- il y a 10 heures
On les retrouve sur les réseaux sociaux, plus que sur les chaînes d’info. Mais qui sont ces éditorialistes nouvelle génération et quelles sont leurs nouvelles méthodes ? Paloma Moritz, journaliste spécialiste écologie et société pour Blast, Léa Chamboncel, autrice, journaliste et chroniqueuse pour Backseat, Ostpolitik, vidéaste streamer et chroniqueur pour Blast et enfin, Paul Elek, chroniqueur pour Le Média ont rejoint notre plateau Twitch pour en discuter.
Téléchargez l'appli de l'Humanité 👉 https://app.humanite.fr
Abonnez-vous 👉 https://abo.humanite.fr/2243
📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ !
Retrouvez tous nos articles sur 👉humanite.fr
Twitch 👉 twitch.tv/lhumanitefr
Instagram 👉 instagram.com/lhumanitefr
Twitter 👉 x.com/humanite_fr
TikTok 👉 tiktok.com/@lhumanitefr
Téléchargez l'appli de l'Humanité 👉 https://app.humanite.fr
Abonnez-vous 👉 https://abo.humanite.fr/2243
📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ !
Retrouvez tous nos articles sur 👉humanite.fr
Twitch 👉 twitch.tv/lhumanitefr
Instagram 👉 instagram.com/lhumanitefr
Twitter 👉 x.com/humanite_fr
TikTok 👉 tiktok.com/@lhumanitefr
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00Moi je regarde tout le temps BFM et tout, je suis accro de ça parce que quand je veux savoir
00:00:04ce que pense l'adversaire, j'allume BFM.
00:00:06En 5 minutes vous avez le pouls du système médiatique.
00:00:09Le problème c'est qu'on a des gens qui sont devenus des spécialistes en tout et que leur seule
00:00:13fonction c'est d'être éditorialiste.
00:00:15C'est-à-dire qu'ils ne font rien d'autre que de donner leur opinion sur des thèmes de
00:00:17façon un peu générale sans jamais le sourcer.
00:00:19Pour toutes ces personnes-là, en fait, la politique, tout ça c'est un spectacle.
00:00:22Alors que nous, on essaie de parler de ces sujets-là en disant en fait c'est nos vies et
00:00:26c'est vos vies.
00:00:26Quand t'es une meuf, jeune, tu te sens complètement délégitimée sur les plateaux télé en général.
00:00:31Donc du coup tu bosses comme une dingue en amont, enfin moi c'est ce que je fais, pour être
00:00:35sûre de mes chiffres, pour être sûre d'avoir des arguments qui soient super solides.
00:00:38Et je me retrouve à face à des mecs qui sont totalement en roue libre.
00:00:42Ils ne sont plus sur les plateaux des chaînes d'info, ils sont sur les réseaux sociaux, pour le meilleur
00:00:46et parfois pour le pire.
00:00:47Ce plateau s'intitule Nouveaux Média, Nouvelles Méthodes, les Néo Éditorialistes.
00:00:51Pour discuter de ce terme un peu barbare et du rôle de ces nouvelles figures qui s'imposent dans l
00:00:56'espace politique,
00:00:56et médiatique, nous accueillons Emilio Mellet, bonjour.
00:00:59Salut Théo.
00:00:59Ça va bien ?
00:01:00Ça va et toi ?
00:01:01Super, tu es grand reporter et journaliste à l'Humanité.
00:01:04Paloma Moritz, bonjour.
00:01:05Bonjour.
00:01:06Comment ça va ?
00:01:07Ça va très très bien.
00:01:08Super, tu es journaliste spécialiste écologie et société pour Blast et aussi réalisatrice de documentaires.
00:01:13Léa Chamboncel, bonjour.
00:01:14Bonjour.
00:01:15Ça va bien ?
00:01:16Super.
00:01:17Tu es journaliste, autrice, chroniqueuse pour Backseat.
00:01:19D'ailleurs tu es de nouveau sur plateau ce soir, pas sur le nôtre mais sur l'Agora.
00:01:23Aujourd'hui, ouais.
00:01:23Voilà, et tu es aussi fondatrice du média féministe Popol.
00:01:26Aude Politique, bonjour.
00:01:28Salut.
00:01:28Tu es vidéaste, chroniqueur pour Blast, streamer.
00:01:32Ton grand truc, toi c'est les revues de prêche sur Twitch, tu connais bien ce format-là qu'on
00:01:35est en train de faire.
00:01:37Polélec, bonjour.
00:01:38Bonjour.
00:01:38Tu es chroniqueur pour le média mais tu es aussi doctorant en sociologie du travail.
00:01:42Oui, et puis je suis membre du comité de réaction de la revue Contre-temps, revue marxiste à lire.
00:01:49Petite pub.
00:01:50Peut-être Emilio, avant qu'on se lance dans le vif du sujet, c'est quoi exactement un éditorialiste ?
00:01:57Alors comme je savais que tu allais me poser la question, je suis dit, je vais ouvrir mon dictionnaire, enfin
00:02:00non, je n'ai pas ouvert un dictionnaire, j'ai pris Google et je suis allé voir sur le site
00:02:03de Larousse.
00:02:03Et le site de Larousse indique que c'est une personne qui est chargée de rédiger l'éditorial d'un
00:02:08journal de presse écrite ou audiovisuelle.
00:02:10Une fois que je vous ai dit ça, je ne vous ai pas dit grand chose et donc je suis
00:02:12allé voir à la case édito ce que ça voulait dire.
00:02:15Et l'édito c'est article de fond, commentaire qui exprime l'opinion d'un journaliste ou de la rédaction.
00:02:20Ça c'est le truc officiel.
00:02:22Mais en réalité dans l'esprit des gens éditorialistes, c'est Christophe Barbier, c'est Nathalie Saint-Cricq, c'est
00:02:29François Langlais, Alain Duhamel, Benjamin Duhamel, pour signer toute la famille Duhamel.
00:02:34Et d'ailleurs il y a même, comme Christophe Barbier, eux qui ont théorisé le fait qu'aller sur le
00:02:38terrain, ça polluait la pensée de l'éditorialiste et donc il fallait qu'il soit bien assis au chaud, confortablement,
00:02:44sur le siège du plateau de télé.
00:02:46Alors maintenant qu'on a dit ça, on se demande pourquoi on vous a tous réunis, parce qu'en fait
00:02:50vous ne faites pas vraiment le même travail.
00:02:52D'ailleurs en préparation de ce débat, vous n'étiez pas tous d'accord sur le terme, non moi c
00:02:55'est pas vrai, moi si, machin.
00:02:57On va regarder un petit extrait de votre travail à tous les quatre et on en discute après.
00:03:03Une nouvelle assemblée nationale vient d'être élue et elle est toujours aussi peu représentative de la diversité de la
00:03:09société française.
00:03:10Elle est non paritaire avec seulement 36,1% de femmes et en décalage avec les réalités économiques et sociales
00:03:17du pays,
00:03:18puisque les cadres et les professions intellectuelles sont surreprésentés, à l'inverse des ouvriers et des employés,
00:03:24qui sont pourtant beaucoup plus nombreux parmi les actifs.
00:03:27La dissolution décidée par Emmanuel Macron a donc aggravé les défauts déjà bien connus de notre démocratie parlementaire
00:03:33et risque d'accentuer encore la fracture entre la société et ses représentants.
00:03:38Tout ceci pose donc une question plus profonde.
00:03:40Pourquoi sommes-nous si mal représentés ?
00:03:42On va devoir changer radicalement de culture politique.
00:03:45C'est la première fois qu'on se retrouve dans ce cas de figure avec un morcellement en trois blocs
00:03:50quand même assez évident au sein de l'Assemblée nationale.
00:03:53Dans un régime semi-présidentiel, c'est assez inédit parce que du coup, on est au-delà d'une question
00:03:58de cohabitation.
00:03:59C'est-à-dire que la cohabitation, elle fonctionne à condition qu'on reste dans quelque chose de bipartisan.
00:04:04Sauf que là, on est sorti du bipartisme.
00:04:06Donc moi, je pense qu'on a des années politiques devant nous sur la pratique de la culture politique qui
00:04:14vont être assez passionnantes.
00:04:15Le patron des socialistes a par ailleurs estimé qu'il fallait, avant de nommer un premier ministre,
00:04:20une négociation entre formations politiques, groupes parlementaires qui permettent d'asseoir sur le fond un programme de gouvernement
00:04:25et que cela pourrait encore prendre du temps, voire quelques semaines.
00:04:28Après, je n'ai pas l'impression qu'on soit là dans une ambiance de négociation entre groupes parlementaires.
00:04:34Après, sur le principe, je peux être d'accord, mais disons que là, on a plutôt l'impression que c
00:04:40'est Macron tout seul qui décide
00:04:42et qu'il n'y a pas vraiment de négociation et de discussion entre les partis.
00:04:45Je pense que le sentiment dominant, en tout cas à gauche et dans notre camp social, c'est le soulagement.
00:04:51On a été face à une campagne extrêmement dure où on a vu le Rassemblement National être donné largement en
00:04:57tête
00:04:58par tous les différents instituts de sondage, y compris avec des projections qui le montraient avoisinant la majorité absolue.
00:05:05Et là, les résultats sont tombés et il n'y a rien de tout cela.
00:05:09Au contraire, on a un Rassemblement National qui prend une claque, quand même, il faut le dire.
00:05:14Bon, alors, on a vu votre travail et on sait le débat dans lequel on se trouve, qui est intitulé
00:05:18« Les néo-éditorialistes ».
00:05:19On a parlé de Christophe Barbier et compagnie.
00:05:21Paloma, toi, tu te sens comme Christophe Barbier ?
00:05:25Je sentais qu'elle allait venir, cette question.
00:05:27Non, je ne me sens pas du tout comme Christophe Barbier et je ne me sens pas non plus forcément
00:05:30comme une néo-éditorialiste.
00:05:32Moi, je considère que je suis journaliste et à la différence des éditorialistes qu'on a cités,
00:05:36qui sont quand même pour beaucoup, on ne va pas se mentir, des chiens de garde.
00:05:39En fait, moi, ce que j'essaie de faire en tant que journaliste, ce n'est pas de donner mon
00:05:43opinion
00:05:43juste en l'assénant comme ça sur des plateaux télé ou à travers mon travail.
00:05:47C'est à travers des angles d'essayer de comprendre l'actualité
00:05:52pour permettre à un maximum de personnes de prendre de la hauteur sur ce qui se passe,
00:05:55que ce soit sur les questions écologiques, les questions politiques, les questions sociétales,
00:05:58et en m'appuyant sur des études sociologiques, sur des rapports.
00:06:01En fait, je ne suis jamais en train de m'appuyer simplement sur mon opinion.
00:06:04Et on a l'impression souvent, avec ces éditorialistes, qu'il y a quand même ce truc de
00:06:07« Oui, mais ça, c'est du bon sens. Non, mais tout le monde pense comme ça. »
00:06:10Mais en fait, il n'y a jamais de chiffres qui sont donnés.
00:06:13Il n'y a jamais rien de sérieux, il n'y a jamais rien de concret derrière.
00:06:15Alors que moi, tout ce que je dis, en général, dans mes émissions, est baqué, sourcé,
00:06:19et je mets toujours mes sources en dessous.
00:06:21En général, on voit rarement, quand un éditorialiste parle pendant 20 minutes sur un plateau télé,
00:06:24les sources qui s'affichent en bas, parce qu'en fait, la plupart du temps, il n'y en a
00:06:27pas.
00:06:27C'est simplement eux-mêmes la source.
00:06:31— Mais est-ce que c'est... Vous qui travaillez beaucoup, enfin, quasi exclusivement sur Internet,
00:06:37c'est un gros mot éditorialiste ou pas, Léa ?
00:06:39— Moi, je n'ai pas vraiment d'opinion sur le mot.
00:06:42Pendant longtemps, on me qualifiait d'éditorialiste,
00:06:44parce que je n'avais pas encore eu la chance de rentrer dans cette classe politique du journalisme.
00:06:49J'ai dû fonder un média et être reconnue au service de presse en ligne
00:06:52pour qu'enfin mes pères me reconnaissent comme journaliste,
00:06:54puisque je n'ai pas fait d'école.
00:06:57Donc c'est vrai que pendant très longtemps, on me qualifiait d'éditorialiste
00:07:02parce que c'est ce qu'il y avait de plus commode.
00:07:04On ne savait pas trop dans quel cas me mettre.
00:07:06J'étais podcasteuse, mais ça ne voulait pas dire grand-chose non plus.
00:07:08Donc dans les médias traditionnels, ils préféraient dire éditorialiste
00:07:11jusqu'à ce que, finalement, le terme journaliste fut accepté assez récemment, d'ailleurs,
00:07:17par France Info et d'autres.
00:07:18— Mais toi, c'est un truc que tu réclamais, de mettre journaliste à la place d'éditorialiste ?
00:07:21— Non, pas forcément. En fait, moi, je m'en fous.
00:07:22Je n'ai pas non plus de revendications particulières.
00:07:26Moi, j'ai une expertise, c'est la politique.
00:07:28Et d'ailleurs, je suis journaliste autodidacte parce que je viens du monde politique.
00:07:31Je me suis formée sur la politique dans les fonctions que j'ai occupées auparavant.
00:07:38Donc j'ai une expertise que j'ai voulu mettre au profit du plus grand nombre
00:07:42et de l'intérêt général en faisant de la vulgarisation
00:07:45et qui, de fil en aiguille, effectivement, m'a amenée vers un travail fondamentalement journalistique.
00:07:51Donc je ne sais pas. Oui, on peut... Je m'offusque pas, mais je ne m'identifie pas à Christophe
00:07:56Barbier.
00:07:56Ça, c'est sûr.
00:07:57— Il y avait un petit air, mais sans l'écharpe.
00:08:00— Peut-être. Mais il va falloir qu'on en discute quand même de ce petit air
00:08:03parce que je ne vois pas tout de suite. C'est pas frappant.
00:08:06— Et toi, Paul, je suis allé voir sur ton compte Twitter, ton compte X, tu te définis comme «
00:08:12analyste ».
00:08:15Comment tu conçois ton travail ?
00:08:17— Non, mais en fait, j'ai une position un peu bâtarde, en vérité.
00:08:20C'est qu'il y a des émissions, là, ça en était un extrait, dans lesquelles je suis dans un
00:08:26rôle
00:08:26qui ressemble en partie à ce que j'ai pu occuper quand j'ai fait de la sociologie électorale
00:08:30pour des partis, des organisations, des fondations politiques, quand j'ai travaillé à l'Assemblée.
00:08:33Donc c'est ce que disait l'air, une espèce d'expertise qui me donne, je pense, une forme de
00:08:38légitimité.
00:08:39Et le rapport aux sciences sociales, aux sources, tu disais, je suis doctorant,
00:08:43donc c'est une méthodologie, une façon de voir les choses qui me rapproche.
00:08:46Après, ce qui est vrai, c'est que moi aussi, j'ai fait des débats,
00:08:48des débats qui sont des débats d'opinion et dans lesquels je prends une position.
00:08:52Donc en ce sens, on pourrait dire « Ah, mais ça, c'est de l'éditorialisme ».
00:08:55Mais effectivement, moi, je n'aime pas forcément le terme, dans le sens où,
00:08:58si c'est pour se rapprocher des personnes que vous avez citées, alors c'est profondément insultant.
00:09:02Parce que c'est, voilà, cette espèce d'escroissance du journalisme télévisuel
00:09:08qui est l'expression de l'ordre dominant dans ce cas-là de plus intellectuellement malhonnête,
00:09:14voire paresseux en termes de travail.
00:09:16Après, ce que je trouve intéressant avec ce terme, c'est qu'il a l'utilité de justement séparer de
00:09:21journalisme
00:09:22avec l'idée que peut-être que le journalisme peut être investi d'un sens un peu plus noble que
00:09:26l'éditorialisme.
00:09:27Quand on prend éditorialisme TV, je veux dire.
00:09:30– Paul, tu disais « j'utilise des chiffres sur des trucs ».
00:09:34Quand on entend François Langlais, il utilise des chiffres, on a l'impression qu'il a un background, qu'il
00:09:39a quelque chose.
00:09:40– Oui, mais en fait, le problème, c'est que ce modèle-là, il est très paradoxal de l'éditorialisme
00:09:44TV.
00:09:45C'est-à-dire qu'ils vont pouvoir utiliser, on peut faire parler les chiffres comme on veut.
00:09:48Mais il y a une prétention à l'objectivité chez eux que moi, je n'ai pas.
00:09:52Par exemple, et que je pense qu'ici, on ne partage pas.
00:09:54Moi, je suis là pour une question politique.
00:09:58Le média sur lequel j'interviens, c'est un média qui dit « nous sommes un média de gauche ».
00:10:02Donc, il n'y a pas de secret.
00:10:04Et je pense que la question se joue sur cette frontière.
00:10:06– C'est ça la différence principale ?
00:10:08Le fait qu'on assume un point de vue, qu'on assume une opinion ?
00:10:12– Oui, en tout cas, déjà, je trouve que c'est plus honnête intellectuellement.
00:10:15Après, je pense qu'il y a d'autres choses qui ne nous séparent.
00:10:19– Mais Oz, toi, tu les regardes tous les jours, tous les journaux, tu les lis,
00:10:22les éditorialistes, tu peux même faire des comparaisons.
00:10:27Mais toi, tu définis ton travail comment ?
00:10:30Tu te sens journaliste, éditorialiste, créateur de contenu, ni l'un ni l'autre ?
00:10:35– Moi, je dirais plutôt journaliste dans le travail que je fais actuellement.
00:10:37C'est-à-dire que ce soit sur mes revues de presse ou sur le format que je fais pour
00:10:40Blast sur l'international.
00:10:41C'est de la revue de presse.
00:10:42Alors, c'est du travail de bureau, je n'ai pas sur le terrain,
00:10:44mais c'est une compilation d'articles, c'est une analyse d'articles,
00:10:46et je crée un propos à partir de ce qui se fait dans la presse.
00:10:49Donc, pour moi, c'est un travail de journaliste.
00:10:51Il y a d'autres journalistes qui font des revues de presse,
00:10:52ça se fait beaucoup aussi en radio, donc pour moi, c'est vraiment du journalisme.
