Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Sylvine Thomassin, maire de Bondy, une ville modeste de Seine-Saint-Denis, souligne "le risque de fracture entre les bons parents qui garderaient leurs enfants chez eux pour les protéger, et les premiers de tranchés qui seraient obligés de travailler et qui mettront leurs enfants à l'école et seront pointés du doigt".
Elle a également profité de notre entretien pour nous livrer un beau geste de solidarité du célèbre joueur de football Kylian Mbappé, originaire de Bondy...

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour Sylvine Thomassin.
00:02Bonjour.
00:02Vous êtes maire de Bondy, en Seine-Saint-Denis,
00:04et vous faites partie des 329 maires de Ville de France
00:07qui s'opposent à la réouverture des écoles le 11 mai prochain.
00:10Dans une lettre ouverte publiée par la Tribune,
00:13l'Association des maires de la région parisienne
00:15demande au président de la République
00:16de repousser cette rentrée à une date ultérieure.
00:18Alors, quelles sont les raisons
00:20qui vous ont poussé à réclamer ce report ?
00:22Quand on l'a lancé, on était à 327 ou 324 maires,
00:25on était à 387 hier soir.
00:27À mon avis, on a dépassé les 400 aujourd'hui.
00:28ça n'arrête pas de se connecter
00:30chez les maires d'Île-de-France et de signer.
00:34Donc, voilà.
00:36Que vous dire ?
00:38On est dans une région...
00:39Enfin, rien n'a été préparé.
00:41On est lancé comme cela, les maires,
00:44de toute façon, dans cet état qui est très vertical,
00:47particulièrement vertical depuis trois ans.
00:50J'ai parfois l'impression qu'on est devenu les notaires de l'État.
00:53Et encore, les notaires, c'est un mot
00:55pour ne pas dire les larbins de l'État.
00:57Là, nous, au niveau local, les pieds dans la glaise,
01:00les mains dans le cambouis, les maires, toujours,
01:02on s'appuie sur les maires.
01:03Sauf que la sécurité sanitaire,
01:05ce n'est pas une mission régalienne des maires.
01:07Et que l'éducation, ce n'en est pas une non plus.
01:09Ce sont des missions régaliennes de l'État.
01:12Donc là, on nous demande, le 11 mai,
01:14d'ouvrir les écoles.
01:15Moi, j'ai reçu le protocole sanitaire finalisé,
01:18parce qu'on avait réussi, par des voix détournées,
01:20à avoir des brouillons, des martyres.
01:23Je l'ai reçu dimanche à 13h58.
01:27J'avais donc devant moi, d'abord dimanche pour le lire,
01:31quatre jours ouvrés, de lundi à jeudi inclus,
01:33avec les équipes pour faire le tour des 27 écoles de la ville,
01:37poser le protocole sanitaire au niveau local.
01:39Les écoles sont toutes très différentes.
01:40Certaines sont des écoles modèle Jules Ferry,
01:42avec 100 points d'eau à l'étage,
01:44et plus de 200 gamins.
01:45Évidemment, tout ça doit se poser.
01:48Les autres maires d'Île-de-France,
01:50on est 1200, je crois,
01:51ont à peu près les mêmes contraintes,
01:53même s'il y a beaucoup de petites villes,
01:56notamment en Seine-et-Marne.
01:58Il nous faut plus de temps.
01:59Donc, on ne dit pas qu'il ne faut pas réouvrir les écoles.
02:01Moi, je suis très choquée,
02:05choquée, vraiment,
02:07par le mauvais procès que nous font certains au gouvernement,
02:11en disant que les maires ne veulent pas ouvrir.
02:13Mais il y a quand même de la justice sociale.
02:15C'est bien, je suis contente que l'État m'apprenne
02:17ce qu'est la justice sociale.
02:18Je pensais le savoir depuis très longtemps.
02:20Il y a des enfants qui ont besoin de reprendre l'école.
02:22Oui, il y a des enfants qui ont besoin de reprendre l'école.
02:24Oui, c'est vrai.
02:25Mais pas dans n'importe quelle condition,
02:28alors que le virus va être présent dans ce pays
02:30encore pendant 18 mois,
02:31si le vaccin n'arrive que dans 18 mois.
02:33Donc, on a besoin d'organiser les déambulations,
02:36le fait que les enfants ne se croisent pas,
02:38qu'ils restent à bonne distance,
02:39que les enseignants s'approprient les gestes.
