- il y a 1 semaine
Ce 6 décembre, Emmanuel Macron se rendra en Algérie. Hassane Zerrouky, journaliste à l'Humanité, analyse la situation actuelle et les enjeux de ce premier voyage présidentiel dans ce pays. Réalisation : Abrahim Saravaki
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:02Bonjour, vous êtes journaliste à l'Humanité et connaissez très bien le Maghreb.
00:08Vous étiez le correspondant de l'Humanité RTL en Alger,
00:12en même temps membre de la rédaction en chef du matin en Alger,
00:17qui a interdit en 2004.
00:20Et vous collaborez depuis avec le journal Le Soir d'Alger.
00:26Emmanuel Macron, le président français, se rendra le 6 décembre en Algérie.
00:31Éclairez-nous sur les enjeux de ce voyage.
00:34Est-ce que c'est un voyage de routine ?
00:35Ou est-il un voyage de courtoisie au président Bouteflika ?
00:40Un peu souffrant, que peut-il attendre de ce voyage ?
00:44Le président Macron, après avoir reporté de multiples raisons son voyage,
00:51arrive donc le 6 décembre à Alger.
00:53Bon, il arrive dans un pays qui est confronté à trois choses.
00:58D'abord, des difficultés économiques, sociales,
01:02une situation sociale fortement dégradée,
01:06en raison de la baisse du prix du pétrole.
01:1090% des exportations algériennes, c'est uniquement le pétrole.
01:16Ensuite, il arrive dans un environnement régional tendu,
01:20avec ce qui se passe en Libye, le Sahel, le terrorisme.
01:25Et enfin, il arrive dans un contexte où il est fortement question de la succession
01:34de l'Adénazis Bouteflika, qui, comme vous venez de le dire, est souffrant,
01:40et dont on ne sait pas s'il va aller jusqu'au terme de son mandat,
01:45et s'il va se présenter un cinquième mandat.
01:47Alors, que faut-il en attendre du voyage d'Emmanuel Macron ?
01:54Côté algérien, je ne sais pas.
01:56En tout cas, de mon point de vue, pas grand-chose.
01:59Pas grand-chose.
02:01En revanche, côté français,
02:05il s'agit de reconquérir
02:09la part de marché de la France.
02:10La France était, jusque-là,
02:14le premier partenaire de l'Algérie.
02:16Elle a été, depuis, dépassée par la Chine.
02:21Donc, elle veut, l'Algérie reste quand même
02:24le premier partenaire commercial de la France.
02:26Donc, la France veut reconquérir cette part de marché,
02:31la consolider,
02:32parce que c'est le plus grand marché
02:39en dehors des pays de l'OCDE,
02:41le premier marché de la France en Afrique.
02:43Donc, c'est un marché important,
02:45de 40 millions d'habitants,
02:46avec du pétrole, du gaz, des richesses,
02:49malgré la crise que connaît le pays.
02:53Il rentre en Algérie quand même
02:56avec une image améliorée,
02:57avec la position qu'il a prise
03:01contre le colonialisme.
03:03Oui, la position qu'il a prise,
03:06c'était à Alger quand il était candidat
03:08face, dans le cadre d'un entretien
03:11avec une télévision privée.
03:13Maintenant qu'il est président de la République,
03:15je pense qu'il est soumis à des pressions
03:19et qu'il va ménager la chèvre et le chou.
03:24Ça m'étonnerie qu'il reste dans la même logique.
03:27Mais bon, il est attendu au tournant.
03:31Sarkozy, on lui a posé la même question.
03:33Hollande a fait un geste,
03:35a fait un geste concernant les massacres
03:38du 17 octobre 1961,
03:42mais il n'est pas allé plus loin.
03:44Donc on attend de ce président
03:45qu'il fasse un geste.
03:48Le problème, c'est que quand il était au Burkina,
03:50il a dit une phrase,
03:53« Il faut dépasser le passé ».