00:10:55Après, sur la question de l'éditorial, moi, avant, avec Usul,
00:10:58on faisait un format « ouvrez les guillemets » pour Mediapart,
00:11:00où là, nous, on n'a pas hésité à dire dans un épisode « ouais, on est des éditorialistes ».
00:11:03En fait, pour se réapproprier ce terme, parce que, comme vous disiez tout à l'heure,
00:11:07le terme « éditorialiste », moi, je me dis éditorialiste, je pense à Christophe Barbier,
00:11:10je pense à des gens comme ça, et le problème du terme,
00:11:13ce n'est pas le problème d'avoir un journalisme d'opinion.
00:11:15Ça peut être intéressant d'avoir des journalistes qui donnent leur opinion,
00:11:18même sans forcément sourcer, pour que les gens aient un peu une idée
00:11:20de ce que pensent les gens qui produisent l'information.
00:11:22Le problème, c'est qu'on a des gens qui sont devenus des spécialistes en tout,
00:11:25et que leur seule fonction, c'est d'être éditorialiste.
00:11:27C'est-à-dire qu'ils ne font rien d'autre que de donner leur opinion
00:11:29sur des thèmes de façon un peu générale, sans jamais le sourcer.
00:11:32Et ça, c'est un problème, et qui est accompagné d'un autre problème,
00:11:35qui est une hégémonie, une homogénéité idéologique
00:11:38de tous ces éditorialistes télévisuels.
00:11:40Donc l'idée d'ouvrir les guillemets, c'était vraiment ça,
00:11:41c'était de donner un peu un contre-discours en disant
00:11:43« Regardez, on peut faire de l'éditorial autrement ».
00:11:46Vous voulez réagir ?
00:11:47Non, j'allais dire, je pense qu'en réfléchissant et en regardant,
00:11:50il y a un commentaire qui dit « J'adore comment à chaque fois les gens de gauche,
00:11:52avec une expertise, ne sont jamais sûrs de rien,
00:11:54quand les éditorialistes de droite sont certains
00:11:56qu'il neige en décembre, donc il n'y a pas de réchauffement climatique ».
00:11:59Ça me parle beaucoup, en plus, parce que je dois souvent
00:12:01débunker ce genre de choses.
00:12:03Mais c'est vrai, c'est-à-dire qu'en fait, je pense qu'il y a un rapport
00:12:05aussi à l'esprit critique, au fait de se remettre en question en permanence.
00:12:08Moi, je doute en permanence de moi-même.
00:12:10C'est aussi pour ça que je m'appuie sur énormément de sources
00:12:12pour qu'on puisse jamais me remettre en question,
00:12:14parce que qu'est-ce qu'on va faire à l'inverse aussi
00:12:15avec des personnes comme nous qui défendent des valeurs,
00:12:17qui défendent certains sujets pour les mettre dans le débat public ?
00:12:19C'est qu'en fait, on va nous taxer de militantisme
00:12:21pour essayer, en fait, de faire en sorte qu'on n'ait plus de voix,
00:12:24qu'on ne soit plus pris au sérieux.
00:12:26Alors qu'à l'inverse, je pense que tous les cas,
00:12:28que c'est un peu notre point commun,
00:12:29on bosse énormément nos sujets, en fait,
00:12:32pour qu'ils soient inattaquables, en quelque sorte.
00:12:34Et je ne vois pas ce même travail de précision
00:12:37chez les éditorialistes, notamment télé.
00:12:40Et pour prendre l'exemple de François Langlais,
00:12:43il se trouve qu'il y a quelques années,
00:12:45il y a eu une convention citoyenne pour le climat,
00:12:47donc c'était une assemblée citoyenne de 150 personnes tirées au sort.
00:12:49Pour trouver des mesures pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre
00:12:53sans que ça pèse sur les plus démunis.
00:12:54Et à ce moment-là, tous les éditorialistes,
00:12:56quand ils ont sorti leurs mesures,
00:12:58qui étaient assez radicales par rapport à ce qui était proposé jusqu'alors,
00:13:01tous les éditorialistes de tous les plateaux
00:13:02se sont mis à devenir fous, en racontant n'importe quoi.
00:13:06Et il y avait des gens qui disaient
00:13:07qu'ils n'avaient pas vraiment été tirés au sort,
00:13:09qu'en fait, ils avaient fait un casting
00:13:10pour prendre que des écolos zadistes,
00:13:12ce qui était totalement faux, parce que moi, je les ai vus, ces gens-là.
00:13:15Vraiment, tous, ils étaient déchaînés,
00:13:17et notamment François Langlais, en faisant une chronique,
00:13:20économiques sérieuses,
00:13:21avaient dit, avec les mesures de la Convention citoyenne,
00:13:24ce sera le confinement,
00:13:26le Covid à perpétuité.
00:13:28C'est hallucinant de dire des choses comme ça.
00:13:30Et il terminait sa chronique en disant
00:13:31un chômeur à vélo, ça reste un chômeur.
00:13:34En fait, des phrases comme ça, je peux en citer des milliards,
00:13:36malheureusement, parce que c'est aussi notre travail
00:13:38à Blast et dans tous ces médias de les décrypter,
00:13:40d'essayer de montrer
00:13:42les inepties de ces types d'éditorialistes,
00:13:45mais ça montre qu'il n'y a pas de travail,
00:13:46parce qu'en fait, la Convention citoyenne n'a jamais proposé
00:13:48un confinement à perpétuité.
00:13:49Et en fait, à chaque fois, ça n'était jamais sur le fond.
00:13:51Et aucun d'entre eux, en fait,
00:13:53avait vraiment pris le temps de comprendre
00:13:55ce qu'était cette Assemblée citoyenne,
00:13:57quelles étaient les mesures qu'ils proposaient,
00:13:58parce qu'il y en avait 149,
00:13:59donc c'est vrai que c'était un peu long et compliqué.
00:14:01Enfin, à chaque fois, voilà, je trouve qu'il y a quand même
00:14:02une sorte de fainéantise
00:14:03qu'on peut retrouver chez beaucoup d'entre eux.
00:14:06Je veux bien réagir, si je peux.
00:14:08Vas-y, vas-y.
00:14:09Parce que je me reconnais tout à fait dans ce que tu racontes,
00:14:11et je voulais juste apporter un regard un peu genré
00:14:13sur cette question-là,
00:14:14parce qu'en fait, quand tu es une meuf jeune,
00:14:17tu te sens complètement délégitimée
00:14:19sur les plateaux de télé, en général.
00:14:21Donc du coup, tu bosses comme une dingue,
00:14:23en amont, enfin moi, c'est ce que je fais,
00:14:24pour être sûre de mes chiffres,
00:14:26pour être sûre d'avoir des arguments
00:14:27qui soient super solides,
00:14:28et je me retrouve face à des mecs
00:14:30qui sont totalement en roue libre,
00:14:31et qui vont genre complètement...
00:14:33Moi, je me suis retrouvée sur un plateau
00:14:35où on a remis en question mon statut de journaliste.
00:14:38C'était un député macroniste.
00:14:40Et alors que j'intervenais en tant que journaliste
00:14:42et que j'étais invitée en tant que telle sur la question,
00:14:44en l'occurrence, je ne sais plus,
00:14:46je crois que c'était lié certainement
00:14:48à la réforme des retraites à l'époque,
00:14:49mais peu importe.
00:14:51Et le macroniste qui me dit
00:14:52« Mais vous avez le droit d'être militante ? »
00:14:54Genre en plein plateau, comme ça.
00:14:56Et donc ça a créé un putain de bad buzz,
00:14:58parce que forcément, heureusement,
00:15:00la présentatrice l'a repris en lui disant
00:15:01« Attendez, madame est journaliste,
00:15:02et c'est à ce titre qu'elle est invitée, etc. »
00:15:04Donc la délégitimation constante
00:15:05à laquelle on doit faire face,
00:15:07déjà, c'est épuisant.
00:15:09Et ça veut dire qu'effectivement,
00:15:10en amont, on se blinde,
00:15:11parce qu'on sait très bien
00:15:11qu'on va être face à des personnes
00:15:13qui n'ont pas d'argument.
00:15:14Je me souviens, il y a des années,
00:15:15j'acceptais encore d'aller sur LCI.
00:15:16Maintenant, c'est bon, finito, quoi, ça va.
00:15:19Il y a 4 ans, j'étais sur un plateau d'LCI
00:15:21face à Olivier Babaut,
00:15:23ou je ne sais pas quoi, le mec...
00:15:24Oui, oui, il faisait partie des éditorialistes
00:15:27qui expliquaient que la Convention citoyenne,
00:15:29c'était une anti-poix, etc.
00:15:30Ah, c'était 8 ans, oui, c'est le bleu.
00:15:32Et donc, bref, je me souviens,
00:15:34il y avait à la fois la question
00:15:36de la réforme de l'assurance-chômage
00:15:38et la question de la réforme des retraites.
00:15:40Et c'était suite à une prise de...
00:15:42Pardon, une prise de...
00:15:45Un discours de Macron qui parlait des deux
00:15:47et qui dressait un peu un calendrier.
00:15:49Et donc, bref, je parle de ce calendrier
00:15:51et le mec prend la parole derrière moi,
00:15:54donc Olivier Babaut, machin, là,
00:15:56prend la parole derrière moi
00:15:57et me contredit alors que je disais la vérité.
00:16:00Et moi-même, je me suis mise à douter.
00:16:01Donc, du coup, on se retrouve avec des personnes
00:16:03qui ont, en fait, une telle...
00:16:04Comment dire ?
00:16:05Une telle acceptation sur ce type de format
00:16:07qui sont capables de dire tout et n'importe quoi.
00:16:10Et on n'aura pas de journalistes face à eux
00:16:11et elles qui vont dire
00:16:12« Non, mais attendez, vous êtes en train de dire n'importe. »
00:16:14Et que les personnes qui se baquent
00:16:15et qui taffent à fond
00:16:16sont quand même délégitimées en direct.
00:16:18C'est taré, quoi.
00:16:19Et je pense que le fait d'être une meuf
00:16:20joue quand même beaucoup.
00:16:21Mais c'est en fait...
00:16:23Je trouve que t'as une...
00:16:24Quand t'as une ligne éditoriale de droite libérale assumée,
00:16:27t'as une présomption de crédibilité, en fait.
00:16:29C'est pour ça aussi qu'ils n'ont pas besoin de travailler.
00:16:31C'est que, de fait, parce qu'ils sont des libéraux...
00:16:34Le libéral est devenu le neutre, finalement,
00:16:36dans le débat public.
00:16:37Et c'est le point de départ de toute réflexion.
00:16:39Et tout ce qui s'en écarte, en fait,
00:16:40il devient du militantisme.
00:16:42Et alors, il y a un truc à rappeler.
00:16:43Je te donne la parole juste après, Paul.
00:16:45Mais c'est quand même que...
00:16:46Et on se le voit tous les jours dans ces revues de presse.
00:16:48C'est qu'on a parlé d'éditorialisme.
00:16:50Donc, il y a édito qui donne une ligne éditoriale.
00:16:53Chaque média, en fait, a une ligne éditoriale.
00:16:55Tous nos médias, ici, ont une éditoriale
00:16:57qui en dépend quand même.
00:16:58Mais on prend Lacroix, Le Monde, l'Ibé, le Figaro.
00:17:01Ils ont tous des lignes éditoriales.
00:17:03Sauf que la plupart de leurs éditorialistes
00:17:05et de leurs journalistes considèrent
00:17:06qu'ils sont le neutre.
00:17:08Et c'est peut-être le point de départ, en fait.
00:17:10C'est même souvent contre-productif,
00:17:12parce que des médias où il peut y avoir
00:17:14des éditos assez indigents intellectuellement,
00:17:16et je pense que là où je vous rejoins
00:17:18sur tout ce que vous avez dit,
00:17:18c'est sur le travail, en fait,
00:17:20il y a un journaliste qui travaille pour Le Monde
00:17:22sur des sujets très spécifiques,
00:17:24qui écrit des articles hyper fouillés.
00:17:25Et en fait, ce que les gens se retrouvent à voir
00:17:27et à connaître de ces médias,
00:17:28c'est les éditos,
00:17:29qui ne sont souvent pas le truc le plus qualitatif
00:17:31qu'il y a dans les journaux,
00:17:32notamment dans la presse écrite.
00:17:33Moi, je sais que je dis aux gens,
00:17:34aller au-delà des éditorialistes
00:17:36quand vous le disiez de la presse écrite,
00:17:37parce que souvent, le travail de qualité,
00:17:39il n'est pas là.
00:17:39Et ça peut être même contre-productif
00:17:41pour des journaux qui, par ailleurs,
00:17:42peuvent produire du contenu très intéressant,
00:17:44très poussé, très travaillé.
00:17:45Et vraiment, le truc du travail,
00:17:47c'est vraiment central pour moi, je pense.
00:17:48Mais c'est pour ça que je pense que dans ce combat-là,
00:17:50en tout cas, moi, de mon point de vue personnel,
00:17:52je ne veux pas jouer cette espèce de conflit
00:17:55sur l'objectivité journalistique
00:17:57qui me protégerait de dire n'importe quoi.
00:17:59Je pense que je travaille énormément,
00:18:00je cite beaucoup de sources,
00:18:01je montre la méthodologie pour qu'effectivement,
00:18:04si on a un débat sérieux,
00:18:05ça soit inattaquable
00:18:06ou que je sois tributaire de ce que j'ai raconté
00:18:08et qu'on puisse me dire,
00:18:09« Là, tu as fait une connerie, tu as dit... »
00:18:11Mais je ne pense pas qu'il faut se basse
00:18:13sur arriver en disant,
00:18:15« On a un débat au niveau de l'objectivité. »
00:18:17Non, il faut rentrer dedans.
00:18:19Je vais pas loin de citer les chiens de garde.
00:18:20Moi, je suis un fan absolu de Nisan.
00:18:23Et dans un de ses romans qui s'appelle « La conspiration »,
00:18:24c'est des jeunes étudiants qui veulent faire la révolution,
00:18:26ils créent un journal qui s'appelle « La guerre civile »
00:18:28en termes d'engagement, voilà.
00:18:30Et il y a un mec dans le roman qui a une phrase
00:18:32et il dit,
00:18:32« La fonction du philosophe consiste exclusivement
00:18:35dans la profanation des idées. »
00:18:37Moi, j'adore cette phrase-là.
00:18:38L'idée de dire,
00:18:39moi, mon rôle, c'est de dire profaner les idées
00:18:41au sens de, en face, leur rôle, c'est de garder
00:18:44l'idéologie de mentalité,
00:18:46le point de vue de neutre, c'est le libéralisme.
00:18:48En tout cas, mon but, c'est de profaner ça,
00:18:50c'est-à-dire d'attaquer les représentations générales
00:18:54qui sont, quand on veut dire,
00:18:55présentées comme le fait réel
00:18:58et qui sont souvent simplement des justifications
00:19:01d'un ordre inégalitaire
00:19:02sous toutes les formes qu'il peut prendre,
00:19:04qu'il soit l'ordre patriarcal ou capitaliste, etc.
00:19:06Et donc, moi, ce qui m'intéresse,
00:19:07c'est de faire en sorte que,
00:19:08lorsque j'engage mon discours
00:19:11avec des arguments qui peuvent être scientifiques,
00:19:13appuyer sur des sourds,
00:19:14je vienne tirer le voile
00:19:17de prétentions objectives
00:19:18qui s'expriment là-dessus
00:19:19et que c'est ça, l'objectif,
00:19:21et c'est ça qui nous sépare.
00:19:23C'est-à-dire qu'on n'a pas la même fonction sociale.
00:19:24Eux, ils doivent garder,
00:19:26garder en place un système
00:19:27qui n'a, en plus,
00:19:29pas de réalité tangible
00:19:31pour la vraie vie des gens.
00:19:33C'est ça que, aussi, les gens nous disent.
00:19:34« Ah, ça fait du bien de vous écouter,
00:19:35que ce soit les uns et les autres,
00:19:36parce qu'en fait,
00:19:37vous nous parlez de trucs
00:19:38où on se reconnaît plus que quand on allume la télé. »
00:19:40Et donc, on est vraiment dans une vision
00:19:43très antagoniste de nos rôles sociaux.
00:19:45Eux, ils sont là pour garder
00:19:47la sacralité de l'idéologie dominant.
00:19:49Et nous, on est là pour essayer de la fracturer,
00:19:51de trouver des brèches
00:19:51et d'appuyer là où ça fait mal.
00:19:54Je suis complètement d'accord avec ce que tu dis.
00:19:56Et nous, c'est quelque chose...
00:19:57C'est des retours qu'on a beaucoup eus à Blast,
00:19:59notamment pendant la période politique
00:20:00et les législatives qu'on vient de vivre.
00:20:02Il y a beaucoup de gens qui nous écrivaient
00:20:03en disant « On a vécu sous assistance respiratoire
00:20:05grâce à vous, en fait,
00:20:06pendant cette période-là.
00:20:07Vous nous avez redonné de l'espoir.
00:20:08Vous nous avez redonné un espace, aussi,
00:20:10de réflexion, de prise de hauteur
00:20:12sur la société qu'on n'avait pas ailleurs. »
00:20:14Et je pense que, justement,
00:20:15c'est exactement ce que tu disais.
00:20:16C'est qu'aujourd'hui,
00:20:17la plupart des personnes qu'on entend
00:20:19sur les plateaux télé,
00:20:19et ce n'est pas que les éditorialistes,
00:20:21je pense que c'est aussi
00:20:21toute l'économie des médias,
00:20:22en fait, aujourd'hui,
00:20:23où, finalement,
00:20:24on essaie d'économiser de l'argent
00:20:25en mettant 10 personnes autour d'un plateau
00:20:27et en leur faisant parler
00:20:27de tout et n'importe quoi.
00:20:29Enfin, il n'y a pas longtemps,
00:20:29j'ai fait une vidéo
00:20:30en mettant un extrait de RMC
00:20:32où, quand même, la bannière,
00:20:33c'était 40 départements
00:20:35en alerte canicule.
00:20:36On s'en fout ou pas
00:20:37pour l'interrogation.
00:20:38C'était ça,
00:20:39l'éditorialisation du débat.
