- il y a 18 heures
Rome prévoit de donner son feu vert au Mercosur, l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays appartenant au Marché commun du Sud. Un vote sur le traité pourrait advenir dès vendredi 9 janvier et sa signature dès la semaine suivante, en dépit des protestations des agriculteurs en France et en Europe. Ces derniers convergent vers Paris ce 8 janvier, Anthony Cortes et RiboDansLaSauce font le point sur les raisons de leur colère.
00:00 Contexte sur le Mercosur
3:21Sur la dermatose nodulaire contagieuse
6:35 les revendications des agriculteurs
17:21 La ministre de l'agriculture à FranceInfo
31:35 Réaction de l'insoumise Manon Meunier
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NewsTranscription
00:00On parle beaucoup du Mercosur en ce moment. Le Mercosur, qu'est-ce que c'est ?
00:03C'est un accord de libre-échange que les agriculteurs contestent, les agriculteurs européens, mais en particulier les agriculteurs français.
00:10Plusieurs manifestations sont annoncées, plusieurs mobilisations. Les tracteurs sont en route vers Paris pour bloquer Paris
00:17et obtenir le fait que la France s'oppose à ce traité international, ce traité de libre-échange.
00:24Pour l'instant, la France est très timide sur la question. Emmanuel Macron, Annie Gennevard, qui est la ministre de
00:31l'Agriculture,
00:32font des va-et-vient, des allers-retours en fait, en disant tout d'abord, finalement, on va s'y
00:38opposer parce qu'il n'y a pas assez de contrepartie,
00:40pas assez de garantie sur le fait qu'on ne va pas importer des produits qui ne respectent pas les
00:44normes européennes.
00:45Et puis à d'autres moments, finalement, on va signer. C'est là, c'est dans les jours qui viennent.
00:51Donc en fait, on a un peu de mal à suivre de ce côté-là, mais le Mercosur devrait être
00:56adopté par les pays européens,
00:59poussé largement par la Commission européenne. Mais voilà, les agriculteurs ne comptent pas se laisser abattre, loin de là.
01:06Et donc, on va en parler un petit peu, on va parler de ce contenu du Mercosur et de ses
01:11oppositions et de la timidité française.
01:13Ok, voilà. Alors, comme je disais, moi, c'est un sujet que je connais un petit peu, que je ne
01:17connais pas hyper bien.
01:17Donc, ça va être plus toi qui va driver le truc, c'est ce qu'on disait tout à l
01:20'heure.
01:20Toi, c'est un sujet que tu connais plutôt bien, l'agriculteur, la colère de l'agriculteur, tout à l
01:23'heure ?
01:23J'ai travaillé, j'ai trouvé dessus quelques fois.
01:26Alors là, dernièrement, un peu moins, mais c'est vrai que l'année dernière, et puis l'année d'avant,
01:31j'étais sur les barrages,
01:32notamment des agriculteurs.
01:34A l'époque, c'était un peu moins la coordination rurale.
01:36La coordination rurale, donc, est un syndicat agricole proche de l'extrême droite, proche du RL, même.
01:42Voir même pire que le RL.
01:43Il me semble que le président de la coordination rurale était aux universités d'été de l'Action France cet
01:48été.
01:48Si je ne dis pas de bêtises.
01:50Il y a un potentiel, on va dire, de force réactionnaire dans la paysannerie, historiquement.
01:56Not all paysans, évidemment.
01:58Mais en tout cas, la coordination rurale représente parfaitement cette frange-là, on va dire, de la paysannerie
02:02qui peut être une force vraiment extrêmement réactionnaire.
02:06Personnellement, c'est un syndicat que moi, j'ai tendance à tenir en horreur.
02:08Et c'est plutôt inquiétant, parce qu'en plus, la coordination rurale a réussi à obtenir plusieurs chambres d'arrivée
02:12culture.
02:13Oui, ils sont en progrès assez massif.
02:14Oui, massivement.
02:15Ils ont pris pas mal de parts de marché à la FNSA, le syndicat majoritaire, productiviste.
02:21Patronal.
02:22Voilà, exactement.
02:23Le syndicat des grands propriétaires terriens, des grands exploiteurs.
02:25Exactement, qui soutient notamment les projets de mégabassines, etc.
02:28Très proche du gouvernement, en tout cas du gouvernement macroniste.
02:31Mais voilà, la coordination rurale a réussi à capitaliser sur les difficultés du monde paysan, du monde agricole français,
02:39notamment dans ce monde ultra concurrentiel, et notamment où les traités de libre-échange s'enchaînent
02:45et sont défendus par la Macronie, même si officiellement, bien souvent, ils se montrent comme vigilants,
02:52en disant, attention, il va pas falloir qu'il y ait trop de reculades,
02:55il va pas falloir que nos normes européennes soient contestées,
02:59il va pas falloir que les prix soient amenés à la baisse.
03:02Mais le résultat, à la fin, c'est que la France signe malheureusement toujours.
03:05Et donc, voilà pourquoi la coordination rurale aussi a gagné des parts de marché, a progressé.
03:11Donc là, le sujet du Mercosur, il est symbolique.
03:15En plus, il arrive dans une période un peu particulière.
03:17En fait, je ne sais pas si vous avez suivi, je ne sais pas si tu as suivi,
03:19mais l'épidémie de dermatose.
03:21Oui, c'est le début de mes vacances, donc j'ai suivi de loin.
03:24Qui, enfin voilà, l'épidémie de dermatose qui s'est propagée dans les élevages français.
03:31Le gouvernement a très mal géré ça, c'est-à-dire qu'en fait, il y avait toute une campagne
03:35de vaccination,
03:36mais ils ont surtout planifié un abattage massif des animaux qui peuvent être concernés,
03:44même ceux qui ne sont pas forcément contaminés.
03:47Et donc, forcément, ça a touché largement les finances des agriculteurs.
03:52Et ça a provoqué une immense...
03:54Parce que du coup, ça c'est un truc que je n'ai pas bien compris, vu que je n
03:56'ai pas trop suivi.
03:56C'est par rapport justement à des histoires de normes qui ont décidé de tuer toutes les bêtes,
04:00alors que si les normes étaient différentes, ils auraient pu en tuer que certaines.
04:03Oui, c'est ça, c'est ça.
04:04Et puis c'est une question de sécurité.
04:06En tout cas, c'est comme si on avait voulu prendre un peu trop les devants, malheureusement,
04:09et s'assurer complètement que ça n'allait pas se propager largement.
04:14Alors qu'en fait, ce que demandaient les agriculteurs, c'est une campagne de vaccination massive.
04:17Que limite, on vaccine tous les animaux.
04:20Et là, au moins, à ce moment-là, on a limité les risques, etc.
04:23Et en fait, la France a voulu limiter ces vaccinations-là en choisissant, en privilégiant l'abattage de façon préventive.
04:31Ok, ok. Parce que là, je vois dans le chat, il y a Malen Ming qui nous dit
04:33« Vacciner, c'est s'interder de reprendre nos produits et nos bêtas à l'étranger. »
04:37C'est ça aussi.
04:37Ok, d'accord. Donc ça veut dire que si on était dans une forme de protectionnisme agricole, agroalimentaire, on va
04:42dire en tout cas ?
04:44À la limite, on aurait pu plutôt vacciner les bêtes au lieu de les tuer, mais du coup, on n
04:46'aurait pu les vendre qu'en France.
04:48Donc ça veut dire que derrière cette histoire de tuer toutes ces bêtes-là, c'est encore une histoire de
04:52libre-échange.
04:53C'est pour s'opposer à ce libre-échange-là que cette protestation a eu lieu.
04:57Complètement. Et c'est là où en fait, les deux sujets...
04:59On protégeait l'exportation, l'abattage.
05:02Exactement. Et c'est là qu'on voit que les deux sujets se rejouissent.
05:07Voilà, parce que on mène cette campagne d'abattage, on peut l'appeler comme ça, pour protéger l'exportation,
05:17pour continuer à s'inscrire dans cette logique libre-échangeiste.
05:22Et dans le même temps, il y a ce traité du Mercosur qui arrive comme une espèce de violence supplémentaire.
