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  • il y a 1 semaine
Après le vote de l'Ecosse contre le Brexit à 63%, le député européen écossais Alyn Smith ( Verts/ALE ) réaffirme la volonté de son pays de se maintenir dans l'Union européenne et dit sa colère face à la malhonnêteté des conservateurs et de l'extrême-droite britanniques avant et après le scrutin. Entretien.

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Transcription
00:11Aline Smith, bonjour et merci d'être avec nous depuis le Parlement européen de Strasbourg, votre maison.
00:16Je rappelle que vous êtes député européen écossais, membre du groupe ici des Verts Alliance Libre Europe.
00:23Vous êtes également membre du Scottish National Party, je parle moins bien anglais que vous, vous parlez français.
00:30Qui est non seulement le premier parti écossais, rappelons-le, mais qui est également le parti qui détient la majorité
00:36au Parlement écossais.
00:38Et qui est également le troisième parti, si je ne me trompe, à la Chambre des communes à Londres.
00:43Oui, c'est vrai.
00:44Le Scottish National Party est un parti, on le répète également, résolument orienté à gauche.
00:50Un parti social, écologique, ouvert sur l'Europe et sur le monde.
00:54Vous avez appelé à voter contre le Brexit et c'est Louis qui l'a emporté.
01:00La semaine dernière, mardi à Bruxelles, vous avez demandé aux parlementaires européens de ne pas laisser tomber l'Ecosse.
01:08Et les députés européens se sont tous, sauf à la droite extrême, levés pour vous applaudir.
01:15C'était un moment très émouvant de cette séance, de cette session à Bruxelles, cette courte session.
01:20Qu'est-ce que vous avez pensé à ce moment-là, à vous ?
01:23C'était honnêtement plein de colère.
01:26C'était au commencement du débat.
01:29J'avais pas l'objectif de parler, mais quand j'ai vu Nigel Farage, quand j'ai vu le conservateur,
01:38j'ai vu clairement si le visage de Brexit est Nigel Farage, c'est tombé, c'est fini.
01:46Alors j'ai fait mon discours, un discours très bref, mais homène et de l'accord.
01:52Ne vous laissez tomber.
01:55Mon pays a voté 63% pour rester dans le cadre européen.
02:00Aussi à Irlande du Nord, aussi à Londres, beaucoup d'autres villes anglais.
02:06Au Royaume-Uni même, c'est seulement 52% pour quitter.
02:11Après une campagne qui était un exercice de masse déception, c'était un désastre pour la démocratie.
02:19Alors il y a une pluralité dans le vote.
02:23Et n'oubliez pas l'Ecosse.
02:26Alors mes collègues sont à réagir très chaleureusement à le discours.
02:32Vous avez senti à ce moment-là, à Bruxelles, que l'Europe existait à un moment donné ?
02:38C'était un vrai moment de solidarité.
02:42Je le rappellerai pour beaucoup d'années, je pense.
02:46C'était un moment quand j'ai pensé, quand je me suis senti vraiment européen.
02:52La solidarité était vraie.
02:53On va revenir un tout petit peu en arrière si vous le voulez bien.
02:56Est-ce que l'Ecosse s'est intéressée à cette campagne à propos du référendum ?
03:02Est-ce qu'il y a eu vraiment, vous avez senti, on en a parlé avec vous avant le référendum.
03:08Est-ce que vous avez senti, notamment que dans les derniers jours, il y avait un intérêt des Écossais pour
03:13ce référendum sur le Brexit ?
03:15Ou est-ce qu'au contraire, c'était un petit peu mou, on va dire, l'ambiance ?
03:20En Écosse, c'était une campagne totalement différente que le Royaume-Uni.
03:25Nous avons eu juste 21 mois de notre propre référendum sur l'indépendance.
03:34Le peuple écossais, le peuple population écossais est encore très, très, très engagé dans les questions politiques.
03:42Alors pour nous, la question du Brexit, le désir pour un référendum sur les questions européennes, ce n'était pas
03:49grand-chose.
03:50Il y a un consensus politique et civique, société, que rester dans le cadre européen, c'est absolument l'option
04:02simple, c'est clair.
04:03L'évidence.
04:04Alors la campagne en Écosse, c'était plus en question de, on dit en anglais, complacency, la question qui est,
04:12ah, ce n'est pas grave, mais c'est grave maintenant.