00:20:40Donc, à partir de là, super.
00:20:42Enfin, vraiment,
00:20:43on est bien barrés.
00:20:44Donc, c'est cette économie des médias
00:20:46qui fait qu'en fait,
00:20:46on met vraiment n'importe qui
00:20:48autour d'un plateau télé
00:20:49pour commenter l'actualité.
00:20:50Il y a des gens qui débarquent,
00:20:51qui ne savent même pas
00:20:52de quoi on va parler.
00:20:53On dit, on va parler de ceci, ça, ça.
00:20:54Évidemment qu'en fait,
00:20:55ça ne peut rien donner
00:20:55en termes d'intelligence collective
00:20:57et ça ne peut rien apporter aux gens.
00:20:58Et le problème général
00:20:59avec ces éditorialistes
00:21:01un peu plus connus,
00:21:01on va dire,
00:21:02dont on parle depuis le début,
00:21:03c'est qu'ils ne sont qu'en train
00:21:04de dire qu'il y a des états de fait.
00:21:06C'est comme ça et pas autrement
00:21:07et de défendre le statu quo.
00:21:14Et on veut parler de ce qui vous préoccupe,
00:21:16en fait, des vrais besoins
00:21:17des Françaises, des Français
00:21:18et de ce qui les inquiète en permanence
00:21:21ou ce qui, potentiellement,
00:21:22ils ont du mal à comprendre.
00:21:23Et voilà, moi, je sais que ça va être
00:21:24sur les questions sociétales, sociales,
00:21:27les questions écologiques,
00:21:27les questions féministes.
00:21:28Mais du coup, c'est un rôle hyper important
00:21:30et je trouve ça assez inquiétant,
00:21:32en fait, de se dire que de plus en plus,
00:21:33ce sont les médias indépendants,
00:21:35les streamers,
00:21:36toutes ces personnes-là
00:21:37qui, en fait, sont en train d'ouvrir
00:21:39ces espaces de respiration dans la société
00:21:40et de parier sur l'intelligence
00:21:42des citoyennes et des citoyens
00:21:43et le service public,
00:21:44le fait de moins en moins
00:21:45et les chaînes privées,
00:21:46n'en parlons même pas
00:21:47parce qu'elles sont au service
00:21:48de l'extrême droite.
00:21:49Ah non, mais c'est clair,
00:21:49mais le service public,
00:21:50moi, j'ai un exemple concret là,
00:21:51assez récent.
00:21:52On m'a vite pour commenter
00:21:56la succession potentielle
00:21:58d'Éric Ciotti chez LR,
00:22:00donc pendant une heure,
00:22:01à se demander
00:22:02est-ce que ça va être David Lignard
00:22:03ou est-ce que ça va être,
00:22:05je ne sais plus qui,
00:22:05Xavier Bertrand ou quoi.
00:22:07Et c'était en plein
00:22:08pendant la campagne
00:22:10des élections législatives.
00:22:12Et je me dis,
00:22:13en fait,
00:22:14la question maintenant
00:22:15qu'on doit se poser quand même,
00:22:16c'est de savoir
00:22:16est-ce que LR a un programme
00:22:18parce qu'on est en pleine campagne,
00:22:21quel est le programme
00:22:22sur lequel les candidats LR
00:22:24sont en train de faire campagne ?
00:22:26Et cette question n'a absolument
00:22:27pas été abordée
00:22:28de tout le débat.
00:22:29Du coup,
00:22:29à un moment donné,
00:22:30j'ai recentré le débat
00:22:31sur France Info TV
00:22:32en disant,
00:22:33attendez,
00:22:33là on est en train
00:22:34de se demander,
00:22:35de se poser des questions
00:22:36de popole,
00:22:37vraiment,
00:22:37et pourtant,
00:22:38Dieu sait que je suis quand même
00:22:39assez fan de ce terme,
00:22:40mais voilà,
00:22:42mais voilà,
00:22:42c'est vraiment
00:22:43de la politique politicienne,
00:22:44tout le monde s'en tape,
00:22:45je veux dire,
00:22:45David Lignard,
00:22:46personne ne sait qui c'est,
00:22:47vite fait quoi,
00:22:47et les personnes
00:22:48qui nous écoutaient
00:22:49certainement pas des masses,
00:22:50Xavier Bertrand,
00:22:51voire un peu plus,
00:22:51la vraie question,
00:22:52c'est de savoir,
00:22:52là il y a une campagne législative,
00:22:54il y a une assemblée nationale
00:22:55qui va être élue,
00:22:56qu'est-ce que ce parti propose ?
00:22:58Quelle est la ligne idéologique
00:22:58dans laquelle le parti
00:23:00va s'inscrire ?
00:23:01Qu'est-ce qui est fait ?
00:23:02Et en fait,
00:23:02aucune question
00:23:03n'avait été posée là-dessus,
00:23:04donc du coup,
00:23:05je dis ça au journaliste
00:23:07présentateur qui bloque
00:23:08et je lui dis,
00:23:09on pourrait peut-être
00:23:09parler du programme,
00:23:10il se trouve que sur le site
00:23:12des LR qui était complètement
00:23:13pété à cause de l'histoire
00:23:14Ciotti,
00:23:15il n'y avait pas de programme,
00:23:16en l'occurrence,
00:23:18bon, certes,
00:23:19mais du coup,
00:23:19je lui dis,
00:23:20on pourrait peut-être parler
00:23:21vraiment des mesures concrètes
00:23:22et de savoir dans quoi
00:23:23LR s'inscrit idéologiquement,
00:23:25etc.,
00:23:25et là il bloque,
00:23:26il me dit,
00:23:26non, non, mais oui,
00:23:27enfin bon,
00:23:28il commence à essayer
00:23:28de se justifier,
00:23:29il me dit,
00:23:29non, mais on en a un peu
00:23:30parlé quand même
00:23:31et tout,
00:23:31genre sur d'autres émissions,
00:23:32je dis,
00:23:32mais vous êtes le service
00:23:34public, quoi,
00:23:34enfin, vous êtes en train
00:23:35de prendre du temps
00:23:36de parole sur une campagne
00:23:38qui est quand même
00:23:38assez fondamentale,
00:23:39une campagne éclair en plus,
00:23:40on a trois semaines,
00:23:41on a des sujets qui sont
00:23:41quand même très importants
00:23:42dont on peut parler,
00:23:43il y a 10 millions de pauvres
00:23:45en France,
00:23:47il y a des personnes
00:23:47qui s'enfoncent
00:23:48dans la précarité
00:23:49de jour en jour,
00:23:50enfin, parlons de vraies choses,
00:23:51quoi, et là, non,
00:23:52on veut juste savoir
00:23:52qui va reprendre la tête
00:23:53d'un parti mourant par ailleurs
00:23:55mais qui va finalement
00:23:56vont gouverner,
00:23:57ça c'est une autre question.
00:23:58Mais c'est vrai,
00:23:58moi je trouve ça
00:23:58hyper intéressant
00:23:59ce que tu dis
00:24:00parce qu'en fait,
00:24:00il pourrait y avoir
00:24:01l'intérêt de parler
00:24:02de Popol au sens de
00:24:04si les commentaires
00:24:05sur les personnalités
00:24:06sont les illustrations
00:24:07idéologiques de ce qui est porté,
00:24:09là on a intérêt,
00:24:10de voir les 50 nuances
00:24:12de faf qu'il y a
00:24:13à l'intérieur
00:24:13de la droite française,
00:24:14c'est intéressant,
00:24:14non mais c'est intéressant
00:24:15comprendre, bon,
00:24:16quelle est la différence
00:24:17entre Éric Ciotti
00:24:19et Marine Le Pen,
00:24:19c'est intéressant,
00:24:20si on regarde
00:24:21quelle classe sociale
00:24:22il représente historiquement,
00:24:23pourquoi il y a un alignement
00:24:24et qu'il y a
00:24:25la constitution de cette espèce
00:24:26d'arc réactionnaire
00:24:27de la Macronie-ORN aujourd'hui.
00:24:29Mais ça, même ça,
00:24:30ils n'en sont pas capables
00:24:30parce que honnêtement,
00:24:32c'est un égout,
00:24:33la télévision du service public
00:24:34aujourd'hui,
00:24:35c'est un égout.
00:24:35Moi je dis ça tranquillement,
00:24:36je ne suis pas invité,
00:24:37donc je m'en fous,
00:24:38mais c'est un vrai problème.
00:24:40C'est intéressant d'ailleurs
00:24:41ce que vous dites
00:24:41par rapport à la question
00:24:42de la mise à l'agenda,
00:24:43c'est-à-dire de quoi on parle
00:24:44à la télévision.
00:24:45Tu disais que tu avais recentré
00:24:46le débat sur le programme
00:24:47et en fait,
00:24:48moi je le sais en faisant
00:24:48des revues de presse,
00:24:49ces thèmes-là
00:24:50qui ne sont pas abordés
00:24:51à la télévision,
00:24:51ils existent
00:24:52et pas que dans les médias indépendants.
00:24:53Il y a des articles
00:24:54dans tous les journaux,
00:24:55dans toute la presse
00:24:56qui sont très très confidentiels
00:24:57et qui sont beaucoup moins lus,
00:24:59qu'on gagnerait à discuter,
00:25:02qu'on gagnerait à publier
00:25:02pour que les gens
00:25:03puissent en parler entre eux.
00:25:04Il y a aussi la question
00:25:05de parler ce qui touche les gens
00:25:07mais aussi de parler
00:25:07de ce que les gens
00:25:08ne connaissent pas.
00:25:08Il y a des situations économiques,
00:25:10des situations sociales,
00:25:11des situations internationales
00:25:12que les gens ne connaissent pas du tout
00:25:13simplement parce qu'on préfère parler
00:25:15de qui donc va être nommé
00:25:16du Premier ministre.
00:25:17Il y a un nom qui circule
00:25:18dans des sources proches
00:25:18de l'Elysée
00:25:19et on ne parle pas d'autres choses
00:25:20qui sont pourtant
00:25:21un boulot hyper intéressant
00:25:22et même l'essentiel
00:25:23du taf des journalistes
00:25:24dans ce pays
00:25:25qui est de faire des articles
00:25:26sur des sujets différents,
00:25:27sur des sujets variés
00:25:28avec une expertise
00:25:29parce qu'il y a des journalistes
00:25:30qui ont bossé toute leur vie
00:25:31sur un sujet
00:25:31et qui ne sont quasiment jamais
00:25:32invités à la télé
00:25:33sauf quand il y a une grosse accue dessus.
00:25:35Cet enjeu-là,
00:25:36on doit l'avoir aussi à l'esprit,
00:25:37c'est-à-dire la mise à l'agenda
00:25:38de choses qui sont autres
00:25:41que simplement
00:25:42la politique politicienne
00:25:43et c'est ce que tu as fait.
00:25:44Ça, il faut un peu forcer la porte
00:25:44pour réussir à faire ça.
00:25:46C'est clair.
00:25:46Et puis le présentateur
00:25:48tombait des nus.
00:25:48Il était en mode
00:25:49mais qu'est-ce qu'elle fait ?
00:25:50Tu vois, genre...
00:25:50Elle fait de la politique !
00:25:51Merde !
00:25:52Mais justement,
00:25:54Paloma, Aléa,
00:25:55vous y allez quand même
00:25:56dans ces médias mainstream,
00:25:57les médias...
00:25:57Le média home télé
00:25:59au-delà de...
00:26:00De quoi ?
00:26:01Un petit peu.
00:26:01Oui, de temps en temps.
00:26:02Oui, de moins en moins.
00:26:04De moins en moins.
00:26:04Peut-être moins sur les chaînes d'infos
00:26:05que sur les formats
00:26:06qui laissent un peu plus
00:26:07le ton de parole
00:26:07comme l'émission de France 5, etc.
00:26:09Mais vous qui avez un pied
00:26:11dans ces deux mondes, en fait,
00:26:13à la fois dans les médias mainstream
00:26:14où de temps en temps
00:26:14vous y allez
00:26:15et vous êtes quand même
00:26:16un peu invité, justement,
00:26:18la caution de gauche
00:26:19souvent, de ces plateaux.
00:26:22Et dans les médias indépendants,
00:26:23pourquoi vous continuez d'y aller ?
00:26:26Je t'en prie.
00:26:27Elle est patate chaude, Paloma, pour toi.
00:26:28Merci beaucoup.
00:26:30Parce que je considère
00:26:31que c'est d'autres espaces
00:26:32et qu'on ne va pas se mentir.
00:26:33C'est-à-dire qu'en fait,
00:26:34avec les médias indépendants de gauche,
00:26:38généralement de gauche,
00:26:39engagés, etc.,
00:26:41on touche un certain public.
00:26:42Alors on touche un public
00:26:43de plus en plus large
00:26:44et nous, à Blast,
00:26:46on se rend compte
00:26:47que ce public grandit
00:26:48et que les gens
00:26:49qui nous écoutent
00:26:50ne sont pas forcément
00:26:51ce qu'on pense,
00:26:51c'est-à-dire que des jeunes de gauche.
00:26:53Par exemple,
00:26:53on est hyper répartis
00:26:54sur toutes les classes d'âge.
00:26:56C'est plutôt 25-40,
00:26:57on va dire,
00:26:58les personnes qu'on touche le plus.
00:26:59Mais bref.
00:27:00Et donc ça permet aussi
00:27:01de toucher d'autres personnes.
00:27:03Et je pense que c'est aussi
00:27:04d'ouvrir des brèches, en fait,
00:27:05dans des espaces
00:27:07où on ne nous attend pas.
00:27:08C'est-à-dire, en fait,
00:27:09justement,
00:27:10de changer la conversation
00:27:11par notre présence.
00:27:12Et je sais que moi,
00:27:13ça m'est déjà arrivé
00:27:14de recevoir des messages,
00:27:15par exemple,
00:27:15après des débats sur CéceSor,
00:27:17qui est quand même
00:27:17plutôt une bonne émission
00:27:18du service public.
00:27:19C'est quand même
00:27:20une des rares qui reste
00:27:21où on peut encore
00:27:23développer un peu une pensée,
00:27:24même si parfois,
00:27:24il y a un peu trop d'invités.
00:27:26Déjà, des gens
00:27:26qui sont spécialistes
00:27:27des Suduchés du Canada.
00:27:28En général, oui.
00:27:29En général.
00:27:29Ce qui n'est pas le cas
00:27:30des émissions de chaîne d'info.
00:27:31Mais ça m'est arrivé
00:27:32de recevoir des messages
00:27:33après en me disant
00:27:33« Je vous ai découvert
00:27:34en regardant ma télé.
00:27:35Merci, ça m'a vraiment
00:27:35fait du bien de vous entendre
00:27:36parce qu'en écoutant
00:27:38les autres personnes parler,
00:27:39j'avais l'impression
00:27:39de devenir fou
00:27:40et qu'on était dans
00:27:41une réalité parallèle
00:27:42et vous avez remis
00:27:43le truc bien. »
00:27:44Je ne dis pas
00:27:44que j'arrive toujours
00:27:44à le faire
00:27:45parce que c'est très difficile
00:27:46aussi de prendre la parole
00:27:47dans ces moments-là,
00:27:48surtout en tant que femme.
00:27:49Moi, j'ai vraiment remarqué
00:27:50que déjà,
00:27:50on m'appelle par mon prénom.
00:27:52Les hommes ont toujours
00:27:53des noms de famille.
00:27:54Nous, les femmes,
00:27:54on a des prénoms.
00:27:55On n'a pas de nom de famille.
00:27:56Et en fait,
00:27:56on me coupe la parole
00:27:57très souvent
00:27:57où on va essayer
00:27:58de reformuler ce que je dis
00:27:59alors que je suis en train
00:28:00de parler en disant
00:28:00« C'est ça que vous essayez de dire ? »
00:28:01En fait, j'ai juste envie
00:28:02de finir ma phrase,
00:28:03s'il vous plaît, merci.
00:28:04Et vraiment,
00:28:05je l'ai vécu plein de fois
00:28:06même sur France Inter.
00:28:07C'est-à-dire que j'ai été
00:28:08dans un débat
00:28:08où la personne face à moi
00:28:11n'avait d'ailleurs
00:28:12aucun argument rationnel
00:28:15à m'opposer
00:28:15mais en plus me disait
00:28:16« Paloma »
00:28:17toutes les deux secondes.
00:28:18Donc en fait,
00:28:18c'est usant.
00:28:19Vraiment, c'est usant
00:28:20parce qu'il faut arriver
00:28:22à tenir le coup,
00:28:23à ne pas trop montrer sa colère
00:28:24parce que sinon,
00:28:25en tant que femme,
00:28:25on va nous catégoriser
00:28:27comme hystériques et tout ça.
00:28:28C'est quand même
00:28:29un sacré exercice.
00:28:30C'est pour ça que moi,
00:28:30en général,
00:28:31je choisis d'y aller
00:28:32à certains moments
00:28:32quand je pense
00:28:33que c'est vraiment important
00:28:34et que parmi les invités
00:28:35qu'on m'a présenté,
00:28:36je sais qu'on ne présentera pas
00:28:37le point de vue
00:28:37que j'ai envie de présenter.
00:28:38Mais si par exemple,
00:28:39dans les invités,
00:28:39il y a quelqu'un qui,
00:28:40je sais qu'il dira
00:28:41à peu près la même chose
00:28:42que moi,
00:28:42je ne vais pas y aller.
00:28:43Je ne mets pas d'ego là-dedans.
00:28:45Je pense que c'est important
00:28:45de savoir
00:28:46quand est-ce que ça sert
00:28:47à quelque chose
00:28:47et quand est-ce qu'on va le faire
00:28:48juste pour l'ego
00:28:49ou pour se faire plaisir
00:28:50ou pour faire un extrait
00:28:52sur Instagram
00:28:53qui ne va pas servir
00:28:53à grand-chose.
00:28:55Moi, j'essaie de trouver
00:28:55le bon juste milieu
00:28:57mais c'est sûr
00:28:57qu'il faut être en forme
00:28:59quand on va sur ces plateaux-là
00:29:01à la part du temps.
