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  • il y a 1 semaine
Depuis quatorze ans, en marge du Festival de Cannes, le festival Visions Sociales, organisé par les Activités Sociales de l’énergie, montre un cinéma d’auteur ouvert et exigeant, qui questionne l’ordre social et l’état du monde. Avec sa fougue, sa liberté et sa croyance dans la mixité, le cinéaste de Gadjo Dilo, Exils, ou encore Liberté, nous dit son attachement à l’événement où il présentera Géronimo et Swing, deux films où souffle ce vent émancipateur, si précieux aujourd’hui. Rendez vous du 14 au 20 mai à Cannes-Mandelieu la Napoule. Programme complet sur www.ccas-visions-sociales.org

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Transcription
00:00...
00:18Tony Gatli, bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Vous êtes le parrain cette année du festival Vision Sociale
00:24qui se tient à Mandelieu-Lanapoule à la fin de cette semaine,
00:28du 14 au 20 mai prochain.
00:31Donc un festival qui vous va bien, on va y revenir.
00:34Mais avant, je voudrais qu'on parle un peu de cinéma et d'actualité et de la vie.
00:39Dans vos films, notamment dans le dernier, Géronimo,
00:42on voit des gens qui courent, c'est le cinéma un peu de l'exaltation,
00:46le cinéma du mouvement, le cinéma de la liberté,
00:48on peut dire ça de tous vos films.
00:50Et puis vous-même, vous êtes un gitant, vous aimez le dire,
00:54vous êtes issu d'un peuple nomade.
00:55Comment vous vivez actuellement le fait qu'on hérisse des murs en Europe,
01:00voire même des camps ?
01:01De voir ça sans rien faire, parce que personne n'a fait rien,
01:07ça m'a rend vraiment mal à l'aise.
01:09J'ai l'impression de vivre dans un autre siècle.
01:13Et pour être précis, au 19e siècle.
01:18On parle du 19e, parce qu'on sait ce qui s'est passé au 19e,
01:22la préparation du nazisme.
01:24Et donc avant, il y en avait aussi, la cruauté, la barbarie,
01:30les frontières fermées, des peuples massacrés.
01:35Mais le 19e siècle n'était plus dur encore.
01:38Et j'ai l'impression que c'est un peu comme une préparation de ça.
01:42Préparation, comme au retour du 19e siècle.
01:45Ce n'est pas parce qu'on n'est pas encore menacé par un fasciste international.
01:51Mais j'espère que ça va rester là.
01:53Et donc le fait qu'on laisse faire ça, sous nos yeux,
02:02j'ai l'impression d'être dans un autre siècle.
02:05Vous avez fait un film sur Podemos aussi.
02:08J'imagine que vous suivez très près ce qui se passe à Nuit Debout.
02:11Qu'est-ce que vous pensez de la puissance potentielle, en tout cas en nombre, du peuple ?
02:16Le jour où je ne crois pas au peuple, je crois que j'irai dans un désert,
02:20ou j'irai dans une île déserte, j'y crois, moi, au peuple.
02:26Et donc c'est ce qui me donne envie de vivre, c'est ce qui me donne envie de créer,
02:30c'est ce qui me fait bouger.
02:32C'est pour ça que je me bats.
02:33C'est pour le peuple, moi.
02:35C'est pour le peuple, pour ma famille, pour ma culture, pour mes amis, pour les tziganes, pour tout ça.
02:41Et tout ça, c'est le peuple.
02:42Et le peuple, c'est très important pour moi.
02:45Quand je dis « on », c'est presque nous le peuple.
02:47C'est nous le peuple.
02:48Et ceux qui n'ont rien fait, c'est les pouvoirs.
02:51C'est le peuple qui ne devrait pas, le peuple, on croit, ne devrait pas accepter ces murs.
02:55Mais malheureusement...
02:56Et vous ne devrez pas accepter non plus, si je puis me permettre,
02:58vous venez d'évoquer les tziganes, on est revenus quasiment à l'esclavage.
03:02On les a manipulisés.
03:03Au travail forcé pour les tziganes.
03:05Ils ont été manipulés avec les tziganes.
03:07Le peuple a été manipulé avec les tziganes.
03:09Le peuple a été...
03:13Les hommes qui avaient le pouvoir, les hommes qui ont le pouvoir et qui avaient le pouvoir avant en France,
03:18ils ont tout fait pour faire des tziganes, le bouc émissaire de notre société en France.
03:24Et donc, c'est très simple.
03:25Un bouc émissaire, ça veut dire qu'on lui colle sur le dos toutes les étiquettes et tous les méfaits
03:31qui soient.
03:32Et le peuple se manipule très très bien.
03:35C'est qu'on lui met 1500 pickpockets dans le métro et il déteste les tziganes.
03:43Vous comprenez ?
03:43Il va détester les tziganes.
03:45Et c'est ça.
03:46Et ça, c'est les 1500 pickpockets, ces petites tziganes dressées.
03:51Dressées comme des petits chiens.
03:53En Italie, par un mec qui était le roi, pas le roi des tziganes,
03:57mais qui était un genre, ce qu'on appelle en Rome, les boulybacha.
04:01Qui était des gens, un mec qui avait beaucoup de pouvoir et qui dressait tous les petits enfants
04:06qu'il prenait par-ci, par-là dans toute l'Europe.
04:09Diganes, attention.
04:10Et qui les dressait pour faire du pickpockets.
04:13Cet homme-là, tout le monde l'a presque la laissé faire parce que ça arrangé.
04:17Presque.
