00:00Bonjour et bienvenue au Parlement européen de Strasbourg.
00:02Bonjour à vous, Anna Miranda, et bienvenue également sur le plateau de l'Humanité.
00:07Je rappelle que vous êtes députée européenne, espagnole du groupe des Verts.
00:10Vous êtes membre du bloc nationaliste galicien.
00:13Mais attention que le mot nationaliste ne fasse pas peur.
00:17Vous êtes une femme de gauche, bien sûr.
00:19Tout à fait.
00:19Alors, l'Espagne s'apprête à régulariser 500 000 travailleurs sans papier en 2026.
00:24Le Premier ministre, Pedro Sanchez, l'a confirmé il y a quelques jours.
00:29Le Parlement européen en débat à quelques mètres d'ici, en ce moment même, avec de fortes oppositions.
00:37On va en reparler tout à l'heure.
00:38Je rappelle pour ceux qui nous regardent que nous sommes le mardi 10 février.
00:41Il est 15 heures à peu près, 15 heures passées.
00:44J'allais dire simplement, comment est-ce que vous réagissez, en tant que députée espagnole,
00:48à cette décision qui a été prise par le gouvernement de régulariser 500 000 personnes sans papier ?
00:54En fait, la régularisation, c'est quelques demandes.
00:58C'est une demande qui était aussi très supportée pour mon parti, pour les VNG.
01:03Et c'est une demande populaire dans le sens de la société civile espagnole
01:08qui avait besoin de régulariser ces personnes, des personnes, pas des migrants.
01:15Il faut parler, il faut commencer à changer les noms.
01:18C'est important parce qu'on utilise les migrants comme des statistiques, comme des numéros.
01:24Ils sont des personnes qu'il faut donner des droits.
01:27C'est plus important que toute cette stratégie pour parler de la main-d'oeuvre.
01:32De la main-d'oeuvre, c'est aussi un des arguments de certaines gauches.
01:36C'est ça.
01:36Et surtout du Parti Socialiste.
01:38Et pour nous, pour la gauche qui demande des droits civiques,
01:43c'est très intéressant, très important et très nécessaire.
01:47Parce qu'il y a beaucoup de gens, beaucoup de personnes sans la régularisation
01:51et que ça permet de faire sa vie, d'avoir son travail, d'avoir l'accès à la santé.
01:59Et il faut les protéger parce qu'on est un pays des migrants, nous aussi.
02:03On est un pays des migrants.
02:05Donc, c'est important, effectivement, d'envisager la question sous cet angle-là,
02:09effectivement, pas sous...
02:10Parce que la société civile, vous dites, notamment le patronat espagnol,
02:14était d'accord pour régulariser un certain nombre de personnes qui travaillent à l'heure actuelle.
02:19Ils sont d'accord parce que c'est une nécessité.
02:22Nous avons vraiment un problème démographique.
02:25Mais c'est curieux qu'ils ne sont pas d'accord pour avoir des contrats,
02:29avoir une protection contre la précarité que beaucoup de migrants souffrent.
02:33On a vu tous les cas à Huelve avec la fraise,
02:36on a vu tous les cas dans certaines parts de l'Espagne,
02:39de l'exploitation qu'il y en a où les personnes migraient.
02:42Et surtout, que c'était un besoin, une nécessité de régulariser.
02:47Mais c'est curieux que les patrons, les entreprises,
02:53ils ont besoin de ça et le discours a changé.
02:56Mais c'est le Parti populaire qui est en contre avec l'extrême droite,
03:00à nouveau, comme ils font dans ce Parlement, tout le temps.
03:04Ils votent avec l'extrême droite et qu'ils sont contre la régularisation de personnes à l'Etat espagnol.
03:11C'est pour ça que je veux intervenir dans le sens qu'on oublie notre passé.
03:15On était en état des migrants, parce que, surtout en Galice,
03:20on a immigré vers l'Amérique du Sud, vers Cuba, vers l'Amérique du Nord.
03:26On a immigré pour toute l'Europe.
03:29Et on a besoin de recevoir les personnes qui viennent de notre côté du monde
03:35et on a besoin aussi d'être solidaires.
03:38Solidaires avec les continents qui souffrent de conflits,
03:41qui souffrent de personnes qui sont dans l'asile.
03:44Mais c'est le Parti populaire qui a voté pour le pacte d'asile et d'immigration
03:48qui est maintenant contre la régularisation.
03:51Donc, qu'est-ce qu'ils veulent ?
03:52Ils veulent des personnes irréguliers ou ils veulent des personnes régularisées ?
03:58Je comprends qu'ils sont avec l'extrême droite.
04:01Ils ne veulent pas des personnes régularisées.
04:02Alors, vous faites allusion, effectivement, à la migration qui a eu lieu
04:07de l'Espagne vers l'Amérique latine.
04:09Et vers la France.
04:10Alors, voilà.
04:11Alors, rappelons que là, d'ailleurs, un grand nombre des personnes
04:14qui vont être régularisées viennent d'ailleurs d'Amérique latine.
04:18Tout à fait.