00:29:02Juste une toute petite aparté,
00:29:04je vois plein de messages
00:29:04du chat qui vous remercient
00:29:05tous les quatre,
00:29:06notamment Oxtumus
00:29:07qui dit aux invités du plateau
00:29:08merci d'apporter
00:29:08un point de vue différent
00:29:09sur l'actualité
00:29:10de suivre des médias mainstream
00:29:11et de rendre votre travail
00:29:12facilement accessible
00:29:13à toutes et tous
00:29:14sur Internet.
00:29:15Voilà, merci à vous.
00:29:17Merci, oui.
00:29:18Vous voyez le chat.
00:29:20Vous ne le voyez pas,
00:29:21désolé, on n'avait pas deux écrans.
00:29:23Prochaine fois.
00:29:24Prochaine fois, prochaine fois.
00:29:24On n'a pas encore
00:29:25les moyens de vacciner.
00:29:26Bientôt, bientôt.
00:29:27Tu es d'accord
00:29:28avec ce que disait Paloma, toi, Léa ?
00:29:29Oui, à 100%.
00:29:30J'ai quasiment la même approche
00:29:32sachant que j'y vais
00:29:32de moins en moins
00:29:33parce qu'effectivement,
00:29:34c'est une épreuve.
00:29:36Souvent, c'est une épreuve.
00:29:37Et en plus, il se trouve
00:29:38que moi, j'ai vraiment
00:29:40une autre expérience
00:29:41qui est radicalement opposée
00:29:42à savoir Backseat
00:29:44où je me sens vraiment
00:29:46moi à 100%
00:29:47où je sais que je peux
00:29:49parler comme je veux
00:29:50avec mon propre style,
00:29:51que je n'ai pas besoin
00:29:52d'être là.
00:29:53Bref, à parler comme les autres
00:29:54et à vousvoyer la terre entière
00:29:56parce que ça me casse les pieds,
00:29:57que je peux vraiment apporter
00:29:58un point de vue
00:29:59qui est audible,
00:30:01ce qui n'est pas toujours le cas
00:30:02sur les plateaux traditionnels.
00:30:03Néanmoins, je pense
00:30:04qu'il est aussi important
00:30:05effectivement de porter une parole
00:30:06qui n'est pas portée
00:30:07pendant...
00:30:08enfin, qui n'a pas été portée
00:30:09pendant très longtemps.
00:30:10Je vous donne un exemple.
00:30:11Moi, pendant très longtemps,
00:30:12au début, quand je débarquais
00:30:13sur les chaînes de télé,
00:30:17on ne disait pas
00:30:18que j'étais féministe.
00:30:18C'était genre un gros mot.
00:30:20Maintenant, on me présente
00:30:20comme journaliste politique
00:30:21féministe.
00:30:22Genre, ça y est.
00:30:23Hop.
00:30:23Et déjà, rien que ça,
00:30:24ça ne semble pas grand-chose,
00:30:26mais c'est une énorme évolution
00:30:27en genre 3-4 ans
00:30:28que j'ai quand même perçue.
00:30:30Ça y est, on peut inviter
00:30:31des féministes sur un plateau
00:30:32et dire, voilà,
00:30:34journaliste politique féministe.
00:30:35Et ça, je trouve ça quand même...
00:30:36C'est une certaine avancée.
00:30:37Mais voilà, c'est aussi
00:30:40un énorme effort.
00:30:42C'est se dire, bon, bah,
00:30:43je vais débarquer,
00:30:44je ne sais pas face
00:30:45à qui je vais être.
00:30:46Parfois, on veut nous faire
00:30:47débattre de choses
00:30:47qui n'ont aucun sens.
00:30:49Moi, je refuse beaucoup de choses.
00:30:50Beaucoup, beaucoup.
00:30:51De moins en moins,
00:30:52parce qu'il y en a plein
00:30:52qui ont compris
00:30:53que je refusais,
00:30:53donc du coup,
00:30:54ils m'appellent moins.
00:30:54C'est aussi comme ça
00:30:55que ça marche.
00:30:56Mais il y a aussi des atmosphères
00:30:58et ça, c'est difficile
00:30:58à expliquer de manière objective.
00:31:00Mais quand on débarque en plateau,
00:31:01il y a des plateaux
00:31:02sur lesquels je débarque
00:31:03et je ne me sens pas bien
00:31:04tout de suite.
00:31:05Je suis en mode...
00:31:12C'est une certaine hostilité, c'est ça ?
00:31:20Ça, c'est vraiment très désagréable.
00:31:22Donc ça, c'est fini.
00:31:23Je ne citerai pas les noms,
00:31:23mais je n'y vais plus.
00:31:25Il y a des fois aussi
00:31:25où je me suis fait reprendre en plateau
00:31:27par un journaliste
00:31:28en me disant
00:31:28« Tu ne peux pas dire ça ? »
00:31:29J'étais là « D'accord ».
00:31:32Finalement, j'ai claqué la porte
00:31:33en me disant
00:31:33« Vous savez quoi ?
00:31:34Votre truc, je ne viens plus. »
00:31:36Et des choses comme ça
00:31:36qui sont quand même assez hallucinantes.
00:31:37Donc du coup, moi, je continue
00:31:39les médias qui me plaisent
00:31:40et des sujets
00:31:41sur lesquels je suis compétente.
00:31:42Parce que m'inviter
00:31:43pour venir parler
00:31:44de tout et de rien,
00:31:44parce qu'effectivement,
00:31:50je me souviens d'une fois
00:31:50où on m'a invité,
00:31:51c'était en plein
00:31:51pendant la mise en place
00:31:52du pass sanitaire.
00:31:53Et c'était sur BFM.
00:31:55On m'appelle, on me dit
00:31:56« Oui, vous pouvez venir
00:31:57parler du pass sanitaire ? »
00:31:58Je dis « Moi, je veux,
00:31:59pourquoi pas ?
00:32:00Quel est l'angle ? »
00:32:01Elle dit « Vous êtes pour ou contre ? »
00:32:02Je dis « Ah ben non, en fait.
00:32:03Enfin, c'est mort. »
00:32:04C'est pas ça.
00:32:05Moi, je veux bien dire politiquement
00:32:06ce que ça peut coûter
00:32:08potentiellement à Macron,
00:32:08comment ça va se jouer
00:32:09à l'Assemblée, etc.
00:32:11Mais me demander
00:32:12si je suis pour ou contre,
00:32:13en fait, c'est mort.
00:32:13Et ça n'intéresse personne.
00:32:14On s'en tape, quoi.
00:32:16Arrête.
00:32:17Non, mais voilà.
00:32:18Si c'est pour des trucs comme ça,
00:32:18on sent qu'on cherche
00:32:19la polémique directe.
00:32:20Moi, je sens que
00:32:21quand c'est ce genre de truc,
00:32:22je ne veux pas.
00:32:23Après, il y a des plateaux aussi
00:32:25où on a le temps de parler.
00:32:26Moi, je sais que parfois,
00:32:27je vais me déplacer,
00:32:28je vais prendre une heure
00:32:29pour aller parce qu'en plus,
00:32:30c'est toujours des trucs
00:32:30qui sont au fin fond du monde,
00:32:32genre Boulogne et compagnie.
00:32:33Moi, j'habite à l'autre bout de Paris.
00:32:34Donc, il faut quand même
00:32:34que je traverse tout Paris
00:32:35pour débarquer.
00:32:36Super.
00:32:38Je sais que je vais avoir
00:32:44une heure où j'ai le temps
00:32:45de parler,
00:32:45de bien dérouler
00:32:46les informations,
00:32:47le propos,
00:32:48la réflexion, tout ça.
00:32:49Donc, ça, c'est super important.
00:32:50Au final, je me retrouve
00:32:51à accepter France 24.
00:32:53France 24,
00:32:54j'y vais souvent en anglais
00:32:55parce que je trouve déjà
00:32:56que pour le coup,
00:32:57les anglo-saxons ont une approche
00:33:00plus respectueuse,
00:33:01notamment quand tu es une meuf
00:33:02et que tu débordes en plateau.
00:33:03On ne te regarde pas
00:33:04genre en mode
00:33:04« Tiens, c'est moins latin, disons. »
00:33:08Et France Info encore
00:33:09de temps en temps.
00:33:09Mais tu vois,
00:33:10ils m'ont appelé plein de fois
00:33:11pour que je vienne commenter
00:33:12la potentielle nomination
00:33:13de je-sais-pas-qui
00:33:14au poste de Premier ministre.
00:33:15Mais franchement,
00:33:16si c'est pour qu'on fasse
00:33:17de la politique fiction
00:33:18pendant une heure
00:33:18pour savoir si c'est
00:33:19une telle, un tel machin
00:33:20qui va accepter,
00:33:22franchement,
00:33:22appelez-moi après
00:33:23et on en discute.
00:33:24Mais c'est vrai que c'est pénible
00:33:25et en plus,
00:33:27parfois,
00:33:27tu te demandes vraiment l'intérêt.
00:33:30Mais parfois,
00:33:30tu te dis « Bon,
00:33:31OK, ça vaut le coup. »
00:33:31Mais c'est difficile parfois
00:33:32de...
00:33:33Il faut trier.
00:33:34Dans la continuité de ça,
00:33:35Paul, toi qui bosses
00:33:36pour Le Média,
00:33:37on a vu que Le Média
00:33:37avait déposé une demande
00:33:38de fréquence TNT
00:33:41qu'il n'a pas obtenue.
00:33:43On va faire...
00:33:44Il y a un recours
00:33:45qui va être déposé là
00:33:46parce qu'en fait,
00:33:46le processus de l'ARCOM,
00:33:48il y a une présélection
00:33:50pour ceux qui peuvent
00:33:51postuler à une fréquence.
00:33:52Et cette présélection
00:33:52n'a aucune véritable base légale
00:33:54en vérité.
00:33:55Et donc,
00:33:55on a une vraie question
00:33:58jurisprudentielle
00:33:59ouverte
00:33:59pour pouvoir faire sauter
00:34:01ce processus
00:34:01en disant
00:34:02« En fait,
00:34:02c'est un problème
00:34:03que l'ARCOM
00:34:04sélectionne des gens.
00:34:05Toi, tu viens.
00:34:06Toi, tu ne viens pas.
00:34:07On ne sait pas
00:34:07sur quels critères. »
00:34:08Ce n'est pas un processus
00:34:09et c'est histoire
00:34:11de porter le combat.
00:34:12Mais en dehors de ça...
00:34:13Au-delà de l'ARCOM,
00:34:14pourquoi le Média
00:34:16veut aller à la table
00:34:17des médias mainstream
00:34:19en télé ?
00:34:19Est-ce que vous n'êtes pas bien
00:34:22sur le web
00:34:23avec nous,
00:34:24les médias indépendants ?
00:34:24Bon,
00:34:25on est déjà...
00:34:27Je pense qu'on a quand même
00:34:29un projet
00:34:29qui percute.
00:34:31Premier exemple,
00:34:32on est donc sur la Freebox.
00:34:34Vous êtes sur le canal 165.
00:34:35Vous pouvez regarder
00:34:35à la télé,
00:34:36entre guillemets.
00:34:36Mais les autres,
00:34:38pour des raisons politiques,
00:34:39ne veulent pas nous passer.
00:34:40Donc ça veut dire
00:34:41que ça gêne
00:34:42notre potentiel entrée.
00:34:43Et puis,
00:34:44ça pourrait être une brèche.
00:34:45On parlait de brèche
00:34:46à ouvrir.
00:34:46Nous, le but avec le Milita,
00:34:48c'est de faire une coopération
00:34:48avec plein d'autres médias
00:34:49pour pouvoir aller entrer.
00:34:50Mais l'idée,
00:34:51c'était quand même de dire
00:34:51oui,
00:34:52on veut aller se mettre
00:34:53dans l'arène.
00:34:54Tous les médias indépendants
00:34:55ont un rôle,
00:34:56à mon avis,
00:34:56absolument majeur
00:34:57dans la période.
00:34:57On en parlait ensemble.
00:34:58Mais sans doute,
00:35:00ils vont toucher
00:35:00un certain public,
00:35:02des gens qui vont rechercher
00:35:03ces contenus
00:35:03parce qu'ils sont en partie
00:35:04convaincus par la ligne.
00:35:06Nous, on voudrait
00:35:07mener cette bataille
00:35:08sur la TNT
00:35:08pour dire qu'au milieu
00:35:09de cet égout,
00:35:10on va venir
00:35:12mettre un pavé dans la mare
00:35:13plutôt que faire des ricochets.
00:35:15Et c'est une option politique.
00:35:17Moi, je la comprends
00:35:18dans le sens où
00:35:19il y a une espèce
00:35:20de tradition à gauche
00:35:21depuis que les bourdieux,
00:35:23les intellectuels,
00:35:23à l'époque,
00:35:24ils disaient
00:35:24bon, moi,
00:35:25j'y vais plus
00:35:25parce qu'on n'a plus
00:35:26les moyens intellectuels
00:35:27de mener le débat.
00:35:28Et je comprends cette position
00:35:29parce qu'en tant que personne
00:35:30qui a aussi envie
00:35:31de parler longtemps
00:35:32toutes mes émissions,
00:35:33moi, j'ai énormément de temps
00:35:34pour m'exprimer, etc.
00:35:35J'ai besoin de ce temps,
00:35:36c'est précieux.
00:35:38Et ça fait peur
00:35:39de voir les débats
00:35:40où, effectivement,
00:35:41en 10 minutes,
00:35:42on a le droit de parler
00:35:43deux fois et tout.
00:35:43Mais en même temps,
00:35:44on se dit
00:35:44c'est quand même
00:35:46un espace trop large
00:35:48à laisser, justement,
00:35:49à cette reproduction permanente
00:35:52d'une espèce
00:35:53de consensus télévisuel.
00:35:55Moi, je regarde
00:35:55tout le temps
00:35:56BFM et tout.
00:35:57Je suis accro à ça
00:35:58parce que quand je veux savoir
00:35:59ce que pense l'adversaire,
00:36:00j'allume BFM.
00:36:01C'est vraiment...
00:36:02Non, mais dites-vous,
00:36:03vous voulez savoir
00:36:03ce que pense l'adversaire,
00:36:04allumez BFM.
00:36:05En 5 minutes,
00:36:05vous avez le pouls
00:36:06du système médiatique,
00:36:07c'est-à-dire quel est le cycle,
00:36:08de quoi on va véritablement parler
00:36:10pour ne pas parler du fond.
00:36:12Et deuxièmement,
00:36:13quels vont être
00:36:13plus ou moins
00:36:14les éléments de langage
00:36:15que tous vont reprendre
00:36:16parce que c'est une espèce
00:36:16de chaînes.
00:36:17Et en fait,
00:36:18on s'est dit,
00:36:18mais il faut aller mener la bataille
00:36:19au milieu de ça
00:36:20pour dire non.
00:36:21En fait,
00:36:21on peut montrer
00:36:22que même avec les codes
00:36:23de la télé,
00:36:23qui sont des codes
00:36:24qui se sont imposés,
00:36:25qui sont encore importants
00:36:26pour énormément de foyers,
00:36:27de personnes,
00:36:28on peut proposer quelque chose.
00:36:29C'est-à-dire qu'à l'intérieur,
00:36:31mais en décalage.
00:36:32C'est un petit pas.
00:36:33Et voilà,
00:36:34c'est de dire
00:36:35qu'on ne va pas
00:36:36leur laisser cet espace
00:36:37qui n'empêche pas
00:36:37de construire des espaces
00:36:39à côté,
00:36:39de les construire différemment
00:36:40et sur d'autres normes.
00:36:42Et ça,
00:36:42c'est une bataille
00:36:43qu'il ne faut,
00:36:43à mon avis,
00:36:43pas abandonner.
00:36:44Dans ce cas,
00:36:44c'est la position du média.
00:36:46Juste,
00:36:46après,
00:36:47on reviendra à Toast.
00:36:47Tu parlais de Chien de Garde,
00:36:48tu parlais de BFM,
00:36:49etc.
00:36:50On va regarder un petit extrait
00:36:51parce que nous,
00:36:51on a eu le droit
00:36:51à un traitement de faveur.
00:36:53On a souvent le droit
00:36:53à un traitement de faveur
00:36:54à l'humanité.
00:36:55On regarde un petit extrait,
00:36:56après,
00:37:05Démagogie pour l'humanité,
00:37:06regarde en bas,
00:37:06c'est millionnaire
00:37:07et qui nous gouverne.
00:37:07Hier,
00:37:08le journal L'Humanité
00:37:09qui rêve du grand soir
00:37:10a ciblé le nouveau gouvernement.
00:37:12La jalousie est un moteur puissant.
00:37:14Ce matin,
00:37:15le journal,
00:37:15il ne fallait pas le lire,
00:37:16il fallait le mettre à la poubelle.
00:37:17Eh bien non,
00:37:17nous ne sommes ni jaloux,
00:37:18ni démagogues,
00:37:19mais il y a des faits
00:37:20et il y a de la politique.
00:37:21La moitié des membres du gouvernement
00:37:22sont millionnaires
00:37:23et un tiers d'entre eux
00:37:24font partie du 1%
00:37:25des Français les plus fortunés.
00:37:28Voilà,
00:37:28un petit extrait
00:37:29qui fait toujours plaisir.
00:37:30Host,
00:37:30tu veux réagir là-dessus
00:37:31ou tu veux continuer
00:37:31la discussion d'avant ?
00:37:33Je voulais juste rebondir
00:37:33sur...
00:37:35Ça fait des jaloux.
00:37:36Vous êtes communistes
00:37:37alors qu'on utilise Twitch.
00:37:39C'est vrai,
00:37:40c'est vrai.
00:37:41Blackboard,
00:37:41déconvert,
00:37:41gammery,
00:37:42je crois.
00:37:43Je crois que
00:37:44par rapport à ce que disait Paul
00:37:45tout à l'heure,
00:37:45je suis totalement d'accord,
00:37:46c'est l'espace de la télévision
00:37:47parce que tu disais
00:37:48dans ta question
00:37:49est-ce que vous voulez rejoindre
00:37:50les médias mainstream
00:37:51à la télévision
00:37:51et en fait,
00:37:52justement,
00:37:52c'est tout le problème.
