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  • il y a 1 jour
Avec Laurence Cohen, sénatrice CRCE, vice-présidente de la délégation des droits des femmes, Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, Luc Fremiot, ancien procureur de la République à Douai, écrivain, et Morgane Seliman, victime de violences conjugales, auteur de « Il m’a volé ma vie ». Débat à la Fête de l'Humanité le samedi 14 septembre 2019, animé par Alexandre Fache, journaliste à l’Humanité.

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Transcription
00:07On va peut-être commencer.
00:10Merci d'être très nombreux pour ce nouveau débat à l'Agora,
00:15intitulé « Quand le féminisme devient une lutte de masse ».
00:18On va beaucoup parler ce soir des violences faites aux femmes,
00:23qui est un des très gros sujets en ce moment, mais pas forcément que de ça.
00:28Néanmoins, ça risque d'être un des sujets principaux de ce débat.
00:33Je vais vous présenter dans un instant nos 4 invités,
00:37mais je voulais commencer par souligner quelque chose.
00:42Lundi dernier, Monique, 72 ans, a été abattue par son mari, Marcel, 78 ans.
00:50Il avait tout juste auparavant tué à coup de fusil sa belle-mère et son beau-frère chez eux, dans
00:55leur lit.
00:57Il a ensuite tenté de se suicider et est décédé peu de temps après.
01:01Le procureur de Tarascon a réagi ainsi « Il s'agit a priori d'un drame familial ».
01:09Drame familial, fait divers, crime passionnel.
01:12On pensait que ces expressions, leur usage était révolu.
01:16Elles ont longtemps caché un véritable phénomène de société,
01:20qui est celui des violences faites aux femmes.
01:23La mort de Monique, lundi dernier, c'est le 104e féminicide
01:29recensé depuis le début de l'année par le collectif de bénévoles lancé sur Facebook en 2016.
01:36Tous les deux jours, vous connaissez sans doute ces chiffres,
01:39tous les deux jours, une femme tombe sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint
01:43et 220 000 d'entre elles sont victimes de violences physiques ou sexuelles.
01:48Sur ces 220 000, 19% déclarent avoir porté plainte seulement après ces violences.
01:55Si le féminisme redevient une lutte de masse aujourd'hui,
01:59comme le souligne l'intitulé de notre débat,
02:02c'est aussi parce que le problème est massif.
02:06Il y a deux ans, éclatait l'affaire Weinstein,
02:08la révélation publique des harcèlements et agressions sexuelles imputées aux producteurs américains.
02:14Ça a déclenché aux Etats-Unis et en France une vague de libération de la parole des femmes.
02:19Le hashtag MeToo a retrouvé une seconde jeunesse,
02:22a été partagé dans des millions de tweets.
02:25Les mouvements de ces derniers mois contre les violences faites aux femmes
02:28sont la suite de ce tsunami.
02:30Sauf qu'aujourd'hui, les actrices et acteurs de cette lutte demandent autre chose que des discours.
02:37Dénoncer ne suffit plus, tous attendent des actes.
02:41Nos invités vont sûrement le répéter.
02:46Je voudrais commencer par passer la parole à Morgane Seliman,
02:51qui a accepté d'être avec nous ce soir.
02:55Morgane qui a été victime de violences conjugales pendant 4 longues années
02:59et qui a raconté ce calvaire dans un livre intitulé « Il m'a volé ma vie ».
03:06Est-ce que, Morgane, je vous passe la parole d'abord ?
03:09Peut-être je dis l'ensemble du plateau,
03:13qui compte aussi Suzy Rotman, porte-parole du collectif national pour les droits des femmes,
03:20Laurence Cohen, sénatrice CRCE, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat,
03:25et Luc Premio, l'ancien procureur de Douai, qui connaît aussi très bien ses questions et qui est aujourd'hui
03:32écrivain.
03:40Je voudrais donc commencer avec Morgane Seliman.
03:43Merci d'être là.
03:45Il y a beaucoup de scènes terribles dans votre livre,
03:48et notamment ce compte à rebours que vous subissiez avant les violences.
03:53Comment s'est mise en place cette emprise dans laquelle vous avez été ?
03:57Eh bien, bonjour à tous.
03:59Merci d'être là aussi nombreux pour ce débat qui est important.
04:03Cette emprise, c'est compliqué, en fait, à expliquer.
04:07On tombe dedans, mais on ne s'en aperçoit pas, en fait.
04:11Par exemple, pour ma part, ça allait être « Dans 3 heures, je te défonce. »
04:16Dans 2 heures.
04:16Ce matin, je n'avais pas fait comme il fallait les œufs au plat.
04:20Plus qu'une heure, plus que 30 minutes.
04:22Il me chouchote dans le creux de l'oreille plus que 5 minutes.
04:25Je monte à l'étage pour coucher notre fils.
04:27C'est le signal.
04:28C'est le rituel.
04:30C'est le début du compte à rebours.
04:32Et quand enfin je vais avoir couché mon fils,
04:35là, je vais descendre ce fameux escalier,
04:38et enfin, les coups vont tomber.
04:40Et c'est presque un soulagement d'avoir enfin ces coups qui tombent.
04:44Ça va être une claque, deux claques, trois claques.
04:47Puis ce goût de sang dans la bouche, en fait.
04:50C'est terrible.
04:52Mais les gens, on ne peut pas comprendre, en fait.
04:54J'ai été victime de violences conjugales comme plus de 200 000 femmes en France.
04:58Et c'est cette emprise qui nous tue, en fait.
05:02Parce que les gens ne peuvent pas comprendre ce que c'est.
05:04Et c'est important d'aujourd'hui d'essayer d'éclairer les gens là-dessus.
05:09Merci, Morgane.
05:18Suzy Rotman, je vais vous passer la parole.
05:19Comment vous réagissez à ce témoignage ?
05:22C'est un sujet que vous connaissez très bien.
05:25Ben, je crois que les féministes ont vraiment,
05:30depuis très longtemps déjà,
05:32et on s'est même inspiré d'autres pays,
05:36mis à nu le cycle infernal des violences,
05:39notamment dans le couple là.
05:41Et que, quand je pense,
05:44on a commencé à militer le mouvement féministe contre les violences
05:49à la moitié des années 1970.
05:53Et quand je pense qu'on en est encore
05:56à réclamer des lois,
05:58et à réclamer l'application des lois,
06:01notamment avec le budget qui va avec,
06:04et quand on entend Morgane décrire ce qu'elle a vécu,
06:09je trouve ça juste épouvantable, quoi.
06:11Voilà, là, c'est vraiment une réaction
06:15totalement émotionnelle,
06:16même si je la connais,
06:17même si j'ai accompagné durant plus de 10 ans
06:19des femmes victimes de viol,
06:21mais je trouve ça...
06:23Voilà, je reste un peu sans mots.
06:26Merci.
06:34Laurence Cohen, je vous passe la parole désormais.
06:37Donc, je disais, vous avez signé un rapport
06:40pour la délégation aux droits des femmes
06:43sur prévenir et combattre les violences faites aux femmes.
06:46Ça fait longtemps que vous vous battez sur ces questions.
06:49Qu'est-ce qu'il faudrait faire aujourd'hui ?
06:51On sait qu'il y a un grenelle qui vient de s'ouvrir
06:53le 3 septembre dernier.
06:54Est-ce que vous fondez des espoirs dans ce grenelle
06:57ou est-ce que ça va être simplement un coup de com' ?
07:00Sur quoi il faudrait avancer ?
07:03D'abord, je veux remercier Morgane
07:06d'avoir le courage de témoigner ici
07:08parce que ça n'est pas facile.
07:10Et même si, quand on est féministe
07:14et qu'on se bat contre les violences,
07:16on sait ce qui se passe,
07:17c'est toujours dramatique de l'entendre
07:20et pas facile non plus de l'entendre.
07:22Donc ça, c'est la première remarque.
07:23La deuxième remarque, c'est l'importance effectivement
07:28de ces témoignages, mais la colère.
07:31La colère vis-à-vis du gouvernement
07:34parce que malheureusement, ce constat,
07:37il est partagé.
