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  • il y a 1 jour
Les enseignants sont descendus massivement dans la rue ce jeudi 4 avril pour protester contre le projet de loi Blanquer sur l’école et la réforme du lycée et du bac. Une fronde que le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer tente de calmer alors que les défilés en province comme dans la capitale ont été particulièrement suivis. Reportage à Paris.

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Transcription
00:01Eh bien bonjour, nous sommes en direct de la manifestation de l'éducation nationale contre le projet de loi Blanquer
00:08à Paris,
00:09qui est partie de la place de l'Opéra. Il y a déjà beaucoup de monde.
00:13Cette manifestation se déplace en direction de République.
00:21Et nous allons tout de suite poser les premières questions.
00:26Alors nous avons Antoine qui se cache derrière son drapeau.
00:31Alors Antoine, vous êtes enseignant ?
00:34Tout à fait.
00:35Alors pourquoi cette manifestation aujourd'hui ?
00:37Cette manifestation, elle fait suite à un ensemble de réformes et un mépris de la part du gouvernement par rapport
00:48à l'éducation nationale.
00:50Entre autres, on a la réforme du lycée, réforme de la part professionnelle.
00:55Et là, ce qui a monté les choses, c'est aussi la loi dite de la confiance, que le ministre
00:59appelle de la confiance,
01:01mais que nous, on est loin de qualifier comme loi de la confiance.
01:04Il y a aussi, du moins, globalement, aussi plus globalement, les conditions de travail des collègues,
01:09que ce soit les questions salariales ou autres, dans l'ensemble de l'éducation nationale.
01:13Alors on va reprendre tout ça parce qu'effectivement, il y a beaucoup de raisons, en fait, pour cette manifestation
01:17qui est assez massive.
01:18Je crois qu'il y a beaucoup de grévistes aujourd'hui dans l'éducation nationale.
01:24Vous-même, vous êtes enseignant. Vous êtes enseignant où ?
01:27Alors moi, je suis professeur de mathématiques au collège Léon Blum de Villiers-le-Bel.
01:31D'accord. Et comment ça se passe dans votre...
01:34Nous, c'est-à-dire que, bon, là, nous, on voit surtout une des réformes qui commence à construire une
01:40école à deux vitesses.
01:41Quand on voit une école différente selon les catégories sociales, une école fondamentale, entre guillemets, pour les plus démunis,
01:49une école avec des plus, comme on voit par exemple l'école européenne qui va s'installer dans notre académie
01:54dans le 92,
01:55pour les élèves plus favorisés. Et on dénonce clairement pour les élèves cette mise en cause d'une case de
02:01la continuité des services publics d'éducation sur les territoires.
02:03Quand on voit aussi... Donc moi, bon, j'enseigne en collège, mais en éducation prioritaire.
02:07À côté, on a les lycées, des lycées d'éducation prioritaire aussi.
02:10Et quand on voit la discrimination qui a pu être faite par rapport aux lycées d'origine dans les voeux
02:14parcours sub, dans l'orientation des élèves,
02:16on a plusieurs réformes qui font un tout et une cohérence par rapport à cette transformation de l'éducation nationale
02:23et cette case, en fait, de l'unité en créant une éducation à plusieurs vitesses et qui accentue, pour nous,
02:28du moins, ces réformes accentuent clairement les discriminations sociales.
02:30On a commencé à travailler sur les voeux des élèves de seconde suite en choix de spécialité.
02:38Et on voit des choix spécialistes qui sont très clivants socialement.
02:41Du moins, des triplettes de spécialité qui vont être appliquées aux bons élèves, qui est aussi au CSP favorisé,
02:46et d'autres triplettes qui vont être laissées pour les élèves, entre guillemets, plus faibles et issus de milieux populaires.
02:51Alors, une réforme inégalitaire, c'est ce qui est pointé par les enseignants aujourd'hui, et notamment sur la réforme
02:57du bac, c'est un des points qui est mis en avant.
02:59Tout à fait.