02:41On a besoin de mettre plus de points d'eau, sans doute,
02:44dans nos cours de récréation.
02:45On a besoin de prévoir le déjeuner du midi.
02:48On a besoin de prévoir énormément de choses.
02:50Et pour cela, il nous faut au moins 15 jours.
02:53Et je crois que ce n'est pas au gouvernement
02:54de nous dire qu'on doit tous ouvrir le 11 mai.
02:56C'est au maire, en fonction du nombre d'écoles qu'ils ont,
02:59en fonction du nombre d'enseignants également
03:00qu'ils vont reprendre.
03:01Parce qu'aujourd'hui, on ne sait même pas
03:02le nombre d'enseignants qu'ils vont reprendre.
03:04Tout à l'heure, j'étais avec l'inspectrice
03:06qui me disait que sur la plus grosse école de Bondy,
03:08elle va en avoir deux d'enseignantes
03:09dans une école où il y a 15 ou 16 classes.
03:11Donc voilà.
03:12Tout cela, c'est beaucoup de flou.
03:14Et comme dirait mon ami Martine Aubry,
03:16quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup.
03:18Et nous, les maires, on a l'habitude de dire
03:19que quand c'est flou du côté de l'État,
03:21c'est que ce sont les maires qui vont payer.
03:23Donc, on a besoin de temps.
03:25Le protocole doit s'appliquer tranquillement.
03:27On a demandé même à l'Association des maires de France
03:29que le protocole sanitaire national
03:34atterrisse au niveau local,
03:35qu'on l'écrive au niveau local
03:37et qu'il remonte à l'État qui nous le validera.
03:39Parce qu'autrement, moi, je vois bien ce qui va se passer.
03:41C'est que le premier adulte infecté dans une école,
03:46ce sera la responsabilité civile, voire pénale, des maires.
03:50Et d'ailleurs, j'ai bien entendu Édouard Philippe,
03:52le Premier ministre, hier,
03:53dire que moi, quand j'étais maire,
03:55je prenais mes responsabilités.
03:56En fait, il nous fait passer pour des lâches,
03:58alors que nous, les responsabilités,
04:00depuis un mois et demi,
04:01on n'arrête pas de les assumer
04:02et d'être aux côtés de l'État pour les assumer,
04:04quoi qu'on en pense.
04:05Parce qu'on est avant tout au service de nos concitoyens.
04:07Mais moi, je ferais remonter ce protocole local à l'État.
04:10Si l'État ne le valide pas,
04:11je prendrai mes responsabilités.
04:13Mais en même temps, je dirais que
04:14le seul fait qu'il ne le valide pas,
04:17pour moi, l'aide déjà qu'en effet,
04:18il ne veut pas engager la sienne de responsabilité.
04:21Alors, quelles décisions vous avez prises aujourd'hui
04:23en ce qui concerne l'ouverture des écoles
04:26?
04:26Vous ouvrez le 12, le 13, le 14, dans deux semaines ?
04:33J'ouvrirai au mieux, au mieux, le 18 mai.
04:36Et de façon très douce et progressive.
04:39Alors, l'État met en avant les enfants
04:41qui sont restés très éloignés de l'école.
04:44Moi, je les ai à peu près comptabilisés
04:46sur une ville comme Bondy,
04:477300 enfants dans les écoles,
04:49une ville très jeune, une ville populaire.
04:51J'ai 500 enfants qui sont perdus de vue
04:55par l'éducation nationale,
04:566800 qui sont restés très en lien avec les enseignants.
04:59Et je dois dire que les enseignants ont fait
05:00un travail remarquable.
05:02Franchement, chapeau bas,
05:04mesdames et messieurs les enseignants.
05:06Ça a pu un peu flotter au niveau collège,
05:08au niveau du premier degré,
05:09ça a été très tenu.
05:09500 enfants, c'est 500 de trop.
05:12Et en effet, il faut aller les chercher.
05:13Mais dans le même temps,
05:14moi qui connais ma ville,
05:16je pense que l'État,
05:17même s'il est parfois un peu hors sol,
05:19doit le savoir également,
05:20on va avoir beaucoup de mal
05:21à les récupérer ces gamins-là avant septembre.
05:23On va tout faire pour les récupérer,
05:25mais on va avoir du mal.
