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  • il y a 2 jours
Véronique Miallier, présidente de l’association La Bourbonnaise pour elles, et Yannick Monnet (PCF), député du groupe GDR, rapporteur d’une loi, adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, qui vise à garantir la prise en charge intégrale des soins liés au traitement du cancer du sein par l’Assurance maladie et la Sécurité sociale, lancent l'alerte et interpellent le gouvernement sur le plateau de l'Humanité. Adoptée il y a un an et publiée au Journal officiel le 5 février 2025, la loi n’est toujours pas appliquée, faute de décrets d’application.

Signer la pétition : https://yannickmonnet.fr/tous/a-la-une/petition-cancer-du-sein-la-loi-votee-doit-etre-appliquee-maintenant/

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Transcription
00:01Aujourd'hui, nous recevons Véronique Mialier, qui est fondatrice de l'espace d'accompagnement thérapeutique à Quantes, à Moulins,
00:08et également présidente de l'association La Bourbonnaise pour elle.
00:12Oui, bonjour.
00:13Bonjour. Et nous avons également avec nous Yannick Monnet, qui est député du groupe GDR.
00:18Bonjour.
00:19Et qui est rapporteur d'une loi à l'Assemblée nationale qui a été adoptée à l'unanimité.
00:27Cette loi vise à une prise en charge intégrale des soins liés au traitement du cancer du sein par l
00:34'assurance maladie, par la sécurité sociale.
00:36Elle a été adoptée il y a un an.
00:40Et c'est pour cette raison qu'on est tous ensemble aujourd'hui pour en parler.
00:45L'objectif de notre rencontre, finalement, ça va être de lancer un peu un cri d'alerte et de finalement
00:51interpeller le gouvernement.
00:53Parce que cette loi votée le 5 février, parue au journal officiel le 5 février 2025, n'est toujours pas
01:00appliquée.
01:01Parce qu'il manque les décrets d'application.
01:04Donc nous allons échanger sur ce sujet-là.
01:07Mais peut-être directement pour commencer, rentrer dans le vif du sujet.
01:11Qu'est-ce qui fait qu'en fait cette loi, un an après, elle n'est pas encore appliquée.
01:15Alors qu'elle concerne quand même 700 000 femmes.
01:18C'est 700 000 femmes en France qui sont atteintes d'un cancer du sein et qui attendent d'être
01:24aidées financièrement.
01:25Parce que le cancer du sein n'est pas pris en fait à 100% par la sécurité sociale.
01:30Il reste ce qu'on appelle les restes à charge qui sont très lourds.
01:34Donc qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, le gouvernement, alors que cette loi a été adoptée à l
01:38'unanimité, ne l'a toujours pas mise en application ?
01:42Selon moi, il y a deux raisons.
01:45Un manque de volonté politique.
01:46Alors c'est vrai qu'on a eu beaucoup d'instabilité gouvernementale qui fait qu'on a changé régulièrement de
01:52ministre de la Santé.
01:53Et donc forcément, quand il faut reprendre du départ tout ce qu'il y a à faire, ça peut prendre
01:59un peu de temps.
02:00Mais il y a un manque de volonté politique et une non-volonté de vouloir mettre les moyens nécessaires pour
02:05que cette loi soit appliquée.
02:07Je pense que ce sont les deux principales raisons.
02:08Alors on nous explique des questions techniques, on a peur que ça fasse augmenter le prix des pommades, bref.
02:15On est dans un pays où on est plus habitué à dérembourser qu'à rembourser.
02:19Et donc quand il s'agit de rembourser, c'est plus faire.
02:22Donc on a peut-être des administrations qui sont un peu rouillées, mais fondamentalement, c'est au pouvoir politique de
02:28décider et de faire en sorte que la loi soit appliquée.
02:33Donc si on s'est mobilisés là aujourd'hui, à travers cette conférence de presse, à travers l'interview qu
02:39'on est en train de réaliser, c'est pour continuer.
02:41Et puis la pétition qu'on a lancée aujourd'hui, c'est pour mettre la pression au pouvoir politique, pour
02:46qu'à un moment donné, la ministre dise « Bon, maintenant, on arrête de jouer.
02:49Vous sortez les décrets, je les signe et puis on n'en parle plus. » Et la loi sera appliquée.
02:53On l'ignore, mais quand il y a un cancer du sein, il y a les soins, mais il y
02:57a tout un tas de soins annexes.
02:59Ça représente 1 500 à 3 000 €. C'est un succès évalué de soins qui, aujourd'hui, sont à
03:06la charge des patientes.
03:08Concrètement, avec cette loi, c'est quel type de soins qui devraient normalement être remboursés ?
03:14— Alors d'abord, je vais répondre directement. Mais d'abord, expliquer que la première intention de la loi, le
03:21Femme Roussel avait portée,
03:22on la portait ensemble, mais où il était le premier rapporteur, on était sur une prise en charge intégrale de
03:27l'ensemble des soins liés au cancer du sein.
03:29C'était ça, notre intention politique. Et quand on a écrit le premier texte, c'était ce qu'on a
03:33porté.
03:34Et ensuite, il a fait faire des compromis, il a fait faire des consensus pour que le texte soit adopté.