00:37:53C'est qu'il n'y a que
00:37:53du mainstream à la télévision
00:37:55et ce n'est pas normal,
00:37:55c'est un endroit
00:37:56qui est hyper verrouillé
00:37:57alors que nous,
00:37:58on a un peu cette impression-là
00:37:59que beaucoup de gens
00:38:00nous écoutent
00:38:01et c'est vrai,
00:38:01il y a de plus en plus
00:38:01que c'est vrai
00:38:02mais la télévision,
00:38:03ça reste,
00:38:04et notamment le 20h,
00:38:05ça reste le truc majeur
00:38:06avec lequel les gens
00:38:07s'informent en France.
00:38:08Je crois que c'est encore
00:38:09aujourd'hui le plus important
00:38:10au nombre de personnes
00:38:10qui regardent le 20h
00:38:11que n'importe quelle émission
00:38:13d'information,
00:38:13d'actualité sur Internet.
00:38:15Entre 10 et 12 millions
00:38:16de personnes tous les soirs
00:38:17à 20h sur TF1
00:38:18et France 2
00:38:19qui regardent
00:38:20la grande messe du 20h.
00:38:21Après,
00:38:21il y a des biais générationnels
00:38:22et les gens plus âgés
00:38:24vont plus regarder.
00:38:24Il y a peut-être
00:38:25des gens qui regardent
00:38:25le 20h
00:38:26et qui s'informent
00:38:26aussi sur Internet.
00:38:27Forcément,
00:38:27il y a de plus en plus
00:38:28de gens qui s'informent
00:38:28sur Internet
00:38:29mais cette idée
00:38:30de l'aller à la télévision
00:38:34ça réannule les chiffres.
00:38:36Mais cette idée
00:38:36d'aller à la télévision
00:38:37il y a un truc
00:38:37il faut comprendre.
00:38:38Regarder le 20h sur Internet
00:38:39ça n'a aucun sens.
00:38:41Peut-être que tu peux
00:38:41mettre le 20h sur ton ordi
00:38:42et le brancher à ta télévision.
00:38:45C'était vraiment au début
00:38:46de la télévision.
00:38:46C'était juste pour dire
00:38:46que c'était encore
00:38:47quelque chose de très très central
00:38:48et qu'on ne se rend pas
00:38:49forcément compte
00:38:49en travaillant sur Internet
00:38:51ou dans nos médias indés
00:38:52et on n'a pas forcément
00:38:53cette image-là
00:38:53parce que nous
00:38:54on est aussi un peu
00:38:54dans notre bulle
00:38:55on est aussi dans nos médias
00:38:57à nous
00:38:57dans notre public à nous
00:38:58et on ne voit pas
00:38:59tout un plan de la population
00:39:00qui s'informe totalement autrement.
00:39:01Et c'est pour ça
00:39:01que c'est important
00:39:02d'aller à la télévision.
00:39:03Mais justement
00:39:04pour les ramener
00:39:05sur aussi nos plateformes
00:39:06et nos médias.
00:39:07Est-ce que ça vous donne
00:39:08de l'optimisme aussi
00:39:09de voir que finalement
00:39:10les médias mainstream
00:39:11tu parlais de la fracture
00:39:12générationnelle Paul
00:39:12c'est que les jeunes
00:39:14qui investissent davantage
00:39:15et s'informent davantage
00:39:16maintenant sur Internet
00:39:18parfois pour le meilleur
00:39:19et parfois pour le pire
00:39:20mais que vous êtes
00:39:21de plus en plus
00:39:22regardé, écouté
00:39:24ça vous donne de l'espoir
00:39:25un peu pour la suite
00:39:26pour l'avenir
00:39:27pour le débat public ?
00:39:30Je ne sais pas
00:39:30si ça donne de l'espoir
00:39:31dans le sens où
00:39:32qu'est-ce que regardent
00:39:33les jeunes
00:39:33parce que là
00:39:33on a eu l'exemple
00:39:34de la campagne de Bardella
00:39:35où on a vu
00:39:36qu'il y a énormément
00:39:36de jeunes
00:39:38qui avaient accès
00:39:38à cette campagne-là
00:39:39il y a de l'information
00:39:40entre guillemets
00:39:41sur la base de comptes
00:39:42d'extrême droite
00:39:43notamment d'influenceurs
00:39:44qui ont mené
00:39:45une bataille culturelle
00:39:46sur Internet
00:39:47depuis des années
00:39:47qui est extrêmement
00:39:50puissante
00:39:50maintenant on voit
00:39:51de l'extrême droite
00:39:51dans des vidéos
00:39:52sur la bouffe
00:39:53on voit de l'extrême droite
00:39:54dans des vidéos
00:39:54sur la muscu
00:39:55des vidéos lifestyle
00:39:55ils ont vraiment infiltré
00:39:57chaque pan
00:39:58de ce qui peut se faire
00:39:59comme création sur Internet
00:40:00donc quand on dit
00:40:01que de plus en plus
00:40:02de gens s'informent
00:40:02sur Internet
00:40:03ça peut vouloir dire
00:40:04il y a des gens
00:40:04qui regardent le média
00:40:05des gens qui regardent Blast
00:40:06ou qui regardent Backseat
00:40:07mais ça peut aussi vouloir dire
00:40:08des gens qui regardent
00:40:08des vidéos
00:40:09d'influenceurs d'extrême droite
00:40:10donc moi je ne sais pas
00:40:11si on peut être optimiste
00:40:12ou pas en fait
00:40:12il n'y a que l'avenir
00:40:13qui pourra nous dire
00:40:14de quelle façon
00:40:15les personnes
00:40:16qui s'informent sur Internet
00:40:16se sont informées
00:40:17et quelle est la ligne politique
00:40:19quelle est l'idéologie
00:40:20qui a plus infusé
00:40:21toute une génération
00:40:23après ça reste
00:40:23de la prédiction
00:40:25moi je n'ai pas vraiment
00:40:26de réponse toute faite
00:40:27à cette question
00:40:30moi je serais un petit peu
00:40:32plus positive
00:40:32même si je suis évidemment
00:40:33d'accord avec tout
00:40:34ce que tu viens de dire
00:40:34sur le fait que pour moi
00:40:36quand même
00:40:36les médias indépendants
00:40:37et en tout cas
00:40:37enfin ce que je connais le mieux
00:40:38donc Blast
00:40:39ces dernières années
00:40:40a fait quand même
00:40:41la démonstration
00:40:41d'un certain nombre de choses
00:40:42qui peuvent nous donner
00:40:43de l'espoir
00:40:43c'est que
00:40:44et si on en a tous parlé
00:40:45c'est la nécessité
00:40:46du temps long
00:40:46c'est qu'en fait
00:40:47ça ne rebute pas les gens
00:40:48de faire un entretien
00:40:50d'une heure
00:40:50s'il est intéressant
00:40:51s'il est bien travaillé
00:40:52etc
00:40:53de faire même des vidéos
00:40:54nous on a fait
00:40:55pendant les législatives
00:40:56avec Salomé Sake
00:40:57on a fait une vidéo
00:40:58qui durait presque une heure
00:40:59qui s'appelait
00:41:00à quoi ressemblerait
00:41:01nos vies
00:41:02si le RN
00:41:03arrivait au pouvoir
00:41:04en fait elle a été
00:41:05énormément regardée
00:41:06la durée n'a pas
00:41:07rebuté les gens
00:41:08de faire aussi
00:41:09des contenus de qualité
00:41:11je pense que
00:41:12ça joue beaucoup
00:41:13et ça marche
00:41:14en fait on voit que
00:41:15même quand
00:41:16tu parlais de la nécessité
00:41:17aussi de mettre
00:41:17des sujets sur la table
00:41:18dont on ne parlait pas
00:41:19dans l'actualité
00:41:19je pense que c'est vraiment
00:41:20quelque chose
00:41:21qu'on essaie de faire
00:41:21avec Blast
00:41:22et on voit bien
00:41:22que ça fonctionne
00:41:23et puis en fait
00:41:24quand bien même
00:41:25parfois certaines vidéos
00:41:26ne font pas de vues
00:41:26on s'en moque
00:41:27pour nous c'est important
00:41:28d'en parler
00:41:28et on ne peut pas garder
00:41:30cette idée
00:41:30et c'est ça qui est compliqué
00:41:31aussi pour des médias
00:41:32comme nous
00:41:32parce qu'on est aussi
00:41:34beaucoup sur la question
00:41:35du nombre de vues
00:41:36du nombre de personnes
00:41:37qu'on touche
00:41:37c'est hyper important
00:41:38de ne pas être tout le temps
00:41:40de ne pas devenir esclave
00:41:41de ça non plus
00:41:42et de se dire
00:41:42en fait il y a ce sujet là
00:41:43on sait qu'il ne va pas
00:41:44faire un carton
00:41:44mais c'est essentiel
00:41:45qu'on en parle
00:41:45et donc on s'en fiche
00:41:46en continuant d'en parler
00:41:47et c'est notamment
00:41:48ce qu'on a fait avec Gaza
00:41:49et on a fait certaines vidéos
00:41:50justement sur la situation
00:41:51à Gaza
00:41:52qui malheureusement
00:41:53ne sont pas les vidéos
00:41:54qui sont les plus vues
00:41:54c'est terrible aujourd'hui
00:41:55mais il faut le dire
00:41:56donc je pense qu'il y a
00:41:57un peu tout ça
00:41:58et il y a aussi quelque chose
00:41:59sur le fait de former des gens
00:42:01en fait
00:42:01de former des gens
00:42:02sur des sujets essentiels
00:42:03comme l'écologie
00:42:05les questions internationales
00:42:07la politique
00:42:07je pense qu'on a vraiment
00:42:08contribué à former
00:42:09énormément de personnes
00:42:10qui ensuite forment
00:42:11d'autres personnes
00:42:12moi je suis hallucinée
00:42:13par le nombre de gens
00:42:14qui nous disent à Blast
00:42:15en fait j'envoie vos vidéos
00:42:17pour avoir des débats
00:42:18ou pour convaincre des gens
00:42:19j'utilise les arguments
00:42:20de vos vidéos
00:42:21pour avoir des débats
00:42:22sur l'écologie
00:42:22sur la société etc
00:42:23donc tout ça en fait
00:42:24je pense que ça crée aussi
00:42:25quand même un effet
00:42:26de boule de neige
00:42:27qui est hyper positif
00:42:28qui ne va peut-être pas
00:42:30contrer entièrement
00:42:32l'impact
00:42:33dans la bataille culturelle
00:42:34que peut avoir
00:42:35l'extrême droite aujourd'hui
00:42:36mais je pense que c'est
00:42:37hyper important de le mentionner
00:42:38et c'est pour ça
00:42:38qu'il faut quand même
00:42:39continuer à dire aux gens
00:42:40que c'est important
00:42:40de soutenir les médias indépendants
00:42:42et que surtout
00:42:42c'est hyper important
00:42:43de partager notre travail
00:42:44en fait
00:42:45de le partager autour de vous
00:42:46de le faire connaître
00:42:47parce que c'est que comme ça
00:42:48que cet effet positif
00:42:50et le fait de créer
00:42:51un débat public
00:42:52qui soit d'une meilleure qualité
00:42:53va fonctionner
00:42:55Avant de passer un petit magnétot
00:42:57sur l'extrême droite
00:42:57parce qu'on est en train
00:42:58d'en parler
00:42:58il y a une question du chat
00:42:59une question pour Paul
00:43:00c'est étonnant que l'ARCOM
00:43:01ne favorise pas
00:43:02le pluralisme
00:43:03sur les fréquences TNT
00:43:04aurait-elle des doutes
00:43:05sur la solidité financière
00:43:07du média ?
00:43:08Est-ce que c'est ça le critère ?
00:43:09Tu sais
00:43:09il n'y a pas vraiment de critères
00:43:10on ne les connait pas
00:43:11est-ce que ça son épargne ?
00:43:12Il y a une question
00:43:14qui a été posée
00:43:15pendant l'audition là-dessus
00:43:16parce qu'effectivement
00:43:16ça coûte cher
00:43:17d'avoir le moyen
00:43:20de concurrencer
00:43:21ou d'avoir une capacité
00:43:22à faire la même chose
00:43:24que font les chaînes
00:43:24qui ont des budgets
00:43:26astronomiques
00:43:28mais en vérité
00:43:29encore une fois
00:43:30il y a des questions
00:43:30qui se posent aussi
00:43:31qui sont les gens de l'ARCOM
00:43:32comment sont-ils nommés
00:43:34quel est leur caractère indépendant
00:43:36et leur caractère de compétence
00:43:38quant à leur évaluation
00:43:39parce que c'est beaucoup
00:43:40de hauts fonctionnaires
00:43:40et bon c'est des gens
00:43:41qui ont des compréhensions
00:43:42techniques de plein de choses
00:43:43mais quel est leur rapport
00:43:44à la profession
00:43:45au métier
00:43:46à la compréhension
00:43:47donc ça c'est tout un certain
00:43:48de questions
00:43:49qui à mon avis
00:43:49pèsent plus lourd
00:43:50que simplement
00:43:51la question financière
00:43:53sur ça
00:43:53mais pour reprendre sur le débat
00:43:55moi j'étais pas
00:43:55comme eux
00:43:56un peu les guest stars
00:43:57du média indépendant
00:43:59et je suis toujours pas
00:44:00par rapport à eux
00:44:01mais j'ai vu cette année
00:44:02quelque chose
00:44:03de l'ordre de l'explosion
00:44:05quand même
00:44:05en fait depuis le 7 octobre
00:44:06il y a eu une explosion
00:44:07à mon avis
00:44:08des contenus
00:44:09en fait des audiences
00:44:10sur un certain
00:44:11de nos contenus
00:44:11parce que justement
00:44:13là ça a marqué
00:44:14ça a été vraiment
00:44:16une caricature
00:44:16de l'unilatéralisme médiatique
00:44:18et on disait
00:44:19c'est le gardien
00:44:19de la pensée dominante
00:44:20mais enfin là
00:44:21on est arrivé
00:44:21à la justification
00:44:22d'une politique
00:44:22de génocide
00:44:23sur un peuple
00:44:23ce qui est hallucinant
00:44:25de tout point de vue
00:44:27intellectuellement
00:44:28en termes de
00:44:29morale si on le veut
00:44:30politique etc
00:44:31et effectivement
00:44:33cette idée
00:44:34on était sur
00:44:35assistance respiratoire
00:44:36ça c'est revenu
00:44:37moi on me l'a dit
00:44:38plein de fois
00:44:38quand les gens
00:44:39je les rencontre
00:44:39donc on pourrait se dire
00:44:41mais c'est trop bien
00:44:41ça veut dire qu'il y a
00:44:42quelque chose
00:44:43de nouveau
00:44:44mais en tout cas
00:44:46les études de sociaux
00:44:46disent attention
00:44:47sur les questions
00:44:48de format internet
00:44:49pas internet
00:44:49la télé
00:44:50le problème c'est
00:44:51qu'une partie
00:44:51de la façon
00:44:51dont on s'informe
00:44:53elle est vraiment
00:44:54organisée en fonction
00:44:55de notre origine sociale
00:44:57de nos capitaux
00:44:58culturels
00:44:58ceux auxquels on a accès
00:45:00et en fait ce qu'on rencontre
00:45:00c'est que les gens
00:45:01qui s'intéressaient
00:45:02à l'information
00:45:03de telle ou telle manière
00:45:04que ce soit par la presse écrite
00:45:05ou la télé
00:45:06sur internet
00:45:06ils vont faire la même chose
00:45:07s'il s'agissait juste
00:45:08d'avoir un petit peu
00:45:09d'actualité
00:45:09et de picorer
00:45:11et qu'ils faisaient ça
00:45:11à la télé
00:45:12en regardant juste les titres
00:45:13et bien c'est un peu
00:45:13ce qu'ils font sur internet
00:45:14donc moi ce que j'ai l'impression
00:45:16c'est que dans nos publics
00:45:18il y a un vrai appel d'air
00:45:19qui est
00:45:19on a besoin de respirer
00:45:21c'est intéressant
00:45:21mais on est aussi
00:45:23une bulle sociale
00:45:24une bulle d'une jeunesse
00:45:25diplômée
00:45:26déjà engagée
00:45:27etc
00:45:27et que la question pour nous
00:45:28ça va être dire
00:45:29si on veut avoir de l'espoir
00:45:30c'est justement de dire
00:45:31mais quelles sont les conditions
00:45:33dans lesquelles on dépasse
00:45:35la bulle sociale
00:45:37qu'on a tendance à reproduire
00:45:38parce qu'en plus
00:45:39on partage un peu
00:45:40les mêmes trajectoires sociales
00:45:41les mêmes façons
00:45:42d'avoir abordé notre métier
00:45:44et ça c'est
00:45:45voilà si on veut être plus pessimiste
00:45:47c'est oui il y a de l'envie
00:45:48oui il y a un développement
00:45:49il y a une soif de contenu
00:45:51mais comment on l'élargit
00:45:53et comment on ne s'enferme pas
00:45:55dans un milieu social particulier
00:45:59tu voulais réagir ?