07:39Le constat des violences,
07:41des causes de ces violences,
07:43le système patriarcal,
07:45c'est partagé par l'ensemble des associations féministes,
07:48féministes, par un certain nombre également aussi
07:52de syndicats, de magistrats,
07:56de femmes et d'hommes politiques,
07:58et que là, le gouvernement
08:00est en train de perdre du temps.
08:03En tout cas, moi, c'est comme ça
08:04que j'interprète les choses.
08:06Un grenelle, un grenelle
08:08pour essayer de faire un état des lieux.
08:11L'état des lieux, on l'a.
08:13Puisque chaque jour, malheureusement,
08:16presque chaque jour,
08:18on en est déjà à 104 féminicides,
08:21il y a une femme qui meurt
08:23sous le coup de son compagnon
08:26ou de son ex-compagnon.
08:27Et je veux souligner aussi
08:29que ça touche des femmes de tous les âges,
08:33de tous les milieux sociaux,
08:35et que ça, la ministre,
08:37je ne sais pas ce qu'elle attend
08:39pour faire un état des lieux supplémentaire.
08:43Et la deuxième chose que je veux souligner,
08:45parce que ça me semble important,
08:47c'est que des propositions
08:48pour combattre ces violences,
08:50Suzy l'a un petit peu souligné,
08:52l'a effleuré,
08:53on les a depuis longtemps.
08:55Mais là, il y a quand même un fait nouveau,
08:57je trouve,
08:59fait nouveau entre guillemets,
09:01le mot nouveau,
09:01c'est que là encore,
09:03les propositions pour combattre ces violences,
09:05elles sont consensuelles.
09:07Donc qu'est-ce qu'on attend
09:08pour prendre les mesures qui s'imposent ?
09:11Qu'est-ce qu'on attend ?
09:12On va attendre encore
09:13combien de femmes
09:15qui vont mourir
09:16sous le coup de leurs compagnons ?
09:18Donc c'est ça que moi,
09:19je dénonce en tant que parlementaire.
09:21Et ce que j'attends de la ministre aujourd'hui,
09:25eh bien, c'est qu'elle nous dise,
09:26voilà, je vais débloquer
09:28des moyens humains
09:29et des moyens financiers.
09:34Et après, on peut détailler
09:35les mesures.
09:39Merci.
09:44Je passe la parole à Luc Frémiaud.
09:46Donc vous êtes l'ancien procureur
09:47de la République à Douai.
09:49Vous avez fait beaucoup sur ce sujet.
09:52Qu'est-ce que vous avez mis en place
09:54à ce moment-là,
09:55qui a fonctionné
09:56et qui n'a malheureusement pas été généralisé
09:59depuis en France ?
10:00Vous savez,
10:01il y a des choses
10:02qui sont très simples à faire
10:04et que manifestement,
10:06en raison de la surdité
10:07des pouvoirs publics,
10:09on n'arrive pas aujourd'hui
10:10à généraliser.
10:11La première des choses,
10:12c'est une tolérance zéro
10:14en matière de violences faites aux femmes.
10:16Les violences faites aux femmes,
10:18c'est un combat journalier
10:20et c'est un combat pour l'avenir
10:22parce qu'il ne faut jamais oublier
10:23qu'il y a des enfants
10:24qui sont bien souvent là
10:25et que ces enfants sont des victimes,
10:28des otages et des témoins.
10:30Tolérance zéro,
10:31ça veut dire que les services
10:33de police et de gendarmerie
10:34sont astreints,
10:35d'ailleurs c'est prévu par la loi,
10:37de recevoir toutes les plaintes.
10:39Il faut arrêter avec ses mains courantes,
10:42il faut arrêter de laisser croire aux femmes
10:44que lorsqu'elles déposent une main courante,
10:46il va y avoir une enquête.
10:47Une main courante,
10:48il ne se passe rien.
10:50La police est obligée
10:51de prendre les plaintes
10:53et c'est ce que je leur ai demandé
10:55sur mon ressort.
10:56Ensuite,
10:57une instruction immédiate
10:59menée par les services de police
11:01de manière à ce qu'en 48 heures,
11:03on règle le problème
11:04parce que le temps,
11:05c'est un ennemi.
11:06Plus le temps passe,
11:08plus les phénomènes de violence
11:09s'accentuent,
11:11plus les cris se sont rapprochés
11:12et plus c'est compliqué à traiter.
11:15Ensuite,
11:15l'éviction du domicile conjugal
11:17de l'auteur.
11:18L'auteur n'a rien à faire chez lui
11:20lorsque c'est violent.
11:22Ce n'est pas aux femmes
11:23de quitter le domicile
11:25avec les enfants
11:26en pleine nuit.
11:33C'est une véritable honte
11:35que de les amener
11:36dans ces conditions-là
11:37à essayer de trouver d'urgence
11:39une place dans un foyer.
11:41Vous savez,
11:42l'histoire d'Alexandre Allange
11:43que j'ai fait à quitter,
11:44c'est exactement ça.
11:45Elle a été frappée,
11:47elle est présentée
11:47dans un commissariat.
11:49On l'a rejetée
11:50parce qu'on lui a dit
11:51qu'elle n'avait pas assez
11:52de sang sur le visage.
11:53Elle est partie
11:54à la recherche
11:55de places d'urgence
11:56et elle est rentrée chez elle.
11:58Et ensuite,
11:58ces hommes,
11:59il faut s'en occuper.
12:00C'est-à-dire qu'il faut
12:01les placer
12:02dans des structures d'accueil
12:04avec des psychiatres
12:05et des psychologues
12:06pour les amener
12:06à réfléchir sur les violences,
12:08à leur faire comprendre
12:09à partir de quel moment
12:11ils sont dangereux.
12:12Il faut absolument le faire
12:13parce que si on ne traite pas
12:15les causes des violences,
12:17on n'arrivera jamais
12:17au bout du sujet.
12:18Et aujourd'hui,
12:19tout ce que nous proposent
12:20les pouvoirs publics,
12:20comme d'habitude,
12:21c'est d'accompagner
12:22les femmes après les violences
12:24comme si la violence
12:25faite aux femmes
12:25était une fatalité.
12:27Moi, je dis que
12:27ce n'est pas une fatalité.
12:37Morgane, votre histoire,
12:39celle que vous racontez
12:40dans le livre
12:41« Il m'a volé ma vie »,
12:43à beaucoup d'étapes,
12:45on voit les dysfonctionnements,
12:47les obstacles qui sont faits
12:48aux femmes qui veulent
12:49dénoncer ces violences.
12:50Quels obstacles vous avez rencontrés ?
12:52Je crois, par exemple,
12:53quand vous êtes allé voir
12:54un gendarme en lui disant
12:56« Je voudrais porter plainte »,
12:57il vous a dit...
12:58J'habitais dans un village isolé
13:00et j'ai appelé la gendarmerie
13:03pour...
13:03En fait, j'ai été frappée
13:04un soir
13:05et le lendemain matin,
13:06j'ai appelé la gendarmerie
13:07en leur disant
13:07« Mon conjoint est parti au travail,
13:10je suis dans un village isolé,
13:12je n'ai pas de voiture,
13:12je ne peux pas me déplacer,
13:14aidez-moi s'il vous plaît ».
13:15Et là, la police
13:17m'a tout simplement répondu
13:18« Mais madame,
13:19s'il est au travail,
13:20il faut changer les serrures ».
13:21Et en fait,
13:21on se rend compte
13:22qu'on est plus protégés
13:23par le roi Merlin
13:24que la justice.
13:24Et c'est terrible.
13:26C'est terrible.
13:26Il y a cet épisode
13:28dans votre volonté
13:30de déposer plainte,
13:31mais il y a plein d'autres épisodes
13:33effectivement après.
13:34Quand vous réussissez à partir,
13:36vous vous apercevez
13:37que votre conjoint violent
13:38finalement arrive à détourner
13:41le bracelet électronique
13:43et puis qu'une fois
13:44son bracelet électronique enlevé,
13:46il a quand même accès
13:47à votre village.