03:38Je rappelle qu'on a été assez vite. En 8 mois, on a voté cette loi. Puisque à l'Assemblée
03:45nationale, en première lecture,
03:46quand Fabien a porté le texte, il a été adopté à l'unanimité le 30 mai 2024. Le texte, c
03:54'était sur notre niche parlementaire.
03:55Le texte arrivait au Sénat sur la niche parlementaire des sénateurs et a été adopté en deuxième lecture le 30
04:00octobre 2024.
04:02Et moi, j'étais le dernier rapporteur sur la troisième lecture à l'Assemblée nationale et a été adopté le
04:0728 janvier 2025.
04:08Donc en 8 mois, on a bouclé le texte. On a eu du travail de préparation, notamment grâce à des
04:13gens comme Véronique.
04:15Et donc le texte a été très rapidement voté et promulgué dans la foulée par le président de la République,
04:19comme il est de coutume.
04:20Et normalement, un décret, c'est 6 mois. Voilà.
04:25Et on a dû revenir sur certaines prises en charge. On y reviendra.
04:29Ce qu'il y a dans le texte aujourd'hui, pour répondre très directement, plusieurs choses que l'on demande.
04:36Tout d'abord, que les tatouages de la plaque aéro-mamelonnaire soient pris en charge.
04:42Et si les décrets sortent, ce sera le cas. Renouvellement des prothèses mammaires.
04:46Donc prise en charge intégrale du renouvellement des prothèses mammaires.
04:48Les sous-vêtements adaptés pour des prothèses amovibles.
04:50Une information obligatoire par l'oncologue, comme quoi, quel type de soins de support il existe pour la personne.
04:59Et ça, c'est le travail de Véronique.
05:03L'instauration d'un forfait. On crée un forfait qui permet de prendre en charge des produits prescrits.
05:08Mais notamment les gels, les vernis, les crèmes, qui aujourd'hui sont à la charge seule du patient.
05:14Et puis l'extension du forfait actuel, qui est un forfait global de soins post-traitement,
05:19qui permet d'avoir une petite enveloppe de 180 euros à l'année pour financer de l'AGM adapté, pour
05:25financer des soins en psychologie, pour financer tout ça.
05:27Jusqu'à maintenant, c'était après le traitement.
05:29Maintenant, on étend la possibilité de se sécher sur ce forfait dès l'annonce du diagnostic.
05:34Voilà ce que propose la loi.
05:36Donc c'est important.
05:38Mais ce n'est pas non plus la révolution absolue en matière de prise en charge.
05:42Je me permets peut-être, Véronique Yalier, de vous poser la question.
05:47Parce que vous, vous êtes confrontée au quotidien à des femmes qui sont atteintes du cancer du sein.
05:55Elles attendaient l'application de cette loi maintenant depuis un an.
06:00Parce que vous vous rappelez que maintenant, ça fait un an que l'annonce a été faite de ces soins
06:03qui allaient être prises en charge.
06:05Et en fait, il ne se passe rien. Comment là, au quotidien, on voyait peut-être ces femmes qui sont
06:10dans une attente assez cruelle, on peut dire ?
06:13Oui, c'est compliqué. Yannick est venu à l'espace d'accompagnement avant d'instaurer cette loi.
06:20Et il a pris conscience du retour des malades, de toutes ces femmes qui étaient là.
06:27Et voilà. Et donc, il y avait un espoir là-bas.
06:29Il y avait un espoir à l'espace à compte. Et ceux également qui ne fréquentent pas l'espace à
06:35compte, qui sont touchés d'un cancer du sein, espérés qu'il y ait vraiment une amélioration.
06:40On a des gens... Il ne faut pas que le cancer entraîne les gens dans une plus grande précarité.
06:45C'est inconcevable.
06:47Moi, je vois des femmes qui n'ont plus que la moitié de leur salaire et qui ont 900 euros
06:54par mois et un reste à charge de crèmes,
06:59notamment juste les crèmes, les soins pour aller mieux, pour être un peu plus présentable, pour avoir une peau qui
07:05s'améliore,
07:05pour pouvoir se maquiller et avoir une image de soi un peu plus favorable de 150 euros par mois.
07:13Enfin, c'est des choses qui sont lourdes. En plus de ça, souvent, ce sont des femmes... Enfin, souvent, ça
07:19arrive quand même.
07:20Souvent, ce sont des femmes qui sont parfois isolées. Il y a beaucoup qui sont isolées ou il y en
07:25a qui deviennent isolées pendant les traitements.
07:28Malheureusement, il y a beaucoup de conjoints qui ont du mal à vivre tout ça et qui s'en vont.
07:34Il y a des femmes qui sont au chômage. Enfin, il y a quand même des gens qui sont dans
07:38des conditions difficiles, très difficiles financièrement.
07:41Donc, acheter des crèmes à 45 euros, la crème, plus le soin pour le cuir chevelu qui est à des
07:49démangeaisons suite à la chute, etc.
07:52Plus, je vous dis, le maquillage, plus tout ça, plus les brassières, plus...
08:00On ne parle même plus de soins de support. C'est la base.
08:04Le soin de support, c'est ce que nous, on donne à l'espace d'accompagnement à Kant.
08:08C'est-à-dire, c'est 12 thérapeutes qui vont vous apporter un peu de confort pour mieux vivre la
08:15répercussion des soins et des effets secondaires des traitements.
