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  • il y a 1 jour
Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez vient de confirmer que l'Espagne allait régulariser 500 000 travailleurs sans-papiers en 2026. Cette décision rencontre une forte opposition au sein de l'Union européenne, tant du côté de la Commission européenne qui s'insurge contre ces régularisations, que des groupes de droite et d'extrême droite au Parlement européen qui y sont fermement opposés.

En 2005, l'Espagne avait déjà procédé à la régularisation de 750 000 étrangers sans-papiers.
En quoi l'exemple de l'Espagne et son bilan d'une vingtaine d'années dans la régularisation des étrangers permet de battre en brèche les arguments de l'alliance droite-extrême droite ? Pourquoi cette décision est importante au moment où l'Union européenne s'apprête à réduire drastiquement les droits des demandeurs d'asile ?

Explications avec la députée européenne espagnole Ana Miranda, ( Les Verts ), membre du Bloc nationaliste galicien.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue au Parlement européen de Strasbourg.
00:02Bonjour à vous, Anna Miranda, et bienvenue également sur le plateau de l'Humanité.
00:07Je rappelle que vous êtes députée européenne, espagnole du groupe des Verts.
00:10Vous êtes membre du bloc nationaliste galicien.
00:13Mais attention que le mot nationaliste ne fasse pas peur.
00:17Vous êtes une femme de gauche, bien sûr.
00:19Tout à fait.
00:19Alors, l'Espagne s'apprête à régulariser 500 000 travailleurs sans papier en 2026.
00:24Le Premier ministre, Pedro Sanchez, l'a confirmé il y a quelques jours.
00:29Le Parlement européen en débat à quelques mètres d'ici, en ce moment même, avec de fortes oppositions.
00:37On va en reparler tout à l'heure.
00:38Je rappelle pour ceux qui nous regardent que nous sommes le mardi 10 février.
00:41Il est 15 heures à peu près, 15 heures passées.
00:44J'allais dire simplement, comment est-ce que vous réagissez, en tant que députée espagnole,
00:48à cette décision qui a été prise par le gouvernement de régulariser 500 000 personnes sans papier ?
00:54En fait, la régularisation, c'est quelques demandes.
00:58C'est une demande qui était aussi très supportée pour mon parti, pour les VNG.
01:03Et c'est une demande populaire dans le sens de la société civile espagnole
01:08qui avait besoin de régulariser ces personnes, des personnes, pas des migrants.
01:15Il faut parler, il faut commencer à changer les noms.
01:18C'est important parce qu'on utilise les migrants comme des statistiques, comme des numéros.
01:24Ils sont des personnes qu'il faut donner des droits.
01:27C'est plus important que toute cette stratégie pour parler de la main-d'oeuvre.
01:32De la main-d'oeuvre, c'est aussi un des arguments de certaines gauches.
01:36C'est ça.
01:36Et surtout du Parti Socialiste.
01:38Et pour nous, pour la gauche qui demande des droits civiques,
01:43c'est très intéressant, très important et très nécessaire.
01:47Parce qu'il y a beaucoup de gens, beaucoup de personnes sans la régularisation
01:51et que ça permet de faire sa vie, d'avoir son travail, d'avoir l'accès à la santé.
01:59Et il faut les protéger parce qu'on est un pays des migrants, nous aussi.
02:03On est un pays des migrants.
02:05Donc, c'est important, effectivement, d'envisager la question sous cet angle-là,
02:09effectivement, pas sous...
02:10Parce que la société civile, vous dites, notamment le patronat espagnol,
02:14était d'accord pour régulariser un certain nombre de personnes qui travaillent à l'heure actuelle.
02:19Ils sont d'accord parce que c'est une nécessité.
02:22Nous avons vraiment un problème démographique.
02:25Mais c'est curieux qu'ils ne sont pas d'accord pour avoir des contrats,
02:29avoir une protection contre la précarité que beaucoup de migrants souffrent.
02:33On a vu tous les cas à Huelve avec la fraise,
02:36on a vu tous les cas dans certaines parts de l'Espagne,
02:39de l'exploitation qu'il y en a où les personnes migraient.