03:59Je ne sais pas si les historiens
04:02qui travaillent sur la mémoire
04:03vont beaucoup apprécier le passé,
04:05et toujours présent.
04:06On n'efface pas le passé.
04:08Il y a eu une guerre,
04:09il y a eu des séquelles.
04:11Il faudra que cette histoire mémorielle
04:14partagée entre les deux pays
04:16soit, une fois pour toutes, réglée
04:18ou laisser les historiens en parler.
04:21Mais en tout cas,
04:22ne pas l'instrumentaliser à des fins politiques
04:24ici en France
04:26pour satisfaire l'extrême droite
04:28et en Algérie
04:30pour, disons, satisfaire
04:33une frange encore très nationaliste
04:37qui s'accroche encore
04:39pour, à juste raison,
04:42elle veut que la France
04:44reconnaisse les crimes
04:45qui ont été commis.
04:47Et comme dit Henri Allègue,
04:48la colonisation est un crime
04:49contre l'humanité
04:50et ça, il faut l'admettre.
04:53Vous dites que l'Algérie
04:55est confrontée
04:55à des problèmes sérieux.
05:01Peut-on savoir un petit peu plus ?
05:03Vous pouvez développer un petit peu
05:05ce sujet-là.
05:05Sur le plan économique,
05:09avec la chute du prix du baril
05:12qui a amputé gravement
05:14le budget algérien,
05:17l'État algérien a été obligé
05:20de recourir à ce qu'on appelle
05:23un plan d'austérité.
05:25Et comme il refuse de recourir
05:27à l'aide extérieure,
05:29à leurs emprunts extérieurs,
05:30il va déprécier la monnaie nationale,
05:35le Dillard, en recourant
05:36à la planche à billets.
05:39Donc, la planche à billets,
05:41ce gouvernement a l'air
05:42d'être sûr de lui,
05:43il dit non, il n'y aura pas
05:44de conséquences...
05:46Sur l'inflation.
05:48Oui, en matière d'inflation,
05:49de pouvoir d'achat,
05:50on garantira le pouvoir
05:53d'achat des gens.
05:54Et il a décidé aussi
05:56de réduire toute cette partie
06:01des importations
06:02qui ne servent à rien,
06:03d'importation de produits de luxe,
06:05etc.
06:05Est-ce qu'il va y arriver ?
06:06J'en sais rien,
06:07parce qu'il est soumis
06:08à des pressions,
06:09à la fois des pressions
06:11de l'Europe,
06:12et notamment de la France,
06:14parce qu'une partie
06:14des produits de large consommation
06:18sont importés d'Europe,
06:19et aussi aux lobbies
06:21des importateurs locaux.
06:25Les importations algériennes,
06:27c'est 60 milliards de dollars par an.
06:30C'est quand même
06:31beaucoup d'argent
06:32qui sont en jeu.
06:34Donc, il est dans cette...
06:35On a un gouvernement
06:37qui navigue entre les deux pressions
06:39et je n'ai pas l'impression
06:41qu'il ait décidé
06:44à donner un coup d'arrêt
06:45aux importations de produits de luxe
06:48qui ne servent à rien,
06:50qui ne servent qu'une catégorie
06:52de la population
06:53et qui ne servent qu'à enrichir
06:54des lobbies locaux.
06:57Ça, voilà un peu la réalité.
06:59Bon, il a un atout de son côté,
07:01c'est qu'il a des réserves
07:02de change énormes,
07:05même si elles sont baissées de moitié,
07:06c'est 100 milliards de dollars
07:07de réserve de change,
07:10et...
07:11100 milliards de dollars
07:12sont importants.
07:12Et c'est un pays
07:13qui n'a pas de dette.
07:14C'est une dette de 3 milliards de dollars,
07:16ce qui n'est rien.
07:17Elle représente 0,0.
07:205% du PIB,
07:21donc ce n'est pas beaucoup.
07:23Mais,
07:26il y a des voix,
07:27des économistes,
07:28des gens de la société civile
07:30qui disent
07:30qu'on ne peut pas continuer
07:32dans cette politique
07:33d'import-export,
07:35du tout pétrole,
07:36qu'il faut penser
07:37à une alternative
07:42hors pétrole.