08:21Donc, c'est psychologue, c'est sophrologue, c'est réflexologue plantaire, c'est socio-esthéticienne, c'est gym adapté, activité
08:29physique adaptée, c'est diététicienne, c'est du yoga, du pilates,
08:33enfin, toutes sortes de choses qui peuvent aider les gens à avancer, à aller mieux, à se décharger de tout
08:39ce qu'ils ont en eux.
08:41Alors, peut-être, parce qu'on est en train de parler, finalement, du panier de soins-support.
08:48Yannick Monnet, à la base, comment ce panier de soins-support était...
08:53Enfin, peut-être déjà, quel restage charge, vraiment, ça peut représenter ?
08:56Quand même, globalement, on a une moyenne. Et vous, qu'est-ce qui a été prévu initialement dans la loi
09:01pour rembourser ce restage charge ?
09:05Et qu'est-ce qu'il en reste aujourd'hui ?
09:07Alors, nous, au départ, enfin, moi, je suis très clair, il faut une prise en charge à 100%, intégrale.
09:13D'ailleurs, je préfère intégrale que 100%.
09:15Une prise en charge intégrale par la Sécurité sociale, de l'ensemble des soins, et j'ai envie de dire
09:20liés à tous les cancers.
09:22Mais, en tant que député, on a un véhicule législatif qui est un peu restreint.
09:25Et donc, on a traité la question du cancer du sein, qui, je rappelle, quand même, par an, tu 12
09:29000 femmes.
09:30C'est 700 000 femmes concernées, 60 000 nouveaux cas par an.
09:33Donc, ce n'est pas rien.
09:35Une femme sur trois, selon la Ligue, perd son emploi, deux ans après l'annonce du diagnostic.
09:4215% de femmes ne font pas de reconstruction mammaire pour des raisons financières.
09:46C'est un cancer qui impacte énormément, et c'est un des cancers où il y a certainement le plus
09:50de restes à charge.
09:51Et oui.
09:511 500, 3 000 euros.
09:52Et oui.
09:53Voilà.
09:53Donc, et qui, j'en vis, c'est un des cancers qui touche le plus de personnes.
10:00Oui.
10:00Le cancer du sein.
10:01Une femme sur huit.
10:02Voilà.
10:02Donc, nous, on était pour une prise en charge totalement intégrale.
10:05Le fait est que, vous savez qu'à l'Assemblée nationale, on n'est pas tous au groupe GDR.
10:11On s'en fout.
10:13Et donc, il y a eu des discussions sur ce que l'on mettait ou pas dans la prise en
10:18charge.
10:18Par exemple, nous, on voulait qu'il n'y ait plus de dépassement d'honoraires ou une prise en charge
10:22de dépassement d'honoraires.
10:23À voir, ça, ça a été rejeté.
10:26Alors, on a obtenu la possibilité de faire un rapport qu'on a pu produire sur les dépassements d'honoraires.
10:30Mais voilà, on est obligé de restreindre notre volonté pour arriver à en faire un...
10:35Mais que ce soit à l'Assemblée ou au Sénat, pour arriver à obtenir un texte transpartisan.
10:41Non pas parce qu'on est fan du transpartisan, mais parce que c'est le seul moyen d'arriver à
10:44un texte qui soit voté, en fait.
10:46Et qui permet des petites avancées.
10:47Parce que c'est la marque de fabrique du groupe GDR.
10:50C'est la marque d'André Chassaigne, puisqu'à l'époque, c'était sous la présidence d'André Chassaigne,
10:54où tout ce qu'on peut obtenir, aussi petit soit-il, il faut qu'on l'obtienne.
10:57Voilà. Et donc, c'est ce qu'on a... On a travaillé avec cette aide à l'esprit.
11:01Et bien sûr qu'on nous a interpellé en nous disant « Mais pourquoi pas tous les cancers ? »
11:04Ben, moi, j'aimerais bien. Mais voilà.
11:07— Il faut bien commencer par quelque chose.
11:08— Il faut commencer par quelque chose. Et on met un pied dans la porte.
11:11— Bien sûr.
11:11— Pour ensuite essayer de faire progresser le niveau de prise en charge.
11:16— Et quand vous dites que les prérogatives du député sont limitées en la matière pour faire avancer ce type
11:22de questions,
11:24en quoi elles sont limitées ?
11:26Ben, par exemple, un député ne peut pas changer le budget de l'État. On ne peut pas intervenir sur
11:30les dépenses publiques.
11:31Donc quand on fait une proposition de loi, on gage notre proposition de loi – alors c'est symbolique –
11:37avec une taxe sur le prix du tabac.
11:40Alors je peux vous dire que si tous les gages étaient respectés, on aurait un prix de cigarette qui serait...
11:45Le paquet de clots serait à 30 000 €, quoi.
11:47— Mais on est obligé de gager. Voilà. Donc on le gage. Et en fait, la proposition de loi a
11:52une chance d'aller au bout le jour où le ministre,
11:54le gouvernement, lève le gage. C'est-à-dire lever le gage. Ça veut dire concrètement... OK. On est prêt
12:00à aller jusqu'au bout.
12:01Vous faites passer... Si votre loi passe, on prendra en charge. On accepte de prendre en charge les dépenses.