00:46:00ouais moi je pense qu'effectivement
00:46:01il y a de l'espoir
00:46:02moi je le vois
00:46:03à la fois
00:46:04comme ce que tu disais
00:46:05tout à l'heure Paloma
00:46:06par rapport aux foires malons
00:46:07les gens n'ont pas peur
00:46:08des foires malons
00:46:08moi je fais des foires malons
00:46:09depuis 2018 en podcast
00:46:11et je vois très bien
00:46:11que les gens
00:46:12continuent jusqu'au bout
00:46:13enfin ils ne s'arrêtent pas
00:46:15à la 15ème minute
00:46:16souvent on me dit
00:46:17ah mais je veux lancer un podcast
00:46:18mais il ne faut pas que ça dire
00:46:19plus de 10 minutes
00:46:19parce que ça fait chier les gens
00:46:21c'est pas vrai
00:46:21arrêtez de prendre les gens
00:46:22pour des teubés
00:46:23surtout les jeunes
00:46:24parce que c'est quand même
00:46:24très pénible
00:46:26les gens s'y intéressent
00:46:27les gens s'intéressent
00:46:28les gens comprennent
00:46:28si on leur explique
00:46:29et en plus
00:46:30c'est en pouvoirant
00:46:32enfin c'est vraiment ça
00:46:33moi je cherche
00:46:34notamment sur la vulgarisation
00:46:35politique etc
00:46:36donc ça c'est vraiment
00:46:37la partie plutôt optimiste
00:46:39de voir qu'effectivement
00:46:40quand on propose un contenu
00:46:42qui ne rentre pas forcément
00:46:43dans les codes
00:46:44de ceux dont on a l'habitude
00:46:45ou alors de ceux
00:46:47qu'on peut imaginer
00:46:48comme étant ce qui fonctionne
00:46:49en respectant les codes
00:46:51d'internet
00:46:51des réseaux sociaux
00:46:52etc
00:46:53en fait ça peut quand même
00:46:54fonctionner
00:46:55néanmoins
00:46:56moi je suis pessimiste
00:46:57à deux égards
00:46:58déjà financièrement
00:46:59parce que je pense
00:47:00que la question du financement
00:47:01des médias indépendants
00:47:02est quand même assez centrale
00:47:03et des médias de manière générale
00:47:05donc ça c'est
00:47:05ça c'est un véritable sujet
00:47:08qui est quand même
00:47:08très important
00:47:09et qu'il va falloir
00:47:09à un moment donné
00:47:10qu'on prenne vraiment
00:47:11à bras le corps
00:47:11mais collectivement
00:47:12parce que seul
00:47:13on n'y arrivera pas
00:47:14deuxième élément aussi
00:47:16sur le cadre
00:47:16je suis un peu pessimiste
00:47:17voire beaucoup
00:47:18c'est notre dépendance
00:47:19aux plateformes
00:47:20c'est à dire qu'aujourd'hui
00:47:21on est quand même
00:47:21très présent sur les réseaux sociaux
00:47:23on a bien vu
00:47:23ce qu'avait créé
00:47:24le rachat de twitter
00:47:26slash x
00:47:27par Elon Musk
00:47:29de la ligne éditoriale
00:47:31qui a été imposée
00:47:32du jour au lendemain
00:47:33sur ce réseau
00:47:34sur lequel j'étais
00:47:34excessivement présente
00:47:35où je ne suis quasiment
00:47:36plus du tout
00:47:37et je pense que je ne suis pas
00:47:37la seule
00:47:38de la politique récente
00:47:40aussi d'instagram
00:47:41de ne plus pousser
00:47:41les contenus politiques
00:47:42donc toute cette dépendance
00:47:44que l'on crée
00:47:44par rapport à ces plateformes
00:47:47mais Twitch en fait partie
00:47:48par ailleurs
00:47:48Youtube en fait partie
00:47:49c'est à dire comment
00:47:50on arrive aussi
00:47:51à décentraliser notre présence
00:47:52et à faire en sorte
00:47:53d'être présent
00:47:54peut-être sur
00:47:55nos propres sites internet
00:47:56etc
00:47:56et ça c'est un véritable enjeu
00:47:58et c'est un enjeu
00:47:59qu'on n'anticipe pas trop
00:48:02je trouve
00:48:02en tout cas dans les médias
00:48:03en France
00:48:04j'avais fait un voyage d'études
00:48:05à Londres
00:48:06où j'avais rencontré
00:48:07plusieurs médias
00:48:08notamment des gens du Guardian
00:48:09qui disaient que c'était
00:48:10leur priorité absolue
00:48:11se barrer des réseaux sociaux
00:48:13ne plus avoir
00:48:14emmené leur audience
00:48:16les Guardian ils sont toujours
00:48:17en avance
00:48:17oui voilà exactement
00:48:19on peut effectivement
00:48:20les écouter
00:48:21sur les financements des médias
00:48:21surtout ils sont
00:48:21on peut leur faire confiance
00:48:23c'est clair
00:48:23et donc eux c'était vraiment
00:48:24leur priorité au moment
00:48:25on les a rencontrés
00:48:26c'était en début d'année
00:48:27en disant
00:48:28nous il faut qu'on se casse
00:48:29d'Instagram
00:48:29il faut qu'on se casse de Facebook
00:48:31il faut qu'on soit vraiment
00:48:32mais totalement décentralisé
00:48:33donc ça c'est quand même
00:48:33un espèce sur lequel
00:48:34il faut réfléchir
00:48:36mais je pense encore une fois
00:48:37collectivement
00:48:38et il n'y a que comme ça
00:48:39qu'on arrivera à avancer
00:48:41en ayant une réponse
00:48:42qui soit vraiment
00:48:42aussi forte
00:48:44on parlait de bataille idéologique
00:48:46parce que c'est un peu
00:48:47là-dedans qu'on s'inscrit
00:48:47donc si on veut une réponse
00:48:48être aussi fort
00:48:49que nos adversaires
00:48:51comme tu l'es nommé tout à l'heure
00:48:52il va falloir qu'on le fasse ensemble
00:48:54elle dit ça au moment
00:48:55où l'humanité lance sa chaîne Twitch
00:48:56moi je trouve ça un peu insultant
00:48:57mais je...
00:48:58oui c'est vrai
00:48:59vous la jouez tellement perso
00:49:01tout le monde est jalouse en fait
00:49:02oui c'est ça
00:49:03je tiens juste à dire
00:49:04que Blast c'est sur Peertube
00:49:06donc nous on essaie de prévoir
00:49:07un tout petit peu ça
00:49:08c'est à dire que
00:49:08toutes nos vidéos sont sur Peertube
00:49:10pour ne pas être
00:49:11que dépendant de YouTube
00:49:11mais voilà
00:49:12en termes de nombre de vues
00:49:14c'est sûr que ça n'a rien à voir
00:49:15avec les vues qu'on fait sur YouTube
00:49:16et puis en plus
00:49:17chaque plateforme
00:49:17encore une fois
00:49:18ça enferme
00:49:19YouTube
00:49:20l'âge est plutôt élevé
00:49:21moi mes darons
00:49:22regardent sur YouTube maintenant
00:49:24Twitch
00:49:24enfin non mais je peux dire
00:49:25et ensuite ça scinde des audiences
00:49:27etc
00:49:27moi je le vois
00:49:28quand les gens me rencontrent
00:49:28les gens qui m'ont vu sur le média
00:49:30ils sont plutôt âgés
00:49:31les gens qui me connaissent
00:49:33ils sont plus jeunes
00:49:33ils m'ont vu sur Twitch
00:49:35chez quelqu'un d'autre
00:49:35ou des trucs comme ça
00:49:36enfin ça va très vite quoi
00:49:37on commençait
00:49:38on parlait tout à l'heure
00:49:39un peu de l'extrême droite
00:49:39parce que c'est quand même
00:49:40une partie des influenceurs
00:49:42slash éditorialistes
00:49:43qui pèsent beaucoup
00:49:44avant d'en parler
00:49:45on regarde un petit magnéto
00:49:46vous êtes prêts à la régie ?
00:49:47c'est parti
00:49:48une femme a eu de partenaires sexuels
00:49:50plus sa valeur diminue
00:49:51la tromperie des hommes
00:49:52est moins grave
00:49:53que celle des femmes
00:49:54courir après une femme
00:49:55c'est être un sous-homme
00:49:56c'est le genre de conseil
00:49:57qu'on peut entendre
00:49:58dans la bouche de coach
00:49:59en séduction
00:49:59sur les réseaux sociaux
00:50:00qui propagent des idées masculinistes
00:50:02une femme se doit
00:50:03de vous donner du sexe
00:50:05le masculinisme
00:50:06c'est une idéologie
00:50:07qui considère que les hommes
00:50:08souffrent d'inégalités
00:50:10dans une société
00:50:10désormais dominée par les femmes
00:50:12je ne suis pas féministe
00:50:13alors évidemment
00:50:14qu'une femme devrait
00:50:15toujours respecter
00:50:16l'autorité de son mari
00:50:17depuis plusieurs années
00:50:18ces pseudo-experts de la drague
00:50:19ont investi massivement
00:50:20YouTube, TikTok
00:50:21ou encore Instagram
00:50:22pour apprendre aux hommes
00:50:23à devenir des mâles alpha
00:50:24en gros
00:50:25et surtout
00:50:26comment attirer
00:50:27un maximum de femmes
00:50:28les masculins ont bien compris
00:50:29deux choses
00:50:30d'abord que l'algorithme
00:50:31joue en leur faveur
00:50:32plus leurs contenus sont polémiques
00:50:33plus ils ont de chances
00:50:34d'être mis en avant
00:50:35ensuite leurs cibles
00:50:36ce sont souvent des jeunes garçons
00:50:37ou des jeunes hommes
00:50:38en manque de repères
00:50:39face aux diverses injonctions
00:50:40de la société
00:50:41ou parfois en grande souffrance
00:50:42qui vont trouver du réconfort
00:50:43dans ces entre-soi masculins
00:50:45et ça
00:50:45pour les mascus
00:50:46ça vaut de l'or
00:50:47presque tous
00:50:47surfent sur le malaise
00:50:48de jeunes hommes
00:50:49pour proposer des coachings
00:50:50et des formations payantes
00:50:51avec des accès privilégiés
00:50:53à des salons de discussion
00:50:54où parfois
00:50:54les propos sont encore
00:50:55plus extrêmes
00:50:5699% des femmes racontent
00:50:58de la merde
00:50:5899% des femmes sont débiles
00:51:00je suis désolé
00:51:01je suis obligé de le dire
00:51:01les femmes de ma temps
00:51:02sont débiles
00:51:03pour les mascus
00:51:04tout est de la faute
00:51:04de la société
00:51:05mais surtout du féminisme
00:51:11est-ce que eux aussi
00:51:12c'est des éditorialistes
00:51:13est-ce que c'est eux aussi
00:51:13les nouveaux éditorialistes
00:51:15qu'est-ce que vous en pensez
00:51:15je vous voyais tous
00:51:16vomir faire des dettes
00:51:17affligées
00:51:17alors évidemment
00:51:18le fond du propos
00:51:19est dégueulasse
00:51:20est-ce que la forme
00:51:22reprend pas aussi
00:51:22certains de vos formats
00:51:25host ?
00:51:26pour moi c'est globalement
00:51:27ça s'inscrit globalement
00:51:28dans une bataille culturelle
00:51:29comme je disais tout à l'heure
00:51:30il y a toute une théorisation
00:51:31à l'extrême droite
00:51:32en reprenant Gramsci
00:51:34on parle de Gramsciisme de droite
00:51:35c'est-à-dire d'infiltrer
00:51:36toutes les strates
00:51:37de la société
00:51:38pour gagner la bataille culturelle
00:51:40pour moi ça c'est pas d'éditorial
00:51:41c'est un influenceur politique
00:51:44qui se cache derrière
00:51:45une idée un petit peu
00:51:46de je vais vous apprendre
00:51:48à être des vrais hommes
00:51:49mais on a la même chose
00:51:50sur les influenceurs muscu
00:51:51ils reprennent des codes
00:51:52quand même
00:51:52oui ils reprennent
00:51:53les codes de la télé
00:51:54les codes des réseaux sociaux
00:51:56des plateformes
00:51:57que vous utilisez
00:51:58ils reprennent les codes de Youtube
00:51:58en fait tout simplement
00:51:59ça fait longtemps que ça existe
00:52:00ces codes là
00:52:01de parler face caméra
00:52:02et d'expliquer la vie aux gens
00:52:03entre guillemets
00:52:04ou de vulgariser des sujets
00:52:05c'est les codes Youtube
00:52:06qui existent depuis pas longtemps
00:52:07enfin ils inventent rien
00:52:08on est plus proche
00:52:09de dérives sectaires
00:52:10à certains cas
00:52:11que véritablement
00:52:12des médias
00:52:13et d'asides d'éditorialistes
00:52:14et ça c'est extrêmement dangereux
00:52:15parce que
00:52:15comme toujours
00:52:16l'extrême droite avance masquée
00:52:17elle va pas assumer son positionnement
00:52:19elle va simplement dire
00:52:20regardez
00:52:20on a vu tous ces tissus
00:52:22de conneries
00:52:23sur les influenceurs muscu
00:52:24mais on a aussi
00:52:26je prends d'autres exemples
00:52:27pendant le gros pic du Covid
00:52:29on a eu tout un tas
00:52:29d'influenceurs santé
00:52:30aussi
00:52:31avec des liens
00:52:32avec l'extrême droite
00:52:32qui ont aussi
00:52:33diffusé un discours
00:52:34très très dangereux
00:52:34avec les mêmes codes
00:52:35avec la même façon de faire
00:52:36on a des influenceurs
00:52:38là c'était un peu à la mode
00:52:39à un moment
00:52:39c'était les banquets
00:52:41viandards
00:52:41en mode vrai français
00:52:42qui se présentaient
00:52:43comme des youtubeurs gastronomie
00:52:44qui eux aussi diffusaient
00:52:45un discours d'extrême droite
00:52:46en fait on retrouve
00:52:46ce discours partout
00:52:47et là on est au-delà
00:52:48de simplement la question
00:52:49d'éditorialistes
00:52:50là on est sur
00:52:50une infiltration culturelle
00:52:52dans plein de milieux
00:52:53parce que
00:52:53depuis le début
00:52:54des années 2020
00:52:55et notamment
00:52:55l'invasion du Capitole
00:52:56c'est beaucoup plus compliqué
00:52:57pour l'extrême droite
00:52:58de faire des vraies chaînes
00:52:59d'extrême droite
00:53:00sur youtube
00:53:00il y en a plein
00:53:01qui ont été
00:53:01on dit déplateformés
00:53:02c'est à dire retirés
00:53:03de youtube
00:53:04c'est quelque chose
00:53:04qui fonctionne
00:53:05de simplement les virer
00:53:05de youtube
00:53:06il a fallu 15 ans
00:53:06pour s'en rendre compte
00:53:07mais voilà
00:53:08donc ils ont trouvé
00:53:09des moyens
00:53:09toujours des moyens
00:53:10un peu détournés
00:53:11de continuer
00:53:12à Twitch
00:53:13qui est aussi
00:53:14un petit peu plus
00:53:15strict sur l'idéologie
00:53:16d'extrême droite
00:53:16ils vont notamment
00:53:17sur d'autres plateformes
00:53:18qui sont connus
00:53:19pour être un peu plus
00:53:19laxistes
00:53:20mais ils ont moins d'audience
00:53:21mais ils
00:53:23comme moi
00:53:23Kik par exemple
00:53:24Kik c'est ça
00:53:24à chercher le nom
00:53:25tout à fait
00:53:25mais de fait
00:53:28on partage tous
00:53:28un même espace
00:53:29sur le marché
00:53:31de l'attention
00:53:31finalement ça reste
00:53:32des concurrents
00:53:32bien sûr
00:53:35après en fait
00:53:35moi ce que je trouve
00:53:36compliqué
00:53:36c'est qu'il y a
00:53:37une forme de confusion
00:53:38c'est à dire que
00:53:39parfois
00:53:40il y a certains
00:53:40de ces influenceurs
00:53:41si on regarde leur vidéo
00:53:42on ne sait pas ce qu'on regarde
00:53:43on ne sait pas
00:53:43si on est en train
00:53:44de regarder une vidéo
00:53:44de quelqu'un
00:53:45qui essaie
00:53:45de nous apprendre
00:53:46quelque chose
00:53:47quelqu'un qui essaie
00:53:48en fait
00:53:48de défendre une idéologie
00:53:51en avançant masqué
00:53:52en quelque sorte
00:53:52ou quelqu'un
00:53:53qui essaie de nous vendre
00:53:53des compléments alimentaires
00:53:55donc il y a un peu
00:53:56de tout ça à la fois
00:53:57moi l'exemple
00:53:58qui m'a le plus marqué
00:53:59je ne connais pas
00:53:59hyper bien cette question là
00:54:00mais j'ai creusé
00:54:02un exemple
00:54:02il n'y a pas longtemps
00:54:03qui est l'exemple
00:54:03du raptor dissident
00:54:04donc il y a un youtubeur
00:54:05d'extrême droite
00:54:05qui a arrêté de faire
00:54:06des vidéos depuis deux ans
00:54:07et qui comme par hasard
00:54:08est revenu avec une vidéo
00:54:09climato-sceptique
00:54:10qui dure 1h12
00:54:12sur laquelle
00:54:12le format a complètement changé
00:54:14c'est à dire
00:54:14que ça fait très sérieux
00:54:15il est sur un bureau
00:54:16il est avec une chemise
00:54:17il balance un graphique
00:54:19à la seconde
00:54:20etc
00:54:20et en fait tout ça
00:54:21c'est quand même aussi
00:54:22en effet pour reprendre
00:54:23des codes journalistiques
00:54:24sur youtube
00:54:24pour avoir l'air sérieux
00:54:25parce qu'il chapitre sa vidéo
00:54:27c'est quelque chose
00:54:27qu'on fait aussi avec Blas
00:54:28par exemple
00:54:28on chapitre nos vidéos
00:54:29et on annonce notre plan
00:54:31au début
00:54:31donc il chapitre sa vidéo
00:54:32presque comme
00:54:33un papier scientifique
00:54:34tu vois avec 1.2
00:54:351.3 etc
00:54:36donc tout ça en fait
00:54:37donne l'impression
00:54:38que c'est sérieux
00:54:39donne l'impression
00:54:40qu'il prend les gens au sérieux
00:54:42et en fait derrière
00:54:42il peut dire absolument
00:54:43n'importe quoi
00:54:44et servir d'une certaine manière
00:54:46une idéologie
00:54:46parce que ça reste