04:16Mais en Écosse, nous avons voté clairement pour rester dans le cadre.
04:20Bien sûr. C'est une mauvaise idée, finalement, ce référendum. Ce n'était pas une bonne idée politique. Vous pensez
04:25ça aujourd'hui ?
04:27Je suis un démocrate. J'aime le concept du référendum, mais je pense que c'est nécessaire pour avoir un
04:35référendum sur la base d'informations.
04:38C'est ça.
04:39Pas misrépésentation et les choses comme ça.
04:42Parce que la campagne pour quitter était très, très, très riche. Ils ont investi beaucoup d'argent.
04:51Voilà, voilà. Mais c'était absolument pas honnête. C'était absolument pas professionnel. En fait, c'était très professionnel dans
04:58la campagne.
04:59Après la campagne, c'est un désastre. L'objectif n'était pas à gagner. Je suis sûr.
05:05Vous pensez qu'on a menti dans cette campagne. Je ne parle pas de l'Écosse. Je parle de l
05:10'ensemble du Royaume-Uni, que les enjeux qui ont été présentés n'étaient pas les bons.
05:14Vous l'avez dénoncé ça avant le vote, disant qu'à la fin, le Brexit se résumait presque entièrement à
05:24une question pour ou contre les immigrés.
05:26Et finalement, on ne parlait plus que de ça.
05:28Nous avons dénoncé la campagne tous les jours. Mais il y avait un... Comme quand il y a un groupe
05:38de piranhas.
05:39C'est pas le temps pour le logique.
05:41Chasse en bande, oui.
05:42Voilà. Et c'était terrible. Absolument terrible. En Écosse, c'était un univers parallèle.
05:49Alors, justement, pour quelles raisons, selon vous, qu'est-ce qui fait que l'Écosse a voté fortement et très
05:55différemment des autres régions du Royaume-Uni ?
05:59Qu'est-ce qui explique ce vote écossais, selon vous ?
06:01Je pense un peu à notre différente politique. Nous avons notre propre parlement maintenant.
06:08Nous avons mon parti, le parti national. Nous sommes très européens. Nous ménons le débat.
06:15Nicolas Sturgeon, elle est un premier ministre très fort, très agréable, très homaine.
06:21Elle a mené la campagne. Alors, le débat, c'est différent.
06:27Aussi, la question du pragmatisme, d'être dans le cadre européen.
06:32Nous avons beaucoup d'agriculteurs, le pétrole, le gaz, les pêchers aussi, toutes les choses européennes.
06:40Alors, nous avons une plus grande proximité d'Europe, un peu, sans aussi le bagage d'empire qui existe à
06:50Westminster.
06:52Politiquement, nous sommes un très, très différent pays que le Royaume-Uni.
06:56Alors, c'est une question à laquelle on ne peut pas échapper, bien entendu.
07:01Est-ce que le Brexit remet en cause l'appartenance de l'Écosse au Royaume-Uni ?
07:07Alors, vous parliez d'elle il y a quelques secondes.
07:10Nicolas Sturgeon a dit, la première ministre d'Écosse a dit qu'il fallait l'envisager,
07:14que la question était on the table, quand même.
07:17Mais les Écossais ne semblent pas souhaiter l'organisation rapide, en tout cas, d'un nouveau référendum de l'indépendance.
07:25Vous disiez il y a quelques secondes que le précédent date d'il y a deux ans.
07:29Est-ce que c'est une priorité ou pas, à l'heure actuelle, en Écosse ?
07:32C'est pour ça que j'ai fait cette interview.
07:35Je dois expliquer à nos amis françaises.
07:37L'indépendance, c'est sur la table, bien sûr.
07:40Mais ce n'est pas notre première ligne.
07:42Nous avons fait une campagne contre le Brexit.
07:46Nous avons voté contre le Brexit.
07:48Nous sommes une paix européenne.
07:49Nous voulons rester dans le cadre européen.
07:52Alors, je parle sur le statut.
07:56Nous avons les îles Hollande.
07:59Nous avons les îles Faro.
08:02Près chez vous, les îles de Cana.
08:06Les îles de Manche.
08:08Jersey-Garney.
08:09Jersey-Garney de Manne.
08:11Il y a d'autres options.
08:13Et nous explorons toutes les options maintenant pour garder le statut européen.
08:19Ça, c'est dynamique, bien sûr.
