- il y a 10 heures
Une surprise est arrivée de la Roumanie ce dimanche 18 mai au soir : l'extrême droite n'a pas remporté l'élection présidentielle. Ce sursaut ne doit cependant pas masquer une réalité : en Europe, l'extrême droite gagne du terrain. Le point avec Vadim Kamenka de la rubrique monde et Sarah Nedjar.
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NewsTranscription
00:00Ce super Sunday qui s'est passé en Europe, il y a eu trois scrutins majeurs en une seule journée
00:06d'hier.
00:07Dans trois pays clés de l'Union Européenne, si on peut s'exprimer ainsi, tous les pays sont des pays
00:11clés,
00:12mais bon, là on va parler de pourquoi c'était très important de suivre ça.
00:16La Pologne, le Portugal et la Roumanie qui ont voté hier,
00:22et ça avait un peu une allure de test continental pour la démocratie et l'équilibre des forces politiques en
00:27Europe.
00:28En Roumanie, il y a eu une petite surprise, on peut dire,
00:32puisque le candidat pro-européen a remporté la présidentielle Mihai Dmitrychou.
00:38Oui, très bien, bien dit.
00:40Je me suis entraînée.
00:41Qui a remporté la présidentielle face au populiste Georges Simion,
00:45qui était chef du parti ultra-nationaliste, une victoire qui a été saluée par Bruxelles,
00:51alors que la Roumanie est un pilier stratégique de l'Est à l'Union Européenne,
00:55et s'assemblait prêt à basculer vers l'extrême droite.
00:59En Pologne, maintenant, le premier tour de la présidentielle a vu une légère avance du centriste Donald Tusk,
01:04qui était, si ça vous dit quelque chose ce nom, c'est l'ancien président du Conseil Européen.
01:09Il était face, lui aussi, à un ultra-conservateur,
01:12et la dynamique pro-européenne se poursuit donc après des législatives d'octobre dernier.
01:17L'extrême droite reste très très forte dans le débat public là-bas.
01:21Oui, on va en parler aussi.
01:23Et enfin, au Portugal, cette fois-ci, les législatives confirment une percée du parti d'extrême droite chez GAM.
01:30Ils n'ont pas remporté ce scrutin, mais ils sont maintenant au-dessus des socialistes
01:35et deviennent la deuxième force politique du pays.
01:38Ils sont un touche-douche avec les socialistes,
01:40donc c'est vrai que c'est vraiment une des surprises de ce scrutin en Portugal,
01:45puisqu'on pensait qu'il serait plutôt en troisième position.
01:47Mais voilà, ça démontre encore une fois et on va en parler que l'extrême droite progresse finalement un peu
01:51partout
01:52pour différentes logiques ou différentes explications sociales et économiques.
01:57Mais c'est assez inquiétant puisque si on regarde la carte aujourd'hui en Europe,
02:02il n'y a pas finalement, il y a peu de pays qui sont épargnés par ce phénomène.
02:05On a dit coucou depuis le Portugal.
02:07Alors justement, tu as vécu les élections ce week-end.
02:10Dis-nous comment ça s'est passé et quel climat là-bas.
02:13Si vous êtes en Pologne aussi, dites-nous comment ça va.
02:17En tout cas, on va dire qu'on avait une peur un petit peu d'une grande percée ce week
02:22-end
02:22de l'extrême droite sur le front des trois élections.
02:30On souffle un petit peu ou alors est-ce que quand même ces résultats sont assez alarmants pour la suite
02:36en Europe ?
02:36Moi, je pense qu'ils sont alarmants.
02:38La seule bonne nouvelle, en effet, c'est sur la Roumanie,
02:41puisque finalement le maire de Bucharest a réussi à rattraper son retard.
02:45On était, enfin, on était.
02:46Disons que les sondages étaient assez inquiétants,
02:49puisqu'il avait fini, le candidat d'extrême droite avait fini en tête avec 40% des voix du premier
02:54tour.