03:00Donc, nous, ce qui nous gêne, nous, du moins à la FSU, on a toujours défendu le baccalauréat comme un
03:05examen terminal qui est aussi unique sur les territoires
03:07et qui permet justement à tous les enfants de France, entre guillemets, avec leur baccalauréat, d'accéder à l'université
03:13au supérieur.
03:14Et actuellement, avec les réformes du baccalauréat, quand on met en parallèle aussi avec tout ce qu'on a pu
03:18voir comme dérive dans le parcours suivant,
03:20on se rend compte qu'on a cette case d'unité, que le lycée d'origine devient très clivant pour
03:25l'accès au supérieur.
03:26Et on ne vous cachera pas que forcément, les élèves qui sont les plus touchés par cela, c'est les
03:30élèves des quartiers populaires.
03:31D'accord. On va peut-être continuer avec votre collègue, Aude, c'est ça ?
03:36Maud, pardon.
03:37Alors Maud, vous êtes enseignante également, ou ça ?
03:39Oui, au lycée Descartes à Montigny-de-Bretonneux, dans les Yvelines.
03:43Alors quelle est la situation dans votre établissement ?
03:46Mon établissement reste très préservé par la réforme qui est mise en place.
03:50D'abord parce qu'il s'agit d'un lycée assez petit finalement, donc avec une structure peu importante,
04:00qui fait que, en tout cas l'année prochaine, nous ne perdons par exemple pas de poste.
04:05Pour autant, la rentrée se prépare dans une absence quasi totale de transparence,
04:12c'est-à-dire qu'on avance un petit peu à l'aveuglette, sans savoir vraiment, comment dire,
04:19ce qui lancera des conditions d'enseignement, de l'offre de formation.
04:26Donc ça, ce sont des choses qui inquiètent à la fois les élèves et les enseignants.
04:32Maintenant, les enseignants dans mon établissement essaient surtout de travailler finalement à être prêts à la rentrée prochaine
04:42à mettre en place ce qu'on leur demande, mais tout ça dans une grande inquiétude
04:47et en ayant bien du mal aussi à rassurer les élèves sur ce qui les attend.
04:51Alors, on voit que vous portez une banderole mettant en avant le fait que la réforme blancaire
04:58constitue une attaque et des attaques sans précédent.
05:00Est-ce que vous pouvez m'en dire plus sur ces attaques ?
05:03Alors, il y a la question du tri social qui a été évoquée par mon collègue.
05:10Donc, le fait qu'en effet, la réforme blancaire, alors pour ce qui concerne le lycée,
05:14mais aussi l'école et le collège, met en place une école qui est véritablement à deux vitesses.
05:21Donc, nous, pour ce qu'on envoie au lycée, ça se vérifie avec les choix des spécialités des élèves,
05:26avec une grosse concentration des élèves qui ont les résultats les meilleurs
05:30sur des spécialités comme SVT, maths, physique.
05:35Et donc, les autres spécialités qui sont davantage choisies par des élèves avec des résultats plus faibles.
05:42Il y a aussi le fait simplement de parvenir à s'y retrouver dans le labyrinthe qu'est le lycée
05:50blancaire
05:50et de savoir quels vont être les bons choix, puisque là-dessus aussi, il y a une certaine absence de
05:55transparence.
05:56On a peu d'éléments en ce qui concerne les attendus, justement, pour l'entrée dans le supérieur.
06:03Et il est difficile de savoir si on a fait les bons choix et si ces choix vont permettre aux
06:10élèves
06:11de suivre le parcours qu'ils envisagent, avec aussi l'idée qu'on leur demande de faire ces choix très
06:18tôt,
06:18puisqu'en seconde déjà, il faut qu'ils se déterminent.
06:22D'accord. Donc, c'est vraiment l'avenir des élèves que vous mettez en avant dans la critique que vous
06:27portez à la réforme blancaire.
06:29Oui. Alors, c'est un des aspects, évidemment, et celui qui nous préoccupe en premier lieu,
06:34puisque nous sommes enseignants et préoccupés par l'intérêt des élèves.