08:21C'est absolument dynamique.
08:22Mais nous avons fait une campagne contre le Brexit.
08:26Ce n'est pas notre plan secret pour relancer l'indépendance.
08:33C'est sur la table, bien sûr.
08:35Et nous gardons notre droit de faire tout ce que nous devons.
08:39Mais ce n'est pas notre objectif, premièrement.
08:42Vous l'avez abordé, vous l'avez dit en quelques mots tout à l'heure.
08:46Qu'est-ce que l'Europe a apporté à l'Écosse, finalement ?
08:50Quand on regarde un tout petit peu en arrière, vous le dites.
08:54Vous dites l'Europe, tout n'est pas formidable, ce n'est pas merveilleux, elle est imparfaite, etc.
08:59Mais il vaut mieux être à l'intérieur qu'être à l'extérieur.
09:01Qu'est-ce que l'Europe a apporté, a apporté, continue à apporter à l'heure actuelle à l'Écosse
09:08?
09:08C'est une question philosophique, vraiment.
09:13Cette semaine, le centième anniversaire de la bataille du Somme, nous devons rappeler notre histoire.
09:21Le système européen, l'Union européenne, c'est une coopération formelle, multilatérale.
09:29Je veux la même indépendance qu'Irlande, Danemark, la Suède, Finlande, la France, l'Allemagne.
09:37C'est un niveau que nous pouvons travailler ensemble, volontairement, sur les questions qui fassent toute l'humanité.
09:48Ils sont plus grands que tous les pays.
09:50Nous n'avons pas en Écosse la délusion d'exceptionnalisme britannique.
09:55Nous sommes un pays de 5,5 millions de gens, alors un assez grand pays, mais nous ne sommes pas
10:02un grand chiffre.
10:04Mais nous voulons travailler ensemble, nous voulons être multilatéral, nous voulons être internationalistes.
10:10Alors l'Union européenne, c'est cette philosophie en pratique ?
10:15C'est un point de vue que vous partagez avec tous les progressistes de ce Parlement.
10:20L'Europe n'est pas parfaite, bien sûr, mais en même temps, c'est à l'intérieur de l'Europe
10:25qu'il faut essayer de faire évoluer les choses.
10:27C'est un peu comme ça que vous voyez la situation.
10:29Il y a des mauvaises forces dans tout notre pays.
10:33Ça existe.
10:35Il y a une colère avec l'établissement, il y a une colère avec l'état économique de beaucoup de
10:42notre vie.
10:44Il y a une colère.
10:45Mais c'est exactement pour ça que nous devons rappeler notre histoire et travailler ensemble.
10:51Alors l'Union européenne, ce n'est pas parfait, bien sûr, mais ça existe.
10:55Nous devons améliorer l'Union, pas quitter.
10:59Alors la réalité, c'est le Brexit, néanmoins.
11:03On a vu ce matin, en écoutant les interventions des différents députés, des uns et des autres, de la Commission
11:09européenne, du Conseil,
11:11qu'on était un peu dans le flou, il faut bien le dire, sur les conséquences de ce Brexit.
11:16On a du mal à imaginer aujourd'hui quelles vont être les conséquences.
11:20Ça vous concerne, cette question vous concerne directement en Écosse, bien sûr, plus que n'importe qui, j'allais dire.
11:26Qu'est-ce qui peut se passer en Écosse suite à ce Brexit ?
11:30Quelles peuvent en être les conséquences, selon vous ?
11:33C'est tôt dans le discours pour ça maintenant.
11:38Ce n'est pas notre choix.
11:40Nous voulons rester dans le cadre européen.
11:44C'est maintenant que tous les députés, tout le gouvernement, pensent sérieusement sur les ramifications, les choses qui suivent.
11:53Et nous devons garder les têtes froides et les cœurs chaleureuses, comme ça.
12:01C'est un moment très, très, très dynamique maintenant.
12:06Alors, l'avenir, ce n'est pas écrit.
12:08C'est ça.
12:10Et différents députés, on l'a évoqué également ce matin, en session,
12:16cette défection des, j'allais dire, des instigateurs, des personnages politiques instigateurs du Brexit,
12:23soit qui ont appelé à voter pour le Brexit, soit qui ont lancé le Brexit, c'est le cas de
12:29Cameroun.
12:30Cette désaffection à quelques heures après le résultat du vote, comment vous l'interprétez ?