04:19La plupart des personnes qui vont être régularisées en Espagne,
04:23elles viennent de l'Amérique latine.
04:26et surtout, on a des particularités linguistiques,
04:33aussi des costumes très, très faciles.
04:36Mais n'importe pas ça.
04:37Une personne africaine a le même droit de venir
04:39et surtout de respecter qu'elle souffre de persécutions,
04:43de conflits.
04:45Et tout le monde dit, l'Organisation mondiale de migration,
04:49tout le monde a le droit de migrer.
04:50C'est un droit humain, le droit de migrer.
04:53Ce n'est pas simplement un caprice.
04:56Ce n'est pas aller de tourisme.
04:58Ce n'est pas aller pour nous, s'enlever du travail,
05:01comme ils disent, les extrêmes droits qui disent tous les temps,
05:03« Ah, ils vont nous enlever le travail. »
05:05Je vais vous dire en espagnol, parce que c'est très sympa,
05:09« Nos viennent à quitter le travail. »
05:10C'est toujours la même chose.
05:13« Nos viennent à quitter le travail. »
05:15Encore, encore.
05:16Et ce n'est pas vrai, parce qu'on a besoin de cette main d'œuvre,
05:20on a besoin, parce qu'il y a un problème démographique,
05:23mais ce n'est pas simplement cet élément.
05:25Il y a un élément d'humanité,
05:28il y a un élément de fraternité,
05:30il y a un élément d'être considéré avec d'autres peuples,
05:35comme on a été considéré quand on est arrivé,
05:38après la guerre civile espagnole, à Messique,
05:41et tous les immigrés qui souffraient de la misère en Galice,
05:45qui arrivaient à Cuba, qui arrivaient en Argentine.
05:48Donc, il ne faut pas être si misérable comme ils sont.
05:52– Vous parliez tout à l'heure des droits sociaux.
05:54Est-ce qu'un mouvement de régularisation comme celui-ci,
05:57qui n'est pas le premier en Espagne ?
05:59Rappelons qu'il y en a eu un il y a déjà une vingtaine d'années,
06:02avec 750 000 personnes qui ont été régularisées.
06:07Quel bilan, entre guillemets, vous en faites de ce premier mouvement ?
06:11– En fait, le bilan a été très positif, mais ce n'était pas suffisant.
06:15C'est pour ça qu'il y a un mouvement qui s'appelle Régularisation des gens,
06:22qui a lutté beaucoup et qui a fait une initiative législative,
06:27dans le Parlement espagnol, mais aussi dans le Parlement des autonomies,
06:32pour la régularisation. Mon parti, le VNG, a été aussi membre
06:37du support politique à ce mouvement.
06:42Et donc, ils ont conçu les changements dans la loi.
06:47Ce n'est pas suffisant.
06:48Je pense qu'il faudrait avoir plus de régularisation,
06:53aussi pour donner des droits pour les enfants qui sont déjà nés,
06:57pour donner des droits pour les personnes établies,
06:59pour le régroupement familial. C'est très important dans l'époque
07:05qu'on vit, qu'on a des menaces de Trump, des menaces,
07:11surtout des discours xénophobes et racistes de l'extrême droite.
07:16Mais le problème, c'est qu'un parti qui aspire à être au gouvernement,
07:20comme le Parti Populaire, qui fait ici au Parlement européen,
07:26les débats, c'est moi qui ont causé le débat.
07:30Et pourquoi ? Parce que c'est une attaque contre le gouvernement de Pedro Sánchez,
07:35dans laquelle, pour la régularisation, mais c'est en général une attaque.
07:40Et il préfère s'allier avec l'extrême droite
07:43que protéger les personnes, que protéger les droits civiques.
07:47Il préfère utiliser les arguments xénophobes et racistes de l'extrême droite.
07:53– C'est ce qui est en train de se produire ici, à côté de nous,
07:58dans ce débat, c'est-à-dire une majorité du Parlement européen,
08:02dans une alliance droite-extrême droite,
08:04qui s'oppose, puisque ça passe en discussion,
08:08qui s'oppose à cette régularisation.
08:10– Je ne pense pas.
08:12Je ne pense pas que ça ne va pas passer parce que c'est un débat,
08:18il n'y a pas une résolution.
08:20La question c'est que c'est une attaque contre le gouvernement espagnol
08:25pour la régularisation, c'est une attaque contre la société civile
08:28des organisations étrangères qui ont lutté pour ça,
08:33c'est une attaque contre les agences sociales qui ont lutté,
08:35contre les partis politiques qui ont lutté pour la régularisation.
08:39Mais plutôt, comme ils le font toujours dans ce Parlement,
08:45ils utilisent le Parlement européen pour des questions internes
08:48et pas pour une question vraiment européenne.
08:52Parce qu'à ce moment, la décision d'un État sur les accords Schengen,
08:58parce qu'il utilise l'argument des accords Schengen,
09:01c'est pas vraiment l'argument.
09:03– On va les retrouver partout en Europe.
09:04– Oui, et en fait, c'est des gens qui déjà travaillent en Espagne,
09:09c'est des gens qui habitent là-bas.