05:28Et donc, d'où le fait que les agriculteurs s'élèvent contre ça.
05:33Surtout que ça faisait déjà partie des motifs de mobilisation l'année dernière, mais aussi l'année précédente.
05:40De toute façon, j'ai l'impression que c'est les traités de libre-échange par rapport à l'agriculture
05:43française.
05:43C'est un sujet qui traîne depuis longtemps, parce que ce n'était pas le Mercosur.
05:45Il y avait eu un autre traité avec un nom un peu pareil.
05:47C'était quoi ? Le TAFTA, c'était ça ?
05:49Il y avait le TAFTA, c'était avec l'Amérique du Nord. Il y avait déjà le même genre de
05:52grond dans le milieu agricole que là avec le Mercosur.
05:55C'était la même chose. Et on y en assistait à la même stratégie de communication du gouvernement en disant,
06:01nous sommes vigilants, nous voulons favoriser les échanges, mais il faut qu'ils soient vertueux pour l'Union Européenne.
06:08Et en même temps, nos paysans ne seront pas pénalisés, nous en portons garants.
06:13Sauf qu'on le voit depuis des années et des années et des années, les conséquences sont toujours les mêmes.
06:20C'est une baisse de prix, donc une baisse de revenu à chaque fois, donc une baisse des moyens de
06:23subsistance des agriculteurs français, malheureusement.
06:27D'accord, d'accord. Alors du coup, il y a un truc que j'ai du mal un petit peu
06:29à saisir là-dedans, c'est sur les revendications des agriculteurs.
06:31Alors j'imagine qu'elles sont multiples et que ce n'est pas tout à fait les mêmes.
06:34Parce que moi, j'ai quand même l'impression que les revendications de beaucoup d'agriculteurs,
06:37notamment les revendications de la FNSEA et de l'ACR, de la coordination rurale,
06:40qui sont quand même majoritaires dans le monde agricole, plus que la confédération paysanne qui est plus de gauche, par
06:44exemple.
06:46Souvent, ils disent que le problème, c'est qu'on a trop de normes.
06:48Et donc du coup, c'est quoi la revendication ?
06:50C'est plus moins de normes pour qu'on puisse continuer à exister plus facilement,
06:54ou au contraire, moins de liberté de libre-échange pour qu'on puisse garder nos normes
06:57et qu'on ne soit pas mis en concurrence déloyale avec ceux qui n'ont pas, eux, pas de normes.
07:01Parce que les deux revendications s'opposent un peu.
07:03Les deux normes, mais non au libre-échange, parce qu'on ne peut pas avoir les deux en même temps.
07:06Ou alors, OK, pour le libre-échange, mais les normes, on va abaisser le niveau de normes pour pouvoir continuer
07:10à survivre.
07:11Donc, il y a un peu deux sons de cloche différents dans le monde agricole, ou au final, c'est
07:15pas clair ?
07:15Là, c'est un truc que je n'ai pas réussi à saisir, ça.
07:17Oui, il y a deux sons de cloche, c'est clair, selon le syndicat agricole, selon les bords qui peuvent
07:21représenter.
07:22C'est vrai que la FNSEA, c'est plutôt le syndicat pro-libre-échange.
07:29De l'autre côté, tu as la coordination rurale qui essaie de défendre une visée souverainiste, mais en même temps,
07:36qui veut la peau des normes.
07:38Et de l'autre côté, la Confédération paysanne, donc plutôt classée à gauche, qui, elle, ne rejette pas les normes,
07:44bien au contraire.
07:44Mais plutôt, il faut organiser un marché français et européen, vertueux, essayer de favoriser des circuits plus réduits, on va
07:55dire.
07:55Mais pour pouvoir augmenter le niveau de qualité de la production aussi, ce qui paraît être une meilleure solution.
08:00Oui, complètement. Donc voilà un petit peu la composition, disons, des revendications et des divisions.
08:07Mais si on doit résumer un petit peu, si on doit essayer de trouver des ententes, des points d'accord
08:13entre les différentes centrales agricoles, on va dire, on va appeler ça comme ça,
08:18c'est mettre en pause tout simplement ce traité-là parce qu'il a été mal pensé, favorisant un libre
08:25-échange absolument effréné.
08:26Mais par contre, c'est vrai que sur la question des normes, par contre, là, c'est difficile de faire
08:31s'accorder les différents syndicats.
08:33Parce que quand on voit que la coordination rurale veut la fin du Green Deal, par exemple, qui met en
08:41place un certain nombre de normes écologiques à respecter au niveau européen,
08:46à l'époque dans laquelle on est, avec ces questions de dérèglement climatique qu'on connaît par cœur, ce Green
08:53Deal, il est indispensable.
08:54Donc on ne peut pas le débrancher.
08:56Ok, ok, ça marche. Donc du coup, le Mercosur, enfin le rejet du Mercosur, de l'accord du Mercosur, ça
09:01sera un petit peu le ciment à cette grogne des agriculteurs qui met à peu près tout le monde d
09:05'accord.
09:05C'est ça. Et en fait, c'est le rejet. Et puis il y a aussi la méthode. C'est
09:09-à-dire qu'en fait, on n'a jamais vraiment entendu les agriculteurs, on ne les a jamais vraiment concertés.
09:15Il y a aussi un double discours que dénoncent les agriculteurs, c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron très régulièrement
09:19rassure les agriculteurs en disant, voilà, nous, Français, nous sommes les garants justement d'un traité équitable,
09:29voire même nous allons voter contre. Et puis ensuite, il y a une espèce de retour de bâton. En fait,
09:34la France, bien au contraire, ne s'y oppose pas lors des différents rendez-vous européens et internationaux.
09:39Et donc, il y a cette question-là. C'est surtout un symptôme de la macronie qui ignore trop souvent
09:47la base pour finalement mener ces projets ultra libéraux.
09:52D'accord. Donc ça, en fait, c'est un peu comme ce qu'ils font avec le droit du travail,
09:55par exemple.
09:57Moi, qui suis un gauchiste relativement classique, c'est-à-dire que je connais quand même assez mal le monde
10:02agricole parce que je suis un petit bobo citadin qui ne sait même pas différencier une mésange d'une pie.
10:08Donc moi, je connais plus les mouvements sociaux un peu plus classiques, entre guillemets, où ça part faire des manifs,
10:12République Nation, par rapport à des attaques sur le droit du travail.
10:15Mais en tout cas, s'il y a un point commun entre ce qui se passe du côté des agriculteurs
10:18et ce qui se passe dans les mouvements sociaux plus classiques pour la gauche,
10:22c'est le mépris macroniste qui n'écoute jamais les syndicats, peu importe le type de syndicat, et qui décide
10:27de jouer sa partition en s'en foutant totalement des premiers concernés.
10:33C'est ça. En fait, c'est toujours le même sujet. Tout à l'heure, tu parlais du TAFTA. Il
10:37faut se souvenir qu'il y a deux ans, au salon de l'agriculture,
10:40si vous vous souvenez, mais dans le premier pavillon, pavillon 1, je crois que c'est ça, pavillon 1, il
10:44y a une bagarre générale qui a éclaté entre la coordination rurale
10:47et certaines de la FNSA et le service d'ordre d'Emmanuel Macron. Parce qu'à l'époque, déjà, il
10:53y avait cette volonté d'être entendu presque par la force,
10:57de dire, mais bordel, écoutez-nous, concertez-nous. Et Emmanuel Macron avait, j'y étais d'ailleurs, avait réuni justement
11:04les différents membres des syndicats présents.
11:06Il y avait aussi des membres de la Confédération Paysanne dans un petit espace parce qu'ils ne pouvaient pas
11:10déambuler.
11:11Et là, à ce moment-là, il leur avait promis d'être concertés, d'avancer ensemble, de faire du monde
11:18agricole et de la cause agricole la première cause.
11:21Enfin, ça, il l'a promis à beaucoup de monde. Et finalement, voilà, on est deux ans après et on
11:25a l'impression de revivre exactement, exactement, exactement la même scène.