02:42Et surtout, que c'était un besoin, une nécessité de régulariser.
02:47Mais c'est curieux que les patrons, les entreprises,
02:53ils ont besoin de ça et le discours a changé.
02:56Mais c'est le Parti populaire qui est en contre avec l'extrême droite,
03:00à nouveau, comme ils font dans ce Parlement, tout le temps.
03:04Ils votent avec l'extrême droite et qu'ils sont contre la régularisation de personnes à l'Etat espagnol.
03:11C'est pour ça que je veux intervenir dans le sens qu'on oublie notre passé.
03:15On était en état des migrants, parce que, surtout en Galice,
03:20on a immigré vers l'Amérique du Sud, vers Cuba, vers l'Amérique du Nord.
03:26On a immigré pour toute l'Europe.
03:29Et on a besoin de recevoir les personnes qui viennent de notre côté du monde
03:35et on a besoin aussi d'être solidaires.
03:38Solidaires avec les continents qui souffrent de conflits,
03:41qui souffrent de personnes qui sont dans l'asile.
03:44Mais c'est le Parti populaire qui a voté pour le pacte d'asile et d'immigration
03:48qui est maintenant contre la régularisation.
03:51Donc, qu'est-ce qu'ils veulent ?
03:52Ils veulent des personnes irréguliers ou ils veulent des personnes régularisées ?
03:58Je comprends qu'ils sont avec l'extrême droite.
04:01Ils ne veulent pas des personnes régularisées.
04:02Alors, vous faites allusion, effectivement, à la migration qui a eu lieu
04:07de l'Espagne vers l'Amérique latine.
04:09Et vers la France.
04:10Alors, voilà.
04:11Alors, rappelons que là, d'ailleurs, un grand nombre des personnes
04:14qui vont être régularisées viennent d'ailleurs d'Amérique latine.
04:18Tout à fait.
04:19La plupart des personnes qui vont être régularisées en Espagne,
04:23elles viennent de l'Amérique latine.
04:26et surtout, on a des particularités linguistiques,
04:33aussi des costumes très, très faciles.
04:36Mais n'importe pas ça.
04:37Une personne africaine a le même droit de venir
04:39et surtout de respecter qu'elle souffre de persécutions,
04:43de conflits.
04:45Et tout le monde dit, l'Organisation mondiale de migration,
04:49tout le monde a le droit de migrer.
04:50C'est un droit humain, le droit de migrer.
04:53Ce n'est pas simplement un caprice.
04:56Ce n'est pas aller de tourisme.
04:58Ce n'est pas aller pour nous, s'enlever du travail,
05:01comme ils disent, les extrêmes droits qui disent tous les temps,
05:03« Ah, ils vont nous enlever le travail. »
05:05Je vais vous dire en espagnol, parce que c'est très sympa,
05:09« Nos viennent à quitter le travail. »
05:10C'est toujours la même chose.
05:13« Nos viennent à quitter le travail. »
05:15Encore, encore.
05:16Et ce n'est pas vrai, parce qu'on a besoin de cette main d'œuvre,
05:20on a besoin, parce qu'il y a un problème démographique,
05:23mais ce n'est pas simplement cet élément.
05:25Il y a un élément d'humanité,
05:28il y a un élément de fraternité,
05:30il y a un élément d'être considéré avec d'autres peuples,
05:35comme on a été considéré quand on est arrivé,
05:38après la guerre civile espagnole, à Messique,
05:41et tous les immigrés qui souffraient de la misère en Galice,
05:45qui arrivaient à Cuba, qui arrivaient en Argentine.
05:48Donc, il ne faut pas être si misérable comme ils sont.
05:52– Vous parliez tout à l'heure des droits sociaux.
05:54Est-ce qu'un mouvement de régularisation comme celui-ci,
05:57qui n'est pas le premier en Espagne ?
05:59Rappelons qu'il y en a eu un il y a déjà une vingtaine d'années,
06:02avec 750 000 personnes qui ont été régularisées.