13:48Il y a eu beaucoup d'obstacles.
13:50Il y a eu beaucoup d'obstacles,
13:52mais aussi,
13:52j'ai déposé 12 plaintes
13:54contre cet homme-là.
13:55Ça fait déjà maintenant 7 ans
13:57et toutes n'ont pas été traitées.
13:59C'est aberrant.
14:00C'est la lenteur de la justice.
14:03Aucune, rien qui marche ensemble.
14:06Qu'est-ce qui vous a protégé
14:07alors au final,
14:08l'action d'une association,
14:09ce livre peut-être ?
14:10Ce qui m'a le plus protégée,
14:12c'est une association
14:13et c'est mon livre.
14:14C'est mon livre,
14:15les journalistes et les médias.
14:16C'est eux mes vrais protecteurs.
14:18C'est eux mes vrais avocats
14:19aujourd'hui.
14:21Suzy Rothman,
14:24que retenir de cette histoire
14:25et sur quoi avancer aujourd'hui ?
14:27Vous avez travaillé à une proposition
14:29de loi cadre
14:30il y a maintenant quelques années.
14:32Qu'est-ce qui a été mis en place aujourd'hui
14:35et qu'est-ce qui reste à faire ?
14:36Je crois qu'il y a beaucoup de choses
14:39qui restent à faire
14:40et notamment,
14:41comme nous l'avions fait en 2007,
14:45là vous voyez un toilettage 2013
14:47dans notre proposition de loi cadre
14:50contre les violences,
14:51c'est un traitement global.
14:54C'est-à-dire qu'on ne peut pas se contenter
14:58uniquement d'une mesure.
15:00On entend beaucoup à l'heure actuelle
15:01le bracelet, le bracelet, le bracelet.
15:04Comme si ça allait régler tous les problèmes.
15:07Avant, c'était le téléphone grave danger
15:09qui allait régler tous les problèmes
15:10et on s'aperçoit qu'il était resté
15:12dans les placards,
15:13qu'il n'était même pas attribué.
15:15Il faut un ensemble de mesures,
15:18des mesures d'urgence,
15:20Luc Frémiaud et Laurence Cohen
15:22viennent d'en parler,
15:23mais aussi des mesures de fond.
15:25Je vais en citer un certain nombre.
15:28Une loi globale.
15:29Par exemple,
15:30depuis que les ABCD de l'égalité
15:32ont été enlevées en 2014,
15:36il n'y a plus rien à l'école.
15:38Plus rien à l'école
15:39pour enseigner aux jeunes,
15:42l'école c'est le lieu de socialisation,
15:44à bien vivre ensemble,
15:46à dénoncer éventuellement
15:47les violences qu'ils subissent
15:48et à leur expliquer que des violences,
15:50ce n'est pas normal.
15:52On réclame, nous les féministes,
15:53depuis 1983,
15:56une loi anti-sexiste.
15:59Il y en a ras-le-bol
16:01de voir encore
16:03une femme à poil
16:05pour vendre une voiture.
16:10On réclame.
16:13Je ne vous donne qu'un certain nombre
16:14de mesures,
16:15parce que notre proposition de loi 4,
16:17il y a 100 articles.
16:19Et je remercie d'ailleurs
16:21les groupes communistes
16:22au Sénat
16:23et à l'Assemblée nationale
16:24de l'avoir déposé.
16:25On réclame des tribunaux spécialisés
16:28sur les violences,
16:29avec des compétences pénales
16:31et civiles,
16:32parce que dans les affaires
16:33de violences au sein du couple,
16:35il y a du civil
16:36et il y a du pénal.
16:37Et les deux magistrats
16:38sont censés discuter ensemble.
16:41En fait, on le sait très bien,
16:42ils ne le font pas.
16:44Il faut,
16:45je vais vite,
16:46mais je cite des mesures,
16:47et je vous dis,
16:49il faut des brigades spécialisées
16:51dans la police.
16:52Il y en a ras-le-bol
16:52que ce soit le clampin
16:53qui n'a pas été formé,
16:55qui reçoive la femme victime
16:56de violences,
16:57parce que celui qui a été formé,
16:59il n'est pas là ce jour-là.
17:01Il faut,
17:04il faut des mesures au travail.
17:06Au travail,
17:07il y a des violences
17:08qui sont perpétrées,
17:09mais au travail,
17:11il y a aussi les conséquences
17:12des violences
17:13qui ont été perpétrées
17:14à l'extérieur.
17:15Et il y a une convention
17:17de l'Organisation internationale
17:19du travail
17:20concernant ces violences
17:21qui a été votée en juin.
17:23Il faut maintenant
17:24que la France la ratifie
17:25et qu'elle le transpose
17:27dans le droit français.
17:30Autre chose,
17:32je vais aller vite
17:34parce que je ne voudrais pas
17:34monopoliser la parole.
17:36Quand Ségolène Royal
17:38a fait adopter en 2002
17:40la résidence alternée,
17:43vous savez,
17:43en cas de divorce,
17:44que l'enfant puisse aller
17:46chez le père
17:47comme chez la mère.
17:48Toutes les féministes
17:49ont défilé dans son bureau.
17:51Pourquoi ?
17:51Pas pour dire
17:52qu'on ne voulait pas partager
17:53les tâches parentales,
17:54ça nous semble tout à fait normal.
17:56Mais qu'en cas de violence,
17:59ça ne soit pas possible.
18:02Eh bien ça,
18:03on a perdu là-dessus.
18:04Et il y a encore
18:05des drames qui se passent
18:06à cause de cette résidence
18:09alternée
18:09que des pères violents
18:11peuvent tout à fait demander.
18:13Il faut que ce soit
18:13mis par terre là,
18:14ce n'est pas possible.
18:16Vous voyez,
18:16je vous donne
18:17un certain nombre de mesures.
18:18Le traitement des agresseurs,
18:20ça me semble être une évidence.
18:22Il faudrait beaucoup
18:23insister là-dessus.
18:24On peut s'inspirer du Québec
18:26par exemple
18:27qui a fait beaucoup de choses.
18:28Vous voyez,
18:28c'est vraiment
18:29un ensemble de mesures
18:31et pas une seule mesure.
18:33L'Espagne l'a fait
18:34en 2004.
18:36Je ne vois pas
18:37pourquoi la France
18:38ne pourrait pas le faire,
18:39cette loi globale.
18:50Laurence Cohen,
18:51je vais me faire un peu
18:51l'avocat du diable.
18:53Malgré tout,
18:54ce Grenelle,
18:55est-ce qu'il ne peut pas
18:56être l'occasion
18:57de faire avancer
18:58quelques idées,
19:00quelques mesures
19:00ou est-ce que vraiment,
19:02par exemple,
19:03l'argument financier,
19:04puisqu'on a vu
19:04à l'inauguration
19:06de ce Grenelle
19:06avec Edouard Philippe,
19:07qu'on aurait beaucoup de mal
19:09à obtenir des budgets
19:10pour cette lutte-là ?
19:12Est-ce qu'on peut quand même
19:13espérer des choses,
19:14puisque ça va durer
19:15jusqu'au 25 novembre,
19:17est-ce qu'on peut imposer
19:18des choses
19:18à l'occasion de ce Grenelle
19:20ou est-ce que c'est peine perdue ?
19:22Alors moi, je fais partie
19:23de celles et ceux
19:24qui pensent
19:25qu'on arrive
19:25à obtenir des choses
19:26en modifiant
19:27les rapports de force.
19:28Donc évidemment,
19:30ce n'est pas perdu
19:30parce qu'on va se battre.
19:32On va se battre
19:33avec les associations féministes,
19:34avec les syndicats,
19:35avec les magistrats,
19:37un certain nombre d'entre eux,
19:38pas tous,
19:39mais j'en ai à côté de moi.
19:41Voilà.
19:41Et on va se battre
19:42pour essayer
19:42d'obtenir des choses.
19:44Mais je voudrais faire
19:45plusieurs remarques
19:46par rapport à ce qui a été dit.