06:38Et c'est vrai qu'on n'arrive pas à voir où se trouve l'intérêt des élèves.
06:42Maintenant, il y a aussi des choses qui concernent à la fois les élèves et nos métiers.
06:47Je parlais tout à l'heure des conditions d'enseignement.
06:49On voit déjà, avec la manière dont les établissements sont dotés, avec les suppressions de postes,
06:54que les conditions d'enseignement vont être moins bonnes l'année prochaine.
06:59Les effectifs vont continuer à augmenter, alors que les classes sont déjà très remplies partout.
07:05Par ailleurs, il y a aussi une dégradation à prévoir de l'offre de formation.
07:10Et quelque part, dans certains établissements, ou dans beaucoup d'établissements,
07:15on est obligé de faire un choix, justement, entre une diversité de l'offre de formation et les effectifs.
07:24D'accord. Merci. On va continuer peut-être avec votre collègue.
07:29Bonjour.
07:30Bonjour.
07:31Alors, vous êtes enseignante...
07:32Alors, moi, je suis enseignante dans le premier degré dans la Drôme.
07:35Et je suis remplaçante sur un poste de titulaire remplaçante.
07:39Et je suis également en charge de certains dossiers pour le SNI-PP-FSU.
07:43D'accord. Alors, le SNI-PP-FSU, comment voit-il la réforme Blanquer ?
07:48Ah ben, écoutez, si on trouvait que c'était une bonne idée, on ne serait pas là.
07:52Et on est très inquiets. Depuis le début, on est très inquiets.
07:55On a participé à plusieurs réunions avec le ministère pour dire ce qu'on en pensait sur tous les articles.
08:01On a alerté comme on pouvait nos collègues sur vraiment la dérive que va pouvoir apporter la loi Blanquer pour
08:08l'école.
08:09Et donc, voilà, de notre point de vue, il n'y a pas beaucoup d'articles de mémoire et pas
08:13beaucoup d'articles qui, pour nous, sont bons.
08:16On s'est adressé également... On s'était adressé à l'Assemblée nationale.
08:19On s'adresse actuellement aux sénateurs pour les alerter sur le contenu de cette loi et sur les sujets, du
08:27coup, sur lesquels ils vont voter.
08:29Et alors, un point qu'on n'a pas abordé avec vos collègues juste avant, c'est celle des suppressions
08:32d'emplois qui sont annoncées assez nombreuses.
08:36Alors nous, pour le premier degré, sur le papier, on est épargnés parce que cette année, c'est annoncé en
08:43positif.
08:43Sauf qu'il y a une priorité du ministère, c'est le dédoublement des classes de CP et CE1 en
08:51REP et en REP+.
08:53Et du coup, forcément, les 2600 postes que l'on a obtenus cette année ne suffisent pas à couvrir les
08:59dédoublements.
09:00Ça veut dire qu'on ferme des postes à côté.
09:01Alors, le gouvernement précédent avait mis en place les maîtres surnuméraires pour pouvoir justement participer à la réussite des élèves.
09:10Et donc, aujourd'hui, des maîtres surnuméraires, on n'en a quasiment plus.
09:13On prend également sur les moyens de remplacement.
09:16On prend partout où on peut.
09:17Et puis, surtout, ce que l'on voit, c'est que là où on baisse les effectifs dans les écoles
09:23où les CP et les CE1 sont dédoublées,
09:26les autres classes, CM1, CM2, sont, elles, gonflées à bloc.
09:30Et puis, bon, je ne vous parle pas de l'école rurale qui a énormément dû rendre des postes également
09:35pour pouvoir participer à cette politique éducative.
09:38D'accord. On voit qu'il y a beaucoup de monde aujourd'hui mobilisé dans l'éducation nationale.
09:45Oui. Alors, effectivement, il y a beaucoup de monde.
09:48Nous, on a regardé, pour notre organisation syndicale, on a regardé ce qu'il en était dans le premier degré.
09:54Et on s'aperçoit que les actions sont différentes selon les départements.
