00:01Voilà en direct de République où les pompiers se rassemblent depuis ce matin.
00:05Les soldats du feu entendent dénoncer le manque d'effectifs et montrer leur opposition à la réforme des retraites.
00:11Nous sommes avec Rémi Chabou, secrétaire national du Sud de SDIS.
00:18Alors quelle est la raison profonde de votre présence et de ce rassemblement ?
00:25Écoutez, en premier lieu, la raison numéro une, c'est tout de même les effectifs aujourd'hui qui ne sont
00:30absolument pas calibrés en fonction du nombre d'interventions que nous avons.
00:36Alors il y a quelques temps en arrière, 5-10 ans, on était peut-être dans un bon calibrage.
00:41Aujourd'hui, avec la hausse exponentielle du nombre d'interventions, on n'est absolument pas dans le bon registre.
00:47Au pire, les effectifs ont même diminué dans certains services départementaux, incendie et secours.
00:52Donc aujourd'hui, nous, ce que nous demandons en priorité, c'est des effectifs dans les camions qui viennent porter
00:58secours à nos concitoyens.
01:00En second lieu, il est clair que les violences envers les sapeurs-pompiers ont explosé également depuis à peu près
01:074-5 ans.
01:07On a à peu près aujourd'hui chiffres officiels du ministère de l'Intérieur via l'ONDRP, qui est l
01:17'Office National de la Délinquance et de la Réponse Pénale.
01:19Donc ça dépend du ministère.
01:20Les chiffres sont juste surréalistes.
01:23On a une agression de sapeurs-pompiers toutes les 3 heures.
01:26Et enfin, la revendication qui aujourd'hui nous inquiète également, c'est la véritable reconnaissance du métier de sapeurs-pompiers
01:36qui ne peut plus continuer à passer simplement par des médailles et des cérémonies.
01:42Et puis, voilà, aujourd'hui, stop, on arrête les médailles à titre posthume et on voudrait de la reconnaissance de
01:49notre vivant,
01:50c'est-à-dire avec clairement une prime de feu actuellement qui est à 19% de notre salaire de
01:55base.
01:55Et on souhaiterait qu'elle passe à 28% pour tous les sapeurs-pompiers professionnels de France.
02:00Ce que je vous propose, c'est de venir visiter avec moi le village.
02:04Donc vous voyez, il y a énormément de population qui est venue en soutien.
02:08Des hommes, des femmes, des étudiants, des aînés, des plus jeunes.
02:13Et puis alors, ce que je vous propose, c'est de rentrer à l'intérieur de notre campement pour vous
02:18montrer tout ça.
02:19Bonsoir tout le monde.
02:23Là, on a quelques collègues qui sont venus de Bordeaux.
02:28Voilà.
02:30Là, c'est les Bordelais.
02:32Là, on a les pompiers de Nîmes.
02:35On va rentrer à l'intérieur et c'est un privilège que vous avez parce qu'en fait, c'est
02:38notre petit coin à nous, là.
02:40Rentrez, venez.
02:42Là, on a aussi un pompier de Nîmes encore.
02:47Et là, c'est notre QG avec la partie sommeil au fond, la partie restauration.
02:54Là, il y a Sam.
02:56Je vais vous montrer aussi les pompiers de Bordeaux, un tout petit peu plus loin, là-bas.
03:03Jean-Pierre avec le bonnet, là, pompier de Bordeaux, qui est en pleine interview.
03:09Et puis là, on a notre partie sommeil où on a nos affaires.
03:14Après, il est clair que je pense qu'on ne va pas pouvoir dormir.
03:17On va faire une nuit blanche.
03:20Mais c'est prévu comme ça.
03:21Et puis nous, les sapeurs-pompiers, on a l'habitude.
03:23Donc voilà, on est heureux de vous accueillir dans notre campement.
03:28C'est un peu sommaire, mais ça ne nous dérange pas parce qu'on va se réchauffer à la chaleur
03:33humaine.
03:34On a connu le pire, ouais.
03:37C'est presque quatre étoiles, là, lorsqu'on fait les campagnes de feux de forêt ou les inondations ou tremblements
03:41de terre, pour nous, voilà.
03:43Et c'est bien de partager ça avec la population qui est venue nombreuse.