12:06C'est en ça que c'est limité. Donc nous, on ne peut pas intervenir sur les dépenses de l
12:10'État.
12:11Donc on fait avec les moyens qu'on a. C'est ce qui différencie une proposition de loi que les
12:15députés ou sénateurs portent d'un projet de loi porté par le gouvernement
12:19où là, il fait ce qu'il veut avec le budget de l'État.
12:22— Dans un parcours de soins, en quoi il est important, tous ces soins annexes ? En quoi c'est
12:28important pour la guérison de la femme sur le long terme,
12:31pour éviter le risque de récidive du cancer du sein ?
12:34— En fait, ce parcours de soins post-traitement qui est déjà mis en place depuis 4 ans est relativement
12:41bien fait,
12:42si ce n'est que le budget, que de 180 euros. Et franchement, ce n'est pas assez.
12:46Mais il comporte donc un bilan psychologique et un suivi psychologique.
12:50Il est évident que les gens qui ont eu un cancer du sein, ça ne reste pas anodin.
12:55Il y a des choses qui se passent. Souvent, il y a des gens qui ont besoin d'en parler.
12:58Les gens ne sont pas toujours bien accompagnés.
13:01Il y a un bilan diététique et un suivi diététique.
13:05Enfin, tout ça est au choix en fonction des personnes.
13:07Ça peut être les trois comme un seul.
13:11Et pareil, la diététique, c'est très important.
13:14Il y a des gens, pendant les traitements, qui vont perdre énormément de poids.
13:19Il y a des gens qui, pendant leur monothérapie post-traitement,
13:23vont au contraire prendre du poids parce qu'ils ont mal partout, ils ne bougent plus.
13:27Et donc, ça devient compliqué.
13:28Et le troisième, c'est le bilan d'activité physique.
13:34Donc, le bilan d'activité physique, en fait, c'est une structure.
13:38Ce n'est pas nous qui le faisons.
13:40On a une convention avec une structure qui s'appelle le DALIR.
13:44Et qui est un professionnel qui fait un état des lieux, de l'état physique de la personne.
13:51Et après, va l'orienter vers un sport adapté en fonction de ses goûts, en fonction de sa localité, etc.
13:59Je me permets une toute petite précision parce que moi, quand je l'ai lu, j'ai eu l'hésitation.
14:05Quand on parle d'un panier à 180 euros, c'est sur l'année.
14:08On n'est pas par mois.
14:10Et là, tous les soins que vous avez énumérés, on se doute bien que ça ne peut pas les couvrir
14:15l'ensemble avec 180 euros.
14:16Et que le reste à charge est donc très logiquement assez élevé.
14:20C'était juste une petite précision.
14:22Non, non, c'est évident que ce n'est pas assez.
14:25Et donc, par ailleurs, la proposition de loi prévoit justement d'adjoindre un autre forfait.
14:32C'est-à-dire qu'on crée un deuxième forfait.
14:33Je veux juste dire, sur les termes, ce ne sont pas des soins annexes.
14:37Je comprends.
14:39Votre attention, ce n'est pas celle-là.
14:40Mais il faut savoir qu'au départ, on appelait ça soins de confort.
14:43Les associations se sont battues pour appeler ça soins de support.
14:46C'est du soin.
14:47D'abord, ce qui fait du bien, la tête fait du bien au corps.
14:49Et il est prouvé scientifiquement que, par exemple, l'activité physique adaptée a de réelles incidences sur la non-récidive.
14:57Donc, ce sont des soins.
14:59Alors, bien sûr, ce n'est pas du médical, ce n'est pas du chimique.
15:03Mais ce n'est pas parce que ce n'est pas du chimique qu'ils n'ont pas leur importance.
15:06Et une importance cruciale.
15:09Il y a des exemples de gens qui sont accompagnés et qui tiennent parce qu'il y a ces modalités
15:14d'accompagnement.
15:15Ce qui se passe chez vous, justement, dans votre centre.
15:17Vous faites tenir des personnes au quotidien grâce à l'accompagnement que vous leur proposez.
15:22Écoutez, on essaie.
15:23En tout cas, tout est gratuit.
15:24Donc, les gens peuvent venir tous les jours s'ils le souhaitent.
15:27Il se passe, en fait, tous les jours quelque chose dans notre espace à compte, sauf le week-end.
15:31Donc, il suffit de prendre rendez-vous avec les thérapeutes voulues et venir prendre un soin.
15:36Il y a des soins individuels, il y a des soins collectifs.
15:40Il y a toutes sortes de choses.
15:42Et puis, ça permet aussi de garder un lien social parce que combien de personnes atteintes de cancer, quels qu
15:49'ils soient ?
15:49Puisqu'on voit des gens de toutes sortes de cancers, des hommes comme des femmes, de toutes sortes de cancers.
15:55Des gens qui restent chez eux, qui ne veulent pas que ça sache, qui ne veulent pas en parler.
16:01Donc, ça, ça permet aussi ces groupes de paroles.
16:06Mais il y a aussi des ateliers artistiques.
16:07Il y a des choses qui permettent de rassembler les choses et les gens et de parler entre eux, de
16:13recréer un lien social.
16:14Et ça, franchement, c'est très important.