02:55Et du coup, généralement, quand on a plus de 10 points de retard entre le premier et second tour,
03:02ça indique rarement une victoire.
03:05Mais là, il y a eu un sursaut populaire,
03:07parce que c'est un des premiers éléments qu'on note.
03:10C'est vraiment une large hausse de la participation entre le premier et second tour
03:14pour faire barrage à l'extrême droite.
03:19Mais même si à ce sursaut, en tout cas, c'est quand même assez inquiétant en Roumanie,
03:23puisque c'est un pays où l'extrême droite est finalement assez marginale il y a encore plusieurs années.
03:29Et là, aujourd'hui, en un an, entre le premier tour de la présidentielle qui avait été annulé avec le
03:34candidat qui était arrivé en tête
03:37et après ce nouveau premier tour de la présidentielle,
03:41puisque le candidat avait été empêché de se présenter.
03:44Aujourd'hui, c'est Georges Simion, qui est le chef du parti en effet ultranationaliste AOR,
03:50qui s'est présenté à sa place et qui a fait 40 et maintenant 46% au second tour.
03:55C'est quand même énorme, surtout avec une hausse de participation.
03:58Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, la Roumanie fait partie des pays où l'extrême droite devient majoritaire.
04:05Il faudra voir, il faut en tirer les conséquences.
04:08Pourquoi est-ce que finalement il y a une telle progression aujourd'hui ?
04:12Comment le pouvoir en place maintenant va pouvoir œuvrer ?
04:16Et est-ce qu'ils ont entendu aussi, de la part de leur opinion publique et de leur population,
04:23un certain nombre de thématiques qu'il va falloir prendre en compte ?
04:26Parce que ce n'est pas simple, même si en effet il y a une victoire du maire de Pucarest.
04:33Aujourd'hui, on sait qu'il y aura peut-être des nouvelles législatives dans les mois qui viennent.
04:37Donc à savoir, est-ce que du coup l'extrême droite est en capacité de remporter...
04:41De contrebalancer.
04:41De contrebalancer cette élection présidentielle.
04:45Juste pour rappeler, la Roumanie en fait, ça fonctionne un peu avec deux systèmes.
04:50C'est qu'en gros le président qui est élu, donc le maire de Kuparès,
04:54va pouvoir en gros siéger lors de tous les sommets européens.
04:58C'est lui qui va représenter la Roumanie.
04:59C'est lui qui dictera toute la diplomatie de la Roumanie.
05:03C'est lui qui nomme le Premier ministre.
05:05Mais c'est après le pouvoir législatif et vraiment appartient au Parlement et au gouvernement.
05:09Donc c'est vraiment deux pouvoirs qui siègent ensemble.
05:18Donc chacun a des prorogatives.
05:20Mais en tout cas, tout le volet législatif appartient au Parlement.
05:25Donc c'est pour ça qu'il va être...
05:28Heureusement que finalement le maire de Kuparès a été élu.
05:30Mais rien n'est dit puisque l'extrême droite était en troisième position.
05:34Donc il y a quand même un groupe assez important au Parlement roumain.
05:37Et il y a de nouvelles législatives puisque le Premier ministre a démissionné suite au premier tour.
05:42en fonction des résultats qui étaient alarmants pour son parti.
05:45Donc à voir comment ça va se passer ensuite.
05:48Il y a Gene Fox dans le chat qui nous dit l'extrême droite structurée et marginale.
05:52Mais les sentiments nationalistes sont très présents depuis un moment dans cette zone.
05:57On nous demande aussi pas de deuxième chambre en Roumanie.
06:00Si, il n'y a qu'une chambre.
06:06Mais voilà, les pouvoirs sont partagés.
06:08Et sur le mouvement nationaliste, oui, en fait, l'une des raisons, c'est...
06:13Un, c'est la corruption quand même dans tous ces pays.
06:14C'est généralement ce qui fait arriver au pouvoir pas mal de mouvements politiques.
06:21C'est vraiment le combat contre la corruption qui reste importante en Roumanie.