03:46Il y a quand même à peu près 150 personnes dehors qui sont présentes.
03:50Ça ne devrait pas s'arrêter là.
03:51Donc c'est intéressant pour nous, ce soutien.
03:56Bien sûr.
03:59Pompiers ou...
04:00Oui, des pompiers.
04:04Voilà, nous sommes en direct de République.
04:08Avec les sapeurs-pompiers.
04:13Donc on a un copain pompier, là, qui était en pleine discussion avec madame.
04:16Mais si, si, cette dame, par exemple, nous a proposé gentiment de nous amener le café, nous a proposé toute
04:22la partie logistique, ce qui nous manquait.
04:25Voilà, donc c'est adorable. Je vous remercie.
04:27Je faisais la visite.
04:29Vous avez fait le nerf de la guerre ?
04:30Non, mais pourquoi ?
04:32Pourquoi ?
04:33Bah, mais tout simplement parce que les pompiers, on en a besoin et que leur mouvement, il est légitime et
04:38qu'ils ont le droit à tout ce qu'ils demandent.
04:40Ils sont là pour nous, on doit être là pour eux.
04:43Voilà.
04:43Mais de rien.
04:44Voilà, donc je peux poursuivre, mais en fait, là, il y a Christophe qui est un paramédic qui a soigné
04:51énormément de personnes et notamment le 15 octobre, il est intervenu.
04:54C'est une date pour nous qui a été une prise de conscience puisque le 15 octobre, les sapeurs-pompiers
04:58ont été violemment pris à partie lors d'une manifestation somme toute banale, très festive avec des pétards.
05:04Oui, on était un peu bruyant, mais il n'y avait rien de méchant.
05:10Et Christophe était présent, il a soigné quelques pompiers qui étaient blessés, qui avaient été gazés.
05:13Et je le remercie infiniment et d'autant plus que c'est un ancien pompier.
05:17Et voilà, donc je ne sais pas si tu peux dire un petit mot, Christophe ?
05:20Ben voilà, comme l'a dit le collègue, on était là pour juste revendiquer des choses qui me paraissent normales
05:31parce que je pense que chacun risque sa vie aujourd'hui pour des gens qui prônent l'argent avant la
05:37santé.
05:38Et je trouve ça dommage et ça m'a énormément choqué d'être venu dans cette... de voir ce qui
05:45se passait ce jour-là.
05:46C'était une manif qui était tranquille et il n'y avait pas d'histoire.
05:50Et en fin de compte, la répression, elle a été démesurée.
05:56Je veux dire, on s'est pris des tonnes de grenades parce que je ne peux même pas dire quelques
06:02grenades.
06:03Je pense que c'est des tonnes de grenades.
06:04C'est complètement injustifié.
06:06Moi, il y avait des gens qui rentraient du boulot.
06:08Il y avait une femme enceinte.
06:09Il a fallu que je la prenne et que je cours avec elle dans une brasserie pour qu'elle puisse
06:14se remettre du choc qu'elle avait vécu parce qu'elle avait du mal à respirer.
06:20Les gaz la brûlaient.
06:22Je me suis occupé des enfants.
06:24Il y avait des collègues aussi qui étaient gazés.
06:26Il y avait un gars qui était dépité.
06:29Je lui ai dit mais on est là, ne t'inquiète pas.
06:31Et je l'ai décontaminé avec ce que j'avais sur moi.
06:35Je veux dire, aujourd'hui, je trouve ça monstrueux que des gens qui mettent leur vie en danger pour...
06:40Je veux dire, on est là pour mettre nos vies en danger, pour en sauver d'autres.
06:44Mais si c'est ceux qu'on doit sauver qui nous mettent en danger, aujourd'hui, je trouve ça incompréhensible.
06:50Même moi qui suis secouriste, aujourd'hui, volontaire, je vais dans les manifestations pour aider ceux qui revendiquent aussi des
07:00droits.
07:01Et le problème, c'est que quand je me mets devant la police pour aider les gens, des fois, je
07:06me fais prendre la partie.
07:08Et parce qu'il y a des gens qui sont sous effet un peu de drogue et d'alcool.
07:12Et je trouve ça dommage parce qu'ils sont plus là pour revendiquer des droits que pour se mettre en
07:16danger par rapport à ça.
07:18Je voudrais inviter tous ceux.
