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  • il y a 1 semaine
Après que la cour suprême espagnole ait autorisé l'exhumation de Franco de son mausolée pour une tombe plus modeste, entretien avec Miguel Martinez Martinez, ancien député européen socialiste, emprisonné sous Franco.

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Transcription
00:00Miguel Martinez Martinez, bonjour. Vous êtes, je le rappelle, l'ancien président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l
00:06'Europe, où nous nous trouvons ici.
00:08Vous êtes un ancien député européen également. Vous êtes socialiste, de la famille des socialistes, et vous êtes espagnol.
00:16Il y a quelques jours, la Cour suprême espagnole a décidé de déplacer la tombe de Franco, de le retirer
00:23de son mausolée pour le mettre dans un endroit plus discret,
00:25et d'en finir avec ce mausolée de Franco à Madrid. Quelle importance a pour vous cette décision aujourd'hui
00:32?
00:33Moi, je pense que c'est un geste de cohérence. C'est le gouvernement socialiste qui a décidé.
00:44Et vous savez, moi, je pense à l'heure actuelle qu'on aurait dû faire ça 30 ans plus tôt.
00:53Il y a toujours des justifications pour pourquoi on n'a pas fait.
00:58C'est toujours vrai qu'il y a eu des choses plus importantes à faire ou qui nous ont paru
01:04plus importantes,
01:05parce qu'elles étaient peut-être moins compliquées aussi.
01:08Et en tout cas, ce qui est évident, c'est qu'il est impossible que dans un pays qui se
01:16targue de démocratie,
01:17de solidarité, il continue à y avoir un immense mausolée
01:25où l'on honore les restes d'un dictateur qui n'a pas été seulement un dictateur épouvantable pour l
01:37'Espagne,
01:38qui a été un dictateur qui a collaboré avec les plus grands assassins, avec Hitler, avec tout ça.
01:51Vous comprenez tout ça ?
01:53C'est quelque chose qui nous a fait comprendre à quel point il était impossible de maintenir cet État financé.
02:03Parce que le problème du mausolée, de ce qu'on appelle la vallée, l'abbaye,
02:13qui montre aussi le lien de l'Église en Espagne,
02:19qui continue, malgré le Vatican,
02:26et tout ce que vous voulez, qui continue à rendre hommage officiellement
02:31à un dictateur responsable de la mort, de l'exil, de tout ce que vous voulez.
02:40Des tortures, parce que moi, je n'étais pas né quand il y a eu la guerre civile.
02:48Et je fais des années de prison.
02:50Donc, j'ai été en prison 20 ans après.
02:55Donc, 20 ans après, on continuait à torturer,
02:58on continuait à assassiner des gens, on continuait à fusiller.
03:02C'est impensable que cela puisse avoir une existence à l'heure actuelle.
03:09Moi, je suis très content de ce que ce soit un gouvernement de mon parti qui a décidé.
03:13Et je suis toujours étonné et un peu navré de ce que des gens qui se disent démocrates
03:23trouvent toujours des prétextes pour dire non, c'est rouvrir des blessures.
03:33Sans comprendre que ce n'est pas ouvrir des blessures, c'est rouvrir.
03:37C'est fermer des blessures qui ont été là et qui ont été là pour une partie très, très importante.
03:44Je ne dis pas, je ne dis pas.
03:45J'aurais pu le dire à un moment donné.
03:47Je comprends maintenant que ce n'était pas vrai, que la guerre en Espagne a été une guerre.
03:51Ce n'était pas une guerre entre quelques dizaines et quelques millions.
03:56Non, non.
03:57Il y avait beaucoup de gens qui se sont battus avec Franco contre le progrès du peuple, sans aucun doute.
04:04Mais alors, ce qui me sidère, moi, c'est qu'à l'heure actuelle, quand on parle d'un projet
04:12de cette nature,
04:13qui est un projet de chlore, ce mausolée, n'est-ce pas, non pas pour jeter les restes,
04:24mais pour envoyer ces restes au cimpierre où il y a la femme du tyran.
04:32C'est pas qu'on souhaite détruire les derniers restes.
04:41Non, non.