16:16Et aujourd'hui, comment vous financez cette activité ?
16:19Alors, écoutez, on se débrouille.
16:21C'est-à-dire qu'on organise une course et marche féminine contre le cancer.
16:27Pas spécialement le cancer du sein, mais évidemment, ça parle beaucoup aux femmes puisque c'est le cancer du sein
16:31le plus important chez les femmes.
16:33C'est le premier cancer féminin qui donne la totalité des bénéfices pour financer cet espace d'accompagnement
16:42puisque tous les thérapeutes sont rémunérés.
16:45On a 12 thérapeutes à Moulin.
16:48On a créé cette année au mois d'avril un espace d'accompagnement un peu plus loin dans la campagne,
16:53à l'ouest du département, à l'Ursi-Lévis, avec cinq autres thérapeutes.
16:58Voilà.
16:59Donc, on vit comme ça, de ces bénéfices.
17:03On vit aussi de dons.
17:04On a depuis deux ans des associations ou des communes qui ont organisé au moment d'Octobre Rose des marches
17:11ou des activités.
17:12Et qui nous donnent les bénéfices de leur manifestation.
17:17Donc, voilà.
17:18On arrive à boucler comme ça parce qu'il n'y a pas de salariés, parce qu'on est un
17:23groupe de bénévoles.
17:24Parce que, voilà.
17:26Et à Cantes, il est certes présent à l'hôpital de Moulin puisque c'est l'hôpital qui vous accueille.
17:31Mais il vient aussi d'ouvrir une structure dans un village, d'Ursi-Lévis, à 35 kilomètres de Moulin.
17:37Ou peut-être même 40, d'ailleurs.
17:39Bref, non, mais c'est aussi un accès aux soins dans des territoires ruraux.
17:43Ce qui n'est pas évident pour un certain nombre de femmes qui sont dans les territoires ruraux.
17:47Ce qui devenait en fait indispensable.
17:49Parce qu'évidemment, il n'y a pas de prise en charge de transport, puisqu'il n'y a pas
17:53de prescription pour venir à l'espace d'accompagnement.
17:55On vient comme ça.
17:56On vient parce qu'on en a entendu parler par les réseaux sociaux, par la voisine qui est venue, pour
18:01différentes choses.
18:03Et il faut pouvoir être accompagné ou il faut être encore en capacité de conduire.
18:10Et ce n'est pas évident dans des communes éloignées où les routes ne sont pas forcément bonnes, quand on
18:16est très fatigué par la chimiothérapie, notamment, de prendre la route et de venir tout seul pour un soin de
18:22support.
18:22Mais la question du transport, d'ailleurs, faisait aussi partie de la loi.
18:26Est-ce qu'on peut peut-être simplement rappeler exactement les quatre décrets qu'on attend pour que la loi
18:33s'a mise en application ?
18:34Et notamment, vous avez interpellé la ministre de la Santé sur ces questions-là.
18:40Quelles sont un peu les réponses ?
18:42On l'a interpellé à l'Assemblée nationale, au Sénat, à plusieurs reprises à chaque fois.
18:49Je dis, la réponse est toujours...
18:53Quand on n'a plus d'arguments politiques, on fait de la techno, quoi.
18:56C'est un peu ça.
18:58C'est un peu ça.
18:58Bon, je ne veux pas leur jeter la pierre, puisqu'on a changé.
19:02On a eu je ne sais plus combien de ministres en peu de temps.
19:04Mais maintenant, ils connaissent bien le sujet.
19:06En fait, les décrets, c'est simplement ce que je redis.
19:08Ça permettra de répondre à la question d'avant.
19:10Il y a l'extension du forfait existant de 180 euros, qu'on pourra mobiliser dès le début du diagnostic.
19:16Nous, on souhaite qu'il soit réévalué.
19:19Il y avait eu un engagement qui avait été prêt à l'époque dans les discussions qu'on avait eues
19:22en commission et au banc,
19:23d'ailleurs, de l'Assemblée nationale lors de l'étude du texte.
19:27Il y a la création d'un forfait spécifique pour une prise en charge sur des produits prescrits type pommade,
19:33crème, gel.
19:34Et ce sont des produits qui peuvent coûter très cher.
19:38Et on a la prise en charge des renouvellements des prothèses mammaires.
19:41Donc tout ça, c'est comporté dans les décrets, dans les quatre décrets qui sont censés.
19:46L'obligation de l'oncologue d'informer des dispositions, prise en charge des soins adaptés.
19:50Alors je ne sais pas quelle disposition va être dans quel décret.
19:53Après, ça, c'est leur problème.
19:57C'est le problème de la direction de la Sécurité sociale.
19:59Mais en tout cas, ces décrets, il faut qu'ils soient tous pris pour que la loi soit intégralement...
20:04Et il y a encore des manques.
20:06Un sujet qu'on a été obligé d'écarter, par exemple, le problème dentaire.
20:10Il y a certains traitements qui font tomber les dents.
20:12Et quand on sait ce que coûte l'intervention d'un dentiste sur des prothèses dentaires, voilà.
20:18Mais ça, ça a été écarté malheureusement.
20:20Mais on continuera à travailler.
20:21Je me permettais en plus cette question, pour me permettre une petite pique aussi au gouvernement.