05:27Les parents qui ont décroché,
05:28les familles qui ont décroché,
05:30les enfants qui ont décroché avec,
05:31jusqu'en septembre, ça va être compliqué.
05:33Par contre,
05:34quels sont les parents
05:35qui vont remettre leurs enfants dans les écoles ?
05:38Ce sont ceux qui sont dans l'obligation
05:39de travailler.
05:40Et nous, en Seine-Saint-Denis,
05:42à Bondy, bien sûr,
05:42mais en Seine-Saint-Denis,
05:43on n'a pas beaucoup de premiers
05:45de cordée,
05:45chers au président de la République.
05:47On a surtout des premiers de tranchées.
05:49Parce que où habitent
05:50les ambulanciers,
05:51les aides à domicile,
05:53les aides-soignantes des EHPAD,
05:54les caissières des supermarchés,
05:55si ce n'est dans des villes
05:57comme les nôtres,
05:57en Seine-Saint-Denis ?
05:59Donc, évidemment,
06:00ceux-là,
06:01surtout quand le chômage
06:02va tomber à 70%,
06:03ils vont être obligés
06:04de retourner travailler.
06:05Et donc, ce sont ces enfants-là
06:06qu'on va accueillir dans les écoles.
06:08Et parce que je ne veux pas,
06:09en effet,
06:10que mes concitoyens connaissent
06:12des pertes brutales de salaire
06:13et qu'ils ne puissent plus
06:14faire face à leurs charges,
06:16évidemment qu'on les accueillera
06:17dans les écoles.
06:18Et dans le même temps,
06:18on essaiera d'aller chercher
06:19les plus éloignés.
06:20Mais vous voyez,
06:21moi, ce que je ne voudrais pas,
06:22et je pense qu'un journal
06:23comme le vôtre peut l'entendre,
06:25c'est qu'on crée
06:26une espèce de fracture
06:27entre les parents.
06:28Entre les « bons parents »
06:30qui garderaient leurs enfants
06:31chez eux pour les protéger,
06:32et entre mes premiers de tranchées
06:34qui sont obligés de bosser
06:35et qui, eux, les mettraient à l'école
06:37et qui seraient pointés du doigt.
06:38Et moi, je trouve qu'il y a
06:39un vrai risque.
06:40Et je l'ai dit,
06:41je préside la commission éducation
06:42de l'AMF,
06:43je l'ai dit aux maires
06:44qui se sont connectés
06:45vendredi, il y a huit jours,
06:46à notre commission éducation,
06:48attention à cette fracture
06:49entre les parents
06:50que si l'on n'y prête pas attention,
06:53elle pourrait vraiment
06:54se consolider,
06:56en tout cas se créer
06:57et puis se consolider.
06:58Attention à cela.
06:59Alors, la mise en place
07:00d'un protocole sanitaire
07:02à l'école va induire des coûts,
07:03forcément.
07:04Comment allez-vous
07:05y faire face à Bondi ?
07:09Alors, Bondi est la troisième ville
07:11la plus modeste,
07:13la plus pauvre,
07:13de Seine-Saint-Denis.
07:15Sur les 40 villes de Seine-Saint-Denis,
07:16qui ne sont quand même
07:17guère riches en général,
07:19donc c'est évidemment
07:20quelque chose
07:20que l'on regarde
07:22avec beaucoup d'attention.
07:25Alors, on a appris
07:26qu'a priori,
07:26moitié des masques
07:27nous seraient remboursés.
07:28Bon, moi,
07:30tant que l'argent n'est pas arrivé,
07:32je reste,
07:33d'accord,
07:34je saurai envoyer la facture,
07:35mais bon,
07:36j'attends que l'argent arrive.
07:38Notre territoire reste ensemble,
07:39qui est quand même
07:39un territoire de solidarité,
07:41de Montreuil à Pantin,
07:42de Pantin à Bondi.
07:43Le président du territoire
07:44a décidé de payer
07:45l'autre moitié.
07:46Donc, très bien.
07:48Ça, c'est pour les masques adultes.
07:49Mais on a des masques enfants,
07:51il n'y a pas de filière
07:51de production de masques enfants,
07:52en tout cas,
07:53nous, on n'en a pas trouvé.
07:54Et donc, on a,
07:55ce que l'on connaît bien
07:56dans les villes populaires,
07:57une grande chaîne de solidarité
07:59qui s'est créée.