07:19Je l'ai déjà dit et je vais le redire, même s'il y a des gens qui ne comprennent
07:22pas pourquoi j'en parle.
07:24En tout cas, moi, je dis que les pompiers qui viennent aussi dans les manifs, ils ont aussi...
07:30Ils prennent des risques.
07:31À venir dans les manifs pour aider les gens qui sont blessés.
07:35Et quand il y a des bombes lacrymo et toutes les grenades qui peuvent exister, qui sont lancées un peu
07:43n'importe comment, alors qu'on est en train de faire des soins.
07:46Je trouve ça incompréhensible.
07:49C'est juste hallucinant.
07:51Et je suis là pour ça aujourd'hui, pour les soutenir, aussi bien pour les revendications qu'ils ont que
07:56pour éviter de se faire agresser quand on vient aider des gens.
08:01Et voilà, ça me met en colère.
08:05C'était Christophe, ancien copain.
08:14Mais d'ailleurs, à partir de demain, on sera en vitesse de croisière et on a projeté de donner des
08:19cours de secourisme à partir de demain.
08:22Et on a même toute une partie des sapeurs-pompiers qui viennent encore de la Sarthe, demain, du Nord.
08:29Il y a également encore toute une fournée des pompiers de Lyon et de Nîmes.
08:34Et l'idée, c'est d'aller donner notre sang à l'établissement français du sang qui se trouve juste
08:37à côté.
08:38Parce que le message qu'on veut passer, c'est qu'il va falloir que la population soit formogée de
08:43secourisme et également qu'on donne notre sang.
08:45Parce que vu les délais à rallonge liés aux effectifs qui diminuent, ils vont peut-être en avoir besoin.
08:52C'est un peu une forme de provocation, mais prenons-le plutôt comme un clin d'œil en disant attention,
08:58il faut prendre garde à ce qui est en train de se passer.
09:07Exactement. Voilà. On a prévu les mannequins fictifs pour s'entraîner à faire le bouche-à-bouche, le massage cardiaque.
09:13C'est quelque chose qui peut être sympa. On joint l'utile à l'agréable.
09:17En plus, on prend contact avec la population qui est super sympa.
09:20Vous voyez là, regardez, tout le monde est sympa.
09:23Il y a même des gens là. Je peux vous présenter un monsieur qui est arrivé dès notre installation à
09:2813h.
09:29et qui nous a aidé à mettre en place tout ça, alors qu'on ne le connaissait absolument pas.
09:36Je vais vous le présenter parce qu'il est là depuis la première minute.
09:40Non, ce n'est pas vrai. Super.
09:41C'est si.
09:42Non, non, je n'ai rien à dire.
09:43Non, non, mais je voulais juste vous remercier, te remercier parce que tu étais là à la première minute pour
09:49nous aider à monter tout ça.
09:50Et puis donc, comme il me demandait.
09:52Vous êtes venu à Paris.
09:53Vous êtes venu à me toucher trop là.
09:54Vous me touchez, mais merci.
09:57Merci, merci les pompiers.
09:59C'est super.
10:00Vous ferez bien la bise, mais...
10:02Oui, on peut se la faire.
10:05Sérieux, on vous soutient.
10:06C'est pour ça que j'étais là.
10:08Et puis j'ai été super fier de monter ces barnum, de mettre la patte, tout ça.
10:12On a mis les bras de haut pour se réchauffer et lui nous a amené de la chaleur humaine à
10:16la première seconde où on est arrivés.
10:18Vous êtes super.
10:18Et je n'oublie pas.
10:19Ah non, je vois ça.
10:20Comme moi, rien ne s'oubliera jamais.
10:22Mais c'est super.
10:24On n'a pas suivi sur le péril.
10:25Ah là, c'est bon.
10:26C'est ça.
10:26Vous êtes super.
10:28Il a été super à l'accueil.
10:29Ah là là là.
10:29Comme quelques-uns.
10:31Il y a un autre petit jeune.
10:32Je ne sais pas où il est.
10:33Louis, là, avec...
10:35Je ne sais pas où il est passé.
10:36Oui, un petit jeune, super gentil, là.
10:38C'est super.
10:39Oui, il est super sympa, ce petit Louis, là.
10:42Louis, moi, je l'ai remarqué quand il est arrivé.