19:47C'est extrêmement important
19:49de dire que sur les violences,
19:52c'est tolérance zéro.
19:53Parce que ça interroge
19:54l'ensemble de la société.
19:56On ne peut pas avoir
19:58une société
19:59d'émancipation humaine,
20:00d'égalité,
20:01à partir du moment
20:03où les femmes
20:04subissent des violences.
20:06Et les violences,
20:07ce ne sont pas seulement
20:08les violences conjugales.
20:10Là, on va évidemment
20:11se cantonner,
20:12si je puis dire,
20:13aux violences conjugales
20:14qui sont dramatiques.
20:15Mais les violences conjugales
20:17font partie des violences.
20:19Mais il y a les violences
20:20au travail,
20:21avec la non-reconnaissance
20:23des femmes,
20:24des métiers
20:25qu'elles peuvent faire,
20:26des petits salaires.
20:27Ça, c'est extrêmement important.
20:29C'est une violence terrible.
20:31Et je suis outrée
20:33parce que Marlène Schiappa
20:35a tweeté à mon encontre
20:37parce que j'exprimais
20:39mon soutien
20:39aux femmes de chambre
20:41de l'hôtel Ibis
20:42des Batignolles.
20:43et elle m'a tweeté
20:48en disant
20:48qu'elle ne voyait pas
20:49le rapport
20:50avec le Grenelle.
20:52Eh bien, ça,
20:52de la part d'une secrétaire
20:54d'État,
20:54c'est scandaleux
20:55parce qu'effectivement,
20:57si on veut combattre
20:58les violences,
20:58il faut combattre
20:59toutes les violences
21:00et celles au travail
21:01en font partie.
21:09Et on peut bien sûr
21:10élargir aussi
21:11à quels moyens
21:13ce gouvernement met,
21:15par exemple,
21:15pour appliquer la loi
21:16par rapport
21:18à la prostitution.
21:19On s'est battus
21:20là-dessus
21:21pour faire en sorte
21:23qu'effectivement,
21:24il y ait une loi
21:25qui puisse faire en sorte
21:27que les femmes
21:28qui sont prostituées,
21:29parce que c'est
21:30un système prostitueur
21:32qui les entraîne
21:34là-dedans,
21:34puisse effectivement
21:36bénéficier de mesures
21:38pour les en sortir.
21:39Mais il faut voir,
21:40on n'a pas le temps
21:41de le développer,
21:42mais les moyens
21:42qui sont alloués.
21:43Donc, vous voyez,
21:44on peut partir largement.
21:45Troisième remarque,
21:46quand même,
21:47c'est que quand on est
21:48un mari violent,
21:49on n'est pas un bon père.
21:51Il faut arrêter avec ça.
21:52Ce n'est pas possible
21:53de tolérer ça.
21:55Donc, c'est du blabla.
21:58Il n'y a pas
21:59de garde alternée
22:00pour les maris
22:02violents.
22:03Ils n'ont pas
22:03leur mot à dire
22:04là-dessus.
22:06Quatrième remarque,
22:07c'est par rapport
22:09aux conjoints
22:10qui doivent être
22:12évincés
22:12du logement.
22:14Ça, c'est la loi.
22:16Marie-Georges Buffel
22:17l'a portée.
22:17Sauf que ce qu'il faut faire,
22:19c'est créer
22:20des hébergements
22:21d'urgence.
22:22Et ça,
22:22le gouvernement
22:23n'en veut pas
22:24et ne donne pas
22:25les moyens.
22:25Les associations féministes,
22:27et je partage,
22:28elles disent,
22:29il faut un milliard d'euros
22:30pour arriver
22:31au bout
22:32des violences.
22:33Et ce milliard d'euros,
22:35moi, si j'ai le temps,
22:36je peux vous dire
22:36où on le prend.
22:38Donc,
22:39il y a la volonté politique,
22:40il y a l'argent
22:41à mettre
22:42dedans,
22:42mais il y a aussi
22:44à prendre en compte
22:44l'ensemble
22:46des violences
22:47qui sont faites
22:47aux femmes
22:48pour effectivement
22:49avoir la pleine égalité.
23:00Luc Frémio,
23:00j'ai envie de vous interroger
23:01sur le rôle
23:02de l'institution judiciaire.
23:04Vous la connaissez bien.
23:05Est-ce que vous trouvez
23:06qu'elle est à la hauteur
23:07aujourd'hui ?
23:07Peut-être même
23:08l'institution policière aussi,
23:10police et justice,
23:11sont-elles à la hauteur
23:11dans ce combat ?
23:12Écoutez,
23:13la réponse,
23:14elle est très claire.
23:15Je considère que
23:16non seulement
23:17l'institution est défaillante,
23:19mais qu'elle est à l'origine
23:20de dysfonctionnements
23:21qui sont inacceptables.
23:22J'ai lancé avec Eva Darland
23:24au mois de juin
23:25une pétition
23:27sur change.org
23:28intitulée
23:29« Non-assistance à femmes en danger ».
23:31On demandait
23:32dans cette pétition
23:33tout simplement
23:34qu'il y ait
23:35un état des lieux précis
23:37depuis le 1er janvier 2019
23:40jusqu'à la fin de cette année
23:41de manière à ce que l'on sache
23:43pourquoi ces femmes
23:45sont mortes.
23:46Lorsqu'on a lancé
23:46cette pétition,
23:48il y avait 70 féminicides.
23:50Au début de l'été,
23:51à la fin de l'été plutôt,
23:53au moment où le Grenelle commence,
23:55on en était à 102.
23:56Que s'est-il passé
23:57encore pendant ces trois mois ?
23:58Ce que l'on veut savoir,
24:00c'est pourquoi
24:01il y a eu ces féminicides.
24:03On veut savoir
24:04si des plaintes ont été prises,
24:05si ces plaintes
24:06ont fait l'objet d'enquête,
24:07si des procureurs
24:08ont pris les mesures adéquates,
24:11s'ils ont pris
24:12leurs responsabilités.
24:13on veut savoir exactement
24:14ce qu'il s'est passé.
24:16Et tant qu'on n'aura pas
24:16un état sur ces dysfonctionnements,
24:19bien évidemment,
24:19on ne pourra pas avancer.
24:21Ça suffit de mettre
24:22la poussière sous le tapis.
24:23Il faut aujourd'hui savoir
24:24pourquoi ces femmes sont mortes.
24:27Il y a eu des appels au secours
24:28qui ont été engagés
24:29et qui n'ont pas été suivis
24:30d'effet.
24:31Ça, c'est un premier point.
24:33Le deuxième point,
24:35c'est que je me rends compte
24:35tout simplement que tant que
24:37le garde des Sceaux,
24:38parce qu'on parle beaucoup
24:38de Mme Chiapas.
24:39Et Mme Chiapas,
24:40vous savez,
24:41elle est prise entre le garde des Sceaux
24:42et le ministre de l'Intérieur.
24:43Le ministre de l'Intérieur,
24:44ça ne l'intéresse pas.
24:45Quant au garde des Sceaux,
24:46elle est passive.
24:47Tant qu'on ne donnera pas
24:48à ces procureurs de la République
24:50des instructions fermes
24:51et précises
24:52sur la tolérance zéro,
24:53sur les mesures à conduire,
24:55avec un état trimestriel
24:57à fournir,
24:59par parquet,
25:00chaque procureur
25:01pour expliquer en trois mois
25:03ce qu'ils ont fait,
25:03les plaintes qui ont été prises,
25:05pourquoi il y a eu des classements,
25:06qu'est-ce qu'on a fait ?
25:07Tant que ça ne sera pas réalisé,
25:09on n'avancera pas.
25:10Voilà.
25:10Et c'est la raison
25:11pour laquelle aujourd'hui,
25:12moi, je suis très inquiet
25:13sur ce Grenelle,
25:15parce qu'on est,
25:15comme l'habitude,
25:16là,
25:17pour saupoudrer
25:18toute une série
25:18de mesurettes
25:20sans prendre la mesure
25:21des choses.