11:28Et donc, forcément, il y a un niveau d'exaspération qui monte et parfois avec un niveau d'exaspération qui
11:33amène un niveau de tension.
11:34Parce que je l'entendais dans différents sujets, notamment de médias locaux, que ce soit France 3 ou des PQR,
11:39avec des agriculteurs qui disaient...
11:42PQR, c'est presse quotidienne régionale.
11:43Presse quotidienne régionale et qui disaient, en gros, s'il faut aller en garde à vue pendant plusieurs heures, on
11:49ira parce que là, maintenant, on est totalement exaspéré.
11:51Donc, on voit qu'il y a une montée en tension que la Macronie a provoquée par son mépris et
11:55son déni de la réalité habituelle.
11:59Et oui, on connaît dans les milieux sociaux. Maintenant, on connaît de plus en plus dans le milieu agricole.
12:03Après, j'ai l'impression qu'il y a quand même une différence. Dis-moi ce que tu en penses.
12:07Il y a la même indifférence par rapport aux revendications, que ce soit des syndicats agricoles ou des syndicats plus
12:12classiques de travailleurs, on va dire.
12:13Par contre, il y a un truc qui est peut-être un petit peu différent, c'est le niveau de
12:15répression et la communication qu'emploie le gouvernement
12:18quand on parle d'un agriculteur par rapport à quand on parle d'un syndicaliste de la CGT qui bosse
12:21dans la fonction publique.
12:22Je ne parle même pas quand c'est des révoltes urbaines de jeunes de quartier, par exemple, suite à des
12:26violences policières, comme l'assassinat de Naël, par exemple.
12:29Là, vraiment, c'est full répressif et ils sont vraiment désignés comme directement des ennemis de l'État, quasiment, en
12:35tout cas des ennemis du gouvernement.
12:36Il y a quand même un truc qui est un petit peu différent avec les agriculteurs, c'est que même
12:39si les revendications, évidemment, ne sont pas entendues,
12:41parce que Macron et ses sibires, ils font globalement ce qu'ils veulent et les traités de libre-échange, ils
12:46sont globalement pour parce que c'est des gros libéraux.
12:48Il y a quand même un côté où, ça, je m'en souviens, les dernières, c'était déjà le cas,
12:50c'est peut-être un peu moins le cas cette année, mais ça serait plus à toi de me le
12:54dire,
12:55où c'était vraiment pas le même son de cloche du point de vue de Gérald Darman, par exemple, qui
12:58était ministre de l'Intérieur à l'époque.
12:59Donc, quand c'était vraiment des manifs plus classiques de gauche, on va dire, là, tout de suite, c'est
13:04le black bloc, anti-républicains, sont des factieux,
13:07ils veulent détruire la République et tout brûler. Là, les agriculteurs, c'était quand même, la coordination rurale, non, quand
13:12même, c'est bien, on ne va pas aller leur taper dessus.
13:14Qu'ils bloquent un maximum d'autoroutes avec leur tracteur, on entend leurs revendications, parce que derrière ça, il y
13:18a une espèce de fétichisation de l'image du paysan
13:20qui serait un peu un représentant du vrai français, du pays réel, un peu, pour reprendre les termes de Charles
13:25Maurras.
13:25On parlait de l'action française tout à l'heure, qui fait que, d'un point de vue du discours
13:29et même du niveau de répression,
13:29il y a quand même, j'ai l'impression, une petite différence, et les agriculteurs sont plus les tranquilles,
13:33quand bien même, en termes de revendications qu'ils portent, ils ont des portes tout aussi fermées que les autres.
13:38Est-ce que c'est en train de changer, ça ? Parce que, justement, avec cette histoire d'abattre des
13:41troupeaux entiers,
13:42on a vu un peu plus des images de gendarmerie commencer à envoyer des gaz lacrymogènes,
13:47et ce genre de choses qu'ont des agriculteurs. Moi, j'ai l'impression qu'on voyait moins ça il
13:49y a un an.
13:50Donc, c'est en train d'évoluer à ce niveau-là, ou pas tant que ça ?
13:51Le discours est un peu en train de changer, d'ailleurs, on le verra juste après,
13:54avec la séquence d'Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture, mais on verra tout à l'heure.
13:58Elle en parle un petit peu des manifestations.
13:59C'est celle-ci ?
14:00C'est celle-là, oui.
14:01Parce que là, j'avoue, pas trop d'extraits, mais après, faire ça en discussion comme ça, ça marche aussi.
14:05C'est bien aussi.
14:06En fait, oui, le discours est un peu en train de changer.
14:08C'est vrai que, sous Gérald Darmanin, par contre, il y avait cette espèce de deux poids, deux mesures.
14:11On se souvient de toutes les manifestations écolo, en Saint-Séline, autour de la 69, il y avait quoi ?
14:19Il y avait les manifestations autour du tunnel Lyon-Turin, enfin bref, il y avait tout un ensemble de manifestations
14:23écolo
14:24qui étaient ultra, ultra, ultra réprimées, où évidemment, le LBD était rapidement utilisé, les lacrymos pleuvaient, etc.
14:31Par contre, quand on regarde les manifestations des agriculteurs, aujourd'hui, comme il y a deux ans, trois ans,
14:38là, par contre, c'est beaucoup plus modéré.
14:39Mais par contre, là où je note une évolution, parce que de ce côté-là, ça ne change pas trop,
14:43mais là où je note une évolution, c'est plutôt dans les mots, en fait, employés par le gouvernement,
14:48où on appelle un petit peu plus à la modération, ou alors on appelle un peu plus au respect des
14:52règles.
14:52Alors, ça reste très timide, on est loin du même niveau de discours que pouvait employer Gérald Darmanin à l
14:59'époque,
14:59ministre de l'Intérieur, quand il parlait d'éco-terroristes, etc.
15:03Là, ils n'ont pas parlé d'agri-terroristes, quand certains agriculteurs, notamment la coordination rale,
15:08ont mis le feu à certaines préfectures.
15:10Ils avaient pendu un sanglier, égorgé aussi, dans une préfecture.
15:14Ça, c'est l'année dernière, il y a deux ans, mais oui, ils ont fait des actions, vraiment.
15:17Mais là, à ce moment-là, rien n'a été dit.
15:20Moi, je me souviens d'une manif, il y a quoi, il y a deux, trois ans,
15:23c'était la coordination rurale du Lot-et-Garonne, je crois,
15:26qui était venue s'opposer à une manifestation d'écolo,
15:29d'écologistes qui étaient montés dans des arbres,
15:31comme ils font souvent, c'est une méthode des écureuils.
15:35Et en fait, ces membres de la coordination rurale étaient venus scier l'arbre, carrément,
15:40tronçonner l'arbre.
15:40Et en fait, il n'y avait pas eu une grande répression,
15:43il n'y avait pas eu une immense condamnation des pouvoirs publics, loin de là.
15:46Ça s'est géré à part dans l'ombre, alors que si ça avait été des écologistes,
15:52mais qu'est-ce que ça aurait été ?
15:53On aurait parlé de cette menace verte qui est prête à s'abattre,
15:58et donc on aurait musclé forcément l'appareil répressif, ça n'a pas été le cas.
16:01Donc oui, ce de poids de mesure, malheureusement, il existe toujours,
16:05mais on va écouter Annie Gennevard, qui est la ministre de la...
16:07D'accord, on va voir si peut-être quand même, c'est en train d'évoluer un tout petit peu.
16:09En tout cas, j'ai l'impression, parce que moi, j'avais vu des images,
16:11il y avait surtout une vidéo, cliquez en parler dans le chat tout à l'heure, là.
16:15Attends, une seconde, je remonte.
16:16Pourquoi ça ne marche pas ?
16:19Je ne peux pas remonter le chat.
16:20Quelqu'un disait en tout cas, oui, qu'il y avait une image d'un agriculteur,
16:22c'était quelqu'un de la colonisation rurale, justement,
16:24qui s'était pris, je ne sais plus, une lacryme au-dessus,
16:26qui s'est fait légèrement blesser,
16:28comme il se arrive absolument à toutes les manifs en France,
16:30quasiment, sauf les manifs d'agriculteurs,
16:32et du coup, il avait réagi en disant, mais comment ça se fait qu'on se fait attaquer ?