20:27Parce que là, par exemple, il tarde en fait à mettre un décret en place.
20:30Je suis désolée, il ne demande pas non plus une technicité.
20:34En fait, on parle de lister les crèmes nécessaires.
20:38Je pense que vous, les femmes qui sont présentes dans votre structure au quotidien,
20:41sont capables de témoigner de la marque.
20:44Donc en fait, derrière, il y a aussi un peu une bataille de laboratoire qui va se jouer.
20:47Qu'est-ce qui... C'est ça, à la limite ?
20:50On ne parle pas de décret, en tout cas, qui pose des problèmes techniques fondamentaux.
20:54C'est un problème de volonté politique.
20:56Il y a des associations qui nous ont dit qu'elles venaient de recevoir un questionnaire sur les crèmes à
21:00utiliser.
21:02D'abord, s'il y avait besoin d'un questionnaire...
21:04Peut-être qu'il faut un questionnaire, je n'en sais rien.
21:06Mais il aurait dû être envoyé en février 2025.
21:08Ça fait plus d'un an.
21:09Voilà.
21:10Donc bon, il y a un vrai problème de volonté politique.
21:13Et donc, c'est pour ça qu'on essaye d'organiser la pression.
21:16On fait du lobbying avec la population.
21:19Et les gens qui seront concernés à travers cette pétition pour dire à la ministre...
21:22Maintenant, on arrête l'histoire et on avance.
21:25Ce n'est pas possible.
21:26Pour précision, la pétition est sur le site du député Yannick Monnet.
21:31Et ce matin, à la conférence de presse, il y avait Katia Apursopoli, qui est la sénatrice communiste, qui a
21:39porté le dossier au Sénat.
21:42Et elle avait interpellé au moment d'octobre, Rose, la ministre, qui avait dit que les décrets seraient pris dans
21:49les deux mois.
21:49En fin d'année, elle m'avait dit, par exemple.
21:51Voilà. Et ce qui n'est toujours pas le cas.
21:56Peut-être qu'il y a quelque chose qui était tombé dans le débat parlementaire, à savoir celui des dépassements
22:05d'honoraires.
22:06Vous avez quand même obtenu quelque chose dans le débat parlementaire sur les dépassements d'honoraires.
22:11Qu'est-ce que vous avez obtenu ?
22:12Oui. En fait, c'était en première lecture, quand Fabien Roussel était rapporteur du texte, en commission, certains des clients
22:19ont dit
22:19« Mais on ne peut pas traiter les dépassements d'honoraires qu'à travers le prisme du cancer du sein.
22:23C'est quelque chose de trop important. »
22:25On propose de l'enlever. Donc il y a un amendement. Et nous, avec Fabien, on s'est dit «
22:30Bon, ben OK. On va accepter. »
22:31Mais l'engagement qui a été pris, c'est de dire « Par contre, on vous confiera un rapport pour
22:35qu'on y voit un peu plus clair sur la question de dépassement d'honoraires. »
22:39C'est pas rien. C'est 4,5 milliards en 2025, à la charge des patients uniquement. Donc ce n
22:43'est pas un petit sujet.
22:45Et donc ce qu'on a obtenu, c'est un rapport. C'est François Béroux, qui était Premier ministre à
22:49l'époque, qui nous a confié ce rapport
22:51que j'ai pu faire avec Jean-François Rousset, député de l'Aveyron. Et on a travaillé sur cette question.
22:57Et on a formulé des propositions pour sortir des dépassements d'honoraires.
23:00Parce que c'est un sujet qui contraint énormément l'accès aux soins. Énormément. Et que ce soit pour le
23:06cancer du sein,
23:07que ce soit pour tout type, d'ailleurs, de maladie. Récemment, à la faveur de notre conférence de presse,
23:13une jeune femme militante d'une association, avec qui on a un lien régulier, parce qu'on essaie de continuer
23:19à travailler ensemble,
23:19qui m'envoie un message en me disant « Regardez, moi, dans mes contrôles, là, j'ai mon radiologue. Il
23:23m'a facturé 5 euros pour l'archivage de radio. »
23:27Donc qu'elle paye de sa poche. Ils sont fous, quoi. C'est-à-dire qu'à un moment donné,
23:33on sent bien que le problème du coût financier
23:37est un vrai frein à l'accès aux soins. Mais ce sujet des dépassements d'honoraires, je ne l'ai
23:42pas abandonné non plus.
23:43De toute façon, nous, dans le Bourbonnet, on ne lâche rien. Et ça fera certainement l'objet d'une prochaine
23:49question au gouvernement.
23:49Parce qu'il faut qu'on avance sur les préconisations que l'on a formulées pour en sortir.
23:53— Et justement, quelles étaient ces préconisations ?
23:55— Alors on a fait... Alors c'est... Si j'ai une heure, je peux vous expliquer mon rapport. Très
24:01rapidement.
24:02L'idée centrale, c'est de dire « La Sécu, c'est un système de solidarité. Donc si la Sécu
24:08paye, il faut qu'elle ait son moyen. »
24:124,5 milliards de revenus, on ne peut pas les supprimer comme ça. Parce que l'origine des dépassements d
24:20'honoraires,
24:20c'est Raymond Barre en 1980, qui, plutôt que de doter la Sécurité sociale de davantage de moyens pour mieux
24:26rémunérer
24:26les professionnels de santé, a dit « On va pas mettre plus de fric dans la Sécu ». Moi, je
24:30la fais rapide.