07:43Or,
07:44je n'ai pas l'impression
07:45qu'on se dirige
07:48dans cette direction,
07:51c'est-à-dire
07:52à changer
07:54de politique économique,
07:56puisque
07:59une bonne partie
08:00du régime algérien
08:01est persuadée
08:02que
08:03le prix du baril
08:05va remonter,
08:06donc ils essayent
08:06de gagner du temps.
08:09et une autre partie
08:10du pouvoir
08:11pousse à l'exploitation
08:12du gaz de schiste.
08:14Or,
08:14il y a eu des manifestations
08:15en Algérie
08:16contre le gaz de schiste.
08:17L'Algérie dispose
08:18des plus grandes réserves
08:20au monde
08:20de gaz de schiste.
08:22Or,
08:23le gaz de schiste
08:24a des effets
08:26sur l'environnement
08:27qui peuvent être désastrants.
08:28Sous le Sahara algérien,
08:30il y a une véritable nappe,
08:34un véritable océan d'eau
08:36sous le Sahara.
08:38Si demain,
08:38il est pollué,
08:40ça va impacter gravement
08:45toute une partie du pays.
08:47parce que ces nappes phréatiques
08:49peuvent,
08:50servent déjà
08:51à l'alimentation
08:53en eau potable
08:53de plusieurs villes.
08:55Il y a des véritables
08:56parplaides
08:56qui vont de
08:57Hasier-Romel
09:00où se trouve
09:01la nappe phréatique
09:01jusqu'à Tamal-Rasède,
09:03600 kilomètres
09:04qui permettent
09:07aux populations du Sud
09:08d'avoir de l'eau courante
09:0924 sur 24.
09:11Si demain,
09:12elle est polluée
09:14à cause des technologies
09:16qui sont utilisées
09:17pour extraire
09:18le gaz de schiste,
09:20c'est la catastrophe
09:21humanitaire
09:21qui se dessine.
09:22Donc pour le moment,
09:23il n'y a pas de technologie
09:24qui évite
09:24cette catastrophe humanitaire
09:26et il y a une tentation
09:28devant la crise
09:29à aller vers le gaz de schiste.
09:32Et là,
09:32je pense
09:33qu'il va y avoir
09:34un conflit
09:37comme ça s'est passé
09:38il y a deux ans
09:38avec les populations du Sud
09:40et avec une partie
09:41de la société civile.
09:43Et au niveau
09:44de la démocratie,
09:45en apparence,
09:46on voit que dans le Parlement
09:47il y a des représentants
09:49de différents partis politiques,
09:51il y a des sites internet
09:52qui marchent,
09:53il y a des journaux,
09:54mais est-ce que
09:55cette démocratie,
09:56cette liberté
09:57est approfondie ?
09:58Est-ce qu'il y a
10:00des obstacles ?
10:02Est-ce qu'on peut dire
10:03qu'il y a démocratie
10:07instaurée en agence ?
10:08Je crois que la démocratie
10:09reste à conquérir.
10:10L'Algérie,
10:11ce n'est pas un pays
10:12de dictature,
10:13mais c'est un régime autoritaire.
10:15C'est-à-dire qu'il y a
10:17encore une répression
10:18contre les libertés,
10:19les libertés de manifester,
10:20par exemple.
10:21On autorise des manifestations
10:23partout en Algérie,
10:25sauf à Algérie.
10:27Algérie,
10:27il est interdit
10:28de manifester publiquement
10:29et à chaque fois
10:30que la société civile
10:31se réunit,
10:32la police intervient
10:34à coup de matraque
10:36pour
10:37pour mettre fin
10:38à ces manifestations.
10:40Donc,
10:40il y a un climat répressif
10:42contre les internautes.
10:43Il y a des journalistes
10:45qui ont été
10:47qui ont été
10:48traduits devant
10:49des tribunaux
10:49et condamnés
10:50à des peines.