06:24Mais d'ailleurs aussi en Pologne, même si c'est un peu moins le cas.
06:27Mais dans pas mal de pays de l'Est, Bulgarie ou ailleurs.
06:30Donc c'est vraiment structurant au sein de la société qui veut aujourd'hui
06:33qu'il y ait un vrai combat qui soit installé par rapport à ça.
06:37Et l'autre chose, c'est forcément, il y a une guerre qui est à leur porte.
06:40Donc la guerre en Ukraine.
06:42Justement, je vous mets la carte.
06:43Vous voyez pourquoi c'est important pour nous de vous parler de Pologne et de Roumanie.
06:47Sachant que l'Ukraine est ici et la Russie juste là.
06:50Voilà, donc il y a une vraie frontière commune.
06:51Donc il y a des questions de sécurité.
06:53Il y a une question aussi de...
06:54Voilà, ils ont accueilli un certain nombre de réfugiés ukrainiens.
06:57On sait que ça pèse sur...
06:59En tout cas, ça pèse pour l'extrême droite, ça pèse sur le pays.
07:04Et il y a la question aussi de la Moldavie qui est cet état entre l'Ukraine et la Roumanie.
07:11On sait que forcément, il y a des liens proches entre les deux pouvoirs et les deux pays.
07:16Donc voilà, c'est des questions aujourd'hui qui se posent.
07:18Et forcément, l'extrême droite s'en fait le porte-voix au détriment d'un certain nombre de thématiques
07:25comme la politique sociale, la politique économique,
07:28puisque la Roumanie reste un des pays des plus pauvres aussi au niveau européen.
07:33On peut passer peut-être sur la Pologne et faire un peu un parallèle
07:39avec ce, on va dire, ce côté rempart entre l'Europe et le conflit,
07:46enfin la guerre qu'il y a entre l'Ukraine et la Russie.
07:50Donald Tusk, l'ancien président du Conseil européen,
07:53il a un peu semblé vacillé aussi.
07:56Comment ça se passe pour lui ?
07:57Oui, parce que finalement, pareil, les sondages se sont un peu trompés
08:01parce qu'il donnait le PIS, le parti ultra-nationaliste qui est au pouvoir.
08:06Il y a encore quelques années, je crois.
08:09Droit et justice, je crois, c'est la traduction.
08:10Droit et justice, c'est ça, tout à fait, qui était au pouvoir il y a encore deux ans.
08:14Il y a Donald Tusk qui a pu faire son retour en tant que Premier ministre
08:19avec une forte coalition qui était agrégée avec de la gauche au centre-droit, entre guillemets,
08:25et du coup a pu l'emporter face au PIS.
08:28Mais on voit que, un, ils n'ont pas décroché,
08:29puisque le parti aujourd'hui au pouvoir de Donald Tusk arrive avec 30%
08:35et le PIS fait 29%.
08:36Et après, on a deux formations encore plus à droite que le mouvement du PIS
08:43qui font 15% et 6%.
08:46Voilà, deux parties, je crois que je l'ai noté, c'est la plateforme Confedératia
08:52qui est ultra à droite.
08:55et notamment, pareil, un des candidats, donc, Gregorz Braun, qui fait 6%
09:00et lui qui est ouvertement, par exemple, antisémite, voilà, candidat royaliste.
09:06Voilà, et c'est Confedératia, ouais, c'est ça, de Slavonir-Mensen,
09:09qui fait près de 15% des voix.
09:11Donc pareil, là, c'est un premier tour, c'est-à-dire qu'il y aura un second tour le
09:151er juin.
09:16Si on met toutes les voix des ultranationalistes ensemble,
09:20ils peuvent être largement majoritaires, donc l'emporter,
09:23emporter ce second tour.
09:24Et c'est important, puisque si Donald Tusk, aujourd'hui, a la majorité au Parlement,
09:31en fait, il est empêché par le président sur un certain nombre de perspectives politiques
09:36et de projets politiques, puisqu'il a son droit de veto,
09:39puisqu'il appartenait toujours au PIS.
