auerbach, notre journaliste, le seul journaliste français d'un quotidien national qui est présent sur cette flottille.
04:08Et s'ils sont arraisonnés, on pense qu'ils sont en cours, nous demandons la libération immédiate, évidemment, de notre
04:17journaliste et de l'ensemble des ressortissants français.
04:19Et nous espérons aussi que, contrairement aux dernières fois, l'aide humanitaire ne soit pas détruite, mais soit remise, évidemment,
04:27à des ONG sur place pour qu'elles puissent, évidemment, bénéficier à la population de Gaza qui vit un génocide
04:33en cours et une famine extrêmement grave.
04:37L'ONU, quatre organisations de l'ONU l'ont reconnue depuis le mois d'août.
04:40Donc, cette aide humanitaire complétée avec les camions qui attendent aux portes de RAFA est nécessaire pour l'ensemble de
04:46la population de Gaza.
04:47Est-ce qu'il y a une chance qu'ils atteignent les côtes ? Et qu'est-ce qui va
04:51se passer ? Qu'est-ce qui peut se passer s'ils atteignent les côtes de Gaza ?
04:54Notamment le dernier bateau qu'on évoquait tout à l'heure. C'est très peu probable qu'ils atteignent les
05:00côtes, puisqu'ils sont quand même encerclés par l'armée israélienne.
05:05Ce qu'on sait, c'est qu'ils ont préparé les choses sérieusement et qu'il existe un protocole dans
05:10la flottie dont on a eu connaissance.
05:12Et donc, ils ne sont pas censés du tout s'approcher de trop près des plages de Gaza.
05:20Et qu'a priori, dans le protocole, il y aurait une demande pour que les vivres et les médicaments qu
05:27'ils ont à bord soient livrés aux Gazaouis,
05:32sans que l'équipage du bateau ne mette un pied sur le sol de Gaza.
05:38Donc ça, c'est le protocole qu'ils ont.
05:39A priori, ce n'est pas le plus probable. Il est fort probable que ce bateau soit arraisonné vraiment dans
05:46les heures qui viennent.
05:48Après, il y a peut-être autre chose de très important qu'Emilien nous a bien expliqué hier dans les
05:54dernières conversations qu'on a eues avec lui.
05:56C'est le poids de la solidarité mondiale.
06:01Parce qu'il faut rappeler quand même que c'est 44 pays qui sont présents dans cette flottille.
06:06Il nous expliquait, par exemple, que lui était avec des camarades tunisiens qui apprenaient qu'au moment où ils allaient
06:13se faire arrêter,
06:15les vidéos qu'ils tournaient étaient projetées sur un théâtre populaire de Tunis.
06:21Et c'est vrai que c'est ce qui leur donne la force de continuer, parce qu'il faut quand
06:24même du courage pour s'embarquer jusqu'au bout de cette mission.
06:30Et que la solidarité, là, aujourd'hui, plus que jamais, doit redoubler.
06:35Elle n'est pas suffisante en France quand on compare à d'autres pays.
06:38On pense notamment à l'Espagne.
06:41Et là, dans les heures et les jours qui viennent, la solidarité va compter à la fois pour faire pression
06:48sur le gouvernement israélien,
06:50pour qu'il les libère et qu'il les fasse revenir le plus vite possible,
06:53mais aussi du côté des autorités françaises, qui ont été quand même, jusqu'à maintenant, d'un silence complice,
07:01qui n'ont absolument pas, comme l'Espagne de Pedro Sanchez, engagé l'armée française pour protéger cette flottille humanitaire,
07:09non violente, il faut le rappeler, pacifiste, internationaliste.
07:12Donc la solidarité, aujourd'hui et demain, va devoir redoubler et va compter énormément pour eux qui attendent notre soutien.
07:19Maintenant, c'est quoi la suite ? Est-ce qu'il va y avoir des rassemblements, des mobilisations ?
07:22Qu'est-ce que les gens qui nous regardent, nos lecteurs, nos lectrices, les gens sur les réseaux sociaux peuvent
07:27faire ?
07:28Comme le disait Maud, il faut faire grandir la solidarité internationale, il faut se mobiliser, il faut se réunir.
07:35Hier soir, des centaines de jeunes se sont rassemblés spontanément en place de la République,
07:41comme les dernières fois avec les deux flottilles.
07:44Très vraisemblablement, ce soir, d'autres centaines, voire des milliers de jeunes se rassembleront.
07:50Nous y serons, avec elles et eux, dans notre diversité, notre unité.
07:55D'abord, pour faire pression sur le gouvernement français, pour qu'il assure la sécurité de nos compatriotes.
08:01Évidemment que le consulat et l'ambassade sur place réalisent la protection consulaire.
08:07Et faire grandir le mouvement international, parce que l'objectif, c'est briser le blocus,
08:13briser le silence qui entoure le génocide en cours.
08:18Et que, évidemment, le geste qu'a fait Emmanuel Macron en reconnaissant l'État palestinien,
08:23maintenant se concrétise dans les actes, c'est-à-dire qu'il y a un cessez-le-feu,
08:28qu'on mette fin à ce génocide en cours, que l'aide humanitaire rentre,
08:33que les otages soient libérés, mais aussi les prisonniers politiques palestiniens,
08:36que la colonisation cesse, l'apartheid aussi.
08:39Bref, et cela, on pourra le faire grandir, que si on fait grandir la solidarité internationale,
08:44en obligeant le gouvernement à sanctionner le gouvernement israélien,
08:48parce qu'il n'y a que les sanctions qui feront plier ce gouvernement d'extrême droite israélien
08:54pour mettre fin à ce massacre en cours.
08:57Donc voilà, ce soir, très probablement, il y aura un rassemblement, nous y serons.
09:02Et tant que l'ensemble des 55 ressortissants, dont Émilien et tous les autres, ne seront pas revenus,
09:08nous nous rassemblerons tous les soirs et partout.
09:11L'humanité va continuer à jouer évidemment son rôle là-dedans,
09:15en racontant heure par heure et jour par jour dans le quotidien,
09:18dans le magazine, sur les réseaux sociaux, et on sera amené à prendre des initiatives.
09:23Très bien, merci à vous deux, on suit évidemment ça,
09:26et puis vous nous tenez au courant pour le reste de la flottille et Émilien.
09:30Merci.
09:31Merci.