24:31« On va pas mettre plus de fric dans la Sécu. On va créer un secteur 2. Et ceux qui
24:34veulent se payer en dépassement d'honoraires
24:36iront en secteur 2 ». Ça vient de là, les dépassements d'honoraires. Nous, ce qu'on dit dans notre
24:41rapport, c'est qu'à la fois,
24:42il faut les limiter. Et à la fois, il faut doter la Sécurité sociale et revoir la nomenclature tarifaire pour
24:48mieux payer
24:49les actes médicaux. Parce qu'il y a des actes aujourd'hui qui sont ridiculement mal payés, quoi. Alors que
24:56d'autres...
24:57Alors ça, c'est un débat près de spécialistes. Mais alors que d'autres qui sont très rapides sont bien
25:01payés. Voilà.
25:04Donc on fait des propositions pour que tout ce qui est dépassement d'honoraires soit encadré via un contrat.
25:10Grosso modo, c'est ce qu'on appelle le secteur 2 opt-am. C'est-à-dire OK, secteur 2
25:14dépassement. Mais par contre,
25:15c'est systématiquement avec un contrat, avec la Sécu, pour qu'on les limite. Avant de doter la Sécu pour
25:21une prise en charge
25:22intégrale et qu'il n'y ait plus de dépassement d'honoraires. Parce que si on avait la Sécu qui
25:24prenait en charge intégralement
25:26l'ensemble des soins et qui payait correctement les médecins, et c'est possible. Il faut juste arrêter d'assécher
25:30la recette de la Sécu.
25:32C'est possible. Il n'y aurait plus de dépassement d'honoraires, en fait.
25:36Excusez-moi, mais est-ce que vous rencontrez, justement, Véronique Mialier, beaucoup de femmes qui, par exemple,
25:41renoncent à faire une reconstruction mammaire parce que les dépassements d'honoraires pour les reconstructions
25:47peuvent atteindre, je ne sais pas, ça peut coûter 10 000 euros, a priori. Est-ce qu'il y a
25:52beaucoup de femmes, justement,
25:53vous, dans votre centre ?
25:55Il y en a. Vous dire s'il y en a beaucoup, je ne sais pas, tout le monde ne
25:58se confie pas.
25:59Je ne vois pas non plus tout le monde qui vient à l'espace d'accompagnement. Je ne suis pas
26:03là en permanence.
26:04Les gens viennent voir les thérapeutes. Je ne fais pas d'entretien quand quelqu'un de nouveau vient à l
26:12'espace d'accompagnement.
26:13On n'est pas intrusif. On ne leur demande pas quel est le cancer qu'ils ont.
26:17S'ils ont envie de le dire et de raconter, ils racontent. Voilà. Mais on n'est pas là pour
26:21poser des questions et dire,
26:23oui, alors elle, elle a ceci, elle a cela, etc. Donc, oui, je sais pour certaines personnes qui se sont
26:29confiées.
26:29Qui renoncent à leurs soins, à cause des dépassements.
26:35Oui, surtout que quand il y a reconstruction, il y a urgence.
26:41Donc, s'il faut attendre que ça se passe dans le service public, le temps peut être long.
26:46Donc, c'est là où ça devient compliqué. Puisqu'il est bien évident que dans le secteur privé, il y
26:51aura des dépassements d'honoraires.
26:53Voilà. Mais vous dire s'il y en a beaucoup, je ne pourrais pas vous le dire.
26:58Merci.
26:59Justement, sur les moyens de la sécurité sociale, vous dites qu'il faut doter la sécurité sociale.
27:04Ou est-ce que vous pensez qu'il faut aller chercher l'argent ?
27:08Quelles doivent être les modalités de financement de la Sécu ?
27:10Il faut faire une chose simple. Revenir à ce qu'était le financement original de la sécurité sociale.
27:16C'est des cotisations qui sont prélevées sur la richesse produite par le travail.
27:21Il y a des chiffres, quand même, sur les dépassements d'honoraires.
27:24En tout cas, sur les raisons économiques du renoncement aux soins.
27:26C'est 6 Français sur 10 qui déclarent avoir renoncé aux soins dans les deux dernières années, par exemple.
27:30Donc, c'est un vrai sujet.
27:32C'est un vrai débat qu'on a à chaque PLFSS, projet de loi de financement de la sécurité sociale.
27:38Aujourd'hui, on produit des richesses.
27:41Et ces richesses ne cotisent pas à la solidarité nationale, nécessairement.
27:45Mais moi, par exemple, je suis un député.
27:47Je ne suis absolument pas opposé à ce qu'on aide le secteur économique.
27:50Et je pense que c'est le rôle, d'ailleurs, d'un État d'intervenir sur le secteur économique.
27:54Mais qu'on arrête d'exonérer de cotisations sociales.
27:56C'est ça.
27:57On donne des aides directes s'il y a besoin d'en avoir.
28:00Moi, je n'ai pas de souci avec les aides au secteur économique.
28:03Ça permettra peut-être d'ailleurs de davantage les cibler ou de les cibler de façon plus judicieuse.