16:34On n'est pas les banlieues, nous, on ne devrait pas se faire attaquer.
16:37Donc, ça résume bien un peu ce truc-là,
16:38mais ça montre quand même qu'il y a eu quelques lacrymots de balancés,
16:41il y a eu un peu de début de répression,
16:43ce qui est assez inhabituel.
16:44Mais c'est exactement ça, parce qu'il y a quelques jours,
16:46c'était juste avant les vacances de Noël,
16:49un agriculteur a été mis en garde à vue,
16:50mais là, pour le coup, sans violence,
16:52mais la coordination rurale, je crois que c'est la coordination rurale,
16:54a saisi les JPN.
16:56Donc, juste pour ça, alors que, voilà,
16:58on est quand même très très loin du niveau de répression.
17:00Ils ne sont pas au courant que l'IJPN est là pour protéger les policiers,
17:02du coup, ils découvrent, ils ont encore foie,
17:03la police républicaine, la coordination rurale, va, tiens.
17:07Voilà où ça mène, le nationalisme,
17:08ça mène à être un peu à la ramasse, quoi.
17:12On va regarder ça, on va voir si le ton a changé,
17:14mais bon, de ce que j'ai vu, là,
17:16dans le petit truc au-dessus, bon,
17:18ne soyons pas alarmistes, manifester est un droit dans notre pays.
17:20Ok, bon.
17:21Mais cela doit...
17:22Mais, voilà.
17:23Ceux qui comptent aujourd'hui, ce ne sont plus les mots.
17:24Donc lui, c'est le chef de la FNSEA, c'est ça ?
17:26Le président, je ne sais pas comment on dit.
17:27C'est ça.
17:28Oh, mais les actes !
17:29De toute façon, à Paris, on y montera, quoi qu'il en coûte,
17:33et là, on se heurte à un mur.
17:34Alors, vous savez, la coordination rurale, on est écus,
17:37et sur nos revendications, on ne lâche pas.
17:38Attends, il faut que tu m'expliques un truc à propos de la CR,
17:40c'est peut-être que je ne m'y connais pas assez en monde agricole,
17:42mais ils ont tout le temps un bonnet jaune sur la tête,
17:43et là, quand il y a de la neige derrière,
17:45c'est le seul moment où je les vois sans bonnet, comment ça se fait ?
17:47Ah, ils sont à l'Elysée, ouais.
17:48Ah, ok, d'accord.
17:49C'est présentable.
17:52Ce que le Premier ministre a dû annoncer,
17:54c'est clairement pour répondre à des faux sujets
17:56qui ne sont pas le cœur même de la colère.
17:59On leur a dit, tant que vous ne lâcherez rien, on continuera.
18:02Ces réunions, ces efforts, allez, Genevards, ça n'a servi à rien ?
18:06Ah non, on ne peut pas dire ça.
18:07D'abord, on a passé avec chaque syndicat agricole près de deux heures,
18:13donc des conversations qui ont été d'abord respectueuses, attentives.
18:18Le Premier ministre a souhaité ses rencontres pour montrer
18:22que les questions agricoles sont prises en compte au plus haut niveau de l'État.
18:27L'ensemble du gouvernement était réuni hier
18:30pour évoquer les différents sujets agricoles
18:34qui concernent la consommation, qui concernent le budget,
18:38qui concernent la recherche, qui concernent l'environnement.
18:40Donc, le gouvernement est vraiment mobilisé sur les sujets
18:44qui préoccupent les agriculteurs.
18:46D'accord, mais vous entendez leur mécontentement, là ?
18:48Mais bien sûr que nous l'entendons.
18:50D'abord, il y a des raisons structurelles à ça.
18:53Depuis longtemps, les agriculteurs considèrent que leur travail est entravé
18:59par trop de normes, par trop de contraintes,
19:02que souvent ils sont l'objet d'attaques injustes, injustifiées,
19:07que leur rôle qui est affiné...
19:09Alors, sur les normes, je vois ce qu'elle veut dire.
19:11Du coup, là, on disait, c'est quoi le problème ?
19:12C'est le libre-échange ou les normes ?
19:14Elle est du côté de...
19:14Les agriculteurs se plaignent d'avoir trop de normes.
19:16Déjà, ça, c'est intéressant.
19:17Mais pour ça, ça permet de protéger aussi les plans gouvernementaux
19:20qui vont vers plus de libre-échange, etc.
19:22Donc, en fait, elle choisit son épouvantail.
19:24Donc, en fait, les agriculteurs se plaignent de trop de normes.
19:28Donc, on va agir là-dessus.
19:28Il faut se souvenir aussi qu'il y a deux ans,
19:31quand c'était Gabriel Attal, à l'époque, qui était Premier ministre,
19:33il y a eu cette grosse colère des agriculteurs qui, à l'époque,
19:35déjà, s'opposait à un traité de libre-échange, donc le TAFTA.
19:39Gabriel Attal a utilisé exactement la même stratégie en disant,
19:41en fait, les agriculteurs ne veulent plus de normes.
19:43On a bien compris, donc on va abaisser les normes.
19:45Et on va créer des exceptions françaises par rapport aux normes européennes.
19:49C'était déjà la stratégie qui était mise en place.
19:52Donc, en fait, la Macronie est encore en pilotage automatique de ce côté-là.
19:56OK, OK.
19:56Mais après, du coup, il y a la deuxième partie de ce qu'elle raconte.
19:58Là, du coup, je ne comprends pas bien ce qu'elle veut dire.
20:01Les agriculteurs sont victimes d'attaques.
20:02C'est quoi ? C'est l'entend-dire ?
20:03Il y a de l'agribashing, l'opinion publique n'aime pas les agriculteurs ?
20:05En fait, non, en fait, oui, il y a un peu de ça.
20:08Mais en fait, c'est les agriculteurs.
20:10Quand je dis les agriculteurs, là, c'est plutôt la coordination agréable.
20:12Mais se plaint souvent d'être un peu trop contrôlés,
20:16notamment par les agents de l'OFB,
20:17et donc l'Office français de la biodiversité,
20:19et disent qu'ils sont traités comme des délinquants.
20:22Ce qui n'est pas le cas, évidemment, pas du tout.
20:24Quand on regarde le nombre d'agriculteurs contrôlés par an,
20:28on est vraiment très, très loin d'un fliquage.
20:30Et au contraire, et puis...
20:32Fliquer sur la biodiversité ou sur les conditions de travail des ouvriers agricoles,
20:35ce n'est pas une mauvaise chose en soi.
20:36Au contraire, c'est plutôt bien.
20:37Exactement.
20:38C'est pour protéger à la fois les agriculteurs,
20:40leur exploitation et leurs ouvriers.
20:42Et puis, évidemment, les terrains qu'ils occupent,
20:44enfin, ces espaces-là.
20:46Donc, non, mais en fait, voilà.
20:48Donc, elle choisit ces épouvantails-là.
20:49Donc, c'est à la fois les normes,
20:51et c'est à la fois le fliquage,
20:53avec des énormes guillemets, de l'OFB.
20:56Et il faut se souvenir qu'à l'époque, encore une fois,
20:57Gabriel Attal, quand il répond à la crise agricole, il y a deux ans,
21:00a décidé d'enlever certaines prérogatives,
21:03certains pouvoirs aux agents de l'OFB.
21:04Donc, voilà.
21:05Donc, elle ne parle pas de l'opinion publique
21:07qui serait un petit peu anti-agriculteur,
21:08qui ferait de l'agribashing ou je ne sais quoi.
21:10C'est vraiment une façon de dire,
21:12on ne les laisse pas travailler tranquillement
21:13avec tout ce droit du travail et ses normes écologiques.
21:16Ok, d'accord.
21:16Oui, sachant que, je me rappelle une histoire,
21:19il me semble que la coordination rurale, justement,
21:20avait protégé un collègue agriculteur à eux
21:24qui a tué des inspecteurs du travail.
21:25Oui, oui.
21:26C'est bien ça, c'est la CR.