10:00Mais partout, il se passe des choses.
10:03On a à nouveau énormément d'écoles fermées, un petit peu partout sur le territoire.
10:07Et donc, on se dit que là, effectivement, la loi Blanquer, c'est la goutte d'eau qui fait déborder
10:11le vase.
10:12D'accord. Alors, elle fait déborder le vase pas uniquement pour les enseignants.
10:15Je vois aussi des lycéens qui sont présents dans la manifestation.
10:19Alors, on est en direct sur le Facebook de l'UMA.
10:24Vous êtes représentant lycéen du...
10:26Pour l'UNL.
10:28Pour l'UNL, oui.
10:29Alors, pourquoi l'UNL est mobilisé aujourd'hui contre la réforme Blanquer ?
10:33Il faut être honnête. Sur le secondaire, ça n'a pas beaucoup mobilisé.
10:36En tout cas, pour ce qui est du côté des élèves.
10:37Parce que nous, on est concerné par Parcoursup.
10:40On est concerné par la réforme du bac et du lycée.
10:42Mais l'école de la confiance, ça nous touche aussi.
10:44Regardez tous ces professeurs qui sont là et qui disent qu'ils n'en peuvent plus.
10:46Vous voulez que ce soit ces professeurs-là qui nous fassent cours dans la salle de classe ?
10:49On ne compte plus les nombres de burn-out, on ne compte plus tout ça.
10:51Et nous, on le sent aussi.
10:53Ça se sent dans une classe.
10:54Et ça se sent aujourd'hui que l'éducation nationale, elle est en crise.
10:56Et on a le projet de loi École de la Confiance qui représente deux choses.
10:59Un texte vachement technocratique qui change quelques petites mesures.
11:02Et d'ailleurs, on a l'impression de ne rien y comprendre.
11:04Mais finalement, regardez, on va dire avec l'article 1.
11:06Allez, bon, c'est un article très symbolique.
11:08Mais les profs se mettent au pas.
11:10Et pour aller à cette manifestation, c'est presque que ça ne pourrait pas leur tomber dessus.
11:12Donc il y a déjà ça.
11:14Et puis ensuite, il y a tout ce qui est question du financement des écoles privées.
11:16Et donc finalement, à travers l'École de la Confiance, il y a tout le projet Blanquer.
11:19Et donc du coup, c'est le deuxième point.
11:21C'est un projet de loi qui est aussi très symbolique.
11:23Et c'est pour ça que vous avez des parents qui sont mobilisés.
11:25Vous avez beaucoup de professeurs qui sont mobilisés.
11:27Il y a beaucoup de monde dans la rue aujourd'hui.
11:28Nous, lycéens, on essaie de venir aussi.
11:31Mais on pense que ça va plus loin que l'École de la Confiance.
11:35C'est le projet Blanquer qu'il faut arrêter.
11:37Parce que l'École, on la ferait à l'époque avec les lois Ferry.
11:41Moi, je ne reconnais pas l'École de Ferry avec Blanquer.
11:43Je reconnais l'École managériale où on va faire la sélection, l'élitisme, la méritocratie qui est de la poudre
11:48aux yeux.
11:49Ce n'est pas ce qu'on porte.
11:50Et du coup, c'est pour ça qu'on est là.
11:51D'accord.
11:52Merci.
11:52Et on voit qu'il y a une grande unité.
11:55Blanquer a réussi en tout cas à rassembler une grande unité contre lui.
11:59Je vais passer à un autre lycéen qui représente la Fidèle.
12:03Oui, bonjour.
12:04Bonjour. Alors, pourquoi, qu'est-ce que la Fidèle aujourd'hui reproche projet de loi Blanquer ?
12:10Aujourd'hui, ce n'est pas seulement un projet de loi qui pose problème.
12:13C'est toute la politique éducative de Blanquer de manière générale.
12:16On pense à Parcoursup l'année dernière qui a été catastrophique.
12:18Par exemple, très simplement, hier soir, c'était la fermeture des voeux sur Parcoursup.
