00:01Musique
00:02Membres d'associations, militants de gauche ou simples citoyens,
00:06ils étaient près d'un millier à défiler ce samedi 26 novembre en solidarité avec les exilés.
00:11Le cortège s'était lancé de la place Stalingrad, la même où, il y a encore quelques semaines,
00:173860 hommes, femmes et enfants survivaient sous le métro aérien.
00:21Leur évacuation le 4 novembre dernier n'a pas réglé leur situation
00:25et les centaines de personnes présentes réclamaient avant tout une véritable politique d'hospitalité
00:30de la part de la France et de l'Europe.
00:33Le problème aujourd'hui c'est que c'est des mises à l'abri mais sans véritablement d'accès au
00:38droit,
00:38donc ça on ne sait pas du tout comment ça va se passer,
00:41donc c'est déjà bien de faire des mises à l'abri, c'est comme le camp humanitaire d'Anne
00:44Hidalgo,
00:45mais le problème c'est que les mises à l'abri ne durent pas longtemps
00:49et que le problème de l'accès au droit reste entier.
00:51J'habite simplement Paris, je ne fais partie d'aucune organisation spécifiquement à part sur Calais,
00:57et voilà ça fait plus d'un an qu'on aide les réfugiés comme on peut.
01:00On leur donne à manger, on leur donne, là j'ai un sac avec un doudou, des couches, des vêtements,
01:06les trucs les plus fondamentaux et les plus urgents, du lait, du thé, voilà.
01:11Et qu'est-ce qu'ils vous ont appris, qu'est-ce qu'ils vous ont apporté ces personnes venues
01:15d'ailleurs depuis que vous les connaissez ?
01:18Que le monde part vraiment en cacahuète, c'est la catastrophe partout,
01:22qu'on doit vraiment se mobiliser, se rassembler, arrêter de faire des dégâts,
01:25que ce soit l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Asie mineure, c'est vraiment, il y a trop de dégâts.
01:30Je ne parle pas seulement des guerres, je parle des inégalités.
01:33Il y a des droits qui sont fondamentaux, que les États se sont engagés aux Nations Unies à respecter et
01:39à appliquer.
01:39C'est le cas dans aucun pays actuellement dans ce monde.
01:42Et donc c'est à nous tous de vraiment d'en prendre connaissance et de les faire respecter.
01:46Ce n'est pas juste France, ce n'est pas juste Angleterre, c'est pour tout le monde.
01:50Et tout le monde ferme les portes, tout le monde dit ce n'est pas un problème.
01:53Et qu'est-ce qui se passe pour les autres ?
01:55Tous les gens, les réfugiés, dormaient sur la rue, ce n'est pas bien.
01:59Ils avaient perdu beaucoup, beaucoup de choses. Ce n'est pas correct.
02:02Il y a autre chose à faire en plus de l'humanitaire,
02:04c'est d'aller montrer, d'aller répéter, d'aller discuter partout où on est
02:08pour bien démontrer à tout le monde qu'il ne doit pas y avoir de concurrence
02:13entre ceux qui vivent ici, ceux qui bossent ici et ceux qui arrivent ici.
02:16Et nous, c'est un peu ce qu'on préfère dire ou ce sur quoi on met la priorité.
02:20C'est de dire qu'entre les migrants et les gens qui viennent ici,
02:23on est tous égaux et tous ensemble et qu'on ne va pas être mis en concurrence.
02:28Que du boulot, du travail ou des prestations sociales, il y en a pour tout le monde.
02:31Et que cela, il faut les exiger tous ensemble.
02:33Et de ce point de vue-là, d'ailleurs, peut-être que les migrants,
02:35ils ont des choses à nous apprendre pour savoir comment est-ce qu'on peut lutter
02:37pour s'organiser ou s'organiser pour conquérir ces choses-là pour tout le monde.
02:42J'ai fait, pour manger, c'est tout un problème.
02:44Je n'arrive pas à manger.
02:47Je ne veux pas être délinquant.
02:49Je ne veux pas voler.
02:51Je veux suivre ma formation et lutter, travailler dur pour gagner ma vie.
02:57J'ai été frappé et impressionné par la dignité de ces personnes.
03:01On a l'impression, quand on voit les publicités pour les organisations charitables,
03:05on a l'impression que ces gens, ils vont être là à demander des trucs,
03:08à être en train de pleurer.
03:10Et je voyais des gens qui étaient tellement forts
03:12et qui étaient tellement écrasés,
03:16mais d'autant plus forts et motivés pour survivre.
03:20Et juste pour survivre, que j'ai été profondément bouleversé par ça.