10:44Parce que...
10:44Alors, j'ai l'impression de faire le présentateur.
10:45Ce n'est pas mon jeune, mais...
10:47En fait, Louis, il a été super.
10:49Parce que dès son arrivée, il est arrivé avec un camion de pompiers.
10:52Et donc, moi, je te remercie, Louis.
10:54Je te remercie aussi parce que...
10:56Et juste brièvement, je suis un peu le présentateur.
10:59C'est tout mon jeune, mais bon.
11:01Pourquoi se soutient ?
11:02Pourquoi se soutient ?
11:03Parce qu'ils sauvent des vies.
11:05Et quand tu vois qu'ils sont agressés dans les banlieues, etc., etc.,
11:11c'est inadmissible.
11:11Tu ne peux pas agresser les pompiers.
11:13Puisqu'ils sauvent des vies.
11:14Ils sauvent des personnes.
11:15Tu ne peux pas.
11:17Tu ne peux pas.
11:18Je te remercie, Louis.
11:19Merci à toi.
11:20Merci.
11:20Est-ce que tu peux nous montrer le dos de ton...
11:21Ah, bien sûr.
11:24Voilà.
11:26Voilà, tout est dit.
11:26C'est pour ça que Louis, en fait, ce n'est pas la mascotte.
11:28Je ne me permettrai pas, mais ça nous a fait plaisir de le rencontrer.
11:31Voilà, moi, j'ai fait le tour.
11:33J'ai remercié tout le monde.
11:35Et puis, vous voyez, depuis tout à l'heure, les gens, on dirait qu'ils sortent du travail.
11:38Ils arrivent, quoi.
11:38Donc, c'est sympa, ce soutien-là.
11:41La chaleur humaine, ça fait du bien.
11:42Parce que la nuit va être longue.
11:44On peut venir vous soutenir.
11:45Les Parisiens peuvent venir vous soutenir.
11:46Ils sont le bienvenus.
11:47On échangera.
11:47Il y a même des gens qui nous ont amené des cafés.
11:50On partagera tout ce qu'on a avec ces gens.
11:52Il n'y a pas de problème.
11:53Avec plaisir.
11:54Et on rappelle que c'est le début de quelque chose.
11:55Parce que ça va durer toute la semaine.
11:57Oui, ça va durer jusqu'à vendredi.
11:58Et y compris.
11:59Alors, on a quelque chose de particulier.
12:01Les sapeurs-pompiers, en fait, la Sainte-Barbe, c'est la Sainte-Patronne qui protège les pompiers.
12:04C'est le 4 décembre.
12:05C'est mercredi.
12:06Et donc, pour nous, c'est un événement majeur dans toutes les casernes de France.
12:09Et donc, on va fêter à Sainte-Barbe ici.
12:11Avec tous ceux qui veulent bien fêter avec nous, on partagera ce qu'on a avec plaisir.
12:15Et puis, on a même des amis, puisqu'il n'y a pas de bus, pas de train pour venir
12:19le 5 décembre.
12:22La grosse manifestation, et qu'ils nous ont contactés pour demander la permission de venir.
12:26Et on a ouvert nos portes également pour qu'on n'a pas ouvert grand-chose.
12:29Parce que c'est un peu au cas de vent ici.
12:31Et du coup, tout le monde peut venir s'installer avec nous pour se préparer pour partir à la manifestation
12:35du 5.
12:36Aucun problème.
12:36Mais évidemment, c'est la place de la République.
12:38Ce n'est pas la place qui ne nous appartient pas.
12:40Et d'ailleurs, vous êtes sur le parcours de la manif.
12:43Est-ce que c'est totalement hasard ce que vous avez choisi ?
12:45Alors, figurez-vous que l'emplacement a été décidé bien en amont de la manifestation du 5 décembre.
12:52Parce que nous, ce qui avait calibré cet événement, c'était la Sainte-Barbe, donc des pompiers, le mercredi 4
12:57décembre.
12:58Et écoutez, par chance, on a cette manifestation qui tombe le 5 décembre.
13:03Et puis écoutez, ça s'est accolé à notre mouvement.
13:08Voilà.
13:09Je vous remercie.
13:10Merci pour votre soutien.
13:11C'est nous.
13:11Merci.