10:51Bon,
10:52même si ce n'était pas
10:53de la prison,
10:54c'est des prisons
10:55à sursis,
10:55mais de fortes amendes.
10:57Parce que,
10:58donc,
10:58il y a un climat répressif
11:00et on ne peut pas dire
11:01qu'on est dans un pays
11:02de totale liberté,
11:04même s'il y a une presse
11:08qui a arraché
11:09cette liberté de ton,
11:10elle n'a pas été octroyée
11:11sans le journaliste,
11:12sans avoir le droit
11:14aujourd'hui
11:14de s'exprimer,
11:15de parler.
11:16Et ça,
11:16on ne peut pas le nier.
11:18Mais,
11:19on est dans cette,
11:21disons,
11:21un moment de bascule.
11:23D'un côté,
11:23il y a toujours...
11:25des acquis historiques
11:27du peuple algérien.
11:27Oui,
11:28il y a les acquis,
11:29il y a la répression,
11:32donc on n'est,
11:32on n'a vu qu'entre les deux.
11:35Et même sur ce...
11:36même à ce niveau-là,
11:40on ne peut pas continuer
11:41comme avant.
11:42On n'est plus dans les années 70,
11:44on n'est plus dans les années 80.
11:45La société a évolué.
11:47Il y a une société civile
11:48très active,
11:49des jeunes qui bougent,
11:51des réseaux sociaux.
11:53j'ai vu que l'État algérien
11:55a tenté un peu
11:57de les canaliser,
11:58mais il ne peut pas.
11:59Et puis l'Algérie
12:00est à ces 600 km
12:01de l'Europe,
12:03de la France
12:03et à 200 km
12:06de l'Espagne.
12:07Ils sont dans un ensemble...
12:09Une proximité importante.
12:10Une proximité
12:11à laquelle ils ne peuvent pas
12:12échapper
12:13du fait de la langue française aussi.
12:15Une majorité d'Algériens
12:17parlent le français,
12:17la presse est écrite
12:18en français,
12:19les journaux télévisés
12:20sont en français,
12:21les radios,
12:22donc ils baignent
12:23dans un contexte
12:27que le pouvoir algérien
12:29est obligé
12:30d'en tenir compte.
12:31Donc on est là.
12:33Pour le reste,
12:34sur le plan politique,
12:35on a les élections
12:37de mai 17
12:38et les élections législatives
12:41comme 65%
12:43de taux d'abstention
12:45avec un nombre
12:45de bulletins de blanc
12:46supérieur au nombre
12:48de votants.
12:48Je crois que ça interroge
12:50et je crois
12:51que montre un peu
12:52les limites
12:52de la démocratie algérienne.
12:54Il faut passer à autre chose.
12:56Exactement.
12:57Sur le plan politique,
12:59comment se présente
13:00l'avenir de l'Algérie ?
13:01Surtout la question
13:02de succession.
13:03Président,
13:04Bouteflika.
13:04Oui,
13:05alors tout à l'heure,
13:05je disais
13:06que Macron
13:06arrivait dans un pays
13:08où j'ai oublié
13:09d'en parler,
13:09c'est la succession
13:10Brunard.
13:11Est-ce qu'il va
13:12le rencontrer ?
13:13Quand il va le rencontrer,
13:14est-ce que Bouteflika
13:16est en mesure
13:18de tenir un dialogue
13:19avec lui
13:20ou ça va être
13:21simplement
13:21pour reprendre
13:23note
13:24de son état de santé ?
13:25Moi ce que je sais
13:27c'est que
13:29c'est pas moi
13:30qui le sais,
13:30tous les Algériens
13:31le savent,
13:32c'est que le président
13:33Bouteflika
13:34est diminué
13:35physiquement.
13:36Est diminué
13:37physiquement.