09:11Je me rappelle de tous les Sénégalais qui habitent en Galice,
09:16qui sont très bien intégrés, je me rappelle de tous les citoyens
09:19de l'Amérique latine qui sont aussi chez nous et dans le reste d'Espagne,
09:23de tous les Africains qui travaillent, qui sont là, les enfants.
09:28On a besoin d'être dans le monde et avec le monde
09:33et de protéger ce peuple comme nous avons été protégés aussi.
09:37Ils oublient de passer, ils oublient vraiment d'une histoire fraterne,
09:45de fraternité, d'égalité.
09:47– Alors, dans les autres éléments du contexte, on va faire très vite
09:50parce que je sais que vous allez intervenir dans quelques minutes
09:53à l'intérieur de l'hémicycle.
09:55Il faut dire que cette question, quand même, on va dire des migrants,
09:59intervient dans un contexte où ça bouillonne au sein de l'Union européenne
10:04autour de cette question des migrants.
10:07Dans cette session, on parle également de la résolution
10:10sur les pays sûrs et les pays d'origine sûre.
10:13En gros, les migrants, l'Europe voudrait bien les décentraliser
10:17vers d'autres pays et qu'on ne s'en occupe plus en Europe.
10:20Donc, il y a tout un mouvement qui est en cours autour de cette question-là
10:24qui ne va pas dans le sens des droits de l'homme dont vous parliez
10:27il y a quelques instants.
10:28– Tout à fait.
10:29Et le débat le plus crucial qu'il y a eu dans le Parlement européen,
10:32c'est-à-dire environ les droits des personnes migrants.
10:36Et moi, je considère que ce débat ne peut pas conditionner l'Europe
10:41parce que c'est un débat xénophobe.
10:44Non, l'expulsion vers tiers pays qui vont expulser,
10:49qui ont les pays à certains pays comme la Tunisie, l'Égypte, la Turquie,
10:53le Maroc, qui les payent pour expulser, pour recevoir personnes
10:59qui n'ont pas le papier irrégularisé, comme on disait avant,
11:05des personnes qui ne vont pas avoir les protections
11:09qu'ils pourraient avoir en Europe pour un procès similaire.
11:12Et c'est ça le problème, qu'on est en train d'externaliser les frontières,
11:16de payer à frontières, de ne pas protéger vraiment l'intégration.
11:21Et aussi à ce moment, avec la question des tiers pays,
11:26je veux dire que notre groupe, on a voté contre,
11:29qu'on a aussi la position d'un collègue que l'on respecte beaucoup,
11:34comme notre collègue Mounir Satoury,
11:37qu'il défend toujours les droits des migrants dans la commission,
11:42dans les groupes écolos, dans la position de l'Alliance Libre Européenne,
11:46à laquelle je représente aussi, parce que le BNG,
11:49il est dans le subgroupe avec le vert.
11:53Et nous, nous respectons beaucoup les procès de régularisation,
11:56mais aussi les droits des personnes migrantes à s'intégrer en Europe,
12:00à leur respecter leurs droits.
12:02Mais l'extrême droite et le PP ne les respectent pas, on les voit.
12:06– Dans un contexte aussi, on va en finir là,
12:08toujours aussi terrible pour les migrants.
12:10Rappelons que là, il y a quelques jours,
12:1253 personnes sont mortes.
12:14C'était vendredi dernier, en Méditerranée, au large des côtes de la Libye,
12:18deux rescapés, deux femmes rescapées en tout.
12:2053 personnes disparaissent,
12:22ce qui fait qu'il y a 483 personnes migrants
12:29qui ont disparu depuis le début de l'année 2026.
12:33Donc on est sur une question extrêmement,
12:35qui concerne les droits de l'homme, qui concerne la vie humaine,
12:38qui est extrêmement grave.
12:39C'est le contexte réel.
12:40– Totalement, moi j'ai la possibilité d'être dans la mer,
12:47dans le bateau de rescate, de rescue.
12:53Et on a vu, comme la vie humaine ne fait rien,
12:57parce qu'il n'y a pas de protection, il n'y a pas d'assistance.
13:01L'Europe préfère expulser les personnes migrants
13:06que les rescater pour sauver les vies.
13:08Et ça c'est l'idée principale, mais il faut se battre.
13:12Il faut combattre les discours de scénophobie, de racisme,
13:16et il faut se battre pour la vie humaine,
13:18qui est le plus important, parce que nous sommes des personnes égaux,
13:22simplement pour naître ici ou pour naître là-bas.
13:24Il y a beaucoup de Trumpistes en Europe.
13:29Vous savez bien ce que ça veut dire.
13:31Il y a des partis qui suivent Trump,
13:33et ce sont la politique d'expulsion et de racisme.
13:37nous, tous les compteurs.
13:39Merci Anna Miranda.
13:40Encore une fois, on continuera à suivre ces questions avec vous.
13:42Merci à vous et à la humanité.
13:43Merci, bonne session à vous.
13:44Au revoir.
13:45Merci à vous qui nous avez suivis.
13:46Au revoir.
13:46Merci, au revoir.