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  • il y a 3 semaines
La députée PCF Elsa Faucillon dénonce la loi Blanquer, votée mardi à l'Assemblée nationale, qui affaiblit l'école publique au lieu de la renforcer.

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Transcription
00:00Il y a une vision à la fois d'une école faite de parcours d'initiés,
00:05une vision de l'école extrêmement rigide et autoritaire,
00:09et aussi une vision de la dette, la dette, la dette,
00:12il faut supprimer des fonctionnaires, et tout ça est à l'œuvre aujourd'hui.
00:23Au travers de Parcoursup, au travers des réformes du lycée et du bac,
00:28de ce projet de loi, ce qu'on ressent très fortement,
00:32c'est la création de parcours d'initiés, et donc d'une reproduction sociale accrue.
00:38L'idée, en fait, qu'il faut être sachant déjà à la base pour pouvoir s'orienter,
00:45pour faire les bons choix, les choix qui permettront d'accéder aux bonnes écoles,
00:50aux prétendues bonnes écoles, celles qui formeront l'élite.
00:53Et de considérer qu'à 14 ans, un gamin doit déjà savoir ce qu'il veut faire,
00:59de considérer qu'on a le droit de sélectionner à l'université.
01:01Tout ça, c'est une cohérence extrêmement présente sur le traitement,
01:05ou je dirais le mauvais traitement, qui est fait par le gouvernement envers la jeunesse.
01:13Je crois qu'on a affaire, là, à une gestion de la pénurie de la part du gouvernement,
01:18c'est-à-dire que, plutôt que de regarder là où il y a un problème d'attractivité,
01:23dans le monde enseignant, c'est une réalité, c'est très mal payé,
01:26le gouvernement choisit de précariser et de contractualiser.
01:32Plutôt que de regarder dans les zones rurales, là où il y a un problème,
01:35à trouver des directeurs, des directrices d'école,
01:37eh bien, supprimons-les, faisons un gros établissement.
01:39En fait, il y a à la fois une vision de l'école dans ce projet de loi,
01:44mais il y a aussi très clairement une vision de la fonction publique,
01:47qui répond très clairement aux objectifs de CAP 2022.
01:50Donc, il faut réduire du personnel, c'est la volonté du gouvernement,
01:54il faut réduire des fonctionnaires, mais à partir de là,
01:56il faut quand même bien s'occuper des enfants.
01:58Donc, il faut trouver toutes les situations qui permettront de le faire
02:01avec de moins en moins de personnel.
02:03C'est injuste, c'est inacceptable, mais c'est ce qui est à l'œuvre aujourd'hui.
02:11Il y a un contexte qui est celui, effectivement,
02:14d'un manque de défense de l'école publique de la part du gouvernement,
02:18d'abord par le fait qu'elle la vide de plus en plus de ses moyens
02:21et donc laisse le champ très volontairement à la partie privée.
02:26Une libéralisation, une marchandisation de l'école est à l'œuvre pour une part.
02:31Et donc, de fait, par cette inscription, il aurait fallu pouvoir encadrer
02:35et ne pas créer d'obligation de dépense obligatoire pour les communes,
02:40mais surtout renforcer les moyens pour l'école publique.
02:44Ce n'est pas le cas et je crois que devant l'explosion de création d'écoles privées maternelles,
02:50dans ce contexte, il aurait fallu renforcer ce cadre de défense de l'école publique.
02:56Donc, forcément, il y a un doute légitime, je crois,
02:59sur le fait que cette inscription aujourd'hui soit une forme d'aubaine
03:03offerte aux écoles privées maternelles.
03:10Blanquer a décidé comme ça, Manu Militari, de supprimer le Cnesco.
03:15Ça lui pose problème, qui est un organe indépendant chargé de l'évaluation des politiques éducatives.
03:21Ça va quelque part avec l'aspect de l'article 1 du devoir d'exemplarité.
03:25On a à l'œuvre à la fois une déstructuration du cadre national, de l'éducation nationale,
03:31et à la fois une reprise en main de la part du ministre et du ministère de l'éducation nationale.
03:37Donc, il fallait à Blanquer une chose de plus, c'est de pouvoir récupérer en son sein l'évaluation,
03:43une évaluation qui ne sera plus du coup universitaire, une évaluation qui permettra sa communication.
03:50Et d'ailleurs, au cours de l'examen en commission, sur l'argument de l'indépendance du Cnesco
03:55et du principe d'indépendance, Blanquer a quelque part dire que c'était un principe second.
04:00Je pense qu'il est pourtant premier, primordial, cet aspect d'indépendance.

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