04:17Je ne dis pas qu'ils l'ont fait exprès eux-mêmes, mais ça arrangé qu'il y ait du
04:21pickpockets en France
04:22pour qu'un homme d'État se met à dire, je vais nettoyer la France.
04:26Mais ça ne va pas, non ?
04:26Va nettoyer la France avec l'idéologie, avant de taper sur les petits gamins déjà manipulés
04:33par un chef, déjà un bandit.
04:36Et donc, c'est-à-dire, je vais vous dire quelque chose.
04:40C'est que les grandes puissances ont toujours besoin de faibles
04:45pour se faire admirer, pour être victorieux.
04:50Pourquoi vous avez accepté Dialek ? En quoi ça vous parle, ces films sociaux ?
04:55Parce que vous, vous ne faites pas vraiment de documentaire.
04:57Enfin, il n'y a pas que des documentaires, il y a aussi des fictions.
04:59Mais en général, assez près du réel.
05:01Vous, vous avez une vision du réel un petit peu parabolique.
05:04C'est-à-dire qu'on n'est jamais dans la narration très réaliste des choses.
05:09Il y a toujours beaucoup d'exaltations, beaucoup de cris, de corps qui bougent, de tensions.
05:15C'est toujours très parabolique.
05:18Est-ce que le cinéma social, les films qu'on va voir comme Merci Patron,
05:23comme Fatima, comme Des lions, justement, ce film sur une grève victorieuse,
05:30en quoi ces films vous ont plu et vous parlent ?
05:34Parce que c'est un peu mon combat depuis très longtemps.
05:39Mon premier film, c'était un film social.
05:41C'était Les Princes.
05:43C'était Les Princes.
05:44Et ce n'était pas du tout exalté de quoi que ce soit.
05:46C'est juste une famille de Zigan qui était dans...
05:49Une famille gitane, Zigan, qui était sédentarisée en force,
05:54comme dans les années 69, après le carnet de nomades,
05:58après le carnet anthropométrique, mais le carnet de nomades a existé toujours.
06:02Et on les a sédentarisés de force dans les HLM,
06:05ce qu'on appelait les cités de transit.
06:07Et donc c'est ça, les films, Les Princes.
06:09Et donc on les a sédentarisés de force.
06:11Et comme ces HLM, ces bâtiments, ne pouvaient pas contenir plus que 6 personnes,
06:19on a mis la grand-mère, la petite fille, la femme, l'homme, et puis peut-être qu'un autre
06:25cousin.
06:26C'est tout.
06:26C'est tout ce qui pouvait contenir ces appartements-là.
06:29Ils ne contiennent pas les familles de Zigan.
06:31Les familles de Zigan, elles sont 200.
06:34Et on est Zigan quand on est au milieu de 200.
06:36Parce que c'est ça la culture de Zigan.
06:38Ce n'est pas séparé.
06:40Et c'est un petit peu ce qui s'est passé avec la culture arabe aussi.
06:42On va voir de vous Swing, c'est un film qui date de 2002,
06:45qui est très axé sur la musique, sur l'amitié, sur justement la communication entre les peuples, pour le coup.
06:52Et puis on va voir bien sûr Géronimo.
06:54Mais il y a les autres films, par exemple Merci Patron, j'imagine que vous l'avez vu comme tout
06:58le monde.
06:58Bien sûr.
06:59Alors vous en pensez quoi ?
07:00Moi j'aime bien tous ceux qui apportent autre chose dans le cinéma.
07:04C'est-à-dire qu'à un moment, un cinéma devient utile.
07:06Il devient utile.
07:08Il y a tous les cinémas.
07:09C'est-à-dire qu'un film, un cinéaste qui fait 15 millions d'entrées,
07:15pour moi c'est un cinéaste utile.
07:17Parce qu'il fait travailler le cinéma.
07:19Mais il y a des films qui sont utiles comme Merci Patron,
07:23ou ce qu'on a fait avant avec Stéphane Hesselle,
07:27qui s'aignait avec le film qui s'appelait Indiglados,
07:30sur le mouvement des jeunes aujourd'hui qui sont Podemos ou les Grecs.
07:36Et donc c'est très important, un cinéma qui apprend aux autres,
07:42aux spectateurs qui regardent le film, autre chose que ce qu'on voit d'habitude.
07:46Qu'est-ce que vous attendez vous de ce festival ?
07:48Qu'est-ce que vous comptez y faire ?
07:50Qui vous comptez y rencontrer ?
07:51Pour tout vous dire, j'ai vu pas mal de films déjà.
07:55Et c'est pour ça que la programmation m'intéresse et j'ai accepté.
07:59Je ne pouvais pas ne pas accepter un festival comme ça,
08:03un festival qui porte le nom social, vision sociale.
08:07Je ne peux pas ne pas l'accepter.
08:10Quand on m'a parlé la première fois d'être parrain,
08:14justement, je ne suis pas d'aller là-bas,
08:16et de rencontrer tout le monde et voir les films et tout,
08:19j'étais très pour, parce que vu ce qu'on m'a raconté
08:22de l'histoire de ce festival,
08:24c'était tout à fait dans mon créneau, dans ce que j'aime.
08:28Il devrait exister plus encore de choses comme ça,
08:31de manifestations, ou de choses comme ça,
08:34ou de festivals comme ça.
08:35Et donc, cette année, en fait, c'est presque le peuple,
08:40ça revient encore, c'est le peuple qui fait un son festival.
08:48En attendant, on vous donne rendez-vous à Vision Sociale,
08:52à Mandelieu-Lalapoule, et c'est du 14 au 20 mai.
08:55Merci beaucoup, Tony.
08:56Ah bien, merci bien.

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