25:29Morgane Seliman,
25:30je vous repasse la parole,
25:32parce que vous n'êtes pas venu ici
25:34seulement pour témoigner,
25:36mais aussi pour dire
25:37quelles sont vos solutions,
25:39vous avez aussi des idées
25:41pour contrecarrer cette violence.
25:43Alors, en fait,
25:43je ne sais pas
25:44si j'ai vraiment des solutions,
25:45mais pour moi,
25:46ce qui me paraît inévident,
25:47c'est qu'il ne faut pas laisser
25:48ces tueurs sur le bord de la route,
25:49il faut s'occuper de ces hommes,
25:50il faut les mettre en prison,
25:52les soigner,
25:53je ne sais pas,
25:53trouver quelque chose,
25:54mais on ne peut pas laisser
25:55ces hommes sans soin,
25:57parce qu'on ne peut pas
25:58se reconstruire,
25:59refaire notre vie,
26:00alors qu'eux,
26:01ils sont toujours là
26:02comme des boulets
26:02à nous suivre,
26:03à nous persécuter
26:05des années après.
26:06Il faut vraiment comprendre
26:07qu'il faut s'occuper
26:08des auteurs de violences.
26:10C'est vraiment
26:10la base du problème.
26:17Peut-être Luc Frémiaud,
26:18là-dessus,
26:18c'est aussi un de vos chevaux
26:20de bataille,
26:20il ne faut pas détourner
26:22le regard
26:22de ces auteurs de violences.
26:24Tout à fait.
26:25Alors,
26:25il faut être très précis
26:26sur tout cela.
26:27Vous avez parlé tout à l'heure
26:28du Québec,
26:29et c'est tout à fait
26:29l'expérience que j'ai menée
26:31à Douai,
26:31avec une association
26:33qui s'appelle
26:33Le Cheval Bleu,
26:34psychiatre et psychologue,
26:35que j'ai envoyée au Québec,
26:36justement,
26:37pour qu'ils prennent
26:38connaissance des travaux
26:39sur le sujet.
26:40En fait,
26:41c'est assez simple.
26:42Il suffit,
26:43en fait,
26:43de prendre la violence
26:44le plus en amont possible,
26:46parce que plus on attend,
26:48plus se produit,
26:49comment dire,
26:50une espèce de spirale infernale
26:52dans laquelle l'auteur
26:53et ses victimes
26:53sont en train de tourner.
26:55Et le dénominateur commun,
26:56c'est le déni.
26:57Ces femmes qui font
26:58l'objet de violence,
26:59en fait,
26:59ne veulent pas reconnaître
27:00leur statut de victime,
27:02parce qu'elles ont,
27:04en général,
27:05de l'amour
27:05pour leurs compagnons,
27:07elles sont culpabilisées,
27:08elles ont honte,
27:09elles se disent que
27:10si elles sont frappées,
27:11il y a peut-être
27:11une bonne raison.
27:13Et tout cela,
27:13ce sont des questions
27:14qui gangrènent le cœur
27:15et l'âme.
27:17Il faut donc absolument
27:18casser cette histoire-là.
27:20Et en ce qui concerne les hommes,
27:21même chose,
27:22le déni,
27:22on n'est pas violent,
27:23c'est notre femme
27:24qui nous rend comme ça.
27:26Voilà.
27:26Donc,
27:27il faut travailler
27:27sur tout cela.
27:28Il faut être capable
27:29de les placer
27:31à l'extérieur,
27:32de manière à ce qu'ils soient
27:33dans un endroit
27:33qui ne leur est pas familier,
27:35dans lequel tous leurs petits comportements
27:37de tyrannos domestiques
27:39n'ont plus de mise.
27:41Et là,
27:41on leur pose des questions
27:42et on les fait travailler
27:43sur les raisons
27:44qui les conduisent
27:44à être violents.
27:45On ne peut pas éradiquer
27:46la violence.
27:47Tout le monde est violent
27:48d'une certaine manière.
27:49On est tous dépositaires
27:50de violences,
27:51mais on la digère,
27:51on sait l'utiliser,
27:52on sait l'éviter.
27:53Il faut leur donner
27:54des clignotants,
27:55leur expliquer.
27:56Et c'est une expérience,
27:57un dispositif
27:58que j'ai mis sur pied
27:59en 2003
28:00qui a très bien fonctionné.
28:01Et d'ailleurs,
28:02la chancéderie,
28:02à l'époque,
28:03avait fait un guide
28:04des bonnes pratiques
28:04qui a été, en fait,
28:07vulgarisé.
28:07Mais ça n'est pas suivi
28:08des faits
28:09parce que pour des raisons
28:10que j'ignore,
28:11eh bien,
28:11on a encore des magistrats
28:12qui n'ont pas compris l'enjeu,
28:14qui n'ont pas compris
28:15que, comme vous le disiez,
28:15qu'il faut se parler entre eux,
28:17qu'il faut une politique
28:18de juridiction,
28:19qu'il faut que les procureurs
28:20parlent avec les juges
28:21aux affaires familiales,
28:22que les juges
28:23aux affaires familiales
28:24cessent de donner,
28:25effectivement,
28:26des gardes
28:27ou des droits d'hébergement
28:28ou des droits de visite
28:29lorsqu'on est face
28:30à un mari violent.
28:31Effectivement,
28:32il y a une fiction
28:32qui est insupportable,
28:35inacceptable.
28:35On ne peut pas être
28:36un mari violent
28:37et un bon père.
28:38Et tout ça,
28:38voyez-vous,
28:39c'est une politique de fond
28:40qui doit être menée
28:41dans les juridictions.
28:48Suzy Rotman,
28:49comment vous réagissez
28:51à ça ?
28:51C'est une piste
28:53très, très sérieuse
28:54à suivre.
28:55On oppose un peu
28:56la protection
28:57des femmes victimes
28:58et l'éviction
28:59des conjoints violents.
29:01Où est le curseur,
29:02selon vous ?
29:02Est-ce qu'il ne faut pas
29:02faire les deux ?
29:05Il faut faire les deux.
29:06Il n'y a vraiment
29:07aucun problème là-dessus.
29:09Sauf qu'il ne faut pas
29:10prendre de l'argent
29:12qui est destiné
29:13aux victimes
29:14pour les donner
29:15pour le « traitement »
29:18des agresseurs.
29:19Ça, je crois
29:19qu'il faut débloquer
29:20des fonds spécifiques
29:22pour s'occuper
29:23des agresseurs.
29:24Ça me semble très important.
29:25Il n'y a déjà pas assez
29:26d'argent pour les victimes.
29:27Voilà.
29:28Ça, c'est une chose.
29:29Mais on ne peut être
29:29que d'accord,
29:30mais ça doit s'accompagner
29:32de l'ensemble
29:33de mesures
29:34dont je parlais tout à l'heure.
29:35et ça doit s'accompagner
29:37en plus,
29:38me semble-t-il,
29:39d'un travail général
29:41au sein de la société
29:43qui est sexiste.
29:44On est dans une société,
29:46Laurence en parlait
29:47tout à l'heure,
29:49qui est totalement
29:52patriarcale,
29:52même si on a gagné,
29:54grâce aux luttes
29:55des féministes,
29:56on a gagné
29:56des tas de droits,
29:57on a gagné
29:58l'égalité formelle,
30:01on a gagné
30:01l'égalité en droit,
30:02ça c'est vrai,
30:04mais on n'a pas gagné
30:05l'égalité réelle.
30:06On est dans une société
30:08qui est encore
30:09permissive aux violences.
30:11Et on parlait tout à l'heure
30:13de tolérance zéro,
30:15on est dans une société
30:16qui est tolérante
30:17aux violences.
30:19Donc,
30:20je pense que par exemple,
30:21je vais vous donner
30:22un exemple
30:22qui paraît un peu loin,
30:25mais non,
30:26je ne pense pas.
30:27on parlait du féminisme
30:28qui devient une lutte
30:29de masse,
30:30je dirais au passage
30:30qu'il l'a déjà été
30:31dans les années 70,
30:33mais ça c'est une autre discussion.