21:27Oui, voilà.
21:28Ok, d'accord.
21:29C'est ça, c'est ça qu'on allait vouloir dire.
21:31On ne peut pas les laisser travailler tranquilles.
21:33On envoie des inspecteurs du travail chez eux de temps en temps.
21:35Non, mais c'est ça.
21:36Et après, bon.
21:36Mais c'est ça.
21:37Et puis, sur l'autre point,
21:40voilà, mais on parle aussi,
21:41donc on parlait des normes tout à l'heure.
21:42Je vois qu'il y a Pixel qui dit
21:45mon grand-père agriculteur est mort
21:46à cause de son métier,
21:47tombé malade à cause des produits qu'il balançait.
21:49Et c'est vrai que les normes aussi,
21:50c'est aussi pour protéger les agriculteurs.
21:51Moi aussi, mes grands-parents étaient agriculteurs.
21:54Et j'ai vu autour de moi,
21:56dans ma famille et au-delà,
21:57des personnes qui sont tombées malades
21:58à cause de ces produits-là.
21:59Donc, en fait, le fait de permettre,
22:02en tout cas d'abaisser les normes,
22:03de permettre l'utilisation de ces produits,
22:05ça touche les consommateurs, évidemment.
22:07Et c'est grave,
22:08mais ça touche aussi les agriculteurs.
22:09Quand il y a des normes,
22:10c'est pas pour embêter les agriculteurs,
22:11c'est aussi pour les protéger.
22:13Après, il faut que structurellement,
22:14tout le reste soit adapté, évidemment.
22:15C'est ce qu'on disait.
22:17On traite que souvent,
22:19ils sont l'objet d'attaques injustes,
22:22injustifiées,
22:23que leur rôle,
22:23qui est infiniment précieux,
22:25qui est de nourrir la population.
22:27Ça, ça, ça, ça,
22:27comment il m'énerve aussi ?
22:28Parce que, genre,
22:29oui, c'est un rôle infiniment précieux
22:30de nourrir la population,
22:31mais c'est pas le seul métier
22:32qui est absolument essentiel.
22:34Quand il y a des profs qui font des manifs,
22:36l'école, c'est comme ce qu'apprend à lire,
22:38écrire et compter à nos enfants.
22:39Je veux dire, c'est essentiel aussi.
22:41Les soignants, les infirmières
22:42dans l'hôpital public,
22:44qui sont sous-payés
22:45dans des conditions de travail désastreuses,
22:46qui ne peuvent même pas se mettre en grève.
22:48Bizarrement, ils n'ont pas le même discours.
22:50C'est ça.
22:50Mais ça explique un petit peu
22:51le deux pas de mesure
22:52dont on parlait tout à l'heure.
22:53C'est qu'en fait,
22:53ils sont conscients, évidemment,
22:54du rôle de la position symbolique
22:59qu'incarne le métier de l'agriculteur,
23:02l'agriculture en général.
23:03C'est une espèce de rôle de nourrisseur
23:05d'une certaine façon.
23:06Et donc, en fait,
23:07là, ils le remettent en avant
23:08pour d'abord les brosser
23:10dans le sens du poil, évidemment,
23:11et se montrer de leur côté,
23:13du côté de ceux qui nourrissent
23:14pour l'intérêt général.
23:18Donc, on est dans ce narratif-là.
23:21Il n'est pas suffisamment reconnu
23:22que les contraintes internationales
23:25comportent des risques.
23:26C'est la PAC, c'est le Mercosur,
23:28c'est la taxe carbone aux frontières.
23:29Donc, il y a une conjonction de choses, là,
23:32qui suscitent de l'inquiétude
23:34et puis, bien sûr,
23:35sur fond de maladies sanitaires
23:37qui s'en prennent à nous chepter le bovin.
23:40Et on va prendre dans l'ordre
23:41tous ces sujets
23:42qui préoccupent particulièrement
23:44les agriculteurs.
23:45Mais la coordination rurale,
23:46par exemple,
23:48accentue la pression
23:49à l'issue de ces réunions.
23:50Elle prévoit de monter à Paris
23:51malgré l'interdiction.
23:52Il y a une date ?
23:53On sait quand est-ce qu'il reste arrivé ?
23:55Là, ils sont en route,
23:56donc ça ne devrait pas trop tarder.
23:58Alors, il y a déjà eu des tentatives,
24:00pardon,
24:00il y a...
24:02j'ai vu des vidéos de tracteurs
24:04sur le périph'
24:06qui prenaient des bretelles
24:07pour rentrer dans Paris
24:08immédiatement bouchées
24:09par les forces mobilisées.
24:13Mais...
24:13La planèche, en plus,
24:14ça va être un peu particulier.
24:16Mais oui,
24:17c'est un petit peu désorganisé.
24:19Je pense que ça va arriver
24:20au compte-gouttes.
24:21OK, OK.
24:23Par arrêté préfectoral
24:24des convois de tracteurs,
24:26Bertrand Venteau
24:27assure que les membres
24:28de son syndicat
24:29iront d'une façon ou d'une autre,
24:30même si la moitié
24:31doit finir en garde à vue.
24:34Qu'est-ce que vous répondez ?
24:35Ne soyons pas alarmistes.
24:37D'abord,
24:38manifester,
24:38c'est un droit
24:40dans notre pays,
24:41donc chacun peut manifester.
24:43Mais vous interdisez les tracteurs.
24:44Ça obéit à certaines règles
24:46qui supposent
24:47des dépôts
24:48de demandes d'autorisation.
24:50Vous n'organisez pas
24:53une manifestation
24:54quand vous êtes
24:55un grand syndicat agricole
24:57comme l'est
24:58la coordination rurale,
25:00comme ça,
25:00de votre propre autorité,
25:02sans se coordonner
25:03avec les pouvoirs publics.
25:04C'est toujours comme ça
25:06que ça se fait.
25:06Et là,
25:06ils ne l'ont pas fait.
25:07Là,
25:08ils n'ont pas voulu,
25:08ils n'ont pas souhaité le faire.
25:10Donc,
25:10il y a aussi des questions,
25:11et particulièrement en ce moment,
25:13avec les conditions météo,
25:14il y a quand même
25:15quelques conditions
25:16à remplir.
25:18Bon,
25:18ok,
25:18d'accord.
25:19Bon,
25:19c'est...
25:19Ok,
25:20voilà.
25:20Bon,
25:20c'est timide,
25:21évidemment.
25:22ça reste assez timide.
25:23Attention,
25:23il faut respecter la loi,
25:24quand même.
25:25Mais je ne suis pas sûr
25:26qu'ils envoient
25:26la gendarmerie mobile
25:27surarmée
25:28pour faire des lectures
25:28en flux tendu
25:29dans les gens de la CR.
25:30On ne les traitons
25:30de plus la piste,
25:31typiquement.
25:32Non,
25:32c'est clair.
25:33C'est clair.
25:34On ne verra pas
25:35ce genre d'image,
25:35ça,
25:36c'est clair.
25:36Après,
25:37on voit évidemment
25:38ce de bois de mesure
25:39parce qu'elle rappelle
25:40les règles
25:41en disant qu'il faut
25:41déposer des demandes
25:42de manifestations,
25:43etc.
25:44Par contre,
25:44pour les mouvements écologistes,
25:45avant même que ce soit déposé,
25:47il y a des arrêtés préfectoraux,
25:48il y a des interdictions
25:49de manifester,
25:50etc.
25:51Il y a une surveillance
25:52généralisée qui est mise en place.
25:54Et là,
25:54ce n'est pas le cas.
25:55Là,
25:55on reste timide.
25:56Après,
25:56il y a quand même
25:57une évolution dans le discours,
25:58c'est-à-dire que
26:00ces avertissements-là,
26:01on ne les entendait pas
26:01il y a quelques temps.
26:02Alors,
26:03est-ce que ça traduit
26:05une crainte peut-être
26:05du mouvement agricole,
26:07de l'ampleur qu'il peut prendre ?
26:08Peut-être,
26:08c'est possible.
26:10Et puis,
26:10il faut aussi rappeler
26:11qu'il y a le centre
26:12de l'agriculture qui approche.
