00:00Moi, quand j'étais gamin, quand je commençais à jouer de la musique,
00:02je regardais, il y avait des journaux qui s'appelaient pop-musique ou des trucs comme ça,
00:05où on voyait les groupes qu'on aimait bien, les roux, tout ça.
00:09Ils jouaient à la fête de l'Huma.
00:10Moi, j'habitais à Marseille.
00:11Pour monter jusqu'à Paris, on ne pouvait pas, mais ça nous faisait rêver.
00:14Je ne pensais pas qu'un jour, je jouerais là.
00:37Je crois aussi que la musique est quand même un vecteur.
00:41On a la possibilité de raconter des choses, de rassembler les gens, etc.
00:45Il n'est pas étonnant que les plus intelligents considèrent que la musique est très importante
00:53et que travailler avec permet aussi de rassembler les gens.
01:17Jusqu'à aujourd'hui, quand vous allez dans les Léos en Guadeloupe
01:20ou dans toutes les fêtes Bel-Ais de Martinique,
01:24je veux dire, quand les gens participent, ils participent pleinement.
01:27C'est-à-dire qu'ils chantent, ils dansent aussi, ils peuvent danser.
01:29S'ils veulent, ils peuvent se joindre à la ronde, etc.
01:32Donc, c'est une habitude pour nous de partager.
01:35Il y a un public absolument formidable devant, autant en profiter.
01:38Voilà.
01:52Pour nous, artistes, ça devient de plus en plus dur.
01:55Si on n'est pas présent sur Internet, si on n'a pas de clips, si on n'est pas
01:58en plus dans des playlists,
02:00donc si on n'a pas une grosse maison qui investit sur nous et compagnie,
02:04on a vraiment du mal à exister.
02:06Bon, je veux dire qu'A.S.A.V fait des tournées.
02:08Heureusement, on réussit à vivre avec ça.
02:10Mais il y a beaucoup d'artistes chez nous qui sont obligés de retourner chercher un travail quelque part
02:13parce qu'ils ne peuvent pas survivre, parce que nos musiques sont mises à côté.
02:16Déjà, bon, on nous appelle outre-mer.
02:19Outre-mer, ça veut dire qu'il y a une scission, c'est loin, c'est là-bas.
02:22Et là-bas, on voudrait qu'on soit exactement comme en France.
02:25Alors, ce n'est pas la même chose.
02:26Je veux dire, ce n'est pas le même climat.
02:27Ce n'est pas la même histoire.
02:28Ce n'est pas le même truc.
02:29Donc, c'est toujours des relations un peu compliquées, quoi.
02:39Vous vous demandiez ce qu'il y avait de bon chez nous ?
02:43En dehors du chlordécone, car tu la merde partout.
02:45Je veux dire, les paysages sont encore très beaux.
02:48Ce qu'on mange, c'est super bon, même si c'est empoisonné un peu.
02:54On essaie de rester en vie quand même.
02:57Je crois qu'il y a aussi, en dehors de cette jeunesse qui part un petit peu en dérive
03:02parce qu'elle ne croit plus à demain, mais c'est un peu dans tous les pays pareil.
03:06Je veux dire, il y a aussi une belle énergie.
03:08Il y a aussi une très belle énergie chez des jeunes qui ont envie de faire des choses
03:11et ça permet de garder un peu l'espoir.
03:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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