12:22Il y a eu encore une série de bugs catastrophiques où, en gros, il y a énormément d'élèves qui
12:26ont perdu tous leurs voeux et toutes leurs lettres de motivation.
12:28Ils sont obligés de tout refaire et de tout réécrire en une journée aujourd'hui.
12:31C'est n'importe quoi.
12:32Pour la réforme du bac, l'organisation est encore catastrophique.
12:34Les professeurs se retrouvent à devoir enseigner des matières qu'ils ne connaissent pas l'année prochaine.
12:38Les élèves à choisir des matières dont ils ne connaissent pas le contenu.
12:40La mise en place est délirante.
12:42Et puis, il y a surtout problème sur la loi sur l'école de la confiance qui impose des symboles
12:45rétrogrades des nationalistes dans les lycées.
12:47Symboles qui sont aujourd'hui rejetés par la jeunesse qui est quand même massivement contre le nationalisme.
12:51Toutes ces politiques posent problème.
12:52Mais en fait, ça montre un peu la politique de Macron de manière générale.
12:55C'est-à-dire, la fin de l'enseignement et de l'éducation publique est gratuite.
13:01Et on est là aussi pour soutenir nos professeurs et soutenir notre éducation.
13:04D'accord.
13:04Merci.
13:05Nous, on va continuer notre live.
13:06Merci à tous.
13:07On va continuer notre live dans la manifestation.
13:09Et on va montrer un peu les différents cortèges.
13:12Merci.
13:13Merci à vous.
13:44Merci.
14:38Sous-titrage Société Radio-Canada
14:42Merci.
15:08Merci.
15:19Merci.
15:28Merci.
15:35Merci.
16:00Merci.
16:05Merci.
16:18Merci.
16:46Merci.
16:49Merci.
16:51Merci.
16:59Merci.
17:00Merci.
17:00Merci.
17:01Merci.
17:02Merci.
17:02Merci.
17:07Merci.
17:07Merci.
17:08Merci.
17:09Merci.
17:10Merci.
17:12Merci.
17:21Merci.
17:22Merci.
17:27Merci.
17:28Merci.
17:28Merci.
17:32Merci.
17:32Merci.
17:40Merci.
17:42Merci.
17:47Merci.
17:48Merci.
17:57Merci.
18:00Merci.
18:03Merci.
18:09Merci.
18:16Merci.
18:26Merci.
18:41Merci.
18:42Merci.
18:51Merci.
18:56Merci.
19:02Merci.
19:11Merci.
19:19Merci.
19:43Merci.
19:51Merci.
19:53Merci.
19:55Merci.
19:59Merci.
20:01Nous sommes avec Ingrid et sa banderole.
20:04Ingrid et sa banderole.
20:06Bonjour.
20:07Donc invitation, cher Jean-Michel, je t'invite à passer une semaine avec moi, enseignante
20:14et chargée de direction et après on en rediscutera.
20:18Alors concrètement s'il venait, malheureusement je crains qu'il ne décline l'invitation, mais
20:23s'il venait, qu'est-ce qu'il constaterait ?
20:26Il constaterait qu'être enseignant et directeur c'est très difficile et qu'il se fait beaucoup
20:31d'idées je pense sur la profession et voilà.
20:34Aujourd'hui moi j'ai une classe, j'ai 30 élèves dans ma classe avec beaucoup d'enfants
20:38très différents, des enfants qui arrivent qui ne parlent pas français, des enfants
20:41qui sont handicapés.
20:42On nous demande d'être bienveillants avec eux.
20:44Bien sûr que nous c'est le cœur de notre métier, on a envie de les faire réussir
20:46mais aujourd'hui dans ces conditions, on n'y arrive pas.
20:49On n'y arrive pas et on a envie d'être écoutés.
20:52Aujourd'hui on a l'impression que non seulement on n'est pas écoutés mais en plus on nous
20:56demande de faire confiance alors que voilà.
20:58Et vous manquez d'éléments en plus pour faire confiance j'ai l'impression.