00:54:47un youtubeur d'extrême droite
00:54:48et que évidemment
00:54:49qu'aujourd'hui
00:54:49il y a des gens
00:54:50il y a énormément de personnes
00:54:51qui ont intérêt
00:54:52à ce qu'il y a
00:54:53beaucoup de françaises
00:54:54de français
00:54:54et des doutes
00:54:55sur l'existence
00:54:55du changement climatique
00:54:56donc c'est aussi ça
00:54:58sur la question
00:54:59qu'il faut se poser
00:55:01par rapport à ce type de contenu
00:55:02et c'est qu'est-ce qu'on fait
00:55:03face à ces contenus là
00:55:04et je pense que
00:55:05les débunkés simplement
00:55:06ça ne va pas suffire
00:55:07ce qu'il faut
00:55:07c'est en fait
00:55:08essayer de comprendre
00:55:08pourquoi ils font ça
00:55:10quels intérêts
00:55:10ils essaient de servir
00:55:11qui potentiellement
00:55:12les a aidés
00:55:13à faire ce contenu là
00:55:15et justement
00:55:15quel mal ça peut faire
00:55:17derrière
00:55:17parce que c'est pas pour rien
00:55:18que le Raptor
00:55:20a fait 600 000 vues
00:55:21en à peine 3 jours
00:55:22et il faut aussi
00:55:23comprendre
00:55:23qui a vu
00:55:24et pourquoi
00:55:25parce que je pense
00:55:25qu'il y a beaucoup de gens
00:55:26qui ont regardé
00:55:27juste par curiosité
00:55:28pas parce qu'ils sont
00:55:28climato-sceptiques
00:55:29donc il ne faut pas forcément
00:55:30aussi faire des raccourcis
00:55:31aussi simples
00:55:32dans ces moments là
00:55:33je pense
00:55:33moi je pense qu'il y a
00:55:35aussi un élément
00:55:35qui me semble assez intéressant
00:55:37c'est de savoir
00:55:37quand on communique
00:55:38sur ces plateformes
00:55:39et qu'on sait
00:55:40envers qui on communique
00:55:42et contre qui surtout
00:55:43on cherche à argumenter
00:55:45on peut débunker
00:55:46etc
00:55:47mais je pense qu'il y a aussi
00:55:48la façon dont on s'exprime
00:55:50la façon dont on
00:55:52on façonne un récit
00:55:53parce que c'est de ça
00:55:55dont il s'agit
00:55:56en réalité
00:55:56c'est de savoir
00:55:57quel est le récit
00:55:58qui va finalement l'emporter
00:55:59et souvent
00:56:00on le voit
00:56:00hélas
00:56:01le fact-checking
00:56:02ne suffit pas
00:56:03ça peut aider
00:56:04on l'a vu d'ailleurs
00:56:05sur le dernier débat
00:56:06Harris
00:56:07Trump
00:56:07ou ABC
00:56:08a enfin fait
00:56:09en direct
00:56:10en live
00:56:11du fact-checking
00:56:11pendant le débat
00:56:12et ça a clairement
00:56:13desservi Trump
00:56:13donc c'est fondamental
00:56:14mais ça ne suffit pas
00:56:15ah oui je pense que
00:56:17ça ne polarise pas
00:56:19davantage
00:56:19pas forcément
00:56:21vraisemblablement
00:56:21de ce que disaient
00:56:23les commentateurs
00:56:24juste après le débat
00:56:25ça l'a quand même
00:56:25pas mal desservi
00:56:26pour une première fois
00:56:27et ça l'a quand même
00:56:28pas mal décrédibilisé
00:56:29moi je me rendais compte
00:56:30quand même
00:56:30dans l'audience
00:56:31t'entendais des gens
00:56:32qui se tapaient des barres
00:56:33en fait
00:56:33quand il y a des
00:56:34des dogs
00:56:35des cats
00:56:36donc il y a quand même
00:56:39ça qui fonctionne
00:56:41assez
00:56:41mais il y a aussi
00:56:42de savoir comment
00:56:42on porte ce récit
00:56:43quels sont finalement
00:56:44les affects
00:56:45qu'on convoque
00:56:47auprès de notre audience
00:56:48et là où il faut être
00:56:51peut-être assez
00:56:52attentive
00:56:53attentif
00:56:53et où il faut faire
00:56:55vraiment preuve
00:56:56de
00:56:56à mon avis
00:56:57d'analyse
00:56:58en tout cas
00:56:58moi c'est ce que je cherche
00:56:59à faire
00:56:59notamment lorsque j'écris
00:57:01parce qu'il y a aussi
00:57:02bien sûr le média
00:57:03mais j'écris des livres
00:57:04et là je viens d'écrire
00:57:05une utopie
00:57:06et je me suis beaucoup
00:57:07intéressée au rôle
00:57:08des émotions en politique
00:57:10des affects
00:57:11que l'on convoque
00:57:12lorsque l'on s'adresse
00:57:13à une audience
00:57:14et ce dont on se rend compte
00:57:16c'est que souvent
00:57:16l'extrême droite
00:57:17et majoritairement
00:57:18l'extrême droite
00:57:19mais pas que
00:57:20même le gouvernement
00:57:21actuellement en place
00:57:21les populistes
00:57:22de manière générale
00:57:23vont convoquer
00:57:24des affects négatifs
00:57:25tels que le ressentiment
00:57:27la peur
00:57:27etc
00:57:28la question
00:57:28moi souvent je me pose
00:57:29et parfois j'ai envie
00:57:31parce que c'est vrai
00:57:32que la situation
00:57:33me fait peur
00:57:33donc j'exprime de la peur
00:57:35par rapport
00:57:35à une extrême droite
00:57:37qui s'implante
00:57:38de plus en plus
00:57:38dans nos institutions
00:57:39etc
00:57:40mais je me dis
00:57:41il faut faire attention
00:57:41de ne pas nous
00:57:42rentrer dans ce jeu là
00:57:44justement de convoquer
00:57:46des affects
00:57:46aussi négatifs
00:57:47que ce que le fait
00:57:48les populistes
00:57:49etc
00:57:49donc voilà
00:57:50comment aussi
00:57:50on façonne le récit
00:57:52comment on façonne
00:57:53nos discours
00:57:53pour essayer de porter
00:57:54quelque chose d'autre
00:57:55et surtout en politique
00:57:59en fait
00:57:59c'est quand même
00:57:59assez important
00:58:00et l'espoir
00:58:01à mon avis
00:58:01peut être une très bonne réponse
00:58:03Paul
00:58:03je dirais qu'on est en train
00:58:05d'observer
00:58:06que dans les masses
00:58:06dans les classes populaires
00:58:07il y a une tendance
00:58:09à une repolarisation
00:58:11autour d'un axe droite-gauche
00:58:12mais qui s'exprime
00:58:13sous la forme de la radicalité
00:58:14que la crise politique implique
00:58:16c'est-à-dire
00:58:16une gauche assez radicale
00:58:17en tout cas
00:58:18qui reprend du poil de la bête
00:58:19et de l'autre côté
00:58:19du coup
00:58:20l'extrême droite
00:58:20comme une option
00:58:23pour une partie importante
00:58:24des classes populaires
00:58:25donc c'est normal
00:58:26que dans les
00:58:27que chacun se dote
00:58:29entre guillemets
00:58:29d'intellectuels organiques
00:58:30il y a des gens
00:58:31qui sont là
00:58:32pour porter leur discours
00:58:33mais je pense
00:58:33qu'encore une fois
00:58:34on a une fonction
00:58:35très différente
00:58:35si on dit
00:58:36les éditorialistes
00:58:37sont en charge
00:58:39de la naturalisation
00:58:40de l'ordre inégalitaire
00:58:41et que nous
00:58:41on est en face
00:58:42ceux qui devons
00:58:42en fonction de nos idéaux
00:58:44pour pousser nos agendas
00:58:45défaire
00:58:46cette espèce
00:58:47d'idéologie dominante
00:58:48les influenceurs
00:58:49d'extrême droite
00:58:49sont dans une troisième catégorie
00:58:51ils sont des producteurs
00:58:52de mythes
00:58:53c'est pour ça d'ailleurs
00:58:53que le rapport
00:58:54à la vérité
00:58:54n'a absolument aucun intérêt
00:58:55et c'est pour ça aussi
00:58:57que la mobilisation affective
00:58:58de l'extrême droite
00:58:59se brise
00:59:00sur le fact-checking
00:59:02et le debunkage
00:59:02parce que peu importe
00:59:04quand Trump
00:59:05il dit
00:59:05qu'il accuse
00:59:07les immigrants haïtiens
00:59:09je crois
00:59:09c'est ça
00:59:10de manger
00:59:10peu importe
00:59:12que ce soit vrai ou pas
00:59:13il exprime
00:59:14et il résonne
00:59:14avec des affects
00:59:16réels
00:59:17xénophobes
00:59:18ancrés dans l'électorat
00:59:19auquel il parle
00:59:19et c'est ça notre difficulté
00:59:20d'ailleurs souvent
00:59:21à gauche
00:59:21on a une difficulté
00:59:22à avoir raison sur le front
00:59:24être dans un débat rationnel
00:59:25et de ne pas pouvoir
00:59:26malgré le caractère réel
00:59:29du propos délivré
00:59:31pouvoir toucher plus
00:59:32et donc c'est pour ça
00:59:33que la question
00:59:33de la mobilisation affective
00:59:34est importante
00:59:35et nous on le fait aussi
00:59:36quand on s'engage
00:59:37quand on met en avant
00:59:38nos causes
00:59:38c'est parce que
00:59:39ce sont des convictions
00:59:40ce sont des
00:59:42importants
00:59:43ça peut être de la colère
00:59:43mais je vais faire
00:59:44une colère saine
00:59:47vraiment quand on dit
00:59:48on se bat contre les égalités
00:59:49contre le racisme
00:59:50contre le sexisme
00:59:50etc
00:59:51il n'y a pas de problème
00:59:52mais du coup
00:59:53je pense qu'ils sont
00:59:54encore une fois
00:59:54ils sont des producteurs
00:59:55de mythes
00:59:55au sens où
00:59:56non seulement
00:59:56ils veulent réorganiser
00:59:58l'ordre inégalitaire
01:00:00et le naturaliser
01:00:01mais à partir
01:00:02de visions mystifiées
01:00:03de la société
01:00:03qui n'ont aucune existence réelle
01:00:05ni genre
01:00:06je ne sais pas
01:00:06le meilleur truc
01:00:07c'est le grand emplacement
01:00:08une espèce de théorie complotiste
01:00:11c'est toujours du complotisme
01:00:12mais ça n'a aucune réalité concrète
01:00:15si on regarde
01:00:16les chiffres
01:00:16les statistiques
01:00:17le problème
01:00:17c'est que la réponse
01:00:18à y apporter
01:00:18ne peut pas être
01:00:19oui mais regardez
01:00:20je ne sais pas
01:00:21des arguments classiques
01:00:22qu'on entend sur la scène politique
01:00:23oui mais il y a beaucoup
01:00:24de mariages mixtes en France
01:00:25et ça se passe bien
01:00:27oui il n'y a pas
01:00:28les immigrés
01:00:28nous coûte moins
01:00:29qu'ils nous rapportent
01:00:30des trucs qui sont horribles
01:00:32d'avoir des arguments
01:00:33comme ça
01:00:34rationalistes
01:00:34il va falloir trouver mieux
01:00:36et donc du coup
01:00:37je séparais vraiment
01:00:38ces fonctions
01:00:38ça ne veut pas dire
01:00:39qu'ils ne sont pas dangereux
01:00:39mais ils sont des producteurs
01:00:40de mythes
01:00:41et il faut les prendre
01:00:41en tant que tels
01:00:42c'est-à-dire qu'il faut
01:00:43ne pas leur accorder
01:00:44enfin il faut
01:00:45leur rentrer dedans
01:00:46et au-delà du démuncage
01:00:48montrer que
01:00:49c'est du complotier
01:00:50et surtout que
01:00:51voilà c'est des gens
01:00:52qui sont perdus
01:00:53dans leur coin
01:00:53et il faut
01:00:54à mon avis
01:00:54il ne faut pas
01:00:55les prendre au sérieux
01:00:56c'est-à-dire que des fois
01:00:57les démuncans
01:00:58on leur donne
01:00:59une sorte de légitimité
01:01:00alors qu'il faut
01:01:00en permanence
01:01:01je pense
01:01:02les ramener
01:01:02à leur truc de
01:01:03c'est des gens
01:01:04qui ne vont pas bien
01:01:05et qui délirent
01:01:05et il faut le dire comme ça
01:01:06il faut trouver une manière
01:01:07intelligente de l'amener
01:01:08etc
01:01:10pour pouvoir s'y confronter
01:01:12parce que sinon
01:01:13on les fait rentrer
01:01:14dans l'arrêt
01:01:14c'est ça le problème
01:01:15on les fait rentrer
01:01:16dans l'arrêt
01:01:16en disant
01:01:16oui mais
01:01:18il faut leur répondre
01:01:19je pense qu'il faut leur répondre
01:01:20d'une manière
01:01:21à vraiment
01:01:22les mépriser
01:01:22et les mettre
01:01:23à distance
01:01:26et en plus
01:01:27pardon
01:01:28parce que ça va
01:01:28dans le même sens
01:01:29mais en plus
01:01:30si on se positionne
01:01:31constamment en réponse
01:01:32à
01:01:33en fait
01:01:34ils gagnent
01:01:35c'est-à-dire qu'on reprend
01:01:36parce que c'est toujours
01:01:37eux qui décident
01:01:37du thème du débat
01:01:38mais oui
01:01:39mais pourquoi ne pas
01:01:40justement
01:01:41finalement
01:01:41le recentrer
01:01:43le redresser
01:01:44comment
01:01:44et pas toujours être
01:01:45en réponse
01:01:45c'est là une vraie question
01:01:47on est dans un contexte
01:01:48où ils ont de plus en plus
01:01:48d'espace
01:01:48pour s'exprimer
01:01:49des gens qui il y a 10 ans
01:01:50étaient dans des obscurs
01:01:51blogs racistes
01:01:53aujourd'hui
01:01:53ils peuvent être invités
01:01:54à CNews
01:01:54sur les chaînes d'info
01:01:55même sur l'FM
01:01:56l'FM est remplie maintenant
01:01:57de victorialistes
01:01:59de boulevard volitaire
01:01:59ils ont leur rond de serviette
01:02:01les fachos de valeur actuelle
01:02:02maintenant ils sont là
01:02:03tranquilles
01:02:03nous on n'est jamais invités
01:02:04ou très très rarement
01:02:05mais eux ils sont là
01:02:07installés
01:02:08mais il faut considérer CNews
01:02:09comme le plus grand
01:02:10stand-up de France
01:02:11c'est ça qu'il faut dire
01:02:12en fait
01:02:12mais vraiment
01:02:13Pascal Praud
01:02:14est hilarant
01:02:15parce que quand on l'écoute
01:02:16moi vraiment
01:02:17ça peut m'arriver
01:02:18de le regarder
01:02:18en disant
01:02:19au début
01:02:20je suis vraiment
01:02:21mais ça peut m'énerver
01:02:22me mettre en colère
01:02:23les propos
01:02:23je lui sais
01:02:24mais quel enfer
01:02:25de l'écouter
01:02:25et en fait
01:02:26après je switch
01:02:27je dis mais en fait
01:02:27c'est hilarant
01:02:28ça n'a aucun sens
01:02:29ce qu'il raconte
01:02:30ouais pas de réchauffement climatique
01:02:32il fait moins 7 dans les Yvelines
01:02:33mais c'est génial
01:02:34c'est du délire
01:02:36il est où le réchauffement climatique
01:02:38il faut les prendre
01:02:39tant que tels
01:02:40ils ont
01:02:41Angers-Démon
01:02:42leur émission folle du dimanche
01:02:43il faut les renvoyer
01:02:45à ce qu'ils sont
01:02:45un délire
01:02:46de gens qui sont
01:02:47attachés à un passé
01:02:48qui n'a jamais existé
01:02:49c'est ça leur paradoxe
01:02:50ils ont un désir
01:02:52de passer
01:02:52qui n'existe pas
01:02:53et donc
01:02:53il faut leur dire
01:02:54bon écoutez
01:02:55ils sont dans leur boucle
01:02:55et on va vous montrer
01:02:57à quel point
01:02:57c'est des gens qui tournent en boucle
01:02:58sans aucune
01:03:00ancrage
01:03:05un bon exemple de ce qui peut être fait
01:03:07c'est par exemple
01:03:07la parodie
01:03:08la moquerie
01:03:08typiquement ce qu'a fait
01:03:09Malik Bentalla
01:03:09avec Pascal Pro
01:03:10je pense que ça a eu
01:03:11un impact considérable
01:03:12énorme
01:03:12sur la façon dont les gens
01:03:13voient Pascal Pro
01:03:14je sais qu'il y a une émission belge aussi
01:03:15il y a une grosse parodie
01:03:16de Pascal Pro
01:03:17et ça
01:03:17ça peut être une réponse
01:03:18parce qu'on n'est pas dans le cadre
01:03:19de la rationalité
01:03:20mais on est dans le cadre
01:03:20comme tu dis
01:03:21de tourner en ridicule
01:03:22et de montrer en grossissant le trait
01:03:23à quel point
01:03:24cette émission
01:03:25est en fait risible
01:03:26et on voit même
01:03:27des fois des gens
01:03:27qui mettent en parallèle
01:03:28des extraits de parodies
01:03:30et des extraits
01:03:30de choses qui sont vraiment dites
01:03:31sur CNews
01:03:32que ce soit Pro
01:03:33ou Morandini
01:03:34et on a l'impression
01:03:35de voir exactement la même chose
01:03:37à peine exagéré
01:03:38et je pense que ça marche
01:03:39et je pense que ça les énerve aussi
01:03:41ça ils doivent moins supporter
01:03:42d'être tournés en ridicule
01:03:43que simplement d'être
01:03:44ah non on va débattre avec eux
01:03:45on va discuter
01:03:45on va point par point
01:03:47revenir sur ce qu'ils ont dit
01:03:47mais le fait de juste
01:03:48on se fout de votre gueule
01:03:49je pense qu'ils ne doivent pas
01:03:50être très très contents
01:03:51quand ils voient
01:03:51ça pose la question
01:03:52de l'intérêt journalistique
01:03:53derrière
01:03:53c'est qu'en fait
01:03:55on ne peut plus les combattre
01:03:56par le journalisme
01:03:56on est obligé de les combattre
01:03:57de les prendre
01:03:58par d'autres billets
01:04:00après c'est un autre métier
01:04:00c'est pas ce qu'on fait nous
01:04:02je pense qu'il y a vraiment
01:04:04aussi ce truc
01:04:04de ne pas le prendre au sérieux
01:04:06de ne pas prendre trop de temps
01:04:07comme tu disais