08:00Dans nos maisons de quartier,
08:01on coupe les masques,
08:02on a trouvé les élastiques,
08:03les tissus,
08:03les molletons,
08:04et on livre,
08:04dans les boîtes à lettres,
08:06les kits de masques
08:07que nous avons
08:08une quarantaine de couturières
08:09qui passent leur temps
08:09et deux couturiers
08:11qui passent leur temps
08:12à coudre et à monter.
08:13Et donc, on en est là
08:14à 1150,
08:15il faut qu'on arrive
08:15à 5000 masques.
08:17Mais dans une ville comme Bondi,
08:18qui sait ce que c'est
08:18que la solidarité,
08:19on peut y arriver.
08:20Et puis, il reste les écoles.
08:21Moi, je ne crois pas
08:22que les quelques enfants
08:23qui vont reprendre
08:24jusqu'au 4 juillet
08:25pourront parler à leur enseignant
08:26derrière un masque.
08:27Ça n'existe pas,
08:28ils vont le poser,
08:29enfin, ça va.
08:29Et donc, on a commandé
08:31beaucoup de visières,
08:3210 000 visières,
08:33on a 7 300 enfants à Bondi.
08:35Les visières, c'est bien
08:36parce que les enfants
08:37peuvent se mouvoir,
08:38tourner la tête,
08:39ils sont protégés.
08:40Le plexiglas
08:40se désinfecte très facilement.
08:42Et donc, on a commandé
08:4310 000 visières
08:44et je dois vous avouer
08:45qu'on a un champion,
08:46je ne sais pas si vous aimez
08:46le football,
08:47mais je pense qu'à l'humanité,
08:48on aime le football.
08:49On a un champion local,
08:51international et planétaire
08:52qui m'a fait la surprise
08:54de me payer,
08:56sans que je le sache,
08:57j'avais déjà commandé,
08:58Kylian Mbappé va nous payer
08:59le coût de ces 10 000 visières.
09:01C'est super.
09:02Et là, c'est un scoop
09:02pour l'humanité,
09:03ce que je vous donne.
09:04Merci, Mme Thomasson.
09:07Alors, on sait aussi
09:08que depuis le début
09:10du confinement,
09:11de nombreuses écoles
09:12qui accueillent notamment
09:12les enfants,
09:13des personnels soignants,
09:15n'ont toujours pas suffisamment
09:16de masques,
09:17de gants.
09:18Alors, craignez-vous
09:20que ce manque,
09:21au-delà des dons
09:22et des soutiens
09:24que vous pouvez avoir,
09:25que ce manque
09:26persiste dans le temps ?
09:29Alors, nous,
09:30on a un centre Covid
09:31et puis notre hôpital
09:32Jean-Verdier
09:32qui sont bien fournis.
09:34Heureusement,
09:34on a fait en sorte
09:37qu'ils le soient.
09:38J'ai encore des médecins
09:39et des infirmières libérales
09:40sur la ville
09:40qui ne m'a pas le secours
09:42parce qu'ils ont du mal
09:43à en avoir
09:43auprès des pharmacies.
09:44Quand je vois le prix
09:45que certaines pharmacies
09:46font payer les masques,
09:48je dis que là,
09:48il y a juste un scandale,
09:49d'autant plus qu'il y a
09:50un certain nombre de masques
09:51qui leur ont été donnés.
09:52Donc, j'aimerais bien
09:52qu'un jour,
09:53il y ait une enquête là-dessus
09:54de ce que sont devenus
09:55les masques
09:55qui ont été donnés,
09:56notamment par la région
09:57Île-de-France.
09:58Avec force déploiement
09:59d'élus politiques
10:00pour distribuer ces masques
10:02de Mme Pécresse.
10:03Donc, j'aimerais bien savoir
10:04qu'un jour,
10:05certains journalistes
10:06fassent une petite enquête
10:07sur ce qui s'est passé
10:08du côté de certaines pharmacies.
10:09Pour les écoles,
10:11moi, j'entends dire
10:11qu'en effet,
10:12l'éducation nationale
10:13pourvoira ses personnels.
10:16Et nous,
10:17on pourvoira bien sûr
10:18les nôtres,
10:18les personnels municipaux.