28:07Mais qu'on arrête d'exonérer.
28:08Qu'on mette à contribution ce qui produit de la richesse.
28:12Notamment, nous, on avait fait des productions pour taxer le capital, par exemple.
28:16On a fait plein de propositions.
28:17Je crois qu'on a fait plus de 20 milliards de recettes supplémentaires.
28:21Mais qui toutes reposent, et ça j'insiste, sur la création de richesse.
28:26Eh bien, notre Sécu, il faut qu'elle soit financée par la création de richesse.
28:30Voilà.
28:31Et je rappelle que la Sécu a été créée pour prendre soin des gens et pour prendre soin de l
28:35'économie.
28:36Au sortir de la guerre, quand on a créé la Sécu, on avait besoin de reconstruire le pays.
28:39Et on savait qu'on aurait besoin des forces restantes, du monde du travail tel qu'il était.
28:44Et ce monde du travail, il avait besoin d'être soigné.
28:46Eh bien, on a créé la Sécu pour ça.
28:49J'ai envie de dire, pour les détracteurs de la Sécu, qui ne sont jamais à visage découvert tout le
28:54temps,
28:55j'ai envie de dire, on avait besoin de prendre soin de l'économie.
28:57Et la Sécu servait à ça.
28:59Voilà.
28:59Parce que si on ne prend pas soin des travailleurs, eh bien, l'économie ne va pas bien.
29:02Eh bien, revenons à ça.
29:06Et c'est un vrai sujet, le sauvetage de la Sécu.
29:09Parce que je pense qu'on a fêté les 80 ans l'année dernière.
29:13Je ne sais pas si on arrivera à changer de dizaine.
29:15Peut-être que ça se joue actuellement.
29:16Donc il y a une vraie bataille politique amenée à l'Assemblée nationale.
29:21— Parce que les auditeurs ne sont pas forcément au fait de comment arrive une loi dans le débat public.
29:28À l'origine de la loi, comment vous êtes venu à prendre à bras-le-corps cette question ?
29:34Comment se fait-il que des députés soient intéressés à la question jusqu'à ce que ça se traduise dans
29:38une proposition de loi ?
29:40En fait, avec Fabien, on a rencontré la même personne à deux endroits différents.
29:45Moi, ça a été ma première sollicitation quand j'ai été élu député en 2022.
29:50Une jeune femme que je connaissais, qui habitait dans le Cantal,
29:53et qui m'a dit « Écoute, je te sollicite parce que j'ai un cancer. »
29:58Mais ce qui est scandaleux, c'est que j'ai un reste à charge important parce que j'ai besoin
30:01de pommade,
30:02parce que j'ai besoin de produits qui sont indispensables.
30:09Et elle me dit « Mais je ne sais pas comment je vais faire pour arriver à financer tout ça.
30:14»
30:14Et elle a eu la même sollicitation de Fabien, je me souviens, c'est le 8 mars.
30:19Et pour rentrer plus dans le détail de ce qu'on a fait à l'enconférence,
30:22moi je m'en souviens, c'est le 8 mars.
30:24Moi j'étais à l'Assemblée, Fabien Roussel était en déplacement dans le Cantal.
30:27Il m'appelle, il me dit « Écoute, j'ai rencontré Marino. »
30:30Je dis son prénom, ça ne lui posera pas de problème.
30:33On va travailler sur une proposition de loi pour la prise en charge des soins.
30:36C'est inadmissible ce qui se passe.
30:39Fabien avait déjà connaissé la question du cancer, il était sensibilisé à cette question-là.
30:43Et donc c'est ce qui nous a fait travailler.
30:44Moi immédiatement, j'ai dit « Ça tombe bien, parce que je crois qu'il y a des structures chez
30:47moi qui sont super actives là-dessus. »
30:49Et donc je suis allé voir tout de suite Véronique et on a travaillé.
30:53Parce que même si on connaît tous des gens qui ont été victimes d'un cancer,
30:56on ne rentre jamais vraiment dans ce détail-là.
31:00Donc on a commencé à travailler ensemble et ça s'est fait parce qu'on n'a plus travaillé ensemble.
31:05C'est pour ça que ça s'est bien fait.
31:07Et c'est pour ça que la loi a été assez vite.
31:09Donc ça vaut le coup d'interpeller les députés.
31:11Et d'aller voir la pétition sur votre site.
31:14Absolument.
31:15Sur le site de Yannick Monnet, vous pourrez prendre connaissance de la pétition.
31:18Et puis on vous invite aussi à prendre connaissance à Caenthe, de cet espace,
31:23et de l'association « Les Bourbonneses, la Bourbonnesse pour elles ».
31:29On fait notre manifestation annuelle, le jour de la fête des mères.
31:34Donc c'est bientôt le 31 mai.
31:37Donc j'espère que la place d'Allier à Moulins sera toute en rose et pleine de femmes
31:43qui veulent vraiment s'investir et qui veulent supporter le...
31:48Et conquérir de nouveaux droits.
31:50Exactement.
31:50À la santé et à l'accès aux soins.
31:52Exactement.
31:54Voilà.
31:54Je vous remercie beaucoup pour votre veille.
31:56Merci à vous.
31:57Merci à vous.
31:58Sous-titrage Société Radio-Canada

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