21:01Oui parce qu'il y a beaucoup trop de flou dans cette loi, il y a beaucoup de choses
21:04qui peuvent être soumises à interprétation et en plus nous dire qu'on n'a pas compris
21:08et qu'on ne sait pas lire c'est un peu compliqué pour nous.
21:11D'accord, merci, bonne manif.
21:14Merci.
21:27Merci.
21:28Merci.
21:28Merci.
21:38Merci.
21:45Merci.
21:46Estelle qui porte un cercueil à notre regrettée école publique, l'école privée reconnaissante.
21:59Alors Estelle.
21:59Je pense que concrètement la sensation qu'on a c'est qu'on retire à l'école publique
22:05tout ce qui faisait son intérêt, la qualité de l'enseignement et qu'on sait très bien
22:09que les parents ce qu'ils vont vouloir c'est quand même ce qu'il faut pour leurs enfants
22:11et donc qu'ils mettent les moyens s'il le faut.
22:14Donc à côté de ça quand on demande au mérite contenu à financer l'école privée,
22:17on sait pourquoi on fait ça.
22:18Le projet c'est quoi ? C'est de permettre à l'école privée de se développer le plus possible
22:22au détriment de l'école publique.
22:23Donc il y aura ceux qui auront les moyens ou en tout cas qui seront tout pour,
22:26à savoir faire des heures sup et bosser comme des dingues pour pouvoir payer des vraies écoles à leurs gosses
22:30et ceux qui ne pourront pas faire autrement que de les mettre dans l'école publique.
22:33Donc on nous parle de mettre tous les jeunes ensemble.
22:35Après on va nous parler d'un super service à 16 ans pour ressembler la nation.
22:39Mais en fait dès le début on sépare les gens et on les clive.
22:42Sachant qu'en plus s'ils veulent retirer la carte scolaire,
22:45c'est un moment qu'elle est retirée mais là vraiment il n'y aura plus de sectorisation.
22:48Donc on sait ce qui va se passer, il y aura des écoles de l'excellence
22:50comme le veut M. Blanquer et puis les autres.
22:52Et clairement ça va permettre aux privés de se favoriser,
22:55ça va faire des super écoles privées comme aux Etats-Unis.
22:57Mais notre école publique comme on la connaît là, comme nous on l'a connue,
23:00elle est en train d'être détruite.
23:02Alors on sent énormément de colère aujourd'hui, une forte mobilisation.
23:05Est-ce que vous pensez que c'est de nature à faire flancher Blanquer ?
23:10On espère qu'en fait le gouvernement a compris qu'il n'est pas juste là pour répondre à ce
23:15que lui demande le MEDEF,
23:17mais qu'il est là normalement pour offrir une bonne qualité de vie à ses citoyens.
23:21C'est-à-dire qu'à nous, puisque il y a les profs, les parents, tout le monde est plutôt
23:25contre cette réforme.
23:26Donc à un moment on n'est pas tous stupides.
23:28Et si on est contre, ce n'est pas parce qu'on n'a pas compris,
23:30c'est parce qu'on a compris que ce n'était pas pour nous.
23:32Voilà.
23:32D'accord.
23:33Merci.
23:42Voilà, on continue à suivre en direct la manifestation de l'Éducation nationale contre les réformes Blanquer.
23:47Il y a beaucoup, beaucoup de monde aujourd'hui à Paris.
23:50La manifestation est partie d'Opéra.
23:53Elle se rend à République et les cortèges se succèdent.
23:59Beaucoup d'enseignants du primaire et du secondaire et beaucoup de jeunes.
24:05On va continuer à vous montrer tout ça, les banderoles, la détermination.
24:11« En soi, nous, viens de nous ! On accrue, viens de nous ! »
24:24On s'en fout bien de nous, on s'en fout bien de nous.
24:56On s'en fout bien de nous, on s'en fout bien de nous, on s'en fout bien de
25:06nous.
25:07Les élevés, les cales sont censés évaluer, c'est sûr qu'avec les stats ils vont bien progresser.
