Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 heures
Troisième partie de notre entretien avec Eric Bocquet, sénateur communiste du Nord, rapporteur d'une commission d'enquête sur l'évasion des capitaux et des actifs hors de France et ses incidences fiscales.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:05Le problème de l'évasion fiscale
00:05Moi j'ai l'impression qu'on se trompe de réponse.
00:08Encore une fois la vraie question c'est le problème de l'évasion fiscale,
00:11de tous ces systèmes à l'oeuvre depuis des années,
00:15à l'insu de tout le monde.
00:17Alors évidemment la situation personnelle du ministre du budget
00:21illustre de manière spectaculaire ces phénomènes,
00:24mais ce n'est que la confirmation malheureusement de ce qu'on avait observé également,
00:27à savoir la très grande proximité, pour ne pas dire plus,
00:31entre le monde politique et le monde de la finance.
00:34Il faut vraiment cloisonner les choses de manière très hermétique.
00:38Et là il y a du boulot à faire.
00:40Et ce n'est pas seulement pour les ministres et les élus,
00:42ça vaut aussi pour les nominations dans les grands corps d'État,
00:46ceux qui ont la charge de gérer les intérêts de la République
00:49et qu'on retrouve peu de temps après gérer les intérêts d'une grande banque privée.
00:53Là il y a sans doute quelque chose à dire là-dessus
00:55et ça participerait aussi de la nécessaire moralisation,
00:58de la transparence dans notre système.
00:59Donc il y a les élus et la transparence à nous,
01:02ça ne nous pose aucun problème parce qu'on la pratique.
01:04Elle fait partie de nos gènes, elle fait partie de nos pratiques.
01:06L'engagement des communistes, il est là aussi, voilà.
01:10Donc il ne faut pas se tromper de l'adversaire
01:12parce que dans le contexte du moment de grandes difficultés économiques,
01:17où le discrédit est grand par rapport aux élus,
01:19où l'amalgame parfois est fait entre tous les élus sans distinction,
01:22il faut faire attention.
01:24La République française c'est plus de 500 000 élus,
01:2790% d'entre eux sont des bénévoles, pas un euro.
01:30Et c'est eux qui font tourner les communes, les associations, la vie locale,
01:34la démocratie, la proximité.
01:35Et ça c'est un atout pour notre commune.
01:36Il ne faut pas casser ça.
01:37Il ne faut pas casser ça.
01:38Donc que les élus qui ont fauté soient condamnés, c'est normal.
01:43Et qu'ils ne puissent plus se représenter, c'est normal.
01:46On a fauté, c'est tout.
01:47On n'a plus droit à l'erreur.
01:48Mais tous les autres, tous ceux qui font tous les jours tourner les boutiques et la démocratie locale,
01:52il ne faut pas les oublier, il ne faut pas les stigmatiser.
01:54Il n'y a pas trop d'élus.
01:55On a besoin de ces élus pour l'équilibre de la République,
01:57pour que la société tienne debout dans un moment de crise sévère,
02:02qui frappe très fort, qui fait beaucoup de dégâts.
02:049 millions de pauvres, tous ces gens sans logement, etc.
02:08Je ne redépeins pas le tableau qu'on connaît trop malheureusement.
02:11C'est ça la vraie question.
02:12Et pendant qu'il y a cette situation qui s'aggrave,
02:14il y a l'évasion fiscale qui continue,
02:16il y a l'optimisation des grands groupes,
02:18il y a les grandes fortunes qui n'acceptent pas de payer l'impôt.
02:21On ne peut pas accepter ça.
02:22Si on veut que les choses tiennent debout,
02:24que la République et la démocratie soient pérennisées,
02:26il faut vraiment s'attaquer à cette question-là.

Recommandations