10:20Ce que je sais,
10:20c'est que depuis
10:21qu'on a ouvert
10:21deux écoles à Bondy
10:24pour accueillir
10:24les enfants du personnel soignant,
10:25c'est nous qui avons dû les doter
10:27parce que rien n'est arrivé
10:28de l'éducation nationale.
10:29Donc, j'espère qu'au moins
10:30qu'à partir du 11 mai,
10:32le matériel pour protéger
10:33les enseignants,
10:35les psychologues,
10:37arrivera.
10:38Autrement,
10:39on sait très bien
10:39ce qui va se passer.
10:40Évidemment,
10:41c'est la ville qui dotera.
10:42Mais j'espère que là,
10:43l'État tiendra ses engagements.
10:45Alors,
10:46vous pointez également du doigt
10:49le fait de choisir
10:51entre les enfants,
10:52entre ceux dont les parents
10:54ont fait le choix
10:56de ramener leurs enfants
10:57à l'école,
10:58ceux dont les parents
10:59doivent impérativement
11:00reprendre le travail
11:01et enfin,
11:02ceux qui sont dans une situation
11:04de décrochage scolaire.
11:06Alors,
11:06comment vous risquez
11:08d'aborder ce douloureux choix ?
11:12Les enfants qui ont décroché,
11:16malheureusement,
11:16ce n'est pas nous
11:17qui les connaissons.
11:18On peut arriver
11:19à recouper ce que l'on entend,
11:21mais on ne va pas faire
11:21un travail très scientifique.
11:23On va essayer de travailler
11:24avec l'inspectrice
11:24de l'éducation nationale
11:25pour que vraiment,
11:26si on peut l'aider
11:27pour aller chercher
11:28ces familles
11:29par les associations locales
11:31que l'on connaît
11:31sur les différents
11:33quartiers populaires,
11:34enfin,
11:34nous,
11:35c'est carrément
11:35toute une ville
11:36qui est populaire
11:36chez nous,
11:38par les médiateurs,
11:40par nos maisons de quartier,
11:41on peut être en soutien
11:43à l'éducation nationale
11:44pour essayer
11:45d'aller chercher
11:46ces familles.
11:47Évidemment,
11:48les enseignants
11:48vont continuer
11:49à essayer de les contacter,
11:50mais là,
11:50ça fait déjà plusieurs semaines
11:51que ces familles sont perdues de vue.
11:53Moi,
11:53ça serait ma priorité,
11:54mais je ne peux pas le faire
11:55sans l'aide
11:55de l'éducation nationale.
11:57Je n'ai pas accès
11:57à ces fichiers-là.
11:59Pour le reste,
12:00je sais que les parents
12:02qui travaillent,
12:02eux,
12:03retrouveront facilement
12:04le chemin de l'école
12:05pour leurs enfants.
12:06On fait toujours un travail
12:07de maillage,
12:08de tisser des liens,
12:10de ne pas opposer,
12:11mais de rassembler,
12:13à Bondy.
12:14Et donc,
12:14moi,
12:14je serais très,
12:15très vigilante
12:15au fait que ne se crée pas
12:16en effet une fracture
12:18entre les bons parents
12:19et les mauvais parents.
12:19Tous les parents
12:20ont envie de protéger
12:21leurs enfants.
12:22Moi,
12:23j'ai été sage-femme
12:23pendant 25 ans de ma vie.
12:25Je les ai mis au monde
12:25tous égaux
12:26et je sais que les parents
12:27avaient tous la même envie.
12:29C'est l'émancipation,
12:30l'évolution
12:32du petit être humain
12:33qu'il venait de mettre au monde
12:34pour lui offrir
12:36tous les possibles de la vie
12:37et lui ouvrir les fenêtres
12:38et les portes de la vie.
12:39Donc,
12:40voilà.
12:40Par contre,
12:42voilà,
12:42attention,
12:42attention,
12:43attention,
12:43parce que là,
12:44il y a quand même
12:44un vrai risque.
12:46Une ville résiliente
12:47comme Bondy
12:47saura y répondre,
12:48mais il faut que chaque maire,
12:50chaque élu
12:50fasse très,
12:51très attention à ça.
12:53Merci beaucoup,
12:54Madame Thomassane,
12:54de nous avoir accordé
12:56quelques minutes.
12:57Merci à vous.
12:58Bon courage à vous.
12:59On en a.
13:00A bientôt.
13:01Au revoir.
13:02A bientôt.
13:02Au revoir.

Recommandations