12:36Parce qu'on sentait bien ce matin qu'il y avait un trouble sur cette question.
12:40Je réserve mon plus grand colère pour...
12:43C'est un désastre.
12:47C'est un désastre pour la démocratie, c'est un désastre pour le concept de professionnalisme.
12:53C'est nihilisme, vraiment.
12:55C'est nihilisme.
12:56La campagne pour quitter, c'était absolument...
13:00L'objectif n'était pas à gagner.
13:01L'objectif a été de faire la campagne, le profil pour les gens, pour les Johnson, Gove et le reste.
13:12Oui, c'est ça.
13:12Mais maintenant, c'est le désastre de quelqu'un autre.
13:16Ce n'est pas mon faute.
13:17Oui, c'est ça.
13:18Ciao.
13:19C'est...
13:20Je n'ai pas les mots en français.
13:23C'est bien que je n'ai pas les mots en français.
13:25Je n'ai absolument pas de respect pour...
13:31Rester dans l'Europe tout en restant dans le Royaume-Uni,
13:37ça reste quand même l'équation difficile pour vous en Écosse en ce moment.
13:41C'est l'équation complexe.
13:44Bien sûr.
13:45Mais nous sommes dans les temps dynamiques.
13:48Nous avons notre philosophie claire.
13:50Nous avons un gouvernement fort.
13:52Et nous gardons notre jeune en secours.
13:57Nous travaillons avec nos amis britanniques et nos amis européens pour trouver une solution.
14:04Ça, c'est la plus grande chose maintenant.
14:08Nous travaillons ensemble pour trouver une solution.
14:11L'avenir, ce n'est pas écrit.
14:1463%, vous le rappeliez, des lecteurs écossais ont voté contre le Brexit.
14:19Vous les rencontrez dans des réunions publiques, bien sûr, en ce moment en Écosse.
14:24Qu'est-ce que vous leur dites ?
14:25Quelles sont les questions qu'ils vous posent et qu'est-ce que vous leur dites après ce résultat ?
14:29La plus grande question dans mon inbox, c'est qu'est-ce qu'il se passe ?
14:34L'avenir, c'est quoi ?
14:36Honnêtement, je ne sais pas.
14:38Nous avons, tous les députés européens et écossais, 5 de 6, nous avons fait une petite photo et un petit
14:48point de presse pour dire, nous travaillons ensemble, nous trouvons une solution.
14:55Calme, calme, calme.
14:56Vous sentez un trouble quand même dans la population ?
15:00En Écosse, pas encore. C'est là.
15:04Mais nous avons un système de gouvernement fort, une coopération entre les politiciens assez productive.
15:14Westminster, c'est un désastre.
15:15Mais en Écosse, nous sommes assez stabiles.
15:19Quelle est la prochaine étape politique après le Brexit pour vous ?
15:24Vous fixez les échéances des étapes, comment vous voyez les choses ?
15:27Quelle est la prochaine étape pour vous ?
15:29Personnellement ?
15:30Oui, pour vous, pour votre mouvement.
15:32Qu'est-ce que vous allez marquer là maintenant, clairement, politiquement, pour assurer l'avenir ?
15:38Comment vous voyez les choses ?
15:41Peut-être post-un Brexit, la question d'adhésion à l'Union Européenne, c'est encore sur la table.
15:50C'est vivre encore.
15:51En Écosse, nous avons clairement décidé de rester dans le cadre.
15:54Si nous sommes, je dirais, sur le cadre, ça reste encore une question politique.
16:02Mais aussi, nous restons en faveur de l'indépendance, c'est encore une question.
16:11Mais premièrement, nous sommes un gouvernement stabile, fort et nous avons un emploi.
16:18Nous avons beaucoup de choses à faire.
16:19La priorité, c'est garder les doigts, garder notre région en sécurité.
16:25Merci, Aline Smith.
16:26Merci d'être venu passer ce moment avec nous.
16:28Je sais que c'est difficile pour vous, que vous avez un emploi du temps extrêmement chargé.
16:33Merci à vous de nous avoir suivis.
16:34Et puis n'oubliez pas également les deux autres débats que vous retrouvez sur le site de l'humanité.fr
16:39qui sont consacrés au Brexit.
16:41Deux autres débats que vous pouvez suivre sur notre site, bien sûr.
16:44Merci, au revoir.

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