26:14C'est là,
26:14c'est le mois prochain.
26:15Ah oui,
26:16c'est tout que ça dans l'année.
26:17Ça devient un sujet
26:19de préoccupation,
26:20je pense,
26:20majeur.
26:21Après,
26:21je ne sais pas
26:21s'ils ont peur
26:22vraiment des agriculteurs
26:24qui puissent s'organiser
26:24pour commencer
26:25à foutre le bordel,
26:26on va dire.
26:26Mais c'est peut-être plus
26:28aussi de l'ordre
26:28de la communication politique.
26:29Je pense que
26:30ce n'est pas très porteur
26:32politiquement
26:33et électoralement
26:34surtout de commencer
26:34à critiquer les agriculteurs
26:35et à rentrer en opposition
26:36avec les agriculteurs.
26:37Comme je disais,
26:38c'est une espèce
26:38un petit peu
26:38de fétichisation
26:39de l'agriculteur
26:40comme étant le vrai français.
26:43Il y a une composante
26:45presque un peu raciste
26:46là-dedans.
26:47De se dire,
26:48la vraie France,
26:48la vraie France rurale
26:49et blanche.
26:50Il y a ce côté-là
26:51et puis,
26:52c'est une espèce
26:52de fétichisation
26:53de la paysannerie
26:54comme étant ceux
26:54vraiment les plus
26:56mal lotis
26:57dans la société française.
26:58Alors évidemment,
26:58la vie d'agriculteur
26:59est souvent très très difficile.
27:01Mais bon,
27:01après,
27:02il y a aussi
27:03cette espèce
27:03de mauvaise foi
27:04à mettre tous les agriculteurs
27:05dans le même ça
27:05comme si l'ouvrier agricole
27:06sur-exploité,
27:07parfois sans papier,
27:09était la même chose
27:09qu'un grand propriétaire terrien,
27:11qu'un coulac
27:12de la FNSEA.
27:13Alors que ce n'est pas
27:13la même chose.
27:14Il y en a
27:14c'est d'authentiques travailleurs
27:15et il y en a
27:16c'est l'ennemi du peuple,
27:17j'ai envie de dire.
27:18Voilà,
27:19des références
27:19un peu staliniennes
27:20sur les bords.
27:21Mais ce n'est pas grave,
27:21on a l'humain,
27:21on a le droit.
27:22C'est vrai qu'il n'y a
27:23jamais cette distinction-là
27:24qui est opérée
27:25entre les grands exploitants,
27:27les propriétaires terriens
27:28et de l'autre côté
27:28les ouvriers.
27:30C'est vrai qu'on met
27:30tout dans le même sac
27:30en disant les agriculteurs.
27:32Et puis comme tu le dis,
27:33il y a cette espèce
27:34de fantasme,
27:34cette espèce de représentation
27:35de la France de la terre,
27:37la France des origines.
27:38La France enracinée.
27:39Voilà,
27:40enracinée
27:40qui est authentique.
27:42Alors que bon,
27:43évidemment que cette image-là,
27:45bon,
27:45évidemment,
27:46elle ne représente plus grand-chose
27:47parce qu'il y a très peu
27:48aujourd'hui
27:48de petits paysans,
27:49il en existe,
27:49évidemment qu'ils font très bien
27:50leur métier
27:51et il faut les saluer.
27:53Mais il y a de plus en plus
27:54d'immenses exploitations,
27:55de grands exploitants
27:57et qui deviennent
27:58des chefs d'entreprise
27:59comme les autres.
28:00Donc voilà,
28:01le monde agricole,
28:02il est beaucoup plus complexe
28:03que simplement
28:05les agriculteurs opprimés.
28:06Riveau n'aime que le marteau,
28:08il n'aime pas la fossile.
28:08Non,
28:09c'est différent.
28:10C'est que la fossile,
28:10ce n'est pas le propriétaire
28:12terrien justement.
28:12La fossile,
28:13c'est plus l'ouvrier agricole
28:14qui généralement n'a pas trop
28:15son mot à dire
28:16dans ces discussions-là
28:17parce que la CR
28:18et la FNSEA,
28:19typiquement,
28:20il n'y en a pas trop.
28:21Même la Confédération paysanne,
28:22parfois,
28:22c'est aussi des petits exploitants,
28:23des petits maraîchers indépendants
28:25avec un salarié
28:26ou deux maximum.
28:27Donc même ça,
28:27en termes de rapport
28:28à l'appareil productif,
28:29ce n'est pas tout à fait
28:31un vécu de prolétaire,
28:33on va dire.
28:33Mais bref,
28:34ça,
28:34c'est d'autres débats
28:35qui sont très intéressants.
28:36Je ne sais pas si c'est là
28:37le bon moment pour les faire.
28:39Après,
28:39quand on parle souvent
28:40du monde agricole et tout,
28:42je vois aussi
28:42que j'ai un côté
28:44citadengochiste
28:44où parfois,
28:45j'ai une capacité
28:46de...
28:49peut-être un tout petit peu
28:50surannée,
28:51sur les bords.
28:52Voilà.
28:53Mais bon,
28:53on s'équilibre,
28:54on s'équilibre.
28:54Voilà,
28:54on s'équilibre.
28:55Moi, je suis rural.
28:56Je suis plus périurbain,
28:57il y a d'autres problématiques
28:58que je faisais un peu,
28:58mais la ruralité,
28:59moi, je ne sais pas.
29:00Je suis coincé entre la ville,
29:00j'ai grandi coincé
29:01entre la ville et la campagne,
29:02donc bon,
29:03il y a un côté où,
29:03je ne sais pas,
29:04je suis peut-être plus un peu
29:04team ville que campagne
29:05de par ma sociologie,
29:06mais force à tous nos paysans,
29:08sauf si vous êtes
29:09une raclure fasciste
29:10de l'action française.
29:19Manon Meunier,
29:19alors justement,
29:20c'est aussi pour ça
29:20que je voulais en parler
29:21parce que Manon Meunier,
29:22elle joue un rôle déterminant
29:25et hyper précieux.
29:26C'est une députée insoumise
29:27de Haute-Vienne.
29:29Donc, en fait,
29:30elle est très, très engagée
29:31sur la question agricole.
29:32C'est elle qui a rédigé
29:34le volet ruralité
29:37des différents programmes
29:38de la France insoumise.
29:40Et donc, voilà,
29:41c'est une grande spécialiste
29:43du monde agricole.
29:45Et on n'en parle pas beaucoup,
29:47elle n'est pas très,
29:47très médiatisée,
29:48mais son action
29:49est tout de même
29:50saluée par les agriculteurs
29:52et de tous les syndicats.
29:54On en parlait un petit peu
29:54tout à l'heure
29:55avant l'émission,
29:55mais il y a une séquence,
29:56vous irez voir sur le Twitter,
29:58sur le X de Manuel Bompard,
29:59il l'a tweeté.
30:00Vous pouvez aller chercher ça.
30:01Voilà, en gros,
30:03on va la voir,
30:04mais il y a une manifestation
30:06de la coordination rurale,
30:08elle est sur des palettes,
30:10sur le piqué de grève,
30:11elle prend la parole
30:12et elle se fait interrompre
30:13par un militant du ARN
30:15et les membres
30:16de la coordination rurale,
30:17en gros par la route
30:18du militant ARN
30:19en lui disant,
30:20en fait,
30:22s'il y en a bien une
30:22qui agit aujourd'hui,
30:23c'est bien Manon Meunier,
30:24donc député insoumise
30:25et surtout pas le ARN.
30:27C'était il y a quelques...
30:28Alors, attends...
30:29C'était à longtemps ?
30:31Parce que, voilà,
30:32ça, tweet.
30:32Si tu tapes...
30:33Le CM de Bompard,
30:34il travaille bien.
30:35Ah ouais.
30:35Oui, oui.
30:36Il y a beaucoup de tweets
30:37pour deux jours.
30:39Peut-être que si on tape...
30:42Attends, ouais,
30:42ou alors je vais dans le média.
30:44Ou alors dans le bar de recherche
30:45qu'on parle.