09:41Donc on voit qu'il y a une guerre entre les deux formations.
09:44Et après aussi, il y a un certain nombre de promesses
09:47qui avaient été faites par Donald Tusk.
09:48Et on voit que c'est clivant dans ces élections aussi.
09:50C'est pour ça qu'ils n'ont pas fait la percée souhaitée,
09:53puisque c'est le maire de Varsovie qui était candidat.
09:57Par exemple, sur le droit des femmes, sur l'avortement, sur la politique sociale.
10:01On sait que ça a été mis en retrait
10:04et que, en fait, c'est surtout la sécurité par rapport à la guerre en Ukraine,
10:07la volonté de faire de la Pologne la première armée européenne.
10:12Oui, parce qu'il y a une menace à leur porte.
10:16En tout cas, c'est ce qu'ils pensent.
10:19On peut comprendre, parce qu'il y a un certain passif avec la Russie.
10:24Mais mine de rien, c'est un pays qui est membre de l'OTAN.
10:26En tout cas, la stratégie a été mise, encore une fois,
10:28sur la question de l'armée,
10:31au détriment d'un certain nombre de politiques, on va dire, sociales, économiques,
10:35mais aussi sur toutes les attaques qu'avait mis en place le PIS,
10:39puisqu'ils ont attaqué, on le disait tout à l'heure avec Sarah,
10:41mais la question des juges, la question de la presse,
10:43la question de l'État de droit.
10:45Et ça, aujourd'hui...
10:46C'est souvent les premières attaques quand les droites extrêmes arrivent au pouvoir.
10:50Exactement.
10:50C'est de s'attaquer au pouvoir judiciaire,
10:52qui est finalement le seul pouvoir, un minimum indépendant,
10:56qui pourrait freiner des politiques anticonstitutionnelles, par exemple.
11:00Tout à fait.
11:01Et surtout qu'ils ont eu peu de mettre en place,
11:04puisqu'on était au pouvoir pendant une dizaine d'années.
11:05Et ce qui fait qu'aussi, ça a marginisé finalement
11:08toute leur stratégie ultra conservatrice
11:11vis-à-vis de l'avortement, vis-à-vis du droit des femmes.
11:14Il y a eu énormément de manifestations pendant un tas d'années en Pologne.
11:17Elles ont été arrêtées.
11:19Elles ont continué malgré tout le combat.
11:20Et aujourd'hui, on voit qu'elles sont en attente du nouveau gouvernement
11:24d'accélérer sur tout un tas de réformes.
11:28Mais on voit du coup que ça a marginisé finalement tout le discours du PIS.
11:31Notamment, il y a des électorats différents,
11:34par exemple entre les grandes villes,
11:35qui votent majoritairement plutôt au centre-gauche,
11:37et on va dire le sud du pays ou l'est du pays.
11:42On voit qu'il y a des différents électorats qui se manifestent.
11:45Et notamment parce qu'ils sont plus proches des valeurs traditionnelles en Pologne,
11:51proches de l'église.
11:51Ici, l'église catholique a un poids énorme en Pologne.
11:54Donc on voit que c'est largement, on va dire, contrebalancé.
11:59Et aujourd'hui, on voit du coup, c'est une nouvelle formation
12:03d'extrême droite dure, je ne sais pas, ou radicale, ultra-radicale.
12:06Je ne sais pas comment on pourrait les cataloguer,
12:08mais qui tiennent des propos ouvertement antisémites pour certains.
12:13Et voilà, ça fait partie aujourd'hui de la bataille politique.
12:17Mais voilà, la Pologne est traversée par la question mémoriale,
12:19on le sait, qui est assez forte de la Seconde Guerre mondiale, de la Shoah.
12:26Toutes ces questions-là qui font que c'est un récit qui a été fait par le pouvoir,
12:29qui n'a pas été aussi remis en cause par les nouvelles autorités,
12:34et qui construit un récit où finalement l'extrême droite se sent à l'aise
12:38et peut s'estimer par responsable, par exemple, de la Seconde Guerre mondiale
12:42ou des massacres des Juifs, ou tout un tas de choses comme ça.