30:35Mais par exemple,
30:37quand on restreint,
30:38ce n'est pas le cas
30:39à l'heure actuelle
30:39en France,
30:40mais c'est le cas
30:41dans d'autres pays
30:42comme les Etats-Unis,
30:43certains Etats des Etats-Unis
30:44ou des tentatives
30:45qu'il y a eu en Espagne,
30:47quand on restreint,
30:48quand on essaye
30:49de restreindre
30:50le droit à l'avortement,
30:52quelque part,
30:53c'est un engrenage
30:54par rapport aux violences aussi.
30:57C'est une globalité
30:58la lutte contre le patriarcat.
31:00Et ça,
31:01je trouve ça très important
31:02quand il y a des salaires
31:04inférieurs pour les femmes,
31:05dans les métiers
31:06dits féminisés,
31:07etc.
31:08C'est pareil,
31:09c'est une lutte globale
31:10qu'il faut mener.
31:11Je parlais tout à l'heure
31:12d'une loi globale
31:13contre les violences,
31:14mais c'est à ça
31:15qu'on se consacre,
31:16nous féministes,
31:16une lutte globale
31:18sur tous les sujets.
31:19Parce que les violences,
31:21quelque part,
31:22ça garantit le maintien
31:23du patriarcat.
31:24C'est le chien de garde
31:25les violences.
31:26Pour que tout se passe
31:27comme il faut.
31:28C'est le contrôle social.
31:31C'est pour que les choses
31:33soient totalement immuables.
31:36Et donc,
31:36il faut mener la bataille
31:38sur tous les sujets,
31:39me semble-t-il.
31:40Et c'est comme ça aussi
31:41que le féminisme
31:41devient une lutte de masse.
31:43et je voudrais dire quelque chose
31:45qui me semble très important.
31:47Quand le féminisme devient
31:49une lutte de masse,
31:50il faut veiller à ce que ça soit
31:52un féminisme,
31:53lutte de classe
31:55et antiraciste.
31:59C'est déterminant.
32:03Parce que,
32:05quand le féminisme monte,
32:08tout le monde est féministe.
32:10Monoprix sort des t-shirts
32:12avec féministe,
32:13Laurence Parizeau se dit féministe,
32:17etc.
32:18C'est pas de ce féminisme-là
32:20qu'on veut.
32:21Nous, on veut un féminisme
32:23qui soutient
32:24les grévistes
32:25de l'Ibis,
32:26des Batignolles.
32:27On veut un féminisme
32:29qui soutient
32:31les femmes
32:32les plus précaires,
32:33les femmes
32:34les plus exploitées.
32:36Et je voudrais dire un mot
32:37sur les gilets jaunes.
32:40Parce que je crois
32:41que toutes les féministes
32:42ne l'ont pas compris.
32:44Il y avait énormément de femmes
32:46sur les ronds-points.
32:49Et c'est vrai
32:50que nous, féministes,
32:52alors qu'au collectif,
32:53je sais qu'on a été sensibilisés
32:5615 jours après le début,
32:57c'est-à-dire qu'un jour
32:57après le 17 novembre,
32:59on a commencé
33:00à se poser des questions
33:01en se disant
33:01« Mais, il y a plein de femmes
33:03sur les ronds-points,
33:05mais, elles ont peut-être du boulot,
33:07mais c'est des bas salaires,
33:09etc. etc.
33:10Elles subissent peut-être
33:11des violences,
33:12elles sont isolées,
33:14elles ne peuvent pas se déplacer.
33:15Il faudrait peut-être
33:16les soutenir. »
33:17Et c'est vrai
33:17que toutes les féministes
33:18n'ont pas compris ça.
33:20Alors que c'est vrai
33:20que les femmes
33:21qui étaient sur les ronds-points,
33:22les femmes gilets jaunes,
33:23elles ne se réclamaient
33:26pas du féminisme.
33:27Il y en a certaines
33:28qui ont fait des manifs
33:28de femmes.
33:29On y était.
33:30Tout en disant
33:31« On n'est pas féministes. »
33:32Et c'est à nous, féministes,
33:34de faire le chemin vers elles.
33:36Parce qu'il y a des nouvelles...
33:37Même s'il y a eu des personnes âgées,
33:38mais il y a des nouvelles générations
33:40qui arrivent.
33:40C'est à nous de faire ce chemin.
33:50Oui, Laurence Cohen,
33:51peut-être là-dessus.
33:53Voilà.
33:53Dans les luttes féministes,
33:54il n'y a pas que le combat
33:55qu'entre les violences.
33:56Il y en a beaucoup d'autres.
33:57Comment vous avez vécu cette année
33:59entre...
34:00Ça fait deux ans maintenant,
34:01le mouvement MeToo,
34:02effectivement,
34:03cette présence massive des femmes
34:04sur les ronds-points
34:05des gilets jaunes.
34:06Il y a beaucoup de combats à mener.
34:08Il y a beaucoup de combats à mener,
34:09mais encore quelques mots.
34:11Je veux dire quand même
34:12que le fonds qui a été débloqué,
34:15soi-disant, par le gouvernement,
34:18je le rappelle ici,
34:19le fonds Catherine,
34:20c'est un million d'euros.
34:22Par rapport à tout ce qu'on vient de dire,
34:24c'est pathétique.
34:26C'est largement insuffisant,
34:28un million d'euros.
34:29Et si on cherche de l'argent,
34:31je donne le dernier exemple en date,
34:33Macron promet un fonds de 5 milliards d'euros
34:37pour abonder la haute technologie.
34:40Donc, vous voyez,
34:41quand on veut trouver de l'argent,
34:42on en trouve.
34:43Donc là encore,
34:44c'est vraiment une volonté politique.
34:46Deuxième remarque,
34:48moi, j'insiste quand même
34:49sur la nécessité de la formation
34:51des policiers,
34:53des magistrats,
34:54parce que ça,
34:55c'est essentiel.
34:56J'insiste aussi
34:57sur l'accompagnement des victimes
35:00et des familles de victimes,
35:02parce que les dégâts,
35:03ils sont aussi collatéraux.
35:04Et je veux rendre hommage
35:06au travail de Muriel Salmona,
35:09psychiatre,
35:10qui a fait tout un travail
35:13sur la prise en charge
35:15du psychotraumatisme
35:16et qui a proposé
35:18des unités, justement,
35:20de prise en charge.
35:21Et là encore,
35:22aujourd'hui,
35:22on en est à,
35:23soi-disant,
35:24la création de 10 unités.
35:26On ne sait pas
35:27dans quelles conditions.
35:28Moi, en tant que parlementaire,
35:30je n'ai pas les éléments,
35:31comme d'ailleurs,
35:32vous toutes ici,
35:33alors qu'on sait
35:34qu'il faudrait une unité
35:36par 200 000 habitants.
35:38Donc, je veux insister là-dessus.
35:40Et la troisième
35:40ou la quatrième,
35:41je ne sais plus,
35:42c'est sur, effectivement,
35:43la prévention
35:44et sur la nécessité
35:46de développer
35:46une éducation
35:47de l'égalité
35:49de la crèche
35:50à la maternelle,
35:51parce que c'est comme ça aussi
35:52qu'on fera reculer
35:53les violences.
35:56Et je suis désolée,
35:59je trouve que le titre
36:01est très bon,
36:02parce qu'il nous fait réfléchir,
36:03il est provocateur,
36:04mais je pense que,
36:06malheureusement,
36:07le féminisme
36:08n'est pas encore...
36:10Le féminisme
36:11est subversif,
36:12je suis profondément féministe
36:14et communiste,
36:15comme vous le savez,
36:16mais ce n'est pas encore
36:17un phénomène de masse,
36:18le féminisme,
36:19ça se saurait.
36:20Il ne faut pas
36:21qu'on tombe
36:22dans l'illusion
36:24de penser que
36:26parce qu'il y a
36:27des témoignages
36:27de milliers de femmes,
36:29ça y est,
36:29la cause,
36:30elle est gagnée.