30:46Si on tape Meunier...
30:48Meunier ?
30:48Ah oui, oui.
30:49Il parle de Meunier.
30:51Meunier.
30:53Vas-y.
30:552625.
30:56C'est faux,
30:57Meunier sur place.
30:58Il a dit 10 000 fois.
30:59Ouais.
31:02Non, c'est pas ça.
31:03Bon, on va essayer de retrouver ça.
31:05Sinon, attends,
31:05c'était Aubry, tu le disais ?
31:07Ouais, mais il n'a pas écrit Aubry,
31:08il a écrit Écoutez ça,
31:10enfin, je ne sais plus comment
31:10il a mis...
31:13Attends, je mets juste
31:14Agriculteur, alors.
31:16Désolé pour ce petit cafouillage,
31:17mais c'est...
31:18Ah, c'est les aléas du diable.
31:19Ah, regarde absolument, c'est ça.
31:20Alors, je te propose
31:20d'abord de regarder
31:21le passage de Manon Meunier
31:23et après, on enchaîne là-dessus.
31:24Ouais, 23 secondes.
31:25Et après, on passera.
31:25En bonus.
31:26Et après, on passe à notre dernier sujet.
31:27Ça vendait pas trop, trop à la bourre.
31:28Ouais, ça va.
31:29Ça passe.
31:29De toute façon,
31:29le dernier sujet risque d'être
31:30un petit peu plus court.
31:36dire à monsieur le Premier ministre
31:38que nous ne sommes pas dupes.
31:40Nous avons évidemment
31:40bien reçu sa lettre aux agriculteurs
31:42et nous pouvons vous la résumer
31:44en cinq mots
31:44de la poudre aux yeux.
31:46Dans cette lettre,
31:46il n'y a absolument rien
31:48sur le Mercosur,
31:49pas un mot sur le Mercosur,
31:51alors que ce traité de libre-échange
31:52est en train d'être négocié
31:53cette semaine même
31:54et va certainement être adopté
31:56s'il ne fait rien
31:56à la Commission européenne,
31:58alors que l'Assemblée nationale
31:59a adopté à l'unanimité
32:01une proposition de résolution
32:02portée par la France insoumise
32:03pour s'opposer fermement
32:05à cet accord de libre-échange,
32:07quelles que soient
32:07les clauses miroirs de cet accord
32:08et alors que les mobilisations agricoles
32:11s'amplifient partout en France.
32:13Ok, alors ça veut dire
32:13qu'il y a un consensus unanime
32:15en France contre le Mercosur ?
32:17Qui est assez large, oui.
32:19C'est vrai que par exemple,
32:19ce matin encore,
32:20il y avait David Lissnard
32:21qui est de droite,
32:22donc accélère,
32:23qui par exemple s'y opposait.
32:24C'est une nouvelle énergie
32:25de son parti.
32:25Voilà.
32:27Lui, c'est la ligne
32:29ravirmilée ultra-libérale
32:30en France.
32:31Donc, normalement,
32:31libre-échange,
32:32c'est censé être son dada.
32:32Normalement, mais en fait,
32:33bon, après, ce qu'il dit,
32:34c'est en gros,
32:34il faut écouter les agriculteurs,
32:36etc.
32:36Donc, évidemment,
32:36ce n'est pas un opposant
32:37au libre-échangeisme,
32:38bien au contraire.
32:39Mais là, il s'oppose à ce côté-là.
32:41Et là, ce que dit Manon Meunier,
32:43en fait, elle fait référence
32:44à une lettre de Sébastien Lecornu,
32:45donc adressée au syndicat agricole,
32:47qui en gros, assure,
32:49enfin, essaie d'assurer
32:50en tout cas les agriculteurs,
32:51du fait que le gouvernement
32:53pose des lignes rouges
32:54dans les négociations.
32:55Il y a notamment le fait
32:56de mettre en place
32:57un mécanisme
33:00qui va permettre
33:01d'empêcher
33:01certaines importations.
33:03Si ces importations
33:04menacent le marché européen
33:06tel qu'il est,
33:07il y a la volonté
33:08de mettre en place
33:09une conformité,
33:11comment dire,
33:12d'être vigilant
33:13face au fait
33:13que les normes étrangères
33:15seront conformes
33:16aux normes européennes,
33:16en bref,
33:18et un contrôle renforcé
33:19des produits importés,
33:20évidemment.
33:20Donc, en fait,
33:21il met en place,
33:22il énumère tous ces points-là,
33:24il essaie de rassurer
33:25les agriculteurs
33:25de cette façon-là.
33:26Mais ce que dit Manon Meunier,
33:27c'est qu'en fait,
33:27ça ne répond pas directement
33:29à la question
33:31de ce qu'est
33:33ce traité-là
33:34au fond.
33:35Oui, parce que dire
33:35« Ah, mais non,
33:36en fait,
33:36vous inquiétez pas,
33:37c'est une façon de dire
33:38on va le faire passer
33:39ce traité,
33:39mais on va mettre
33:40des trucs
33:41qui font qu'il ne sera pas
33:42appliqué. »
33:42Il y aura des garde-fous.
33:43Voilà, mais à ce moment-là,
33:45mettre des garde-fous,
33:46c'est aller à l'envers
33:49du principe du texte de base.
33:50Donc, au final,
33:51tout ça, effectivement,
33:52ça sent la douille.
33:53Ça sent la douille très très fort.
33:54Puis bon,
33:54en plus,
33:55c'est les macronistes en face,
33:55donc voilà,
33:56on commence à être habitués
33:57à leur petite manœuvre.
33:58Cette lettre,
33:58il n'y a non plus rien du tout
34:00sur l'abattage total.
34:02L'abattage total
34:02qui est pourtant
34:03l'un des modèles principaux
34:04de ces points de blocage
34:05qui s'amplifient en France.
34:07Les éleveurs et les éleveuses
34:08ne lâchent pas.
34:08Il y a des points de blocage
34:09partout.
34:10Ça fait six mois
34:11de notre côté
34:11que nous demandons
34:12un changement de protocole,
34:14que nous demandons
34:14la fin de l'abattage total
34:16pour un passage
34:16à un abattage partiel
34:18et une vaccination généralisée.
34:19Les choses auraient bien avancé
34:21si nous avions fait
34:21autrement depuis six mois.
34:23Et M. le Premier ministre
34:24ne nous donne aucun mot
34:25sur ce changement de protocole.
34:27Il ne répond pas
34:27en réalité aux revendications.
34:29On lui parle d'élevage,
34:30il nous répond à côté.
34:31Cette lettre,
34:32c'est de la poudre aux yeux
34:33et nous la dénonçons
34:34une fois de plus,
34:35ainsi que le refus
34:36du débat
34:36que nous avons demandé.
34:37Nous demandons
34:38est-ce que l'ensemble
34:39des partis
34:39puissent prendre position
34:41et s'opposer
34:41à l'abattage total
34:42car il existe des moyens
34:43de faire différemment.
34:44Et j'en profite
34:45pour vous dire
34:45que je suis co-rapporteur
34:47d'une mission
34:47que nous avons demandé
34:48et obtenue
34:49à la Commission
34:49des affaires économiques,
34:50une mission flash
34:51sur la gestion
34:52des crises sanitaires
34:53qui sera justement
34:53l'occasion de faire la lumière
34:55sur cette crise de la DNC
34:56et la façon dont elle est gérée,
34:58c'est-à-dire de manière scandaleuse.
34:59Et en attendant,
35:00nous réitérons
35:00à M. le Premier ministre
35:01et à Mme Annie Gennevard
35:03une demande de rendez-vous
35:04d'urgence
35:04sur ces sujets-là.
35:05Ok, d'accord.
35:06Voilà, donc être très offensif
35:07sur la question.
35:10Et voilà,
35:10c'est vrai que
35:11du côté des députés insoumis
35:13mais même au-delà
35:14parce qu'ils sont
35:15main dans la main
35:16avec les autres partenaires
35:16de l'NFP,
35:17ils ont demandé
35:18un débat
35:20sur le sujet
35:21autant sur le Mercosur
35:22que sur les politiques agricoles
35:23à mener
35:25notamment
35:26à la suite
35:27des différentes révoltes
35:28agricoles
35:29et évidemment
35:30fin de l'en recevoir
35:31du côté de la Macronie.