12:44Et qui fait qu'aujourd'hui, ils ont le vent en poupe en Pologne,
12:48mais dans d'autres pays en Europe.
12:49C'est même un argument électoral.
12:53On passe rapidement sur aussi le Portugal,
12:56où l'extrême droite n'a pas fait la percée espérée.
13:00En revanche, ils deviennent une force d'opposition
13:05avec énormément de poids, même au-dessus des socialistes.
13:11J'ai envie même de te poser, avant de passer au sujet de Gaza,
13:15qui sera le sujet suivant,
13:16j'ai envie de te poser la question entre maintenant une percée au Portugal,
13:20l'extrême droite qui est au second tour en France,
13:23l'extrême droite qui a été au pouvoir au Royaume-Uni,
13:26qui l'est en Italie.
13:28Est-ce qu'on voit une avancée significative,
13:34je pense à Orban aussi,
13:36est-ce qu'on voit une avancée significative
13:38de l'extrême droite en Europe,
13:42malgré ces percées freinées de ce week-end ?
13:45Est-ce que ça va dessiner un frein futur ?
13:49Ou alors est-ce qu'on est vraiment au bord d'une Europe qui bascule ?
13:53Je pense qu'il y a une logique nationale,
13:56un peu partout, qui est propre à chacun des pays.
13:59Mais on voit aussi que les politiques européennes,
14:03qui sont largement axées sur l'austérité,
14:08sur la question aujourd'hui de la sécurité,
14:10ont des blocs à 800 milliards comme ça pour l'armement
14:12et l'Europe de la défense,
14:14au détriment de la recherche,
14:17de l'éducation, de la santé,
14:19ce qui est moteur dans des pays pour créer de l'emploi
14:23et surtout créer des perspectives d'avenir.
14:25Aujourd'hui, on est plus sur de l'austérité,
14:27du libre marché,
14:28cette construction européenne qui est quand même axée dessus.
14:31Et finalement, faute d'avoir une majorité de gauche
14:34qui est au pouvoir en Europe,
14:37mais aussi au Parlement,
14:37on voit que finalement,
14:38c'est à chaque fois une politique contre l'immigration,
14:42du repli sur soi, du repli sécuritaire.
14:45Et finalement, ça n'aide pas aussi les peuples
14:48à se développer,
14:51puisqu'il y a peu de politique aujourd'hui d'investissement.
14:53Et on voit, on dépense énormément,
14:55par exemple, pour la sécurité de nos frontières
14:58contre des migrants,
15:01un peu partout en Europe
15:02et aucune logique, on va dire,
15:06autre et alternative qui est proposée au niveau européen.
15:09Et forcément, c'est un impact.
15:10On voit d'ailleurs qu'à chaque fois,
15:12maintenant, la Commission
15:13ou des grands dirigeants européens vont dans les élections,
15:15se plient, par exemple,
15:16ils sont allés en Pologne,
15:17ils sont allés en Roumanie,
15:19veulent montrer leur marqueur,
15:20mais aussi les Roumains et les Polonais
15:23démontrent que ce n'est pas forcément l'Europe qui souhaite.
15:26Hélas, c'est encore plus fermé.
15:29Mais ce que je veux dire,
15:30c'est que ça veut dire qu'il y a quand même
15:31quelque chose qui ne fonctionne plus
15:33dans l'Europe telle qu'elle est pensée,
15:35en tout cas telle qu'elle est politiquement pensée.
15:37Et c'est ça qu'il faut aujourd'hui
15:39arriver à remettre en selle.
15:41Et au Portugal, en effet,
15:43c'est inquiétant parce que Chega
15:44fait une constante progression.
15:46C'est-à-dire que sur...
15:47Alors, il y a énormément d'élections
15:48parce qu'en fait,
15:49on voit qu'il y a une instabilité politique.