36:31Ce qui a permis
36:32MeToo,
36:32et c'est extraordinaire,
36:34c'est de montrer
36:35qu'on n'est pas face
36:36à des drames passionnels,
36:38à des meurtres
36:41qui seraient des meurtres
36:42de quelqu'un
36:43qui perdrait la raison,
36:44de quelques-uns,
36:45puisque ce sont des hommes.
36:46On voit bien
36:47que c'est systémique,
36:49ça se passe
36:50dans tous les pays,
36:51je l'ai dit tout à l'heure,
36:52dans tous les milieux.
36:52Donc là,
36:53c'est intéressant
36:54parce qu'il y a
36:54une prise de conscience,
36:56mais pour que ça devienne
36:57un phénomène de masse,
36:59il faut que chacun
37:00et chacune
37:01porte ce combat.
37:02Donc on est encore
37:03loin du compte
37:04et porte le combat
37:05au niveau
37:06de la sphère publique,
37:08au niveau
37:09de la sphère
37:10privée aussi,
37:11parce qu'il faut
37:12que chacun
37:12et chacune
37:13se remettent
37:14en cause aussi.
37:15Et ça,
37:16ce n'est pas toujours
37:17évident.
37:18Donc la lutte,
37:19elle est extrêmement
37:20importante.
37:22Effectivement,
37:23on avance,
37:24mais on en est loin
37:25encore de ce féminisme
37:27lutte de classe,
37:28parce que quand on va
37:29se quitter,
37:31il y en a beaucoup
37:31d'entre nous
37:32ou d'entre vous
37:34qui finalement,
37:35dans son entreprise
37:36ou dans son entourage,
37:38ne va pas trouver
37:39ça choquant
37:40que le salaire
37:41d'une femme
37:42soit moindre
37:43que le salaire
37:44d'un homme
37:45à formation équivalente
37:47et à poste équivalent
37:49et ne va pas s'émouvoir
37:50des remarques sexistes
37:52qui lui sont faites
37:52ou du fait
37:53que lui incombe
37:54toutes les tâches
37:56d'élever les enfants,
37:57etc.
37:59Donc quand il y a aussi
38:00cette prise de conscience-là,
38:01et la toute dernière chose
38:02que je voudrais dire,
38:04parce que c'est lié,
38:05il faut aussi
38:06que non seulement
38:07le gouvernement
38:08modifie complètement
38:10la façon
38:10de prendre les violences,
38:12mais aussi
38:12qu'il y ait
38:13une grande mobilisation
38:15pour défendre
38:16les services publics.
38:17Ça intéresse
38:19l'ensemble
38:19de la société
38:20mais en priorité
38:22les femmes
38:23par rapport
38:24à tout ce qui a été dit.
38:25Donc voyez en quoi
38:26le féminisme
38:28est un combat
38:29qui est important
38:32pour tout le monde
38:32parce que si on arrive
38:33à gagner ça,
38:34on gagne l'égalité,
38:36on gagne le respect
38:37et c'est l'ensemble
38:38de la société
38:39qui en profite,
38:40c'est pas seulement
38:41les femmes.
38:50Luc Frémio,
38:51j'ai envie de vous repasser
38:52la parole,
38:52peut-être pour que
38:53vous nous expliquiez
38:55pourquoi justement
38:56vous êtes intéressé
38:58à ce combat
38:59et vous avez
39:00enfourché
39:01ce cheval de bataille
39:02tout particulier.
39:03Est-ce que ce sont
39:04des affaires
39:05en particulier
39:06que vous avez croisées
39:07comme magistrats ?
39:09Vous savez,
39:10il n'y a rien de pire.
39:11Moi, j'ai été
39:12avocat général aux Assises
39:13donc je m'occupais
39:14des affaires criminelles
39:16et il n'y a rien de pire
39:17lorsque vous voyez
39:18dans un dossier
39:18d'instruction
39:19qui se termine
39:20par la mort
39:21d'une jeune femme
39:22qu'elle a
39:23à plusieurs reprises
39:25fait des appels
39:26au secours
39:26qui sont restés
39:28sans écho.
39:29Lorsqu'on voit ça,
39:30on est absolument
39:32catastrophés,
39:33sidérés,
39:34désemparés.
39:34On se dit
39:35mais il y aurait suffi
39:37de tendre l'oreille.
39:38Il y aurait suffi
39:38de tendre la main.
39:39Il y aurait suffi
39:40de prendre la bonne mesure
39:41et on n'en serait pas là.
39:43Et ça, pour moi,
39:43voyez-vous,
39:44c'est quelque chose
39:44qui est absolument
39:45insupportable à voir.
39:47Je parle toujours
39:47d'une anecdote
39:48qui est absolument
39:49cruelle et terrible
39:50qui m'a beaucoup marqué.
39:52Parmi d'autres,
39:53d'ailleurs,
39:53c'était un matin,
39:54j'étais substitut
39:55du procureur
39:56dans la région
39:56de Boulogne-sur-Mer
39:57et j'étais appelé
39:57à 4h30 du matin
39:59pour un meurtre
40:00qui avait eu lieu
40:00dans une petite auberge
40:01de campagne.
40:03Je suis arrivé là,
40:04il y avait du brouillard,
40:04c'était au mois de novembre,
40:05il y avait des gyrophares,
40:06c'était impressionnant.
40:08Et il y avait
40:08une salle basse
40:10qui était la salle du café
40:11qui donnait directement
40:12dans l'habitation.
40:13Il y avait une vieille dame
40:14qui pleurait dans un coin,
40:15un homme avec des menottes
40:17et une porte ouverte.
40:19J'ai poussé cette porte,
40:20il y avait une chambre
40:21avec un verre d'eau
40:23sur la table de nuit,
40:25un livre encore ouvert
40:27et il y avait
40:28le corps d'une femme
40:29qui était là
40:30avec une décharge
40:32de chevrotine
40:32en pleine poitrine.
40:34Quand on voit ça,
40:35quand on est sur place,
40:37quand on sait ensuite
40:38qu'elle avait déposé plainte,
40:39quand on sait ensuite
40:40qu'il n'y avait pas eu
40:41de suite qui avait été donnée,
40:42on se dit que ce n'est pas possible.
40:44Et c'est la raison
40:45pour laquelle
40:45quand j'ai eu l'opportunité
40:47de devenir procureur de la République,
40:49j'ai décidé de mener
40:50une vraie politique pénale
40:51pour lutter contre
40:52ce genre de choses.
41:01Il nous reste quelques minutes.
41:03Je voulais donner la parole
41:05terminée peut-être
41:06avec Morgane
41:07pour qu'elle nous dise
41:08où est-ce qu'elle en est aujourd'hui
41:10et si ce cercle de violence
41:12est loin derrière elle
41:14et comment ça se passe
41:15aujourd'hui pour vous ?
41:17Aujourd'hui, pour moi,
41:18les choses vont mieux
41:18même si ce n'est pas encore ça.
41:20Et si j'aurais juste un mot
41:22à dire à tout le monde,
41:24c'est que n'ayons pas honte
41:25d'être victime.
41:26Il faut que la honte
41:27change de camp.
41:39Suzy.
41:45Alors,
41:47pour aller dans ce sens-là,
41:49comme il reste encore
41:50un petit peu de temps,
41:51je vais vous donner
41:52des rendez-vous militants.
41:54Parce qu'on parle de lutte,
41:56il faut se mobiliser.
41:58Alors,
41:58le 28 septembre,
42:00c'est la journée internationale
42:03de lutte pour l'avortement.
42:07Je pense que dans pas mal de villes,
42:09il va y avoir des initiatives.
42:11En tout cas,
42:12il y en a une à Paris,
42:13on vient d'en décider,
42:14donc pour les Parisiennes
42:15et les Parisiens.
42:16Je m'excuse
42:17ne pas encore connaître
42:18les autres initiatives.
42:20On se retrouve à midi
42:21devant l'hôpital Tenon
42:23qui a lutté
42:24pendant pas mal de temps
42:26pour conserver son centre
42:28d'interruption volontaire
42:30de grossesse.
42:30Et après,
42:31on part à 14 heures
42:32en manif.
42:33Et on n'a pas encore
42:34déterminé le parcours.