13:38Ça se voit
13:38quand on voit
13:39le sonné
13:40Oui, ça se voit,
13:40il ne parle pas,
13:42il ne prononce pas
13:43de discours,
13:43d'ailleurs
13:44il y a une partie
13:46de la société civile
13:47qui a demandé
13:48qu'il s'exprime,
13:48pourquoi il ne parle
13:49pas au peuple ?
13:51Donc il ne parle pas,
13:52il ne voyage plus,
13:54il est absent
13:55des principaux sommets
13:58sommets de la Ligue arabe,
13:59sommets
14:00de l'Union africaine
14:02où se prennent
14:03des décisions
14:04où on a besoin
14:05qu'il y ait un chef d'état
14:06qui dise,
14:07qui montre
14:08la direction
14:11à prendre.
14:12Or il se fait représenter
14:13par un premier ministre,
14:15parfois un ministre
14:15d'Atlérétrangère
14:16et donc les partenaires
14:18de l'Algérie
14:19ne savent pas
14:21qui dirige.
14:23Est-ce que Bouteflika
14:24la dirige ?
14:26Il y a des voix
14:27en Algérie
14:27qui disent que non.
14:30Il y a des groupes
14:32qui prennent
14:34des décisions
14:34à sa place.
14:35Il y a même
14:35un opposant
14:36qui a dit
14:38certaines décisions
14:38prises par le président
14:39de la République
14:40ne sont pas de lui.
14:42Son ancien premier ministre
14:44qui est aujourd'hui
14:44dans l'opposition
14:46qui s'appelle
14:46Ali Ben-Feliz
14:47qui a été son premier ministre,
14:48qui a été son conseiller,
14:49qui a été son directeur
14:50de campagne
14:51et dit
14:51je le connais
14:52la décision
14:53qu'il a prise
14:54j'ai oublié
14:54de laquelle
14:54elle n'est pas de lui
14:56c'est quelqu'un d'autre
14:57et on la lui fait assumer
15:00donc on lui fait assumer
15:01certaines choses.
15:03Alors
15:04je pense que
15:05il restera
15:07au pouvoir
15:08tant qu'on ne trouvera pas
15:09un remplaçant
15:11qui préservera
15:13le système politique
15:14algérien
15:15tel qu'il existe
15:16depuis une trentaine d'années.
15:17Ça veut dire
15:18assurer la continuité.
15:20Voilà
15:20assurer la continuité.
15:21Le jour où ils vont trouver
15:22ils vont se mettre d'accord
15:23parce qu'il y a
15:24des tiraillements
15:26au sein du régime
15:27entre les oligarques
15:28les militaires
15:29les cercles politico-militaires
15:31il y a beaucoup
15:32de groupes d'intérêts.
15:33Le jour où ils vont trouver
15:34un nom
15:35sur lequel
15:37se dessinera
15:38un compromis
15:39à ce moment-là
15:40je pense qu'ils avanceront
15:41le retrait
15:42de Bouteflika
15:43où il va lui-même
15:44annoncer son retrait
15:45et il y aura
15:45une élection présidentielle
15:46et ils vont la gagner.