06:07Quel bilan, entre guillemets, vous en faites de ce premier mouvement ?
06:11– En fait, le bilan a été très positif, mais ce n'était pas suffisant.
06:15C'est pour ça qu'il y a un mouvement qui s'appelle Régularisation des gens,
06:22qui a lutté beaucoup et qui a fait une initiative législative,
06:27dans le Parlement espagnol, mais aussi dans le Parlement des autonomies,
06:32pour la régularisation. Mon parti, le VNG, a été aussi membre
06:37du support politique à ce mouvement.
06:42Et donc, ils ont conçu les changements dans la loi.
06:47Ce n'est pas suffisant.
06:48Je pense qu'il faudrait avoir plus de régularisation,
06:53aussi pour donner des droits pour les enfants qui sont déjà nés,
06:57pour donner des droits pour les personnes établies,
06:59pour le régroupement familial. C'est très important dans l'époque
07:05qu'on vit, qu'on a des menaces de Trump, des menaces,
07:11surtout des discours xénophobes et racistes de l'extrême droite.
07:16Mais le problème, c'est qu'un parti qui aspire à être au gouvernement,
07:20comme le Parti Populaire, qui fait ici au Parlement européen,
07:26les débats, c'est moi qui ont causé le débat.
07:30Et pourquoi ? Parce que c'est une attaque contre le gouvernement de Pedro Sánchez,
07:35dans laquelle, pour la régularisation, mais c'est en général une attaque.
07:40Et il préfère s'allier avec l'extrême droite
07:43que protéger les personnes, que protéger les droits civiques.
07:47Il préfère utiliser les arguments xénophobes et racistes de l'extrême droite.
07:53– C'est ce qui est en train de se produire ici, à côté de nous,
07:58dans ce débat, c'est-à-dire une majorité du Parlement européen,
08:02dans une alliance droite-extrême droite,
08:04qui s'oppose, puisque ça passe en discussion,
08:08qui s'oppose à cette régularisation.
08:10– Je ne pense pas.
08:12Je ne pense pas que ça ne va pas passer parce que c'est un débat,
08:18il n'y a pas une résolution.
08:20La question c'est que c'est une attaque contre le gouvernement espagnol
08:25pour la régularisation, c'est une attaque contre la société civile
08:28des organisations étrangères qui ont lutté pour ça,
08:33c'est une attaque contre les agences sociales qui ont lutté,
08:35contre les partis politiques qui ont lutté pour la régularisation.
08:39Mais plutôt, comme ils le font toujours dans ce Parlement,
08:45ils utilisent le Parlement européen pour des questions internes
08:48et pas pour une question vraiment européenne.
08:52Parce qu'à ce moment, la décision d'un État sur les accords Schengen,
08:58parce qu'il utilise l'argument des accords Schengen,
09:01c'est pas vraiment l'argument.
09:03– On va les retrouver partout en Europe.
09:04– Oui, et en fait, c'est des gens qui déjà travaillent en Espagne,
09:09c'est des gens qui habitent là-bas.
09:11Je me rappelle de tous les Sénégalais qui habitent en Galice,
09:16qui sont très bien intégrés, je me rappelle de tous les citoyens
09:19de l'Amérique latine qui sont aussi chez nous et dans le reste d'Espagne,
09:23de tous les Africains qui travaillent, qui sont là, les enfants.
09:28On a besoin d'être dans le monde et avec le monde
09:33et de protéger ce peuple comme nous avons été protégés aussi.
09:37Ils oublient de passer, ils oublient vraiment d'une histoire fraterne,
09:45de fraternité, d'égalité.
09:47– Alors, dans les autres éléments du contexte, on va faire très vite
09:50parce que je sais que vous allez intervenir dans quelques minutes
09:53à l'intérieur de l'hémicycle.
09:55Il faut dire que cette question, quand même, on va dire des migrants,
09:59intervient dans un contexte où ça bouillonne au sein de l'Union européenne
10:04autour de cette question des migrants.
10:07Dans cette session, on parle également de la résolution
10:10sur les pays sûrs et les pays d'origine sûre.