42:35Mais ce qu'on a décidé,
42:37c'est qu'on allait passer
42:38devant les hôpitaux
42:39pour déclarer,
42:41entre autres,
42:42notre soutien aux urgentistes.
42:44Ça, c'est une première chose.
42:50La deuxième chose,
42:52on a des camarades de Toulouse
42:54qui s'appellent
42:54Toutes en grève 31.
42:5731, c'est leur département.
42:59Ils veulent coordonner
43:01un peu toutes les initiatives
43:02contre les féminicides
43:04en attendant le 23 novembre
43:06la grande manifestation.
43:08Eh bien,
43:09elles ont choisi
43:09comme date le 3 octobre.
43:11On a dit auquel 3 octobre
43:13on organisera quelque chose
43:15contre les féminicides.
43:16Ça, c'est à Paris.
43:18Ensuite,
43:19je vais vite,
43:20je pense qu'il y aura
43:22d'autres initiatives
43:23contre les féminicides.
43:24Si vous êtes
43:25sur les réseaux sociaux,
43:26vous les trouverez.
43:28Il y aura
43:28la grande manifestation
43:30du 23 novembre
43:32contre les violences.
43:34Et,
43:34et, et,
43:36on est en train
43:37d'essayer en France
43:39de faire
43:40comme des tas
43:41d'autres pays
43:43comme l'Argentine,
43:44comme la Pologne,
43:45comme l'Espagne,
43:47comme la Suisse
43:47dernièrement,
43:49de réussir
43:50enfin
43:51le 8 mars
43:52à faire
43:53une grève féministe.
43:57Et donc,
44:00et donc,
44:01on a dit,
44:03on a dit
44:03qu'on s'appellerait
44:05On Arrête Toutes.
44:07On a un Facebook
44:08qui s'appelle
44:09On Arrête Toutes.
44:10Dessus,
44:11on a déjà voté
44:12un appel à la grève.
44:14Et puis,
44:15il y a des comités
44:15On Arrête Toutes
44:16qui sont en train
44:17de se créer
44:18en région parisienne
44:20et ailleurs.
44:21Et on se prépare
44:22aussi,
44:23et c'est dans
44:23l'agenda militant,
44:25pour faire là,
44:26pour le coup,
44:26on essaye de le faire
44:28parce que c'est dur
44:28en France,
44:29une vraie belle grève
44:31pour le 8 mars 2020.
44:34Et puis,
44:35comme le veulent
44:35des camarades,
44:36mais je ne sais pas
44:36si on y arrivera,
44:38c'est un dimanche,
44:39le 8 mars,
44:40et donc,
44:40on va insister
44:41sur le travail rémunéré,
44:43mais aussi sur le travail
44:44non rémunéré,
44:45c'est-à-dire
44:46le travail domestique.
44:47On va essayer
44:48de faire grève aussi
44:49de la consommation,
44:50etc.
44:51Et si,
44:52par hasard,
44:53il y aura
44:53une tellement grande
44:54mobilisation,
44:55on continuera le neuf.
44:57Dernière chose
44:58pour terminer,
44:59on est très,
45:00très,
45:00très attentifs
45:02à ce qui se passe
45:02sur les retraites.
45:03et on sera dans la rue
45:05avec l'ensemble
45:05du mouvement social.
45:12Laurence,
45:14un tout dernier mot,
45:16un tout dernier mot
45:17avant de laisser la place
45:19à Thomas Piketty
45:20sur le calendrier.
45:21Parce que les conclusions,
45:22c'était des conclusions
45:23extrêmement dynamisantes,
45:26donc,
45:26je vois,
45:27il n'y a presque rien
45:28à rajouter,
45:29mais deux petites choses
45:30quand même.
45:31Quand on arrive
45:32à marquer des points
45:33au niveau des droits
45:34des femmes,
45:35c'est parce qu'il y a
45:36une mobilisation
45:37très forte dans la rue,
45:38une modification
45:39du rapport de force,
45:41mais aussi
45:42un relais
45:43avec des parlementaires,
45:45notamment,
45:45qui permettent
45:46de faire avancer
45:47par la loi
45:48les droits des femmes.
45:50Et puisqu'on a parlé
45:52de la remise en cause
45:53du droit à l'avortement,
45:54eh bien,
45:55au niveau de mon groupe,
45:56le groupe communiste,
45:56républicain,
45:57citoyen, écologiste
45:58au Sénat,
45:59on a déposé
46:00une proposition de loi
46:01pour demander
46:02à l'allongement
46:03du délai
46:04par rapport
46:04à l'avortement
46:05de 12 à 14 semaines.
46:08Et on va évidemment
46:09communiquer là-dessus.
46:11Et je vous invite
46:12à nous soutenir.
46:13Et puis,
46:13pour les retraites,
46:14parce que la réforme
46:15qui est dans les cartons,
46:16qui va passer devant
46:18le Parlement
46:18après les municipales,
46:20chercher l'erreur,
46:22elle attaque
46:22tous les droits,
46:23évidemment,
46:24des salariés,
46:24des retraités,
46:25mais elle attaque
46:26en premier lieu
46:27les femmes.
46:28Et donc,
46:28là aussi,
46:29non seulement on va
46:30critiquer la réforme,
46:32mais nous,
46:32on a des propositions
46:33alternatives.
46:34Et plus elles seront
46:36portées de manière
46:37massive et plus on
46:38gagnera de nouveaux droits.
46:44Merci beaucoup.
46:45Je vous remercie
46:46à nouveau tous les quatre
46:47et en particulier Morgane
46:49d'être venue ici.
46:51Vous pouvez l'applaudir.
46:52Ce n'est pas évident
46:52de venir parler
46:53devant beaucoup de monde.
46:58Et Luc Frémio également
46:59qui est venu de Lille
47:00tout spécialement.
47:01Merci.
47:03À venir,
47:04l'économiste Thomas Piketty.
47:32Pourquoi en tant qu'organisation
47:34de lutte contre les exclusions,
47:35contre les inégalités,
47:36comme la Fondation
47:37Abbé Pierre,
47:38eh bien,
47:38on soutient le journal
47:39de l'humanité ?
47:40Parce que d'abord,
47:40on a besoin véritablement
47:42d'une pluralité
47:43de la presse.
47:44C'est essentiel
47:45pour faire vivre la démocratie
47:46et c'est pour ça
47:47que nous,
47:47on reçoit l'humanité
47:48comme les grands
47:49quotidiens nationaux
47:50tous les matins.
47:51Puis,
47:51il faut bien dire
47:52que l'humanité
47:52a aussi accordé
47:53une place importante
47:55au sujet
47:56qui nous préoccupe,
47:57qui nous occupe
47:57à la Fondation,
47:58à savoir la lutte
47:59contre le mal-logement,
48:00contre la pauvreté,
48:01contre les inégalités.
48:02Et le fait
48:03de donner la parole
48:05aux personnes
48:05qui sont en situation
48:06de fragilité,
48:07celles qui ont rarement
48:08voix au chapitre,
48:09les sans voix,
48:10comme disait
48:10l'Abbé Pierre,
48:11c'est pour nous
48:12très important.
48:13Et on le voit bien
48:14dans le mouvement social
48:15qui agite le pays
48:15aujourd'hui,
48:16des personnes,
48:17des ménages,
48:18des familles
48:18se sentent non écoutées,
48:20voire même
48:21passées en dessous
48:22des radars
48:22et demandent
48:23à être partie prenante
48:25du débat démocratique
48:26et puis surtout
48:27que des mains
48:27leur soient tendues,
48:28que des aides
48:28leur soient apportées
48:29quand elles sont
48:29en difficulté.
48:30Donc pour tout ça,
48:31il faut impérativement
48:33que le journal
48:33L'Humanité
48:34continue d'exister
48:35et d'occuper
48:37nos kiosques le matin
48:38et puis d'arriver
48:38jusque dans le loco
48:39pour pouvoir
48:40nous alimenter
48:41sur cette pluralité
48:42et la nécessité
48:43de faire vivre
48:44ce débat démocratique.
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