15:50Donc, je crois qu'ils sont à la troisième
15:52ou quatrième élection
15:53en l'espace de cinq ans.
15:55Donc, on voit que ça ne fonctionne pas.
15:58Et finalement, le parti qui est en constante progression,
16:01c'est le mouvement Chega.
16:04Avoir aujourd'hui,
16:04ils vont être en position de force
16:06dans le futur parlement,
16:07savoir est-ce qu'ils vont s'allier
16:08au centre-droit ou pas,
16:10ou à la droite.
16:11Et à l'inverse,
16:12le parti socialiste,
16:13c'est les autres formations d'ailleurs
16:14qui sont à la traîne.
16:17Merci beaucoup pour cet éclairage.
16:21On en parle dans les...
16:23Et dernier point,
16:24parce qu'on en a discuté ce matin,
16:25c'est sur l'Allemagne.
16:26Oui.
16:27En fait, l'AFD aujourd'hui,
16:29qui est le parti alternatif pour l'Allemagne,
16:31qui est un parti d'extrême droite,
16:32talonne aujourd'hui le parti démocrate chrétien,
16:35la CDO,
16:36qui est force de droite conservatrice,
16:38qui dirige le pays
16:42depuis maintenant quelques semaines
16:43avec le chancelier Mers.
16:45Donc, aujourd'hui,
16:46ils sont talonnés dans les sondages.
16:47Donc, ça montre que finalement,
16:50aussi, quand la droite finalement applique
16:51les mêmes programmes,
16:52une partie du programme de l'extrême droite,
16:53ça donne davantage de poids à l'extrême droite.
16:57Et c'est pareil en France,
16:58quand la droite fait la même politique
16:59ou donne le même tempo politique
17:01que l'extrême droite,
17:03finalement,
17:04ça fait monter ses formations.
17:06Il nous parle de Pays-Bas aussi dans le chat.
17:08Exactement.
17:09Pays-Bas, mais voilà,
17:10il n'y a pas...
17:11Aujourd'hui, hélas,
17:11il n'y a pas un seul pays en Europe
17:13qui est épargné par ce phénomène.
17:16Et ça, c'est quelque chose
17:16qu'on suit dans les papiers de l'UMA.
17:19Donc, encore une fois,
17:20je vous invite à lire
17:21les super articles
17:22que le journal produit,
17:25la lutte contre l'extrême droite,
17:27la politique européenne.
17:29Est-ce qu'on a un spécialiste Europe à l'UMA ?
17:31Alors, il y a Lina Sankari
17:32qui suit de très près
17:34toutes ces questions-là.
17:34Et justement,
17:35à chaque fois,
17:35qui prend,
17:36elle a fait des séjours en Italie
17:38ou en Pologne,
17:39comment en fait,
17:39l'opposition,
17:40les syndicats sur place
17:42combattent ces mouvements-là.
17:44Comment en fait,
17:45on peut s'inspirer aussi
17:47de ces politiques-là
17:48pour lutter contre l'extrême droite ?
17:51Parce que c'est bien
17:51d'analyser le phénomène,
17:53mais c'est encore mieux
17:54si on a des perspectives
17:55de combattre ces phénomènes-là
17:58et ces mouvements politiques.
17:59Et après,
18:00on a par exemple Bruno Non
18:01qui écrit pas mal de papiers
18:03sur l'Allemagne notamment
18:04et sur l'AFD.
18:06Et sur,
18:07puisqu'on a eu la percée de l'AFD,
18:08on a aussi par exemple
18:09Die Linke en Allemagne
18:10qui est retourné au Parlement.
18:11Donc, il y a aussi
18:11des bonnes nouvelles
18:12du point de vue de la gauche.
18:14Et on espère
18:15qu'il y a d'autres pays
18:16qui puissent se relever
18:18aussi politiquement à gauche.
18:19Voilà,
18:20qu'il y ait un espoir un peu
18:20et un vent nouveau
18:21plutôt qu'à d'être à chaque fois
18:23à devoir compter
18:24les points de l'extrême droite.