15:49Ils vont la gagner
15:50parce que
15:50le FNN
15:51et le RND
15:53plus une partie
15:54de l'opposition
15:55qu'ils soutiennent
15:56détiennent déjà
15:57sont déjà
15:59bien implantés
16:00et l'opposition
16:01algérienne
16:02l'opposition politique
16:03elle est éclatée
16:04elle ne représente rien
16:06elle est décrédibilisée
16:07et
16:08je demeure
16:11persuadé
16:11que
16:12il n'y a pas d'alternative
16:13politique
16:14ce qu'au régime actuel
16:15la seule alternative
16:16elle est à l'intérieur
16:17du régime
16:19souhaitant que
16:19celui qui va être choisi
16:20va rompre
16:22avec
16:23la tradition
16:24et là
16:25ça va être difficile
16:26ça va être difficile
16:27mais moi
16:28je ne me focalise pas
16:30avec beaucoup de gens
16:31sur ce qui se passe
16:32sur la maladie
16:34de Bouteflika
16:35je lis la presse
16:36le président est malade
16:37etc
16:37et on occupe les gens
16:38avec ça
16:39je crois qu'il faut
16:40se focaliser
16:40sur ce qui se passe
16:42au sein de la société
16:43algérienne
16:44au sein de ces mouvements sociaux
16:47qui se développent
16:48un peu partout
16:49au sein de ces jeunes
16:50qui s'organisent
16:51qui n'attendent pas
16:53qui n'attendent rien du pouvoir
16:54et qui bougent
16:55et qui essayent de faire bouger
16:57les lignes
16:57et ça
16:58dans tous les domaines
16:59dans le domaine culturel
17:01dans le domaine artistique
17:02dans le domaine économique
17:05dans le domaine
17:07des tas de choses
17:07qui sont en train de naître
17:10un peu partout
17:13sans attendre
17:13une décision politique
17:14et je crois que
17:15l'avenir
17:16il se situe
17:17à ce niveau là
17:18il ne se situe pas ailleurs
17:20quant à ceux
17:21qui craignent
17:22que l'islamisme
17:24ne sert contre eux pas
17:25je crois que l'islamisme
17:26est un même pouvantail
17:27il existe
17:28il est présent
17:29il y a encore
17:30quelques actes terroristes
17:31mais bon
17:33surtout à l'extérieur
17:34ça veut dire
17:34des algériens
17:35oui oui
17:36il y a l'extérieur
17:37de temps en temps
17:38des attentats
17:38mais bon
17:40il est réduit
17:40plus personne ne les suit
17:42mais en tant que mouvance
17:44disons religieuse
17:45politique
17:46ils sont présents
17:47ils tiennent les mosquées
17:48ils tiennent certains
17:50ils ont encore
17:51une capacité de nuisance
17:53et quand je dis
17:54épouvantail
17:55c'est à dire
17:56qu'il n'est pas exclu
17:58que le régime
17:59puisqu'il
18:00il réprime
18:02les libertés
18:03ceux qui manifestent
18:04pour les libertés
18:04mais il ne dit rien
18:05aux islamistes
18:06qui lancent des campagnes
18:07contre les femmes
18:08qui lancent des campagnes
18:10contre le bikini
18:10comme si l'Algérie
18:11c'était la côte d'Azur
18:13c'est ce qui est loin
18:15d'être le cas
18:15ils lancent des campagnes
18:17contre l'alcool
18:17si tout le monde
18:18n'est pas alcoolique
18:19dans ce pays
18:19bon
18:20on les laisse faire
18:22on les laisse faire
18:23et pour se dire
18:25si demain
18:25cette haute pouvantail
18:27on l'agitera
18:28attention
18:28si vous ne votez pas
18:30pour nous
18:30nous sommes les seuls
18:32à résister
18:32devant les islamistes
18:33nous sommes à leur faire face
18:36si vous ne votez pas
18:37pour nous
18:38vous votez pour les autres
18:39et bien vous aurez
18:39les islamistes sur le nom
18:40donc il sert un peu
18:41d'épouvantail
18:42de moyen de chantage
18:44sur une population
18:46sur des Algériques
18:47qui ont été traumatisés
18:48par neuf années
18:49de terrorisme
18:50de tueries
18:52de massacres
18:52aujourd'hui on parle
18:54de Daesh
18:54et on dit
18:56tiens
18:57Daesh tue des musulmans
18:59mais les islamistes
19:00ont déjà tué des musulmans
19:01ils ont déjà tué des musulmans
19:03ils n'ont pas attendu
19:04l'attentat du guet d'Egypte
19:06pour tuer des musulmans
19:07là c'est là
19:08c'est en Europe
19:09on fait semblant
19:11de faire croire
19:12qu'aux gens
19:12que les islamistes
19:13ne tuent que des chrétiens
19:14ou des chinois
19:15ou je ne sais pas quoi
19:16qui ne touchent pas aux musulmans
19:17ce qu'il faut
19:20merci beaucoup
19:22Hassan Zerogu