25:12On appelle à recruter, il faudrait plus nous payer, notre école est perdue, nous on veut la sauver.
25:18On s'en fout bien de nous, on s'en fout bien de nous.
25:28On le voit, des revendications en chanson, aujourd'hui à la manifestation contre les réformes blanquaires.
25:40On continue.
25:42Vous montrez ces cortèges et ces milliers d'enseignants mobilisés aujourd'hui contre les réformes blanquaires à Paris, ici, entre
25:55la place de l'Opéra et la place de la République.
26:02De la colère, de la détermination, mais aussi de l'envie, de la détermination.
26:19Blanquaires, t'es foutu, décollé dans la rue.
26:22Peut-on lire ?
27:10Beaucoup d'enseignants aujourd'hui, mais aussi des parents et leurs enfants, des jeunes, des lycéens.
27:52On le voit, il y a l'université qui est présente, sur la gauche, Bobigny, Gennevilliers, le 94.
28:04La banlieue, la banlieue est là.
28:05On le voit, il y a l'université qui est présente, sur la gauche, Bobigny, Gennevilliers, le 95.
28:37On le voit, il y a l'université qui est présente, sur la gauche, Bobigny, Gennevilliers, le 95.
29:04Pour supprimer l'ISF, ils ne trouvent plus fruit, mais il n'y en a plus pour les services publics.
29:11Pour supprimer l'ISF, ils ne trouvent plus fruit, mais il n'y en a plus pour les services publics.
29:19Pour supprimer l'ISF, ils ne trouvent plus fruit, mais il n'a plus pour les services publics.
29:29Alors nous sommes dans un cortège qui s'intitule Assemblée Générale des Établissements en Lutte.
29:36Bonjour, vous êtes François ?
29:38François, oui.
29:39Alors c'est quoi cette Assemblée Générale des Établissements en Lutte ?
29:44Depuis le mois de janvier, des coordinations de lutte contre Blanquer, des collectifs, sont mises en place dans toutes les
29:51régions de France,
29:52y compris à Paris et en Ile-de-France. Et donc c'est une de ces AG.
29:56Donc on le voit, c'est un mouvement qui est en construction et ça continue à s'élargir.
30:02Oui, oui. En ce moment, c'est les collègues du premier degré qui sont les plus mobilisés.
30:06Vous avez entendu parler des chiffres. 70% de grévistes à Paris, 230 écoles fermées.
30:12Et c'est pareil dans toute la région.
30:14Dans le second degré, c'est un peu de mal à redémarrer, mais on est là. On est toujours là.
30:18Et il y a quelques établissements qui sont bloqués aujourd'hui ou qui sont partis en grève reconductible.
30:24Alors les craintes... Alors il y a beaucoup de problèmes qui sont soulevés par les enseignants vis-à-vis de
30:31cette réforme, de ces réformes.
30:33Si vous pouviez les caractériser en quelques mots.
30:38Alors, on va dire que le plus simple, c'est de dire que c'est un projet de démantèlement complet
30:43du service public d'éducation nationale,
30:46d'orientation, d'information à l'orientation, parce que nos collègues des CIO et de l'ONICEP sont touchés également.
30:52Et que ça se fait par petites touches, par étapes. Et la dernière étape, c'est la loi Blanquer.
30:57Avant cela, il y a eu Parcoursup, il y a la réforme du lycée et du bac.
31:00Et il y a eu le démantèlement de l'ONICEP et les fermetures de CIO.
31:04On est dans une logique de marchandisation de l'éducation.
31:07Et vous avez entendu peut-être parler de cette mesure symbolique qui a consisté à rendre obligatoire l'école à
31:123 ans.
31:13Ce qui a favorisé le financement par les collectivités locales du privé.
31:20Donc, la difficulté qu'on a, c'est que comme ça a été attaqué par morceaux, on parle d'une
31:25attaque par Pulse, par partie,
31:28on a eu du mal à prendre conscience collectivement de la cohérence de ces attaques.
31:33Et la touche finale arrive bientôt.
