00:00Qu'est-ce que vous dites aux électeurs qui ont, dans leur vie, voté à gauche,
00:03qui ne votent plus aujourd'hui à gauche, qui sont passés ailleurs, au centre, à droite,
00:07ou au Rassemblement national, parce qu'ils estiment qu'il y a trop d'immigration ?
00:10Est-ce qu'ils se trompent ?
00:13Justement, vous voyez, quand je tourne, quand je vais dans les départements,
00:17quand je vais à la porte des entreprises, j'en ai deux en tête que j'ai vues il n
00:20'y a pas longtemps,
00:20j'en ai une que j'ai vue à Clermont-Ferrand, mais ils ne me parlent pas de l'immigration.
00:24Personne ne vous parle d'immigration ?
00:25Ils me parlent de l'immigration quand il y a un sujet d'actualité qui met ça sur la table.
00:32Mais leur problème au quotidien, ce n'est pas l'immigration,
00:35leur problème au quotidien, c'est les pleins quand ils sont obligés de prendre la voiture pour aller travailler.
00:39Le problème, c'est qu'il n'y a que le SMIC qui augmente.
00:42Vous savez que chez les fonctionnaires, il y a dix échelons dans les catégories C qui sont en dessous du
00:47SMIC,
00:48et que pour pouvoir les mettre au niveau du SMIC, il y a une indemnité différentielle qui l'aurait versée,
00:52qui ne cotisent même pas à la retraite.
00:55Et c'est pour ça que les fonctionnaires ont des pensions aussi basses.
00:59Non mais la collègue, elle existe, et c'est de ça dont on parle.
01:02François Ruffin, qui n'est pas très éloigné de vous,
01:05toute la gauche, ou une grande partie de la gauche, lui est tombée dessus quand il a dit
01:08« je veux baisser l'immigration de travail ».
01:10Est-ce que vous, aujourd'hui, vous dites, ça a été, je parle sous le regard d'Alain O'Damel,
01:16qui rappellera peut-être la position des communistes il y a quelques années,
01:18est-ce que vous dites aujourd'hui, il faut réduire l'immigration ?
01:21Mais la question de l'immigration, elle est posée.
01:24Nous devons savoir en parler, et de manière dépassionnée, parce que c'est un sujet grave.
01:31Tout pays a une politique migratoire.
01:34Que cela concerne les personnes qui rentrent illégalement,
01:37ou que cela concerne les personnes qui rentrent légalement pour différentes raisons.
01:41Pour les études, pour le regroupement familial, ou pour le travail.
01:44Toutes ces questions-là font l'objet de lois, de textes,
01:48et c'est normal que des formations et de gauche et de droite aient une vision là-dessus.
01:52Par exemple, nous, nous disons que les travailleurs sans papier, malheureusement, aujourd'hui,
01:59puissent être régularisés.
02:00Je parle des travailleurs, des travailleuses, qui ont une fiche de paye,
02:03qui cotisent, qui ne verront jamais la couleur de ces cotisations,
02:07parce qu'ils sont sans papier, et qu'ils peuvent faire l'objet d'une arrestation,
02:11d'une reconduite à la frontière, alors qu'ils travaillent,
02:14et qu'ils sont utiles dans l'entreprise où ils sont.
02:17Et donc, nous, nous portons cette voie-là,
02:19et elle est différente de celle qui est portée par l'extrême droite,
02:23ou de François Ruffin.
02:25En revanche, et je vais le dire aussi,
02:27je ne suis pas d'accord non plus avec une partie du patronat, du MEDEF,
02:32qui dit, parce que nous avons besoin de main-d'oeuvre,
02:35nous allons ouvrir des filières d'immigration pour travailler dans les vignes,
02:41pour travailler dans le bâtiment, pour travailler dans tous ces métiers difficiles,
02:44parce qu'on ne veut pas augmenter les salaires,
02:46et donc, eux, ils acceptent de travailler à bas prix,
02:48et on va faire venir les immigrés.
02:49Et ça, ce n'est pas juste non plus.
02:51toute personne qui travaille dans notre pays a le droit au même salaire,
02:55à une juste rémunération,
02:56et à des conditions dignes de travail.
02:58– Bon, alors, malheureusement, en ce qui concerne
03:02ceux qui occupent des emplois provisoires,
03:06par exemple, pour les vendeurs, ou des choses comme ça,
03:10l'idée selon laquelle on trouverait une solution juste,
03:14équitable et humaine,
03:15on ne s'en rapproche pas.
03:17On ne s'en rapproche pas,
03:18et on n'est d'ailleurs pas spécialement bien placé de ce point de vue.
03:21– Mais vous avez vu les scandales,
03:22la manière dont parfois ils sont exploités,
03:25entassés dans des barraquements, c'est horrible.
03:27– Mais attendez, je n'ai rien à admettre,
03:30parce que je n'ai jamais contesté le fait que
03:33ceux qui sont des travailleurs provisoires,
03:36qui, venus d'autres pays,
03:38à l'occasion, par exemple, des vendanges,
03:40sont évidemment maltraités.
03:42Je n'ai jamais dit le contraire.
03:43– Et le problème est que
03:47le temps des vendanges, on a besoin d'eux,
03:50mais qu'eux n'ont pas de perspective ensuite.
03:53Et donc, ils sont obligés,
03:54d'ailleurs ce qui se produit chaque année,
03:56de revenir pour l'essentiel dans leur pays d'origine,
03:59avec un peu plus d'argent qu'ils n'en avaient,
04:01mais avec aucune garantie,
04:03et en ayant été obligés d'habiter
04:07dans des conditions invraisemblables,
04:08en étant mal nourris,
04:10et en ayant un travail disproportionné.
04:13– Mais bon, tout ça, tout ça est vrai.
04:15Cela étant, la France est notamment en Europe,
04:20avec les pays les plus comparables aux nôtres,
04:22la France n'est pas le pays,
04:24tant s'en faut,
04:26le plus restrictif vis-à-vis de l'immigration.
04:28– C'est comme…
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