10:13En gros, les migrants, l'Europe voudrait bien les décentraliser
10:17vers d'autres pays et qu'on ne s'en occupe plus en Europe.
10:20Donc, il y a tout un mouvement qui est en cours autour de cette question-là
10:24qui ne va pas dans le sens des droits de l'homme dont vous parliez
10:27il y a quelques instants.
10:28– Tout à fait.
10:29Et le débat le plus crucial qu'il y a eu dans le Parlement européen,
10:32c'est-à-dire environ les droits des personnes migrants.
10:36Et moi, je considère que ce débat ne peut pas conditionner l'Europe
10:41parce que c'est un débat xénophobe.
10:44Non, l'expulsion vers tiers pays qui vont expulser,
10:49qui ont les pays à certains pays comme la Tunisie, l'Égypte, la Turquie,
10:53le Maroc, qui les payent pour expulser, pour recevoir personnes
10:59qui n'ont pas le papier irrégularisé, comme on disait avant,
11:05des personnes qui ne vont pas avoir les protections
11:09qu'ils pourraient avoir en Europe pour un procès similaire.
11:12Et c'est ça le problème, qu'on est en train d'externaliser les frontières,
11:16de payer à frontières, de ne pas protéger vraiment l'intégration.
11:21Et aussi à ce moment, avec la question des tiers pays,
11:26je veux dire que notre groupe, on a voté contre,
11:29qu'on a aussi la position d'un collègue que l'on respecte beaucoup,
11:34comme notre collègue Mounir Satoury,
11:37qu'il défend toujours les droits des migrants dans la commission,
11:42dans les groupes écolos, dans la position de l'Alliance Libre Européenne,
11:46à laquelle je représente aussi, parce que le BNG,
11:49il est dans le subgroupe avec le vert.
11:53Et nous, nous respectons beaucoup les procès de régularisation,
11:56mais aussi les droits des personnes migrantes à s'intégrer en Europe,
12:00à leur respecter leurs droits.
12:02Mais l'extrême droite et le PP ne les respectent pas, on les voit.
12:06– Dans un contexte aussi, on va en finir là,
12:08toujours aussi terrible pour les migrants.
12:10Rappelons que là, il y a quelques jours,
12:1253 personnes sont mortes.
12:14C'était vendredi dernier, en Méditerranée, au large des côtes de la Libye,
12:18deux rescapés, deux femmes rescapées en tout.
12:2053 personnes disparaissent,
12:22ce qui fait qu'il y a 483 personnes migrants
12:29qui ont disparu depuis le début de l'année 2026.
12:33Donc on est sur une question extrêmement,
12:35qui concerne les droits de l'homme, qui concerne la vie humaine,
12:38qui est extrêmement grave.
12:39C'est le contexte réel.
12:40– Totalement, moi j'ai la possibilité d'être dans la mer,
12:47dans le bateau de rescate, de rescue.
12:53Et on a vu, comme la vie humaine ne fait rien,
12:57parce qu'il n'y a pas de protection, il n'y a pas d'assistance.
13:01L'Europe préfère expulser les personnes migrants
13:06que les rescater pour sauver les vies.
13:08Et ça c'est l'idée principale, mais il faut se battre.
13:12Il faut combattre les discours de scénophobie, de racisme,
13:16et il faut se battre pour la vie humaine,
13:18qui est le plus important, parce que nous sommes des personnes égaux,
13:22simplement pour naître ici ou pour naître là-bas.
13:24Il y a beaucoup de Trumpistes en Europe.
13:29Vous savez bien ce que ça veut dire.
13:31Il y a des partis qui suivent Trump,
13:33et ce sont la politique d'expulsion et de racisme.
13:37nous, tous les compteurs.
13:39Merci Anna Miranda.
13:40Encore une fois, on continuera à suivre ces questions avec vous.
13:42Merci à vous et à la humanité.
13:43Merci, bonne session à vous.
13:44Au revoir.
13:45Merci à vous qui nous avez suivis.
13:46Au revoir.
13:46Merci, au revoir.

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