35:33Et puis oui,
35:33il y a cette demande
35:34de mission flash
35:36qui va se tenir
35:37sur la gestion
35:37de la crise sanitaire
35:39du DNC
35:40dont on a parlé,
35:41la fameuse d'armateuse
35:43qui pourrait permettre
35:44de confronter
35:45le ministère
35:46de l'Agriculture
35:46à l'Igenevar
35:49et de la mettre
35:50face aux dégâts causés
35:53en fait,
35:54très largement causés.
35:55Et d'ailleurs,
35:55je me permets
35:56de vous diriger
35:57même si ça vous intéresse
35:58cette gestion calamiteuse
35:59de la crise
36:00de la dermatose.
36:01J'ai un papier
36:02d'un média indépendant
36:03qui s'appelle
36:04Made in Perpignan.
36:04Donc c'est un média local.
36:05Un média
36:07qui sait de mener
36:09des investigations
36:10en terre-arène en plus.
36:11Donc d'où l'utilité
36:12de ce média-là.
36:13Et en fait,
36:14il y a un super reportage
36:15justement sur une exploitation,
36:17sur comment en fait
36:18les services de la préfecture
36:19sont arrivés
36:20sur une exploitation agricole,
36:22une petite exploitation agricole
36:23pour abattre tout un troupeau
36:24pratiquement par surprise.
36:26Et on voit en fait
36:27les dégâts psychologiques,
36:30humains,
36:31mais aussi évidemment financiers
36:32parce que quand on fait perdre
36:34un troupeau entier
36:35à une agricultrice
36:38en l'occurrence,
36:39forcément les dégâts
36:40sont immenses.
36:41Et voilà,
36:42cet article-là
36:43fait comprendre
36:45l'absurdité de la situation.
36:47Donc voilà,
36:47je vous le conseille
36:48sur le site de Made in Perpignan.
36:49Made in Perpignan.
36:50Ok, ok.
36:50Je te propose de finir
36:51du coup avec ce petit extrait,
36:52ça a d'air juste 20 secondes
36:53de effectivement
36:54la gauche radicale même
36:56qui se fait applaudir
36:56par des agriculteurs.
36:57Oui.
36:58Intéressant.
36:58Intéressant effectivement.
36:59Et le RN qui se fait
37:00un peu hué de ce que j'ai compris.
37:01Donc c'est...
37:02Je suis content
37:03quand je vois ça
37:03de manière générale.
37:04Mais en plus,
37:05ça vient d'agriculteurs
37:05ce qui peut être
37:06un petit peu contre-intuitif
37:07parce que voilà,
37:07avec leur bonnet jaune,
37:09l'ACR,
37:09encore une fois,
37:10l'ACR,
37:10la coordination générale,
37:11est un syndicat
37:12d'extrême droite.
37:13Mais bon,
37:13peut-être qu'effectivement
37:14quand on parle,
37:15quand le libre-échange
37:15est objectivement
37:16et qu'il y a un consensus
37:17pour dire que le libre-échange
37:18est l'ennemi des agriculteurs,
37:19bon,
37:19il y a un camp
37:20qui quand même
37:20veut réguler le libre-échange
37:22depuis toujours
37:22qui s'appelle la gauche.
37:23Et une droite
37:24qui veut plutôt
37:25le déréguler,
37:26un camp qui veut plutôt
37:27le déréguler
37:28qui s'appelle la droite.
37:29Donc peut-être que oui,
37:30il y a un truc
37:30structurellement,
37:31la gauche,
37:31et la gauche radicale
37:32en l'occurrence,
37:34elle est peut-être
37:34un petit peu avantagée
37:35structurellement
37:36dans ces histoires.
37:36Et c'est vrai
37:37que c'est assez étonnant
37:37à voir quoi.
37:38Mais bon,
37:38je ne dis pas ça,
37:39je n'ai toujours aucune
37:40sympathie pour l'ACR
37:41par ailleurs,
37:41mais bon,
37:41en tout cas,
37:42c'est intéressant à regarder.
37:43Madame,
37:44pour l'instant,
37:44les derniers
37:45qui étaient là-dessus
37:46sur la remorque du RN,
37:47ils étaient sur la même
37:48remorque de la FNSEA,
37:49vous êtes d'accord
37:49ou pas avec moi ?
37:52En gros,
37:53tu as une militante RN
37:54qui prend la parole
37:56et lui,
37:56il dit,
37:57en gros,
37:58il montre l'hypocrisie du RN
38:00qui est sur les remorques
38:02mais avec les gens
38:02de la FNSEA.
38:04Elle montre que
38:05le RN,
38:06vous êtes bien gentil
38:06mais vous bouffez
38:08à tous les ateliers.
38:09Alors que là,
38:10on voit maintenant Aubry
38:11et Manon Meignier,
38:12elles, par contre,
38:13elles ont choisi
38:14leur camp.
38:14Mais elles ont choisi
38:15le camp de l'ACR
38:16ou c'est juste
38:16le camp d'autre chose
38:18que la FNSEA ?
38:19Je pense que c'est plutôt
38:19autre chose que la FNSEA.
38:20Parce qu'en fait,
38:21la FNSEA,
38:21aujourd'hui,
38:22représente l'épouvantail
38:23de tous les agriculteurs
38:26qui refusent,
38:27disons,
38:27le libre-échange
38:28pour différentes raisons.
38:29On en a parlé tout à l'heure.
38:30Donc la CR,
38:30elle n'aime pas la FNSEA ?
38:31Non.
38:32Ok, d'accord.
38:32C'est construite en opposition.
38:34D'accord, d'accord.
38:34Même s'il y a pas mal
38:35de choses qui font
38:37qu'ils se rejoignent.
38:37Ok, donc par exemple
38:38sur le rapport aux normes,
38:40il y a trop de normes
38:40mais ils sont d'accord.
38:41Ok, donc ça serait,
38:42en gros,
38:49mais on veut moins
38:50de libre-échange aussi.
38:51C'est ça.
38:51Et la confédition paysanne,
38:52on veut plus de normes
38:53ou moins le conserver
38:54au niveau existant
38:55mais moins de libre-échange.
38:56C'est ça.
38:57Ok, d'accord.
38:58J'ai vu un petit peu plus clair.
39:00Quelqu'un qui sert la main
39:01à la FNSEA n'a pas...
39:02Du coup, alors après,
39:03moi, quand j'entends ça,
39:03je me dis,
39:03ah, mais du coup,
39:04la CR, c'est mieux
39:04que la FNSEA.
39:05Sauf que la CR,
39:06c'est quasiment Adolf Hitler
39:07et incarné par un moment.
39:08Bon, j'exagère un peu,
39:09mais pas tant que ça.
39:10Il y a des trucs...
39:11C'est quoi le pire,
39:12c'est-à-dire pour le libre-échange
39:13ou c'est que le président
39:15de ton syndicat
39:15assiste à l'Université
39:16d'Été de l'Action Française ?
39:18C'est quoi le pire,
39:18c'est-à-dire pour le libre-échange
39:19ou pour le racisme ?
39:20Voilà, la question se pose.
39:22Mais c'est pour ça,
39:22c'est des questions
39:22qui ne sont pas évidentes,
39:23mais bon, ok, ok, d'accord.
39:25Intéressant.
39:26...
39:27Vous la laissez causer
39:28et puis c'est tout.
39:29...
39:41perturbé, là.
39:42Oui, oui, voilà.
39:43Déjà, je pensais être étonné,
39:44je pensais être un peu sur le cul,
39:46par rapport à notre premier sujet
39:47sur le Venezuela, etc.
39:48Mais en fait, là,
39:49c'est encore plus étonnant.
39:50C'est plus que je me suis coupé les cheveux,
39:51je crois qu'il y a un équilibre
39:53qui a été rompu quelque part.
39:54Avant, il n'y a plus rien d'absence.
39:55...