01:04:08à débunker en fait
01:04:09ce qui relève du spectacle
01:04:10et ce qui est intéressant
01:04:11pour revenir à ce qu'on disait
01:04:12au début
01:04:12c'est que tout ça
01:04:13ça raconte que ce soit
01:04:15les chaînes de Bolloré
01:04:16ou que ce soit
01:04:17les éditorialistes
01:04:18dont on a parlé au début
01:04:19qui sont un peu
01:04:20les nouveaux chiens de garde
01:04:21en fait ça raconte
01:04:22un rapport au réel
01:04:23c'est des gens qui n'ont pas
01:04:24le même rapport au réel
01:04:25que nous et qui en fait
01:04:26qui n'ont pas le même rapport au réel
01:04:28que la grande majorité des français
01:04:29ils sont ailleurs
01:04:30ils sont dans un monde parallèle
01:04:31en fait
01:04:31et donc peut-être
01:04:32qu'il faut commencer
01:04:33à plus trop s'occuper d'eux
01:04:35et se rendre compte que
01:04:36en fait le problème
01:04:37dans la façon
01:04:38dont ils façonnent
01:04:39l'information
01:04:40et donc dont ils dirigent
01:04:41le débat public
01:04:42c'est aussi que pour eux
01:04:43tout ça c'est un spectacle
01:04:44en fait
01:04:45et c'est ce que disaient
01:04:46Usul et Lumi
01:04:48dans l'émission
01:04:49Rhinocéros
01:04:49sur justement
01:04:50la dynastie du Hamel
01:04:51pour toutes ces personnes là
01:04:52en fait la politique
01:04:53tout ça c'est un spectacle
01:04:54alors que nous
01:04:55on essaie de parler
01:04:56de ces sujets là
01:04:57en disant en fait
01:04:57c'est nos vies
01:04:58et c'est vos vies
01:04:59donc ça n'a rien à voir
01:05:00et si on considère
01:05:01que tout est un spectacle
01:05:02et qu'on met ça loin
01:05:03et bien évidemment
01:05:03qu'on n'appréhende pas
01:05:04le sujet de la même manière
01:05:05et je pense qu'il y a un sujet
01:05:07justement au milieu de tout ça
01:05:08qui peut être une arme aussi
01:05:09enfin je considère
01:05:10qui peut être importante aujourd'hui
01:05:11c'est la sincérité
01:05:12je pense que toutes et tous
01:05:13on porte nos sujets
01:05:14avec une immense sincérité en fait
01:05:15c'est des sujets
01:05:16qui nous tiennent à coeur
01:05:17on les traite honnêtement
01:05:18et on essaie toujours
01:05:20d'être au plus près
01:05:24cette couverture de l'information
01:05:25dans le fait de rapporter
01:05:27une version du réel
01:05:28aux gens qui soient
01:05:28la plus proche justement
01:05:29de la vérité
01:05:30et ça pour moi
01:05:31c'est un combat
01:05:32qui peut complètement persévérer
01:05:34et je voulais juste dire
01:05:35une dernière chose
01:05:35on parle beaucoup des chiffres
01:05:37on dit tu vois
01:05:37tu disais le 20h
01:05:38c'est 10 millions de personnes
01:05:3912 millions de personnes
01:05:40mais quelle est l'intention
01:05:41de ces gens
01:05:41quand ils regardent la télé
01:05:42je pense qu'il faut commencer
01:05:43quand même à faire une différence
01:05:44entre le quantitatif
01:05:45et le qualitatif
01:05:45et nous ce qu'on essaie
01:05:46d'apporter c'est du qualitatif
01:05:47et parfois tu peux avoir
01:05:48une émission
01:05:49qui va faire 150 000 vues
01:05:50mais qui va créer
01:05:51tellement d'impact
01:05:52chez les gens
01:05:53qui va tellement transformer
01:05:54parfois leur vision du monde
01:05:55ou commencer à poser des questions
01:05:57à créer une brèche
01:05:58en fait dans leur réalité
01:05:59qu'ensuite
01:06:01les conséquences
01:06:01vont être bien plus grandes
01:06:02et c'est pas pour rien
01:06:03qu'aujourd'hui
01:06:03par exemple
01:06:04la plupart des éditeurs
01:06:05de bonnes maisons d'édition
01:06:07en fait
01:06:07veulent absolument
01:06:08que leurs auteurs
01:06:09et autrices aillent
01:06:10dans des médias indépendants
01:06:11plutôt que dans les grands plateaux
01:06:12parce qu'ils savent très bien
01:06:13que ça ne vend plus
01:06:13d'aller sur les grands plateaux
01:06:14et ça
01:06:15ça raconte quelque chose
01:06:16justement de l'attention
01:06:17qu'ont les gens
01:06:17quand ils écoutent
01:06:18et de la transformation
01:06:19qu'on peut faire
01:06:21il nous reste à peu près 5 minutes
01:06:23je vais prendre une question du chat
01:06:24que je pense que j'ai posé à Emilio
01:06:25parce qu'elle te concerne
01:06:26enfin elle nous concerne
01:06:26est-ce que ça a encore du sens
01:06:28de produire un journal papier
01:06:29en tant qu'objet
01:06:30avec sa une
01:06:31ses articles hiérarchisés etc
01:06:32à quel point ça touche les gens
01:06:34au-delà de la une
01:06:34affichée, commentée
01:06:36j'ai l'impression que même
01:06:37les journaux plus traditionnels
01:06:38sont plus lus en ligne
01:06:40c'est nous toute la question
01:06:41à laquelle on est confronté
01:06:44depuis des années
01:06:45c'est que
01:06:48le papier est parfois
01:06:49vécu comme une contrainte
01:06:50c'est que de toute façon
01:06:51on arrive le matin
01:06:51et on sait que le lendemain
01:06:52nous contrairement à vous
01:06:53on a tant de pages
01:06:56à remplir
01:06:56et donc en fait
01:06:57il faut mettre des choses dedans
01:06:58il faut remplir des cases
01:07:00du coup ça
01:07:01c'est un impératif
01:07:03alors que
01:07:04ça nous rapporte
01:07:05de moins en moins d'argent
01:07:06et alors qu'on y met
01:07:07beaucoup d'énergie
01:07:08et en même temps
01:07:08c'est aussi
01:07:09ce qui nous fait vivre
01:07:10parce que
01:07:12comme on est un média indépendant
01:07:13on n'a pas de milliardaire
01:07:14derrière nous
01:07:14et comme on attaque
01:07:15les puissants
01:07:16on a très peu de pubs
01:07:17donc ça nous arrive
01:07:18d'avoir de l'aide
01:07:19notamment des pouvoirs publics
01:07:21et c'est conditionné
01:07:22au papier
01:07:23et donc c'est là
01:07:23où c'est très très compliqué
01:07:24est-ce que ça a toujours du sens
01:07:26on voit que oui
01:07:27parce que
01:07:29mais on a repensé
01:07:31le journal
01:07:32l'objet journal
01:07:33d'autres l'ont fait
01:07:34le New York Times
01:07:35par exemple
01:07:35eux ils ont décidé
01:07:36ils ont pris le pari
01:07:37de réduire le nombre d'articles
01:07:38mais par contre
01:07:39de consacrer plus de temps
01:07:41plus de moyens
01:07:42à la façon
01:07:43dont ils allaient
01:07:44produire
01:07:45et fournir de l'information
01:07:46aux gens
01:07:46et ça cartonne
01:07:48alors c'était aussi
01:07:50concomitant avec l'arrivée
01:07:50de Donald Trump
01:07:51mais en fait
01:07:51il y a une appétence des gens
01:07:53pour l'information
01:07:54il y a aussi des magazines
01:07:56qui fonctionnent extrêmement bien
01:07:57qui se vendent très très bien
01:07:58parce que les gens
01:07:59ont besoin
01:08:00de
01:08:02de s'informer
01:08:03de prendre le temps
01:08:04de s'informer
01:08:04mais par contre
01:08:05quelque chose qui a fait
01:08:05beaucoup de mal
01:08:06mais c'est tout le sud
01:08:07dont on parle depuis tout à l'heure
01:08:08qui a fait beaucoup de mal
01:08:09y compris au journalisme écrit
01:08:11c'est les chaînes d'info
01:08:12on continue
01:08:12c'est qu'on est revenu
01:08:15dans un système
01:08:16où
01:08:16on ne cherche plus
01:08:17ce qu'on peut apporter
01:08:18journalistiquement
01:08:19la plus-value journalistique
01:08:20c'est les discussions
01:08:21qu'on a tous les matins
01:08:21en conférence de réaction
01:08:22quelle plus-value on a
01:08:23qu'est-ce qu'on apporte
01:08:24où est-ce qu'on suit
01:08:25le flux continu de l'actu
01:08:26et en fait de toute façon
01:08:27on ne pourra jamais gagner
01:08:28face aux chaînes d'info
01:08:29parce qu'on ira toujours
01:08:30moins vite qu'elle
01:08:31et donc
01:08:32il faut juste réussir
01:08:34à installer
01:08:34le papier
01:08:36comme
01:08:37un rendez-vous
01:08:38qui permette
01:08:39de nourrir
01:08:40l'intellect
01:08:41l'intellect
01:08:42c'est pas
01:08:42en fait on fait un journal
01:08:43d'information
01:08:44on fait pas un journal
01:08:45d'actualité
01:08:45et je pense que c'est ça
01:08:46l'important
01:08:47mais ce qui nous empêche pas
01:08:48aussi de débarquer
01:08:49sur le web
01:08:51sur Twitch
01:08:52on est obligé aussi
01:08:53de toute façon
01:08:53de s'adapter
01:08:54aux nouveaux usages
01:08:55il nous reste 2 minutes
01:08:56ça vous fait 30 secondes
01:08:57pour conclure
01:08:57chacun chacune
01:08:58host vas-y
01:08:59je voulais juste dire
01:09:00que le journal papier
01:09:00c'était aussi un enjeu
01:09:01d'accessibilité
01:09:02parce qu'on parle beaucoup
01:09:02de fractures numériques
01:09:04notamment pour l'accès
01:09:04aux services publics
01:09:05et dire qu'en tant que
01:09:06média d'information
01:09:07si on peut permettre
01:09:08l'accès à l'information
01:09:09de qualité
01:09:10une information indépendante
01:09:11à des gens
01:09:12qui n'ont pas forcément
01:09:12les codes d'internet
01:09:13et qui n'ont pas forcément
01:09:13l'habitude de s'informer
01:09:14sur internet
01:09:15le papier ça peut être
01:09:16une bonne alternative
01:09:16c'est aussi une question
01:09:17générationnelle
01:09:18je pense qu'on en parlait
01:09:18tout à l'heure
01:09:18sur quels médias
01:09:20et regarder par qui
01:09:20je pense que
01:09:21si on voit l'âge
01:09:22des gens qui achètent
01:09:22un journal papier
01:09:23on aura aussi
01:09:23un clivage générationnel
01:09:25c'est une hypothèse
01:09:25mais il y a aussi
01:09:26une question
01:09:26je te confirme
01:09:27en tout cas pour nous
01:09:29quand on regarde
01:09:30la ventilation des chiffres
01:09:31notre électorat
01:09:32est très très très âgé
01:09:34mais donc c'est un enjeu
01:09:35d'accessibilité aussi
01:09:36pour des gens
01:09:36qui ne s'informeraient pas
01:09:37autrement de toute façon
01:09:38mais c'est surtout
01:09:39s'informer différemment
01:09:40tu vois par exemple
01:09:40j'ai le monde en version papier
01:09:43et je me rends bien compte
01:09:44qu'il y a une énorme différence
01:09:45entre la version web
01:09:46qui finalement m'enferme
01:09:48un peu dans les sujets
01:09:49qui m'intéressent
01:09:50donc la politique
01:09:51les questions de société
01:09:52etc
01:09:52et que je passe totalement
01:09:53à côté des questions
01:09:54internationales
01:09:55alors qu'à la base
01:09:55c'est quand même
01:09:56ma spécialité
01:09:56et maintenant depuis
01:09:58que je relis le monde
01:09:59en version papier
01:09:59ça fait à peu près deux ans
01:10:00que je suis abonné
01:10:01et que je le reçois tous les jours
01:10:02dans ma boîte aux lettres
01:10:03les premières pages du monde
01:10:04c'est les questions internationales
01:10:05et je recommence
01:10:06à avoir de la connaissance
01:10:07sur ce domaine là
01:10:08alors que finalement
01:10:09quand je regardais uniquement
01:10:10sur le web
01:10:10c'est totalement différent
01:10:12et je pense que les deux
01:10:13sont totalement compatibles
01:10:15enfin moi je suis très attachée
01:10:16à la presse papier
01:10:16mais je trouve qu'il y a
01:10:17des choses fabuleuses
01:10:18qui se font aussi
01:10:20et puis il y a une tendance
01:10:23qui s'inscrit de plus en plus
01:10:24je parlais du New York Times
01:10:26dans la formation
01:10:27de manière générale
01:10:28ce qu'on appelle
01:10:29les slow news
01:10:30cette façon justement
01:10:31de donner plus de temps
01:10:32à l'investigation
01:10:33etc
01:10:34donc ce qu'on peut faire
01:10:35plus facilement
01:10:36avec des formats
01:10:37type podcast
01:10:39documentaire
01:10:39etc
01:10:40mais il y a vraiment
01:10:41cette tendance
01:10:41à ne plus être forcément
01:10:42toujours en réaction
01:10:43à l'actualité
01:10:44mais de prendre le temps
01:10:45de décrypter
01:10:46etc
01:10:47il y a aussi savoir
01:10:48comment on arrive
01:10:49à répondre
01:10:49nous par exemple
01:10:50on ne réagit pas
01:10:51à l'actualité
01:10:52ou assez peu
01:10:53dans Popol
01:10:54mais voilà
01:10:55la dernière chose
01:10:56que je voulais dire
01:10:56abonnez-vous
01:10:57à Popol Media
01:10:57bien évidemment
01:10:58et à l'humanité
01:10:59quelques mots
01:11:00pour conclure
01:11:01et après pas le mois
01:11:01je pense que si
01:11:02tu parlais de temps
01:11:02sur la production
01:11:04de l'information
01:11:05mais il y a aussi
01:11:05le temps
01:11:06de la lecture
01:11:06c'est à dire que
01:11:07je pense que ça donne
01:11:07aussi un signal
01:11:08sur notre société
01:11:09on n'a plus le temps
01:11:09de rien
01:11:09le modèle
01:11:10on lit
01:11:11une petite note
01:11:13sur son téléphone
01:11:15entre deux transports
01:11:16c'est dit aussi quelque chose
01:11:17Hegel il avait cette fois
01:11:18il disait
01:11:19la lecture du journal
01:11:20et la prière de l'homme moderne
01:11:21quotidienne de l'homme moderne
01:11:23c'est l'idée que
01:11:23en fait avant
01:11:24c'était un rituel
01:11:25c'est pour ça
01:11:26que c'était générationnel
01:11:26c'était ancré
01:11:27mais je veux dire
01:11:27ça veut dire aussi
01:11:28qu'on a du temps
01:11:29pour se consacrer
01:11:31son cerveau à autre chose
01:11:32je pense que c'est pour ça
01:11:32qu'il faut qu'on trouve
01:11:33une solution
01:11:34pour que des formats écrits
01:11:35persistent
01:11:36continuent
01:11:37survivent
01:11:37pour essayer de aussi
01:11:39utiliser cet argument
01:11:40pour pouvoir trouver
01:11:41des temps sociaux
01:11:42qui sont
01:11:43voilà
01:11:43qui sont disposés
01:11:44pour d'autres choses
01:11:45que l'espèce de règne
01:11:46de l'instantanéité
01:11:47et du rit infernal
01:11:48que représentent
01:11:49toutes sortes de contenus
01:11:51que ça soit sur les chaînes
01:11:52en continu
01:11:53ou sur les réseaux sociaux
01:11:54etc
01:11:55moi j'ai envie de dire
01:11:56ne perdez pas votre temps
01:11:57à regarder des chaînes
01:11:58d'information en continu
01:11:59si vous avez l'impression
01:12:00qu'elles vous polluent le cerveau
01:12:01et de regarder des débats
01:12:02qui ne servent à rien
01:12:04abonnez-vous aux médias indépendants
01:12:05abonnez-vous à Blast
01:12:06et n'oubliez pas
01:12:07parce que c'est vrai
01:12:07on l'a dit
01:12:09malheureusement pour le moment
01:12:09on n'est pas encore des plateformes
01:12:10de partager en fait
01:12:12les contenus qu'on fait
01:12:12parce que malheureusement
01:12:13quand on a des vidéos
01:12:14qui sortent
01:12:14quand on a des contenus
01:12:15qui sortent
01:12:16en fait s'il n'est pas partagé
01:12:17s'il n'est pas
01:12:18voilà liké
01:12:19vu plusieurs fois
01:12:20dès que tu viens de sortir
01:12:24et hop on te met dans un trou
01:12:25et tu n'existeras pas
01:12:26et parfois il y a des vidéos
01:12:27qui n'ont même pas
01:12:27la chance d'exister
01:12:28juste parce que
01:12:29pendant les premières heures
01:12:30en fait elles n'ont pas été
01:12:31elles n'ont pas assez fait réagir
01:12:32donc voilà
01:12:33il ne faut pas oublier
01:12:34les algorithmes dans tout ça
01:12:35malheureusement on en est dépendant
01:12:36on va trouver d'autres solutions
01:12:37mais donc partagez nos contenus
01:12:38abonnez-vous
01:12:39et abonnez-vous
01:12:40à tous les médias indépendants
01:12:41autant que vous pouvez
01:12:43abonnez-vous à Blast
01:12:45abonnez-vous aux médias
01:12:45soutenez les streamers
01:12:46soutenez le backseat
01:12:47et achetez l'UMA
01:12:48achetez l'UMA
01:12:49abonnez-vous à l'UMA
01:12:50je vous le rappelle
01:12:50on a une offre en ce moment
01:12:51pour vous les viewers
01:12:52et les viveuses
01:12:535 euros pour 5 mois d'abonnement
01:12:55et faites des dons
01:12:56vous avez une commande
01:12:57point d'exclamation
01:12:58don dans le chat
01:12:59écoutez le débat est fini
01:13:00merci beaucoup à tous les 4
01:13:02tous les 5
01:13:02merci à l'UGEO
01:13:03de m'avoir épaulé