04:42Ce que l'on veut, c'est ne pas continuer à payer sur le budget du contribuable un mausolée de
04:53quelqu'un
04:54qui, en tout état de cause, représente quelque chose d'horrible pour l'Espagne et pour l'Europe.
05:01Est-ce que ça veut dire que la période Franco est définitivement terminée en Espagne ?
05:06Vous y faisiez allusion tout à l'heure, ou est-ce qu'il y a quelque chose de cette époque
05:09-là qui se maintient dans le pays ?
05:11La période de Franco a disparu avec la Constitution.
05:16La période de Franco, qu'il y ait des gens et des partis qui ont beaucoup de mal à dénoncer
05:28ce qu'a été le franquisme.
05:29Ça ne veut pas dire que ces partis-là soient franquistes.
05:32Ce n'est pas vrai.
05:33Vous savez, Franco, le franquisme a été candidat aux élections...
05:37Moi, j'ai été élu aux premières élections démocratiques en 77.
05:40À ces élections-là, il y a eu un représentant au Parlement.
05:45Sur 350, il y a eu un représentant franquiste qui a dit « je suis franquiste ».
05:50Tous les autres partis, droite, gauche, confondus, tous les autres n'ont pas reçu de soutien et personne, personne ne
06:02s'est présenté comme un parti de Franco, comme le parti de Franco.
06:05Donc, ce serait faux de dire qu'à l'heure actuelle, des partis qui trouvent des prétextes pour dire «
06:13non, il ne faut pas changer ça »,
06:14ce n'est pas que ce soit des partis franquistes, c'est des partis qui n'ont pas le courage
06:18d'assumer l'histoire de leur pays.
06:21Ça, oui.
06:22Justement, vous êtes un grand observateur de l'Europe, bien sûr.
06:25Je l'ai dit, vous avez été ici le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
06:29C'est-à-dire que vous connaissiez 40 des représentants en permanence.
06:33Vous travaillez, vous parliez avec des représentants de 47 pays d'Europe et au sens très large.
06:39Vous avez été député européen.
06:41Aujourd'hui, on voit des pays glisser, on l'a vu aux dernières élections européennes, par exemple, vers des formes
06:49de populisme,
06:50le retour des thèses d'extrême droite, etc.
06:53Comment vous analysez cette situation, cette espèce de montée en Europe ?
06:58On a l'impression, en tous les cas, on le note dans les résultats aux élections, de ces thèmes d
07:03'extrême droite aujourd'hui en Europe.
07:04Écoutez, c'est sans doute un phénomène regrettable.
07:08Et moi, ça m'étonne toujours, que ce soit dans des pays qui ont connu un régime communiste pendant de
07:19très longues années,
07:20que ce soit en général dans ces pays-là que l'on voit une évolution.
07:28Vous n'avez qu'à voir en Allemagne.
07:29En Allemagne, c'est dans la région de l'Allemagne qui a été...
07:33À l'est de l'Allemagne.
07:34À l'est de l'Allemagne.
07:35C'est là que l'on trouve une poussée vers des points de vue et des positions d'extrême droite.
07:42Je regrette beaucoup.
07:43Je pense que le Conseil de l'Europe doit avoir une tâche à ce propos.
07:47Je pense que nous devrions avoir le courage et la force pour dire à ces pays-là que leurs positions
07:58sont incompatibles avec le processus de construction européenne.
08:03Et qu'on devrait avoir davantage de moyens pour sanctionner très sérieusement des pays où majoritairement...
08:14Parce que le processus électoral est correct dans tous ces pays-là.
08:18Il n'est pas remis en question.
08:19Alors, si dans le processus électoral, on arrive à défendre majoritairement certaines oppositions,
08:26la population devrait être au courant du fait que ça ne se fait pas sans en payer un prix.
08:34Si on ne veut pas appartenir à cette construction, il faut bien savoir qu'on n'aura pas les bénéfices
08:43que cette construction a supposés
08:46pour un très grand nombre de sociétés et de pays, notamment pour les plus démunis dans ces pays.
08:51Je vous remercie, Miguel Martinez.
08:53Martínez, merci beaucoup.
08:54C'est moi qui vous remercie.

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