31:37C'est la loi de refondation, de destruction de la fonction publique qui va parachever cet édifice
31:44qui avait été annoncée par Sarko et que Macron réalise.
31:47C'est la destruction du programme du CNR que Macron et Sarko vont soi-disant honorer ensemble il y a
31:55quelques jours.
31:57Voilà, je ne sais pas si je peux ajouter d'autres choses, si vous voulez.
31:59Ah mais oui, oui, allez-y, allez-y.
32:01Ça permet d'éclairer sur ce mouvement qui est assez massif, assez impressionnant.
32:07C'est impressionnant.
32:08Comment dire ? On peut avoir des niveaux de mobilisation très variables.
32:14Je vais me bouger.
32:20On peut avoir des niveaux de mobilisation très variables d'un établissement à l'autre,
32:23mais dans toute la France, il y a des mobilisations importantes.
32:26Et la chose qui est assez frappante, c'est que j'ai envie de dire qu'on n'est pas
32:31moins déterminé que les Gilets jaunes.
32:32On n'est pas prêt à lâcher l'affaire.
32:34Et vous avez peut-être entendu parler que même le syndicat majoritaire, le SNES, envisage de déposer un préavis de
32:41grève le 17 juin,
32:42c'est-à-dire en fait de ne pas assurer nos surveillants de BAC.
32:46Donc c'est dans un coin de la tête de tous les collègues.
32:49On n'est pas prêt à lâcher l'affaire.
32:52Alors maintenant, il faut qu'on soit tous en même temps en mouvement et c'est ça qui est en
32:55train de se construire.
32:57Alors visiblement, ça se construit pas mal parce qu'il y a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde aujourd'hui
33:01dans la rue.
33:02Nous, on va continuer notre live.
33:04Merci à vous.
33:05Je vous en prie.
33:06Et un bon courage pour l'avenir de l'humain.
33:08Merci.
33:09Merci.
33:47Sous-titrage Société Radio-Canada
34:05Voilà, nous sommes en direct de la manifestation contre les projets de loi Blanquer depuis maintenant plus d'une demi
34:11-heure.
34:12Nous avons eu plusieurs témoignages.
34:15Et vous le voyez, il y a beaucoup, beaucoup d'enseignants, mais aussi des jeunes.
34:19Et la rue, elle est à qui ?
34:23Elle est à nous !
34:24Et la rue, elle est à qui ?
34:27Elle est à nous !
34:28À qui ?
34:29À nous !
34:30À qui ?
34:31À nous !
34:32À qui, à qui, à qui ?
34:34À nous, à nous, à nous !
34:36Et les femmes, elles sont à qui ?
34:38Elles sont à nous !
34:39Et les lycéens, elles sont à qui ?
34:41Elles sont à nous !
34:43À qui ?
34:44À nous !
34:45À qui ?
34:46À nous !
34:47À qui, à qui, à qui ?
34:48À nous, à nous, à nous !
34:50En Ré, je suis capable de ne pas finir le Ré !
34:54En Ré, je suis capable de ne pas finir le Ré !
35:08Voilà, beaucoup de monde aujourd'hui dans la rue.
35:10On l'a vu, beaucoup de détermination.
35:14Des réformes blanquaires qui, décidément, ne passent pas.
35:18Et la volonté de ne pas lâcher, d'aller jusqu'au bout, ça nous a été dit plusieurs fois.
35:23Donc c'est un bouffement à la fois massif, mais qui s'inscrit dans une certaine durée.
35:30Et on continuera, l'humanité, à suivre, évidemment, le journal papier et le web, la vidéo.
35:49Voilà, on va s'en tenir là aujourd'hui, pour ce live.
35:53On continue à laisser défiler les manifestants, beaucoup, beaucoup d'enseignants.
36:00Et on vous donne rendez-vous sur un prochain live.
36:07Merci.
36:08Merci.
36:08Merci.
36:09Merci.
36:10Merci.
36:14Merci.
36:15Merci.
36:15Merci.
36:16Merci.
36:16Merci.
36:16Merci.

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